Vendredi 1er février
Après un dîner sans grande conversation où il avait passé plus de temps à compter les bulles de son Champagne qu'à écouter les paroles incessantes de son rendez-vous, Laurence raccompagna Catherine chez elle, elle l'avait invité à boire un dernier verre, il avait poliment décliné en prétextant une obligation matinale pour le lendemain. Elle avait pris ce refus pour de la galanterie sans comprendre qu'elle ne le reverrait plus. Il était rentré seul, un peu fatigué, un peu ennuyé. Il revoyait le visage dépité de Marlène, sa colère, sa tristesse. Sur le tourne-disque, la trompette de Miles Davis traînait les notes et il avala un whisky avec tous ses remords.
Après un dîner sans aucune conversation où elle avait passé plus de temps à compter les carottes de son assiette qu'à les savourer, Marlène s'installa devant le miroir pour enrouler ses bigoudis. Elle était absorbé par son reflet sans éclat, ses propres yeux qui ne la voyaient plus et tous ces papillons pétillants sous sa peau qui s'étaient éventés, tellement haut, tellement loin. Elle était seule, un peu abattue, un peu résignée. Elle revoyait le visage de Laurence, sa fierté, son plaisir. A la radio, des mots sans forme, sans histoire s'enchaînaient, monotones, et elle comprit qu'il lui fallait réagir pour ne pas façonner de regrets.
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A suivre
