Manga/Animé : Naruto de Masashi Kishimoto/Studio Pierrot
Mots :
Publié : 19/06/2020
Résumé : Sous la contrainte, Naruto et Hinata sont unis pour le meilleur et pour le pire...
Note : Merci infiniment à Hippyredfox pour son aide sur cette histoire courte
Des papiers à droite, des papiers à gauche.
Des papiers de partout.
Pourquoi les contrats importants étaient encore et toujours imprimés sur papier ? A quoi servait la technologie si c'était pour donner du travail supplémentaire ?
Et allez, encore une pile de dossiers sur son bureau qui le ramena à la réalité. En face de lui, Minato, libéré de sa charge, défit les boutons de sa veste de costume avant de prendre place dans un fauteuil de cuir moelleux.
Naruto croulait sous le travail et, bien évidemment, la présence de son père n'allait pas l'aider à se concentrer. A chaque fois qu'il était dans la même pièce que lui, sa petite conscience lui chuchotait à l'oreille qu'il devait avouer, une bonne fois pour toutes, que son mariage était une catastrophe. Que toutes ses tentatives pour faire plaisir à Hinata avait lamentablement échoué.
Ah Paris, la ville de l'amour. Ça aurait pu l'aider à conquérir ou peut-être juste adoucir l'ambiance et le caractère dur de sa femme. Mais, malgré les balades nocturnes en amoureux, les virées en bateau sur la Seine, Montmartre, la Tour Eiffel, les restaurants, rien ! Rien n'avait fait son effet. La lune de miel s'était terminée sur la même note qu'elle avait commencé, voir pire.
Mais il ne s'était pas avoué vaincu !
De retour à Konoha, il avait planifié des sorties cinéma, opéra, ballet, des dîners aux chandelles, tout ce qui pourrait lui faire plaisir. Tout ça fut accueilli par un froid refus. La moindre activité qu'ils pouvaient faire ensemble semblait la rébuter. Alors, une fois de plus, il avait invité Neji et sa femme Tenten, Hanabi, Ino, pour, encore, calmer le jeu. Et ça marchait ! Enfin, un tout petit peu... Les après-midi en famille étaient une bouffée d'air frais pour Naruto. Pour l'espace d'une demi-journée, ils ressemblaient à un couple. Pour l'espace d'un micro instant, l'espoir revenait.
Ce n'était pas assez !
Ses petites attentions fusaient. Des petits mots, des bouquets de lys, ses préférées, qu'il lui offrait une fois par jour dès qu'il revenait du travail. Elle n'y faisait pas attention. Petit à petit, son envie de la faire changer d'avis sur lui fanait comme ces fleurs, qui auraient sûrement voulu mourir ailleurs que dans ce pot de porcelaine chinoise, au milieu de cette ambiance glaciale et tendue.
Pour couronner le tout, depuis maintenant quelques mois, elle quittait la villa, qu'il lui avait acheté, bien avant qu'il rentre. Des heures durant, il l'attendait avant de tomber de fatigue sur le canapé de leur immense salon. Ce n'était qu'à ce moment-là qu'elle revenait.
Bon, au moins c'était clair.
Elle l'évitait comme la peste.
Mais, persévérer était son mot d'ordre ! Passait-il pour un idiot ? Peut-être. L'idiot amoureux. Toutefois, même les idiots souffrent. La douleur de Naruto se lisait dans ses traits, se faisait entendre dans l'obscurité de ses nuits blanches et se fondait dans ses gestes.
A cran, il devenait anxieux. Profitant de toutes les sorties publics où ils étaient attendus, pour ne pas la lâcher, ne pas la quitter des yeux une seule seconde. Car, c'était lors de ces moments qu'elle le laissait poser sa main dans le creux de son dos. Sentir son parfum dans sa chevelure ébène. Embrasser sa main, sa tempe, son front. Et, si elle était d'humeur à pousser un peu plus la comédie, il avait droit à ses lèvres. Une danse par-ci, par-là. Un échange de regard lors d'une photo pour la presse.
Des instants de bonheur, purement calculés.
Ces marques d'affections jouées avaient fait grimper la popularité de leur couple. Mais que vaut l'avis des journaux et de ses lecteurs ? Alors que lui ne voulait qu'elle. Voir ses prunelles nacrées briller en sa présence. Être la raison de son sourire. Pour ça, plus que tout au monde, il aurait tout fait pour n'avoir ne serait-ce qu'un baiser qui voulait dire « je t'aime ».
Échec.
Tout ce qu'il récoltait à la place était faux.
Les autres étaient naïvement bernés par ses actes qui déclenchaient une farandole de remarques; « Vous êtes trop mignons. », « Vous être parfait l'un pour l'autre, ça crève les yeux. »
Disons qu'elle crevait plutôt son coeur. Encore, encore et encore...
-Naruto ? Un problème ?
Cette question le rendit encore plus muet qu'il ne l'était depuis maintenant dix minutes. La peur lui noua l'estomac. Comment ne pas le décevoir ? Il ne voulait pas que le peu d'estime que son père avait reconnu s'écroule. Alors, il se contenta de silencieusement secouer la tête, trop occupé à se débarrasser des souvenirs qui brisaient, peu à peu, l'image qu'il s'était fait de son mariage avec Hinata.
Mais que pouvait-il faire seul ?
Il l'aimait. Terriblement.
Avait-il encore la force de porter tout ce poids sur ses épaules ?
Comme convenu, son union avec elle le propulsa à la place de PDG de la compagnie de son père, mais aussi des Hyûga. Dans la salle de réunion, il se souvint des félicitations qu'il avait reçues. Le conseil était fier de son choix. Ce mariage l'avait transformé. C'était un homme. Enfin, on commençait à le prendre au sérieux.
Mais, les hommes mariés, les vrais, procuraient force et stabilité à leurs femmes. Lui ? Il était l'incarnation même de la morosité pour Hinata.
Que voyait-elle lorsqu'elle le regardait ? Un boulet. Une conséquence à sa vie qui la raccrochait à un mariage qu'elle n'avait jamais voulu. Et Madame Namizake ne faisait aucun effort pour le rendre agréable. Pouvait-il lui en vouloir ? Bien sûr que non. Aucun d'eux n'avaient eu le choix. Tout ce que Naruto avait de plus qu'elle, c'était les sentiments.
Après ces mois à tenter de la faire tomber amoureuse de lui, le moral était, aujourd'hui, au plus bas.
Sentant le regard insistant de son père, il daigna enfin lui prêter attention, délaissant les chiffres sur l'écran qui brûlaient ses yeux azurs.
-Tu voulais quelque chose ? l'interrogea-t-il.
-Juste savoir comment se passait la relation avec ta femme.
A merveille vraiment ! Il se demandait encore comment il allait devoir s'y prendre pour éviter cette discussion délicate avec son paternel.
-Cela fait longtemps que je n'ai pas parlé avec toi.
Ah ? C'était bien de le constater, mais pas pour ce sujet.
-Et bien, pas de grands changements depuis la dernière fois.
C'était vrai mais peu naturel alors qu'il tentait de le paraître. De plus, son père n'était pas dupe. Il connaissait son fils mieux que quiconque.
-Tu veux dire que vous n'avez toujours pas consommé le mariage ?
Quel embarra ! Les joues de Naruto virèrent aux rouges, même ses oreilles.
-Hinata a encore besoin d'un peu de temps pour s'accommoder à notre situation, marmonna-t-il. Rien de grave.
-Cela fait quand même plus d'un an que vous êtes mariés, lui fit remarquer son père. As-tu tout fait pour la mettre à l'aise, pour lui faire plaisir ?
Et comment qu'il avait essayé !
-Bien entendu mais son nouveau travail lui prend de plus en plus de temps. C'est difficile de trouver un moment pour être ensemble.
Surtout quand sa femme le fuyait...
-Naruto, un mari sait trouver du temps pour sa femme.
-J'ai essayé, père, elle refuse tout. Elle n'a pas choisi d'être avec moi et me le reproche chaque jour.
-Ce n'est pas ce qu'il y a écrit sur le contrat de mariage.
Comme si un papier changerait la donne.
-Ne me fais pas croire que tout a été fait dans les règles, reprocha Naruto. Je ne suis pas aussi bête.
Agacé, sa main plongea dans le dorée de ses cheveux. Une longue inspiration pour se calmer, ses sautes d'humeurs n'allaient pas l'aider à comprendre, ni à améliorer la situation. S'énerver contre son père ne servait à rien. Minato était toujours aussi impassible.
-Sais-tu ce qu'une femme désire le plus au monde, Naruto ?
Pourquoi le sentait-il mal d'un coup ?
-C'est d'être mère, finit son père.
Leurs prunelles bleues, identiques en tous points, se rencontrèrent. Il aurait dû se douter qu'il préparait quelque chose. Cette conversation n'avait qu'un seul but ; lui rappeler que tout était une question d'affaires.
-Fais un enfant à Hinata et elle te sera loyale.
Loyale ? Il plaisantait ?
Minato disparut sans attendre sa réponse, le laissant seul avec ses réflexions.
Hanter jusqu'à la fin de la journée, Naruto continua d'y penser, même lorsqu'il arriva enfin chez lui.
Hésitant à entrer, il savait que la maison serait encore vide. Le silence accablerait les murs, ne laissant que les mots de son père résonner dans sa tête. Il avait peur de les entendre, encore et encore, une fois à l'intérieur. C'était pesant comme situation. Il ne savait plus où se situer. Comme un étranger à sa propre demeure, il pénétra avec lassitude dans le hall.
Toutefois, une surprise l'attendait.
Lorsqu'il poussa la porte d'entrée, il remarqua tout de suite le bruit et la valise posée prêt du porte-manteau. Celle d'Hinata.
Elle partait ?
Où ?
Il s'avança avec précaution vers la chambre commune. Ou plutôt celle où Hinata dormait seule.
Même s'ils étaient reliés par un contrat, Hinata pouvait toujours prendre la décision de vivre ailleurs. Et il ne pouvait pas refuser. Savoir que leur vie commune pouvait un jour se finir, tenait Naruto en haleine. La savoir près de lui, était réconfortant. Certes dans une ambiance froide, mais un réconfort quand même.
Contrairement à ce qu'il pensait, la pièce n'était pas sens dessus dessous. De ce qu'il voyait, seuls quelques tiroirs étaient vides et il ne devait manquer qu'une ou deux paires de chaussures dans son placard.
La cherchant des yeux, il vit sa longue chevelure sombre se balancer dans la salle de bain pendant qu'elle fouillait ses tiroirs. Un pied dans la chambre, Naruto se sentit nerveux.
-Hinata ? Qu'est-ce que tu fais ?
Au son de sa voix, elle se raidit avant de se retourner pour lui faire face. Leurs yeux se croisèrent, signifiant qu'elle acceptait sa présence ici. Sa trousse de toilette dans les mains, elle coinça une des ses mèches derrière son oreilles puis reprit son occupation.
-J'ai laissé un mot dans la cuisine à ton attention, lui lança-t-elle.
-Maintenant que je suis là, tu pourrais me le dire.
-Je pars pour le week-end.
Pardon ?
Son ton lui indiquait clairement qu'elle ne lui donnerait pas plus de détail à cette courte explication. Passant un main sur sa nuque, la conversation avec Minato était encore fraîche dans l'esprit de Naruto.
-Pourquoi tu ne m'en as pas informé plus tôt ? C'est pour le travail ? demanda-t-il à tâtons.
-Du tout.
Sa réponse le surprit.
-Qu'est-ce que c'est alors ? insista-t-il.
Trop occupée, elle ne lui répondit pas tout de suite. Elle vérifia qu'elle avait sa bonne bouteille de shampoing puis la glissa dans sa trousse avant d'attraper son sac de cabine. Elle passa devant Naruto qui la suivit vers la sortie.
-Je pars à Hawaii avec Ino, Tamaki, Kiba et Deidara.
Bien qu'il connaissait ses amis, il ne put s'empêcher d'être agacé par la mention du dit Deidara, le frère d'Ino. Un beau blond aux cheveux longs, à la réputation houleuse, qui était trop proche de sa femme. Plusieurs fois, il les avait vu, seuls, alors qu'il lui chuchotait à l'oreille des mots qui la faisaient rougir et même rire, pour de vrai. Impuissant, il ne savait quoi faire face à cette situation.
Pourquoi séduisait-il une femme mariée ?
La meilleure amie de sa soeur ?
Hinata Namikaze, sa femme à lui !
-Je ne veux pas que tu y ailles Hinata, tonna-t-il de but en blanc.
Vert de jalousie, il n'avait pas pu se retenir. Surprise, Hinata lui prêta de nouveau attention. Encore une fois, leurs prunelles se croisèrent, leurs sourcils se froncèrent.
-Tu n'as pas ton mot à dire Naruto.
-Tu veux partir en week-end ? Pars avec moi. Je... J'aimerais qu'on ait une discussion sérieuse à propos de...
-Je n'ai rien à te dire, coupa-t-elle sèchement.
Classique.
-Moi si, plein de choses mais tu n'es jamais là, reprocha-t-il.
-Ne rejette pas la faute sur moi...
-Ce n'est pas moi qui part avec un homme célibataire !
Elle lâcha un rire nerveux qui définissait la colère qui la submergeait.
-Attends, tu es jaloux ?
Totalement.
-Aux dernières nouvelles, poursuit-elle, je porte peut-être ton nom mais, je n'appartiens à personne !
Il l'avait bien compris. Inutile de remuer le couteau dans la plaie.
-Dans ce cas, va le lui dire à lui aussi ! ordonna-t-il. Parce que ça se voit dans ses yeux qu'il ne veut qu'UNE chose, c'est de te mettre dans son lit...
La claque qui s'abattit sur sa joue, résonna dans le hall. Le silence revint, seulement perturbé par la respiration rapide d'Hinata. Outrée, elle attrapa son sac de cabine et sa valise et le contourna avec la détermination de le laisser planter là, dans ses remords.
-Quand vas-tu constater que je t'aime plus que tout ?
Il l'entendit s'arrêter. Une seconde. Deux secondes. Trois secondes.
-Je t'aime vraiment Hinata.
Intérieurement, il espérait que ses mots la retiennent. Qu'il n'entendait pas les bruits de ses talons aiguilles cogner contre le marbre et s'éloigner. Il espérait qu'elle comprenne que pour lui, ce n'était pas une question de contrat. Cet amour était réel.
Un amour à sens unique.
Il en souffrait.
Son cœur se liquéfiait, fondait sous la tristesse.
Encore seul, dans cette immense demeure.
Encore le silence.
Encore...
Qu'est-ce que je peux dire à part « aïe... »
