Disclaimer : tout appartient à Stephenie Meyer. Cette fiction a été écrite par AylenBc et si possible lisez cette histoire en VO.

Encore merci pour les reviews au précédent chapitre, encore merci à noominaone, Paupau15, Lia Menina, Cloums et sochic88 ; recevoir 5 reviews, c'est tellement génial ! Bon dimanche à tous et comme d'habitude maintenant à jeudi pour la suite.


« La vie est une question de choix.

Certains que nous regrettons. Certains dont nous sommes fiers. Certains qui nous hanterons pour toujours.

Nous sommes ce que nous choisissons d'être »

- Graham Brown -


Échos

Les trois jours suivants passèrent lentement et douloureusement.

Après que Jasper et Carlisle soient partis pour New-York, je suis restée le reste de la nuit à Ithaca. Alice me montra une chambre au troisième étage où je pouvais dormir – pas que j'en avais envie. La chambre dans laquelle je séjournais était à côté du bureau de Carlisle ; elle était grande et avait des fenêtres ornementales incurvées. C'était une belle chambre, et dans des circonstances différentes, je l'aurais davantage appréciée. Il y avait même un lit et cela m'a un peu surprise. Quand j'étais venue voir la maison pour la première fois il y a près de trois mois, il n'y avait de lit dans aucune des chambres. Je ne me souvenais pas non plus en avoir vu pendant le mariage d'Esmée et Miguel.

« Rosalie, expliqua Alice en haussant les épaules lorsqu'elle remarqua ma confusion. Elle s'est au moins fait livrer dix lits après qu'elle et Emmett aient décidé qu'ils resteraient ici pendant un certain temps. Apparemment, une maison n'en serait pas une sans lits »

J'acquiesçai d'un air absent, essayant de faire apparaître un sourire mais échouant misérablement. Mon esprit était surchargé et j'ai essayé de ne pas penser à la torture des heures à venir. J'étais reconnaissante qu'Alice soit restée au moins, elle pourrait nous tenir au courant de ce qui se passait en Italie. Au moins, nous saurions si quelque chose tournerait mal…

Une main froide toucha mon épaule en me faisant réaliser que je rêvassais. Alice rencontra mon regard alors que je me tournais pour la regarder.

« Essaye de ne pas t'inquiéter, me dit-elle avec des yeux dorés compatissants. Edward n'est pas en danger immédiat. Et je peux voir Carlisle et Eleazar arriver en Italie sans incident.

– Ce n'est pas leur voyage jusqu'à là-bas qui m'inquiète, murmurai-je. C'est ce qui se passera une fois qu'ils seront arrivés.

– Je sais »

Je me dirigeai vers le lit et m'assis dessus tout en regardant par la fenêtre sombre à proximité. J'étais fatiguée mais c'était une lassitude mentale ; je n'avais pas sommeil. J'avais le sentiment que ce serait une perte de temps d'essayer de me reposer ce soir-là. Les évènements des dernières heures semblaient tellement surréalistes maintenant mon esprit ne pouvait toujours pas saisir l'entièreté de la situation. Tout s'était déroulé si rapidement. Les choses paraissaient aller trop vite maintenant, et pourtant le temps semblait s'être arrêté. Cela n'avait aucun sens.

« As-tu une idée du pourquoi cette vampire aurait pu emmener Edward voir les Volturi ? » demandai-je à Alice même si je savais que c'était inutile. Mais je sentais que j'avais besoin de parler, de reprendre une fois de plus les maigres informations que nous avions sur la situation. Cela me donnait un faux sentiment d'apaisement.

Elle fronça les sourcils en secouant la tête. « J'aimerais pouvoir t'en dire plus Bella. Tout ce que je sais, c'est que quoi qu'il se soit passé en Alaska, c'est arrivé très vite. Je ne l'ai pas vu venir.

– Est-ce que ça pourrait avoir quelque chose à voir avec moi ? Peut-être a-t-elle pris Edward parce qu'il est la raison pour laquelle j'ai appris l'existence des vampires… »

Alice secoua la tête avant que je n'arrive à terminer. « Je ne pense pas. Je crois que si tu étais impliquée d'une manière ou d'une autre dans tout ce qui se passe, j'aurais une meilleure compréhension de la situation. J'aurais peut-être vue plus clairement qu'Edward et cette vampire se croiseraient. Et en plus, pourquoi venir de si loin et prendre Edward sans rien faire pour toi ? Tu es l'élément le plus à risque après tout. Tu es l'humaine qui n'a pas été transformée en vampire ou réduit au silence après avoir découvert notre monde » Elle fit une pause en secouant à nouveau la tête de manière frustrée. « Non, ce n'est pas à propos de toi – de cela j'en suis assez sûre. Il y a autre chose à l'œuvre ici. Et je ne comprends toujours pas pourquoi je ne savais pas que cette blonde que je voyais faisait partie des Volturi.

– Comment aurais-tu pu le savoir ? demandai-je. Puisqu'elle est un nouveau membre dont vous n'aviez même jamais entendu parler, tu n'as jamais eu aucun lien avec elle. Et rien dans tes visions n'implique qu'elle ait eu quoi que ce soit à voir avec les Volturi.

– C'est ce qui me tracasse. J'aurais dû voir qu'ils avaient envoyé quelqu'un, même si c'était une personne que je ne connaissais pas. Ils auraient pu facilement envoyer cette femme à ta recherche, et ensuite ce qui serait arrivé, je l'aurais peut-être vu que quand il serait trop tard. Tout comme ce qui s'est passé avec Edward. Quand j'ai eu cette vision de lui et de cette vampire ce soir, c'était déjà en train de se produire. C'était déjà trop tard.

– Tu as en quelque sorte vu cela arriver d'une certaine manière, lui fis-je remarquer. Nous n'étions pas complètement dans le noir à ce sujet. Nous savions que cette vampire pourrait avoir un lien avec Edward à un moment donné dans l'avenir. Après tout, tu as toujours eu des visions d'eux deux simultanément depuis des semaines. Maintenant, nous savons pourquoi.

– Mais c'étaient toujours des visions distinctes, nota Alice. Je n'ai jamais vraiment vu cette vampire tomber sur Edward en Alaska jusqu'à ce soir. C'était presque comme si à la fin, leur rencontre était une coïncidence – presque comme si la situation aurait pu tourner autrement… » Elle sembla être soudainement profondément plongée dans ses pensées, et j'avais l'impression qu'elle ne parlait plus à moi mais plus à elle-même. « Mais pourquoi l'emmener avec elle chez les Volturi si elle ne le cherchait pas en premier lieu ?

– Je pense que tu essayes trop fort, lui dis-je doucement. N'oublie pas que tu gardes un œil sur plusieurs futurs en même temps. Quelque chose peut manquer de t'échapper. Tu n'es pas toute puissante »

Alice fronça les sourcils. « Peut-être que tu as raison. Peut-être que je devrais réduire un peu les recherches » Elle me jeta un coup d'œil qui me fit la regarder.

« Aussi longtemps que tu ne restreints pas les recherches sur la situation, lui dis-je. Du moins pas maintenant. Reste concentrée sur ce qui se passe en Italie. C'est le plus important pour le moment »

Elle haussa les épaules. « C'est tout aussi bien. Je ne te laisse pas de côté de toute façon. Pas avant que Carlisle ne revienne » Elle se rendit au placard de l'autre côté de la pièce et sortit une couverture. « Je peux t'offrir quelque chose de plus confortable pour dormir », offrit-elle en changeant de sujet.

Je ne répondis pas. Abaissant mon regard, j'étudiai mes mains jointes sur mes genoux. « Il va revenir pas vrai ? » demandai-je très doucement. Comme Alice ne répondait pas, je levai les yeux.

Elle était toujours debout de l'autre côté de la pièce tout en tenant une couverture pliée dans ses mains. Elle ferma tranquillement la porte du placard avant de se diriger vers moi.

« Tant de choses ne sont pas claires, expliqua-t-elle doucement. Je n'ai pas de délai à te donner. Je suis désolée. Si je savais exactement ce qui se passe, je pourrais peut-être te dire quelque chose. Tout ce que je peux voir pour le moment, c'est que les Volturi débattront de quoi faire avec Edward. Caius insiste sur le fait que certaines mesures doivent être prises » Elle avait fermé les yeux pour se concentrer. « Je ne peux pas en dire plus que ça – la vision est encore très floue.

– Pourquoi donc ?

– Parce que cela se passe encore des heures avant que ça n'arrive. Edward n'est même pas encore à Volterra – il est toujours dans l'avion avec cette femme. C'est presque comme si les Volturi ne s'attendaient même pas à ce qu'il soit amené devant eux. Presque comme si la situation va les surprendre… » Elle s'arrêta brusquement et fronça les sourcils avec une expression préoccupée. C'était comme si elle essayait d'attraper une pensée insaisissable.

« Et Carlisle et Eleazar ? demandai-je. Peux-tu les voir à Volterra ? »

Alice acquiesça. « Leur avenir est plus clair. Ils arriveront quelques heures après Edward et cette femme – quel que soit son nom – mais c'est tout ce que je peux dire. Il y a trop de variables sur le chemin.

– Pourquoi peux-tu voir certaines choses plus clairement que d'autres ? demandai-je à la fois confuse et curieuse. Et que parfois tu vois des choses lointaines, des choses qui n'arrivent pas ?

– Certaines choses sont plus claires si elles sont immédiates et rapprochées, et si je me concentre vraiment. Les choses lointaines viennent de leur propre chef – comme cette vision de toi que j'ai eu l'automne dernier par exemple. Ces choses ne sont parfois que des aperçus, de faibles possibilités. De plus, je vois mon espèce mieux que la tienne.

– Donc tu ne peux pas me voir aussi clairement que tu peux voir les vampires ?

– C'est ça » Elle regarda l'heure et me tendit la couverture. « Peut-être que tu devrais essayer de dormir un peu. Il est tard – ou tôt pour être plus précis.

– Je ne pense pas que je vais pouvoir dormir. Et puis, je dois être debout dans quelques heures de toute façon. Je dois être à la librairie dans la matinée.

– Tu pourrais prendre un jour de congé et rester ici »

J'y ai réfléchi. Prendre un jour de congé paraissait à la fois tentant et frustrant. Je savais que cela prendrait des heures avant qu'Eleazar et Carlisle ne soient en Italie et Dieu savait combien de temps il se passerait avant que la situation avec les Volturi ne soit réglée et résolue. Attendre les nouvelles serait horrible. Et attendre des nouvelles sans rien faire… ce serait du pur tourment.

Je secouai la tête. « Je ne devrais pas fermer le magasin sans prévenir au préalable. Et en plus de toute façon, toute cette attente me tue. J'ai l'impression que je ne peux rester sans rien faire »

Alice comprit. « Je te ramènerai à Buffalo demain matin »

Le reste de la nuit se passa dans une brume surréaliste et agitée. Mon esprit refusa de s'éteindre. J'ai regardé le croissant de lune se déplacer dans le ciel alors que j'étais éveillée face à la grande fenêtre incurvée. Finalement, j'ai abandonné l'idée de dormir et me suis levée. Mes pieds semblèrent fonctionner de leur propre chef alors qu'ils m'emmenaient dans la pièce voisine. Je fermai la porte derrière moi tout en fermant les yeux et laissant l'odeur familière de papier et d'encre m'envahir.

J'y passais le reste de la nuit, entourée par les hautes étagères de livres, mon regard fixé sur le grand tableau accroché au mur lambrissé mais le calme quatuor d'hommes capturés dans la toile ne prêtaient aucune attention à mon examen. J'ai regardé le tableau jusqu'à ce que la pendule sonne cinq heures, puis j'ai descendu l'escalier.

Alice me ramena à la maison dans sa Ferrari – Jasper et Carlisle avaient pris la Mercedes. Ils devaient déjà être à New York, et je me demandai si le vol d'Eleazar et Carlisle avait déjà décollé pour Rome.

Traverser la journée à venir paraissait soudain impossible. Mon sens du temps semblait être déformé. Quand Alice me déposa à la librairie un peu avant huit heures, la première chose que j'ai faite a été de démonter l'horloge accrochée au mur. Je ne pouvais supporter de la regarder. Peut-être que le temps passerait plus vite si je n'avais rien pour le mesurer.

Aucune chance.

Jasper revint de New-York un peu avant l'après-midi – à pied. Il avait décidé de laisser la Mercedes à New-York en disant que lorsque Carlisle et Eleazar seraient revenus d'Italie avec Edward, ils auraient une voiture qui les attendait. Il l'avait dit comme s'il était acquis d'avance qu'ils reviendraient avec une expression étonnamment féroce. Apparemment, je n'étais pas la seule à refuser d'envisager une autre alternative.

Jasper resta à la librairie pour le reste de la journée avec moi et Alice, et c'est grâce à lui que je n'ai pas perdu la tête. Quand les yeux d'Alice se vidaient de temps à autre alors qu'elle essayait de découvrir ce qu'il se passait, cela envoyait toujours mon cœur dans un galop rapide. Jasper maintenait mon agitation sous contrôle en envoyant des vagues de calme vers moi chaque fois que je devenais anxieuse, et il me tenait compagnie pendant qu'Alice se retirait dans l'arrière-boutique ; pendant l'après-midi elle nous avait dit qu'Edward arriverait bientôt à Volterra avec cette femelle. Je savais que je devais éviter d'aller la voir toutes les minutes car je savais qu'elle avait besoin de se concentrer. La seule fois où Jasper et moi l'avons dérangée, ce furent quelques heures plus tard lorsque je fermais le magasin, et elle ouvrit à peine les yeux en marchant la courte distance du magasin jusqu'à l'endroit où sa Ferrari était garée. Elle s'assit sur la banquette arrière et ferma de nouveau les yeux sans jamais dire un mot. J'ai échangé des regards avec Jasper, et il a haussé les épaules, rien chez lui n'indiquait que le comportement d'Alice était en quelque sorte étrange. Il alla sans un mot du côté conducteur de la voiture et monta, bientôt nous nous dirigeâmes vers Ithaca.

Je passais également la nuit suivante chez les Cullen ; je voulais être proche au cas où il y aurait du nouveau. Des nouvelles. Alice se retira dans l'une des chambres du deuxième étage – j'imagine la sienne et celle de Jasper – disant au reste d'entre nous qu'elle devait se concentrer. Elle n'avait pas dit grand-chose pendant toute la soirée, sortant à peine de sa transe pour nous informer que Carlisle et Eleazar arriveraient bientôt à Volterra.

« Elle est agaçante quand elle fait ça », grommela Emmett tout en scrutant le grand écran plat du salon. Un sifflement fort résonna dans l'escalier depuis l'étage, et il roula des yeux puis atteignit la télécommande et mis la télévision en sourdine.

J'ai passé un moment à regarder les images et couleurs silencieuses se déplacer sur l'écran, mais après un certain temps, je me suis réfugiée dans le bureau de Carlisle. Quelque chose dans la pièce paraissait m'appeler. C'était peut-être l'odeur apaisante des livres et de l'encre. C'était peut-être le fait de savoir que Carlisle lui-même était probablement venu ici également quand quelque chose le troublait j'imaginais que c'était une chose qu'il pourrait faire. Ou peut-être était-ce le souvenir de notre dernière étreinte avant son départ, comment il m'avait rapproché de lui alors qu'il m'embrassait. Ce souvenir était doux-amer. A la fois obsédant et merveilleux.

Soupirant, je sortis un livre de l'étagère et me perchai sur le bord du bureau en bois tout en le parcourant distraitement. Je ne pouvais cependant pas me concentrer suffisamment pour le lire. Une lassitude soudaine m'envahit alors que la nuit blanche précédente commençait à faire des ravages. Mais je savais que je ne pouvais dormir. Le besoin de savoir ce qui se passait en Italie était comme une douleur physique. Combien de temps faudrait-il pour qu'Alice sache ce qui se passait ?

Il eut un coup soudain et discret contre le cadre de la porte, éclatant ma bulle de pensée. Je levai les yeux pour voir Rosalie se tenir dans l'encadrement. Je fus instantanément en alerte était-il arrivé quelque chose ? Alice avait-elle dit à Rosalie de venir me chercher ?

Elle dut remarquer l'air alarmé sur mes traits. « Alice n'est toujours pas sortie de sa chambre, dit-elle d'une manière apaisante. Je voulais juste avoir un moment seule avec toi. Puis-je entrer ? » Elle hésita avant de prononcer les derniers mots.

Je laissai échapper un soupir de soulagement tout en essayant dans le même temps de surmonter ma surprise. C'était un euphémisme de dire que je ne m'attendais pas à ce que Rosalie s'approche de moi. « Bien sûr » Je plaçai le livre sur le bureau et j'essayai de trouver une raison pour laquelle elle voudrait passer un moment seule avec moi, mais mon esprit était complètement vide. Elle m'avait à peine dit deux mots depuis le mariage d'Esmée et Miguel. Non pas que j'ai fait mieux. J'avais été tout aussi incertaine à l'approcher durant ces quelques occasions où j'avais passé du temps ici, chez eux.

« Je n'ai rien interrompu, n'est-ce pas ? » demanda-t-elle en traversant la pièce à pas lents et gracieux.

Je secouai la tête. « Bien sûr que non. J'essayais juste de passer le temps en faisant quelque chose. Alice prend son temps »

Rosalie acquiesça. Je remarquai qu'elle ne s'approchait pas trop près de moi, mais rodait plutôt près de la bibliothèque à quelques pas. Son visage à couper le souffle avait soudain un air pensif. « Tu as hâte qu'ils reviennent », déclara-t-elle.

J'ai haussé les épaules. « Je suis certaine de ne pas être la seule.

– Tu ne l'es pas, assura-t-elle. Mais ce n'est pas ce que je voulais dire » Elle me regardait de près avec une expression illisible.

Je ne dis rien à cela. Ses mots ne me mettaient pas vraiment mal à l'aise, mais je me demandai pourquoi elle ne me demandait pas plus simplement s'il y avait quelque chose qu'elle souhaitait savoir.

« Tu passes beaucoup de temps ici », remarqua-t-elle comme je ne disais rien tout en regardant autour d'elle.

J'ai haussé de nouveau les épaules. « J'imagine que c'est l'endroit que je préfère dans cette maison. Je le trouve… paisible »

Rosalie se tourna pour regarder dans ma direction tout en soutenant mon regard. « Parce que… c'est le bureau de Carlisle ? »

Cela me fit me demander à quel point elle savait. Alice avait dit quelques jours auparavant que Rosalie et Emmett avaient tiré leurs propres conclusions sur la raison pour laquelle Edward était parti et pourquoi Carlisle avait passé autant de temps avec moi. Et la nuit précédente quand Carlisle était parti, la façon dont il m'avait regardé avant de se retourner et de disparaître dans la nuit… même si nous ne nous étions rien dit, il y avait peut-être eu plus à voir que ce que j'avais cru. Puis je repensai à la conversation que nous avions eue dans cette même pièce avant son départ… ils l'avaient tous entendu, c'était certain. Et peut-être que le silence après cet échange avait parlé plus fort que des mots. Mes yeux se tournèrent vers la porte où nous nous étions tenus et où nous nous étions enlacés tout en partageant un baiser urgent. A l'époque, j'avais craint que ce ne soit notre dernier. Cette peur refusait toujours de me quitter.

Réalisant que j'étais restée silencieuse pendant très longtemps, je rencontrai carrément le regard de Rosalie. « Ouais. Je suppose. Et j'imagine que cette pièce me rappelle un peu ma librairie »

Elle hocha lentement la tête. « Et pourtant, ce ne sont pas les livres qui te font revenir ici maintes et maintes fois » C'était difficile d'interpréter l'expression de Rosalie. Comme plusieurs fois auparavant, elle n'avait pas l'air ouvertement hostile, mais la lueur dans ses yeux n'était pas amicale non plus. Elle baissa les yeux vers le sol avant de croiser de nouveau mon regard. « Je suis désolée, dit-elle soudain. Je ne suis pas venue ici pour parler de Carlisle. Je sais que tu t'inquiètes pour lui, et pour les autres aussi. Comme tu l'as dit, tu n'es pas la seule à vouloir qu'ils reviennent. Et je sais que ce ne sont pas mes affaires de fouiner de toute façon. Ce n'était pas mon intention de te mettre mal à l'aise ou d'être importune. Je suis certaine que j'ai déjà assez blessé tes sentiments dans le passé, et je ne veux pas recommencer »

Ses propos me surprirent un peu. « Ne t'inquiète pas. Mes sentiments vont très bien » En me taisant ensuite, je lui laissai la chance de parler. Je devenais curieuse. Rosalie n'était pas du genre bavarde, du moins pas avec moi, et je savais qu'il devait y avoir une bonne raison pour laquelle elle avait cherché ma compagnie.

Elle me fit un petit sourire. Il était circonspect, mais c'en était quand même un. « Tu dois être au-delà de la confusion du pourquoi je me comporte de manière si civilisée envers toi. Après tout, je ne t'ai pas bien traité à Forks. Je sais que cela semble être juste une excuse, mais j'avais mes raisons de me comporter comme je l'ai fait. Ou du moins, c'est ainsi que j'ai pu… justifier mon comportement à l'époque » Elle fronça les sourcils.

« Et maintenant ? » demandai-je. Notre conversation allait dans une direction inattendue.

« Et maintenant… eh bien, les choses sont un peu différentes.

– Pourquoi donc ? » demandai-je en la regardant avec curiosité. Je n'avais jamais complètement compris pourquoi Rosalie semblait me détester. A Forks, Edward avait dit que Rosalie était jalouse de moi parce que j'étais humaine et qu'elle ne l'était plus.

Elle resta silencieuse pendant un moment comme cherchant ses mots. Elle se dirigea vers la chaise près du bureau et s'assit tout en étudiant ses mains d'une manière pensive. « N'as-tu jamais su la raison pour laquelle je… luttais tellement contre ton désir de devenir l'une des nôtres ? »

Je lui dis ce qu'Edward m'avait dit toutes ces années auparavant. Rosalie hocha lentement la tête. « Il me semblait incompréhensible que quelqu'un choisisse volontiers cette vie plutôt qu'une vraie, émit-elle songeusement. C'est ainsi que j'ai vu pendant longtemps cette nouvelle vie – j'avais l'impression qu'elle n'était pas réelle, que ce n'était pas censé être comme ça. Je n'ai jamais choisi d'être ainsi, dit-elle en montrant d'un signe son corps magnifique et immortel. Je me suis sentie mal après. Et c'est toujours le cas. Je ne me suis jamais excusée de la manière dont je t'ai traitée au début. Mais j'avais mes raisons de me sentir comme je me sentais.

– Alors… tu ne voulais pas être transformée ? » insistai-je comme elle restait silencieuse depuis un long moment.

Ses yeux dorés étaient pensifs et elle leva le regard de ses mains. « La vérité est que si on me donnait la possibilité de choisir… si j'avais eu mon mot à dire sur la question, j'aurais préféré mourir. Je sais à quel point cela sonne mélodramatique, mais c'est vrai. Je ne vais pas entrer dans les détails, mais quelque chose m'est arrivé et qui était pire que la mort. Quelqu'un que je pensais aimer m'a trahie de la pire des façons possibles. Par conséquent, la pensée de mourir ne m'a pas du tout été désagréable lors de mes derniers instants humains. Mais comme tu le sais… je n'ai jamais eu l'occasion de choisir » Elle se tut tandis que ses yeux dorés semblaient à des décennies de distance.

Je me suis soudain souvenue de l'après-midi de la veille – était-ce vraiment hier ? – quand Alice m'avait appris que Rosalie s'était rendue à Rochester avec Emmett. On m'avait dit qu'elle avait vécu sa vie humaine là-bas, mais j'avais eu l'impression que leur voyage là-bas avait été important pour une autre raison.

« Carlisle m'a retrouvée après… eh bien, après ce qui s'était passé, continua Rosalie. Mais il était trop tard pour moi. Je me souviens… je me souviens qu'il faisait froid, bien qu'il y avait tellement de douleurs que j'ai été surprise que le froid me dérange. J'étais impatiente que la mort vienne afin de mettre fin à la douleur… » Elle cessa de nouveau de parler, cette fois gardant le silence beaucoup plus longtemps.

J'étudiai attentivement son expression ; son visage était comme de la pierre. Seuls ses yeux révélaient à quel point il lui était difficile d'en parler. Elle ne m'avait pas dit les détails, comme elle l'avait promis, mais elle n'était pas obligée de le faire. Il était facile de comprendre les choses qu'elle n'avait pas dites, et j'avais une intuition, une intuition nauséabonde et horrible de ce qui lui était arrivé.

Rosalie me regarda comme si elle avait oublié que j'étais là. « Comme je l'ai dit, Carlisle m'a trouvée, poursuivit-elle. Il a senti l'odeur du sang et est venu enquêter. Cela m'a énervée quand j'ai réalisé qu'il travaillait sur moi en essayant de me sauver la vie. Je n'avais jamais aimé le Dr Cullen ou encore sa femme et son frère – car c'est ce qu'Edward prétendait être alors. Mais mes blessures étaient trop graves, et il ne pouvait rien faire pour moi. A part une chose.

– Il t'a transformée », dis-je au vu de l'évidence d'une voix calme.

Rosalie acquiesça. « Il m'a transportée chez lui. Je m'échappais, la douleur avait commencé à s'apaiser et je n'avais aucune force pour résister. Si j'avais su ce qu'il allait faire… et si j'avais su ce que j'allais devenir… je lui aurais demandé d'arrêter. Mais j'étais à peine consciente. Et puis, il m'a mordue. Je n'oublierai jamais cette douleur. J'ai commencé à crier alors que le feu commençait à me brûler – pas que les cris aident. Je l'ai supplié de me tuer, et quand Esmée et Edward sont arrivés, je les ai également suppliés. Carlisle est resté avec moi tout le long. Il m'a tenu la main et m'a dit qu'il était désolé, s'est excusé à chaque fois que j'ai crié tout en promettant que la douleur cesserait. Il m'a tout dit – ce qu'il était et ce que j'allais devenir. Je ne l'ai pas cru au début » Elle resta silencieuse tout en levant son regard du sol pour me regarder à nouveau.

Elle resta silencieuse pendant un long moment après cela, et moi aussi. Ce qu'elle m'avait dit était beaucoup à encaisser. Cela m'attrista quelque peu de n'avoir jamais su ces choses à son sujet. Si j'avais connu son passé à Forks… son comportement aurait été beaucoup plus facile à comprendre.

« Alors… c'est pourquoi tu as eu du mal à m'accepter ? demandai-je comme elle restait silencieuse pendant longtemps tout en étudiant de nouveau ses mains sur ses genoux. Parce que j'étais si disposée à abandonner mon humanité ? Et parce que tu as été forcée d'abandonner la tienne ? »

Elle me fit un sourire ironique. « Quelque chose comme ça. Tu possédais tout ce que je désirais après tout. Tu avais des parents qui t'aimaient pour ce que tu étais… une chance d'avoir un avenir normal, une chance de te marier et d'avoir des enfants… une chance d'avoir ta propre famille. Je voulais tout ça lorsque j'étais jeune fille. Ma vie entière tournait autour de ces choses. Et elles m'avaient toutes été enlevées. Quand je t'ai rencontré à Forks, tu étais si prête à tourner le dos à tout ça. Je pensais que tu étais si naïve et que tu n'avais aucun respect pour les choses les plus importantes de la vie. Cela me mettait en colère que tu semblais tout prendre à la légère. Tu paraissais prendre toutes ces choses pour acquises, et cela me faisait bouillir le sang. J'aurais donné n'importe quoi pour être toi. Pour être humaine, et avoir toutes ces opportunités que tu ne semblais pas apprécier du tout »

J'ai hoché lentement la tête. « J'étais un peu naïve, reconnus-je. Je le vois maintenant. Et une partie de moi est maintenant reconnaissante qu'Edward ait pris cette décision pour moi il y a toutes ces années, autant que ça m'a fait mal qu'il soit parti. Il avait raison à l'époque. Et tu as raison maintenant. Je n'avais pas réfléchi » Je m'arrêtai en soutenant son regard. « Mais je dois me demander ce qui est différent maintenant. Les circonstances ont changé bien sûr, mais je suis toujours sur le point de faire un choix que tu ne ferais jamais »

Rosalie m'étudia un moment. « Tu l'as dit toi-même. Les circonstances sont différentes. Et je ne parle pas seulement des choses qui sont différentes vis-à-vis de toi par rapport à Forks. Ma vie humaine s'est terminée d'une manière qui était… eh bien, disons simplement que ce qui s'est passé affectera toujours ce que je ressens vis-à-vis de la vie. Je ne peux pas oublier ce qui m'est arrivée, comment j'ai été trahie. Ce sera différent avec toi. Tu ne porteras pas le même ressentiment et le même mal que moi pendant une éternité. Et en plus… Alice et Carlisle m'ont déjà dit combien tu avais du mal avec ça. Et je sais aussi que tu n'as pas pris la décision de devenir vampire juste pour te protéger, mais aussi pour nous protéger des Volturi. Cela peut paraître un peu boiteux dit comme ça, mais j'apprécie. C'est un grand sacrifice que tu fais. De plus, Alice m'a dit à quel point cela te fait mal de renoncer à ta vie et de dire au revoir à tes parents. Je pense maintenant que tu vois les choses comme tu étais censée les voir il y a huit ans. Nous avons tous souffert à notre propre façon dans cette seconde vie, et nous avons tous eu des choses que nous avons pleurées. Tu auras tes propres difficultés et souffrances » Elle se leva du fauteuil tout en me regardant. « Et je suppose… que c'est ce qui fait de toi vraiment l'une des nôtres maintenant »

C'était peut-être la façon qu'avait trouvé Rosalie pour me dire qu'elle avait accepté la situation – et moi. « Merci de m'avoir dit tout ça, lui dis-je. C'est agréable de comprendre… de mieux te connaître.

– Et je suis désolée d'avoir été un tel monstre à Forks, me dit-elle en souriant maintenant. Je vais essayer de mieux me comporter à partir de maintenant. Pas que Carlisle me laisserait un autre choix… »

J'eus un rire gêné au début, ne sachant pas quoi dire à cela. Rosalie me sauva du problème. Elle me fit un petit sourire avant de se diriger vers la porte. « Tu devrais dormir un peu, suggéra-t-elle. Nous te réveillerons une fois qu'Alice saura quelque chose »

Elle disparut par la porte après m'avoir fait un autre sourire timide. Nous n'étions pas encore amies, mais j'étais certaine qu'elle ne me détestait plus autant. J'avais l'impression qu'un poids avait été retiré de mon cœur. Peut-être que la situation non résolue entre elle et moi m'avait dérangée plus que je ne l'avais imaginé.

Je repris le livre sur le bureau et l'ouvris. Mais après quelques minutes, les lettres et mots cessèrent d'avoir du sens pour moi et je dus abandonner l'idée de lire. Même si penser à dormir paraissait insupportable, je sortis du bureau de Carlisle et pénétrai dans la pièce de l'autre côté du mur. A grands pas, je traversai la pièce jusqu'au lit et dès que ma tête heurta l'oreiller, j'ai complètement occulté le monde environnant.

Pendant que je dormais ce soir-là, je rêvais que j'arpentais les pierres sombres et froides d'une rue inconnue sous la neige qui tombait légèrement tout en laissant une traînée de sang maculée derrière moi. Un être invisible regardait mes progrès de l'ombre avec des yeux pleins de ressentiment.


Des mains froides me réveillèrent doucement, peut-être quelques minutes ou heures plus tard. Je fus instantanément en alerte et mon cœur bondit jusqu'à ma gorge alors que je me mettais en position assise. Une partie de moi avait peur de regarder la petite forme assise au bord du lit et si son expression révélait quelque chose que je ne voulais pas voir ? Mais cette autre partie de moi, celle qui avait le plus besoin d'informations – de toutes sortes d'informations – m'obligea à rencontrer les yeux d'Alice.

Mon cœur cessa de battre violemment alors que je prenais compte de son expression. L'air quitta précipitamment mes lèvres. « Alors ? » demandai-je, exigeai-je presque.

Les yeux d'Alice étaient prudemment triomphants. « Ils rentrent à la maison.

– Ils rentrent ? demandai-je avec incrédulité. Le soulagement qui me traversa fut si fort qu'il me fit tourner la tête.

Alice acquiesça. « Ce n'était pas aussi mauvais que nous l'avions pensé. Je ne sais toujours pas ce qui a conduit à ça, mais il y a eu une mention du nouveau-né qui a perdu le contrôle à Anchorage. Aro a interrogé Edward à ce sujet, mais je ne sais toujours pas pourquoi. Je sais que cela a un lien avec la raison pour laquelle cette femme l'a emmené chez les Volturi en premier lieu – nous ne connaîtrons pas les détails avant leur retour. Mais je connais le nom de cette femme, soit dit en passant. Elle s'appelle Véronique »

Il me fallut un moment avant que je ne puisse parler. Je secouai la tête en essayant de l'éclaircir. « Qu'est-ce qu'Edward avait à faire avec ce nouveau-né ? » demandai-je tout en étant incapable de comprendre. Le soulagement que je ressentais était étourdissant. Toutes ces heures d'inquiétudes et de peur… et maintenant, il s'avérait que tout irait bien.

« Je ne sais pas » Alice haussa les épaules, fronçant les sourcils. « Je ne suis pas sûre. Nous ne le saurons pas jusqu'à ce qu'ils reviennent. Je ne peux pas voir des conversations entières en temps réel ou autre après tout, même lorsque je me concentre. Je n'ai pu voir que des brides de leur discussion – ou plusieurs variantes de celle-ci si quelqu'un hésitait avec quoi dire par exemple. Au fait, ils ont parlé de toi aussi »

Je me sentis devenir tendue. « Oh ?

– Carlisle et Eleazar sont arrivés quelques heures après qu'Edward ait été emmené à Aro. Carlisle a assuré aux Volturi qu'un jour tu serais l'une des nôtres et donc que tu n'étais pas une menace pour le monde des vampires. Aro était déjà au courant de nos plans pour te transformer parce qu'il l'avait lu dans l'esprit d'Edward avant l'arrivée de Carlisle et Eleazar.

– Et… qu'avaient à dire les Volturi à ce sujet ? »

Alice fronça les sourcils. « Caius n'était pas content qu'un humain soit au courant de notre monde, mais ce n'est pas une surprise. Il a exigé que des mesures soient prises sans délai. Marcus a pris l'information plus calmement que Caius, et a accepté ce que Carlisle avait à dire sur ce sujet. Je ne sais pas trop quelle était l'opinion d'Aro – il a également paru approuver les plans de Carlisle à condition que tu sois transformée dès que possible. J'ai le sentiment qu'il souhaite te rencontrer en personne après ta transformation – dès que ta soif sera sous contrôle bien sûr » Elle fit une pause en fronçant les sourcils. « Mais il y avait quelque chose… je ne sais pas, d'insaisissable à propos de son attitude envers cette affaire.

– Que veux-tu dire ? »

Elle secoua la tête, frustrée. « Je ne le sais même pas. Eh bien, il n'y a pas de raison de spéculer à ce sujet avant d'en savoir plus. Je demanderai à Edward à ce sujet à leur retour »

Je sentis une prise dans mon estomac. « Combien de temps jusqu'à ce qu'ils soient à la maison ? demandai-je.

– Leur vol de Rome atterrira tard ce soir »

J'ai regardé l'heure. Il était juste cinq heures du matin. J'avais le sentiment que ce dernier jour d'attente pourrait être le plus long. Mais cette attente serait aussi la plus facile en quelque sorte ; au moins les heures à venir ne seraient pas occultées par l'incertitude et la peur. C'était un changement bienvenu.

Alice me reconduisit plus tard dans la matinée à Buffalo. Je me suis arrêtée chez moi pour prendre une douche et me changer. J'ai aussi dû m'arrêter à la cuisine pour manger quelque chose ; j'étais soudainement affamée. J'avais dû forcer la nourriture à entrer dans ma gorge au cours des deux derniers jours parce que l'inquiétude avait chassé tout appétit. Plus tard, lorsqu'Alice me déposa à la librairie, elle m'avait dit qu'Esmée et Miguel reviendraient aussi de Florence. Ce qui était arrivé à Edward leur avait fait peur et apparemment ils voulaient être avec la famille, bien que la situation soit terminée. Rosalie les avait appelés tôt ce matin ils étaient déjà dans l'avion, et ils attendraient Carlisle, Edward et Eleazar à New-York.

« Dommage qu'ils n'aient pas pu terminer leur lune de miel, nota Alice. Mais rien n'éloignera Esmée dans un moment comme ça. Et je suppose qu'ils peuvent toujours partir pour une autre lune de miel. Peut-être qu'ils finiront par faire comme Emmett et Rosalie »

Je souris. « Se remarient-ils toujours de temps à autre ? » demandai-je en me souvenant qu'Edward avait dit quelque chose de similaire à Forks.

Alice acquiesça. « Une fois toutes les quelques années. Certains pourraient dire que c'est vain et superficiel, mais je pense que c'est adorable. Rosalie est très romantique par nature. Emmett a aussi un côté plus doux, même si cela peut être difficile à croire » Elle s'arrêta en souriant. « Rosalie a besoin de quelqu'un comme lui, de quelqu'un qui est fort mais doux. Quelqu'un qui peut la rendre heureuse. Elle le mérite après… eh bien, après ce qu'elle a traversé »

Je fronçai les sourcils en repensant à la conversation que Rosalie et moi avions eue hier soir. J'en ai parlé à Alice.

« J'ai entendu des brides de votre discussion, admit-elle. Comme tu le sais maintenant, la vie humaine de Rosalie ne s'est pas terminée idéalement – pas que nos vies humaines le furent aussi. Disons simplement que son fiancé était un être humain pourri. Et Rosalie ne l'a découvert que trop tard »

Elle ne dit rien d'autre que cela, mais elle n'était pas obligée de le faire. Jusqu'à hier soir, Rosalie avait toujours été une énigme pour moi. Elle était plus complexe que je ne l'avais imaginé à Forks, je l'avais cru distante et froide, presque hostile, mais en me souvenant maintenant notre conversation de la nuit précédente, de la gentillesse inattendue de sa voix… je me suis rendu compte que ce n'était pas si simple. Les choses de la vie étaient rarement complètement noires ou blanches.

Le reste de la journée se passa lentement. Comme c'était samedi, j'ai fermé la librairie un peu plus tôt, puis Alice et moi sommes repartis à Ithaca. Attendre le retour de Carlisle, Edward et Eleazar était angoissant. Les heures semblaient passer comme des jours, surtout après qu'Alice nous ait informé que leur vol aurait du retard. A ce moment-là, Emmett et Jasper sont partis pour une chasse rapide en promettant de revenir à l'heure. Apparemment, ils trouvaient l'attente aussi frustrante que moi. Ils ne partirent cependant pas longtemps, et je devinais qu'ils ne voulaient pas partir trop loin de la maison.

Plusieurs heures après que la lumière grise de l'après-midi se soit transformée en crépuscule et le crépuscule en obscurité, nous nous sommes tous rassemblés dehors dans la cour avant alors qu'Alice nous avait dit que l'attente était presque terminée. Enroulant les bras autour de moi, j'essayai de garder le froid à distance. Je regardai le chemin de terre incurvé qui disparaissait dans les bois environnants en espérant voir la voiture noire familière sortir de l'obscurité. Même si nous étions en mars, la nuit était étonnamment froide. Il devait faire moins de cinq degré, et je me suis réprimandée intérieurement pour ne pas avoir attrapé mon manteau. Je refusai de rentrer à l'intérieur pour le récupérer, d'autant plus que j'entendis soudain le bourdonnement familier d'une certaine voiture qui s'approchait. Des phares balayèrent les bois devant la maison et je serrai les bras encore plus fort autour de moi. J'étais une statue parmi quatre autres alors que la Mercedes noire est sortie de l'obscurité, suivie d'une autre voiture aux vitres teintées Esmée et Miguel. Les deux voitures s'arrêtèrent à quelques pas de notre groupe qui attendait. Les moteurs furent coupés, puis les portes commencèrent à s'ouvrir l'une après l'autre.

Je ne me suis même pas permise de respirer jusqu'à ce que je le voie sortir du côté conducteur de la Mercedes noire. L'air jaillit de mes poumons lorsque son regard rencontra le mien, puis je ne vis plus rien ; j'avais fermé les yeux. Ma tête tourna de soulagement. Ce n'est qu'à ce moment-là que j'ai enfin pu croire qu'ils étaient vraiment de retour, indemnes et en un seul morceau.

Des salutations furent lancées autour de moi. Esmée, Miguel à sa suite, se précipita pour nous embrasser Rosalie, Alice et moi, presque comme si elle ne nous avait pas vues depuis des mois. Jasper est allé parler à Carlisle et Eleazar dès qu'ils furent sortis de la voiture, et en quelques secondes, ils ont été absorbés dans une conversation qui était trop discrète et rapide pour que j'entende. Eleazar commença à expliquer quelque chose à Jasper, et bientôt, ils froncèrent tous deux les sourcils. Carlisle profita de ce moment pour me regarder. Il était difficile de déchiffrer la lueur dans ses yeux c'était quelque chose comme un mélange de soulagement et d'anticipation.

Presque comme si mon nom avait été appelé, j'arrachai mon regard du sien et tournai mes yeux vers la personne qui se tenait à quelques pas du reste d'entre nous.

Edward se tenait toujours près de la Mercedes de Carlisle. Il avait les mains dans les poches d'une manière détendue, mais je pouvais voir qu'il était loin d'être à l'aise. Autant cela me soulageait de le voir en sécurité et indemne, autant la lueur dans ses yeux me troublait un peu. Il me fixa pendant quelques secondes sans fin avant de se détourner.

Je n'étais pas la seule à l'avoir remarqué. Les yeux de Carlisle suivirent la forme d'Edward alors qu'il effleurait Jasper et Eleazar pour disparaître dans la maison en quelques secondes. J'échangeai un coup d'œil avec lui en me demandant ce qui avait dû se passer entre eux deux lors de leur retour d'Italie.

Emmett rejoignit Jasper, Carlisle et Eleazar en exigeant bruyamment de savoir ce qui s'était passé.

« Nous ferions mieux d'aller à l'intérieur, suggéra Carlisle. C'est une longue histoire »

Eleazar approuva. Alice et Rosalie s'étaient à présent libérées de l'étreinte d'Esmée, mais je l'avais à peine remarqué mes yeux étaient à nouveau sur Carlisle. Le besoin d'aller vers lui était comme une douleur physique. Après avoir échangé quelques mots supplémentaires avec Eleazar et Jasper, il vint finalement vers moi en prenant brièvement ma main. Sa prise était forte mais douce, destinée à rassurer puis il la lâcha. Il tendit la main pour placer une mèche de cheveux derrière mon oreille ; cela semblait être une promesse de quelque chose de plus. Plus tard, semblait-il dire. J'ai hoché la tête.

Edward était dans le salon quand le reste d'entre nous est entré. Il se tenait près des baies vitrées tout en regardant dehors dans le jardin sombre. Ses bras étaient croisés sur sa poitrine, dans une posture retirée et réservée. Il ne se retourna même pas lorsque nous sommes entrés et resta debout lorsque nous commençâmes à prendre place autour du salon. Alice attrapa mon poignet et me tira sur le canapé entre elle et Esmée. Eleazar ne s'est pas assis ; Carlisle et Jasper non plus.

« Alors ? demanda Emmett en semblant avoir atteint la limite de sa maigre patience. Qu'est-il arrivé ? »

Carlisle jeta un coup d'œil à Edward et Eleazar, hésitant. Puis il regarda Alice. « Que savez-vous ?

– Pas grand-chose. Seulement que les Volturi voulaient interroger Edward sur le nouveau-né qui faisait des ravages à Anchorage, répondit-elle. J'ai surveillé votre avenir pendant que vous étiez en Italie, mais je n'ai évidemment pas saisi tous les détails. Je sais que la femme qu'Edward a rencontrée en Alaska s'appelle Véronique. Et je sais aussi que vous avez discuté de l'avenir de Bella et de nos plans pour la transformer tôt ou tard. Mais comme je l'ai dit, je n'ai pas obtenu tous les détails. Comme pourquoi cette femme – Véronique – a emmené Edward en Italie en premier lieu »

Carlisle hocha la tête, se tournant pour regarder Edward. Ce dernier se retourna pour faire face à la pièce. Ses yeux se tournèrent momentanément vers moi, mais son regard tomba. Le moment passa trop rapidement, et c'est pourquoi je ne pouvais en être certaine mais je pensais avoir pu voir quelque chose comme du chagrin dans ses yeux.

« Commence par le début, demanda Esmée. Que s'est-il exactement passé en Alaska ? »

Edward leva son regard du sol en ne regardant personne en particulier. « Je chassais quand c'est arrivé comme je suis sûr que vous le savez tous maintenant, commença-t-il d'une voix calme et douce. J'étais au milieu de ma chasse quand je suis tombé sur une piste. Ce n'était personne que j'ai reconnu. Eleazar et moi avions discuté de la situation à Anchorage avant de quitter Denali, et j'avoue que je devenu curieux.

– Tu pensais que c'était ce nouveau-né ? » demanda Rosalie. Sa voix était calme et composée, mais la lueur dans ses yeux fut soudainement dangereuse ; elle était en colère. Je ne pouvais pas lui en vouloir. D'après ce que j'avais entendu, rencontrer un nouveau-né sans précaution n'était pas vraiment sûr.

Edward ne fut pas intimidé par le regard de Rosalie. « Je pensais que c'était une possibilité, répondit-il d'une voix tout aussi calme. Mais je pensais qu'il était plus probable que ce soit un nomade. J'étais assez loin d'Anchorage à ce moment-là après tout. Et ce n'était pas une nouvelle piste – elle était vieille de plusieurs jours au moins. Je ne pensais pas qu'il y avait un danger.

– Alors tu l'as suivie ? demanda Jasper.

– Oui », admit Edward. Esmée poussa un soupir inquiet à côté de moi. Rosalie siffla. « Je ne suis pas allé très loin quand je suis tombé sur une autre piste, plus forte cette fois-ci. L'odeur était différente de la première, et elle avait traversé la piste que je suivais. C'est alors que le vent a changé de direction. Je me suis arrêté car je réalisais bientôt que quelqu'un me suivait. Elle a dû sentir mon odeur alors qu'elle traversait les montagnes et a décidé de me traquer. Il n'a pas fallu longtemps pour que je l'entende.

– Elle ? demanda Emmett.

– Véronique. Ses pensées », répondit Edward. Il y avait quelque chose de particulier dans la manière dont il prononçait son nom, presque comme si quelque chose en elle l'irritait. « Il ne m'a pas fallu longtemps pour comprendre que la seconde piste que j'avais trouvée était la sienne. Je n'ai pas réalisé au début qu'elle était membre des Volturi, pas même quand elle s'est approchée de moi – elle était habillée comme une nomade. Elle m'analysait et m'évaluait clairement, mais je pensais que c'était parce qu'elle essayait de décider si j'étais une menace ou non. Ce n'est que lorsqu'elle a commencé à penser à Aro que j'ai réalisé son but. Elle semblait aussi être consciente que j'étais télépathe. Cela ne m'a pas surpris qu'elle sache, parce que je pensais qu'elle devait avoir entendu parler de moi par Aro. Mais ensuite elle a demandé mon nom. Je lui ai dit bien sûr, et… » Il se tut.

« Et ? insista Emmett.

– Et… elle ne m'a pas reconnu. J'ai surveillé attentivement ses pensées, mais son ignorance semblait authentique »

Je ne suivais plus où il voulait en venir. Ce n'est qu'à la prochaine interrogation de Jasper que j'ai réalisé la signification de la révélation d'Edward.

« Mais si les Volturi avaient appris notre situation de Victoria, elle aurait dû te reconnaître. Ton nom aurait dû apparaître à un moment donné. A moins que cette Véronique n'ait pas un rang très élevé dans la garde et qu'Aro n'avait aucune raison de… » Jasper se tut lorsqu'Edward secoua la tête.

« C'est le problème justement. Véronique est un membre de très haut rang en raison de ses capacités.

– Lesquelles sont ? demanda Emmett en semblant maintenant irrité.

– C'est plutôt évident quand on y pense, répondit Edward. Elle ne savait pas qui j'étais et pourtant elle a pu dire que je suis capable de lire dans les esprits. Comme moi et aucun d'entre nous n'en avons jamais entendu parler, j'ai pensé qu'elle devait être un membre relativement récent. J'ai découvert par la suite qu'elle servait les Volturi depuis quelques décennies. Elle a été recrutée après qu'une certaine personne a quitté la garde. Véronique a obtenu la place de cette personne car ses compétences ressemblaient à celles de son prédécesseur » Il jeta un coup d'œil à Eleazar.

« Es-tu en train de dire qu'elle peut faire ce qu'Eleazar fait ? » demanda Jasper.

Edward hocha la tête. « C'est exactement ce que je dis. Son travail consiste à trouver des vampires avec des capacités spéciales qui pourraient être utiles aux Volturi, et si elle trouvait un humain qui pourrait éventuellement acquérir des compétences extraordinaires au cours de la transformation, elle devait faire son rapport en Italie pour qu'Aro puisse décider si cet humain a suffisamment de potentiel pour être transformé en vampire.

– Que faisait-elle en Alaska ? demanda Miguel. Aro l'avait-il envoyée là-bas ? »

Edward hésita en regardant Alice. « Il est possible qu'elle ait été en mission de recrutement de routine en faisant exactement ce qu'Eleazar avait l'habitude de faire. Peut-être ne passait-elle que par là lorsqu'elle a entendu parler de la situation à Anchorage et a donc décidé de s'en occuper avant de poursuivre sa route. Puis elle m'a croisé et comme j'étais le seul vampire à proximité, elle voulait me questionner. Au début, elle soupçonnait que j'étais le responsable de la création de ce nouveau-né qu'elle venait de détruire.

– Elle avait déjà détruit le nouveau-né ? demanda Jasper d'un air dubitatif. Elle a le pouvoir d'agir sans le commandement d'Aro ?

– Probablement. Je pense qu'elle a la même autorité que Jane et Demetri par exemple. J'ai dû mal à l'expliquer autrement » Edward se tourna pour regarder à nouveau Alice. Sa voix était toujours douce et calme, mais il y avait une lueur accusatrice dans ses yeux. « Parce que si Aro avait donné l'ordre à Véronique de prendre des mesures contre ce nouveau-né, nous l'aurions su. Ai-je raison ? »

Alice le regarda. « Tu n'as aucune raison d'insinuer que je choisirais de ne pas révéler une chose comme ça. Je t'assure que si j'avais été consciente du fait qu'Aro avait ordonné à quelqu'un d'aller en Alaska, je ne l'aurais pas gardé pour moi. Je le surveille »

Leur interaction me secoua un peu. Edward et Alice s'entendaient généralement très bien, et la façon agressive dont ils se parlaient me troublait.

« Par conséquent, soit elle a agi seule… soit tu as manqué l'ordre qu'Aro lui a donné, déclara Edward. Comment serait-ce possible ? »

La voix d'Alice était froide. « Que veux-tu que je te dise Edward ? Que j'ai foiré ? Garde à l'esprit que je surveillais plusieurs futurs en même temps, et je continue de le faire même pendant que nous parlons. Je gardais un œil sur la famille, je te surveillais après ton départ de Denali – au passage merci d'avoir changé d'avis sur ta direction au moins trente fois par minute – et je suivais les décisions d'Aro et je regarde pratiquement chaque moment de la vie de Bella vingt-quatre heures par jour. Si j'essaye de trop, les choses vont commencer à glisser entre les mailles du filet.

– On dirait que c'est déjà le cas, claqua Edward.

– Edward », intervint Carlisle. Il y avait un soupçon de reproche dans sa voix. « Ce n'est pas une science exacte. Il est très possible qu'il n'y ait rien eu à voir. Comme tu l'as dit, Véronique pourrait avoir le pouvoir d'agir sans ordre officiel. Pour autant que nous le sachions, sa seule mission n'est peut-être pas de simplement recruter de nouveaux membres. Aro lui a peut-être confié des responsabilités dont nous ne sommes pas informés. Et comme Alice ne savait même pas qui elle était et d'où elle venait jusqu'à il y a trois jours…

– Mais elle fait partie des Volturi. Même si elle a le pouvoir d'opérer de façon indépendante, Aro a dû lui donner un ordre à un moment donnée. Pourquoi Alice ne l'a-t-elle pas vu ? »

Je me raclai doucement la gorge. Neuf paires d'yeux dorés se tournèrent pour me regarder. « Eh bien, d'une certaine manière, elle a en quelque sorte vu que les Volturi enverraient quelqu'un, lui fis-je remarquer. La première fois qu'Alice a eu cette vision de cette Véronique, c'était après tout à l'automne dernier. Nous ne savions tout simplement pas qui elle était à l'époque. Il était impossible de faire le lien.

– Mais c'était, il y a des mois, nota Alice. Ce nouveau-né n'avait tué personne à Anchorage à l'époque. Il n'avait probablement même pas encore été créé. Après tout, les tueries et disparitions à Anchorage n'ont commencé que quelques semaines auparavant. Par conséquent, les Volturi n'avaient aucune raison de prendre la décision d'envoyer quelqu'un l'automne dernier. Et ce n'est pas comme si je regardais l'avenir de ce nouveau-né à tout moment, ajouta-t-elle. Je ne le connaissais même pas »

Ce fut Jasper qui parla ensuite. « Je pense qu'il est possible qu'il existait déjà lorsque tu as eu cette première vision de Véronique à l'automne dernier, suggéra-t-il.

– Qu'est-ce qui te fait croire ça ? » demanda Edward en semblant douter.

Jasper haussa les épaules. « Je suggère seulement que c'est une possibilité. Il y avait peut-être quelqu'un pour s'occuper du nouveau-né au début. Mais quelque chose a changé au cours des semaines. Peut-être que le nouveau-né a été laissé pour se débrouiller seul – ou peut-être qu'il a détruit le vampire qui veillait sur lui jusque-là.

– Mais pourquoi ai-je eu une vision de Véronique si tôt, avant même que quelque chose ne se soit passé ? demanda Alice en semblant douter. Mes visions sont basées sur des décisions. Si les Volturi n'avaient même pas connaissance du nouveau-né l'automne dernier… »

Jasper secoua la tête. « Comme Carlisle l'a dit, ce n'est pas une science exacte. Et je ne pense pas que les décisions conscientes soient la seule chose qui puisse avoir un impact sur tes visions. J'admets qu'elles sont la cause principale qui peut avoir une influence sur l'avenir d'un individu, ajouta-t-il quand il vit qu'Alice était sur le point d'argumenter, mais je crois qu'il existe d'autres facteurs qui peuvent également affecter ces choses. Pense au temps par exemple. Tu peux prédire ses changements même si ce n'est basé sur les décisions de personne.

Exactement. La météo est la météo. Comme tu l'as dit, elle n'est pas basée sur des décisions, dit-elle doucement en opposition. C'est complètement différent.

– Je le sais, accorda Jasper. Permets-moi de te donner un autre exemple alors. Lorsque tu t'es réveillée dans cette nouvelle vie après ta transformation, ta toute première vision était de moi et d'un avenir heureux avec la famille de Carlisle. Aucun de nous n'avait même entendu parler les uns des autres auparavant, encore moins nous être rencontrés. Aucune décision n'avait été prise. Et pourtant, tu as vu que ce serait ton avenir et cela s'est réalisé » Il se tut. Alice parut momentanément à court d'arguments. « Tout ce que je suggère, c'est que l'avenir de certaines personnes est peut-être prédéterminé d'une manière ou d'une autre, poursuivit-il. Peut-être que certains destins ne peuvent être changés. Quand ce nouveau-né a été créé, peut-être qu'il allait finir par être détruit pas les Volturi à un moment donné de sa nouvelle vie quoi qu'il arrive. Pour autant que nous le sachions, il aurait pu être plus sauvage par nature, plus encore que le sont normalement les nouveau-nés, ce qui a conduit au point où il ne pouvait pas se contrôler qu'il ait essayé ou non. Les Volturi seraient intervenus de toute façon à un moment donné – ce n'était qu'une question de quand et où, t'amenant ainsi à avoir la vision de Véronique.

– Mais pourquoi ? demanda Alice. Pourquoi ai-je eu une vision d'elle des mois à l'avance ? Étant donné que je n'ai aucun lien avec elle, sans parler de ce nouveau-né ?

– Excepté que c'était le cas. Tout ça avait un lien avec quelqu'un proche de toi : Edward »

Alice réfléchit un instant à ses mots en soupirant. « Tu pourrais avoir raison, je suppose. Pas que ça compte vraiment.

– C'est vrai. Ce n'est pas le cas », dit doucement Edward. Sa voix était irritée mais pour une quelconque raison, j'avais le sentiment que sa frustration n'était plus dirigée contre Alice. Sa tête s'abaissa « Le mal est déjà fait.

– Que veux-tu dire par là ? demanda Esmée. Quel mal ?

– Et quelqu'un pourrait-il répondre à la question de base ? ajouta Emmett. Pourquoi le voyage en Italie était-il nécessaire ? Pourquoi emmener Edward là-bas ? »

Edward nous tournait de nouveau le dos. Il regardait à nouveau vers les baies vitrées sans se retourner. Carlisle le regardait en posant apparemment une question silencieuse car Edward secoua la tête après un moment.

Carlisle poussa un petit soupir. « Comme l'a dit Edward, Véronique voulait l'interroger et s'assurer s'il avait quelque chose à voir avec ce nouveau-né responsable des tueries et des disparitions survenues à Anchorage. Edward n'avait évidemment rien à voir avec tout ça, mais il n'avait que sa parole. Pour éviter le conflit, il a accepté d'être emmené à Aro afin qu'il puisse être confirmé qu'il n'avait pas créé ce nouveau-né. Ce n'était pas la seule raison pour laquelle Véronique était plus que disposée à l'emmener en Italie cependant, Aro était le seul vampire qu'elle n'avait jamais rencontré qui savait lire dans les pensées. Elle pensait qu'Aro pourrait être intrigué par le don d'Edward » Il jeta un coup d'œil sur le côté tout en échangeant un regard troublé avec Eleazar avant de continuer. Cela m'intrigua.

« Ce qui nous amène au sujet d'origine. Comme Edward l'a mentionné précédemment, Véronique n'avait jamais entendu parler de lui, même si nous pensions qu'au vu de notre situation, les membres de notre famille étaient bien connus des Volturi. S'ils avaient appris l'existence de Bella par le biais de Victoria, il serait logique qu'ils soient également conscients du reste de ce qu'il y avait à savoir. Puisque Véronique est un membre de haut rang de la garde, Aro n'aurait pas gardé cela secret d'elle… » Il fit une pause. J'avais le sentiment qu'il voulait me regarder, mais pour une quelconque raison, il ne le fit pas. Ou ne le put pas. « A moins que les Volturi ne soient pas au courant de notre situation »

J'étais abasourdie en ne comprenant plus ce qu'il essayait de dire. J'ai regardé les autres et je vis la même confusion dans leurs yeux.

Ce fut Jasper qui fut le premier à retrouver la capacité de parler. « Que veux-tu dire par pas au courant ? demanda-t-il. Les Volturi ont détruit Victoria et son armée. Nous avons supposé qu'Aro était là ce jour-là ou…

– Exactement, le coupa Edward sans se retourner. Nous avons supposé. Ce fut notre plus grossière erreur. Quand Véronique m'a emmené en Italie, la rencontre avec Aro a confirmé ce que j'étais déjà venu à soupçonner. Il ne savait pas qui j'étais – il semblait ravi quand il a finalement découvert que je connaissais Carlisle – mais c'est tout. Quand il a touché ma main pour lire dans mes pensées, tout ce qu'il y a découvert était nouveau pour lui. Tout » Il se retourna finalement pour me regarder maintenant directement. « Il n'avait aucune connaissance sur nous, sur toi, jusqu'à ce que je lui touche la main »

Je m'assis dans un silence stupéfait, mon lent cerveau humain essayait de comprendre ce qu'il venait de dire.

« Comment est-ce possible ? demanda Esmée. Pendant tout ce temps, nous avons cru que les Volturi connaissaient Bella… » Elle se tut tout en secouant la tête.

Carlisle hocha lentement la tête avec un visage grave. « Comme vous le savez tous, lorsque nous avons appris la mort de Victoria il y a quelques mois, nous pensions que soit Aro était présent quand elle et son armée ont été détruites, soit que le garde envoyé avait interrogé Victoria avant de l'exécuter. Cela semblait plus que plausible à l'époque. Cela expliquait pourquoi Alice avait cette vision de Bella l'automne dernier. Avec Victoria morte, les Volturi étaient la seule menace majeure pour Bella. Nous ne pouvions pas penser à une autre cause de cette vision persistante d'Alice » Il fit une pause en restant silencieux un long moment. « Cependant, comme l'a dit Edward, il a découvert d'après les pensées d'Aro qu'aucun des chefs n'étaient présents lors de l'exécution de Victoria. Seuls quatre membres de la garde étaient présents. Jane, Alec, Felix et Siantago. Et ils n'étaient pas là pour poser des questions ce jour-là. Ils ont détruit Victoria sans l'interroger »

Ce fut silencieux pendant un long moment.

« Ça a dû se passer vite, compte tenu du fait qu'elle n'ait pas eu la chance de nous dénoncer, murmura Jasper.

– Mais qu'est-ce que cela signifie ? demanda Esmée. Si les Volturi ne sont pas derrière la vision qu'Alice continue d'avoir de Bella, et qu'ils ne la connaissaient pas depuis tout ce temps, alors qui est derrière tout ça ? »

Tout le monde fut silencieux. J'avais l'impression qu'ils voulaient tous me regarder, et pourtant je ne savais pas s'ils le devaient. Je regardai le sol en me sentant de nouveau abasourdie. Tout ce que nous avions cru ces dernières semaines, les décisions que nous avions prises sur la base de ces croyances… tout avait été bouleversé en quelques secondes.

Je répétai la question d'Esmée dans ma tête. Si les Volturi n'étaient pas derrière la vision qu'Alice avait eu de moi ces derniers mois… alors qui était-ce ?

Aucune réponse ne me vint. Je secouai la tête pour l'éclaircir et je levai les yeux. Carlisle me regardait. La lueur dans ses yeux était troublée.

Edward se tourna de nouveau vers la pièce. « Comme je l'ai dit, le mal est déjà fait. Peu importe ce que les Volturi savaient au sujet de Bella. Ce qui compte, c'est qu'ils le savent maintenant »

Eleazar hocha la tête. Il me parla maintenant directement. J'étais encore tellement déconcertée que je dus lutter pour me concentrer sur ce qu'il disait. « Carlisle a réussi à convaincre Aro que ta vie devrait être épargnée en promettant que ta connaissance de notre monde n'est pas une menace pour notre existence. Aro a semblé apprécier la proposition de Carlisle de te transformer. Il enverra quelqu'un de sa garde pour le vérifier dans quelques mois si tu n'es pas apte à faire le voyage.

– Voyage ? » demandai-je. Puis je me suis souvenue de ce qu'Alice m'avait dit ce matin ; elle avait dit qu'Aro voudrait probablement me rencontrer en personne.

« Il faudra un certain temps pour maintenir ta soif sous contrôle, expliqua Eleazar. Cela peut prendre plusieurs années pour certains avant qu'on puisse leur faire confiance auprès des humains. Certains apprennent à se contrôler en quelques mois. Un an est une moyenne, expliqua-t-il. C'est une demande personnelle d'Aro que tu te rendes en Italie pour le voir, mais seulement si tu le peux bien sûr. Si ce n'est pas possible, il enverra quelqu'un de sa garde pour s'assurer que nous avons été fidèles à notre parole.

– Pourquoi veut-il me voir ? demandai-je avec confusion. S'il peut à la place envoyer quelqu'un pour le vérifier… »

Carlisle bougea de sa place ce qui me fit le regarder. Il y avait soudain quelque chose comme de l'inquiétude chez lui, même si son expression était aussi calme et composée que d'habitude.

« Au mariage d'Esmée et Miguel, je t'ai dit que tu avais un esprit très protégé. Tu t'en souviens ? » me demanda Eleazar. J'ai hoché la tête. « Ça a intrigué Aro quand il a découvert que je ne pouvais pas te lire correctement. Et il était visiblement stupéfait quand il a appris qu'Edward n'avait jamais pu lire dans ton esprit. Je ne pense pas qu'il n'ait jamais entendu parler d'un humain dont l'esprit est tellement protégé qu'il contrecarre la capacité psychique d'un vampire. Cela indiquerait un talent latent assez puissant, s'il se manifeste si clairement avant même la transformation.

– Aro pense que tu es un bouclier, ajouta Edward d'une voix plate.

– Un bouclier ? demandai-je. Qu'est-ce que ça veut dire ? »

Eleazar pencha la tête d'un côté alors qu'il m'examinait. « J'imagine que nous avons été trop formalistes à ce sujet dans la garde. En vérité, la catégorisation des talents est une affaire subjective et aléatoire ; chaque talent est unique, jamais exactement le même deux fois. C'est parce que personne ne pense jamais de la même manière. Je parie que même Véronique et moi avons des différences dans nos dons, même s'ils semblent fonctionner de la même manière. Mais toi Bella, tu es assez facile à classer. Les talents qui sont purement défensifs, qui protègent certains aspects du porteurs, sont toujours appelés boucliers. Si Aro avait la chance d'ajouter quelqu'un comme toi à la garde…

– Oh » Je ne savais pas quoi répondre à cela. Les derniers instants avaient été une surcharge d'informations. « Je ne comprends toujours pas pourquoi il veut me rencontrer en personne après ma transformation. Quel est l'objectif ? Ce n'est pas comme si je vais les rejoindre même s'il le demande »

Eleazar me fit un sourire ironique. « Je suppose qu'il doit l'entendre de toi directement. Il ne va pas laisser passer la chance de te le demander, c'est certain. Et Aro est toujours plus que désireux de rencontrer des vampires talentueux. Il considère cela comme, eh bien, amusant de les lire. Puisque tu es immunisée contre les capacités d'Edward, il est au-delà de la curiosité de savoir si tu es immunisé contre son don aussi. Et si tu l'es… eh bien, cela ferait certainement de toi une personne unique »

Je commençai à me sentir un peu mal à l'aise, tout le monde me regardait. Je décidai de changer de sujet, mais pas seulement parce que je voulais détourner l'attention de moi.

« En parlant d'Aro, commençai-je en lançant un regard à Edward. Quand tu étais en Italie, Alice a dit qu'elle avait pu le voir ainsi que Caius se demander si tu étais coupable ou non. De quoi s'agissait-il ? »

Edward haussa les épaules. « Caius n'était pas content quand il a découvert que j'avais laissé une humaine découvrir notre secret. Il a exigé que je sois puni, et toi aussi. Aro n'était pas d'accord. Il a dit que nous tuer serait du gaspillage. Apparemment, ma capacité à lire dans les pensées était trop rare pour être gâchée. Sans parler de ta capacité latente. S'il est vraiment prouvé que tu es un bouclier… » Il se tut tandis que son expression se retira soudainement. Il regarda Carlisle et quelque chose passa entre eux. Puis Edward secoua la tête de manière frustrée avant de se retourner et d'ouvrir les portes vitrées menant au jardin. En quelques secondes, il avait disparu dans la nuit.

Je lançai un regard perplexe à Carlisle. Lui et Eleazar échangèrent des regards.

« Il reviendra, murmura Alice.

– Qu'est-ce qui se passe avec lui ? demandai-je. Est-ce que quelque chose d'autre lui est arrivé en Italie ? »

Carlisle poussa un soupir silencieux. « Il se sent juste coupable de la situation. S'il n'avait pas quitté les Denali il y a quelques jours, il ne serait pas tombé sur Véronique dans les montagnes. Il ne supporte pas l'idée que toute cette situation aurait pu être évitée s'il n'était pas devenu curieux et n'avait pas suivi cette piste lors de son voyage de chasse »

Quelque chose qu'Alice m'avait dit presque deux jours plus tôt me revint. « Je n'ai jamais vraiment vu cette vampire tomber sur Edward en Alaska jusqu'à ce soir. C'était presque comme si à la fin, leur rencontre était une coïncidence – presque comme si la situation aurait pu tourner autrement… »

« Mais nous n'aurions jamais su ce qu'était réellement la situation, soulignai-je. Nous serions toujours dans une fausse perception de la réalité. Si les Volturi n'avait vraiment aucune connaissance à mon sujet en premier lieu, alors il doit y avoir quelque chose derrière tout ça, derrière la vision qu'Alice continue d'avoir de moi. N'est-ce pas une bonne chose que nous l'ayons découvert maintenant et pas plus tard ? »

Carlisle acquiesça. « C'est ce que je lui ai dit. Mais Edward regrette le fait que ses actions aient conduit à cela. S'il n'avait pas quitté les Denali il y a quelques jours et suivi cette piste lors de sa partie de chasse, les Volturi ne sauraient pas pour toi maintenant. C'est une chose qu'Edward sait ne pouvoir annuler.

– Et la manière dont Caius a réagi en sachant qu'un humain est conscient de notre secret ne diminue pas la culpabilité d'Edward, j'en suis sûr, ajouta Eleazar.

– Que veux-tu dire ? » demandai-je.

Carlisle hésita. « Caius n'a pas vraiment vu cela comme un facteur atténuant quand il a découvert que tu connaissais notre existence depuis des années, et que rien n'avait été fait pour le régler. Il… eh bien, il semblait penser que puisque nous ne t'avions jamais transformé jusqu'à ce jour, nous ne le ferions probablement jamais. Il semblait penser que c'était risqué, mettant en doute la promesse de faire de toi l'une des nôtres. Il a essayé de convaincre Aro qu'il ne faut pas faire confiance en notre parole » Il se tut alors. Il y avait quelque chose dans son expression qui attira mon attention, mais il détourna le regard avant que je ne puisse déchiffrer la lueur dans ses yeux. C'était comme s'il ne voulait pas que je sente ce qu'il n'avait pas dit.

Mais je l'ai senti. Il n'avait pas besoin de prononcer les mots à voix haute. Je savais déjà ce qu'il n'avait pas dit. Il a exigé que je sois puni, et toi aussi. C'était ce qu'Edward avait dit avant de partir.

« Il voulait que tu te débarrasses de moi au lieu de me transformer », devinai-je d'une voix calme et désinvolte comme si je discutais de la météo.

Carlisle n'a rien dit. Il ne me regardait toujours pas. Ce fut Eleazar qui répondit.

« Caius est connu pour son impatience et sa cruauté, émit-il songeusement. Ces deux traits réunis… eh bien, disons simplement qu'il n'a pas exactement un jugement très stable. Carlisle a cependant tenu bon devant lui, comme tu peux le deviner »

Je jetai un coup d'œil à Carlisle mais il ne le vit pas. Ses yeux étaient sur les baies vitrées menant au jardin. L'expression sur son visage était maintenant plus facile à comprendre pour moi. Apparemment la suggestion de Caius de me tuer l'avait perturbé.

Eleazar me dit que finalement Aro s'était rangé du côté de Carlisle. Même si les trois dirigeants ont statué ensemble, c'est l'opinion d'Aro qui comptait le plus. Peut-être était-ce dû à la vieille entente entre lui et Carlisle qui a permis de conclure un accord, ou peut-être était-ce dû au fait qu'Aro était fasciné à l'idée de voir ce que j'allais devenir en tant que vampire et ne voulait pas que je sois tuée. Quoi qu'il en soit, Carlisle, Edward et Eleazar avaient quitté Volterra avec des relations relativement bonnes.

Dans ces conditions, la situation avait pris la meilleure fin qu'elle pouvait. En fait, tout s'était mieux passé que ce à quoi je m'attendais. Je savais que je n'étais pas la seule dans cette pièce à avoir craint que Carlisle, Eleazar et Edward ne reviennent pas du tout d'Italie. Nous espérions tous le meilleur mais craignons aussi tous le pire. Après tout, tout aurait aussi bien pu se terminer en tragédie.

Je pensai distraitement que je devrais me sentir au moins un peu soulagée compte tenu de toutes ces choses. Que je ne devrais pas me sentir si mal à l'aise. Mais la vérité était qu'il y avait en moi une appréhension tacite. C'était peut-être parce que notre compréhension de la situation avait changé. Ou peut-être que j'étais encore dans un état de désorientation ; les trois derniers jours avaient paru être un rêve irréel et troublant à présent.

Carlisle me regardait. Je rencontrai son regard de l'autre côté de la pièce et je sus immédiatement que je n'étais pas la seule à la ressentir, cette inquiétude sans nom.

Les échos des mots de Jasper résonnèrent soudainement à mes oreilles. Ce n'étaient que des échos, des fantômes de voix, mais parfois les voix les plus faibles étaient les plus ardues à faire taire. Surtout parce qu'elles donnèrent soudainement un nom à cette agitation chuchotant au fond de mon esprit.

L'avenir de certaines personnes est peut-être prédéterminé d'une manière ou d'une autre. Peut-être que certains destins ne peuvent être changés.


Notes de l'auteur : Alors. Un rebondissement sans réel rebondissement. Vous pourriez considérer cela comme le tournant de l'histoire, et j'espère que je ne complique pas les choses en permettant en premier lieu au lecteur de croire que ce sont les Volturi qui prévoient de faire du mal à Bella, puis qu'il s'avère que non, qu'ils ne l'avaient jamais visé. Qu'ils ne savaient même pas qu'elle existait. Jusqu'à maintenant. C'est ce que l'intrigue a toujours visé. Certaines questions ont reçu une réponse, mais de nouvelles sont apparues.

J'aurais peut-être déçu certains lecteurs de ce chapitre beaucoup d'entre vous croyaient et espéraient même que la blonde qu'Alice voyait dans ses visions deviendrait la compagne d'Edward, mais après ce chapitre, il est clair que ce n'est pas le cas car Edward n'a pas kidnappé Véronique à Volterra pour s'enfuir avec elle. Je ne vais pas révéler quel sera son rôle plus tard dans l'histoire, vous devez juste attendre et voir.

La conversation de Rosalie et Bella dans ce chapitre imite celle qu'elles ont dans le roman Eclipse. La scène a de nombreuses références et quelques citations directes et elles sont toutes tirées du chapitre 7, Une fin malheureuse. Les lignes suivantes sont également extraites d'Eclipse : « Si j'essaye trop, les choses commencent à glisser à travers les mailles du filet » « On dirait que c'est déjà le cas » « Ce n'est pas une science exacte »

Ces citations-ci sont de New Moon : « Pourquoi peux-tu voir certaines choses plus clairement que d'autres ? Et que parfois tu vois des choses lointaines, des choses qui n'arrivent pas ? » « Certaines choses sont plus claires si elles sont immédiates et rapprochées, et si je me concentre vraiment. Les choses lointaines viennent de leur propre chef. Ces choses ne sont parfois que des aperçus, de faibles possibilités. De plus, je vois mon espèce mieux que la tienne »

Les lignes suivantes d'Eleazar sont de Breaking Dawn : « Cela indiquerait un talent latent assez puissant, s'il se manifeste si clairement avant même la transformation » « J'imagine que nous avons été trop formalistes à ce sujet dans la garde. En vérité, la catégorisation des talents est une affaire subjective et aléatoire chaque talent est unique, jamais exactement le même deux fois. C'est parce que personne ne pense jamais de la même manière. Mais toi Bella, tu es assez facile à classer. Les talents qui sont purement défensifs, qui protègent certains aspects du porteurs, sont toujours appelés boucliers »

NDT : alors cette petite discussion entre Rosalie et Bella ? Je sais que certains d'entre vous l'attendait depuis le mariage et c'est chose faite. Finalement les Volturi n'étaient pas au courant... mais le sont maintenant : est-ce que ça ne complique pas encore plus les choses XD - l'auteur nous donne une bonne migraine avec tout ça ! En tout cas Carlisle est de retour sain et sauf avec Edward qui est en mode... bougon et culpabilité intense ! Que pensez-vous se passera-t-il par la suite ?