Hey !

Voilà le quatrième OS qui arrive, tout beau tout chaud, à peine relu, prêt à être lu ! Cette fois, on est sur un ship un peu … particulier ? Mais je vous laisse découvrir ça, en espérant que ça vous plaira. J'ai essayé de faire un truc un peu chou avec des gamins, parce que j'adore écrire avec des gamins, ça gonfle le cœur de tendresse. Comme les chatons. Et baleines. Et les souriceaux.

Merci à Ya pour sa review sous le chapitre précédent, je suis grave content et touché !

Bonne lecture !


Des larmes et des coucous

Vanitas va tuer quelqu'un. Il ne sait pas encore qui, mais c'est juste une question de temps. Celui qu'il lui manque pour trouver le nom du malheureux élu. Bientôt, le misérable reposera six pieds sous terre, quelque part dans un coin de la cour de récré. Ça tombe bien, il a reçu une nouvelle pelle pour aller à la plage, cet été. Parfait pour creuser le trou de sa future victime.

« - Qui.

- J-je sais pas. C'était un grand. »

Mm. La tâche se complique. Mais rien n'est impossible pour le noiraud. Surtout quand on fait pleurer Demyx.

« - I-il a dit que j'étais un cœur d'artichaut, e-et que les mariages c'était que deux personnes, e-et que … »

Un terrible sanglot ravagé secoue le pauvre gamin, qui se blottit un peu plus contre le corbeau à ses côtés. Son nez plein de morve provoque chez l'autre un mouvement de recul incontrôlé, mais il se rattrape immédiatement en fouillant dans la poche de son cartable pour en tirer un paquet de mouchoirs propres. Demyx vide bruyamment son nez.

« - Explique tout depuis le début. » Vanitas articule sérieusement en le laissant revenir contre lui.

« - O-on était à la cantine avec Axel pour aller acheter des chocolatines pour le gouter, e-et y avait un g-grand de CM2 … »

« - Vous êtes amoureux ? »

Le gars qui s'approche doit bien avoir dix ans, à en juger par sa taille et son petit air supérieur. Il est grand, vêtu d'une doudoune noire adaptée à la saison hivernal, et ses yeux plissés fixent les deux petites mains jointes d'Axel et de Demyx, passent de leurs doigts entremêlés au sourire candide du marmot blond.

« - Oui ! »

Le petit garçon affiche la mine la plus naïve qu'on puisse imaginer, tout en brandissant sa paume collée à celle de son camarade. Axel sourit plus discrètement. Il attend que l'autre les laisse tranquille pour coller des bisous sur la joue de Dem.

« - Mais c'est mon amoureux numéro deux parce qu'y a Vanitas avant.

- Ton amoureux numéro deux ?

- Oui. C'est dans l'ordre où on est devenus amoureux.

- Tu peux pas avoir deux amoureux en même temps, ça marche pas comme ça. »

Piqué au vif, le gamin fronce les sourcils, adorablement mécontent. Il pose ses mimines sur ses hanches avant de s'exclamer.

« - Si je peux ! Même que je suis aussi amoureux avec Naminé parce que c'est la plus jolie de la classe, et avec une fille de CE2 mais c'est un secret alors je peux pas dire son nom.

- Bah ils sont tous cocus.

- Ça veut dire quoi cocus ?

- C'est quand tu trompes tes amoureux. »

Perdu, le bambin baisse les yeux. Il ne comprend pas. Tromper, c'est quand on ment à quelqu'un. Il ne ment à personne lui.

« - Et même que c'est puni par la loi la polygamie. » un autre grand surenchérit, sûr de lui.

« - Tu peux pas avoir plusieurs amoureux en même temps, t'es obligé d'en choisir un.

- Et faut que ce soit une fille déjà, parce que t'es un garçon et que les garçons ils se marient avec les filles. Sinon vous pouvez pas faire d'enfants. »

Demyx recule, sa pièce de un euro serrée dans son poing. Il sent quelque chose qui lui fait mal dans le torse, comme quand sa mamie est morte l'an dernier. Sa lèvre tremble. Son nez pique.

« - C'est pas vrai ! »

Alors qu'il raconte le drame à son amoureux numéro un, Dem entend des bruits de pas précipités dans sa direction. Relevant son petit nez rougi, il aperçoit Axel essoufflé qui accourt, guidant derrière lui une Naminé inquiète.

« - Il est là ! »

Aussitôt, les deux s'assoient près de leur protégé éploré. Le rouquin lui fait un énorme bisou sur la joue après l'avoir essuyée, alors que la petite fille s'applique à écarter délicatement les pans de sa robe pour éviter de la tacher, cachant tout de même ses cuisses sous le tissu blanc. Elle glisse ses deux mains pâles autour d'une de celles de Demyx pour la serrer tout doucement.

« - Qu'est-ce qui s'est passé ? » elle demande, ses doigts boudinés dessinant de petits cercles d'affection dans la paume du garçon.

« - C-c'est les grands.

- Qu'est-ce qu'ils ont dit ?

- Que je pouvais pas être amoureux avec vous et que sinon la police elle avait venir chez moi parce que j'ai p-pas le droit, e-et que je pouvais pas être amoureux des garçons, e-et que on était des coucous, e-et …

- Doucement. »

La petite ne cesse de le câliner alors que les deux autres bougonnent, furieux contre celui qui a fait pleurer le petit musicien. D'un regard partagé, ils s'accordent pour une vengeance future. Celui qui a fait ça ne s'en sortira pas indemne. Ils y veilleront.

« - Tu l'as vu ? » Van demande, sérieux.

« - Ouais.

- Tu peux l'reconnaître ?

- Trop facile. »

Mais ils sursautent tous les deux, alors qu'une voix surgit brusquement dans leur dos.

« - Qui. »

Face à eux, les surplombant de toute sa hauteur, la terreur de la cour se tient droite et fière. Sa tignasse blonde coiffée de deux couettes serrées, elle les regarde furieusement, les poings fermés, à deux doigts de mordre.

« - Qui a fait ça. »

Elle répète fermement, comme un ordre. Vanitas et Axel comprennent bien vite que toutes les manigances qu'ils pourront mettre au point ne seront rien face à la furie de Larxene. Le type qui a fait pleurer Demyx va en prendre pour son grade.

« - C'est les grands d-du CM2. » le gamin chouine, nullement impressionné par la fillette.

Elle hoche la tête avant de venir s'asseoir près des autres pour consoler Demyx. Mais dans sa petite tête diabolique, un terrible plan se prépare. Elle espère pour l'énergumène concerné qu'il aime le goût du sel dans ses yaourts, sans quoi la surprise risque d'être désagréable.


Et voilà !

En vrai, cet OS, c'est un peu un gros doigt d'honneur tendu vers le gars qui, en primaire, m'a sorti non sans un certains jugement, que mes amoureux étaient cocus, puisque j'en avais plusieurs. C'est aussi un pied de nez fait à l'imposition du modèle exclusif par la société. Je peux bien avoir une liste d' et de crushs longue comme le bras si je veux. J'peux même avoir plusieurs relations en même temps, tiens. Na'.

Merci d'être passé-es lire ! N'hésitez pas à laisser votre avis sur ce texte, c'était toujours très encourageant d'avoir des retours ! Votre pouvoir de lecteur-rices est puissant !

A demain !