7 Décembre.
C'est toi qui es stupide.
Longueur : One-shot.
Univers : UA.
Pairing : Yaoi – SasuNaruSasu.
Personnages : IC.
Genres : Humour. / Romance.
Rating : K.
Disclaimer : Tous les personnages appartiennent exclusivement à Masashi Kishimoto.
Résumé : Sasuke et Naruto se disputent… mais à quel sujet ?
— C'est stupide, voilà ce que je dis.
— C'est toi qui es stupide.
Mais quel caractère ! Naruto est têtu, insupportablement borné. Bon, je suis peut-être allé un peu loin en disant qu'il était stupide… Mais cette discussion sans queue ni tête m'y a poussé ! Il est terrible. Pourquoi est-ce que je sors avec lui ? Alors ça, c'est une excellente question.
— Mais c'est comme une tradition !
— Et alors ? Ça nous oblige pas à la suivre !
Je n'ai jamais vraiment compris moi-même ce que j'aime tant chez cet homme… Il faut dire qu'il a un certain talent pour transformer ses défauts en détails adorables. Vous ne voyez pas pourquoi ? Je m'explique. Il sourit beaucoup trop ; tellement qu'il m'arrive parfois de me demander s'il ne lui arrive pas d'avoir des crampes aux lèvres ou aux joues. Et si cela, chez d'autres personnes, m'énerve profondément, chez lui c'est quelque chose qui me plaît énormément. Pourquoi ? Encore une excellente question ! Je n'en sais foutrement rien.
— Mais moi j'en ai envie !
— Ça, j'ai bien compris, merci.
Le voilà qui se met à bouder comme un enfant… Le menton contrit, la bouche tournée vers le bas, les yeux larmoyants et le regard de pauvre petit chiot abandonné, tout y est. Vil manipulateur… Il sait que je ne résiste pas à ses charmes ! Comment pourrait-il en être autrement ? Je l'aime tellement que si un jour il voulait décrocher la lune, je chercherais n'importe quel moyen pour qu'il y parvienne.
— Alors, pourquoi tu veux pas ?
— Mais parce qu'on peut en manger toute l'année, je trouve ça débile de vouloir à tout prix en avoir à Noël juste parce que « tout le monde le fait »… !
Résiste Sasuke, résiste. Oui, il est trop mignon ; oui, il connaît tes points faibles et sait s'en servir à merveille ; oui, son souhait est stupidement réalisable et au fond de toi, tu as envie de faire plaisir à cette bouille d'ange. Mais non ! Ne cède pas ! C'est un caprice, rien de plus. Un caprice vraiment ridicule, en plus.
— T'es vraiment pas drôle. Même méchant. Cruel. Je te hais.
— Moi aussi, je t'aime. De toute façon, les réservations doivent déjà être bouclées, donc la question ne se pose même pas.
J'exagère peut-être un peu avec cette histoire de réservation bouclées. Mais je n'ai vraiment aucune envie de m'embarquer là-dedans… !
— On peut toujours faire la queue…
— Pendant trois heures ? Nope. Puis quoi encore ! Tout ça pour du poulet frit ?
Et le voilà qui recommence à faire la tête. Irrécupérable gamin !
— C'est pas du poulet frit, c'est the menu de Noël de KFC ! Il y a même un gâteau dedans !
— Tu sais que tu ne m'auras pas avec le sucre…
Naruto me traite de rabat-joie, puis détourne le regard, signe qu'il n'en démordra pas. D'habitude, c'est à ce moment-là que je commence à craquer, mais aujourd'hui, je suis décidé à ne pas me laisser avoir par ses talents de comédien. Naruto ne m'aura pas, pas plus qu'il n'aura son KFC pour Noël. Je sais pertinemment que beaucoup de Japonais le font, mais ce n'est pas une raison ! Bien au contraire. Je déteste aller dans le même sens que tout le monde, suivre le mouvement comme un bon mouton, surtout lorsque c'est injustifié !
— Et ben je mangerai des ramen tout seul dans mon coin, voilà.
— Je suis sûr que t'adorerais, en plus.
Mais Naruto a une arme secrète… Il se lève sans répliquer, et quitte la cuisine avec un air non plus boudeur, mais bien triste. Déjà, que Naruto n'use pas de répartie, c'est assez rare pour le souligner. Mais qu'en plus il ait un air si déchirant, ça m'est vraiment insupportable. Évidemment que tout cela fait partie de son jeu, et qu'au fond, cette histoire stupide de KFC ne lui tient pas tant que cela à cœur ; mais je n'y peux rien. Quand mon adorable petit ami a l'air à ce point affligé, j'ai l'impression que je partage son amertume, tout comme je partage tous ses autres sentiments. Je ne supporte pas l'idée qu'il puisse être triste à cause de moi. Une solution ; il faut que je trouve une solution pour nous contenter tous les deux. Fais fonctionner ton cerveau, Sasuke !
Soudain, une idée s'illumine dans ma tête. Je rejoins Naruto dans notre chambre, où il s'est assis sur le lit sans allumer la lumière. La lueur pâle de la lune, déjà haute dans le ciel, se pose délicatement sur les draps et sur son visage pensif. Je fronce les sourcils, un étrange sentiment m'étreignant la gorge. Il n'a plus l'air de blaguer. Si je me fie à mon instinct – et mon instinct connaît Naruto par cœur – je dirais qu'il a l'air profondément mélancolique.
Espérant que mon idée va lui plaire, je m'approche doucement du lit et y rejoins Naruto en l'enlaçant dans son dos. Lorsque je pose ma tête sur son épaule, il ne tourne même pas ses beaux yeux vers moi. S'il jouait encore la comédie, il aurait croisé les bras et porté son regard le plus loin possible du mien… Mais non, il observe toujours d'un air lointain la voûte céleste piquée d'étoiles, tout en caressant machinalement le dos de ma main.
— Tu veux vraiment du poulet frit pour Noël ? Il y a un très bon resto qui en fait en bas de la rue. Et puis pour le gâteau, on peut en commander un.
Un faible sourire se dessine sur son visage tandis qu'il réfléchit. Je le laisse peser le pour et le contre, attendant de voir sa réaction, puis il finit par se retourner sans pourtant avoir l'air réellement satisfait. Il m'étreint à son tour, plongeant son nez dans mon cou.
— C'est une très bonne idée, ça me va.
Alors là, foi de Sasuke Uchiwa, les bras m'en tombent. Il cède ? Si j'avais encore un doute, cette fois je n'en ai plus le moindre : quelque chose ne va pas. Il doit y avoir quelque chose de plus sérieux qu'une simple envie de KFC derrière tout cela.
Je me mets à caresser ses cheveux, comme je le fais souvent lorsque j'ai besoin de réfléchir, puis lui murmure à l'oreille :
— Naru, dis-moi, qu'est-ce qui te tracasse ? Je vois bien qu'il y a autre chose qui va pas.
Je sens ses mains agripper un peu plus fermement mon tee-shirt, mais il ne répond pas.
— Ton silence me le prouve. Allez, dis-moi…
— Tu vas encore me dire que je suis stupide. marmonne-t-il contre mon épaule.
Je l'écarte alors doucement de moi pour le regarder dans les yeux, constatant, peiné, qu'il a laissé tomber son petit jeu. Il a vraiment l'air tracassé. Je préfère ne pas lui faire la remarque, et répond plutôt :
— Promis, non. Je le ferai pas.
Son regard dévie vers le mur alors qu'il cherche ses mots. Je reconnais ces sourcils froncés, et ce petit mouvement de lèvre sur le côté qu'il fait lorsqu'il réfléchit : il cherche ses mots. Il inspire une profonde bouffée d'air, puis se décide enfin à me raconter son histoire.
— Je discutais avec Hinata aujourd'hui, et elle m'a dit qu'elle allait en prendre un avec Shino, un menu de Noël à KFC je veux dire. Et elle a dit que c'était le repas des amoureux… C'est idiot, je sais, en plus elle l'a lâché un peu au hasard, mais… Je sais pas, je voulais… Je me suis dit que ce serait vraiment cool que nous aussi on fasse un repas d'amoureux pour notre premier Noël ensemble.
J'hésite. Mon moi intérieur sadique a envie de se moquer de lui, et mon moi intérieur altruiste a envie de le prendre à nouveau dans mes bras pour le consoler. Si je m'attendais à ça ! C'est à la fois l'histoire la plus mignonne et la plus ridicule qu'il m'ait été donné d'entendre. Pris au dépourvu, je décide une fois de plus de faire confiance à mon instinct, et m'approche doucement de Naruto en glissant une main sur sa joue, puis contre son cou. Avec un micro-sourire attendri, je cueille son visage et vient l'embrasser pour effacer tout ce qu'il peut ressentir de négatif en cet instant. Il est mon rayon de soleil, je ne veux pas le voir attristé, de cela au moins, j'en suis sûr.
— Le repas des amoureux, par définition, c'est aux amoureux de le choisir, non ? Depuis quand Hinata et Shino ont la moindre incidence sur nos décisions ?
Ses paupières se rouvrent sur ses yeux, à nouveau brillants de bonheur. Il sourit, et cette fois je retrouve la sincérité que je connais si bien sur son visage.
— T'as raison. acquiesce-t-il calmement, avant de reprendre en haussant les épaules : En plus, c'est vrai que le resto du coin de la rue est cent fois meilleur que KFC !
Et voilà, un OS de plus ! Il vous a plu ?
