3 Décembre.

Je préfère juste ne pas savoir ce qu'il va s'acheter avec...


Longueur : One-shot.

Univers : UA.

Pairing : Yaoi – SasuNaruSasu.

Personnages : OOC.

Genres : Romance. / Guimauve.

Rating : K.

Disclaimer : Tous les personnages appartiennent exclusivement à Masashi Kishimoto.


Résumé : Sasuke et Naruto font leurs achats de Noël.


— Et pour Ita ?

Sasuke marmonne un long « Hm » pensif pour me répondre. Voilà près de deux heures que nous déambulons dans les rues de notre ville natale pour faire la tournée des cadeaux de Noël – malheureusement pas la distribution, mais l'achat – et nous commençons à être à court d'idées. J'ai déjà trouvé pour mes parents et pour la femme de mon parrain, quant à Sasuke, il n'a trouvé que pour son père et se creuse la tête en vain. Il n'a apparemment aucune idée de ce qu'il pourrait offrir à son frère, et moi non plus à vrai dire. Le froid, semble-t-il, commence doucement à prendre possession de moi.

Franchement, quelle idée avons-nous eu de tarder autant pour acheter les cadeaux ? S'en charger pendant le premier samedi de décembre, c'était la dernière chose à faire. Malheureusement, les cours à la fac nous prennent à tous les deux de plus en plus de temps, et bien souvent, quand nous avons enfin la chance d'avoir quelques heures rien que pour nous, nous évitons de les passer à faire du shopping.

La main de Sasuke se pose soudain sur mon bras. Je le regarde pour savoir ce qu'il lui prend, et il tourne vers moi un visage satisfait en pointant du doigt une grande librairie.

— Ici, on va forcément trouver notre bonheur ! s'exclame-t-il, visiblement soulagé.

J'espère qu'il a raison, parce que je commence à ne plus sentir mes doigts, moi... J'ai beau être emmitouflé dans une écharpe aussi large et épaisse que douce, j'ai beau avoir sorti ma doudoune triple épaisseur de plumes et mon bonnet à pompon, le vent pernicieux de décembre ne semble pas s'embarrasser de pitié. Il s'infiltre si facilement entre toutes mes épaisseurs de laine et de coton... Comment fait Sasuke, au juste, pour tenir avec un simple manteau et une écharpe tout-à-fait banale ?

Je n'ai pas le temps d'y réfléchir plus avant, car il me tire dans le magasin, où règne – enfin – une douce chaleur. Je défais un tour à mon écharpe et le suit au milieu des rayonnages qui filent dans tous les sens. Sasuke s'arrête parfois, se saisit d'un ouvrage pour le feuilleter prestement, puis le repose et repart errer entre les livres. La passion se lit dans ses yeux et j'adore ça. Il a toujours été ainsi, à préférer voyager au travers des mots qu'affronter la réalité. C'est un côté de sa personnalité que je trouve largement séduisant. Quand il lit, il est parfois si transporté qu'il a des réactions qu'il n'aurait jamais dans une autre situation – il éclate de son rire cristallin, il parle avec les personnages comme s'ils pouvaient l'entendre, il leur fait la leçon ou les félicite... Et moi, je le regarde avec des étoiles dans les yeux. Parce que je connais mon petit ami, je sais pertinemment qu'il n'y a qu'avec moi qu'il se laisse autant aller. Même Itachi, son grand frère, son confident de toujours, son phare dans la tempête, l'a rarement vu comme ça. Je dois avouer que je ne suis pas peu fier de ce détail. Il peut paraître anodin à un œil extérieur, mais pour moi, il est la preuve que Sasuke me fait entièrement confiance. Et il en va de même pour moi.

Nous descendons au sous-sol, où s'étalent d'innombrables albums de tous les genres de musique possible. Cette fois, c'est à moi de déambuler entre les rayonnages comme un enfant. La musique m'a toujours fasciné. Sasuke vogue sur des vagues de mots – moi, sur des vagues de notes.

— Voilà, ça c'est parfait.

Sasuke a déniché un CD de Nirvana, et à voir son sourire mutin, je suis certain qu'il est particulièrement content de sa trouvaille. Et il a raison, j'entends souvent Itachi babiller à propos de ce merveilleux groupe, « ab-so-lu-ment parfait », et de son chanteur au destin tragique. C'est un fan inconditionnel... !

Puis les sourcils de Sasuke se froncent à nouveau tandis qu'il se retourne en balayant le reste du magasin du regard. Instinctivement, il a posé sa main sur l'anneau d'argent qui pend à son cou depuis ses dix-huit ans. J'esquisse un sourire ; il cherche un cadeau pour sa mère. Je le sais car, sans même s'en rendre compte, il tripote toujours cet anneau lorsqu'il pense à Mikoto – elle lui l'a offert pour sa majorité, poursuivant ainsi une certaine tradition de famille.

— Tu devrais regarder dans les récits de voyage, pour ta mère. lui conseillé-je sans attendre qu'il ne pose la question. Elle m'a parlé du Tibet la dernière fois qu'on est allé manger chez tes parents.

Sasuke lève vers moi un regard légèrement perplexe avant de remarquer sa main, encore posée sur l'anneau. Ses lèvres frémissent en un léger sourire avant qu'il reporte son attention sur moi.

— J'adore le fait que tu me connaisses aussi bien. souffle-t-il.

Et je peux lire ses sentiments au fond de ses yeux. Qui a dit que des yeux noirs étaient inexpressifs ? Ceux de Sasuke sont un puits sans fond dans lequel je ne me lasse pas de tomber. Ils regorgent de tendresse et d'émotions, qui ne parlent peut-être qu'à moi, mais je m'en fiche. Sasuke n'est pas froid ni distant quand on sait comment l'aborder, bien au contraire. Il est brûlant, passionné et enivrant. Je suis drogué, définitivement accro à cet homme.

Nous nous toisons ainsi quelques secondes en laissant parler nos regards complices, puis Sasuke fait volte-face et se dirige vers le rayon voyage. Je le suis en réfléchissant déjà à ce que pourrais offrir à mon parrain. C'est bien souvent pour Jiraya que j'ai le plus de difficulté à choisir... N'ayant aucune envie de me prendre la tête avec cette question, je laisse errer mon regard un peu partout. Je finirai bien par trouver une idée, peut-être par hasard, au détour d'un rayon.

Sasuke me rejoint bientôt avec un livre et l'album de Nirvana sous le bras, et glisse sa main dans la mienne sans rien dire, hasardant seulement un sourire, que je lui rends immédiatement. Nous approchons de la caisse, et une affiche attire mon attention, louant les avantages des cartes-cadeaux que la librairie propose. En voilà une bonne idée ! Ça conviendra parfaitement pour Jiraya. Nous réglons nos achats, et Sasuke me sert un regard étonné quand il voit le cadeau que je prévois pour mon parrain.

— T'avais plus d'idée, ou quoi ? demande-t-il d'un air taquin.

Je ricane à sa remarque, puis glisse le petit paquet dans mon sac.

— Je préfère juste ne pas savoir ce qu'il va s'acheter avec... éludé-je en haussant les sourcils.

Sasuke pouffe à ma réponse, comprenant parfaitement ce que je veux dire. Il est vrai que Jiraya a des lectures plutôt décalées – totalement perverses, si je puis m'exprimer librement. Je préfère donc ne pas tenter de trouver un livre à son goût. Pas que je veuille jouer les innocents, je suis loin d'en être un ! Mais je n'ai aucune envie de savoir ce que l'homme loufoque qui me sert de parrain lit lorsqu'il est seul.

Nous nous dirigeons ensuite vers la sortie, nouant de nouveau nos mains ensemble.

— On a fini d'acheter les cadeaux ! ne puis-je m'empêcher de m'exclamer, fier de nous, lorsque nous nous retrouvons de nouveau dans la rue, animée et scintillante de guirlandes lumineuses.

Sasuke passe un bras dans mon dos pour se serrer contre moi, en chantonnant un adorable « Oui ! », puis cherche à croiser mon regard.

— On va boire quelque chose de chaud chez moi, j'ai envie d'un thé. annonce-t-il en sachant que je ne dirai pas non. Tu restes dormir à l'appart, ce soir ?

Une petite flamme s'est allumée dans ses beaux yeux de nuit. Pris d'une envie soudaine, je m'arrête au milieu du trottoir et glisse ma main libre dans sa nuque pour l'attirer dans un fougueux baiser. L'ambiance doucereuse de Noël aidant, nous nous laissons porter par notre désir naissant et faisons danser nos lèvres l'une contre l'autre. Les regards désapprobateurs ou gênés qui glissent sur nous m'importent peu ; je l'aime, et c'est tout.

Quand nous nous séparons, les joues rougies par le froid et l'envie, il murmure :

— Ça veut dire oui ?

Sa discrète malice me fait fondre. Je pose un dernier baiser, vaporeux, sur ses lèvres charnues, puis lui répond sans parvenir à réprimer un large sourire :

— Bien sûr que oui !


Et ils ont trouvé tous leurs cadeaux ! Ça vous a plu ? À demain pour le prochain !