8 Décembre.
Je m'en branle. De toutes façons, ils n'ont rien à dire.
Longueur : One-shot.
Univers : Canon.
Pairing : Yaoi – SasuNaruSasu.
Personnages : IC.
Genres : Romance.
Rating : T.
Disclaimer : Tous les personnages appartiennent exclusivement à Masashi Kishimoto.
Résumé : Sasuke rentre à Konoha après de longs mois d'absence.
Note : Ce chapitre pourrait vous spoiler jusqu'au chapitre 699 (parce que le 700 est tout beurk). Pour ce qui est de l'anime, je n'en sais rien, je ne le regarde pas, et ne veux même pas en entendre parler ! XD Voilà voilà, sur ce, bonne lecture !
Réponse aux reviews anonymes.
Guest (OS du 6 décembre) : Merci à toi pour ta review, contente que ça t'ait plu ! Merci aussi pour tes encouragements ! J'espère que la suite te plaira tout autant !
Imōto-chan (OS du 5 décembre) : Muhuhu je suis contente de t'avoir fait rire et grincer des dents en même temps, ça satisfait mon cerveau parfois légèrement bipolaire XD De rien, de rien ! C'était rien que pour toi~ \( . )/
Sasuke frissonna imperceptiblement avant de tirer sur un pan de sa cape pour s'abriter un peu mieux de la bise glaciale qui soufflait sur la forêt. Les hauts murs de Konoha étaient en vue, et d'apercevoir enfin les grandes portes se dévoiler progressivement derrière les troncs nus des arbres lui inspira un léger sourire. Enfin, après six mois d'absence, il revenait chez lui. Et oui, il pensait bien « chez lui », même si cette expression lui avait autrefois inspiré une haine incroyable. Désormais, il protégeait ce village qu'Itachi avait tant aimé, à sa manière. Ses longues missions d'espionnage, de collecte d'informations ou de simples repérage l'obligeaient à vivre sur les routes pendant une grande partie de l'année, et ne lui laissaient que fort peu de temps au village, mais même si parfois il se languissait de certaines personnes, c'était ainsi qu'il préférait vivre : à œuvrer dans l'ombre pour le bien de Konoha. Pour cela, Naruto et Kakashi aimait parfois à le surnommer le « véritable Hokage »*, en écho au souhait qu'il avait formulé devant Hashirama, quelques années auparavant. Cela faisait doucement sourire Sasuke.
Après tout, que pourrait-il faire s'il restait à Konoha ? Quelques personnes avaient évoqué la place de chef de l'ANBU, mais c'était une idée qui avait vite été écartée – la plupart des villageois ne parvenait toujours pas à faire confiance à Sasuke.
Néanmoins, c'était un détail dont il se fichait éperdument. Il parvenait à trouver son bonheur à sa propre manière. Par ailleurs, il revenait toujours à Konoha pour une période en particulier : celle des fêtes de fin d'année. C'était aujourd'hui le cas, mais avec une légère nuance. Il était parvenu à finir sa mission plus tôt que prévu, et avait fait exprès de ne pas en informer le Hokage ; son dernier message ne laissait présager un retour que dans une bonne semaine.
Désirant à tout prix ne pas se faire remarquer, il n'avait pas malaxé de chakra depuis de longues minutes, et dissimula du mieux qu'il pouvait son énergie en passant les lourdes portes de bois. Il emprunta immédiatement une ruelle déserte, qui s'ouvrait sur sa droite, tout en jetant un coup d'œil au plus haut bâtiment du village. Personne à l'horizon, c'était parfait. Il continua donc son chemin, restant dans l'ombre des immeubles et des maisons, et fuyant les rues trop larges et trop bondées. Fort heureusement, il ne croisa personne qui le connût assez pour vouloir entamer une conversation avec lui – ceux qui ne le connaissaient que de réputation le fuyaient comme la peste, et c'était tant mieux. Il ne voulait pas parler à qui que ce fût avant d'avoir atteint son objectif : le bureau du Hokage.
Il bifurqua dans une énième ruelle, aussi étroite que sombre, qui serpentait entre quelques habitations aux murs décrépits. Du linge séchait sur des fils tendus entre les petits immeubles – pouvait-il vraiment sécher dans ce froid ? –, et les persiennes étaient toutes abîmées et cassées ; certaines manquaient.
— Qu'est-ce que tu fais là de si tôt ?
Sasuke s'immobilisa en entendant la voix rauque dans son dos. Il la reconnut immédiatement, car son corps réagit dans l'instant. Son cœur s'accéléra délicieusement, et il se sentit plus léger encore que l'air. Ses entrailles se nouèrent d'une hâte doucereuse, tandis que ses lèvres s'arquaient en un rare mais sincère sourire. Au diable son objectif de l'instant !
Il se retourna juste au moment où Naruto atterrissait souplement à quelques mètres de lui. Ses cheveux, qui même à cette distance avaient l'air si doux, son tout nouveau sourire en coin que la maturité de l'âge adulte lui avait inspiré, ses yeux qui brillaient d'une manière tout à fait unique lorsqu'ils se posaient sur lui, sa peau, ses muscles, son corps, promesses de folies et de douceurs… Tout cela lui avait affreusement manqué. Il aurait voulu lui sauter dessus sans attendre.
Visiblement, Naruto avait lu dans son esprit, car il bondit à la vitesse de l'éclair vers Sasuke en l'entraînant dans un étroit interstice entre deux immeubles avant de le plaquer de toute la puissance de son corps contre le mur de pierre froid. Sans préavis, il approcha son visage de celui de Sasuke, dans la nuque de qui il avait glissé une main sûre, pour l'embrasser avidement. Enivrés d'un désir trop longtemps brigué, ils se laissèrent porter par la passion d'une étreinte charnelle, dévorant les lèvres de l'autre et explorant leur peau du bout des doigts.
Perdus dans la hâte de leurs retrouvailles, ils en oublièrent le temps qui coulait toujours. Ils ne s'essoufflaient pas, bien au contraire ; ils prenaient une profonde respiration de cet oxygène qui leur avait manqué pendant plus de six mois.
Au bout de longs instants, Sasuke eut tout de même la présence d'esprit de poser sa main sur la poitrine de Naruto pour l'écarter un peu. Croisant son regard embrumé, il susurra :
— On pourrait nous voir… Qui sait ce que les villageois pourraient bien penser de leur Hokage s'ils le voyaient fricoter avec un ex-déserteur…
Naruto ne répondit d'abord rien, remuant imperceptiblement la tête avec un doux sourire qui signifiait « Tu dis vraiment n'importe quoi… ». Il glissa son regard sur le visage de Sasuke jusqu'à le poser sur ses lèvres rougies par leur échange tumultueux.
— Je – commença-t-il avant de l'embrasser rapidement – m'en – et il l'embrassa une seconde fois, sans quitter ses lèvres des yeux – branle. conclut-il avec un troisième baiser.
Puis il rencontra de nouveau le regard de Sasuke. Le brun en eut presque le souffle coupé. Dans les yeux bleus, brûlait un feu puissant que rien ne semblait vouloir arrêter, cristallisant la volonté de fer de Naruto. Avait-il encore gagné en maturité depuis tout le temps que Sasuke était parti ? C'était bien possible après tout…
— De toutes façons, ils n'ont rien à dire, je mène ma vie comme je l'entends.
La détermination était palpable dans la voix du blond. Cependant, quelque chose d'autre y perçait. Quelque chose que Sasuke n'eut aucun mal à percevoir tant il connaissait par cœur les moindres mimiques de Naruto. Le brun sentit une envie sauvage monter à nouveau en lui lorsque son amant se mordit discrètement la lèvre avant de se rapprocher doucement, dans un mouvement débordant de sensualité. Sans éteindre la lueur de provocation qui dansait toujours dans ses yeux bleus, il colla son corps brûlant à celui de Sasuke, qui ne parvenait déjà plus à réfléchir correctement. Sa raison avait foutu le camp ; ne restait plus que le désir, violent et inarrêtable.
De sa seule main, il accrocha la veste de Naruto pour les rapprocher encore davantage, jusqu'à sentir leurs érections naissantes se toucher, achevant d'embraser leur désir. De nouveau, ils s'embrassèrent comme si c'était la dernière fois, car c'était un peu comme cela qu'ils vivaient leur histoire ; Sasuke partait régulièrement en missions dangereuses aux quatre coins du continent, et ni l'un ni l'autre n'ignoraient que malgré ses capacités hors du commun, il n'était pas à l'abri d'un malheur. Ainsi, lorsqu'il rentrait enfin au village, Naruto et lui croquaient les quelques moments passés ensemble à pleines dents.
De même, en ce jour glacial, ils savourèrent l'instant en se réchauffant à la chaleur de leurs corps, sous leurs capes qui les entouraient d'un cocon d'intimité. Entre deux baisers, Sasuke marmotta sans vraiment avoir la volonté de s'éloigner de Naruto :
— Faudrait peut-être qu'on aille chez toi, non ? J'ai envie de toi…
Naruto ricana doucement, avant de plonger son nez dans le cou de son amant.
— T'as pas tort… murmura-t-il en y déposant de tous petits baisers.
Mais il eut tout le mal du monde à se détacher de Sasuke. Et même sur le chemin, prétextant se cacher aux yeux des autres, le brun attira encore trois ou quatre fois Naruto dans des recoins sombres pour laisser s'exprimer ses envies. Lorsqu'ils parvinrent enfin chez le blond, ils s'enfermèrent à double tour… Et le lendemain matin, Shikamaru trépigna d'impatience pendant une bonne heure, mais lorsqu'il réalisa que Naruto ne pouvait être en retard que pour une seule raison, il se résigna. Il ne le verrait pas aujourd'hui… Peut-être même pas demain !
* « Kage » (影) veut dire « ombre » en japonais.
Fin ! J'espère qu'il vous aura plu ! À demain pour un nouvel OS !
