Disclaimer : tout appartient à Stephenie Meyer. Cette fiction a été écrite par AylenBc et si possible lisez cette histoire en VO.

Merci à Iaev et noominaome pour leurs reviews aux précédents chapitres - normalement je vous ai toutes répondu, non ? Si j'ai oublié certaines personnes, n'hésitez pas à me le dire ! Je trouve normal de vous répondre alors que vous prenez quelques minutes de votre temps pour laisser une impression et surtout des encouragements à traduire cette fiction ;) - En tout cas bon jeudi à tous et à dimanche !


« Combien de temps vais-je t'aimer ?
Aussi longtemps que les étoiles seront au-dessus de toi
Et encore plus longtemps si je peux

Combien de temps aurais-je besoin de toi ?
Aussi longtemps que les saisons devront
suivre leur cours

Combien de temps serais-je avec toi ?
Tant que la mer est liée
à notre bateau

Combien de temps vais-je te désirer ?
Aussi longtemps que tu me désireras
Et bien plus »

- Ellie Goulding -


Indivisible

« Bella »

Une voix transperça mon sommeil sans rêves, appelant mon nom très doucement comme pour ne pas me surprendre. Il y avait un contact doux sur mon épaule, me faisant froncer les sourcils et ouvrir les yeux.

Il faisait sombre. Le bourdonnement doux et régulier du moteur de la voiture s'était calmé, me faisant me redresser sur mon siège. Je repris contenance de mon environnement la vue familière de ma maison me salua. Je passai une main dans mes cheveux et combattis l'envie de bâiller. « Je ne voulais pas m'endormir »

Carlisle rit doucement. « Tu étais fatiguée. Je n'avais presque pas le cœur de te réveiller »

Je passai une main devant mes yeux, puis débouclai ma ceinture de sécurité. Combattant toujours la lourdeur du sommeil, je suis allée saisir la poignée de la porte pour constater que Carlisle était déjà sorti de la voiture et tenait la portière ouverte pour moi. Je réussis en quelque sorte à ramper au dehors, et après cela je suis restée là sous le ciel noir pendant un moment pour respirer l'air frais de mars. Cela me réveilla mieux que n'importe quoi d'autre.

Carlisle m'observait de près, remarquant ma lassitude. « Nous t'avons gardé trop tard ces dernières nuits, murmura-t-il tandis que sa voix s'excusait. J'aurais dû te proposer de te ramener plus tôt. Je suis désolé »

J'ai secoué la tête. « Ce n'est pas un problème. J'ai voulu en apprendre le plus possible avant ma transformation. J'ai l'impression que je commence tout juste à être sur la bonne voie avec tout ça, et j'ai encore tellement de rattrapage à faire. Je suis un peu à court de temps maintenant » J'ai ri doucement en pensant à nouveau à demain. J'ai réalisé en vacillant que ce serait la dernière nuit où je dormirais dans mon propre lit, dans ma propre maison.

« Tu auras le temps d'apprendre même après ta transformation, me rappela-t-il en se rapprochant de moi. Et en plus, il y a beaucoup de choses pour lesquelles tu ne peux te préparer à l'avance.

–Je sais. Je suppose que je veux juste être aussi préparée que possible, émis-je songeuse en prenant son bras alors que nous commencions à nous diriger vers la porte d'entrée. C'est un peu idiot, je l'admets. Ce n'est pas comme si je pouvais apprendre ces choses en théories et ensuite m'attendre à ce que mon année de nouveau-né se déroule sans effort.

– Au contraire. Je crois que la préparation mentale peut avoir un grand effet là-dessus. Cela pourrait ne pas te faciliter la tâche, mais au moins tu sais à quoi t'attendre. Cela peut être très utile » Il tint la porte ouverte pour moi après l'avoir déverrouillée et il entra à l'intérieur à ma suite.

« J'espère, réfléchis-je en laissant mes chaussures près de la porte et faisant un tour rapide de chez moi pour allumer les lumières. De plus, je suppose que ça me fait me sentir mieux de faire quelque chose tout le temps, expliquai-je à mon tour. Rester immobile et sans rien faire a été… enfin, difficile » J'ai ri doucement. « Et j'ai juste essayé d'apprécier le fait que je devais me préparer à l'avance. Aucun de vous n'a eu cette même opportunité avant votre transformation. Je ne voulais pas gâcher la mienne »

Carlisle acquiesça. « C'est très sage » Il prit mon manteau après me l'avoir enlevé pour le suspendre à la grille avec le sien. Puis il se tourna vers moi, retirant doucement une mèche de cheveux de mon visage. Il y avait un doux sourire sur ses lèvres. « J'espère seulement que tu ne vas pas regarder en arrière un jour et te retrouver à regretter d'avoir fini par passer tes derniers jours en tant qu'humaine dans un manque constant de sommeil.

– Et quoi alors ? Que je devrais avoir à faire face à de nombreuses et multiples meilleures façons de profiter du temps qui me reste en tant qu'humaine ? » J'ai ri doucement en souriant. « Tu parles un peu comme Alice. Plus tôt dans la journée, elle a suggéré que je fasse une liste de dernières volontés. Tu sais, une liste de choses que l'on veut faire avant de mourir, ou dans mon cas… une liste de choses que je veux faire avant de devenir vampire »

Carlisle sourit avec espièglerie. « Et ? As-tu commencé à en faire une ? Tu as encore une nuit et une journée entière devant toi après tout »

J'ai secoué la tête et j'ai froncé les sourcils en réfléchissant soudain. « Non. J'ai déjà fait beaucoup de choses que je rêvais de faire. Et j'ai aussi fini par faire des choses que je n'aurais jamais imaginées faire. Et aussi irréfléchi et arrogant que cela puisse paraître… quand Alice a soulevé cette question, je pensais vraiment qu'il ne me restait plus rien à faire. Que j'étais contente des choses comme elles étaient. C'est ce que j'ai fini par lui dire » Je m'arrêtai, regardant mes mains pour y rassembler mes pensées. « Il y a quelques jours, je t'ai également dit que je n'avais pas de regret. Et je pensais vraiment que c'était le cas » J'ai levé mon regard pour rencontrer le sien. « Mais j'ai réalisé ce soir que… j'avais tort »

Une légère ride apparut entre ses sourcils. « Comment ça ? »

Je me rapprochai de lui, mes yeux quittant les siens pendant un court instant tandis que je cherchais mes mots. « C'est quelque chose qu'Edward m'a demandé ce soir qui m'a fait y réfléchir. Ça m'a fait réaliser qu'il y avait une chose que je n'avais pas faite ; une chose qui n'avait jamais été dite. Et si cela finissait par être non-dit, si je n'avais pas la chance de le faire, de le dire… eh bien, je le regretterais plus que tout »

Carlisle n'avait pas demandé où Edward et moi avions disparu plus tôt dans la soirée. Mis à part ces quelque petites choses que j'avais dites à Carlisle en revenant ici, je ne lui avais pas vraiment parlé de ce dont Edward et moi avions discuté. Peut-être qu'il pensait que poser des questions à ce sujet serait intrusif, ou peut-être qu'il savait que j'en parlerais éventuellement si j'en avais envie.

Il soutenait mon regard maintenant, la lueur dans ses yeux devenant très douce. Il tendit la main pour caresser doucement tout le long de ma joue du dos de ses doigts. « Et… qu'est-ce qu'il t'a demandé alors ? » Sa voix était ténue, s'approchant d'un murmure.

Je pris une profonde inspiration. « Il a demandé… si je t'aimais »

Son toucher doux sur ma joue cessa un instant avant de continuer. « Oh ?

– Et j'ai dit… qu'il connaissait la réponse » J'ai posé mes mains sur ses épaules, puis je les ai glissées derrière son cou. « Et j'ai compris que ce serait quelque chose à regretter… sachant que je ne l'ai jamais dit à voix haute. Sachant que je ne te l'ai jamais dit à toi… que je t'aime. Que je suis amoureuse de toi et que c'est effrayant, et que c'est passionnant, et que c'est merveilleux et écrasant ainsi que des millions d'autres choses » Je laissai échapper un souffle tremblant, ma voix s'égrenant dans un murmure. « Là. Je l'ai dit. Maintenant, je n'ai aucun regret »

Carlisle resta silencieux pendant un long moment avant de parler. Quand il le fit, sa voix était très tendre.

« Pourquoi est-ce effrayant ? » demanda-t-il. Le dos de ses doigts effleurait à nouveau ma joue, caressant simplement ma peau en établissant à peine le contact.

J'ai secoué la tête. « Je ne sais pas. Ce n'est pas effrayant dans le mauvais sens. Mais c'est tellement intense ce sentiment » Mes doigts jouaient paresseusement avec les cheveux sur sa nuque alors que je rassemblais mes pensées. « Ça ne devrait pas être une sensation étrangère pour moi. L'amour, je veux dire. J'ai déjà été amoureuse. Je sais ce que c'est d'être emportée pour quelqu'un. Je sais ce que c'est de vaciller sur ses pieds » Je levai de nouveau les yeux vers son visage. Il y avait un petit sourire sur les lèvres de Carlisle, mais la lueur dans ses yeux était résolue. Sérieuse. « Mais cette fois, j'ai l'impression d'avoir non seulement vacillé sur mes pieds, mais d'avoir perdu aussi tout mon équilibre. C'est comme si quelqu'un m'avait retirée d'un terrain plat et solide pour me jeter dans une marée mouvante »

Carlisle se pencha en avant et pressa son front contre le mien. Ses mains sont venues encadrer mon visage. « Tu n'es pas la seule à ressentir ce sentiment, murmura-t-il. J'ai aussi l'impression que… le monde a pris comme une tournure soudaine sur son chemin. Et moi aussi j'ai peur, je suis étonné et captivé par ce sentiment. Par toi » Il se recula pour me regarder dans les yeux. « J'ai été emporté par la même marée.

– Oh ? » Je me penchai encore plus près de lui, fermant les yeux alors que son front froid se pressait contre le mien. « Comment pourrais-tu le savoir ? » demandai-je en chuchotant.

Je ressentis plus que je ne l'entendis dire les mots ; ses lèvres flottaient près des miennes. « Parce que moi aussi je suis amoureux. Très amoureux »

Puis, il attrapa mes lèvres des siennes.

Le baiser fut doux au début ; hésitant. Mes yeux se fermèrent. Mon cœur commença à battre de façon erratique et irrégulière alors que les mains de Carlisle glissaient de mon visage ainsi que le long de mes épaules vers ma taille. Je soupirai contre ses lèvres alors que ses mains continuaient leur errance, ses doigts froids trouvant l'ourlet de mon pull et volant dessous. Le contact laissa des picotements dans son sillage, et un frisson involontaire coula le long de mon échine alors que ses doigts froids commencèrent à caresser la peau au bas de mon dos.

Mes mains commencèrent à s'emmêler dans ses cheveux presque sauvagement, et je pensai distraitement que ma caresse urgente serait douloureuse pour quelqu'un d'autre. C'était à peu près la dernière pensée rationnelle que je pus former avant que Carlisle n'approfondisse soudainement le baiser tout en se rapprochant et me tirant contre lui.

Mon souffle se bloqua dans ma poitrine alors que mon corps prenait conscience de l'endroit où il me touchait. Jamais auparavant sa proximité ne m'avais fait ressentir ça, comme si sa présence même me remplissait de sentiments et de désirs écrasants et impérieux qui se rapprochaient de plus en plus.

Toute raison parut me quitter à ce moment-là. Tout le reste autour de nous sembla cesser d'exister au moment où il m'attira vers lui. Il ne resta que très peu de choses. Des choses curieuses ; des choses merveilleuses. Il n'y avait que la sensation du corps frais et ferme de Carlisle contre le mien, et ses lèvres embrassant les miennes. Le baiser n'était plus doux ni délicat, pas plus que tempéré de tendresse ; il était devenu une explosion de sensations, de besoins et d'envies, son désir et le mien entrant en collision et devenant indivisibles.

Je ressentis une contraction dans mon ventre alors qu'une soudaine et violente sensation de brûlure commença à se propager dans mes muscles, me faisant trembler de partout. Peut-être que cela attira l'attention de Carlisle, car c'est à ce moment-là qu'il s'éloigna de mes lèvres. Ma respiration n'était revenue qu'en halètements courts, et comme mes sens commencèrent à me revenir un par un, je réalisai que c'était la sienne aussi. J'ai ouvert lentement les yeux tout tournait. C'était peut-être le manque d'oxygène. C'était peut-être sa proximité, la façon dont chaque centimètre de son corps touchait le mien. C'était peut-être le fait que le bout de ses doigts caressait toujours la peau nue au bas de mon dos. Un toucher si léger et délicat, et pourtant il me paraissait que chacun de mes nerfs présent dans mon corps en étaient conscients. Conscient de lui.

Les yeux de Carlisle étaient sombres ; l'éclat doré habituel avait disparu. Cela faisait picoter ma peau et trembler mon corps. Je m'accrochai à lui, peut-être inquiète de ne pouvoir faire confiance à mes jambes pour supporter mon poids. Ou peut-être avais-je peur qu'il s'éloigne complètement et me laisse seul dans ce feu qui avait pris vie dans mon cœur et rendu le sang dans mes veines si agité qu'il menaçait de me brûler de l'intérieur.

J'ai regardé dans les yeux sombres de Carlisle et j'ai lutté pour respirer. Et j'ai pensé que je pourrais mourir sur le champ alors que ses doigts caressants quittaient ma peau nue et que ses mains se posaient sur ma taille à la place. Ses respirations fraîches et rapides effleurèrent mon visage alors qu'il me regardait. Un autre frisson me traversa. Cela lui fit froncer les sourcils. Il ferma les yeux comme pour se contenir, sa respiration étant instable.

« Bella… » Il secoua la tête comme pour se reprendre. Pendant un moment, il semblait que mon nom était la seule chose qu'il pouvait articuler, presque comme si sa capacité à s'exprimer était une chose qu'il avait du mal à récupérer. « As-tu froid ? » demanda-t-il finalement, ayant apparemment mal compris la cause des tremblements qui traversaient mon corps. Sa voix était calme, basse et plus profonde que d'habitude, et cela ne m'aida pas vraiment à rester stable sur mes pieds. Je n'avais jamais entendu sa voix prendre un tel ton auparavant.

J'ai secoué la tête, en partie pour répondre à sa question et en partie par l'absurdité de celle-ci. Ce n'était pas le froid de son corps qui me faisait trembler. En fait, j'étais très loin d'avoir froid, loin même de la tiédeur. Pour le lui assurer, j'ai déverrouillé mes mains de derrière son cou et les ai placées sur les côtés de son visage à la place. Comme toujours, la différence entre les températures de notre peau fut là au début, mais ensuite la sensation de sa peau fraîche et lisse contre la mienne surchauffée changea comme absorbant ma chaleur.

« Est-ce que ça répond à ta question ? lui demandai-je à voix basse. Tu ne sais pas comment tu me fais sentir Carlisle ? Comment tu me fais brûler ? »

Les yeux de Carlisle devinrent plus sombres à mes mots. Il tendit la main, passant doucement le dos de ses doigts le long de ma joue. Puis il baissa la tête pour capturer à nouveau mes lèvres et le son qu'il fit était quelque chose entre le gémissement et le soupir. Mon corps parut répondre à son contact comme des braises incandescentes sur le point de s'éteindre ; je pouvais en fait sentir chaque cellule de mon corps s'illuminer comme un feu d'artifice. Le contact de ses lèvres était comme de l'essence sur une flamme nue, et je les voulais, je voulais ces flammes, je les voulais de plus en plus imposantes jusqu'à ce qu'il ne reste plus que des cendres fumantes. Mais ensuite, quelque chose apprivoisa les flammes, les a maintenues vers le bas tout en réduisant la brûlure violente dans le creux de mon estomac en une douleur douce et pulsante. Les lèvres de Carlisle avaient de nouveau quitté les miennes, me faisant vaciller en l'absence de son toucher. J'ai ouvert les yeux, pas vraiment surprise de constater qu'ils s'étaient refermés de leur propre initiative.

J'ai rencontré ses yeux ; les siens étaient assombris par quelque chose comme l'envie ou le besoin, seulement c'était encore plus profond que ces deux émotions. C'était le désir, clair et simple, qui assombrissait ses yeux lorsqu'il me regardait et qui faisait retentir ses respirations. Je ne l'avais jamais vu dans un tel état, ni n'avais jamais eu son corps si proche du mien. Cela me rendait folle, d'être si près du bord et sur la pointe des pieds, et de savoir que nous étions à un cheveux de tomber. Une seule petite poussée, et l'équilibre ne serait plus.

C'est ce que je voulais … mon Dieu, c'est ce que je voulais. Je le voulais.

Je soutins le regard de Carlisle alors que j'étais toujours tremblante, toujours brûlante. Il y avait une question dans mes yeux, une question qu'il perçut même si je ne disais rien. Je savais que si je le touchais à nouveau maintenant, ou s'il me touchait, il n'y aurait pas de retour en arrière. Je voulais savoir ce qu'il voulait, je voulais savoir s'il était sûr, je voulais savoir qu'il ne regretterait rien si nous décidions de ne pas apprivoiser ces flammes. Nous avions convenu de prendre ce temps, et je savais à quel point il était important pour lui de ne pas se précipiter quand il s'agissait de nous, de moi et lui. Je voulais être certaine que nous n'avions pas été aveuglés par cette combustion. Que nous savourions chaque instant, tout comme il l'avait voulu.

Je n'avais pas besoin de parler à voix haute, ni de répondre à ma question silencieuse par des mots audibles. Parce que la réponse était là, inscrite dans ses yeux alors qu'il me regardait, et elle était dans son toucher alors qu'il tendit la main pour écarter une mèche de cheveux de mon visage. Elle était dans ses actions, alors qu'il attrapait mes lèvres une fois de plus dans un baiser féroce avant de se pencher et de me soulever dans ses bras dans un mouvement fluide.

Je remarquai à peine où il me portait ; ses lèvres exploraient à nouveau les miennes. Pendant tout ce temps, alors que je reposais dans ses bras, il m'embrassa comme s'il ne supporterait pas de s'arrêter. Et puis soudain, il y avait à nouveau un sol solide sous mes pieds. Seulement il ne me parut pas aussi ferme à ce moment-là – il semblait instable, légèrement immatériel comme s'il ondulait et se balançait sous mes pieds. Et alors que Carlisle s'éloignait de mes lèvres pour me regarder, le sol parut complètement s'échapper. Il ne restait plus aucune trace de l'éclat doré habituel dans ses yeux il ne restait qu'une noirceur profonde et intense, et cela me donna le sentiment d'être désossée et à bout de souffle, et aussi curieusement agitée. Alors que l'arrière de mes jambes touchaient quelque chose – mon lit j'imagine – la chaleur de ma peau devint presque douloureuse.

Carlisle me regardait, notant la couleur de mes joues, et alors que sa main se tendait pour caresser ma peau brûlante, mes yeux se fermèrent le froid de sa peau contre la mienne chauffée… sembla faire vibrer tout mon corps de ce simple toucher délicat. Les mots ne pouvaient décrire à quel point c'était incroyable.

« Bella » Sa voix m'invitait à ouvrir les yeux, et j'obéis sans décision consciente. Rien de ce que je faisais ne semblait être conscient maintenant, mais plutôt instinctif. Comme la façon dont mes mains traçaient la forme de ses épaules, ou la façon dont mon corps se pressait contre le sien pour chercher quelque chose – une connexion. J'ai littéralement eu mal de sentir sa peau contre la mienne, et cette sensation particulière d'agitation se transformait en quelque chose d'autre. C'était comme de la frustration ou de l'urgence, mais en seulement plus intensif.

Il y avait comme une tempête d'émotions dans les yeux de Carlisle alors qu'il rencontrait mon regard. Tendresse, amour et passion, chacun luttant pour la domination alors qu'il me regardait. Ces émotions ne transparaissaient pas seulement dans son regard. Elles étaient dans son toucher alors qu'il prenait mon visage en coupe dans ses mains, et elles étaient dans son baiser alors qu'il effleurait rapidement ses lèvres contre les miennes, et elles étaient sur sa peau alors même que je pressais encore plus près mon corps près du sien tandis qu'une léger frisson le parcourut en réponse à ma proximité.

Dans un souffle retenu, je levai la main tandis que mes doigts cherchaient les boutons de sa chemise. Mes mains tremblèrent alors que j'en ouvrais quelques-uns et je levai les yeux pour observer son visage.

Dans ses yeux… il régnait une obscurité profonde et un désir encore plus intense. Je maintenais son regard pendant que mes doigts défaisaient le reste des boutons, un par un, lentement et délibérément. Le dernier bouton résista. Un soupçon d'amusement apparut brièvement au coin des lèvres de Carlisle alors que je luttais contre ce dernier bouton, mais il disparut dès que je fis glisser le tissu sur ses épaules pour révéler sa peau nue. La chemise atterrit sur le sol dans un bruissement léger. Pas que je l'entendis. Se concentrer sur une telle chose était absolument impossible pour moi parce qu'autre chose réclamait tout mon attention.

Ses larges épaules, ses bras, sa poitrine, les contours définis de son ventre… il était comme une belle sculpture, une œuvre d'art. C'était comme si quelqu'un avait consacré d'innombrables heures à affiner chaque courbe de ses muscles et de son ossature. Il y avait une certaine texture familière au niveau de sa peau alors que je tendais la main pour le toucher légèrement du bout de mes doigts. Sa peau pâle et fraîche était à la fois soyeuse et ferme alors que je passais doucement mes mains le long de ses clavicules, puis sur sa poitrine pour finalement tracer délicatement les muscles de son ventre. Un tremblement soudain et perceptible traversa le grand cadre de Carlisle durant mes gestes. J'arrachai mon regard de son torse nu pour constater que ses yeux étaient fermés. Je retirai mon contact tout en interrompant momentanément mon culte de sa personne. Ensuite, j'encadrai de nouveau son visage avec mes mains et me suis levée sur la pointe des pieds pour capturer ses lèvres.

J'avais voulu que le baiser soit doux, délicat et sensuel, mais en quelque sorte, il apparut comme urgent, fervent et plein de besoin. Peut-être que voir sa peau nue avait rompu certains liens entre mon cerveau et mes lèvres. J'avais certainement l'impression de ne plus contrôler mon corps.

Carlisle ne sembla pas s'en soucier. Alors que mes lèvres capturaient les siennes, un son ténu et profond quitta sa poitrine, quelque chose entre un doux grognement et un gémissement. Cela ressemblait à mon nom, mais je ne pouvais en être sûre parce que mes oreilles étaient assourdies et battantes, comme si tout le sang se déversait de ma tête vers d'autres parties de mon corps. Le froid de sa peau s'infiltra à travers mes vêtements maintenant que le haut de son corps était complètement nu, faisant picoter ma peau et y faisant naître la chair de poule. Alors que ses doigts volaient sous l'ourlet de mon pull, je me retirai du baiser. Ma respiration s'était transformée en halètements courts qui me donnèrent le vertige et je dus poser mes mains sur ses épaules pour me tenir fermement. Le regard qu'il me lança rendit le fait de rester sur mes pieds encore plus difficile alors que le bout de ses doigts frais traçait la peau nue de ma taille. Il y avait une question dans ses yeux comme s'il demandait la permission.

Je lui fis un léger signe de tête en ayant l'impression que mon cœur pourrait éclater dans ma poitrine alors que ses doigts saisissaient l'ourlet de mon pull pour l'amener sur ma tête. Je levai les bras, frissonnant alors que ses mains fraîches effleuraient ma cage thoracique pendant qu'il retirait le pull.

Je m'étais attendue à me sentir plus nerveuse lorsque les yeux de Carlisle se posèrent sur mon corps. Mais je ne ressentie que la même et curieuse agitation qui faisait encore courir mon cœur, quant à mon sang, il continuait de gronder dans mon corps d'une manière impérieuse.

Alors qu'il tendit la main pour écarter les cheveux qui tombaient sur ma poitrine, les repoussant doucement sur mon épaule, je rencontrai ses yeux. Je pensai distraitement que peu de gens m'avaient vu ainsi auparavant. Et j'étais très certaine qu'à partir de maintenant, il serait le seul. Je ne voudrais jamais que les yeux de quelqu'un m'explorent ainsi, me boivent comme les siens le faisaient maintenant.

Presque comme si Carlisle avait perçu mes pensées, ses yeux devinrent encore plus sombres si cela était possible. Ses mains remontèrent à ma taille, et il passa lentement le bout de ses doigts le long de mes côtes et jusqu'à mes épaules. Puis il inclina la tête pour me donner un doux et bref baiser avant que ses lèvres ne bougent de ma bouche à mon cou puis à ma clavicule. Mon souffle se coupa tandis que ses mains se posèrent sur les bretelles de mon soutien-gorge, les faisant glisser sur mes épaules une par une. Je ne savais même pas quand il avait décroché le fermoir à l'arrière, et je n'y aurais probablement même pas réfléchi à moins que les lèvres de Carlisle n'aient soudainement quitté ma peau. Il se recula pour me regarder, et je me mordis la lèvre alors qu'il décollait le petit vêtement de mon corps pour me laisser nue et exposée devant lui.

Il passa un moment à m'observer, à m'admirer. Ma poitrine se soulevait et je souffris littéralement de son toucher alors qu'il se penchait pour appuyer ses lèvres contre la courbe d'un de mes seins tout en murmurant des mots d'affections presque inaudibles. Je pensai que je pourrais me briser tout de suite en petits morceaux. J'inhalai brusquement alors que ses lèvres fraîches entraient en contact avec ma peau chaude et sensible. Ses mains allèrent jusqu'à ma taille tandis que sa bouche et sa langue continuaient d'explorer la peau révélée, ses lèvres se déplaçant vers l'autre mont de ma poitrine avant de descendre du haut de mon corps à mon ventre. C'était comme s'il avait décidé d'adorer chaque centimètre de mon être avec sa bouche. C'était la chose la plus séduisante que je n'avais jamais connue.

C'est ce que je pensais jusqu'à ce qu'il se mette soudainement à genoux devant moi.

Ma bouche s'assécha et je dus reprendre mon soutien sur ses épaules. La vue de lui à genoux devant moi, ses lèvres caressant toujours ma peau de la manière la plus intime… je n'avais jamais rien vu d'aussi stimulant, d'aussi érotique. Et alors qu'il me regardait soudain avec ses yeux noirs assombris, sa bouche quitta ma chair picotante, je me serais peut-être effondrée sur le sol si je n'avais pas pris appui sur son corps.

Ses mains allèrent à la ceinture de mon jean et il haussa un sourcils. Prenant une profonde inspiration tremblante, j'ai hoché la tête tandis que mes mains s'enroulèrent autour des muscles fermes de ses épaules alors que ses doigts travaillaient sur le bouton et la fermeture éclair. Il me regarda encore une fois avant de lentement commencer à retirer mon jean. Les genoux tremblants, je m'en dégageai tout en me penchant également pour retirer mes chaussettes. Alors que je me redressais, les lèvres de Carlisle attaquaient à nouveau et instantanément mon épiderme, plaçant un baiser sur les deux os de la hanche avant de se déplacer vers le haut de ma cuisse. J'ai essayé très fort de ne pas trop penser à quel point sa bouche était proche de l'endroit de mon corps où cette douleur violente et pulsante poussait encore mes sens à se surmultiplier. Un gémissement involontaire s'échappa de mes lèvres alors que ses mains descendaient de ma taille jusqu'à la courbe de mes hanches, sa bouche plaçant à présent un baiser sur ma cuisse intérieure. Je pris une grande inspiration alors que ses doigts s'accrochèrent à la bordure de mon sous-vêtement, et l'une de mes mains quitta son épaule pour se mêler à ses cheveux à la place alors qu'il commençait à l'abaisser lentement pour le laisser tomber à mes pieds. Ses lèvres laissèrent une traînée brûlante partout où elles erraient, et je ne pouvais tout simplement pas comprendre comment un toucher aussi simple pouvait faire contracter ainsi mon ventre et faire remonter un tel plaisir le long de mon dos.

Mes poumons se soulevaient à la recherche d'oxygène, j'ai emmêlé mes doigts dans les cheveux de Carlisle et il frissonna lorsque j'éraflai de mes doigts tout le long de son cuir chevelu, ce qui me fit me demander à quoi ressembler mon toucher pour lui. Je répétai l'action, gardant mon toucher léger comme une plume pendant que je passais mes doigts dans ses cheveux, puis les passai le long de son cou et de ses épaules. Je fus récompensée par un autre tremblement, et je me suis soudain sentie très heureuse et même toute puissante d'avoir provoqué une telle réaction en lui.

Les lèvres de Carlisle se figèrent sur ma peau et il se redressa lentement. Ses yeux quittèrent mon visage pendant un moment alors qu'il regardait ma forme nue. Encore une fois, je m'attendis à me sentir incertaine ou gênée alors qu'il buvait mon corps de son regard, mais je ne me sentais qu'étrangement sereine, debout devant lui. Eh bien, peut-être pas sereine. J'avais plutôt la sensation que chaque centimètre de ma peau me faisait mal et brûlait de la manière la plus curieuse alors que ses yeux m'exploraient.

Il ne regardait pas seulement mon corps. Il m'accueillait comme si j'étais un tableau étonnant qu'il voyait pour la première fois, ou un beau paysage qu'il ne pouvait pas quitter des yeux sans en apprendre par cœur chaque petit détail. Puis ses yeux rencontrèrent à nouveau les miens. Les siens étaient toujours assombris par un désir profond et fervent.

J'ai réalisé que personne ne m'avait jamais regardé de cette façon auparavant, avec un désir aussi ouvert et honnête.

C'est ce que je ressentis à cet instant ce que je voulais. Je voulais – non, j'avais besoin – qu'il ressente la même chose, qu'il se sente comme moi quand il me regardait ainsi. Ma résolution ne vacilla pas d'un court instant alors que je levais la main pour dessiner du bout de mes doigts l'angle de sa mâchoire. Puis je me suis levée sur la pointe des pieds pour appuyer un baiser rapide sur sa bouche avant de passer à son cou. La peau sous mes lèvres était agréablement fraîche et lisse comme du satin et de la soie combinés. Un frisson le traversa tandis que mes lèvres touchaient l'endroit où autrefois son pouls palpitait. Il inspira profondément et ses mains se posèrent soudainement sur ma taille nue, resserrant leur emprise tandis que mes doigts s'emmêlaient de nouveau dans ses cheveux. J'ai passé un instant de plus à caresser son cou et ses épaules nues avec mes lèvres, puis j'ai reculé pour voir son visage et constater que ses yeux étaient fermés.

Lorsque ses yeux rencontrèrent à nouveau les miens, il se rapprocha pour capturer mes lèvres dans un baiser brûlant. Alors que sa peau froide touchait ma poitrine nue, j'inspirai brusquement au contact et frissonnai. Le froid de son corps ne me parut pas aussi inconfortable qu'on aurait pu s'y attendre. Au lieu de ça, la fraîcheur que son corps dégageait était très agréable contre ma peau surchauffée. C'était comme de la glace sur une brûlure, d'abord effrayante avant de rapidement se transformer en soulagement agréable. Je me suis accrochée à lui alors qu'il reculait ayant apparemment mal interprété ma réaction. Je fis un pas en arrière en sentant l'arrière de mes jambes heurter le lit. Je m'enfonçai dedans tout en l'emmenant avec moi. Il me vint légèrement à l'esprit qu'il aurait facilement pu arrêter ma manœuvre, aussi fort qu'il était, mais il me suivit alors que je rampais en arrière sur le lit, ses lèvres ne quittant jamais les miennes alors qu'il posait son poids sur moi.

Pour la première fois cette nuit-là, je ressentis une légère sensation d'anxiété alors que mes mains se dirigeaient vers la ceinture de son pantalon, mes doigts cherchant la boucle de sa ceinture. Le sentiment disparut rapidement cependant lorsque Carlisle relâcha mes lèvres et se recula pour me regarder dans les yeux. Ils étaient tels des obsidiennes noires, émaillées de passion, et ce petit sentiment d'anxiété s'éteignit au moment où il me regarda. Ses yeux anormalement sombres auraient dû me rappeler qu'il était un dangereux prédateur mais aucune pensée de ce genre ne me traversa l'esprit. En fait à ce moment-là, il était plus humain – plus homme – que jamais auparavant. Mes mains recommencèrent à travailler sur sa ceinture, et j'ai continué à regarder ses yeux alors que mes doigts libéraient la boucle. Un frisson me traversa alors que mes doigts trouvèrent la bande de son sous-vêtement, et je le tirai avec son pantalon. Il se libéra d'eux et je sentis le sang affluer sur mes joues alors qu'il s'installait sur moi d'une douceur maîtrisée. Le souffle fut retenu dans ma poitrine alors que la preuve de son désir se pressait contre mon ventre.

Il y avait de la chaleur dans ses yeux alors qu'il me regardait, m'observant et ne faisant rien d'autre pendant un moment. Sa main se déplaça pour se frotter contre ma joue puis elle descendit pour effleurer ma poitrine nue vers mon nombril. Je frissonnai au contact, fermant momentanément les yeux à la sensation. Alors que son contact quittait soudain ma peau, j'ouvris de nouveau les yeux en remarquant que la lueur de chaleur dans le regard de Carlisle s'était transformée en un sentiment d'incertitude.

« Qu'est-ce qu'il y a ? » demandai-je. Ma voix était étouffée, essoufflée, légèrement désespérée. Je l'ai à peine reconnue. Mes mains allèrent à l'arrière de sa tête pour tenir son visage contre le mien.

Carlisle hésita. Ses doigts traçaient des motifs invisibles sur ma poitrine nue, sa peau fraîche entrant maintenant à peine en contact. C'était presque comme s'il ne pouvait supporter de ne pas me toucher mais qu'en même temps, il avait presque peur de le faire. Quand il répondit, sa voix était plus basse que d'habitude.

« Quand je te touche… », commença-t-il mais hésitant comme s'il cherchait ses mots. Sa voix était calme, inquiète. « Je dois te paraître très froid. Ça ne peut pas être très confortable si… »

Je secouai la tête, coupant son flot de mots. Il fronça les sourcils, l'hésitation toujours présente dans ses yeux. Je retirai mes mains de ses cheveux et les déplaçai sur ses joues pour les y laisser un certain temps. Ensuite, je les fis traîner le long de son cou et sur ses épaules puis les fis doucement courir le long de ses côtes et sur ses hanches nues et plus loin.

« Est-ce que mon toucher t'est inconfortable ? » soulignai-je en soutenant son regard.

Il secoua la tête en poussant un souffle tremblant. « Bien sûr que non. Mais tu es si chaude Bella, si accueillante, alors que je dois être exactement le contraire »

Je secouai à nouveau la tête, essayant de penser à un moyen de lui faire comprendre à quel point c'était merveilleux, divin, ce contact de sa peau contre la mienne. Regardant attentivement son visage, je retirai l'une de mes mains de sa hanche pour la glisser doucement sur les pans de son ventre. Il frissonna à mon toucher et alors que je passais doucement ma main le long de sa dureté, il ferma les yeux et inspira profondément. Ses hanches donnèrent un à coup involontaire et durant un instant, il sembla se battre avec lui-même pour garder le contrôle tandis que sa main couvrait soudain la mienne pour arrêter ma caresse. Il l'éloigna doucement et entrelaça mes doigts aux siens. Ses respirations fraîches effleurèrent mon visage alors qu'il se penchait pour presser son front contre le mien.

Je retins un sourire. « Tu n'as pas aimé ? » chuchotai-je.

Un souffle tremblant quitta de nouveau ses lèvres, et je sentis plus que je ne le vis, secouer la tête. « Ton toucher est divin Bella. Ce n'est certainement pas le problème ici » Il recula pour me regarder à nouveau dans les yeux, faisant glisser tendrement les doigts de sa main libre le long de ma mâchoire.

« Alors qu'est-ce que c'est ? demandai-je doucement. Et si je te disais que tu me faisais me sentir aussi bien que moi je te fais sentir bien ? »

Ses yeux étaient encore assombris de désir, et je pouvais voir qu'il voulait vraiment me croire. Le bout de son index commença à tracer les contours de mes lèvres.

« Mais tu frissonnes, murmura-t-il d'une voix toujours incertaine. Même maintenant.

– Oui, je frissonne, admis-je. Mais je t'assure que le froid n'a rien à voir avec ça » Délaçant nos doigts, je mis sa main sur le côté de mon cou pour presser sa paume fraîche contre ma peau chaude. J'étais certaine qu'il pouvait sentir mon pouls rapide frapper le creux de ma gorge. Je me sentis rougir de chaleur à son contact froid, presque comme si le sang dans mes veines remontait pour rencontrer le froid de sa peau à chaque fois qu'il me touchait. En tenant son regard, je maintins sa paume contre ma peau tout en me délectant de cette curieuse sensation alors que sa chair de marbre commençait à absorber ma chaleur. « S'il te plait. Crois-moi », demandai-je en chuchotant.

Les yeux de Carlisle devinrent très tendres, et je savais que j'étais parvenue à faire valoir mon point de vue avant qu'il acquiesce. « Si ça devient trop…

– Je dirais quelque chose, finis-je pour lui. Je te le promets » Je levais la tête du lit pour capturer ses lèvres avant qu'il ne puisse exprimer un autre argument, enroulant mes bras autour de son dos et de son cou, le pressant plus près. Un gémissement m'échappa alors que Carlisle accrocha soudainement son bras derrière l'un de mes genoux, faisant courir sa main le long de mon mollet. Mon dos commença à me picoter, et alors que son contact errant remontait vers l'intérieur de ma cuisse, ses lèvres quittèrent les miennes et commencèrent à déposer de doux baisers sur la courbe de mon cou. Puis il se recula pour voir mon visage – au début je ne sus pourquoi.

Et puis il toucha soudainement la chair sensible et brûlante au somment de mes cuisses, et la brûlure dans le creux de mon ventre commença à se propager comme un traînée de poudre qui devenait incontrôlable. Je me suis mordu la lèvre pour ne pas crier et j'ai fermé les yeux en réalisant distraitement que mes doigts s'enfonçaient dans la peau de son dos et de son cou pour essayer de trouver un point d'accroche. Les lèvres fraîches de Carlisle capturent à nouveau les miennes, sa caresse habile commençant rapidement à me conduire au somment de l'extase. Ses lèvres avalèrent mes gémissements et soupirs rapides, tandis que mes muscles se tendirent soudainement absolument partout et même dans des endroits où j'ignorais en avoir.

Et puis son contact disparut soudainement, et son absence me laissant haletante et faisant tourner le monde autour de moi de manière vertigineuse.

Je pus vaguement l'entendre appeler mon nom tout en me demandant de le regarder. J'ai vraiment essayé. Je réussis même à ouvrir les yeux mais tout ce que je pus voir pendant un moment fut des étoiles. Je clignai des yeux, à bout de souffle, et levai les yeux pour voir le visage de Carlisle planer à quelques centimètres au-dessus du mien. Soutenant mon regard, il prit l'une de mes mains dans la sienne et déposa un doux baiser sur ma paume. Puis il bougea, s'alignant le long de mon corps tandis que sa longueur froide et dure me touchait de la manière la plus intime qui soit. Mes mains s'emmêlèrent dans ses cheveux alors que j'avais cette soudaine et forte impression d'avoir besoin de quelque chose à quoi m'accrocher. Et alors que Carlisle bougeait à nouveau, sa main froide se posant sur ma hanche, j'avais vraiment l'impression d'avoir besoin de quelque chose de solide et de stable pour m'empêcher de dériver.

Mais rien ne pouvait l'empêcher de se produire. Même la plus haute des montagnes n'était pas assez solide pour me maintenir ancrée à la terre alors que Carlisle capturait mes lèvres et liait lentement son corps avec le mien. Mon corps s'arqua involontairement contre lui alors qu'il revendiquait ma chair brûlante et qu'il fit taire mes gémissements et cris de ses lèvres tout en restant complètement immobile pendant un certain temps. Peut-être qu'il voulait me laisser un moment, ou peut-être qu'il en avait besoin d'un lui-même. Alors que j'ouvrais les yeux, étourdie par la sensation d'avoir nos corps joints, je remarquai qu'il peinait à maintenir une respiration uniforme. Ses yeux étaient fermés tandis que son visage flottait à un cheveu du mien. Relâchant mon emprise sauvage sur ses cheveux, j'encadrai son visage de mes mains pour l'appeler doucement par son nom. Lentement, il ouvrit les yeux et me regarda.

Ce moment, là juste maintenant et ici… parut infini, comme si les secondes qui passaient s'étaient soudainement transformées en heures, en mois, en années, en siècles. Nos corps s'emboîtaient comme s'ils avaient toujours été destinés à ne faire qu'un. Un seul, indivisibles. Et je savais qu'à partir de ce moment, cela continuerait de l'être. Ce qui avait été autrefois deux âmes individuelles, deux voies distinctes, était maintenant devenues unies. Pendant un moment, j'eus soudain l'impression d'être soudainement hors de mon corps, en dehors de tout, éternellement capturée par ce moment d'éveil alors que Carlisle me regardait.

Et puis, je fus de nouveau dans mon corps, ma conscience et mes sens me revenant dans une explosion incontrôlée de sensations. Mon pouls s'accéléra et je pouvais réellement sentir le rythme de mon cœur partout. Mon corps entier semblait palpiter et battre, comme s'il avait du mal à absorber toutes les sensations. Et alors que Carlisle pressait doucement ses lèvres contre les miennes tout en commençant à bouger et modeler mon corps au sien, j'avais l'impression que chaque centimètre de ma peau devenait sensible et qu'un chaos tourbillonnant de plaisir commençait à me traverser. J'étais vaguement consciente qu'une des mains de Carlisle plongeait dans mes cheveux tandis que l'autre qui était libre, attrapait ma main pour enlacer nos doigts alors qu'il continuait à bouger dans un rythme atrocement lent.

Sa cadence était douce, sans hâte mais même ainsi, chaque mouvement de son corps envoyait à travers moi une secousse aveuglante de plaisir. Alors qu'il relâchait mes lèvres, mes respirations montaient rapidement. Des tâches noires dansèrent devant mes yeux et j'ai essayé de les faire disparaître. Je me suis concentrée sur le visage de Carlisle et j'ai essayé de trouver un moyen de supporter la quantité d'ivresse qui déchirait et serrait mes muscles ainsi que resserrait ma poitrine. Ce fut une explosion de chaleur, d'émotions et de sensations fortes comme si le monde passait rapidement d'une échelle de gris terne à une splendeur éclatante de couleurs.

Carlisle relâcha soudain la prise de mes doigts et commença à faire traîner sa main le long de mon corps, voyageant de plus en plus bas jusqu'à atteindre l'arrière de ma cuisse. Alors qu'il attachait ma jambe à sa hanche pour se rapprocher encore plus de moi, je laissai échapper un son que je ne savais même pas pouvoir faire. Ses lèvres fraîches allèrent au creux de ma gorge et j'enroulai mes bras autour de son cou et ses épaules, essayant désespérément de trouver quelque chose à quoi m'accrocher. Une intense sensation de chaleur commença à envahir mon corps, se rassemblant au creux de mon ventre et envoyant une brûlure ardente à travers chaque terminaison nerveuse de mon corps. Je pus m'entendre crier le nom de Carlisle alors que les étincelles de plaisir chauffées à blanc commençaient à monter en moi tout en provoquant des spasmes et convulsions dans mes muscles. Mes parois se resserrèrent autour de lui, et la sensation était si intense que je ne pouvais presque pas le supporter. Ma vision devint noire, puis blanche, et puis toute en couleurs en un instant. Je réalisai vaguement que des larmes coulaient au coin de mes yeux et je plongeai mes doigts dans la chair de marbre fraîche de Carlisle.

Quelque chose traversa la brume violente du plaisir des respirations rapides et fraîches qui effleuraient la peau de mon visage ainsi que les mots doux et chuchotés de Carlisle. Forçant mes yeux à s'ouvrir, j'aperçus son visage, l'intensité violente des sensations dans ses yeux alors qu'il gémissait mon nom et frissonnait contre moi alors que son visage tombait dans la courbe de mon cou. Je pouvais sentir ses lèvres sur ma gorge et sa poitrine se soulever contre la mienne tandis que ses souffles frais effleuraient ma peau nue. J'avais l'impression que je palpitais de toute part, mon sang grondant toujours, mes oreilles battant toujours, mes yeux voyant toujours des étoiles et des couleurs ainsi que toutes sortes de points lumineux qui n'étaient pas vraiment là…

Mes yeux se fermèrent. Les flammes chauffées à blanc qui scintillaient encore sous ma peau commencèrent à s'éteindre, laissant derrière elles une chaleur pulsante et un cœur agité ainsi qu'un silence rempli de respirations. J'avais l'impression que tous mes sens s'étaient réveillés après une longue vie dans le néant. Quelque chose en moi me faisait me sentir différente, était différent… comme s'il y avait eu un changement inattendu mais aussi destiné dans tout mon être.

Un souffle inégal effleura ma peau nue. Je sentis Carlisle remuer, sa main se retirant de mes cheveux et ses lèvres quittant la peau de ma gorge. Je pouvais le sentir caresser mes cheveux, puis le bout de ses doigts froids effleura mes paupières fermées alors qu'il essuyait doucement les larmes. Une sorte de curieux épuisement m'enveloppa comme une couverture, et je dus m'efforcer d'ouvrir les yeux.

Le visage de Carlisle n'était qu'à un pouce du mien. Je ne pouvais reconnaître la lueur dans ses yeux ; elle ne m'était pas familière et pourtant j'avais l'impression d'avoir vécu toute ma vie pour ce moment précis, juste pour qu'il me regarde ainsi. Des teintes dorées revenaient lentement dans ses yeux, mais des faibles traces de notre passion restaient encore. Sentant que mes membres étaient soudainement faits de plomb, je tendis la main pour toucher son visage et avec mes dernières forces, je levai la tête pour embrasser ses lèvres.

Je fus vaguement consciente qu'il nous fit rouler sur le côté au milieu de notre baiser. Un léger tremblement me parcourut alors que nos corps se séparèrent, et je nichai ma tête dans le creux de son épaule et posai ma main sur le côté de son cou, refusant de complètement me séparer de lui. Je pouvais sentir son menton frotter le haut de ma tête alors que ses bras s'enroulaient autour de moi pour me serrer contre lui.

Nos corps encore enchevêtrés de membres, nous restâmes allongés là. La dernière chose que je sus avant de m'endormir dans un sommeil sans rêves était la poitrine de Carlisle contre la mienne ainsi que les bruits de nos inspirations et expirations alors que nous continuions à respirer.


NDT : alors je sais que ce chapitre ne fait pas avancer particulièrement l'histoire sur le destin de Bella et la vision d'Alice mais bon je pense que ce petit intermède n'a pas dû vous déplaire ;)