Hey !
Voilà le deuxième chocolat du calendrier qui arrive ! Cette fois, on part sur un ship encore assez rare (il ne me semble, si mes souvenir sont bons, que je n'ai lu sur elles qu'une seule fois.) J'avais cette idée dans mon tiroir depuis un moment, à force de dimanches matins passés au marché. Je suis plutôt content de cet OS quand je le relis, alors j'espère qu'il vous plaira !
Merci à Lae pour sa review sous le premier texte !
Bonne lecture !
Pairing : Larxène/Aqua
Larxène passe ici tous les dimanches, juste pour la regarder jouer.
Elle sort de chez elle, un sac en tissu dans une main, son porte-monnaie dans l'autre. Elle abandonne l'appartement après l'avoir fermé la porte à double tour, descend les escaliers à toute vitesse, vérifie le courrier en quatrième vitesse – EDF, toujours EDF, faut vraiment qu'elle s'occupe de cette histoire de facture par mail – puis elle rejoint la rue qui mène au marché. Elle habite pas loin, en plus. Le rassemblement a lieu tous les dimanches matins jusqu'à 14h. Ça lui laisse le temps de pioncer tard comme elle aime, avant de se bouger. C'est qu'elle adore dormir, la blonde. Normal, quand on bosse jusqu'à 19h le reste de la semaine.
Dehors il fait beau, c'est la fin de l'été, l'automne se pointe mais il fait encore chaud. Assez pour sortir en tee-shirt, sans pour autant transpirer la nuit quand elle essaye de pioncer. La meilleure période de l'année, donc. Cet entre deux doux et frais. En plus, il reste des légumes de saison. Ça tombe bien, parce qu'elle a besoin de tomates pour sa tarte, et de courgette parce qu'elle aime ça, et qu'elle meurt d'envie d'en manger. Avec du fromage. Du fromage de chèvre.
Elle avance le long du trottoir, joue avec les poignées de son sac, zieute la vitrine de la supérette bio du coin, fait un doigt au crétin qui la siffle et ignore la bande de SDF qu'elle a l'habitude de croiser près du distrib où elle retire pour faire ses achats. Enfin, elle arrive.
C'est en tournant au coin de la rue, pour rejoindre les stands de fruits et légumes, qu'elle la voit.
xoxoxox
La semaine suivante, elle y est encore.
C'est une jeune femme que la nature a bien gâtée, même si sa beauté n'a rien à voir avec celle des canons surexposés partout dans les médias. Elle a, d'abord, des cheveux bleus colorés artificiellement, qui lui donne ce petit côté pétillant des étudiants en art. Ensuite viennent un visage très fin, taillé au millimètre près, avec un nez à peine trop petit où la peau claire disparaît sous les reflets du soleil. Des mains à l'apparence fragile, qui manient habilement les cordes de sa harpe. Un cou qui suit le reste, un corps équilibré, des hanches plus larges qui se cachent sous le long vêtement qu'elle porte, cette espèce de robe moyenâgeuse que Larxene ne mettrait pour rien au monde, mais qui va diablement bien à cette individue. Et puis, ses yeux … Elle les pose sur ses spectateurs, entre deux chansons, ses yeux reconnaissants qui complètent son sourire simple, ses yeux plus bleus que bleus qui sont un rappel à la couleur de sa tignasse, de ses vêtements, de son rire.
Elle est belle putain, et sa musique aussi. L'instrument choisi apporte un côté médiéval qui se fond entre les stands de fruits et légumes, et ces airs inconnus aux oreilles de Larx, elle trouve ça foutrement beau. Alors elle reste plantée là, quelques minutes, son panier posé à ses pieds. Elle écoute. Et quand c'est fini, elle va déposer une petite piécette dans le verre aux pieds de la jeune femme.
La musicienne lui sourit.
« -Merci. »
Même sa voix. C'est léger, assuré, posé sans être fragil. La guêpe espère bien qu'elle sera encore là la semaine prochaine.
xoxoxox
Encore, elle la voit. Encore, elle lui laisse la monnaie qu'elle n'a pas dépensée au marché. Pas grand-chose, mais elle l'a gardée exprès. Elle a calculé, qu'il y ait au moins un euro. Elle veut encore entendre ce merci, encore voir ce regard sincère. Et quand elle les aperçoit, ces dents blanches nettement alignées, quand elle entend ce timbre plus grave qu'on ne l'imaginerait face à ce visage gracile, elle comprend qu'elle s'est fourrée dans une sacrée toile d'araignée.
Le plus chiant quand on est lesbienne, c'est d'être pratiquement sûre que la personne qu'on croise au coin de la rue, la demoiselle au regard malicieux, est complètement hétéro.
xoxoxox
« - Pourquoi tu ne lui parles pas ?
- J'lui parle. J'ai dit merci la dernière fois que j'lui ai donné des pièces pour la musique.
- Pourquoi tu ne lui parles pas vraiment ? »
Il est mignon Marluxia, mais faudrait peut-être qu'il percute que tout le monde n'a pas son succès. Puis c'est facile de dire ça quand on drague dans des bars gays, aussi. Larx, elle s'amourache des gens qu'elle croise dans la rue, de ses collègues sexy et de la voisine qui fait la cuisine juste en dessous – ça sent diablement bon quand elle ouvre la fenêtre, un mélange de miel et d'épices. Y a la vendeuse de la boulangerie en face du boulot, aussi, et cette qui gère le magasin de fringues d'occas à côté de chez elle. Toujours des gens qu'elle ne sait pas comment aborder, des filles qu'elle n'intéressera sûrement jamais.
Elle n'est pas douée en amour.
« - Tu pourrais déjà lui dire bonjour, la prochaine fois.
- Qu'est-ce tu veux qu'elle me réponde ? On va pas taper la causette dix minutes devant tout le monde en plein milieu du marché.
- Et pourquoi pas ? »
Bonjour. C'est tellement … nul, bonjour.
xoxoxox
« -Vous allez bien ? »
Mon dieu, ça a marché. La demoiselle lui a répondu, au moment où elle a posé l'argent. Elle l'a regardée l'air de la reconnaître. A force de voir Larxene passer, elle a fini par retenir son visage.
« - Bah, comme un dimanche. »
Et c'est tout ce qu'elle trouve à lui répondre. Comme un dimanche. Sérieusement. Le pire, c'est que ça fait rire la harpiste.
« - Bon marché. » l'autre lui dit, sans la lâcher des yeux.
Tant qu'elle vient jouer, c'est toujours un bon marché.
xoxoxox
Il pleut. Il pleut, et elle est quand même là. Elle s'est abrité comme elle a pu sous un préau non loin des stands. Son dos prend la pluie, les quelques gouttes qui glissent du toit, mais tant que son instrument est protégé, elle semble ne pas s'en soucier. Concentrée, elle joue. Même s'il y a moins de monde. Même si les gens rentrent sans faire attention à elle. Elle fait glisser ses doigts sur les cordes, la pulpe exerce une douce pression le long des notes. Elle sourit discrètement, concentrée. A sa place, Larxene se serait découragée.
Allez, c'est l'occasion.
Elle va chercher de quoi manger sur un stand indien, des beignets, et elle vient se poser près de la jeune femme boite en main. Elle l'écoute tout du long, attentive. Jusqu'à ce que l'autre se pose finalement. Bientôt 14h, elle va devoir plier ses affaires. La blonde n'a pas envie que ça se termine.
« - Ça doit creuser d'jouer autant, nan ? »
Comptant sur son assurance naturelle, même si la trouille du râteau lui noue les tripes, elle lui sort son plus fatal sourire avant de tendre la boîte de beignets à moitié vide dans sa direction. Surprise, la concernée sourit. Un sourire désolé.
« - Merci, mais je mange pas de viande.
- Y a que des légumes. »
Elle a anticipé, Larx. Elle a choppé le truc le plus vegan possible.
« - Oh. » la joueuse abandonne une de ses mains au repas tendu. « Dans ce cas … »
Elle mord dans le repas. Sourit encore, plus joyeusement. Apparemment, elle aime bien.
« - C'est bon ! Vous avez acheté ça où ?
- Les stands de bouffe indiennes au fond, là où y a tous les plats préparés. C'est quatre euros pour une boite comme ça.
- La vache, c'est vraiment délicieux. J'irai en prendre un de ces jours. »
xoxoxox
L'hiver, le froid. Décembre est bien entamé, Noël approche. Larxene vient chercher de quoi préparer le repas du 24. Elle a déjà récupéré une dinde, et elle cherche encore une recette sympa pour le dessert. Marlu, Kai' et Axel ont intérêt à kiffer leur repas, parce qu'elle va se donner à fond.
Aqua – elle a son nom, maintenant - n'est pas là, aujourd'hui. Sûrement qu'elle est rentrée pour la période de fêtes. Larxene sait qu'elle la reverra plus tard, mais elle est quand même de mauvaise humeur. C'est son moment du dimanche, normalement. Sa petite touche de bonheur de la semaine. Elle l'a attendue, et la déception lui tombe brusquement dessus.
Pour la peine, elle insulte le type qui s'approche à coup de compliments lui demander cinq balles.
xoxoxox
Dimanche 31 janvier. Elle est revenue. La blonde est rassurée de voir qu'Aqua n'est pas restée plus longtemps chez sa famille, parce qu'elle a prévu quelque chose aujourd'hui. Quelque chose de spécial.
Comme toujours, elle vient l'écouter. Elle sourit quand l'autre sourit, répond à ces regards amicaux, même si ses propres yeux ont toujours cet éclat provoquant face à l'équilibre serein de la harpiste.
« - Vous avez passé un joyeux Noël ? » l'azurée demande en rangeant ses affaires, quand l'heure arrive enfin.
« - Ça va. C'est surtout la quantité d'vaisselle dans l'évier qui m'a fait chier.
- J'imagine. »
Toujours pleine de sourire, l'autre. C'est fou, ces gens qui sont constamment de bonne humeur. Larxene, elle a besoin de râler au moins quinze fois par jours pour rester en bonne santé. Sans ça, elle pourrait pas poser un pied hors du lit le matin.
« - Bon courage pour celle qu'il va vous rester demain, avec le nouvelle an.
- Là ça va, on sera que deux.
- Ah ? Dîner en amoureux ?
- Ouais. »
Larx plonge ses mains dans ses poches, l'air détachée.
« - Passez un bon moment, alors.
- Le truc, c'est qu'elle est pas encore au courant. »
Aqua hausse un sourcil. A cause du Elle, peut-être. Ou de la phrase entière. Ou parce qu'elle a compris. Mon dieu, comment est-ce que Marluxia fait pour rester détendu quand il drague ? Sérieusement, elle a l'impression qu'elle va se faire envoyer chier chaque fois qu'elle ouvre la bouche pour dire un truc. C'est stressant.
« - Il va peut-être falloir songer à la prévenir.
- Ouais. Ce s'rait con d'avoir taffé ma cuisiné végé pour rien. »
Elle glisse un regard qu'elle veut classe naturel vers la jeune femme. Et elle espère fort, très fort face à son expression étonnée, ses yeux grands ouverts, cet air qui n'en revient pas jusqu'au moment où elle se met à rire, qu'elle ne va pas se bouffer un refus. Pire, que la demoiselle ne va pas faire semblant de ne pas capter pour éviter de la refouler.
« - Ah. Je vois. »
Elle secoue la tête sans cesser de sourire. Sa tignasse suit le mouvement quand elle bouge, ça remue de gauche à droite. C'est beau. C'est toujours beau avec elle. Même un repas dans une cave avec deux bougies pourries à cinquante centimes, ça doit être génial.
« - Et il sera prêt pour quelle heure, ce dîner ?
- 18h, y a l'apéro avant.
- C'est loin d'ici ?
- J'habite à même pas cinq minutes.
- Ok. » elle inspire, ferme les yeux, rit encore, les rouvre. « Ok, ça marche. Va pour 18h. »
Larxène sourit victorieusement. Elle ajuste son écharpe, essaye de contenir la bouffée qui l'envahit brusquement au moment où le stresse décampe. Génial. Putain de génial. Elle va passer la journée derrière les fourneaux à préparer la bouffe, mais génial. C'est le meilleur nouvel an de sa vie.
Enfin, le meilleur nouvel an de sa vie pour l'instant. Qui sait, l'année prochaine, c'est peut-être Aqua qui cuisinera pour elle.
Parce que maintenant que je ne vais plus au marché, la musique de la harpiste qui s'y rendait aussi me manque. Bon il reste sa chaîne youtube, mais c'est pas pareil.
A demain, pour un nouvel OS !
