Chapitre 12 : Retour vers le passé.
Les passes d'armes avaient été bénéfique pour Elsa. Cela l'avait sorti quelque peu de ses pensées et accordé une petite pause dans la monotonie de ce long voyage. La jeune femme néanmoins ne resta pas en place très longtemps, elle se refusait toujours à croiser le regard de Ryder. Elle voulait cacher ses sentiments au grand désespoir du jeune homme qui ne semblait pas comprendre le changement d'attitude de son amie. Finalement, pour éviter d'avoir la moindre conversation. Elsa préféra s'installer à l'avant aux cotés de Yohan. Oui, regarder la longue route se perdre dans la chaîne des montagnes du Nord qu'il restait à traverser avant enfin de pouvoir descendre vers le fjord d'Arendelle. Le paysage était apaisant. C'était le premier royaume d'Elsa, quand elle avait fui le château pour 'installer au sommet du plus haut pic de cette chaîne. Mais, curieusement, Elsa détourna son regard de la route. Sans même s'en rendre compte. Elle se mit à observer Yohan. Le jeune militaire était assez captivant. Il était si différent des autres. Aussi gentil que Ryder. Extrêmement poli et serviable comme Honeymaren. Il était également érudit. Elsa avait pu s'en rendre compte au cours de son séjour chez les Northuldra. Les deux avaient eu l'occasion de converser de différents sujets, notamment de littérature. Le militaire avait un grand savoir et beaucoup de gout pour la lecture…Comme Anna ! Oh Anna ! Elsa retrouvait un peu de sa cadette, la personne qu'elle aimait certainement le plus au monde dans la personnalité de Yohan. Elle ne saurait dire pourquoi, mais elle sentait qu'elle pouvait lui faire confiance. Elle se sentait bien également en sa présence. Mais les pensées de la jeune femme furent dissipées par Ryder qui l'appela, aussitôt elle se raidit. L'éleveur de rennes proposait un jeu. Sa voix était si douce aux oreilles de la souveraine. Elle entendit Yohan refuser poliment, prétextant le besoin de surveiller la route. Lui aussi avait une voix rassurante d'une certaine façon. Ryder insista auprès d'Elsa qui n'avait pas répondu. Sans savoir pourquoi, Elsa fouilla machinalement dans ses affaires et tomba sur le journal de sa mère…Ouf !
-Non merci Ryder je…Il faut d'abord que je lise ceci avant d'en parler à ma sœur ! S'excusa Elsa.
Ryder se désola de la réponse d'Elsa et commença malgré tout son jeu avec sa sœur et Olaf. Pendant ce temps, Elsa observa la couverture…Devait-elle vraiment lire les pensées intimes de sa mère ? Elle hésita mais finalement, la curiosité fut trop forte et elle ouvrit le livre. Il était très abimé. Certaines pages étaient désormais illisibles. Elsa crut déceler une écriture très enfantine et quelques dessins effacés par l'eau. La jeune femme s'en désola et tourna la page et finalement…Enfin un texte lisible, écrit avec une écriture maladroite.
21 décembre 1806 :
Aujourd'hui c'est mon anniversaire. J'ai 6 ans. Je vais te parler de mon ami préféré, il s'appelle Courant d'Air. C'est une grosse bourrasque de vent qui me fait voler dans les airs. Il est plus gentil avec moi que Maman qui me pousse tout le temps à devenir un chamane. Je n'ai pas un instant pour jouer.
Voilà petit journal, c'est tout pour aujourd'hui.
Elsa sourit…Des paroles si innocente pour une enfant et elle était aussi émerveillée. Ainsi sa mère semblait avoir une relation privilégiée avec courant d'air…Elle n'était donc pas la seule à communiquer avec le facétieux esprit du vent ! Elsa tourna à nouveau des pages trop abimées pour trouver un nouveau passage…
21 décembre 1808 :
Cher journal, aujourd'hui j'ai 8 ans, un an de plus que l'âge de raison selon Maman. Pour mon anniversaire elle et les autres membres de la famille m'ont préparé une grosse fête. J'ai eu le droit à un énorme gâteau au chocolat qui était super délicieux. Et comme cadeau j'ai eu un renne tout mignon. Il s'appelle Chocolat parce qu'il est de la même couleur que le gâteau. Il y avait ma meilleure amie, la seule à qui je peux me confier sans crainte : Elle s'appelle Beata et est de 5 ans mon aînée. Nous sommes amies depuis l'enfance car la tribu n'est pas la plus grande du monde et c'est elle qui me gardait souvent petite. Donc Courant d'Air est mon ami préféré garçon et Beata mon amie préférée fille.
Voilà petit journal, c'est tout pour aujourd'hui.
Elsa s'arrêta sur le nom de l'amie…Beata ! Ainsi donc elle n'avait pas menti…Sur ce point en tout cas ! Elle était bel et bien la meilleure amie d'Iduna, et c'était réciproque. Elsa sur l'instant regretta que celle qui se faisait appeler Samantha ne soit pas venue avec eux… Elle avait tant de choses à lui demander ! Elsa poursuivi sa lecture, sautant les pages abîmées, à la recherche d'autres confidences de sa mère.
21 décembre 1810 :
Cher journal, je t'ai abandonné depuis quelques temps. Sache que j'en suis désolée. J'ai été très occupée parce que Maman a essayé de m'enlever mon caractère espiègle. Elle dit que je ne suis pas une véritable fille si je m'amuse à longueur de journée avec Courant d'Air et Chocolat. Du coup je suis un peu triste. Si j'ai une fille je la laisserais faire tout ce qu'elle veut ! Mais il faut que je te raconte un truc important qui est arrivé depuis ces derniers jours. Il existe un royaume pas très loin de chez nous qui est en réalité une ville avec des pierres comme celles des géants. Eh bah les gens de ce royaume et en particulier le roi ont décidé de venir nous rendre visite pour des raisons politiques. Ils veulent faire une union enfin je crois je n'ai pas tout compris. Et attention accroche-toi bien ! Il paraît même que le roi a un fils qui a presque le même âge que moi. J'espère qu'on tombera amoureux. Mais chut tu ne le dis à personne c'est un secret. Je ne l'ai même pas dit ni à Beata, ni à Courant d'Air.
Voilà petit journal, c'est tout pour aujourd'hui.
[…]
20 février 1811 :
Cher journal, aujourd'hui a été très bizarre et très triste. Notre chef est mort, je le sais car c'est mamy qui me l'a dit, quand je lui ai demandé ce qu'avait le chef. Elle m'a répondu « Il est parti dans la rivière d'Ahtohallan ». Je n'ai pas compris ce que cela voulait dire. J'ai demandé à maman et elle m'a chanté une jolie berceuse. J'aurai aimé qu'elle me la chante quand j'étais plus petite et je me demande si cette rivière existe vraiment ! Ça serait formidable de pouvoir retrouver ceux qui sont partis, de retrouver ainsi le passé ! Bon, par contre, les adultes ont continué à parler après que je sois couchée, c'est pour ça que je t'écris, ils continuent de parler en ce moment ! Ils cherchent le successeur du chef… Nous sommes la plus ancienne famille Northuldra, mais papa ne veut pas être chef, il a dit tout à l'heure qu'il voulait me protéger. Je ne comprends pas pourquoi s'il est chef il pourra encore plus me protéger ! Et j'aimerai bien être chef moi aussi, ça doit être drôle de pouvoir commander tout le monde ! Oh ! J'entends des pas, vite je dis à l'esprit du feu de se sauver sinon ils vont voir que je ne dors pas ! A bientôt petit journal !
Elsa s'arrêta un instant sur les dernières lignes de sa mère…Des mots d'une fillette de 10 ans tout au plus. Ils étaient encore bien innocents, mais sa mère semblait s'intéresser au pouvoir…Comme elle aujourd'hui. Cela semblait donc être une faiblesse familiale. Avec une certaine crainte, Elsa poursuivit la lecture.
14 Avril 1812
Les leçons pour devenir chamane sont ennuyeuses mais il paraît que je suis assez douée. Pourtant je t'avoie cher journal que je n'écoute pas beaucoup les leçons, surtout quand c'est Yelena qui me les donne. Elle est très sévère tu sais ! Mais depuis des mois, je n'arrête pas de penser à la rivière d'Ahtohallan dont m'a parlé Mamy…Et justement mamy est partie la rejoindre elle aussi il y a quelques jours. Alors j'ai voulu aller la retrouver ! Hier, j'ai quitté sans rien dire ma leçon et j'ai pris un petit bateau sur la mer sombre pour aller retrouver la rivière de mamy ! J'ai cru que je pourrais la trouver car une flamme m'a suivi tout le long du chemin ! C'est une petite salamandre toute mignonne ! Je sens que je vais beaucoup l'aimer elle aussi. Bon mais après j'ai eu des ennuis ! La nuit était tombée, j'étais sur l'eau et mon bateau a cogné contre un iceberg et il a coulé. J'ai nagé longtemps dans l'eau froide, j'ai cru que j'allais mourir ! J'ai repensé à la chanson de maman et là c'est bizarre je ne me souviens plus trop mais quand je me suis réveillée, j'étais sur un cheval fait d'eau, il me ramenait sur la plage. Au retour, les adultes m'ont trouvé. Yelena était furieuse et elle voulait me punir, mais là les esprits m'ont protégé…Je crois que je peux leur parler ! C'est bizarre, ils ne répondent pas toujours mais j'ai l'impression que je peux les entendre et qu'ils me comprennent et font ce que je veux…Yelena le pense aussi je crois…ça me fait un peu peur, et je suis heureuse aussi, les esprits sont si gentils avec moi ! Surtout courant d'air mais lui tu le connais déjà et aussi la petite salamandre…. Je pense que je vais l'appeler Bruni ! Par contre, le cheval m'inquiète un peu, je ne pense pas que je vais chercher à retourner vers Ahtohallan ! Enfin sauf si mes copains me le disent car je suis sûre de les entendre ! …Dis cher journal, est-ce que tu crois que je suis folle ?
-Elsa ? Vous allez bien ? S'inquiéta Yohan en dévisageant la jeune femme qui semblait lutter pour ne pas pleurer.
-ça va ne vous en faîtes pas…C'est juste… Avez-vous déjà eu le sentiment de voir votre propre vie quand vos parents vous racontent la leur ?
-Euh…A vrai dire, mes parents sont morts quand j'étais très jeune…Les guerres vous savez…
-Oh ? Je suis désolée pour vous… S'excusa Elsa contrariée.
-C'est le journal de votre mère n'est-ce pas ? Interrogea Yohan pour changer de sujet.
-Je…Oui…Mais…
-Oh ça n'était pas bien difficile à deviner vu votre question ! Mais si vous vous reconnaissez dedans, alors je suis certain que cela devait être une femme exceptionnelle !
-Merci…
Elsa soupira. Elle ne savait pas si Yohan était sincère ou s'il cherchait une parole réconfortante. Ce qu'elle venait de lire était incroyable. Elsa en était convaincue, Iduna, devait probablement être l'ancienne gardienne, mais elle ne semblait pas en avoir conscience ! Et sa dernière phrase. Iduna avait des doutes elle aussi. Sans doute avait-elle peur. Elsa comprenait tellement ce que sa mère qui sortait à peine de l'enfance pouvait ressentir. Elle se sentit à nouveau comme en symbiose avec l'esprit d'Iduna…Mère et fille semblaient être les mêmes ! Intriguée, la jeune femme reprit sa lecture.
1er septembre 1812 :
Ça y est ! C'est le grand jour. Nous allons enfin rencontrer les gens du royaume d'Arendelle. Pour l'occasion Maman a été un peu moins strict. Elle a fait sauter la séance d'apprentissage en chamanisme. Malheureusement en contrepartie elle a tenu absolument à me faire porter la robe traditionnelle Northuldienne. Tu sais celle où il faut ajouter l'affreux chapeau qui gratte et en plus de cela il a fallu que je mette mes cheveux en chignon. Tu penses bien que dès que j'ai pu, je me suis détachée les cheveux me faisant ma demi-queue habituelle. Je me suis enfuie en courant pour ne pas que Maman et Papa ne le voient. De toute façon tout le monde était trop préoccupé par l'arrivée du roi d'Arendelle et sa troupe. J'en ai donc profité pour me changer et aller m'amuser avec Courant d'Air. Il était content de me voir, me faisant voler dans les airs. Nous sommes restés longtemps loin du lieu du rassemblement car je ne voulais pas qu'ils lui fassent du mal. On ne sait jamais trop avec les Arendelliens. J'ai quand même fini par m'approcher de Papa et Maman. Ils me firent les gros yeux en voyant que je n'étais plus dans ma tenue de cérémonie. Néanmoins comme ils discutaient avec des gardes d'Arendelle, ils m'ont laissés retourner jouer. J'ai piqué un goûter au passage et j'ai discuté un petit peu avec Beata. Elle me trouve un peu bébé maintenant à la vue de notre différence d'âge. Maintenant elle préfère passer son temps avec un garçon un peu plus vieux qu'elle, il s'appelle Anders je crois…Même qu'ils s'embrassent ! Néanmoins elle reste quand même ma meilleure confidente et ma meilleure amie et on fait encore des choses ensemble. Nous sommes allées observer le prince Agnarr en cachette derrière des buissons alors qu'il s'émerveillait devant les différents esprits. Nous avons bien gloussé en voyant ses beaux yeux marrons s'ébahirent pour un rien. Il a des cheveux blonds comme les blés. Je ne te mentirai pas cher journal il est très beau garçon. Beata voulait attirer son attention pour se faire bien voir auprès de son copain. Mais comme elle ne savait pas que je voulais aussi en tomber amoureuse je ne l'ai pas réprimandé. Même si ça m'embêterait que notre amitié ne soit gâchée à cause d'un garçon. Ni elle ni moi n'avons pu l'approcher de toute la journée. L'après-midi Beata est retournée avec sa mère faire du rangement dans leur hutte. Quant à moi je voulais faire de même avec Maman, mais Courant d'Air m'en a empêché. Je ne l'avais jamais vu aussi agité. Il m'a entrainé dans une bourrasque violente vers la forêt à côté de la prairie où avait lieu la réception. Au début je riais parce que j'aime bien quand il me transporte dans les airs. Mais là, sa bourrasque n'était pas comme d'habitude. J'avais l'impression qu'il m'annonçait un danger. C'est alors que je me suis sentie observée tout le temps où j'étais en haut. Quand j'ai tourné les yeux pour voir qui c'était, c'était lui, le prince Agnarr en personne. Oubliant ce que j'avais dit à Beata plus tôt dans l'après-midi j'ai voulu me lier d'amitié avec le prince. Sauf qu'une énorme guerre a éclaté entre les Arendelliens et les Northuldra. Je ne sais pas qui a commencé mais j'ai eu très peur. C'était sans doute ça que Courant d'Air avait pressenti. Il m'a laissé en l'air une bonne dizaine de minutes et soudain il y a eu une explosion. Mon cœur a manqué un battement. J'ai vu le prince Agnarr allait s'écraser contre un rocher. J'ai alors ordonné à Courant d'Air de descendre et je suis allée voir ce qu'il avait. Il était pâle, les yeux mi-clos. J'ai demandé à Courant d'Air de m'aider à le sauver tout en réalisant qu'il était temps de faire fonctionner mes maîtrises du chamanisme. J'ai invoqué les esprits de la nature d'une voix profonde. Au début cela n'a pas marché. J'ai alors placé le prince Agnarr sur mes genoux et non sans un quelconque dégoût j'ai maintenu sa tête avec la paume de ma main. Il y avait du sang. Heureusement la blessure était peu profonde. J'ai alors recommencé, implorant Courant d'Air de m'aider. Mon ami le Vent a fini par venir. Il m'a donné une de ses feuilles et a continué de tourbillonner autour de la tête du prince. J'ai plaqué la feuille sur la blessure et j'ai respiré très fort. J'ai ressenti de la chaleur au bout de mes doigts et quelques minutes plus tard les plaies ont commencé à cicatriser. A la fin je n'avais plus beaucoup d'énergie. J'ai alors demandé à Courant d'Air de m'aider à amener le corps d'Agnarr jusqu'à la charrette dans laquelle il était venue et que j'avais repéré plus tôt. Je n'avais plus de force. J'ai supplié mon meilleur ami de ne pas m'en vouloir. Puis je me suis cachée dans la charrette à mon tour. Il m'a pardonné se contentant de me mettre une couverture par-dessus mon corps. Le reste a été très flou. Je me suis endormie. Quand je me suis réveillée, j'étais dans un orphelinat. Loin de mes repères et loin d'Agnarr. Je ne sais même pas s'il s'en était sorti. Les dames de l'orphelinat m'ont posé des questions sur mes origines et ma famille. J'ai préféré ne pas répondre car je voulais rentrer chez moi. Mais je n'ai jamais pu pas parce qu'elles m'en ont empêché. Non. J'ai eu recours à une information de la pire importance. La terre d'Arendelle a grondé ce jour-là et un épais brouillard a recouvert la terre des Northuldra. Nos deux pays étaient en guerre, les gens d'Arendelle avaient peur de nous ! Un militaire est venu, il avait des médailles, je crois que je l'ai vu chez nous, il était tout le temps avec le roi ! Cet homme voulait savoir s'il y avait des Northuldra ici ! Les dames ont menti et n'ont rien dit à propos de moi, alors il est parti, il semblait en colère. Ils ont perdu des hommes qui sont restés coincés là-bas. Ils ont essayé de les faire sortir mais c'était impossible. S'ils ne pouvaient pas sortir je ne pouvais plus rentrer. J'ai pleuré toutes les larmes de mon corps pour m'être enfuie. Je n'ai dit au revoir à personne. J'ai dû renoncer à tout. Me voilà donc habitante d'Arendelle depuis 3 jours maintenant.
24 décembre 1812 :
Mon cher journal, Voilà deux mois maintenant que je suis dans cet orphelinat. Mon moral va mieux même si je ne dors pas beaucoup depuis que j'ai l'impression d'avoir abandonnée toute ma famille. J'ai quand même une bonne nouvelle : Le prince Agnarr est vivant. Il est resté alité pendant quinze jours mais il s'en est sorti sans traumatisme. Je le sais parce que tous les jours nous avons le journal d'Arendelle. Et puis on peut aussi le savoir par les grands évènements. Par exemple, il y a deux mois, peu après mon arrivée à l'orphelinat nous avons dû assister à l'enterrement du roi Runard, le père d'Agnarr. Il était l'une des victimes de la bataille de la Forêt Enchantée. Son corps n'a jamais été retrouvé. Ça a été un moment fort en émotion même si j'avoue avoir plus pleuré pour la perte de ma famille que pour celle d'un roi qui pouvait potentiellement être celui qui avait déclenché la guerre. Mais peu importe. Aujourd'hui a été un grand jour, un jour qui m'a redonné le sourire. Aujourd'hui nous avons eu la visite du prince en personne dans l'orphelinat. Il était accompagné de Lord Peterson son régent jusqu'à ce qu'il prenne le pouvoir. Quand nos regards se sont croisés j'ai senti mes joues devenir rouge comme Bruni. Je pensais qu'il ne me reconnaitrait pas, mais il s'est souvenu de moi. Lui et Lord Peterson ont alors demandé une audience privée avec moi aux personnes de l'orphelinat qui ont accepté. Nous sommes alors allés dans une petite salle à part où Agnarr a demandé à tout le monde d'attendre devant la porte. Il voulait que nous parlions seuls à seuls. Il m'a demandé mon nom. J'ai enlevé Idunn ayant peur que ça fasse trop Northuldra par Iduna, je lui ai dit que j'avais 12 ans. Je n'ai pas une seule fois mentionnée que je venais de la Forêt Enchantée puisqu'il ne semblait pas s'en souvenir. Il m'a confié qu'il se rappelait de moi mais il ne savait plus d'où. Je n'ai rien ajouté. Je lui ai dit comme j'avais dit aux autres : Ma famille est morte d'un accident. Nous avons discuté avec aisance. Je le regardai droit dans les yeux pour le déstabiliser. Ils étaient reluisants. Je n'ai jamais vu des yeux aussi beaux, aussi brillants. A plusieurs reprises il s'est mis à m'observer fortement aussi si bien qu'il a fallu que je détourne le regard sous peine de rougir. Je suis en train de succomber à un sentiment nouveau pour moi. Un sentiment d'attirance, de désir, d'excitation. Je crois qu'on appelle cela l'amour. Quand Agnarr est reparti de sa visite en fin d'après-midi j'ai ressenti comme un vide. Comme si un membre de ma famille venait de m'abandonner. Il a dit que je pouvais lui rendre visite dans les jardins du château. Ils sont ouverts aux enfants de l'orphelinat. Je sais déjà où je passerai les ¾ de mon temps libre.
12 juillet 1814 :
Cher journal, Aujourd'hui nous avons fêté l'anniversaire d'Agnarr. Il a eu 14 ans. Pour l'occasion l'orphelinat a été invité au château. Il y a eu une grande réception dans la cour. Un énorme buffet où nous avons pu grignoter des gâteaux et des boissons chaudes toute la journée. Pour l'occasion je me suis fait un chignon. Les dames de l'orphelinat en ont marre de mes cheveux qu'elles jugent trop bouclés. Elles se sont débrouillées pour me les rendre un peu plus brun et me les ont lissées avec des fers. J'ai failli hurler tellement j'avais mal. Il n'y a pas que ça qui a changé chez moi. Ma peau est devenue de plus en plus pâle au fil des années comme si les Northuldra m'avaient définitivement rejeté. C'est le cœur serré que j'ai appris à devenir une vraie fille d'Arendelle. Seuls mes yeux sont restés d'un bleu de jai. Quand j'ai vu Agnarr dans sa tenue officielle je l'ai trouvé plus séduisant que jamais. Je n'ai pas pu beaucoup l'approcher car il était avec de nombreuses prétendantes à qui j'aurais bien dit d'aller faire un tour dans l'étang pour croiser le Nokk tellement j'étais jalouse. J'aurais aimé rentrer à l'orphelinat mais ça aurait semblé louche. Fort heureusement vers la fin de l'après-midi Agnarr est venu me retrouver près d'un arbre dans l'arrière-cour où je l'avais surpris en train de lire au début de ma venue à Arendelle. Il était seul. Il m'a dit qu'il avait renvoyé toutes les prétendantes chez elles car aucune ne l'attirait au grand dam de lord Peterson qui restait encore son unique tuteur. C'est sous cet arbre, à l'abri des regards que nous avons échangés notre premier baiser. La sensation que j'ai ressentie est indescriptible si ce n'est qu'elle se rapporte au bonheur. Je ne savais pas à quel point le bien être pouvait être intense quand on est aussi proche de quelqu'un qu'on aime. Mon cœur chavire, j'ai des vertiges et des tremblements de joie rien qu'en y repensant. Il y a eu un court instant de gêne après notre première étreinte mais elle n'a pas duré. Une seule chose résonnait dans ma tête « Agnarr m'aime et m'a toujours aimé ». C'est si beau de se sentir aimé. J'en pleurerais presque de joie. Quand il a posé les yeux sur moi je ne me suis jamais sentie aussi belle. Il a dit qu'il ferait tout pour m'épouser. Espérons que ça soit vrai. En tous cas c'est le cœur rempli d'espoir et de joie que je suis rentrée à l'orphelinat. Un nouveau venu nous y attendait. C'est un bébé d'un an environ. Il se nomme Eugène Fitzerbergh. Ses parents sont décédés. Je l'ai pris sous mon aile car je suis la seule avec qui il ne pleure pas.
30 mars 1816 :
Cher journal, aujourd'hui Agnarr m'a fait sa demande en mariage. Je suis donc officiellement fiancée. Lord Peterson rage. Pas après moi directement même si j'ai compris que le problème venait du fait que je n'étais pas de sang royal. Mon beau souverain n'a rien voulu entendre. Il a clamé haut et fort qu'il n'épouserait que moi et personne d'autre. Il l'a même crié à travers la corne de brume du château. Je me suis sentie honteuse et heureuse. Mais commençons par le début. Tout d'abord Agnarr a organisé un grand bal pour fêter l'arrivée du printemps et sa dernière année de prince. Tout le monde était invité, moi, y compris. Au début j'essayai de rester discrète comme nous avions fait durant les deux dernières années mais finalement, c'est lui qui est venu me chercher devant toute la cour pour me mener sur la piste de danse. Je te laisse imaginer à quel point mon cœur battait fort la chamade à ce moment-là. Je sentais tous les regards focalisés sur nous deux. Ils me traitaient de paysannes quand celui d'Agnarr m'estimait comme une princesse. A la fin de la valse, il m'a embrassé devant toute la cour. Des gens sont tombés dans les paumes car ils étaient scandalisés. J'ai voulu m'enfuir mais Agnarr m'a retenu. Autant te dire que lorsqu'il s'est mis à genoux en clamant qu'il m'aimait et qu'il voulait passer sa vie avec moi, ça a été la débandade. Je n'ai pas répondu oui de suite tellement j'étais sonnée. Je me suis pincée pour vérifier que je n'étais pas dans un rêve. Mais non. Tout était bien réel, Agnarr a genoux, moi au centre de la piste de danse, lui me tendant l'écrin. Après quelques secondes d'hésitations j'ai fini par dire oui. Puis je me suis ruée dans ses bras sous les yeux choqués de la haute société. Nous nous sommes embrassés plus forts devant l'assemblée. J'étais heureuse que nous n'ayons plus besoin de cacher notre amour. Après cela Agnarr n'a pas voulu que je retourne à l'orphelinat. Lord Peterson a mis le holà précisant que je viendrais vivre au château que lorsque nous serions mariés. Mon beau fiancé avait la tête dure. Néanmoins il a accepté… Enfin presque. Vers la fin de la soirée lorsque normalement j'aurais dû aller rejoindre les autres, Agnarr m'a emmené jusqu'à sa chambre pour que nous ayons un moment d'intimité. Nous avons dansé. Nous nous sommes embrassés. Nous avons fait l'amour. Je ne t'en dirai pas plus. Je peux juste t'annoncer que je n'avais aucunement envie de retourner à l'orphelinat le lendemain matin. Mais j'y suis allée pour m'occuper d'Eugène. Il a été content de me voir. Je lui ai lu les contes de Flynnagan Rider. Il bat des mains à chaque fois pour montrer son contentement.
Elsa se stoppa et relut plusieurs fois le passage ainsi que la date. Sa mère avait 16 ans…Son père 18 à peine et tous deux avaient… Même en pensée Elsa n'osa prononcer le mot. Elle se mordit la lèvre, voilà bien une information sur le passé de sa mère qu'elle n'aurait jamais voulu connaître ! Si jeune ! Et avant le mariage qui plus est ! Elsa était sidérée que ses parents, qui l'avaient pourtant élevé dans le respect des traditions aient pu à ce point les souiller ! Heureusement, sa sœur cadette savait se montrer bien plus sage et ainsi redorer l'image de la famille en restant pure et chaste, refusant encore de partager sa couche avec Kristoff ! Et Ahtohallan ne pouvait mentir ! Depuis qu'elles étaient séparées, Elsa avait tout le temps dormi avec le souvenir de sa cadette ! Elle avait pu constater à quel point elle était pure…Bien plus qu'elle d'ailleurs pensa-t-elle alors qu'elle sentit un courant d'air sur ses épaules lui rappelant quelques plaisirs inavouables qu'elle s'était offerte avec son ami d'air. Aussitôt, la culpabilité gagna la jeune femme, elle avait besoin de les oublier et se replongea dans la lecture. Curieusement, la seconde partie du journal semblait avoir moins souffert de l'eau et Elsa sauta quelques passages, s'arrêtant simplement sur certains :
22 mars 1819 :
Cher journal. Je ne vais pas m'attarder aujourd'hui mais pour moi c'est un renouveau ! Je quitte aujourd'hui l'orphelinat. Depuis quelques mois déjà j'ai atteint l'âge adulte et je m'occupe avec les nones des enfants mais aujourd'hui c'est terminé ! Je vais emménager dans le château dès ce soir ! C'est mon bel Agnarr qui est venu en personne me l'annoncer il y a quelques minutes ! J'ai devant moi une semaine de préparatifs. Mon beau roi me l'a promis, il va faire venir les meilleurs artisans d'Arendelle pour me confectionner ma robe ! Nous allons nous marier le 30 ! Je te jure cher journal, je me souviendrai du 22 mars toute ma vie…Je crois que cela va devenir mon jour préféré de l'année !
Bien je te laisse petit journal. Je vais finir de préparer mes affaires et lire une dernière fois les contes de Flynn Ryder au petit Eugène ! C'est le livre que m'avait offert Agnarr. Je vais l'offrir au petit Ryder et son copain Lance ! J'espère que cela l'inspirera car lui aussi va devoir partir…Dans un mois l'orphelinat fermera ses portes, le bâtiment menace de s'effondrer ! Mais Agnarr s'en est occupé, il m'a dit que son frère, le roi de Corona allait se charger d'accueillir les enfants dans un nouvel orphelinat de son royaume. Je sais que c'est un très beau royaume. Agnarr m'en a souvent parlé mais je suis inquiète, j'ai entendu dire qu'en ce moment il y a une épidémie à Corona…Pourvu que cela se passe vite ! Voilà petit journal…C'est mon dernier écrit en tant qu'orpheline et…Oh mes aïeux ! Tu te rends compte. J'ai dit que j'étais une orpheline ! J'ai complètement oublié que là-bas, j'ai laissé ma famille…Je me demande ce qu'ils deviennent et s'ils savent que je suis en vie…
Elsa eût un léger sourire, en lisant la date. Sa mère pensait que le 22 mars était pour elle un jour de chance…Elle avait raison, après tout, c'était le jour d'anniversaire de sa cadette. Aussi, Elsa fût attirée par les dates…Elle se demandait si celle de sa naissance y figurait et si elle avait survécu aux attaques de l'eau. Délicatement elle tourna les pages abimées et finalement, elle la trouva…
21 juin 1822 :
Cher journal, nous nous sommes mariés il y a presque deux ans de cela. Je suis tombée enceinte très rapidement. Aujourd'hui j'ai appris ce que voulait dire la souffrance. En ce premier jour de l'été où il a fait une chaleur à mourir, j'ai eu des contractions toute la journée. Je suis enfin devenue Maman depuis quelques heures que déjà je regrette tout ce que j'ai fait subir à mes parents. Ma petite fille, ma précieuse petite fille est une poupée. Elle a le teint pâle, de belles billes bleues et des cheveux presque blancs. Je l'ai nommé Elsa en l'honneur de Papa qui s'appelait Elysia. Elle est magnifique. Je remercie Agnarr de m'avoir donnée une aussi jolie petite fille. L'amour est un cadeau…Jamais je n'aurai pu l'imaginer si beau ! Loin de toute la pression royale dans laquelle je viens de la mettre, mon petit ange tête doucement.
Attendrie, Elsa fut heureuse de découvrir le prénom de son grand père maternel. Une famille qu'elle ne connaissait pas et qui avait disparu. Elle s'en voulu quelque peu de ne pas avoir questionné les Northuldra sur ses grands parents et elle se promit de réparer cette erreur au plus vite. En attendant, Elsa eût la curiosité de voir si la naissance d'Anna figurait sur le journal d'Iduna…
22 mars 1825 :
Cher journal, Elsa a bien grandi. Elle est contente d'avoir une petite sœur. Je viens à nouveau de souffrir pour donner naissance à une petite Anna...Cette petite portera le nom de sa grand-mère qu'elle ne connaîtra probablement jamais hélas… Le 22 mars est vraiment un jour béni ! Cette petite est un véritable cadeau du ciel ! Contrairement à Elsa elle la chevelure flamboyante héritée de Maman. Elle est mignonne mais je ne peux m'empêcher de la comparer à sa sœur. J'aurais aimé avoir un garçon. Je ne l'ai pas dit à Agnarr car j'ai l'impression qu'il est heureux. S'il m'en veut il ne le montre pas. Anna est très mignonne mais beaucoup plus colérique qu'Elsa. Elle vient déjà de téter plus de trois fois quand sa sœur n'en était qu'à une. Mon cœur est lourd même si je suis heureuse d'à nouveau tenir un peu d'Agnarr et moi entre mes mains. Tout à l'heure Elsa a voulu la prendre. J'ai trouvé cela très touchant. Néanmoins il s'est produit quelque chose qui m'a inquiété. Je n'en ai pas parlé à Agnarr car il ne s'en est pas aperçu. Elsa avait les mains gelées. Mais ce n'est pas ça le pire ! Quand Anna a commencé à gigoter sur ses genoux pressentant les prémices d'une prochaine crise, Elsa a sorti… DES FLOCONS DE SES DOIGTS. Elle les a agités sous la tête d'Anna qui s'est mise à sourire. J'ai l'impression que mon passé me rattrape. J'ai peur.
Elsa relut le message surprise. Ses parents lui avaient toujours dit que ses pouvoirs étaient de naissance mais pourtant à lire Iduna, ses pouvoirs sont apparus alors qu'elle était petite fille et, curieusement, le jour de la naissance de sa sœur cadette… Elsa n'était qui plus est pas la seule à craindre les pouvoirs de l'hiver…Sa mère également. Elsa continua sa lecture, parmi les pages encore lisibles, qu'Elsa parcouru en diagonale, elle se remémora certains événements qu'elle avait elle vécu avec ses yeux de fillette et finalement, elle s'attarda sur un nouveau passage.
30 octobre 1828 :
Cher journal, aujourd'hui est un jour douloureux. Je ne le montre pas à mes petites princesses qui s'entendent à merveille. Elles ne le savent pas et ne le sauront jamais mais elles ont perdu un frère ce matin. En effet j'ai fait une fausse couche. C'est la troisième en peu de temps. Je me remets beaucoup en question. Peut-être que mon peuple sait que je suis devenue une personne d'Arendelle et me considérant fautive ils m'ont jetée un mauvais sort comme ils l'ont fait avec la magie d'Elsa. Je touche du bois à ce niveau-là car ma fille ainée apprécie son don. Elle s'amuse tout le temps avec et satisfait tous les caprices d'Anna. Comme j'aimerais qu'un garçon soit là pour assurer la descendance royale enlevant ce poids à Elsa. Ce garçon serait comme une bénédiction car même si j'adore mes filles rien ne vaut plus qu'un mâle. Agnarr le sait mais est beaucoup moins offusqué que moi à cette idée. Son cœur est rempli d'amour autant pour moi que pour Elsa et Anna. Nous formons une famille parfaite et il ne veut pas que je me rende malade à tout prix pour avoir un garçon. Pour ma part je n'en démordrai pas. Il nous faut un fils. Ce troisième enfant sera tout pour nous…
15 novembre 1829 :
Cher journal, c'est très douloureux à écrire. Mais ce qui devait arriver avec les pouvoirs d'Elsa est arrivé il y a peu de temps. Elle a gelé la tête d'Anna manquant de la faire mourir. Nous avons dû les séparer. Je n'étais vraiment pas pour cette décision mais Grand Pabby le chef des trolls a été radical là-dessus. Et Agnarr l'a écouté. Nous nous sommes beaucoup disputés à ce sujet. Je ne voulais pas qu'elles s'éloignent l'une de l'autre. Anna est malheureuse et de la voir ainsi ça me rend horripilante. Elsa est dépressive, angoissée, je ne sais plus quoi faire pour la soulager de cette malédiction. Je crois qu'il va falloir me rendre à l'évidence : tôt ou tard je vais devoir aller chercher des réponses à Ahtohallan pour subvenir aux besoins de ma fille. Il va également falloir que je le dise à Agnarr qui ne s'est jamais posé la question de savoir pourquoi il avait une fille avec des pouvoirs. Nous restons tout de même un couple uni malgré les difficultés que nous endurons. (Comme une énième fausse couche faite dernièrement). Même si mon cher mari dit que tout va bien, je sens que le passé commence à ressurgir et à me hanter. J'aime mes filles et je ne veux pas les perdre. Mais j'ai peur qu'elles m'en veuillent tôt ou tard de les avoir séparées quitte à être de parfaites étrangères l'une pour l'autre. Je ne sais que trop bien ce que ça fait de voir une famille se déchirer et je ne veux pas que mes filles, mes précieuses filles s'embrouillent plus tard. Prie avec moi cher journal.
[…]
5 mai 1840 :
Aujourd'hui c'est notre 5ième jour sur le bateau en quête d'Ahtohallan. J'espère trouver des réponses pour apaiser la magie d'Elsa. J'ai fini par tout avouer à Agnarr et il a compris…Nous avons passé des mois à étudier la magie mais je connaissais la réponse ! Maman me l'avait pourtant dit…Ahtohallan ! Nos filles ne sont pas au courant que nous sommes partis faire ça. Nous leur ferons une grande surprise à notre retour. Le bateau tangue, je ne peux pas en écrire plus sous peine de vomir…Mais tu sais ces nausées…Je ne pense pas qu'elles soient dues à la forte houle mais bien à autre chose…Après toutes ces années, après toutes ces peines…Une dernière chance ? Je n'ose y croire ! Je retourne me réfugier dans les bras de l'homme que j'aime. Nous sommes toujours unis…A bientôt cher journal, la prochaine fois je t'écrirai depuis Ahtohallan !
Fébrilement, Elsa tourna la page…Il ne restait plus rien. Le journal d'Iduna s'arrêtait là. La suite de toute façon, Elsa la connaissait déjà, il n'était pas nécessaire qu'elle soit écrite. L'aînée des sœurs d'Arendelle peinait à se remettre de tout ce qu'elle avait appris et n'eût pas l'occasion d'y réfléchir davantage. A l'horizon, pointaient déjà les lumières d'Arendelle…Enfin ils étaient arrivés à destination.
