Marinette déposa sa brosse à cheveux sur le coin de son bureau, éteint l'éclairage de la pièce, souhaita bonne nuit à sa kwami puis, se glissa entre ses draps, prête à conclure cette journée riche en événement.

Elle avait, une fois de plus, tentée de déclarer son amour à Adrien durant la journée et bien sûr, tout avait raté comme toujours puisque qu'Adrien n'avait pas eu la permission de sortir de chez lui, comme c'était le cas à chaque fois que le groupe organisait une rencontre.

La boulangerie avait été prise d'assaut par les touristes avant d'être prise d'assaut une deuxième fois mais cette fois-ci par un akuma en la personne de bébé Auguste qui avait juste un peu faim.

Ce petit était adorable mais qu'est-ce qu'il pouvait être entêté!

Et finalement, toute cette mésentente entre son père, ChatNoir et elle. Marinette était prête à laisser le sommeil l'emporter et lui refaire des réserves d'énergies pour le lendemain.

Elle ne savait toujours pas comment elle se sortirait de cette situation invraisemblable dans laquelle elle se retrouvait encore une fois.

Qu'est-ce qui lui avait prit encore d'annoncer à ChatNoir qu'elle était amoureuse de lui? Par contre, en fait de diversion ça avait été un éclair de génie. ChatNoir était toujours celui qui lui parlait d'amour. De renverser la balance et de lui annoncer franchement qu'elle ressentait quelque chose pour lui, l'avait certainement saisi.

Marinette devait bien admettre que son partenaire était joli à regarder et qu'il était un merveilleux équipier mais, il lui manquait ce petit quelque chose que seul Adrien possédait.

Et, il fallait bien le dire, Adrien méritait tout l'amour que Marinette était prête à lui donner. Elle pensait souvent à lui, seul dans sa grande chambre d'où il ne pouvait pas sortir.

La jeune femme n'était pas une égoïste. Si une autre jeune femme vraiment aimante, chaleureuse et qui avait tout ce qu'il fallait pour rendre Adrien heureux s'intéressait vraiment à lui comme elle-même lui consacrait toute son attention, elle accepterait de laisser la place à cette fille.

Après tout, Adrien ne la voyait que comme une amie, il avait déjà encouragé Nino à l'inviter à sortir, il avait écrit un poème à une mystérieuse jeune femme inconnue donc Marinette doutait de plus en plus qu'il s'agisse d'elle-même et ils n'avaient pas tant de chose que ça en commun.

Mais, sitôt le calme revenu dans les pensées de Marinette et dans sa chambre, il fut brisé de nouveau par quatre petits coups frappés au carreau de la trappe menant vers son balcon.

Il n'y avait qu'une seule personne capable d'y grimper (tout en se donnant la peine de frapper pour s'annoncer.)

Avec quelques soupirs, Marinette repoussa le draps qui la recouvrait et grimpa sur le toit pour savoir pourquoi ChatNoir revenait la voir maintenant. Après tout, le repas auquel il avait été invité n'aurait pas lieu que le lendemain.

«Rebonsoir Marinette, tu veux bien qu'on discute un peu maintenant qu'on est seuls tous les deux? Je voudrais bien que tu m'explique cette histoire. » salua-t-il joyeusement avec un grand sourire doux.

«Rebonsoir à toi aussi Chat. Et j'imagine qu'on peut discuter un moment .» accepta-t-elle encore indécise en s'installant sur la chaise qui meublait son balcon pendant que le héros s'appuyait contre la table improvisée.

«Je ne t'aurais jamais vu comme le genre de fille capable de déclarer si directement ses sentiments à un garçon qui lui avait confié qu'il était amoureux d'une autre. Tu m'as vraiment surpris.» s'expliqua-t-il. «Non, pas que je ne sois pas ravie du compliment, je te rassure.» ronronna-t-il.

«J'ai réussit mon coup, n'est-ce pas?» tenta Marinette avec une nouvelle diversion. «Avoue que tu ne l'as pas remarqué du tout!» s'amusa-t-elle faussement.

«Quoi donc?» s'étonna ChatNoir qui ne comprenait rien.

«Ladybug! Elle était juste là» expliqua-t-elle, souriante, en indiquant le mur de brique qui fermait son balcon «Sans pouvoir, sans masque avec sa kwami qui était épuisée!»

«Tu- tu as fait ça pour la protéger?» souffla ChatNoir éberlué.

«Je suis au courant, en fait.» s'attrista Marinette. «Je sais que si l'un de vous apprenez l'identité de l'autre, vous perdrez vos miraculous et que vous ne serez plus la super-équipe qui protège Paris. Je ne voulais pas te mentir ni jouer avec tes sentiments mais, je voulais vous prétéger, tous les deux. Ne m'en veux pas, s'il-te-plaît.»

ChatNoir fit un petit sourire triste et s'approcha d'elle.

Il la sera dans ses bras, la tenant de côté, embrassa sa joue et la remercia. «Tu es une personne grandiose. N'en doute jamais.»

«On se verra demain alors.» fit-il en se relevant «Je suis soulagé que ce malentendu soit dissipé» fit-il avec un grand sourire. «Je vais beaucoup mieux dormir. Depuis que j'ai entendu tes mots, je me demande laquelle de vous deux je préfère vraiment mais, maintenant que tu viens de me rappeler à quel point tu es merveilleuse, j'ai ma réponse. Les gens qui partagent ta vie ont vraiment beaucoup de chance, Marinette.» la complimenta-t-il doucement avant de s'élancer dans le vide.

Marinette resta seule sur son balcon, la bouche complètement ouverte alors que la nuit se poursuivait sans savoir que le monde s'était arrêté de tourner pour une jeune parisienne.

Une jeune parisienne qui passait et repassait si nerveusement et régulièrement sur le toit de son balcon, le lendemain avant-midi que la kwami qui la regardait craignait qu'elle ne passe à travers pour se retrouver dans sa chambre en dessous.

'Au moins' se dit Tikki 'Elle est approximativement juste au dessus de son canapé.'

«Marinette?» appela-t-elle pour activer le mode déversement de parole de sa porteuse. Ce délire verbal et émotif n'était pas toujours facile à comprendre mais, c'était toujours mieux que le silence dans lequel, Marinette gardait ses pensées.

«Il m'aime Tikki. Moi. Pas Ladybug, moi! Enfin, il aime sûrement aussi Ladybug mais, il me voit à égalité avec elle. Comment c'est possible?»

«J'imagine que tu parles de ChatNoir?» demanda la kwami qui s'était réveillée pour trouver sa porteuse dans cette état d'agitation et n'avait toujours eu aucune explications concrètes.

Marinette lui raconta finalement que ChatNoir était revenu en fin de soirée et qu'elle lui avait expliqué qu'elle avait mentit pour couvrir l'identité de Labybug. Ce qui avait l'avantage d'être techniquement vrai.

«Je pense- Il a dit qu'il se demandait s'il préférait Ladybug ou moi.» lui apprit-elle en retombant assise sur la chaise de toile.

«Wah! Ça c'est tout un compliment, Marinette.» s'illumina la joviale créature.

«C'est plus que ça Tikki. Si c'est vrai, ça veut dire que le garçon qui est aveuglé par son amour pour ma deuxième personnalité, est aussi intéressé par moi, juste la Marinette très banale.»

«Tu as un grand cœur, Marinette. Les gens le ressentent et sont heureux près de toi. ChatNoir aussi l'a ressentit. Tu as été là lorsqu'il avait besoin de toi.»

«Tu crois que c'est ça alors?» douta Marinette qui prenait toujours tout du mauvais côté malgré les encouragements de sa kwami. «Que ce n'est qu'une toquade parce que Ladybug lui a dit non et que moi, j'ai été disponible?»

«Ce n'est pas ce que j'ai dit Marinette. J'ai dit que selon moi, ChatNoir a très rapidement remarqué tes qualités. Et je pense que, pour lui, vos rencontres ont été importantes.» précisa Tikki.

«Mais, Tikki. Et si ce n'était que du flirt? Et s'il avait déjà toute une collection de petites amies?» s'inquiéta la collégienne.

«J'en doute beaucoup. Il paraissait sincère lorsqu'il t'a parlé de ses sentiments.» pointa la fidèle amie.

«Certaines personnes peuvent être très sincères, à de multiples reprises.» rappela amèrement Marinette. C'était pour cette raison qu'elle ne faisait pas confiance aux garçons qui flirtaient.

«Mais, tu sais que tu peux lui faire confiance. Et qu'il ne te ment jamais. Alors, tu peux toujours lui poser la question directement.» suggéra-t-elle.

«Ce sera compliqué avec mes parents qui vont nous envahir.» s'inquiéta la jeune femme qui achetait le plan sans réserve, comme toujours.

«Tu trouveras certainement un moment.» la réconforta la petite fée.

«Sauf s'il ne vient pas.» pointa Marinette «Il est en retard. Mais, qu'est-ce qu'il fait?»

«Il a probablement besoin de régler quelque chose dans sa famille.» lui répondit Tikki pour calmer son impatience. Elle ne pouvait s'empêcher de sourire par contre. Sans s'en rendre compte, Marinette pensait elle aussi beaucoup à la possibilité d'être en couple avec ChatNoir.

Le repas fut embarrassant. Il n'y avait pas d'autre mot pour le décrire.

Finalement, Marinette arrêta son père dans son délire avant que la chaleur qui avait envahie son visage décide de sortir par ses oreilles sous forme de vapeur: «Tu sais, Papa. ChatNoir n'a pas encore accepté d'être en couple avec moi. On va devoir en discuter encore lui et moi après le repas.»

«Mais qui-y'a-t-il à discuter? Tu l'aimes et il ne trouvera jamais personne de mieux que toi.» s'amusa Tom Dupain.

«Peut-être le fait que si nous sommes effectivement ensembles, ce serait bien de pouvoir se rencontrer à l'occasion.» donna Marinette en exemple.

«Pourquoi faire?» demanda innocemment Tom Dupain qui trouvait très bien que sa fille ait un petit ami très absent. Elle était encore si jeune.

Marinette se découragea et supplia silencieusement sa mère pour avoir un coup de main. Le héros ne pu s'empêcher de sourire de la relation tellement plus formidable qui unissait cette famille que la sienne.

«Si on gardait effectivement cette discussion pour plus tard? Comment trouvez-vous le repas ChatNoir?» intervint la mère de famille.

Appuyé l'un à côté de l'autre sur la balustrade du balcon, ChatNoir et Marinette restaient silencieux depuis un moment.

«Et si j'avais envie d'être avec toi?» lança tout à coup le garçon posément mais songeusement. Il essayait d'agir avec nonchalance malgré le malaise présent sur les lieux. La question était légère mais, son air était vraiment sérieux et presque désespéré. Après tout, jamais aucune fille ne lui avait dit qu'elle l'aimait.

«Ce n'est pas tout à fait impossible non plus. J'y ai réfléchit aussi.» avoua Marinette une boule dans la gorge, fixant les toits. Elle ne pouvait pas croire qu'elle dévoilait quelque chose d'aussi secret à son partenaire! Même à elle-même, elle s'avouait difficilement qu'il lui faisait de l'effet. Mais, il était tellement différent qu'elle soit Marinette ou Ladybug.

Si elle oubliait complètement l'attitude qu'il avait devant son autre personnalité, elle devait bien avouer que le garçon qui ce tenait à côté d'elle en cet instant l'intéressait.

Ils échangèrent un long regard, comprenant qu'ils avaient les mêmes réflexions.

Le père de Marinette passa alors un coup d'œil par la trappe du toit, pensant être discret mais la trappe grinça. Si le héros l'entendit, il ne s'en préoccupa pas du tout. Marinette par contre, dévisagea son père jusqu'à ce qu'il referme la trappe et les laisse seuls.

Elle reprit ensuite: «Je suis dans le même cas que toi, moi aussi. Je suis amoureuse d'un de mes camarades de classe mais, il ne m'aim- il ne me voit pas de façon romantique. Et ce n'est pas de sa faute mais, il est aussi hors d'atteinte pour moi que tu peux l'être. Et aussi, tu ne me laisses pas indifférente et c'est la vérité.»

«Je n'en veut pas à Ladybug non plus. Elle a ses sentiments et j'ai les miens. Mais, être avec toi m'intéresse aussi. En tant que véritable couple. Seulement, je ne vois vraiment pas comment je pourrais être avec toi sans mon masque.» avoua ChatNoir.

«Je me posais une question, Chat. En fait, depuis, hier soir, je me pose des tas de questions à ton sujet. Est-ce que tu as d'autres petites amies? Je, je n'ai jamais été en couple. Il y a des choses que je ne sais pas. Comment m'habiller pour un rendez-vous? Est-ce que c'est grave si on passe toute une journée sans se parler?» s'inquiéta Marinette.

Prenant un seul détail à la fois, il répondit calmement: «Non, je n'ai jamais eu de petite amie non plus. Je ne suis pratiquement jamais seul avec une fille sans mon masque. Et pour le reste... Il faudra imaginer notre propre façon d'être un couple. Comment se parler lorsqu'on est séparés, comment réussir à faire une sortie ensemble. Il y a des tas de choses qu'on va devoir inventer nous-mêmes et adapter à notre situation. Si on est ensemble, on apprendra ensemble.» fit-il doucement et avec espoir, son doux regard cherchant le siens.

Marinette répondit à son sourire encourageant. Elle savait qu'il pouvait la rendre heureuse même s'ils ne se voyaient pas assez souvent. Elle avait tellement confiance en lui.

Le grincement de la trappe se fit de nouveau entendre et Marinette pencha la tête exaspérée.

ChatNoir rigola et lui offrit sa main: «Viens, on va trouver un endroit moins exposé.»

Sous le regard consterné de Tom Dupain, le protecteur de Paris kidnappa sa petite fille et tout à coup, il n'était plus si certain de vouloir ce garçon pour gendre.

«Il-il-il l'a enlevé. Il a enlevé Marinette juste sous mon nez!» raconta-t-il tout déboussolé en accourant vers sa femme qui faisait une lessive quelques étages plus bas.

«Admet-le Tom, ce qui te dérange vraiment, c'est que tu ne peux plus les espionner! Ta fille a droit à son jardin secret et son intimité.» s'amusa Sabine.

«Mais, mais et si il, euh...» tenta-t-il devant le calme de sa conjointe.

«Quoi qu'il fasse, ma fille sait parfaitement comment garder un chat dans le droit chemin.» s'amusa-t-elle encore.

Sur un toit aveugle un peu plus loin, à l'écart de la surveillance parentale trop envahissante, ChatNoir et Marinette s'embrassaient pour célébrer le début de l'histoire de leur couple. Il ne fallu que peu de temps pour que Marinette se retrouve allongée sur le toit de cuivre. ChatNoir était aussi affamé qu'elle de partager ce baiser et dans son enthousiasme, il n'arrêtait pas de s'avancer vers elle et au-dessus d'elle.

Retenant son poids avec ses mains de chaque côté de son corps, le héros laissait ses lèvres parcourir celles de la jeune femme. Celle-ci ne se privait pas de le toucher avec autant de retenu qu'il pouvait en avoir. Elle avait tellement envie de découvrir chaque centimètre des épaules, du torse et de la mâchoire de ce garçon apétissant.

Elle était pendue à son cou et sa langue allait à la rencontre de celle de son partenaire. Ses doigts trouvèrent ses mèches blondes et en les peignant, ils les séparèrent pour atteindre son cuir chevelu qu'elle se mit à chatouiller.

N'en pouvant plus, ChatNoir se mit à ronronner et passa lui aussi ses bras autour de Marinette. Se laissant redescendre sur elle, il voulait la sentir plus proche de lui, contre lui.

Il mit doucement fin au baiser en le complétant avec de délicats baisers sur sa mâchoire. Il la regarda ensuite dans les yeux avec adoration.

Marinette, fascinée, se perdit dans son regard tellement magnifique. Comment ne l'avait-elle jamais remarqué avant? Ses yeux disaient tellement de choses! Ils parlaient le langage de l'amour.

Se raccrochant désespérément à lui, elle recommença à l'embrasser avec passion. Contre ses lèvres, elle souffla: « Je t'aime Chat.» presque sans s'en rendre compte.

Occupé lui aussi à caresser sa langue de la sienne, il fit de même et murmura avec émotion: «Je t'aime aussi Marinette.»

Et cette fois, si ces déclarations n'étaient pas désespérément profondes, elle étaient complètement vraies.