Adrien avait été si surprit lorsque Marinette avait déclaré à ChatNoir qu'elle était amoureuse de lui que cette surprise ne s'était pas dissipée.

Elle restait en lui d'autant plus qu'il ne comprenait pas comment et pourquoi cette situation existait.

Pourquoi Marinette avait-elle des sentiments pour ChatNoir alors qu'elle n'en avait pas pour Adrien?

D'où venaient ces sentiments puisque lors de leur première vraie conversation, il lui avait confié ses sentiments pour Ladybug?

Peut-être venaient-ils de la générosité et de la compassion vivants dans le grand cœur de Marinette? Peut-être la détresse de son rejet avait-il fait fondre son cœur et que maintenant, elle éprouvait de la pitié pour lui?

Toujours est-il que plusieurs jours plus tard, il se questionnait encore sur cette réaction lorsqu'il était en sa présence.

Chaque jour en la voyant entrer en classe en étant tellement elle-même, il se demandait ce qu'elle avait vu en lui. Qu'est-ce que Marinette avait pu voir en ChatNoir qui l'ait poussé à lui déclarer son amour alors que personne encore n'avait jamais fait de déclaration à Adrien ou même à son alter ego?

Mais, autre fait étrange, lorsqu'il la revit pour la première fois en portant son masque, il sentit un coup au cœur.

Il la voyait (et sentait sa présence sans la voir) quotidiennement à l'école et selon une routine régulière mais fut très surpris en la découvrant dans la cuisine de ce vieil homme.

C'était comme de découvrir un trésor dans un endroit où on ne s'y attendait pas. Et si Marinette était une chance que lui envoyait la vie, un signe? Un amour inattendu dans sa vie autrement prévisible?

Il regarda la petite-fille et le grand-père avec des yeux ronds, profitant qu'ils l'ignoraient au profit de leur discussion pour cacher son malaise. Pressé comme il l'était de protéger son identité, il profita de la première occasion pour s'excuser. Mais Monsieur Dupain le retint. : «Attendez, il nous faut un arbitre, pour juger lequel de ces deux pains est le meilleur.»

Il eut beau protester, il se retrouva devant deux miches de pain chaudes et appétissantes. De plus, il était coincé entre Marinette et cet homme.

Indécis, il se retrouva à goûter deux pains comme il avait rarement l'occasion d'en savourer. Comment pouvait-il des départager? Il n'était pas un expert. En leur faisant subir une épreuve peut-être. Lequel était le meilleur avec de la confiture?

Mais les deux compétiteurs réagir négativement à son idée : «C'est pas comme ça qu'on goûte le pain!» firent-ils à l'unisson. Bon, autant pour son idée de prononcer un jugement efficace, ne restait qu'à les complimenter individuellement.

Marinette s'apercevant qu'elle avait réagit de la même manière que son grand-père l'avait fait toute la journée et même durant le combat, éclata de rire pour elle-même et ChatNoir se joint à elle parce qu'être près d'elle le rendait heureux.

Il passa hâtivement au moment de les départager : «Ils sont très bons tous les deux, bien que différents. Celui-ci est traditionnel et il y a dans celui-là un petit goût qui le rends spécial.» et enchaîna ensuite avec une nouvelle tentative d'esquive : «Difficile de choisir mais là, je dois vraiment y aller.»

Il tenta quelques pas de course mais cette fois, c'est Marinette qui le retint désespérément.

«Attends!» fit-elle d'une voix suppliante.

Baissant la tête en signe de découragement de pouvoir rester poli, il dressa l'oreille en entendant Marinette demander : «Est-ce que vos souris mangent du fromage, grand-père?»

«Bien sûr! Que pourraient-elles manger d'autres?»

Marinette poussait déjà ChatNoir à l'abri dans la salle de bain en répondant : «Des granulés et des fruits ou des légumes, c'est meilleur pour leur santé.»

Adrien secoua la tête en perdant sa transformation. Cette fille était aussi têtue que Ladybug! Mais apparemment, elle avait de qui tenir!

À peine la plainte déchirante de Plagg pour sa collation s'éleva-t-elle dans la petite pièce, qu'une assiette avec un gros morceau de cheddar fut présentée par l'entrebâillement de la porte. Comment Marinette savait-elle ce que réclamerait son kwami?

«Oh! Quelle adorable vision! Merci, merci, merci!» s'exclama Plagg en se jetant dessus sa gourmandise secrète.

Marinette rigola et répondit avec naturel : «De rien! Bonne appétit!»

Adrien haussa les sourcils devant l'étrangeté de l'échange. Plagg aurait des explications à fournir plus tard. Est-ce que ce goinfre allait quémander de la nourriture à plus d'une maison comme un chat errant?

Adrien entendit un frottement contre la porte de la salle de bain et devina que c'était Marinette. Il fut attendrit par le geste. Elle restait près de lui et le protégeait d'une façon tout à fait adorable.

«Alors, c'est quoi le plan?» demanda-t-il parce qu'il était évident qu'il y en avait un.

«C'est l'anniversaire de mon père. Lui et grand-père sont en froid depuis avant ma naissance. Comme j'ai gagné mon pari avec le pain, Roland va venir à la fête... Et j'aimerais que tu viennes aussi.»

«J'aimerais bien, Marinette. Mais après ce qui s'est passé... Ton père a été akumatisé par ma faute.»

«Grand-père a été akumatisé par la mienne aujourd'hui. Je me suis fait passer pour quelqu'un d'autre pour lui parler.» avoua-t-elle avec des remords dans la voix. «Merci de l'avoir ramené.» fit-elle sincèrement. «Je crois simplement que c'est le bon jour pour les réconciliations y comprit entre toi et mon père. C'est une bonne occasion pour pardonner et oublier.»

Un grand sourire couvrit le visage de ChatNoir. Cette fille était follement géniale!

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En voyant les invités de sa fête, Tom Dupain tomba des nues et en laissa son rouleau à pâtisserie rouler au sol.

Les retrouvailles furent chaleureuses, la collation excellente et les taquineries contre Marinette et ChatNoir juste assez embarrassantes pour colorer d'un rouge très vif les joues de la fille de la famille et celles de son invité spécial.

Alors que les quatre adultes en étaient à se rappeler avec nostalgie de l'époque où les deux hommes s'étaient disputés, ChatNoir donna un coup d'épaule dans celle de Marinette : «On va admirer le couché du soleil?» proposa-t-il en toute simplicité.

Déposant tous les deux les restes du gâteau d'anniversaire, ils montèrent une marche après l'autre tous les étages de la boulangerie pour aller s'appuyer contre la balustrade du balcon.

«Je crois que je te dois aussi des excuses.» dit-il «Pour la manière dont j'ai répondu à tes sentiments. J'ai l'impression d'être le pire des idiots pour avoir repoussé une fille formidable comme toi.»

«Quoi? Le grand ChatNoir oserait-il daigner poser les yeux sur l'humble personne que je suis?» plaisanta-t-elle.

Mais loin d'embarquer dans son jeu, ChatNoir attrapa ses mains entre les siennes pour lui montrer qu'il était sincère.

«Je sais surtout que si, comme ton grand-père, j'avais dû être akumatisé pour te connaître, j'aurais trouvé que ça en valait la peine.»

«Chat, je... quand je t'ai dit que je t'aimais, je n'y avais pas vraiment réfléchit longtemps avant. C'était vraiment spontané. Mais je ressent définitivement quelque chose pour toi.»

«Tant mieux, parce que même si j'en aime aussi une autre, je ne peux pas nier que mon cœur bât à toute vitesse en ce moment.»

«Je comprends tout à fait, tu sais. Je comprends les doutes et les difficultés.» l'encouragea-t-elle.

«Est-ce que tu comprends aussi-» ChatNoir n'eut pas le temps de lui demander si elle comprenait son envie de l'embrasser. Ses lèvres avaient déjà capturé les siennes avec très peu d'intention de les laisser partir un jour.