Bonjour tout le monde

quatrième jour du Calendrier

On reste dans le fandom Teen wolf avec un texte de Mélanie Wolf

Je vous laisse découvrir le ship par vous même.

Bonne lecture

KitsuneA


Théo détestait Noël. Il n'avait jamais aimé cette période de fête où les enfants criaient de joie plus fort que d'habitude. À peine un flocon de neige apparaissait, une migraine carabinée arrivait en courant. Durant ce temps, il ne sortait que pour travailler et réapprovisionner son frigo pour calmer son estomac qui ne voulait pas hiberner comme lui le désirait.

Au début de ce mois de décembre, Théo s'était réveillé de mauvaise humeur en voyant le manteau blanc qui avait recouvert la ville où il habitait depuis qu'il avait quitté Beacon Hills. Pour bien lui montrer que la journée ne faisait que commencer, la chaudière de son vieil immeuble avait lâché, l'obligeant à prendre une douche froide, ce qui n'améliora pas son humeur.

En se rendant sur son lieu de travail, il ne comprit pas comment il put rester sur ses deux pieds alors que le sol était gelé. Cela relevait probablement du miracle. Toutefois, Théo n'était pas dupe et il sentait qu'une série de catastrophes finirait bien par arriver dans cette journée qui était définitivement déjà trop longue. Cela ne manqua pas. Au milieu de sa pause-café, sa collègue s'approcha en sautillant. Théo crut faire une crise d'épilepsie en voyant l'accoutrement de sa collègue. Elle portait un ensemble vert qui la faisait étrangement ressembler à un lutin. Ses oreilles bourdonnaient des clochettes qui étaient accrochées à ses chaussures et son chapeau. Une alarme s'alluma dans sa tête et il craint le pire. Il se pencha vers son téléphone portable et crut faire une syncope en constatant la date du jour.

— Théo ! dit-elle, en s'appuyant contre la table de la cafétéria. Comme tu es là, c'est ton tour.

On était le 6 décembre, jour où un employé désigné allait chercher les décorations pour le bureau. L'après-midi était consacré à enjoliver la grande surface, enfin massacrer selon les dires du jeune homme. Tout cela était accompagné de lait de poule et pain d'épices. D'habitude, il s'arrangeait pour être absent du bureau ; soit il se faisait passer pour malade, soit il allait à la rencontre d'un client assez important pour que le patron ne puisse rien dire.

— Non, je n'irai pas. J'ai beaucoup de travail et je n'ai pas le temps de procrastiner.

— Foutaises Théo Raeken, s'écria-t-elle. Depuis toutes ces années, on te connaît. Le chef ne te laisse pas le choix.

Sa collègue déposa un baiser sur sa joue et s'en alla, en chantonnant une musique de Noël. Malgré son côté loufoque et trop enjoué, il l'aimait bien. Elle était la seule qui ne s'était pas arrêté à son côté renfrogné.

Théo termina son café pour se donner du courage puis il s'habilla très lentement de son manteau et de son écharpe. Tout était bon à prendre pour retarder l'échéance des magasins bondés et des enfants criards. Il entra à reculons dans le centre commercial puis se précipita dans le magasin de meubles où son bureau se rendait toujours pour acheter ce qu'il fallait. Il n'avait jamais compris pourquoi, mais tout ce qui le préoccupait c'était de se dépêcher. Il attrapa un chariot puis déambula dans les rayons à la recherche de ces foutues décorations.

Alors qu'il apercevait au loin ses trucs colorés, il fut bloqué par un attroupement de gamins qui essayaient de passer pour parler au Saint-Nicolas. Théo se frotta l'arête du nez, tout en réfléchissant à ses options. Sa préférée restait de passer en force, tout en écrasant quelques gamins avec son chariot. Mais il n'était pas certain que cela plaise aux employés et aux parents. De plus, il n'était pas chaud pour séjourner en prison. Il aimait bien sa petite vie rangée, loin des emmerdes. Alors qu'il allait baisser les bras et faisait demi-tour, une voix s'éleva par-dessus le brouhaha.

— Les enfants, avancez. Vous bloquez les gens qui veulent continuer leurs achats.

Quelques secondes plus tard, Théo put continuer son périple. Il s'arrêta au rayon des décorations, tout en réfléchissant. Il était sûr de connaître cette voix, mais il n'arrivait pas à la remettre dans un contexte connu. Il secoua la tête puis entreprit de remplir son chariot avec tout ce qui lui passait sous la main. Il allait probablement faire hurler sa collègue qui gérait cette journée, mais il s'en fichait royalement. Tout était bon à prendre pour qu'il ne soit plus jamais de corvée décoration. Il voulait attraper une guirlande, tout en haut de l'étagère, mais son manteau l'empêchait d'étendre son bras à son maximum ; manteau parfait pour être bien vu par ses clients fortunés. Par contre, il repassera sur le côté confort et pratique. Alors qu'il allait à nouveau pester, une main charitable prit l'objet avant de lui donner. Théo grommela, tout en continuant d'avancer. Il avait besoin de sortir avant de commettre des meurtres, mais il fut interrompu par la même voix qu'auparavant.

— Ta fuite n'a pas amélioré ton caractère Théo. Ça l'a même empiré, ce que je n'aurais jamais cru possible. Bon, je ne pensais pas non plus que tu fuirais lâchement de Beacon Hills.

Théo sentit sa mâchoire s'écraser au sol. Il se retourna lentement pour se retrouver face à Liam. Il se demanda comment il avait pu ne pas le reconnaître. Le louveteau était devenu un homme. Liam croisa les bras sur sa poitrine et ne lâcha pas la chimère du regard.

— Le grand méchant loup a mangé ta langue ?

— Qu'est-ce que tu fous là ?

— Je prends un bain de soleil, ironisa le jeune homme. Cela ne se voit-il pas ?

Théo pensa immédiatement que Liam avait passé trop de temps avec Stilinski. Son ironie et son humour à deux balles avaient déteint. Liam se détendit, avec son petit sourire qui faisait, autrefois, craquer Théo. Quoique c'était encore le cas…

— Pourquoi as-tu fui Théo ? demanda-t-il en s'approchant. Est-ce que tu as pris peur ?

— Je n'ai pas peur, contre-attaqua la chimère

— Vraiment ? demanda Liam s'approchant assez près pour poser sa main sur son avant-bras. J'ai dû me tromper alors parce que ça y ressemble beaucoup. Surtout que tu l'aies fait après que je t'ai embrassé...

Théo détourna les yeux, embarrassé. Il ne l'avouera jamais, mais il avait bien fui. Le baiser lui avait énormément plu, c'était indéniable. Par contre, il avait pris peur. Il n'était pas une bonne personne et Liam méritait quelqu'un qui n'avait pas son passé. Donc il avait pris ses jambes à son cou et avait fui loin, très loin. Il s'était terré dans une chambre d'un motel pourri et avait ressassé tout son passé et ses sentiments. Quand il a enfin, plus ou moins, accepté qu'il aimait Liam, celui qu'il considérait comme son meilleur ami, et que c'était réciproque, plusieurs semaines s'étaient écoulées. Ne sachant pas l'accueil à son retour, il avait préféré ne pas porter ses couilles et avait fui à New York où il avait fait son bout de chemin, pour arriver jusqu'à sa place aujourd'hui.

Il gagnait bien sa vie, bien trop pour son train de vie. Et comme il devait expier les erreurs de son passé, il reversait une partie de son argent à des associations. Comme celle des enfants qui ont un parent mort en service, que ce soit dans la police ou l'armée. Et c'est exactement l'association représentée sur le t-shirt de son vis-à-vis. Il secoua la tête. Il devait fuir avant de faire quelque chose de stupide comme plaquer Liam contre l'étagère à côté de lui et l'embrasser jusqu'à en perdre haleine.

— Le passé doit rester dans le passé. Il n'est jamais bon de le réveiller. C'était plaisant de te revoir. Vraiment.

— Ne crois pas que tu vas t'en tirer si facilement Théo Raeken, répliqua-t-il en le prenant le poignet. Cela a été dur de te trouver, sache-le, donc maintenant, je ne te lâche plus !

— Quoi ?!

— J'ai vu ton regard sur mon t-shirt donc tu connais l'association pour laquelle je travaille. Tu savais que chaque mois, on reçoit un don conséquent qui nous permet de mettre en place des projets importants.

Théo secoua la tête. Il se demandait où il voulait en venir.

— Un donateur anonyme. Une bénédiction pour nos protégés.

— Je suis attendu...

— Oh non, tu ne l'es pas.

Il lâcha son poignet et mit ses mains derrière son dos.

— On voulait savoir qui était cette généreuse personne. On voulait absolument la rencontrer et l'inviter afin de la remercier. Ça été extrêmement difficile, tu peux me croire. J'ai même dû demander à Stiles de m'aider. Il l'a fait, de bon cœur. Tu le connais.

La chimère commença à reculer. Il avait été démasqué et il avait été piégé. Il en était sûr.

— Quelle a été ma surprise quand ton nom est sorti Théo. Quand Stiles m'a donné ton adresse et celui de ton bureau, j'ai été étonné. Tellement étonné d'être si proche de toi.

Liam secoua la tête et regarda autour de lui.

— Allons-nous asseoir. J'ai l'impression que tu ne vas pas tenir. Viens, allons boire un café.

Liam lui sourit et l'invita en lui tendant la main. Théo la regarda quelques secondes, hésitant puis il la prit. Il se fit emmener à la cafétéria où il se fit payer, contre sa volonté, un café bien chaud. Il regarda Liam qui dégustait une pâtisserie.

— Est-ce que c'est un coup monté ?

Il crut voir Liam rougir et détourner le regard. Il se demanda si ce n'était pas un coup de son imagination, car il reprit vite contenance.

— Ne m'en veut pas Théo. J'ai appelé à ton travail et je suis tombée sur Samantha.

— Elle ne m'a rien dit, le coupa-t-il dans ses explications.

— Écoute jusqu'au bout s'il te plaît.

Théo regarda sa montre puis hocha la tête. Il allait sûrement se faire tirer les cloches pour le temps qu'il avait mis, mais il était curieux de connaître l'histoire. Il hocha simplement la tête.

— Merci. Elle m'a informé que tu étais avec un client important et que tu ne pouvais pas être dérangé. Je lui ai demandé quand je pouvais te rappeler parce que j'étais sûr que tu ne le ferais pas.

— Tu n'as pas rappelé pourtant...

— Je ne sais pas comment mais elle a compris que je faisais partie de ton passé. Elle m'a invité à boire un café pour, je cite, trouver une solution pour te retirer le balai que tu as dans le cul. J'ai éclaté de rire et j'ai accepté. On s'est vite entendu. Elle m'a parlé de toi, de ta vie de maintenant. J'ai parlé de l'ancien toi et de ce que j'avais découvert. Elle a été touchée et on a monté un stratagème.

— Attends. Tu veux dire que...

— Oui, tu n'es pas ici par hasard. Si tu veux t'en aller, je ne te retiendrai pas. Autrement, il y a des enfants qui aimeraient rencontrer l'homme qui leur permet de réaliser des rêves. C'est entre tes mains Théo. Tu peux repartir et rester dans ta petite vie tranquille. Soit tu prends tes couilles en main et tu assumes qui tu es au fond de toi.

Liam termina son café d'une traite, laissa quelques pièces sur la table puis s'en alla en direction du groupe d'enfants qui mangeaient dans un brouhaha. Théo les regarda et se leva. Il prit la direction de l'entrée du centre commercial. Il avait l'intention de sonner les cloches de sa collègue. Juste avant de sortir, il s'arrêta puis se retourna. Il vit Liam le regarder tristement et cela lui fit plus mal qu'il ne crut.

Est-ce qu'il avait vraiment envie de retourner à sa vie rangée ? De préparer des projets publicitaires pour ses clients qui ne pensaient qu'à vendre encore plus ?

S'il était sincère avec lui-même, il savait que c'était la chance de sa vie. Changer de voie et être en harmonie avec lui-même. Il rejoignit Liam, assez rapidement. Ce dernier sourit puis se pencha vers une fillette. Il lui essuya le visage de la sauce tomate qui recouvrait ses taches de rousseur. Théo profita d'enlever son manteau puis sa cravate. Il se mit plus ou moins à l'aise puis s'assit à la place désignée par Liam. Il ne savait pas s'il devait faire quelque chose ou même parler donc il essaya de capter le regard de Liam qui était occupé à bavasser avec, apparemment, un autre bénévole. Il sentit une pression sur sa manche. Il baissa les yeux et croisa un regard vert plein d'innocence. La fillette lui sourit et il constata qu'il lui manquait une dent.

— Papa Noël vient quand ?

— Ce n'est pas Papa Noël qu'on attend, lui dit gentiment Liam. Tu te rappelles ce que j'ai dit Lola ?

Elle secoua la tête, en faisant une moue adorable.

— On rencontre le gentil monsieur qui vous a permis d'aller à Disneyworld.

Elle regarda Liam puis Théo. Elle pointa ce dernier du doigt et il se sentit gêné. C'était son choix de rester ici, mais il ne pensait pas être prêt d'être mis face à sa générosité.

— Exactement. C'est le gentil monsieur.

Sans que Théo ne s'y attende, Lola cria de joie, attirant l'attention des autres enfants sur lui. La petite lui sauta dessus et s'agrippa à son cou.

— Mici Môssieur !

Théo la serra maladroitement, gêné puis la reposa au sol. Dans les minutes qui suivirent, il fut remercié et câliné par tout le monde, sous le regard attendri et vigilant du louveteau. L'après-midi passa tranquillement entre les jeux, les histoires et même des bricolages. A sa plus grande surprise, Théo passa un excellent moment et il avait même ri, chose qui n'était pas arrivée depuis un moment. Lorsque les enfants furent partis avec leurs parents, il aida Liam et ses collègues à ranger avant qu'il ne soit raccompagné à la porte du magasin par Liam qui rayonnait.

Avant de se séparer, ils se regardèrent dans les yeux et Théo se dit que c'était peut-être son unique chance. Il approcha son visage de celui de Liam qui continuait de le regarder avec son petit sourire. Il prit son visage en coupe et posa ses lèvres sur celles pleines du plus jeune. Ils s'embrassèrent tendrement puis le baiser s'intensifia pour devenir comme une urgence pour les deux. Liam entraîna Théo jusqu'à son appartement où il ne prit même pas la peine de lui faire visiter...

Un an plus tard

Théo était perché en haut de l'échelle et finalisait la décoration du sapin. Il ne restait que peu de temps avant que les enfants n'arrivent avec leur famille pour fêter Noël avec l'association. Que de chemin parcouru en une seule petite année et il lui restait encore plus de temps devant lui. Il avait rapidement déménagé chez Liam, abandonnant son appartement insalubre. Il avait diminué son temps de travail et avait mis à profit son temps libre pour aider son compagnon dans son travail associatif. Il n'avait aucun regret. Théo chercha des yeux l'étoile afin de pouvoir finaliser son travail. Mais impossible de mettre la main dessus.

— Liam, passe-moi l'étoile.

— Et si je n'en ai pas envie ?

— Liam Dunbar si...

— Raeken.

— Quoi ? demanda Théo en redescendant de son échelle.

— Liam Raeken, pas Dunbar.

Théo fronça les sourcils avant de les écarquiller de surprise. Il avait compris.

— Elle n'est pas banale ta demande Dunbar.

— Est-ce que c'est un oui Raeken ?

— Je ne sais pas... Tu crois que tu pourras me supporter jusqu'à la fin ?

— Ce n'est pas ce que je fais déjà ?

Théo lui fit un doigt d'honneur avant d'embrasser son compagnon. Il le plaqua contre lui avant de poser sa main dans sa chute de reins. Il plongea son regard dans celui de son vis-à-vis.

— Évidemment que c'est un oui.

Liam sourit avant d'embrasser à nouveau Théo, sous les acclamations de leurs collègues. Théo était enfin heureux, tout comme Liam.

Le destin les avait enfin réunis.