Disclaimer : tout appartient à Stephenie Meyer. Cette fiction a été écrite par AylenBc et si possible lisez cette histoire en VO.
Merci à Lia, Paupau15 et noominaome pour leurs reviews :)
« Mais nous devons réaliser –
Ce que notre envie enflammée voulait être !
Nous sommes l'océan et la mer
La terre et la lune l'arbre robuste :
Tout ce qui faisait le « Toi et Moi ».
Et c'est pourquoi j'ai mal.
Je veux recommencer avec toi,
Dans une synergie d'amour proche et captivante »
- Mark R Slaughter -
En attendant le lever du soleil
Le temps, ou son écoulement, semblait avoir une nouvelle nature au cours des deux semaines suivantes. Cela me déroutait et me ravissait à la fois, et je me suis souvent retrouvée à regarder en arrière ma vie humaine, ne comprenant que maintenant le confort et la commodité qu'elle avait. Pendant plusieurs années, travailler, manger, lire et se reposer avait donné le rythme de mes journées, et abandonner ce modèle confortable et épanouissant était légèrement écrasant.
Le fait de travailler me manquait et j'imagine que manger également. La lecture était quelque chose que je pourrais faire après avoir appris à contrôler ma force, donc c'était une chose que je pouvais conserver. Cependant, j'ai réalisé que même si j'avais toujours été une piètre dormeuse, cela me semblait étrange maintenant de ne pas pouvoir me coucher la nuit et de laisser le doux oubli du sommeil m'emporter. Je me suis retrouvée à désirer avoir un moyen de réinitialiser mon esprit, et parfois j'allais voir Jasper pour ça ; il avait rapidement compris ce que je cherchais et envoyait une puissante vague de calme vers moi avant même que je ne doive demander. La sensation ressemblait presque à celle qu'on pouvait avoir lorsqu'on ouvrait les yeux le matin après des heures de sommeil réparateur.
La sensation était agréable, mais ce n'était rien comparé à la sensation d'éveil et de renouvellement que je ressentais chaque fois que j'étais en compagnie de Carlisle.
Parfois j'avais l'impression que c'était presque anormal d'être si heureuse. Il devait sûrement y avoir une limite à ça ? Avait-on déjà permis à une personne d'avoir autant de joie et de bonheur dans sa vie ? Il ne semblait pas y avoir suffisamment d'heures dans une journée pour en savoir plus sur Carlisle, et les interminables nuits que je passais dans ses bras n'étaient pas suffisantes pour assouvir mon désir pour lui. C'était bouleversant et merveilleux, ce besoin constant d'être près de lui. Je me demandais parfois si c'était mon état de nouveau-né sensible qui rendait toutes ces choses si intenses, mais je voyais souvent mon propre émerveillement se refléter dans ses yeux quand il me regardait, et je ressentais également à chaque contact, ce désir constant de rester proche l'un de l'autre. Je savais donc qu'il partageait ce sentiment d'étonnement sans fin avec moi.
Mais comme tout dans le monde, ce bonheur aux allures éternelles avait aussi une face plus sombre. Peut-être y avait-il une loi naturelle qui exigeait des parts égales de bonheur et de misère dans le monde. S'il y avait de la lumière, il devait aussi y avoir des ombres – elles ne pouvaient pas exister les unes sans les autres. Et de temps à autre, ces ombres planaient au-dessus de moi, me rappelant la manière dont le soleil se déplaçait dans le ciel pour briller parfois derrière un arbre. On pouvait encore voir la lumière filtrer à travers les branches, mais une partie du soleil était momentanément cachée, masquée. Parfois, j'imaginais que certaines de ces branches représentaient les défis et les changements que cette nouvelle vie m'apportait.
L'une de ces branches appartenait à la soif. Elle était toujours implacable, et elle apportait beaucoup de problèmes avec elle. Même si Carlisle m'emmenait chasser régulièrement, c'était un peu troublant de voir que la soif ne cessait pas. Elle était toujours là, prête à me rappeler à elle à moins que j'aie quelque chose pour m'en distraire. Ce qui me rendait étonnamment colérique et parfois je me sentais irritée par la moindre petite chose, surtout si je n'avais pas chassé depuis quelques jours. Tout le monde me disait que c'était complètement normal – apparemment, on s'attendait à ce que les nouveau-nés aient des sautes d'humeur sans raison apparente.
Je cassais également des choses, ce qui a soutenu ma décision de ne pas lire jusqu'à ce que j'aie appris à contrôler ma force – j'appréciais trop mes livres. Une fois, j'avais détruit une partie de la rampe en bois de l'escalier en plaçant ma main dessus par habitude. Carlisle s'était contenté de rire, tandis qu'Alice avait pincé les lèvres, semblant compter sans bruit dans sa tête jusqu'à dix pour reprendre patience. J'étais contente qu'Esmée ne fut pas à la maison quand cela s'était produit car elle avait un faible pour cette demeure en particulier. Elle travaillait toujours avec Miguel à la librairie. Ils étaient en train de former une jeune femme prometteuse qui avait commencé à travailler au magasin la semaine précédente. Esmée m'avait dit que je l'aimerais – apparemment, cette future employée possible était un incurable rat de bibliothèque comme moi. Le savoir m'avait énormément plu.
Pour une quelconque raison, Alice avait supposé que mon sens de la mode s'était en quelque sorte amélioré comme par magie maintenant que j'étais devenue vampire. J'aurai pu la décevoir grandement lorsqu'elle n'arrêta pas de m'apporter des tenues extravagantes et que je les refusais toujours. Elle s'en est pourtant étonnamment bien accommodée. Apparemment, elle avait accepté le fait que je ne pourrais jamais m'intéresser aux marques de luxes très chères. Au lieu de ça, elle m'avait en réalité acheté des vêtements normaux auxquels j'étais habituée, comme des jeans, des chandails et des t-shirts. Je m'étais parfois aventurée à utiliser certains de mes vieux vêtements qu'elle et Rosalie avaient rapportés de chez moi, mais la légère odeur humaine qui s'y accrochait était inconfortable, et je ne pouvais pas les porter pendant de longues périodes. Je savais que je n'étais pas du tout dans l'obligation de les porter – après tout Dieu savait combien de vêtements de rechange Alice avait dans son placard insondable – mais même ainsi, j'insistais pour porter mes vieux vêtements de temps à autre, et peu importe l'odeur qui faisait rugir les flammes ardentes de la soif dans ma gorge. Peut-être que j'espérais secrètement qu'en repoussant les limites, je finirais par améliorer ma maîtrise plus rapidement.
Outre la soif et les autres restrictions que cette vie apportait, il y avait d'autres branches dans cet arbre qui obscurcissaient parfois le soleil. Il y avait d'autres ombres qui obscurcissaient parfois la joie que cette nouvelle vie me procurait. Parce que la soif n'était pas la seule chose qui me faisait souffrir il y avait aussi une autre source d'agonie.
La différence était que cette douleur n'était pas physique, et la seule chose qui pouvait la tempérer était le temps.
Environ trois semaines après ma transformation, Carlisle avait récupéré mon téléphone portable à ma demande et composé les deux numéros de mes parents l'un après l'autre. Il avait tenu le téléphone contre mon oreille depuis lors que je pouvais à présent le casser par accident, et il s'était assis patiemment à mes côtés car j'avais d'abord dit à Renée puis à Charlie que j'avais quitté Buffalo. J'aurais pu utiliser j'imagine le haut-parleur, mais je n'avais pas voulu que la mauvaise qualité sonore déforme leurs voix. J'avais souhaité les entendre avec une clarté parfaite, sans aucune interférence. C'était tout ce que je pouvais avoir d'eux maintenant. Leurs voix. Et ces quelques coups de téléphones courts et pleins de mensonges.
Ils avaient été surpris d'apprendre que j'avais décidé de commencer à voyager si peu de temps après avoir vendu la librairie. Après tout, je leur avais donné l'impression de travailler au moins pendant un certain temps avec la nouvelle propriétaire. J'avais inventé une histoire sur une fièvre irrésistible des voyages, et ils avaient semblé y croire. Bien sûr, ils avaient tous les deux remarqué le changement dans ma voix. Elle était plus claire et légèrement plus haute, et il y avait un timbre qui n'y était pas auparavant. J'avais rapidement menti sur le fait que je pouvais avoir la grippe ou autre, pensant distraitement que je devrais apprendre à ressembler à la vieille Bella avant de les rappeler.
L'appel téléphonique à mes parents me laissa étrangement vide et je me suis retrouvée à souvent y penser. Je me suis également retrouvée heureuse à l'idée que Renée avait Phil et Charlie, Sue. Peut-être que me perdre aurait été plus difficile s'ils n'avaient eu personne pour les soutenir le jour venu où je devrais complètement quitter leur vie. J'étais également en quelque sorte ravie – si on peut le dire ainsi – de vivre seule depuis des années et que donc je ne faisais pas partie de la vie quotidienne de mes parents depuis longtemps. Je ne les voyais avant qu'une ou deux fois par an, et je suppose qu'une partie de moi espérait que la distance que les années avaient amenée finirait par leur faciliter la tâche.
Personne n'avait encore évoqué le sujet de la mise en scène de ma mort, mais je savais que cela devait être fait à un moment donné, dans les mois ou les années à venir. Mais pour l'instant, même si je ne pouvais pas les voir, j'étais contente d'avoir pu garder d'une manière ou d'une autre mes parents, du moins pendant encore un certain temps.
Au moins, nous sommes sous le même ciel. Cette pensée silencieuse qui se glissa dans mon esprit apporta à la fois du réconfort et de la tristesse alors que je regardais l'horizon en fin d'après-midi. Il y avait une fissure dans les nuages – j'espérais que le soleil émergerait avant de descendre vers l'ouest et d'amener le crépuscule. J'ai réalisé que j'avais hâte d'être en été. Le mois de mars était devenu avril environ deux semaines plus tôt, apportant un temps plus chaud et de la pluie. La neige fondait rapidement – elle disparaîtrait dans quelques jours si cela continuait ainsi.
Le printemps arrivant embrouillait mes sens avec de nouvelles odeurs fraîches. J'avais toujours aimé l'odeur terreuse du printemps, et grâce à mes sens aiguisés tous ces merveilleux arômes étaient à présent intensifiés. Après avoir déménagé à Buffalo il y a toutes ces années, Renée n'avait jamais compris mon enthousiasme face à l'odeur de la fonte des neiges. Je suppose que le court laps de temps où elle avait vécu à Forks avec Charlie l'avait fait mépriser toutes les choses humides et froides. Il y a environ deux ans, elle m'avait rendu visite avec Phil. Cette année-là, le printemps à Buffalo avait été particulièrement humide et il y avait eu presque tous les jours de la neige fondue pendant leur séjour. Un sourire involontaire se fraya un chemin jusqu'à mes lèvres tandis que je me rappelais comment Phil avait glissé une poignée de neige fondante dans le col de Renée durant une soirée alors qu'ils se promenaient je pouvais encore me souvenir de ses cris bruyants et du rire de Phil.
J'entendis un mouvement derrière moi, quelqu'un escaladant la colline en pente douce. J'attendais là-haut, m'étant installée sur un énorme roche pendant que Carlisle se nourrissait d'un cerf qu'il avait traqué une minute plus tôt. Il y eut une douce brise contre le côté de mon cou alors qu'il s'abaissait à côté de moi. Il se pencha en avant pour poser ses coudes sur ses genoux.
Nous sommes restés assis en silence pendant un moment, regardant le ciel à l'horizon se transformer lentement en cuivre.
Je pouvais sentir Carlisle me regarder, captant le sourire triste sur mes lèvres.
« Tu penses à eux, murmura-t-il doucement. A tes parents »
Je lui lançai un regard surpris, tout en sachant que je ne devrais pas être surprise. Bien sûr, il pouvait savoir ce que j'avais en tête.
« Comment le sais-tu ? » demandai-je.
Ses yeux de topaze sondèrent mon visage. « Tu sembles… préoccupée depuis ces dernières semaines. Depuis que tu les as appelés »
J'ai hoché distraitement la tête. « Ils ont occupé nombres de mes pensées »
Carlisle se rapprocha, enroulant son bras autour de mes épaules et me rapprochant de lui. Je sentis son menton presser le sommet de ma tête. « Aurais-tu aimé les voir plus avant ta transformation ? »
J'ai froncé les sourcils, secouant la tête. « Ce n'est pas exactement ça. Je ne pense pas que je m'attarde sur ce que j'aurais pu choisir de faire différemment. Je ne pense pas que ce soit le passé qui me trouble.
– L'avenir alors ? demanda-t-il doucement. Ce qui les attend ?
– Peut-être » Je fermai les yeux, inspirant profondément et laissant son parfum unique et apaisant me remplir. « Je suppose que je me prépare à l'avance lorsque je songe au moment où ma mort devra être mise en scène. Je sais que cela ne sert vraiment à rien d'y être obséder à l'avance. Habiter l'avenir est aussi inutile que de s'attarder sur le passé »
Il resta silencieux un instant. « Je ne sais pas, murmura-t-il finalement. Parfois, il peut être bon de s'attarder. Pour se préparer à l'avance.
– Je ne pense pas que ce soit moi qui doive me préparer. J'ai eu le temps de traiter ces choses durant des mois – je sais ce qui va arriver. Ce sont mes parents qui en sont parfaitement inconscients » J'ai poussé un soupir tranquille. « Mais ce genre de choses arrive tout le temps, non ? Des gens – des enfants – périssent tous les jours. Certains sont victimes de maladies ou d'accidents. Certains disparaissent et ne sont jamais retrouvés. Mais les parents s'en sortent malgré leurs pertes. Ils continuent. Ils survivent. Pas vrai ? »
Carlisle resta très silencieux pendant longtemps. Son bras se resserra autour de mes épaules. « Certains s'en sortent, murmura-t-il finalement. D'autres avancent mais n'oublient jamais, n'arrêtent jamais de pleurer… comme Esmée. Certains survivent, mais à peine. Et puis, il y a des parents qui ne se remettent jamais. Perdre son enfant… je ne sais pas si un parent peut faire face à une plus grande douleur » Son bras se resserra autour de moi. Le toucher était désolé.
J'ai pressé mon visage contre sa poitrine, lâchant un rire triste et calme. « Pourquoi dois-tu être si honnête ? Ne peux-tu pas me mentir rien qu'une fois ? »
Il plaça un baiser dans mes cheveux. « L'aurais-tu préféré ? »
Je pris une profonde inspiration et la laissai sortir lentement sa chemise sentait l'air frais et la pluie. « Non » J'ai regardé le ciel orangé au loin à l'horizon, et la marée d'arbres en dessous. Le ciel me faisait penser à la Floride, à Renée, aux rayons du soleil couchant qui dansaient sur les vagues de l'océan. Les arbres me rappelaient Forks, la forêt qui poussaient derrière la maison de Charlie. C'était vraiment une bénédiction de voix deux choses si précieuses dans le même décor, de les voir coexister en parfaite harmonie. Je ne voulais pas cligner des yeux c'était un bienfait que ce réflexe humain en particulier ait disparu.
Je reculai pour voir le visage de Carlisle, hésitante. « As-tu déjà… pensé à ton père ? »
Ses yeux devinrent pensifs. « Il est rare qu'il ne traverse pas mes pensées dans une journée. Même si je me souviens très peu de lui… les choses dont je me rappelle, j'essaye de les valoriser. Cela m'apporte la paix, de pouvoir me souvenir des bonnes choses. Sa sagesse, sa quête sans fin pour plaire à son Dieu… bien que nous ne voyions et ne partagions pas tous les deux les mêmes convictions… en dépit de nos différences apparentes, je me suis souvent retrouvé à ce qu'il me manque, ses conseils, pendant mes premières décennies dans cette vie. Il y a des jours où c'est encore le cas »
Je caressai distraitement le côté de son cou, mes doigts traçant les contours de la cicatrice qu'Afton avait laissée. « Y a-t-il eu… un instant particulier, un moment, où il t'a moins manqué ? »
Carlisle ne répondit pas tout de suite. Au début, je pensai que c'était parce qu'il réfléchissait à ma question, mais j'ai vu dans ses yeux qu'il essayait de choisir les bons mots pour me répondre.
« D'une certaine manière, cela s'est simplifié après que suffisamment de temps se soit écoulé après que je sois retourné chez moi pour récupérer la croix de mon père et que je savais que je ne le trouverais pas là-bas. A l'époque, les gens ne vivaient pas jusqu'à un âge très avancé, et quand je suis rentré à Londres, je savais ce qui m'y attendait – ou pour être plus précis, ce qui ne serait plus. Je savais que mon père ne serait pas debout derrière la chaire, donnant le sermon du jour. Quand j'y suis retourné, j'y suis allé avec la connaissance qu'il devait être décédé. Je l'avais accepté » Il s'arrêta. « Et cette acceptation… même si elle m'a causé du chagrin, m'a aussi soulagé, sachant qu'il ne passerait plus ses nuits éveillé et à se demander ce que j'étais devenu. La connaissance de son décès… cela rendit le fait de respirer… plus facile »
Je replaçai ma tête contre sa poitrine, essayant d'envelopper mon esprit autour des choses qu'il avait dites. Je pouvais en quelque sorte comprendre ce qu'il voulait dire par là, en quoi il trouvait le fait de savoir son père mort comme étant un soulagement. Cela me fit me demander s'il me faudrait autant de temps pour trouver le soulagement et la paix. Si mes parents vivaient jusqu'à un âge avancé… dans quarante ou cinquante ans, serais-je aussi soulagée en sachant qu'ils ne pleureraient plus ma perte ? Cette pensée me fit frissonner.
Carlisle resserra sa prise autour de moi. « Je suis vraiment désolé Bella. C'était une chose terrible à dire », chuchota-t-il.
J'ai secoué la tête. « Tu étais juste honnête. Et j'apprécie »
Je l'ai senti presser un baiser sur ma tempe avant de mettre ma tête dans le creux de son cou. Un autre soupir ténu quitta mes lèvres. Le son était plus calme et moins triste cette fois-ci.
« Je suis contente qu'ils ne soient pas seuls, murmurai-je. Je suis contente que ma mère ait Phil. Je suis contente que Charlie ait Sue »
Carlisle me caressa tendrement le bras. « Tu n'es pas seule non plus. Souviens t'en »
Je souris malgré moi et m'éloignai de lui pour voir son visage. « Comme si tu me laissais l'oublier »
Il sourit également et tendit sa main libre pour balayer une mèche de cheveux de ma joue. Puis il se pencha pour capturer mes lèvres des siennes. J'ai fermé les yeux. Le baiser était lent et léger comme une plume il laissait derrière lui une aspiration tranquille, une douleur douce que seul son toucher pouvait apaiser. J'aurais continué à étancher le désir qui bouillonnait en moi, mais quelque chose attira mon attention et perturba ma concentration. C'était un miracle en soi, et sans précédent – de rares choses pouvaient capter mon attention lorsque les lèvres de Carlisle étaient sur les miennes.
C'était la sensation de quelque chose de chaud contre ma peau la température autour de nous n'avait que légèrement augmenté, mais tout de même. Ma peau sensible avait immédiatement remarqué la différence. Perplexe, j'ouvris les yeux et me séparai du baiser, cherchant la source de cette chaleur.
Les rayons du soleil couchant avaient percé le voile des nuages, projetant des faisceaux de cuivre et d'or jusqu'au sol. J'ai regardé mes mains qui étaient sur la poitrine de Carlisle, regardant comment la lumière du soleil faisait briller et scintiller ma peau comme des diamants. J'ai été abasourdie par la vue, mais seulement momentanément. Il y avait autre chose que je devais voir, quelque chose qui je savais me fascinerait plus que tout.
Alors que je levais les yeux pour voir le visage de Carlisle, sa vue m'aurait réduite au silence si je n'étais pas déjà muette. J'ai tendu la main pour toucher sa joue. C'était tout ce que je pouvais faire, car il n'y avait pas de mots. Les rayons dorés du soleil dansant sur sa peau rivalisaient avec l'éclat de ses yeux. Il était difficile de dire lequel prévalait. Il se passa un moment avant que je ne réalise qu'il m'observait de la même façon que je le regardais.
J'aurais pu rester là jusqu'à la fin des temps et juste le regarder. Mais la terre tournait comme insouciante de mes souhaits. Finalement, le soleil tomba derrière l'horizon, nous laissant attendre le crépuscule.
Ou peut-être était-ce le lever du soleil que nous attendions.
Plus tard, alors que nous nous frayions un chemin à travers les bois obscurcissant, je me suis retrouvée à penser à cet arbre – l'arbre qui obscurcissait parfois le soleil. J'ai pensé à ses branches, aux difficultés qu'elles représentaient. Et j'ai pensé que peut-être avec le temps, certaines de ces branches finiraient par se faner et tomber.
Et dans le cas contraire… la vérité demeurait que la terre continuait de tourner. Le soleil se déplacerait à travers le ciel et finirait par émerger de nouveau de derrière cet arbre. S'il y avait des ombres, il y avait aussi de la lumière l'un ne pouvait exister sans l'autre. Cette pensée me donna de la force. Une paix.
J'ai resserré ma prise autour de la main de Carlisle alors que nous marchions lentement. Il se tourna vers moi, ses yeux soudain curieux.
« Alors, dit-il en brisant le silence qui l'accompagnait. J'attends ton évaluation »
J'ai haussé les sourcils. « Sur ? »
Il a souri. « Tu es vampire depuis quelques semaines maintenant. Que penses-tu jusqu'à présent de cette vie ?
– Tu veux des retours ? demandai-je en souriant. Existe-t-il une garantie s'il s'avère que je ne suis pas complètement satisfaite de cette existence ? »
Il me fit un autre sourire avant de me tirer vers lui et de m'embrasser brièvement. Je frissonnai alors que son nez frottait mon cou. « Eh bien, souffla-t-il contre ma peau. Il existe des moyens d'indemnisation si tu constates que tes attentes n'ont pas été complètement satisfaites »
Son ton fit picoter mon échine. Je pris une grande inspiration alors que sa bouche se déplaçait le long de l'angle de ma mâchoire. Puis ses lèvres chaudes sont soudainement parties à l'assaut de mon cou. La sensation de ses lèvres contre ma peau… ça me faisait palpiter le ventre, et former des pensées fut soudain difficile.
« Je voudrais en savoir plus sur ces… moyens de compensation avant de décider, réussis-je à gémir. J'ai besoin d'avoir toutes les informations si je veux faire cette évaluation.
– Cela semble parfaitement juste », murmura-t-il contre mon cou.
Je n'avais pas réalisé à quel point nous étions près de la maison c'est la voix d'Emmett qui me tira de la brume de désir qui avait assombri mon esprit à l'instant où les lèvres de Carlisle avaient touché ma peau.
« Oh, pour l'amour de Dieu, murmura Emmett. J'ai besoin de me passer de l'eau de Javel dans les oreilles »
J'ai gloussé. C'était plutôt amusant qu'Emmett ne puisse pas supporter notre conversation, étant donné qu'il avait passé une bonne partie de son temps lors de ces dernières semaines à jeter des allusions et des insinuations qui devenaient plus vulgaires de jour en jour.
J'entendis Jasper tousser, mal à l'aise. « Tu veux aller chasser ?
– Oui ! s'exclama Emmett en s'accrochant à la suggestion de Jasper comme un noyé à une bouée de sauvetage. Chasser – une excellente idée. Tout pour s'éloigner le plus possible d'ici… »
Carlisle gloussa lorsque nous les entendîmes sortir de la maison, leurs pas les conduisant dans la direction opposée à la nôtre. La maison fut alors exceptionnellement calme Alice avait traîné Esmée et Rosalie pour faire du shopping à New-York, et Edward et Miguel étaient partis chasser plusieurs heures plus tôt avec Eleazar. Je les avais entendus parler d'aller en Ontario.
Cela signifiait que la maison était complètement vide.
Intéressant.
Les lèvres de Carlisle m'ont distraite de mes pensées elles commencèrent à explorer les miennes d'une manière sensuelle et sans hâte. Soudain, il approfondit le baiser, sa langue explorant presque avec exigence la ligne de mes lèvres. Je me suis sentie littéralement fondre contre son corps comme si tous mes os avaient disparu, et ses bras m'ont entourée, me tirant contre lui. J'ai gémi à la sensation de l'avoir si près de moi.
Et puis soudainement, ses lèvres avaient disparu, et je me suis vraiment effondrée de la perte de contact, me sentant étrangement déséquilibrée. Carlisle éloigna les cheveux de mon visage, avec une étincelle dans ses yeux sombres.
« Alors ? demanda-t-il d'une voix basse et silencieuse. Vas-tu répondre à ma question ? »
J'ai dégluti en ayant une étrange envie de secouer la tête pour clarifier mes mécanismes de pensées. « Euh… quelle question ? »
Il gloussa, sa voix étant tout à fait nonchalante et presque formelle alors qu'il parlait. « J'ai demandé plus tôt tes pensées et opinions sur le fait d'être une immortelle. Comment cette vie te paraît jusqu'ici ? »
Il voulait en parler maintenant ? Il s'attendait à ce que je forme une réponse rationnelle après un baiser pareil ?
Je clignai des yeux et inspirai un souffle apaisant, passant encore quelques instants à me calmer. Tout allait bien pour moi. On pouvait être deux à jouer à ce jeu-là.
« Eh bien, répondis-je en caressant les côtés de son cou du bout de mes doigts tout en gardant mon toucher aussi léger qu'une plume. Il y a des avantages et des inconvénients. Dois-je commencer par les inconvénients ?
– Si tu le désires »
J'ai souri innocemment. « Eh bien, il y a évidemment le fait que beaucoup de choses me manquent, comme ma librairie et ma maison. Le café me manque également, avouai-je en le faisant glousser doucement.
– Vraiment ? demanda-t-il. Le café ? »
J'ai hoché la tête. « Oui. Trouves-tu ça difficile à croire ? »
Il fronça les sourcils d'une manière réflexive. « J'ai toujours trouvé son odeur plutôt agréable, mais je crains de ne pas pouvoir en dire autant du goût »
J'ai haussé les sourcils à ça. « Tu as goûté au café ?
– Les cafés ont commencé à émerger quand j'étais jeune. Il y en avait plusieurs à Londres au moment où je suis devenu adulte »
Je fronçai les sourcils de surprise. « Hum. J'ai toujours associé l'Angleterre comme un pays du thé »
Il sourit. « Toi et tout le monde.
– As-tu déjà goûté au café en tant que vampire ? »
Son sourire devint sec à présent. « Eh bien, lorsque je travaille dans les hôpitaux, il y a eu des moments où pour une raison ou une autre, je n'ai pas pu éviter de prendre une pause-café »
Je ris, me penchant vers lui et verrouillant mes mains derrière son cou. « Alors après tout, le grand Carlisle Cullen n'est pas toujours capable d'éblouir ou de dire de belles paroles pour se sortir de chaque situation »
Il avait l'air de vouloir rouler des yeux face à mes taquineries. « Parfois, il faut de petits sacrifices et de la souplesse pour interagir avec les humains. Un inconfort momentané est plus facile à gérer qu'une attention indésirable » Souriant, il me tapota le menton du doigt d'une manière grondante. « Mais maintenant, nous parlons de toi. N'essaye pas de changer de sujet.
– D'accord. Quoi d'autre est sur ma liste d'inconvénients ? » Je fis semblant de réfléchir. « La soif constante est un peu nulle, mais c'est un fait. Cela craint aussi que je ne puisse rien faire de simple ou de normal comme ouvrir une fenêtre sans la briser en éclats. Hum » Je tapotai ma lèvre avec mon index, pinçant mes lèvres d'une manière pensive. « Et puis, il y a cette chose aussi…
– Oh ? Laquelle ? »
Je lui fis un sourire innocent. « Eh bien, ça m'attriste de ne plus pouvoir aller à la plage par une chaude journée étouffante et ensoleillée… et porter un deux pièces »
L'expression de Carlisle devint complètement vide. Supprimant mon sourire, je continuai comme si de rien n'était. « Aimerais-tu entendre ce qui est sur ma liste de pour ? » Mordant ma lèvre, j'ai observé ses yeux flous pendant un moment avant de passer ma main devant son visage. « Allo ? As-tu entendu ce que j'ai dit ? »
Ses yeux se remirent en place. Il expira lentement. « Bien sûr. Ta liste de pour ? »
J'ai souri. « C'est cela. Je suis sûre que tu seras content d'apprendre qu'elle est plus longue que ma liste de contre.
– Je suis plus que ravi de l'entendre.
– Bien. Par où dois-je commencer ? Je dois dire que j'aime énormément le fait que je ne puisse plus trébucher ou tomber dans les escaliers. C'est aussi cool de pouvoir voir dans l'obscurité. En plus de la vue distincte, mon audition précise est aussi un bon bonus, sans parler de mon sens du toucher amélioré… De plus, j'ai hâte de commencer à lire. Je suis sûre que je vais parcourir tous ces livres que tu as dans ton bureau en moins d'un jour »
Il rit doucement et prit ma joue en coupe. « Tu es libre de le faire, ma chérie » Il se pencha pour déposer un bref baiser doux sur ma bouche. « Rien d'autre ? »
Je me mordis pensivement la lèvre. « Eh bien, je pense qu'il est plutôt agréable que grâce à mes sens plus aiguisés, il soit plus qu'improbable que je sois prise par surprise par quoi que ce soit »
Il leva son autre sourcils. « Plus qu'improbable ? »
J'ai haussé les épaules. « Ouais. C'est agréable de savoir que je suis toujours consciente de tout, et que donc rien ne pourra plus jamais me surpren – sainte mère de - ! »
Je n'avais jamais vu Carlisle bouger aussi vite. Mes yeux purent à peine enregistrer son mouvement soudain et souple alors que son corps se penchait en avant et que ses bras attrapaient ma taille. Tout ce que je sus, c'est que le sol sous mes pieds était là un instant auparavant et qu'il avait maintenant disparu, puis le monde s'est retourné. Le grand cri s'échappant de mes lèvres envoya une volée de corbeaux s'envoler dans le ciel qui s'assombrissait à une certaine distance. J'étais partagée entre le fait de crier ou de rire, pour finir par faire les deux alors que Carlisle me soulevait et me hissait par-dessus son épaule.
« Qu'est-ce que tu disais à l'instant ? demanda-t-il innocemment alors qu'il commençait à avancer. « Quelque chose sur la manière dont rien ne peut te surprendre… ? »
J'ai essayé de paraître indignée en répondant, mais le rire qui bouillonnait de temps à temps à travers mes lèvres rendait cela un peu dur. « Très bien, tu as prouvé ton point de vue ! Repose-moi par terre ! Carlisle ! Tu es censé être un gentleman ! »
Il se contenta de glousser et resserra sa prise. Je retins un autre rire, et je dus admettre en quelque sorte que j'aimais ce côté espiègle et imprévisible – Carlisle se lâchait rarement dans quoi que ce soit. J'ai continué à lâcher de timides protestations alors qu'il me portait à la maison, ne recevant que des rires tranquilles et amusés comme réponse. Après quelques secondes, j'entendis une porte s'ouvrir quelque part devant moi, et je me tordis dans sa prise pour seulement qu'il réajuste ma position et resserre sa prise. Les murs et les escaliers défilèrent et je m'attendais presque à avoir le vertige d'être aussi longtemps à l'envers. Si j'avais eu du sang dans mes veines, la plupart de celui-ci se serait retrouvé dans ma tête.
Mais alors que Carlisle ouvrait une autre porte, il changea de position un instant plus tard pour me poser sur quelque chose de doux, je n'étais pas envahie de sensations par le soudain changement de position. La curieuse sensation de vertige était causée par autre chose. Ses lèvres s'étaient écrasées contre les miennes avec une ferveur qui aurait pu brûler de l'acier solide.
« Tu te rends compte, dit-il entre ses baisers passionnés, que tu es encore beaucoup plus forte que moi ? Tu aurais pu te libérer facilement de ma prise si tu l'avais voulu »
J'étais trop occupée à aspirer de l'oxygène dans mes poumons douloureux pour lui répondre immédiatement – pour une quelconque raison, j'avais l'impression que mon corps avait besoin d'air, aussi impossible que cela fusse. « Peut-être que je ne le voulais pas », réussis-je à répondre, incapable de trouver quelque chose de plus spirituel à dire. Ses baisers urgents, son corps qui me pressait contre le lit… tout cela avait fait cesser le processus de pensées rationnelles. Il déposa un autre baiser brûlant sur ma bouche avant de commencer à traîner ses lèvres le long de la ligne de mon cou.
« Est-ce vrai ? demanda-t-il à voix basse. Et pourquoi ça ? »
Alors que soudainement ses dents mordillaient doucement l'endroit où mon pouls aurait dû battre, je venais d'avoir ma première perturbation visuelle en tant que vampires. Ou alors, les vampires pouvaient-ils avoir des hallucinations ? Était-ce possible ? Ce devait être le cas, parce que ma vision devenait étrangement brillante et colorée, et j'essayai de m'accrocher à mes derniers brins de raison, mais en même temps, tout ce que je voulais, c'était me laisser aller. Pourquoi aurais-je besoin de mes sens et facultés de toute façon ? La cohérence était surestimée.
« Il y a quelque chose d'autre sur ma liste de pour, réussis-je à haleter avant que les mains de Carlisle ne se glissent sous mon chemisier. Je n'ai pas eu l'opportunité de dire ce que c'est parce que tu m'as interrompue.
– Ah bon ? » Ses lèvres revinrent aux miennes. Je pouvais sentir l'air caresser ma peau nue alors qu'il tirer mon chemisier vers le haut. Il s'éloigna de mes lèvres pendant un temps pour retirer le vêtement, arrêtant à nouveau mes pensées alors que ses lèvres chaudes commençaient à laisser traîner des baisers le long de mes clavicules.
« Tu l'as fait, et tu recommences, l'accusai-je.
– Je suis terriblement désolé » Cependant sa voix ne sonnait pas du tout ainsi. Je pouvais sentir ses respirations chaudes sur mes épaules alors qu'il tirait sur les bretelles de mon soutien-gorge avec ses dents. Bon sang, c'était torride. Une chaleur lancinante commença à s'accumuler dans mon abdomen, faisant crisper mes orteils et picoter mon corps.
Même dans des situations aussi torrides que celle-ci, Carlisle restait un tel gentleman alors qu'il retirait le reste de mes vêtements, il ne déchira jamais rien. Cela ne m'aurait cependant pas dérangée s'il l'avait fait. Alors qu'il rampait quelques instants plus tard sur mon corps nu, je fus douloureusement consciente qu'il était encore entièrement vêtu. Quel péché. Ses respirations chatouillèrent ma peau alors qu'il embrassait doucement la vallée de mes seins jusqu'à mon cou.
« Alors, à propos de cette liste, réussis-je à dire alors que ses lèvres continuaient leur exploration.
– Laquelle ? » murmura-t-il contre la peau de ma gorge. Mes yeux roulèrent vers l'arrière alors que sa main traînait le long de mon corps nu et recouvrit ma hanche.
« La liste des pour, haletai-je en essayant de me concentrer. Ne pas dormir est définitivement un avantage. Cela laisse tellement plus de temps pour… d'autres choses.
– Tu crois ? » Il déposa un doux baiser au coin de ma bouche avant que ses lèvres ne se déplacent vers la zone sensible sous mon oreille. Un violent tremblement me traversa à la sensation.
« Uhuh », réussis-je à sortir d'une voix haletante. J'avais été presque à nouveau distraite par ses baisers et ses contacts. Sa main traînait lentement le long de ma cuisse, et je dus me forcer à me concentrer. Saisissant ses épaules, je le regardai. « Et tu sais quoi, depuis que tu l'as évoqué il y a un instant… ma force supérieure entre aussi dans cette liste. Elle a ses avantages »
Dans un mouvement fluide, je le retournai et inversai nos positions. Cela prit moins d'une seconde. La lueur dans les yeux de Carlisle fut légèrement hébétée alors que je le clouais au lit et scellais ses lèvres des miennes. Mes mains sont allées travailler sur ses vêtements il y en avait trop. Il portait un cardigan à bouton aujourd'hui – à quoi avait-il pensé en s'habillant comme ça ? Et pour l'amour de Dieu, était-ce une cravate ? Essayait-il de me ralentir exprès ? Mettre autant de vêtements aurait dû être illégal.
Je n'avais pas de patience pour ça. Alors que j'empruntais le côté facile des choses et que je déchirais simplement quelques coutures ici et là pour rendre la tâche de le déshabiller plus rapide, je me demandai distraitement ce qu'en penserait Alice alors que je ruinais comme ça ses vêtements. Eh bien, elle semblait toujours traiter les vêtements comme s'ils étaient jetables et destinés à un usage unique, donc cela ne devrait pas beaucoup la déranger. Après avoir jeté sans ménagement ce qui restait de ses vêtements, j'ai rampé sur son corps nu et je l'ai enfourché tout en plaçant ses coudes sur le lit pour qu'il ne puisse pas bouger. La lueur dans ses yeux était légèrement abasourdie alors que je m'appuyais sur lui, mes longs cheveux s'étalant sur sa gorge et sur les côtés de sa tête tandis que j'appuyais un doux et lent baiser sur sa bouche. Puis je me suis penchée en arrière et je l'ai juste regardé, remarquant paresseusement qu'il essayait de bouger ses bras, mais ma prise serrée sur ses coudes l'en empêchait toujours.
Je lui ai souri d'en haut. « Tu te sens émasculé ? »
Sa poitrine nue trembla d'un rire calme et légèrement essoufflé. « Bien au contraire. Je ne suis qu'enchanté »
Souriant, je me déplaçai le long de son corps, émaillant son cou et sa poitrine de doux baisers. Me redressant sur lui, j'ai déplacé mes mains de ses coudes à ses poignets, mes lèvres commençant à explorer les muscles de son ventre. Il frissonna ostensiblement alors que mes cheveux tombaient sur ses hanches et son ventre, et je l'entendis respirer fortement tandis que ma bouche finissait par errer jusqu'à sa hanche. Il cessa alors de respirer. Sous ma poigne, je pouvais sentir les muscles de ses bras se tendre et fléchir j'ai réalisé qu'il avait les poings refermés sur la couette du lit alors que ma bouche continuait son exploration intime. Je traînai doucement mes dents le long de sa cuisse, juste par curiosité. Il ne respirait toujours pas, mais un tremblement perceptible traversa son corps à mon toucher.
Ravalant un sourire, je me suis déplacée tout en me penchant pour appuyer un doux baiser sur son bas-ventre. Quelque chose entre un soupir et un gémissement bas quitta la poitrine de Carlisle. Après avoir déposé un autre baiser doux sur sa peau soyeuse, mes lèvres ont commencé à suivre la fine traînée de poils le long de son abdomen, et je l'ai entendu émettre un son qui aurait pu être le début de mon nom. Mes lèvres continuèrent leur exploration, et je resserrai ma prise autour de ses poignets avant de déposer un doux baiser timide sur le bout de sa longueur dure.
Le souffle jaillit de sa bouche en expirant fortement entre ses dents on aurait dit qu'il faisait un effort considérable pour verrouiller sa mâchoire afin de l'empêcher de laisser un bruit fort s'en échapper. Encouragée par sa réaction, je poursuivis ma tâche sensuelle. Je maintins un contact léger de mes lèvres et de ma langue avant de soudain augmenter la pression sans avertissement. J'ai perçu comment les mains de Carlisle se tordirent à nouveau autour de la couette, ses tendons et ses muscles se contractant sous sa peau de marbre alors qu'il tentait de se libérer de ma prise. Soudain, il y eut un fort bruit de déchirure alors que le tissu de la couette commençait à se découper dans sa poigne.
« Bon Dieu, Bella », gémit-il. Je lui ai jeté un coup d'œil rapide sans arrêter ma caresse intime. Ses yeux étaient fermés et sa bouche légèrement entrouverte. Ses lèvres bougeaient, essayant de former des mots, mais il semblait trop submergé par les sensations qui le traversaient pour ça. Cela me fit me sentir très satisfaite de voir que ce vampire normalement très sage et éloquent se retrouvait réduit à des gémissements et des soupirs désespérés sous ma caresse intime.
« Bella pour l'amour de… », commença-t-il mais il ne put terminer sa phrase alors qu'un gémissement étranglé jaillit du plus profond de sa poitrine. Les muscles de son ventre se tendirent et se relâchèrent alors qu'il haletait à chaque respiration. « Bella, s'il te plait. Il ne faut pas… s'il te plait… s'il te plait, arrête. Bella, s'il te plait, s'il te plait… » Il y avait un tremblement dans sa voix tandis que les mots glissaient de ses lèvres dans un murmure urgent.
Je ne savais plus exactement ce qu'il demandait, et j'ai passé un peu plus de temps à adorer sa peau sensible de mes lèvres. A contrecœur, je m'éloignai après un moment et relâchai ses poignets tout en recommençant à ramper sur son corps. Ses bras m'entourèrent instantanément, me rapprochant de lui. Il s'est assis et m'amena avec lui, me déplaçant pour que je sois à califourchon sur lui. Il appuya son front contre le mien, ses bras se desserrant autour de moi alors qu'il tendait la main pour prendre ma joue. Ses respirations venaient toujours en lourds halètements, ses muscles toujours tendus comme un fil tiré trop fort. « Mon Dieu, Bella…, murmura-t-il les yeux fermés. Tu vas causer ma perte, je le jure »
Je ris, refermant mes mains derrière son cou et plaçant un doux baiser sur ses lèvres. Il gémit doucement le son me fit des choses étranges et merveilleuses. « Te tuer n'était pas mon objectif crois-moi »
Il secoua la tête et recula, ouvrant les yeux. « Tu me donnes déjà tellement de plaisir que je ne peux qu'à peine y résister, ma chérie. Tu n'étais pas obligée de faire… eh bien, ça »
Je ris de nouveau ses manières vieux-jeux étaient adorables. « Je le voulais, murmurai-je en capturant à nouveau ses lèvres dans un bref baiser. Il n'y a aucune partie de toi que je ne veux pas toucher, Carlisle » Je l'ai senti frissonner à ces mots et je me suis reculée en souriant. « Je pense cependant que c'est attendrissant que tu sois, eh bien… comment pourrais-je le dire ? Convenable ? Vertueux ?
– Essayes-tu de dire que je suis à la traîne sur ce temps ? demanda-t-il d'une voix amusée mais plus basse que d'habitude.
– Je n'oserais jamais dire une chose comme ça » Je repris ses lèvres avec les miennes. Sa main quitta ma joue et ses bras se réenroulèrent autour de moi. Je bougeai, soutenant momentanément mon poids sur mes genoux pliés tandis que les mains de Carlisle prenaient ma taille pour me tirer et me guider sur son corps.
Je haletai contre ses lèvres alors que nos corps se rejoignaient, notre position intime nous rapprochant l'un de l'autre comme jamais auparavant. Je sentis les mains de Carlisle courir de haut en bas de mon dos avant qu'elles ne descendent plus bas encore afin d'agripper l'extérieur de mes cuisses. Il gémit dans ma bouche alors que j'oscillais contre lui, la prise de ses mains devenant plus urgente. Sa bouche contre la mienne était douce mais insistante, presque exigeante. Me déplaçant à nouveau contre lui, je m'écartai de ses lèvres pour lâcher un souffle instable. Je rejetai la tête en arrière, perdue dans cette sensation de l'avoir si près de moi. Les respirations chaudes de Carlisle étaient rapides et tremblantes tandis que je berçais sa tête contre ma poitrine nue. Nous bougions à peine, mais cette proximité, cette étreinte intime, la façon dont nous étions enroulés l'un autour de l'autre était presque suffisante pour faire éclater ma jouissance.
J'eus à nouveau cette étrange sensation de vertige lorsque la bouche de Carlisle trouva l'un des bourgeons de mes seins. Je n'étais que vaguement consciente des gémissements et des soupirs quittant ma poitrine alors que sa bouche continuait sa douce caresse. Je m'écrasai à nouveau contre lui d'un mouvement presque involontaire et incontrôlable, et le nœud qui avait été chaud et serré au creux de mon ventre se brisa soudain sans avertissement. C'était déconcertant, presque insondable de voir à quelle vitesse mon désir avait atteint son apogée. On aurait pu s'attendre à ce qu'il diminue aussi rapidement qu'il était arrivé, mais non. Une série de gémissements incohérents dégringolait de mes lèvres tandis que le plaisir chauffé à blanc commençait à traverser mes veines exsangues, et sa force me prit par surprise et me fit trembler de partout. Je sentis les mains de Carlisle quitter mes cuisses puis ses bras chauds et forts s'enroulèrent autour de moi, me ramenant tout près de lui alors que je me brisais en morceaux. Je l'ai entendu murmurer des mots d'affection discret dans mon oreille alors que mes entrailles s'enroulaient et se serraient, et je laissai tomber ma tête sur son épaule alors que je commençais lentement à descendre des hauteurs. Cela prit du temps. J'ai essayé de réguler ma respiration en m'accrochant à lui, mais c'était difficile. Il semblait que le manque d'air était la seule sortie pour les vagues de libération qui me traversaient.
Finalement, les vagues de chaleur et de plaisir commencèrent lentement à se dissiper, mais elles refusèrent de complètement me quitter. Carlisle resserra sa prise autour de moi, et je sentis le bout de ses doigts se presser contre la peau de mon dos alors qu'il bougeait, me tenant fermement contre lui alors qu'il nous retournait tout en ne rompant jamais la connexion de nos corps.
Le lit était doux contre mon dos alors qu'il m'allongeait dessus, l'une de ses mains vint se poser sur ma joue alors qu'il pressait un doux baiser sur mes lèvres. Quand il se recula, il y eut un moment sans fin où il ne bougea pas pour simplement me regarder dans les yeux. Mes doigts plongèrent dans ses cheveux alors que j'enroulais mes bras autour de son cou, l'invitant sans mot à m'embrasser. Quand il le fit, son autre main glissa le long de mon corps, traînant sur ma hanche et ma cuisse jusqu'à atteindre le creux intérieur de mon genou.
Et finalement, il bougea tout en approfondissant le baiser et établissant un rythme tortueusement lent. Chaque mouvement doux de ses hanches envoyait une bouffée de chaleur à travers mon corps. Chaque soupir de plaisir qui quittait mes lèvres était la formulation de son nom. Et chaque tremblement qui traversait son corps, chaque baiser qu'il pressait sur mes lèvres, chaque gémissement qui se rassemblait dans sa poitrine m'appartenait. Comme chaque soupir, chaque frisson, chaque explosion de chaleur était à lui.
Les sensations qui me déchiraient étaient soudain trop importantes, trop intenses et féroces, et j'avais soudain peur de le blesser. Normalement, toucher Carlisle sans lui causer de douleur était naturel, mais je n'avais plus aucun contrôle de moi-même à cet instant. Ma possession de moi-même avait été annihilée par le besoin violent et torride qui s'enroulait autour de moi, faisant cambrer mon dos et fermer mes yeux alors que les mouvements de Carlisle finissaient par passer de sensuels et lents à inégaux et désespérés.
Alors que sa respiration devenait instable et que ses bras s'enroulaient étroitement autour de moi, mon nom tomba de ses lèvres dans un gémissement haletant et rauque. J'ai démêlé mes doigts de ses cheveux et j'ai tendu la main au-dessus de ma tête, essayant de trouver quelque chose de solide auquel m'accrocher. Mes mains qui cherchaient, trouvèrent les barres en bois de la tête de lit juste au moment où le monde se brisa et que la boule de chaleur à l'intérieur de moi se fragmenta pour la deuxième fois en fusées aveuglantes et étincelantes. J'ai entendu, ou plutôt senti, quelque chose se brisant et mes narines se remplirent de l'odeur distincte du bois de chêne verni. Les petits éclats de bois chatouillèrent mes paumes, mais cette faible sensation se noyait sous des plus fortes. Le plaisir qui me traversait était intensifié par la sensation de Carlisle frissonnant contre moi. Je sentis comment ses muscles tressautèrent et se contractèrent avant de se figer complètement. Forçant mes yeux à s'ouvrir, j'ai regardé, hypnotisée, sa bouche s'ouvrir et son regard se perdre dans le vague avant que ses yeux ne se ferment. Le son sortant de ses lèvres n'était ni un gémissement, ni un halètement c'était quelque chose de plus profond, un gémissement guttural bas que je n'avais jamais entendu auparavant. Puis la tension de ses muscles fondit, et il s'effondra presque sur moi tandis que des tremblements parcouraient toujours son corps.
J'ai posé sa tête contre ma poitrine, enroulant mes bras autour de lui. En fait, je me sentais essoufflée et étrangement épuisée, comme si tous mes membres étaient soudainement devenus plus lourds qu'auparavant. En posant mon menton sur le sommet de sa tête, je continuai à tirer de l'air dans mes poumons et je me demandai s'il était même possible pour les vampires de se sentir épuisés.
Peut-être. Je ne semblai certainement pas être la seule à souffrir de cette agréable lassitude. La respiration de Carlisle était maintenant légèrement plus lente qu'avant, presque comme s'il essayait de la réguler. Je l'ai senti remuer, puis le poids de sa tête disparut de ma poitrine alors qu'il bougeait comme s'il avait peur de m'écraser sous lui. Il nous retourna sur le côté, nos corps encore entrelacés et il me garda près de lui, appuyant son front contre le mien. Ses yeux étaient fermés comme s'il était endormi.
« Dieu merci, Bella », murmura-t-il d'une voix étonnée. Il ouvrit les yeux et se recula pour me regarder. L'éclat doré habituel revenait lentement je vis mon propre visage se refléter dans ses yeux. J'étais presque surprise que mon reflet n'ait pas les joues rouges. La seule preuve de notre passion était mes cheveux légèrement ébouriffés et la couleur de mes yeux. La rougeur obsédante de nouveau-né avait momentanément disparu, remplacée par une profonde noirceur sombre.
Riant de ses mots, je portai ma main à sa joue et soupirai. Un froncement de sourcils sillonna mon front tandis qu'un arôme sec et boisé emplit soudain mes narines. J'ai incliné la tête pour voir à quel point j'avais endommagé le lit. La vue me fit grincer des dents certaines des barres en bois de la tête de lit n'étaient plus. Ce qui restaient d'elles était réparti en éclats autour des oreillers.
Carlisle suivit mon regard et essaya de réprimer un sourire. Il échoua.
J'ai baissé la tête en arrière sur le lit. « Alice va me tuer pour ça »
Il en rit. « J'en doute.
– Avec la chance que j'ai, cette tête de lit était antique ou ridiculement chère.
– Elle saura que tu ne l'as pas cassée exprès » Carlisle eut un autre rire tandis que je me mordais timidement la lèvre. « Et en plus, je trouve cela extrêmement flatteur que tu n'ais pas pu… contrôler ta force.
– Mes gémissements, n'étaient-ils pas suffisants ? » dis-je en recevant un petit rire en réponse. Souriant, je me penchai pour l'embrasser rapidement. « Eh bien, j'imagine que nous devons donner de quoi parler à Emmett. Je peux revendiquer l'honneur d'avoir ruiner la tête de lit, mais toi et seulement toi, es responsable de la destruction de la couette »
Carlisle avait l'air perplexe alors qu'il tournait la tête et regardait le couvre-lit qu'il avait serré dans ses poignes un peu plus tôt. Il arborait maintenant deux gros trous. La lueur dans ses yeux était étrangement perplexe tandis qu'il secouait la tête. « C'est la première fois en plus de trois cents ans que je casse quelque chose par accident »
Ses mots me firent sourire comme une idiote. « Hum. C'est intéressant »
Carlisle rencontra mon regard. « Mes gémissements, me parodia-t-il, n'étaient-ils pas suffisants ? »
J'ai ri et je rapprochai son visage du mien. Je l'ai senti commencer à tracer des motifs invisibles sur la peau de mon dos. Son souffle chaud effleura mon visage alors qu'il soupirait, fermant les yeux.
« Bon Dieu, Bella, murmura-t-il doucement et je devinai à son ton qu'il revivait les moments précédents. En toute honnêteté, c'était… » Il secoua la tête.
« Complètement différent ? » proposai-je en lui faisant rouvrir les yeux. Il tendit la main pour lisser mes cheveux, ses yeux étaient tendres et stupéfaits.
« C'est la première fois en près de quatre cents ans que je ressens quelque chose comme de l'épuisement physique. J'avais complètement oublié ce que cela faisait. Si je ne savais pas que c'était impossible, j'ai l'impression que je pourrais m'endormir »
J'ai souri – donc je n'étais pas la seule à me sentir fatiguée après tout. « Je me souviens que tu m'as dit une fois que dormir et rêver sont des choses qui te manquent dans le fait d'être humain » Elle semblait appartenir à une autre vie, cette conversation qui avait eu lieu une nuit dans mon salon, des semaines auparavant. Et pourtant, il semblait que le temps ne s'était pas écoulé.
Carlisle acquiesça. « En effet. C'était pire au début, pendant les premières décennies après ma transformation. Les nuits blanches semblaient seulement servir à souligner ma solitude. Dormir. Je suppose que c'est une façon de se recentrer, de se réveiller le matin après des heures passées à rêver. Je me souviens que la sensation était plutôt édifiante »
Je souris, réalisant que ses mots faisaient écho aux pensées et aux réflexions sur lesquelles j'avais insisté ces derniers jours.
« Et toi ? demanda-t-il en souriant doucement. Il y a quelques instants, tu as dit que ne pas avoir besoin de sommeil était plutôt… rentable »
J'ai ri doucement. « C'est vrai. Mais je suppose que je suis d'accord avec toi. Je me suis récemment retrouvée à vouloir trouver un moyen de réinitialiser mon esprit. C'est en fait difficile quand tu ne peux pas te perdre dans tes rêves.
– Alors je suppose que dormir te manque après tout ? Ou est-ce les rêves qui te manquent ? »
Je frissonnai en pensant aux cauchemars qui m'avaient tourmentée durant mes dernières semaines en tant qu'humaine. Ils ne me manqueront certainement pas. Mais il y avait eu aussi des rêves agréables – des rêves merveilleux.
« Peut-être, répondis-je. Les rêves peuvent être assez intuitifs. Du moins, les miens l'étaient »
Carlisle haussa les sourcils d'une manière curieuse. « Oh ? »
Je souris en me souvenant. Les souvenirs humains étaient brumeux, d'autant plus qu'ils étaient des souvenirs de rêves. « Après que tu sois arrivé à Buffalo pour me surveiller, j'ai commencé à faire ces rêves étranges à propos de ma mère. Elle n'arrêtait pas de dire que je devais choisir, et je répondais toujours que je ne savais pas quoi choisir. La première fois, j'avais fait ce rêve bien avant que j'envisage de devenir vampire. Mais maintenant, en y repensant… je me demande si j'étais pas déjà inconsciemment en train de traiter ces choses et de me préparer pour ce qui allait arriver. Et aussi de me préparer à perdre mes parents. Dans mes rêves, ma mère disparaissait toujours. Elle était là et le moment suivant, elle avait disparu »
Carlisle me caressa tendrement la joue, la lueur dans ses yeux était triste. « As-tu souvent rêvé d'elle ?
– Quelques fois. Mais ce n'était pas la seule personne dont je rêvais », lui dis-je. Il avait de nouveau l'air curieux. « Je rêvais de toi aussi », admis-je en me sentant soudain presque timide.
Il sourit. « Vraiment ? Peux-tu m'en parler ? »
Je ris, soudainement contente de ne pas pouvoir rougir. « Eh bien, dans un rêve, commençai-je en me rapprochant de lui, tu as fait ça » J'appuyai doucement mes lèvres sur les siennes et m'écartai. Il y avait une lueur heureuse dans ses prunelles.
« J'ai fait ça ? demanda-t-il. Quand as-tu fait ce rêve, si je puis demander ? »
Me tortillant, je me mordis la lèvre et évitai ses yeux.
« Bella ? insista-t-il voyant que je ne répondais pas. Il y a combien de temps ? »
Souriant timidement, j'ai levé mes mains pour couvrir mon visage, seulement pour que Carlisle les retire. Il les a tenus contre ma poitrine nue, me bougeant et me roulant sur le dos pour qu'il puisse planer au-dessus de moi.
« Bella ? » demanda-t-il à nouveau, haussant son autre sourcil. Je suppose qu'il essayait de se montrer sévère, mais le sourire curieux sur ses lèvres annulait en quelque sorte l'effet.
J'ai ri. « Il n'y a pas si longtemps. Je veux dire… peut-être quelques semaines avant Noël ? C'était avant que je vienne voir cette maison pour la première fois en tout cas »
Il secoua la tête. « Pendant tout ce temps… » Il fit une pause et jeta un coup d'œil vers le plafond, comme pour implorer de la patience. Puis il soupira et me regarda en souriant. « Tu aurais dû dire quelque chose. J'aurais réalisé ce rêve.
– Tu as fini par le faire », soulignai-je. Il me récompensa avec un autre sourire. « Quand j'ai fait ce rêve… encore une fois, c'était peut-être mon subconscient qui essayait de me préparer. Ou d'essayer de me faire réaliser, de me réveiller, gloussai-je. Je ne pense pas que j'étais vraiment consciente de mes sentiments pour toi à l'époque. Ou peut-être l'étais-je à un certain niveau, mais j'avais peur d'aller plus loin. Jusqu'au moment où j'ai été forcée de me sonder. Que j'étais forcée d'admettre que j'étais amoureuse de toi, et ce depuis longtemps »
Carlisle se pencha plus près pour m'embrasser à nouveau. « Si seulement j'avais pu rêver pour être guider. Peut-être que cela n'aurait pas pris si longtemps avant que je ne réalise mes sentiments pour toi.
– Tu avais Alice et Jasper, soulignai-je en feignant l'indignation. Je suis sûre qu'ils laissaient échapper des indices tout le temps »
Il secoua la tête. « En fait, ils ont été étonnamment discrets à ce sujet. Ils ont fait des allusions indirectes à l'occasion, mais rien de plus. Je suppose qu'ils voulaient tous les deux que nous arrivions par nous-mêmes à cette conclusion.
– Ouais, j'imagine » Je portai mes mains à ses joues, puis passai mes doigts dans ses cheveux avant de serrer mes mains derrière son cou. « Nous avons perdu cependant beaucoup de temps. Je ne veux plus que cela se reproduire. De perdre du temps »
Carlisle sourit. « Moi non plus » Il déposa un autre doux baiser sur mes lèvres. « Le temps est quelque chose que nous avons tous les deux, cependant. Et beaucoup. Comment cela te paraît ?
– Formidable » Un rire ténu jaillit de mes lèvres alors qu'il roulait sur son dos, prenant en même temps ma taille et m'amenant avec lui. Je m'assis à califourchon sur lui, me penchant pour réclamer ses lèvres et décidant paresseusement que la tête de lit n'était pas assez cassée.
Notes de l'auteur : « Peut-être y avait-il une loi naturelle qui exigeait des parts égales de bonheur et de misère dans le monde » et « Eh bien, elle semblait toujours traiter les vêtements comme s'ils étaient jetables et destinés à un usage unique, donc cela ne devrait pas beaucoup la déranger » sont des références à Breaking Dawn. Les lignes originales sont les suivantes : « Y avait-il une loi naturelle qui exigeait des parts égales de bonheur et de misère dans le monde ? » et « Eh bien, Alice semblait toujours traiter les vêtements comme s'ils étaient jetables et destinés à un usage unique, donc elle ne devrait pas s'en préoccuper »
NDT : je sais qu'il se passe plus grand chose depuis quelques chapitres mais promis l'action va revenir ;)
