Disclaimer : tout appartient à Stephenie Meyer. Cette fiction a été écrite par AylenBc et si possible lisez cette histoire en VO.
Je sais que j'ai publié le chapitre 31 hier, mais au vu des reviews un peu déçus que l'histoire stagne un peu (je le comprends) et comme dans ce chapitre il n'y a pas d'avancée encore dans l'histoire - j'ai décidé de vous le donner plus tôt... ainsi celui qui arrivera dimanche sera enfin le chapitre tant attendu par beaucoup ! Je profite aussi de cette note pour préciser que j'ai presque fini de traduire cette fiction donc ne vous inquiétez pas vous aurez la fin ;) - à dimanche !
Pour celles et ceux qui n'aiment pas trop les lemons, je vous conseille de passer le milieu du chapitre et de lire que le début et la fin (vous comprenez pourquoi je publie celui-ci plus tôt du coup), ce n'est pas indispensable à l'histoire.
Je remercie les personnes qui ont commenté soit : Lia Menina, noominaome, sochic88 et Iaev
« Il existe trois profondes envies de soi, trois grandes expériences de l'agitation de l'homme, que seule la vérité mystique peut pleinement satisfaire.
La première est l'envie qui fait de l'homme un pèlerin et un vagabond. C'est l'envie de sortir de son monde normal à la recherche d'une maison perdue,
Un « meilleur pays » un Eldorado, un Sarras, un Heavenly Syon.
La suivante est l'envie de cœur à cœur, de l'âme pour son compagnon parfait, ce qui fait de lui un amant.
La troisième est la soif de pureté intérieure et de perfection, qui fait de l'homme un ascète et, en dernier recours, un saint »
- Evelyn Underhill -
Lueur d'espoir
L'éveil est venu lentement, mon esprit s'éveillant en premier pour noter la lourdeur curieuse de mes membres. Chaque muscle de mon corps était fatigué, et pourtant, je me sentais étrangement revigorée et renouvelée. Mon sang vibrait vigoureusement dans mes veines comme s'il avait hâte de me réveiller le plus rapidement possible. Ma peau picotait d'une drôle de façon, presque comme si elle voulait attirer mon attention. Il m'est venu alors à l'esprit que s'il y avait le contraire d'une paralysie de sommeil, cela pourrait ressembler à quelque chose comme ça. J'avais l'impression que chaque centimètre de mon corps était éveillé et était même resté éveillé longtemps avant que mon esprit ait accepté de faire de même et de laisser derrière lui l'océan de sommeil.
Et une fois ceci fait, je me rappelai la raison de mon étrange fatigue, de la pulsation de mon cœur et des picotements qui dansaient sur ma peau… j'étais donc plutôt mécontente de moi-même de m'être endormie.
Il y avait un toucher doux et délicat sur le côté de mon cou, juste sous mon oreille. Cela fit picoter mon échine. Le contact soudain aurait pu me surprendre, mais ce ne fut pas le cas. Même dans mon état somnolent et à peine éveillée, mon corps et mon esprit reconnurent la présence derrière mon dos et nichée près de mon corps. C'était comme si cela avait toujours été ainsi, comme si j'avais dormi chaque nuit de ma vie dans le cercle de ses bras. Comme si je n'avais jamais su ce que c'était que de ne pas l'avoir là, si près de moi.
Mais quelque chose se faisait sentir. Là où il y avait autrefois une peau nue et douce contre la mienne, il y avait maintenant une barrière. Je remarquai vaguement que j'étais enveloppée dans les draps et couvertures de mon lit.
Une autre touche sur mon cou, plus douce cette fois. Et puis, des mots calmes et chuchotés.
« Es-tu réveillée ? »
Souriant, je me retournai pour lui faire face. Il faisait sombre. Je sentis le mouvement de son corps alors que Carlisle se rapprochait pour allumer la petite lumière sur ma table de chevet. Sa peau pâle reçut une teinte dorée dans la douce lumière tamisée. Il se baissa sur le côté, reposant son poids sur un coude. Son autre main se tendit pour toucher mon visage, son index dessinant la forme de mes lèvres.
« Est-ce que je t'ai réveillée ? » demanda-t-il d'une voix basse et intime.
Posant ma tête sur mon bras, je le regardai et souris à nouveau. « Indirectement, peut-être »
Carlisle fronça les sourcils dans une légère confusion amusée. Je tendis la main vers la sienne, la prenant et posant sa paume sur la zone située sous ma clavicule gauche. Mon cœur battait dans ma poitrine d'une manière exigeante et insistante.
Il sourit. « Tu me tiens pour responsable de la façon dont ton cœur se comporte ?
– Oui, répondis-je. Habitue-toi »
Un doux rire jaillit de ses lèvres. Souriant au son, je laissai mes yeux se fermer. La main de Carlisle quitta ma peau, mais son contact revint assez tôt alors qu'il commençait à tracer des cercles oisifs sur mon épaule nue.
« Comment tu te sens ? » demanda-t-il doucement en me faisant rouvrir les yeux. Il y avait de la chaleur dans ses yeux mais aussi une inquiétude bien dissimulée.
« Je n'ai jamais été aussi bien », lui assurai-je, souhaitant qu'il y ait un terme pour décrire ce sentiment actuel. Des choses comme le bonheur et l'euphorie s'en rapprochaient, mais ce n'était pas encore assez. « Excepté que je peux sentir mon pouls pratiquement partout. Je veux dire partout. Même dans mes dents. Est-ce normal ? »
Il rit de nouveau doucement. « Cela pourrait avoir quelque chose à voir avec ta pression artérielle élevée.
– Oh ? Et quelle pourrait en être la cause, je me le demande ? »
Ses lèvres frémirent alors qu'il combattait un sourire et détourna momentanément les yeux. A cet instant, il ressembla au jeune qu'il était. Habituellement, il y avait une aura expérience autour de lui qui ne pouvait provenir que des siècles de vie et de choses à la fois surprenantes et tragiques. Mais rien de tout ça n'était en lui en ce moment, et je pouvais apercevoir cet esprit insouciant et léger qui était si souvent caché sous la surface.
Je me rapprochai de lui, légèrement irritée par les couvertures autour de mon corps. Ou ce n'étaient pas les couvertures qui m'agaçaient – c'était le fait que j'étais seule sous elles. Je fronçai les sourcils et Carlisle parut deviner ce à quoi je songeais. Il tira les bords de la couverture sur mes épaules, me maintenant dans leur chaleur. « Tu commençais à devenir froide, murmura-t-il doucement. Je voulais que tu sois à l'aise »
Aussi mal que j'étais de ne pas avoir sa peau en contact avec la mienne, je dus admettre qu'il avait été très prévenant. « Quelle heure est-il ? demandai-je doucement. Combien de temps ai-je dormi ?
– Seulement un peu moins de deux heures. Il est minuit passé. Tu devrais te rendormir »
Je secouai la tête, me rapprochant une fois de plus de lui. Carlisle me prit dans ses bras frais tout en s'assurant que j'étais complètement couverte. Non pas que cela m'aurait dérangée si ça n'avait pas été le cas…
Je le sentis placer un doux baiser près du coin de ma bouche, et je sentis plus qu'entendis ses paroles alors qu'il parlait. « Tu n'es pas fatiguée ? »
J'étais toujours curieusement fatiguée, ou languissante plus probablement, mais je n'avais pas envie de dormir. « Il est temps que je m'habitue à l'idée de rester éveillée toute la nuit, lui dis-je avec un sourire. Je pourrais aussi bien commencer à le pratiquer maintenant »
Il gloussa doucement. « Tu voudrais peut-être essayer de profiter de ces dernières opportunités pour pouvoir dormir. Je t'assure que c'est une chose qui pourrait te manquer dans les années à venir.
– Humm. Dormir aussi longtemps et autant que possible. Peut-être que je mettrai ça sur ma liste de dernières volontés »
Carlisle sourit. « Je pensais que tu avais décidé de ne pas en faire une.
– C'était le cas, lui dis-je avec espièglerie tandis que mes lèvres frémissaient alors que je combattais un sourire. Et je suis désolée de continuer à me rétracter, mais je pense que je vais peut-être devoir y réfléchir »
Il y avait une lueur amusée dans ses yeux. « Qu'est-ce qui t'a poussé à le reconsidérer, si je peux demander ?
– Eh bien, commençai-je en sortant mon bras de sous la couverture pour tendre la main et laisser traîner mes doigts le long de l'angle de sa mâchoire. Il y a eu ce petit quelque chose qui s'est passé ce soir… qui t'a impliqué… ainsi que moi… et un lit… »
Sa poitrine trembla d'un rire silencieux. « Et ?
– Et… j'en suis venue à penser que ce quelque chose aurait dû être numéro un sur ma liste. Et peut-être aussi en numéro deux. Et trois. Et peut-être quatre… et cinq… »
Un rire doux et silencieux s'échappa de nouveau de ses lèvres ; le son était plus que fascinant. Il appréciait clairement notre échange taquin. « Cela ferrait… une très bonne liste, je l'avoue.
– N'est-ce pas ? » Mes doigts continuèrent d'explorer sa peau, traçant l'angle de sa pommette. « Je suppose qui tu as bien aimé alors ? »
Carlisle tendit la main pour caresser mes cheveux. « Plus que je ne pourrais jamais l'exprimer avec des mots, chérie »
Je souris au mot doux en pensant par devers moi que c'était une chose à laquelle je pouvais définitivement m'habituer. Ses paroles me remplirent de chaleur. De chaleur et d'autre chose. Une fois de plus, j'eus ce sentiment étrange et inexplicable qu'il y avait eu quelque chose d'exceptionnel, quelque chose de conséquent dans notre union. Quelque chose qui était bien au-dessus de ma compréhension. Je pensai brièvement à Adrian, à ce peu de temps que nous avions passé ensemble et partagé un lit, et même si je savais que ce n'était pas une bonne chose de faire des comparaisons, je devais encore admettre qu'il y avait eu quelque chose de différent, quelque chose de mémorable sur ce qui s'était passé ce soir entre Carlisle et moi. Même mon cœur semblait le savoir ; il avait réagi à son toucher d'une manière qu'il n'avait jamais fait auparavant, comme si son rythme avait été définitivement modifié par sa présence.
Une touche fraîche sur la courbe de ma joue me tira de mes méditations. Je rencontrai le regard de Carlisle à cause de l'éclairage tamisé, la couleur de ses yeux était légèrement plus foncée qu'à la normale et ressemblait à du caramel chaud. Je me demandai s'il avait ressenti la même chose que moi ce soir. Si lui aussi avait l'impression que quelque chose avait évolué et changé entre et autour de nous. Comme si une réponse était venue d'une question tacite, et que nous avions tous les deux atteint notre destination après une vie de recherches et d'erreurs.
Il me regardait toujours attentivement, presque comme s'il pouvait découvrir ce qui tourbillonnait dans ma tête rien qu'en me regardant dans les yeux. « Qu'est-ce qu'il y a ? » demanda-t-il doucement alors que le bout de ses doigts traînait à nouveau le long de ma joue.
Je secouai la tête, essayant de trouver les mots pour lui expliquer mes pensées tout en commençant à distraitement tracer du doigt sa poitrine pâle. « Je me sens… particulière. Comme si j'étais la même qu'hier, mais si différente. Comme si je m'étais éveillée à une vie de sentiments et de conscience après une éternelle attente » Je secouai la tête, un rire doux s'échappant de mes lèvres. « J'ai l'air d'une folle. Est-ce que ce que je dis, a même du sens ? »
Carlisle prit ma main qui dessinait toujours des motifs sur la peau de sa poitrine pour amener lentement le dos de mes doigts à ses lèvres. « Tu l'as très bien exprimé », m'assura-t-il. Et je sus ; il partageait ce sentiment accablant que quelque chose était différent d'avant. Ses lèvres quittèrent mes doigts et je tendis la main pour la poser le long de la courbe de sa mâchoire. Il ferma momentanément les yeux à mon contact.
« Je suppose que tu ne ressens aucun regret ? demandai-je avec soin en rencontrant ses yeux alors qu'il les ouvrait. A propos de… ce qu'il s'est passé ce soir ? »
Un doux froncement de sourcils apparut sur ses traits. « Bien sûr que non. Pourquoi en ressentirais-je ? »
J'ai haussé les épaules, scrutant ses yeux. « Je n'étais tout simplement pas absolument certaine de ce que tu pourrais ressentir… enfin après. Le soir où nous en avons parlé, j'ai eu l'impression que le mariage était important pour toi. Tu as dit qu'une partie de toi fuyait toujours la pensée d'une intimité sans lui. Et quand tu as dit que tu voulais ralentir les choses… »
Carlisle hocha la tête, considérant mes mots. « Je crois avoir également dit que l'intimité sans réelle affection est nuisible, même dans le mariage. Bien que je tienne le mariage en haute estime, je pense aussi que ce qui compte le plus, c'est la dévotion et l'amour entre deux personnes. Je te l'ai dit ce soir-là que je suis personnellement d'avis que l'amour physique appartient à une relation où deux personnes sont dévouées, me rappela-t-il en touchant tendrement le bout de mon nez. Je dirais que ce dernier point nous décrit assez bien, que nous soyons mariés ou non. Puisque le temps que nous avons passé ensemble est assez court, on pourrait prétendre qu'il ne peut y avoir de véritable dévotion entre nous. Mais je crois le contraire. La dévotion, ou la profondeur de celle-ci, ne peut être mesurée avec le temps »
Je souris en guise de réponse en attendant en silence ; j'avais le sentiment qu'il avait plus à dire. Carlisle attrapa une mèche de mes cheveux pour la caresser distraitement. Il recommença à parler après un moment de silence, son discours étant assez lent et calme qu'il s'approchait d'un chuchotement. « Quand nous étions en route pour l'Italie, et aussi pendant que nous y étions… j'ai dû considérer la possibilité que je ne puisse jamais avoir l'opportunité de revenir vers toi – d'avoir la possibilité d'exprimer complètement et correctement ce que je ressens pour toi. Et c'est alors que j'ai réalisé… que je voulais être tien dans tous les sens du terme. C'était quelque chose que je regrettais, sachant que c'était une chose que je n'avais pas faîte » Il fit une pause tandis que son froncement de sourcils faisait plisser son front. « Peut-être… peut-être que Dieu me perçoit comme un homme pêcheur pour avoir abandonné la morale dans laquelle j'ai été élevée. Ou peut-être qu'Il voit dans mon cœur – et dans mon âme, si j'en possède une – et sait qu'il n'est pas dans mon intention de t'exploiter égoïstement pour mon plaisir pour ensuite t'éloigner de moi. Non pas que je sois ou que je n'ai jamais été au-dessus de ça. De l'égoïsme » Il fit une pause en fronçant de nouveau les sourcils. Puis son visage se détendit et il rencontra mes yeux pour soutenir mon regard. « Cependant on peut dire que… tant que je suis vivant d'une manière ou d'une autre… tant que je respire et marche sur cette terre… je marcherais à tes côtés pour toujours. Si mon Dieu est bon et miséricordieux comme je le pense, je crois qu'il sait toutes ces choses. A tout le moins, c'est ce que j'espère – et j'espère que toi aussi tu sais tout ça »
Je déglutis, ses mots me serrant la poitrine et les larmes me brûlant le coin des yeux. « Oui, répondis-je avec un tremblement dans la voix. Et ne te considère jamais comme un homme pêcheur et égoïste Carlisle. Tu es aussi éloigné de ces choses que possible » J'ai encadré son visage de mes mains, mes pouces dessinant la forme de ses lèvres. « Et ce que tu as dit à propos de ton âme… es-tu en train de dire que tu doutes en avoir une ? »
Ses yeux sont devenus pensifs. « Je crois que j'ai un doute, répondit-il. Mais il y a eu des moments dans le passé cependant, où j'ai craint que ma croyance ne soit fondée que sur des choses vides »
J'ai secoué la tête. « C'est seulement ta peur qui parle. Ne l'écoute pas »
Un sourire triste courba ses lèvres.
« Et d'ailleurs, continuai-je. Je sais qu'au fond, au fond de ton cœur, tu ne crois pas que tu n'as pas d'âme »
La lueur dans les yeux de Carlisle était à la fois tendre et curieuse. « Comment le sais-tu ? demanda-t-il.
– Parce que si tu croyais vraiment que devenir un vampire met en danger ton âme, tu n'aurais pas transformé Edward. Ou Esmée. Ou Rosalie, ou Emmett. Et tu n'aurais pas proposé de me transformer, et encore moins promis de le faire si tu pensais que cela signifierait que je perdrais la mienne »
Il me regarda longuement dans les yeux. Puis il tendit la main en prenant à nouveau la mienne. « Tu as raison, murmura-t-il finalement. J'ai toujours aimé croire que c'est le cas et ce peu importe ce qu'on est, car c'est plutôt ce qu'on choisit de faire qui détermine éventuellement l'existence de notre âme. L'intégrité de notre esprit. Et je suppose que cela me fait me demander… quel genre d'acte coûterait à une personne son âme ? Rendrait ce fait irrémédiable ?
– Détruire la vie de quelqu'un, émis-je songeusement. Ou la prendre »
Ses yeux redevinrent pensifs. Quand il parla, il n'avait pas l'air de regretter ou de s'accuser. Sa voix était simplement songeuse. « J'ai pris une vie d'une certaine manière, murmura-t-il pensivement. J'en ai pris quatre pour être précis. J'ai mis un terme à un évènement naturel qui aurait un jour réclamé Edward, Esmée, Rosalie et Emmett d'une certaine manière ou d'une autre. S'il y a un paradis… la vérité reste que je leur ai enlevé ça. Si je n'avais pas été là au moment où ils étaient sur le point de rendre leur dernier souffle humain… » Il resta silencieux pendant un instant comme cherchant ses mots. « Ce qui me fait parfois me demander… avais-je le droit de faire ça ? Avais-je le droit d'intervenir alors que leur vie touchait à leur fin ? »
Je le laissai finir sa pensée, puis j'attendis encore un peu avant de libérer ma main de sa douce emprise. Je portai mes doigts à son menton pour incliner légèrement sa tête afin que nos regards se croisent.
« Si intervenir pour leur sauver la vie signifiait qu'en fait tu leur avais pris leur vie, cela signifierait que tu n'as pas simplement pris quatre vie. Cela signifierait que tu en as pris des milliers. Peut-être même plus… » J'ai fouillé le fond de ses yeux, ne le laissant pas regarder ailleurs. « Tu es médecin depuis très longtemps après tout. Combien de fois tes capacités, tes sens ultra précis, t'ont-ils permis d'aider quelqu'un qui aurait autrement péri s'il avait été pris en charge par un médecin humain ordinaire ? Peux-tu même en faire le compte ? »
Carlisle était silencieux, la lueur dans ses yeux pensive. Comme il ne dit rien pendant un moment, j'ai hoché la tête. « C'est ainsi que je pense » J'ai étudié son visage de près il semblait considérer mes paroles avec soin. « Par conséquent, tu vois le fait d'avoir aidé Edward et les autres membres de ta famille comme si tu leur avais pris leur vie en les sauvant et en les transformant en vampires, qu'est-ce qui t'empêche de penser la même chose de tous les humains que tu as soignés et sauvés ? Il y a des années, tu m'as dit une fois que tu pensais avoir fait du mieux que tu pouvais avec ce que tu avais. Ne crois-tu pas toujours en cela ? »
Il passait maintenant ses doigts le long de mon bras, son pouce trouvant la ligne légèrement inégale qui allait de mon poignet au pli de mon coude. Je savais que lui aussi pensait maintenant à notre conversation qui avait eu lieu des années plus tôt alors qu'il m'avait recousu le bras.
Enfin, il hocha la tête et serra doucement mais fermement ma main. « Merci Bella »
J'ai ri doucement. « Pour quoi ?
– Pour avoir relevé un point si sage, répondit-il doucement alors que ses yeux devenaient chauds. Pour me rappeler de ne pas laisser mes peurs affecter mes croyances. Pour m'avoir fait me souvenir de l'homme que j'étais autrefois.
– Tu es toujours cet homme », déclarai-je en me rapprochant de lui et en plaçant un baiser rapide et tendre sur ses lèvres. En m'éloignant, je remarquai qu'il y avait une lueur taquine dans ses yeux.
« Maintenant que le sujet de l'âme a été abordé, commença-t-il, penses-tu que mes autres déclarations doivent être corrigées ?
– En fait, répondis-je en lui donnant un sourire effronté. Il y a quelque chose que tu as dit au sujet de la vie. Je cite : aussi longtemps que je suis vivant d'une manière ou d'une autre… »
Il sourit. « Oui ? Et alors ?
– En doutes-tu d'une manière ou d'une autre ? demandai-je. Que tu sois vraiment vivant ou non ? »
Son sourire devint taquin maintenant, mais même ainsi je remarquai qu'il réfléchissait attentivement à ma question. « Je suppose que tout est relatif. Qu'est-ce qui rend vraiment une personne vivante ? Après tout, tu peux être vivant mais ne pas vivre. Peut-être est-ce l'inverse quand il s'agit de nous. Dans de nombreux points… nous sommes vivants, oui. Mais là encore, nous n'avons pas de rythme cardiaque ou de circulation sanguine comme tu le sais. Et puisque nous ne vieillissons et ne changeons pas… on pourrait dire que nous ne sommes pas vivants. Il y a de bonnes raisons pour lesquelles les vampires sont appelés Mort-vivant.
– C'est vrai ? » demandai-je, mon ton taquinement sardonique.
Il me sourit en semblant vouloir momentanément rouler des yeux. « J'ai le sentiment que tu as aussi quelque chose à en dire sur cette question en particulier.
– En fait, oui, répondis-je. J'ai beaucoup de choses à en dire.
– Écoutons-les »
Souriant, je me rapprochai de lui en pressant à nouveau mes lèvres contre les siennes. En même temps, je sortis mes bras de sous les couvertures et tendis la main pour dessiner des motifs paresseux sur sa peau nue, le bout de mes doigts traînant le long de ses côtes. Un frisson le parcourut à mon contact et je m'éloignai de ses lèvres en lui lançant un regard acéré.
« Si tu n'es pas en vie… l'aurais-tu ressenti ? » Je bougeai à nouveau ma main pour faire courir mes doigts le long de son dos.
La lueur dans les yeux de Carlisle était légèrement floue, puis ses paupières se fermèrent et un autre léger tremblement traversa son corps alors que mon toucher léger voyageait de son dos sur son épaule, atteignant sa poitrine.
« Euh… je ne sais pas, murmura-t-il alors qu'il peinait à contrôler sa respiration. Non ? »
Cela ressemblait plus à une question qu'à une réponse. Ce qui n'était pas assez satisfaisant pour moi. Je m'assis, laissant les couvertures glisser sur mon corps. Sentant mon mouvement, Carlisle ouvrit les yeux. Je saisis son épaule en lui demandant sans un mot de s'allonger. Il obéit et je me penchai sur lui pour capturer de nouveau ses lèvres. Je frissonnai alors que ma poitrine nue se frottait contre la sienne. Sa peau me paraissait plus fraîche maintenant, presque étonnamment froide. Peut-être que je m'étais habituée à la chaleur des couvertures, ou peut-être que mon système était en mode veille et donc que ma température corporelle était plus basse que de coutume. Néanmoins, je me suis penchée plus près de lui et j'ai ignoré le froid de sa peau, m'étendant en partie sur sa poitrine. Le contact envoya des ondes de choc à travers mon corps. Ma main recommença à errer, voyageant de sa poitrine vers les pans de son ventre. Alors que le bout de mes doigts atteignait la traînée de poils sous son nombril, je me mis à l'effleurer pour établir à peine le contact. Puis je m'écartai de ses lèvres, satisfaite de constater que les respirations de Carlisle venaient lentement mais fortement.
« Si tu n'es pas en vie, demandais-je à nouveau d'un ton cruellement désinvolte, le ressentirai-tu ? » Le bout de mes doigts fit un cercle lent autour de l'os de sa hanche avant de se diriger vers l'intérieur de sa cuisse.
Je ne sus pas exactement ce qui s'était passé. Tout ce que je savais à cet instant, c'est que j'étais penchée sur lui et que la fois suivante alors que je clignais des yeux, j'étais allongée sur le dos et fixais une paire d'yeux qui juste un instant plus tôt avait été d'une douce et innocente nuance de caramel doré. Maintenant, ses yeux n'étaient que d'un noir absolu, comme deux obsidiennes. Mon cœur tressauta à cette vue, et mon souffle se bloqua dans ma poitrine alors qu'il se penchait plus près, caressant doucement de ses lèvres la ligne de ma mâchoire.
« Je crois que tu as fait valoir ton point de vue », murmura-t-il sombrement, ses lèvres maintenant au-dessus des miennes.
Je dus déglutir. « Ah bon ? » J'avais voulu que ma voix soit effrontée et joueuse, mais d'une manière ou d'une autre, elle est sortie frêle et toute chuchotée.
« Oui » Le bout de son nez toucha le mien tandis que ses lèvres effleuraient très légèrement le coin de ma bouche, établissant à peine le contact. « As-tu d'autres choses que tu aimerais souligner ? Plus de choses dont tu as besoin de discuter ?
– Je… » Ma bouche devint sèche à son ton, et une sorte de curieuse tension imprégna mon corps en un instant. Ses lèvres effleurèrent à nouveau les miennes, très légèrement, et mes yeux se fermèrent alors qu'un courant familier se précipitait dans mes veines tout en aiguisant mes sens et me faisant frissonner de partout.
Je pouvais sentir les respirations fraîches de Carlisle frôler le creux de ma gorge, puis il pressa un doux baiser à l'endroit où mon pouls palpitait rapidement. Une seconde passa quand rien d'autre ne vint, et ce fut trop long j'avais envie de son toucher sur ma peau. Ouvrant les yeux, j'ai rencontré son regard sombre et perçant. Enfin, il porta sa bouche vers la mienne, agressant mes lèvres avec une ferveur que je lui rendis avec autant de force. Mes mains se portèrent jusqu'à ses cheveux alors qu'il s'installait complètement sur moi, et un frisson violent traversa tout mon corps alors que sa peau froide entrait en contact avec la mienne qui était chaude. La sensation était si soudaine que j'ai haleté contre ses lèvres, le faisant reculer. Je ne le voulais pas, et j'essayai de m'accrocher à lui alors qu'il s'éloignait doucement du baiser. Il prit mes poignets et retira mes mains de ses cheveux.
Je me sentis étourdie lorsque son corps quitta le mien. Étourdie et essoufflée alors que la douleur creuse dans mon ventre était si intense qu'il était difficile de se concentrer sur autre chose. Je remarquai que Carlisle s'était assis et il me regardait avec une expression partagée entre le désir et la détresse. Je me relevai aussi. Il y avait trop de distance entre nos corps c'était mauvais. Pliant mes jambes sous moi, je me rapprochai de lui pour bercer son visage entre mes mains.
La lueur dans ses yeux était déchirée. « Bella… » Il secoua la tête tout en posant ses mains sur mes coudes. Un autre frisson me traversa à son contact, le faisant à nouveau reculer. « Bella, tu me fais m'oublier.
– C'est ce que je veux », lui dis-je en me penchant pour presser un autre baiser sur ses lèvres. Mes mains descendirent de son visage jusqu'à son cou, et il fredonna doucement contre ma bouche. Le son était intrigant et me serra le ventre. Ses mains reprirent mes poignets pour éloigner doucement mon toucher de son corps. Se détacher du baiser parut plus difficile pour lui cette fois alors qu'il s'éloignait, ses yeux étaient fermés. Quand il les rouvrit enfin, ils étaient à la fois désolés et pleins de désirs.
Un soupir quitta ma poitrine. « Ne t'éloigne pas » Le plaidoyer qui sortit de mes lèvres était calme, empreint de désir.
« Bella…, souffla-t-il en secouant à nouveau la tête. Peut-être que cela suffit pour ce soir. Et il est tard – tu as besoin de repos. Tu as une longue journée devant toi. Et tu as clairement froid, et ne dis pas le contraire. Je ne veux pas te causer de gêne. J'espère que tu comprends »
Une fois de plus, je maudis intérieurement ma température corporelle insuffisante ou le fait d'être restée trop longtemps sous les couvertures, ou quelle qu'en soit la raison et qui a rendu soudainement sa peau plus froide que d'habitude. Parce que ce n'avait pas été ainsi quelques heures plus tôt quand il m'avait touché – peut-être que ma peau était encore plus sensible face à tout ça.
Secouant la tête face à mes divagations intérieures, je regardai Carlisle. Il avait toujours cette expression d'excuse sur le visage. Ses yeux étaient sombres d'envie et de désir, mais je savais qu'il ne viendrait pas près de moi s'il pensait que son toucher pourrait me gêner. J'ai essayé de me mettre à sa place, réalisant que si nos situations étaient inversées et que je pensais que mon toucher lui donnerait un froid inconfortable… je ne pourrais pas être en paix dans cette situation.
Une pensée m'est venue, me faisant sourire. Je m'éloignai du lit en sentant les yeux de Carlisle suivre chacun de mes mouvements. Je pris le temps de faire une petite mise en scène en faisant courir mes doigts dans mes cheveux pour les laisser cascader dans mon dos et mes épaules. C'était étrange de me tenir là sans vêtements, et de me sentir pourtant totalement sereine, sans un soupçon de gêne ou d'hésitation. C'était comme si tout mon corps avait toujours été à lui, et seulement à lui.
Je me tournai vers Carlisle en tendant la main. Il la prit sans hésiter un instant, la lueur dans ses yeux étant presque hypnotisée. Je lui ai doucement tendu la main, et il se leva du lit en maintenant mon regard tout le long. Prenant également son autre main, je commençai à marcher en arrière en me mordant la lèvre pour cacher mon sourire alors qu'une expression curieuse traversa son visage. Il me suivit, me permettant de le guider à travers la chambre vers la salle de bain attenante. Alors que je marchais en arrière à travers l'ouverture de la porte de la salle de bain, je relâchai momentanément sa main pour chercher l'interrupteur en allumant une seule lumière qui était légèrement plus faible et douce que les autres. J'aimais généralement laisser celle-ci allumée chaque fois que je voulais prendre un long bain relaxant.
Mais prendre un bain n'était pas la chose que j'avais en tête maintenant.
Sans rompre le contact de nos regards, je le conduisis vers la douche tout en tendant la main derrière moi pour l'actionner. Puis je me rapprochai de lui, passant mes doigts le long de ses côtes avant de poser mes mains sur ses épaules. Carlisle me regarda tout du long, la lueur dans ses yeux étant incroyablement tendre.
Montant sur la pointe des pieds, je capturai ses lèvres. Je pouvais sentir la vapeur chaude de la douche sur moi ainsi que la sensation de la peau fraîche de Carlisle contre la mienne, ce qui faisait un contraste choquant avec la chaleur de l'eau dans mon dos. Je fis un pas en arrière, puis un autre en le tirant avec moi sous le jet chaud.
Ce fut différent de tout ce que j'aurais pu imaginer. J'avais l'impression que mes sens avaient été attaqués de toutes parts. L'eau chaude battant contre ma peau, les bras frais de Carlisle embrassant mon corps, ses lèvres caressant les miennes… ces sensations extérieures étaient suffisantes pour me faire trembler. Mais ensuite, il y eut toutes ces sensations intérieures à gérer également. C'était comme s'il y avait une explosion de feu sous ma peau, partant d'un endroit profond dans le creux de mon ventre avant qu'elle ne se libère en se propageant dans tout mon corps. Chaque effleurement de ses lèvres, chaque caresse de ses mains, chaque tremblement de son corps alors que mon toucher découvrait une nouvelle zone sensible… toutes ces choses me donnaient l'impression qu'il y avait une rivière de lave brûlante qui coulait dans mes veines. Et puis les lèvres de Carlisle quittèrent les miennes, sa bouche froide commença à presser de baisers la longueur de mon cou, je pouvais clairement m'imaginer entrer de nouveau dans les flammes.
Alors que sa bouche se déplaçait pour laisser une traînée de baisers entre mes seins puis mon abdomen, j'haletai. Je fis l'erreur – si on peut appeler ça une erreur – de regarder vers le bas au moment où il se mit à genoux devant moi. De l'eau ruisselait sur la peau pâle de Carlisle, mouillant ses cheveux dorés. Il était en train de déposer un baiser sur l'un des os de ma hanche, puis ses yeux rencontrèrent les miens.
Mes mains se tendirent vers les murs de la douche en essayant de désespérément trouver quelque chose à quoi s'accrocher. L'intensité de son regard, le désir présent dans les profondeurs sombres de ses yeux… mes poumons ne pouvaient absorber suffisamment d'air pour se remettre de la vue. Les carreaux sous mes paumes étaient frais et lisses, et je devais m'ordonner mentalement de garder mes genoux verrouillés pour rester debout. Garder mon équilibre était plus difficile à chaque seconde qui passait. Chaque contact de ses lèvres fraîches sur ma peau me faisait tourner la tête et serrait mes muscles, ce qui me donnait l'impression que toute force avait quitté mon corps. Carlisle semblait avoir décidé de tester encore plus mon équilibre – sa main était soudainement derrière mon autre cuisse, traînant le long de ma jambe. Quand il atteignit le creux de mon genou, il le plia doucement vers lui, sa main libre resta sur mon autre hanche tandis que sa bouche continuait son chemin et sa délicate caresse.
Puis je fus bombardée de centaines de nouvelles et violentes sensations alors que ses lèvres fondirent soudainement et sans avertissement pour torturer le bourgeon de chair sensible à la jonction de mes cuisses.
Un son s'échappa de mes lèvres, un demi-cri, un demi-gémissement. J'étais choquée par son action soudaine. Mes yeux se refermèrent et je rejetai la tête en arrière, ma bouche essayant de former le nom de Carlisle, mais je ne sortis que la moitié de la première syllabe avant d'oublier ce que je voulais dire. Je ne pouvais même pas me souvenir de mon propre nom. Mes genoux commencèrent à trembler et mes mains continuèrent de chercher une accroche, quelque chose, n'importe quoi pour m'empêcher de tomber en morceaux.
Sa bouche caressante était d'une fraîcheur choquante contre ma chair brûlante, intensifiant la douleur ardente dans le creux de mon estomac. Cette douleur devenait rapidement une explosion de chaleur exigeante et complète, envoyant mon corps dans une frénésie vertigineuse. Mes lèvres tentèrent à nouveau de former le nom de Carlisle, mais je ne sortis qu'une série incohérente de gémissements et de petits cris. Un son sortit de sa poitrine en réponse, quelque chose entre un fredonnement et un grondement. Je me mordis si fort la lèvre que je me demandai si je n'avais pas fait couler du sang puis je réalisai distraitement que je plongeais mes doigts dans les épaules et le cou de Carlisle, incapable de me rappeler dans ma fièvre que sa peau ne pouvait me soutenir.
Et puis je cédai tandis que tout mon corps s'abandonner à sa froide caresse. Ma vision s'estompa et ma dos se cambra alors que les marées écrasantes de plaisir commencèrent à rapidement se former au plus profond de mon ventre, s'échouant encore et encore avant de revenir avec une force encore plus grande. Les mains de Carlisle se dirigèrent vers le bas de mon dos, soutenant mon poids tandis que sa bouche continuait de me caresser, tirant un plaisir si intense qu'il faisait bourdonner mes oreilles et tout exploser devant mes yeux en un kaléidoscope d'éclairs aveuglants.
Le monde autour de moi tourna et le sol parut s'effondrer lorsque mes jambes s'affaissèrent, et je fus vaguement consciente des bras froids qui s'enroulaient autour de moi pour me serrer alors que tout mon corps se contractait en spasmes. J'étais en quelque sorte capable d'entendre les mots doux et chuchotés contre la peau de mon cou, se glissant à peine dans ma brume de plaisir.
D'autres sensations commencèrent à percer l'eau chaude battant contre mon corps, les lèvres de Carlisle caressant ma peau tandis qu'il murmurait des mots d'affection. Ma tête retomba sur sa poitrine et je m'accrochai à lui, sachant que la maigre force qu'il me restait n'était pas suffisante pour me maintenir debout en ce moment. Je pouvais sentir ses respirations fraîches sur moi alors qu'il resserrait sa prise autour de moi, puis le sol carrelé disparut complètement sous moi alors qu'il me soulevait dans ses bras. Enroulant mes jambes autour de lui, je m'écartai pour le regarder dans les yeux alors qu'il me soutenait contre le mur de la douche.
C'était un tout autre tourbillon de sensations. Les carreaux frais derrière mon dos, la chaleur de l'eau qui ruisselait sur nous, la peau dure et soyeuse de Carlisle contre la mienne… il y avait maintenant une différence de température de son corps alors que la chaleur de l'eau s'infiltrait dans sa peau. C'était satisfaisant d'une manière que je ne pouvais exprimer. Je me sentais étrangement plus proche de lui maintenant, comme si une frontière avait été brisée entre nous. C'était ainsi que cela devait être – lui et moi, tout aussi chauds ou tout aussi froids. Tout aussi bien.
Carlisle remarqua également le changement. Ses respirations devinrent plus prononcées, et il y avait une ardeur dans ses yeux qui se démarquait entre un besoin passionné et de l'émerveillement.
« Bella, souffla-t-il contre ma peau. Tu es divine » Puis il prit possession de mes lèvres, son baiser étant à la fois tendre et exigeant. Enroulant mes bras autour de son cou et de ses épaules, je bougeai dans ses bras et il frissonna lorsque sa chair dure me toucha de la plus intime des manières. Je berçai sa tête avec mes mains, passant doucement les doigts dans ses cheveux mouillés. Après avoir pris quelques respirations calmes et forcées, il releva de nouveau la tête, la lueur dans ses yeux était si ardente qu'elle fit tressauter mon sang dans mes veines.
Il soutint mon regard pendant un temps qui me parut très long avant de baisser à nouveau ses lèvres vers les miennes. Tandis que ses mains caressaient mes hanches et mes côtes, il bougea à nouveau, se rapprochant d'une manière qui envoya des lumières blanches dans ma vision. Adoucissant son baiser, il rejoignit lentement nos corps.
Et soudain, le monde fut de nouveau coloré.
Je m'accrochai à lui, ne sachant pas quoi faire d'autre pour survivre à l'explosion de sentiments en moi. Resserrant son emprise sur moi, il se détacha de mes lèvres pour lâcher un souffle tremblant, presque comme si l'air lui était soudainement aussi indispensable que moi à sa survie.
C'était donc comme cela pour lui ? Cette flambée de sensations était-elle aussi vive et brûlante pour lui que pour moi ? Avait-il lui aussi, l'impression que c'était un murmure essentiel, comme si l'intensité de tout ça pourrait le transformer en cendres et poussières ? Son monde avait-il également changé, passant d'un flot sans fin de noir et de gris à un flot de lumières et de couleurs tourbillonnantes ?
Je n'avais qu'à le regarder dans les yeux pour avoir ma réponse. Savoir que je ne brûlais pas seule dans ce feu qui paraissait se renforcer à chaque toucher et regard, était important. C'était dans son baiser alors que ses lèvres rencontraient les miennes, et c'était dans chaque mouvement de son corps alors qu'il commençait enfin à se mouvoir. La même ferveur et le même feu qui avaient transformé ma peau en explosion de tension brûlante était également dans sa chair. Cela faisait frissonner son corps et tendre ses muscles, tandis que ses lèvres formaient mon nom encore et encore sur un ton frêle et essoufflé. Chaque mouvement de ses hanches, chaque tremblement de son corps, chaque soupir qui s'échappait de ses lèvres était une effusion de sentiment. Et je savais que si je brûlais, lui aussi, parce que mes flammes étaient également les siennes.
Mes doigts s'enfoncèrent dans sa peau dure alors que mon ventre commença à se recroqueviller de chaleur, et je mordis ma lèvre inférieure pour faire taire les cris qui s'accumulaient dans ma gorge, mais ensuite les lèvres de Carlisle furent sur les miennes, cajolant ma bouche ouverte. Je n'ai pas résisté, car chaque soupir, chaque murmure, chaque gémissement qui me quittait, était à lui. Alors qu'il continuait à caresser mes lèvres dans ce même rythme angoissant et lent tandis que ses hanches bougeaient, une tension familière commença à se rassembler dans le creux de mon ventre, se frayant un chemin à travers moi en de vagues de chaleur et de désir.
J'étais vaguement consciente que les lèvres de Carlisle quittaient soudainement les miennes pour se laisser traîner sur la courbe de ma mâchoire, alors que le monde autour de moi s'estompait soudain. Et puis tout vola en éclat, me faisant tourner la tête et soulever ma poitrine alors que le plaisir s'écrasait en moi en vagues violentes et incessantes, laissant mon corps trembler et vibrer. Carlisle resserra sa prise sur moi, ses doigts pressant contre la peau de mes cuisses et de mes hanches, pas assez fort pour me causer une douleur, mais assez tout de même pour me faire savoir que le même assaut de sensations qui me saisissait s'écroulait aussi sur lui. C'étaient les mêmes vagues qui le parcouraient et faisaient trembler son corps, les mêmes torrents déferlants dans ses muscles et qui le faisaient haleter. Parce que si je brûlais, lui aussi, et quand je me noyais, il se noyait avec moi.
Alors que son visage tombait dans mon cou, son corps s'effondrant presque contre le mien sous la force de sa libération, il y avait quelque chose en lui qui semblait presque vulnérable et fragile. Des tremblements me parcouraient toujours et j'appuyai ma joue contre ses cheveux mouillés. Il y eut un long moment où tout ce que je pouvais faire était simplement de respirer, inspirer l'air dans mes poumons douloureux et espérer que nous pourrions rester ainsi. Je préférais vivre dans cette tempête, noyée dans son déluge que d'en sortir.
Un souffle tremblant quitta la poitrine de Carlisle alors qu'il pressait un doux baiser dans le creux de mon cou.
Et je sus ; il préférait également la tempête. Parce qu'il avait été emporté par les même vagues, et parce que quand je me noyais, il se noyait avec moi.
La fois suivante où je m'éveillais, je pouvais vaguement dire que quelque chose n'allait pas. Je ne pus cependant pas mettre le doigt dessus, et j'ai froncé les sourcils en ouvrant les yeux.
J'étais de nouveau dans mon lit ; je ne pouvais dire comment j'y étais arrivée. Je me souvenais seulement de m'être sentie parfaitement au chaud alors que je reposais dans les bras de Carlisle tandis que la chaleur de la douche se déversait sur nous. Je me sentais toujours ainsi – extrêmement au chaud. Il y avait une lourdeur dans mon corps qui ne pouvait provenir que de plusieurs heures de sommeil ininterrompu.
La solide présence derrière moi me réveilla mieux que n'importe quoi d'autre. Malgré ce sentiment persistant de quelque chose qui n'allait pas, je souris. La prise des bras de marbre autour de moi se resserra, puis je sentis un doux baiser sur le côté de mon cou.
« Bonjour », chuchota Carlisle tandis que le bout de son nez froid touchait mon lobe d'oreille.
Je fredonnai doucement, souriant et me retournant pour lui faire face. Mes yeux se fermèrent de nouveau. « Bonjour »
Et c'est là que ça me frappa – on était le matin. Mes yeux s'ouvrirent. La lumière filtrant à travers les rideaux de la fenêtre de ma chambre était très brillante – trop lumineuse.
« Quelle heure est-il ? » demandai-je à Carlisle d'une voix blanche.
Il saisit l'expression sur mon visage et un légère ride apparut entre ses sourcils. « Il est neuf heures passé.
– Quoi ? » demandai-je consternée. Je me suis redressée en un instant, rampant sous les couvertures et m'éjectant du lit à toute vitesse. Atteignant aveuglément les vêtements jonchant le sol, je pris quelque chose et le mis sans regarder ce que c'était. « Pourquoi ne m'as-tu pas réveillée ? demandai-je à Carlisle tandis que ma voix était légèrement plus haute que de coutume.
– Bella…
– J'aurais déjà dû être à la librairie depuis plus d'une heure…
– Bella…
– … je suis très en retard !
– Bella », répéta Carlisle d'une voix toujours calme et patiente. Je me suis retournée pour le regarder tout en passant une brosse dans mes cheveux et en me creusant en même temps la tête pour savoir si j'avais laissé mon ordinateur portable au magasin hier. Et où était mon sac ?
La prochaine chose que Carlisle me dit, me fit perdre la tête.
« Bella, on est dimanche », me dit-il alors que son ton était légèrement amusé.
Je me tenais là, mon jean dans une main et une brosse à cheveux dans l'autre. « Hein ?
– C'est dimanche, répéta-t-il. Et si j'ai raison, tu ne travailles pas le dimanche »
J'ai cligné des yeux. « C'est dimanche ? »
Ravalant un sourire, il hocha la tête. « Oui.
– Tu es sûr ?
– Assez »
Mes épaules s'affaissèrent alors que je laissais échapper un soupir de soulagement, mon cerveau se rattrapant enfin. Dimanche. Et aussi mon dernier jour à Buffalo. Nous partions ce soir pour l'Alaska. « Pourquoi tu ne l'as pas dit avant ? »
Un rire doux quitta les lèvres de Carlisle. « J'ai essayé. Tu n'écoutais pas »
Je soupirai de nouveau, exaspérée par moi-même tout en laissant le jean et la brosse à cheveux glisser de ma prise et tomber au sol. Carlisle baissa les yeux sur le couvre-lit, semblant toujours ravaler un sourire. C'est à ce moment-là que je remarquais qu'il était à moitié habillé, et j'étais vaguement irritée face au pantalon qu'il portait. Mon train de pensée fut interrompu alors qu'il me regardait à nouveau, cette fois un sourire non réprimé s'épanouissant sur ses lèvres.
« Quoi ? » interrogeai-je en me demandant si mon comportement d'une minute plus tôt l'amusait autant.
Il secoua la tête, souriant toujours. « Rien. C'est juste que… eh bien, j'aime ce que tu portes en ce moment. Ça te va bien »
Confuse, je regardai mon corps car j'étais seulement capable maintenant de me concentrer sur ce que j'avais mis dans ma hâte. C'était sa chemise bleue boutonnée.
Et la plupart des boutons étaient encore défaits.
Je rougis puis le regardai sous mes cils. « Oups. Désolée » Je fis le mouvement pour l'enlever mais Carlisle secoua la tête.
« Tu peux bien sûr la garder. Crois-moi, ça te va beaucoup mieux qu'à moi »
La chemise était évidemment beaucoup trop grande pour moi, mais j'avais toujours le sentiment qu'il pensait vraiment ce qu'il disait. Je m'approchai du lit, mes doigts attachant quelques boutons avec taquineries mais laissant le reste de la chemise ouverte. Le regard de Carlisle était telle une touche physique alors qu'il me regardait ramper sur le lit et m'installer à côté de lui.
« Ça me va, hein ? demandai-je en souriant. Et que vas-tu dire aux autres quand tu rentreras sans chemise ? »
Ses épaules se soulevèrent en un haussement. « Peut-être que je ne rentrerai pas. Je pourrais rester ici » La lueur dans ses yeux était espiègle.
Je ris doucement alors qu'il déposait un baiser sous mon oreille. « Je n'ai rien contre ça, crois-moi. Mais nous devrons sortir de cette pièce à un moment donné. Comment vas-tu l'expliquer à ta famille lorsque tu reviendras sans chemise ? Parce que je pourrais ne pas te la rendre, tu sais.
– Ça ne me dérangerait pas, murmura-t-il tandis que ses lèvres plaçaient maintenant un baiser sur chacune de mes joues. Et je peux toujours dire la vérité – que la femme qui a volé mon cœur a commencé à également voler mes vêtements »
Il y avait un chœur de « ohhh » dans ma tête. Souriant, je fermai les yeux alors qu'il se penchait sur moi, sa bouche froide se déplaçant pour presser de doux baisers rapides sur mon front. « Et qu'en diraient-ils ? » me demandai-je.
Il se recula pour voir mon visage puis ses doigts s'approchèrent pour glisser une mèche de mes cheveux derrière mon oreille. « Je suis certain qu'ils seront ravis de l'entendre.
– Vraiment ? demandai-je en devenant maintenant un peu plus sérieuse. Tout le monde ? »
La lueur dans les yeux de Carlisle devint songeuse. « Eh bien, Jasper et Alice savent déjà ce que je ressens pour toi, tout comme Edward » Une lueur d'hésitation passa à présent sur ses traits, et je savais ce qu'il pensait. Comment Edward réagirait-il la prochaine fois qu'il verrait Carlisle ? Être télépathe et apprendre tout ce qui s'était passé la nuit dernière ne prendrait pas longtemps, que Carlisle et moi voulions ou non qu'il le sache. Hier lorsque j'avais parlé à Edward de Carlisle et moi, j'avais eu l'impression qu'il avait fait le premier pas vers l'acceptation de notre relation. En reculerait-il de deux à présent ? Quelque chose me disait que de telles informations seraient un peu trop lourdes à supporter pour lui, peu importe combien il essayait d'accepter ma relation avec Carlisle.
Mais c'était une chose hors de notre portée. En fin de compte, Carlisle et moi ne pouvions qu'espérer qu'Edward l'accepterait un jour.
« Je me demande ce qu'Esmée va en dire. A propos de toi et moi, demandai-je à voix haute en essayant de détourner mes pensées d'Edward.
– Je suis sûr qu'elle sera ravie et très heureuse pour nous deux. Quand elle a rencontré Miguel il y a toutes ces années… eh bien, je ne pense pas qu'elle ne se soit jamais complètement pardonnée pour ce qui m'était arrivé, à elle et à moi après ça. Même si elle savait que c'était hors de son contrôle, et même si je lui ai dit que je n'avais aucun ressentiment à son égard à cause de ce qui s'était passé… Pourtant, je crois qu'elle s'est toujours sentie coupable, sachant qu'elle m'avait involontairement brisé le cœur. Alors, je crois que me voir heureux avec quelqu'un d'autre la rendra très heureuse »
J'ai hoché la tête tout en étendant mes mains derrière son cou. Le froid du haut du corps de Carlisle s'infiltra à travers la fine chemise, mais cela ne me dérangeait pas. « Je sais. Avant de partir pour leur lune de miel avec Miguel, elle m'a dit qu'elle s'inquiétait parfois pour toi »
Carlisle haussa un sourcil. « Ah bon ? »
J'ai hoché la tête. « Elle avait dit qu'elle se sentait parfois responsable de la douleur qu'elle t'avait causée et que tu lui manquais. Et elle m'a dit qu'elle ne voulait pas que tu sois seul – que tu méritais bien plus » Je souriais maintenant. « Et je ne peux m'empêcher d'être d'accord »
Il répondit à mon sourire avec un autre. « Eh bien, je suis loin d'être seul maintenant Bella. Je t'ai.
– Suis-je suffisante ? » l'interrogeai-je en étant à la fois sérieuse et espiègle.
La lueur dans ses yeux était à la fois tendre et sérieuse. « Tu es tellement plus que suffisante, ma chérie. En fait, ce n'est pas moi qui mérite le plus – c'est toi. Et je passerai le reste de mes jours à essayer de te rendre heureuse, et je m'efforcerai de rattraper chacun de mes défauts et imperfections.
– Comme si tu en avais même un seul, murmurai-je doucement et en riant légèrement. Et même si tu en as… je veux chacun d'entre eux. Si seulement, tu acceptes les miens »
Il se pencha plus près, capturant mes lèvres avec les siennes. Le baiser était doux, tendre mais ça ne l'empêcha pas de me couper le souffle. « Je veux chaque part de toi Bella, murmura-t-il. Chaque partie.
– Tu les as », promis-je. Parce que c'était vrai ; j'étais déjà à lui. Je l'étais depuis longtemps.
Il y avait de l'émotion dans les yeux de Carlisle. Une émotion si profonde et intense qu'elle me fit mal à l'intérieur. Personne ne m'avait jamais regardée comme ça, et j'étais certaine que personne d'autre ne me regarderait ainsi, aussi longtemps ou le peu de temps que je vivrais.
Une pensée me vint alors, ou le souvenir d'une pensée plutôt. Tous ces mois auparavant, je me suis souvenue avoir pensé à quelqu'un qui viendrait un jour voler son cœur. A l'époque, je n'avais pas de sentiments pour lui – ou peut-être était-ce le cas mais que j'avais refusé de reconnaître leur existence. Je me souvenais m'être demandé si Carlisle avait soif de rencontrer quelqu'un qui serait le miroir de son âme, quelqu'un qui lui ressemblerait. Je me souvenais m'être demandé s'il attendait ce jour grandiose qui avait jadis été donné à Esmée et Miguel, à Alice et Jasper, à Carmen et Eleazar. Je me suis rappelé le sentiment que cette pensée avait provoqué, comment quelque chose en moi avait semblé se briser et se décomposer en petits morceaux.
Mon cœur souffrait toujours de cette pensée. Le concept entier du lien entre compagnons, et la formation de ce lien, était évidemment au-dessus de ma compréhension. Mais il y avait une chose que je comprenais, c'était qu'il y avait une possibilité que cela puisse l'éloigner un jour de moi, et une fois que je serais devenue moi-même immortelle, je pourrais également aussi être éloignée de lui. Alice avait dit que ce n'était pas le cas pour tous les vampires, que beaucoup avaient passé une éternité sans en faire l'expérience. Tout comme certaines personnes recherchaient l'amour tout au long de leur vie sans le trouver. Soit on le trouvait, soit on ne le trouvait pas, avait-elle dit. Mais même si cela n'était qu'une petite possibilité plutôt qu'une probabilité probable, que juste un peut-être qui pourrait un jour avoir lieu… même ainsi, l'idée de me retrouver séparée de Carlisle me semblait inimaginable. L'idée de ne pas passer le reste de mes jours avec lui… tout mon être en souffrait.
On disait que le véritable amour n'était pas égoïste, et c'était peut-être le cas. Mais ce n'était peut-être qu'une partie de l'équation. Peut-être que le véritable amour était censé blesser parfois, en particulier un amour désintéressé. Et finalement perdre cet amour, devoir y renoncer… si ça ne faisait pas mal, qu'est-ce qui se passerait alors ? Et si ça ne faisait pas mal du tout, avait-on vraiment perdu quelque chose ?
« Qu'est-ce qu'il y a ? » demanda calmement Carlisle en scrutant l'expression sur mon visage. Il suivait du doigt la longueur de ma mâchoire.
Je fus sur le point de le lui dire, voulant qu'il me rassure lorsqu'il s'agissait de telles pensées, mais finalement, j'ai secoué la tête en sachant que même lui ne possédait pas de réponses à tout ça. Je me suis rappelé que je l'avais avec moi à cet instant. En ce moment, il était à moi et j'étais à lui, et ce petit moment valait tous les ennuis, l'agonie et le chagrin auxquels nous pourrions un jour faire face. C'était peut-être une pensée naïve, mais c'était aussi sincère.
« Rien », lui dis-je en lui souriant tristement. Mes pensées revinrent au sujet précédent, j'ai poussé un soupir. « Je me demande ce que Rosalie et Emmett diront quand ils apprendront que toi et moi sommes ensemble » Je fronçai les sourcils en repensant à ces trois jours interminables où j'avais passé des heures dans le bureau de Carlisle alors qu'il était en Italie. J'ai pensé à Rosalie, à la façon dont elle s'était soudainement approchée de moi une nuit.
« Tu passes beaucoup de temps ici »
Ses paroles avaient été innocentes, mais je me demandai pourtant s'il n'y avait pas eu quelque chose de plus derrière elles.
« Parce que… c'est le bureau de Carlisle ? »
La voix de Carlisle brisa ma rêverie. « Je suis sûr que cela pourrait leur prendre un certain temps pour s'y habituer, mais je pense que ce qui compte le plus pour eux, c'est que nous sommes tous les deux heureux, me répondit-il en répondant à mon interrogation précédente. Il s'est passé tellement de choses ces dernières semaines. Mais une fois que tout se calmera et que nous arriverons en Alaska… nous devrions peut-être en parler bientôt. Avec toute la famille »
J'ai hoché la tête en souriant. « Ça me plairait. Je ne veux pas faire attention tout le temps lorsque je serais près de toi. Au cours des derniers jours où j'ai passé du temps chez toi, j'ai dû me rattraper au moins dix fois alors que j'étais sur le point de t'embrasser ou autre »
Il rit doucement. « Eh bien, cela aurait une déclaration adéquate. Je pense que cela nous aurait épargnés d'utiliser des mots »
Je ris légèrement. « Je dois cependant me demander si ce sera vraiment une surprise pour quelqu'un quand nous leur annoncerons finalement. J'ai l'impression que Rosalie pourrait avoir aussi une certaine intuition nous concernant »
Un froncement de sourcils curieux apparut sur ses traits. « Comment ça ?
– Pendant que tu étais en Italie, elle est venue me voir un soir. Et elle a continué de laisser tomber des commentaires – ils étaient très innocents, mais j'ai toujours eu le sentiment qu'il y avait plus derrière eux que ce qu'elle laissait paraître. J'ai passé beaucoup de temps dans ton bureau pendant ton absence, et elle l'a fait remarquer.
– Humm » Carlisle fronçait toujours les sourcils, son expression soudainement prudente. « J'espère qu'elle ne t'a rien dit de désagréable. La plupart du temps, Rosalie veut bien faire, mais parfois elle peut paraître légèrement… »
J'ai secoué la tête. « Ce n'était pas ainsi. En fait, nous avons eu une très bonne conversation. Et à la fin, nous n'avons pas beaucoup parlé de toi et moi.
– Oh ? De quoi avez-vous discuté alors ? Si cela ne te dérange pas que je demande.
– Eh bien… nous avons parlé de moi devenant l'une des vôtres. Elle a en fait dit qu'elle appréciait et comprenait la raison pour laquelle j'ai choisi de devenir vampire. Et elle s'est également excusée pour son comportement à Forks et a expliqué pourquoi mon souhait d'être transformée avait été si difficile pour elle à accepter à l'époque »
Carlisle hocha lentement la tête. Ses yeux étaient soudain tristes. « Elle t'a dit comment elle est devenue vampire ?
– Elle a raconté des brides, mais pas toute l'histoire. Mais elle n'a pas été obligée de le faire »
Il acquiesça de nouveau.
J'ai hésité. « Alice m'a dit plus tard que… eh bien, j'ai eu l'impression que c'était le fiancé de Rosalie. Et je me demandais… s'en est-il sorti ? »
Il secoua la tête. « Pas exactement. Ses amis non plus »
Amis. J'espérais qu'il ne voulait pas dire ce que je pensais qu'il voulait dire. Mais la lueur dans les yeux de Carlisle fut soudainement froide alors qu'il regardait dans le vide. Il était retourné des décennies en arrière. Je me suis soudain sentie nauséeuse.
« Comment… ? » commençai-je en ne sachant pas vraiment quoi demander, ni comment le demander. « Est-ce que quelqu'un les a dénoncés à la police ou autre ? Toi ? Ou Edward ? »
Il secoua la tête. « Les forces de l'ordre ne furent pas impliquées. La seule chose que les habitants de la ville de Rochester ont su à la fin, c'était que Rosalie Lilian Hale avait disparu dans des circonstances obscures. Et l'homme qu'elle devait épouser… eh bien, il avait été retrouvé mort quelques mois après » Il s'arrêta, hésitant. « Tout indiquait le suicide »
J'inspirai lentement. « Pourtant… ? » demandai-je en sentant qu'il y avait plus.
Carlisle me regarda, prenant ma main et la caressant du bout de ses doigts. Il semblait profondément plongé dans ses pensées. « Ce n'était pas un suicide, même s'il était plus pratique de laisser les gens croire à cette conclusion. Mais ce fut extrêmement difficile pour Rosalie de permettre aux gens de penser que Royce s'était suicidé, soi-disant parce qu'il avait perdu sa fiancée quelques temps auparavant. Elle voulait que tout le monde sache ce qui s'était réellement passé, ce qu'il était vraiment… mais c'était impossible bien sûr, étant donné le nouvel état de Rosalie. Elle regrettait souvent d'avoir été… si discrète sur la façon dont elle avait géré l'affaire. Elle a regretté plus tard d'avoir fait ressembler la mort de son fiancé à un suicide… et la mort de ses amis à des accidents »
Je l'ai regardé. Cela me prit un peu de temps avant que je comprenne ses propos.
« Elle les a tués ? » demandai-je d'une voix plate. J'étais trop choquée pour paraître même incrédule.
Carlisle acquiesça, évitant mes yeux. « Elle était encore dans son année de nouveau-né quand… quand tout cela s'est produit. Elle a pris soin de ne pas répandre de sang pour éviter la tentation de se nourrir, mais même ainsi, sa maîtrise de soi m'a étonné. Être capable d'être près des humains à un stade aussi précoce… »
Maintenant, je comprenais pourquoi Alice avait dit une fois que même si Rosalie avait tué des gens, elle n'avait jamais goûté au sang humain.
J'observai Carlisle de près. Il y avait une ride profonde entre ses sourcils, et il s'accrochait toujours à ma main tandis que son pouce traçait maintenant des cercles machinaux sur ma peau. La lueur dans ses yeux était entre le regret et le chagrin.
« Je ne savais pas au début ce qu'elle avait l'intention de faire, continua-t-il doucement. Elle était très réservée après sa transformation. Je n'y pensais pas beaucoup à l'époque. Je savais qu'elle devait faire face aux changements apportés par cette nouvelle vie, sans parler du fait qu'elle devait gérer les évènements traumatisants qui avaient conduit à la fin de sa vie humaine, et je pensais que c'étaient les raisons pour lesquelles elle cherchait la solitude. Je lui ai bien sûr offert mon aide, mais elle l'a refusée. Au début, j'ai pensé que c'était parce qu'elle avait perdu confiance en tous les hommes dû fait de ce qui lui était arrivé. Mais ce n'était qu'une partie de la raison. Rosalie n'a pas exactement caché le fait qu'elle me méprisait pour l'avoir transformée, pour l'avoir condamnée à cette vie éternelle. Plus d'une fois, elle m'a dit que j'aurais dû partir et la laisser mourir dans cette rue » Il fit une pause pendant un moment, sa voix devenant plus douce quand il finit par poursuivre. « J'ignorais si elle m'avait pardonné de l'avoir transformée. C'est pourquoi j'ai été surpris qu'elle soit restée avec nous, même après la fin de sa période de nouveau-né. Elle s'est rapidement liée d'amitié avec Esmée et j'étais content qu'elle l'ait fait. Elles avaient des antécédents similaires » Il me jeta un coup d'œil à ce point de son récit avant de recommencer à regarder dans le vide.
« Je ne le savais pas », avouai-je.
Carlisle hocha la tête, songeur. « Les parents d'Esmée l'ont mariée avec un homme qui était violent. C'était avant que son enfant ne meure et avant que je ne la trouve. Il était compréhensible que Rosalie ait recherché la compagnie d'Esmée plus que la mienne ou celle d'Edward. Elles ont pu se soutenir et se réconforter d'une manière que je ne pouvais » Il fit une pause, passant une main sur son visage d'une manière très humaine avant de revenir au sujet précédent. « Je ne sais toujours pas si j'ai fait la bonne chose… en la laissant faire ce qu'elle a fait à ces hommes. En regardant en arrière. Edward m'a dit ce qu'elle avait l'intention de faire dès qu'il l'a lu en elle. J'ai d'abord essayé de l'en dissuader, suggérant que la justice pourrait peut-être être rendue d'une autre manière. Mais nous savions tous que Rosalie était la seule preuve de ce qui lui était arrivé – et il n'y avait aucun témoin oculaire cette nuit-là. Et… elle pensait qu'il n'y avait pas de punition, aucune peine, qui pourrait expier ce que ces hommes lui avaient fait » Sa tête s'abaissa. « J'ai accepté. Aussi mal que cela était de rendre la justice soi-même comme ça… j'ai quand même donné mon accord »
Je serrai doucement sa main. « Tu n'aurais pas pu faire plus que tu n'as fait pour l'arrêter, lui dis-je.
– Mais j'ai permis que cela se produise.
– Il y a des choses dans ce monde que tu ne peux pas empêcher, lui rappelai-je. Tu as mentionné plus tôt quelque chose au sujet des défauts et lacunes. En fait, c'est probablement ton pire défaut. Tu es si compatissant, toujours si disposé à faire ce qui est bien, qu'un jour la simple impossibilité de cela va te briser le cœur » Je m'arrêtai, encadrant son visage de mes mains. « Et peut-être que Rosalie avait raison. Je ne dis pas que c'est bien de tuer un autre être humain, mais peut-être qu'il n'y avait pas de punition assez sévère pour ces hommes. Peut-être qu'elle a même sauvé quelqu'un du même sort en faisant ce qu'elle a fait.
– Peut-être », murmura-t-il toujours pensif.
Mes pensées prirent une tournure soudaine alors que je me souvenais brusquement de cette nuit à Port Angeles plusieurs années plus tôt. J'avais été à une longueur de cheveux de la position dans laquelle s'était retrouvée Rosalie. Je savais que je ne souhaitais ce genre de peur que j'avais ressentie à personne. Edward était arrivé à temps pour me sauver, rien de mauvais ne m'était arrivé, mais je n'avais réalisé que plus tard à quel point cela avait été proche. Un frisson me parcourut à cette pensée. Cela attira l'attention de Carlisle et il recula. Je me suis accrochée à lui, mes mains glissant de son visage vers ses épaules pour le garder près de moi.
« Tu as froid, protesta-t-il doucement en me faisant secouer la tête.
– Ce n'est pas pour ça, expliquai-je en fronçant les sourcils. Je viens juste de repenser à quelque chose qui s'est passé il y a longtemps » A la recherche de mes mots, je levai les yeux vers son visage et me demandai comme en parler. Mais en même temps, je me demandai s'il était sage de le lui faire savoir. « En pensant à ce qui est arrivé à Rosalie… ça m'a fait m'a fait me souvenir de quelque chose qui m'est presque arrivé » Le froncement de sourcils de Carlisle s'approfondit et je me dépêchai de m'expliquer avant qu'il ne s'inquiète. « Peu de temps après avoir déménagé à Forks il y a toutes ces années, je me suis rendue à Port Angeles avec deux camarades de classe. Je me suis séparée d'elles pour aller dans une librairie, et je me suis perdue sur le chemin du retour. Il faisait sombre et je ne savais pas où j'étais… et pendant que je cherchais le bon chemin, je suis tombée sur un groupe d'hommes qui étaient… eh bien, disons juste qu'ils n'étaient pas des gentlemen et qu'ils ne m'ont pas exactement proposé de m'indiquer la bonne direction » Je fis une pause pour scruter son visage ; ses yeux étaient devenus froids. Je ne l'avais jamais vu ressembler à ça. « Edward est apparu avant que quelque chose ne se passe. Je ne sais pas s'il ne t'en a jamais parlé. C'est arrivé même bien avant que je ne découvre que vous étiez des vampires »
Carlisle acquiesça, laissant échapper un souffle exagérément calme. « En fait, il m'a raconté ce qui s'était passé »
Je fronçai les sourcils de surprise. « Ah bon ? »
Il acquiesça de nouveau. « Il est venu vers moi après t'avoir ramené à la maison ce soir-là. Il se débattait avec lui-même, avec sa colère »
Cela ressemblait bien à Edward. J'acquiesçai d'un air absent tout en faisant glisser mes doigts le long des bras de Carlisle d'une manière apaisante. « J'ai repensé plusieurs fois à cette nuit plus tard » J'ai dégluti. « Je ne l'ai jamais signalé. Cela me dérange de n'en avoir jamais parlé à personne. Surtout à Charlie – il ne m'aurait probablement plus laissée sortir de la maison s'il l'avait découvert – mais j'ai réalisé plus tard que cela avait été un tort de ne pas le signaler. Parce que… » Je déglutis à nouveau. « Et si quelqu'un d'autre avait pris ma place ? »
Carlisle secoua la tête. « Personne n'a pris ta place », m'assura-t-il en me faisant froncer les sourcils. Il commença à s'expliquer. « Quand Edward est venu me trouver ce soir-là, il a demandé mon aide. Il savait qu'il ne pouvait se fier à lui-même pour contrôler sa colère s'il avait essayé de régler les choses par lui-même, et c'est ainsi que nous sommes retournés ensemble à Port Angeles cette nuit-là »
Mes sourcils se relevèrent de surprise – je n'en avais jamais entendu parler auparavant.
« Edward m'a conduit au bon endroit, poursuivit-il. Il était trop en colère pour rester, alors je lui ai dit de partir.
– Qu'est-ce que tu as fait ? » demandai-je d'une voix frêle.
Carlisle haussa les épaules. « Juste un petit quelque chose qui impliquait un sédatif lourd. Il s'est avéré que l'un des hommes qui t'avait harcelé était recherché dans les États du Texas et de l'Oklahoma.
– Pour quoi ? » demandai-je tout en n'étant pas tout à fait certaine de vouloir le savoir.
Il secoua la tête, évitant mon regard. « Ça n'a pas d'importance.
– Dis-moi », l'interrogeai-je en me demandant si je voulais intentionnellement me causer des cauchemars. Il secoua de nouveau la tête. « Carlisle, dis-moi »
Il hésitait toujours, poussant un gros soupir. « Il était présumé violeur et tueur en série », révéla-t-il d'une voix calme.
Je me sentie devenir glacée et j'essayai de ne plus y penser. Carlisle continua son histoire, probablement pour me distraire exprès. « Je l'ai sorti de l'État, murmura-t-il. Je l'ai conduit en Oregon et je l'ai laissé dans une ruelle à quelques mètres d'un poste de police après l'avoir dénoncé aux autorités. Ce fut aux nouvelles le lendemain matin »
Je secouai la tête, toujours déconcertée par sa révélation. « Je l'ai manqué. Edward ne m'a jamais rien dit de tout ça.
– Il ne voulait pas que tu t'inquiètes, dit Carlisle. Et je n'aurais rien dit si tu n'avais pas fait part de tes préoccupations. Tu peux être rassurée personne n'a été blessé à ta place. Cet homme passera le reste de ses jours en prison »
Je laissai échapper un souffle calme. « Merci d'avoir fait ce que tu as fait », dis-je doucement. Pas que j'en attendait moins de lui, et j'étais certaine qu'il aurait fait ce qu'il avait fait pour n'importe qui d'autre, mais c'était une sensation écrasante – mais d'une manière chaleureuse – de réaliser que Carlisle avait pris soin de moi comme ça avant que nous nous connaissions vraiment.
Il prit doucement mon visage en coupe avec ses mains, la lueur dans ses yeux était très tendre. Puis l'expression de son visage devint songeuse, presque triste ça me fit me demander s'il pensait à nouveau à Rosalie. Après un moment, il confirma mon intuition alors qu'il recommençait à parler.
« Je me suis demandé plus tard, si j'aurais dû traiter les agresseurs de Rosalie de la même façon, émit-il songeusement. C'est très difficile d'avoir à réfléchir et de réaliser que certaines choses auraient pu être gérées différemment. Et je ne parle pas seulement de la laisser se venger de ces hommes. Je parle aussi d'autres choix que j'ai faits. Si quelqu'un faisait remonter le temps et que je devrais revenir au moment où j'ai transformé Rosalie… je ne peux pas dire si je choisirais de le faire. Sachant ce qu'elle ressentait vis-à-vis de cette nouvelle vie, prendre une décision différente devrait être simple. Après tout, elle m'a dit plus d'une fois qu'elle aurait préféré la mort à cette vie éternelle. Mais là encore, comment pourrais-je choisir de la laisser mourir ? A bien des égards, elle est comme une fille pour moi » Il secoua la tête. « Sa réaction à cette nouvelle vie… eh bien, cela m'a laissé plus prudent. C'est pourquoi le jour où elle m'a amené Emmett, ce fut encore plus difficile de faire le choix de lui sauver la vie. Tu peux imaginer à quel point j'ai lutté contre moi-même au moment où Rosalie m'a demandé de changer Emmett pour elle. Elle ne se faisait pas assez confiance pour le faire elle-même. Il avait été mutilé par un ours et il avait perdu beaucoup de sang. C'était soit la mort, soit cette vie pour lui. Tu connais la fin que j'ai finalement choisi, même si je craignais de le condamner au même sort que Rosalie » Il fit une pause, et avec surprise, le froncement de sourcils disparut. « Emmett s'est cependant rapidement adapté à cette nouvelle vie. Et l'effet qu'il a eu sur Rosalie… elle est devenue une personne entièrement différente.
– C'est ce qu'elle m'a dit, révélai-je. Elle a dit également qu'Emmett lui avait donné le bonheur qu'elle pensait avoir perdu pour de bon. Et elle a dit aussi qu'elle t'avait pardonné. Et qu'elle se sentait mal parce qu'elle ne te l'avait jamais dit »
Carlisle haussa les sourcils. « Elle a dit ça ? » demanda-t-il. J'ai hoché la tête. Il est resté silencieux pendant longtemps. « C'est bon à entendre », murmura-t-il finalement.
J'ai joint nos doigts, caressant distraitement la peau de marbre fraîche de sa main. « Quand tu as dit que la réaction de Rosalie lorsqu'elle est devenue vampire t'a laissé prudent… cela signifie-t-il que tu as des doutes quant à me transformer ? »
J'ai rencontré son regard, observant attentivement ses traits alors qu'ils se revêtaient d'une expression pensive. « Je trouve ça réconfortant que cela soit toi qui ais pris cette décision, émit-il songeusement. Ce serait différent si quelque chose d'inattendu se produisait et que je ne sache pas ce que tu ressentes à ce sujet. D'avoir la vie de quelqu'un entre ses mains comme ça… » Il secoua la tête, à court de mots. « C'est pourquoi te transformer sera… enfin, pas facile, mais différent. Parce que je sais ce que tu ressens à ce sujet.
– Mais ? » demandai-je.
Il sourit doucement. « Comment savais-tu qu'il y avait un mais ?
– Je peux le voir dans tes yeux, déclarai-je en riant doucement avant de réfléchir à nouveau. Et tu as également dit que me transformer ne sera pas facile, ce qui suggère que tu as d'autres inquiétudes quand il s'agit de cette affaire »
Il regarda nos mains liées pendant un moment. « Je sais que je l'ai déjà dit mais… j'aurais aimé que tu ais à prendre cette décision dans des circonstances différentes, émit-il songeusement. Te forcer à faire un choix comme celui-ci alors qu'il y a une épée au-dessus de ta tête… ça fait très mal, c'est aussi simple que ça. C'est un grand prix que tu payes, et une fois que cela sera fait… il n'y aura pas de retour en arrière »
J'ai hoché lentement la tête, resserrant ma prise autour de sa main. « Je comprends pourquoi cela te dérange. Mais toutes ces choses que tu as dites… j'en suis consciente. Je ne dis pas exactement que je sais à quoi cela va ressembler une fois finie. Pour être honnête, penser à ce qui est à venir me fait peur car je sais qu'il y aura de la souffrance et du chagrin. Beaucoup. Si c'était juste moi qui devrais le vivre et que mes parents n'auraient pas à souffrir… ce serait évidemment alors beaucoup plus simple » Je m'arrêtai, regardant nos doigts entrelacés. « Cela me donne cependant de l'espoir, de savoir que vous avez tous réussi. Tu as perdu ton père. Edward a perdu ses parents. Esmée a perdu son enfant, Rosalie son avenir… et je suis certaine qu'Alice, Emmett, Jasper et Miguel n'ont pas abandonné leur vie humaine sans aucune cicatrice. Mais vous avez tous réussi. Vous avez tous survécu à cela. Le sachant… cela me donne de l'espoir qu'un jour dans l'avenir, je pourrai également dire que j'ai survécu. Peut-être que cela prendra dix ans, peut-être cent. Peut-être même plus. Mais je ne peux qu'espérer que ce jour viendra finalement »
Carlisle leva sa main libre pour caresser ma joue. « Ce sera le cas, assura-t-il. Et pendant que tu attendras que ce jour arrive… tu ne seras pas seule. N'oublie pas cela »
J'ai hoché la tête, fermant les yeux alors qu'il se penchait plus près pour appuyer un baiser sur ma tempe.
« J'aurais aimé pouvoir faire en sorte que tu n'ais à perdre personne, quelles que soient les circonstances, murmura-t-il.
– Je sais, dis-je doucement. Mais tout ce qui s'est passé… ce n'est pas ta faute, et ça ne dépend pas de moi » J'ai dégluti. « C'est juste la vie j'imagine. Parfois, il s'agit d'abandonner quelque chose. De perdre.
– Il peut aussi s'agir de gagner, me rappela-t-il doucement. A propos de découvrir quelque chose que tu n'aurais jamais pensé pouvoir trouver. Si j'ai appris quelque chose pendant près de quatre siècles que j'ai été en vie… »
J'ai souri en ouvrant grand les yeux. « Que quoi ? Que derrière chaque nuage se trouve une lueur d'espoir ? »
Carlisle sourit également, dessinant la forme de mes lèvres avec son index. « Quelque chose comme ça, oui »
Je voulais le croire. Je l'ai cru. Comment ne le pourrais-je pas ? Il savait de quoi il parlait après tout. Il avait connu plus de pertes et de chagrins au cours de sa vie que je ne pourrais jamais l'imaginer. Et pourtant, s'il pouvait croire aux lueurs d'espoirs, au lever de soleil après l'obscurité, au ciel bleu après la tempête… je pourrais peut-être apprendre à y croire aussi. Parfois, une lueur d'espoir était tout ce dont on avait besoin pour continuer.
Je fermai à nouveau les yeux alors que les lèvres de Carlisle capturaient les miennes. Ses bras frais vinrent s'enroulèrent autour de moi, et j'ai tendu les mains pour les serrer derrière sa nuque, le tirant plus près. Et je pensai distraitement que de l'avoir à mes côtés à travers tout ça, qu'il me porte à travers tout ça, si nécessaire…
C'était plus qu'une lueur d'espoir. Tellement plus.
Notes de l'auteur : Pour ceux qui n'ont pas lu le brouillon de Midnight Sun, voici un fait amusant : Carlisle et Edward sont effectivement retournés vers ces hommes qui ont harcelé Bella dans Twilight. Étant donné que Midnight Sun est le propre écrit de Stephenie Meyer, je le considère comme canon même si le livre n'a jamais été terminé ou publié. Vous pouvez trouver le projet sur le site Web de Stephenie Meyer. Toujours en attente du jour où elle reprendra là où elle s'était arrêtée pour qu'elle nous donne la fin du livre…
