Disclaimer : tout appartient à Stephenie Meyer. Cette fiction a été écrite par AylenBc et si possible lisez cette histoire en VO.
Bonjour tout le monde, voilà la suite des aventures de Bella et Carlisle - je m'excuse de cette pause qui a été plus longue que je ne l'aurais cru. J'ai été très occupée niveau boulot et vie personnelle - mais bon j'ai pas vraiment d'excuses vu que j'ai traduit pas mal de chapitres avant ça. J'ai juste pas trouvé le temps de me connecter à ce site. Encore désolée et bonne lecture à tous !
« Le seul ordre dans l'univers n'est qu'un cycle de calme et de chaos »
- Toba Beta, Master of Stupidity -
L'heure du loup
Le crépuscule venait de prendre place quand un SUV noir aux vitres teintées s'arrêta devant la maison. Le moteur tournait toujours lorsque les portes ont commencé à s'ouvrir, et une fraction de seconde plus tard, trois vampires d'une beauté inhumaine se déversèrent à l'extérieur. J'ai reconnu Carmen et j'ai souri lorsqu'elle s'est immédiatement lancée vers Eleazar, l'embrassant étroitement avant de réclamer ses lèvres dans un baiser passionné. Emmett poussa un grand cri, mais ils ne semblèrent même pas le remarquer.
Tanya et Kate commencèrent à attaquer les Cullen un par un avec des câlins, et les instants qui suivirent furent remplis de salutations, de baisers amicaux sur la joue et d'étreintes étroites. J'ai essayé d'être prudente car je reçus la même manipulation et je ne voulais pas couper le souffle des deux sœurs blondes.
Il fallut un certain temps avant qu'Eleazar et Carmen ne se souviennent du reste du monde, et même un moment de plus avant que Carmen ne parvienne à se défaire de l'étreinte de son mari. Comme les deux sœurs blondes, elle salua le reste d'entre nous avec aussi des câlins féroces, secouant la tête d'une manière amusée mais ignora par la suite Emmett lorsqu'il demanda : « Tu en vas pas nous embrasser comme tu as embrassé Eleazar ? C'est injuste et impoli de ta part »
Quand elle est finalement venue vers moi, elle souriait brillamment avant de m'embrasser précautionneusement. « Eres hermosa, Bella. L'immortalité te sied »
Riant timidement, je l'ai remercié et suis allée me tenir à côté de Carlisle après qu'elle m'ait libérée. Il passa son bras autour de moi et me tira contre lui, attirant des regards curieux des trois arrivantes. Après ma transformation, Eleazar avait informé le reste des Denali pour Carlisle et moi. Ils semblaient avoir été ravis de la nouvelle mais je devais me demander à quel point c'était bizarre de voir Carlisle avec moi au lieu d'Esmée. Mais là encore, ils avaient accueilli Miguel à bras ouverts toutes ces années plus tôt.
Alice fit entrer tout le monde à l'intérieur, et nous nous sommes rassemblés dans le grand salon et avons pris nos sièges même si aucun de nous n'a vraiment ressenti le besoin de s'asseoir. C'était cependant une belle habitude familière. Seules les flammes de la cheminée illuminaient l'espace tandis que des ondulations de conversations commençaient à remplir la pièce.
La discussion alla presque immédiatement à la visite de Véronique ; c'était une chose à laquelle je m'attendais. Surtout que Tanya et Kate étaient impatientes de connaître chaque détail – ce n'était pas tous les jours que l'un des Volturi passait faire une petite visite. Eleazar et Carlisle sont passés par les évènements qui avaient eu lieu il y a quelques jours, et Edward ajouta des choses qu'il avait récoltés dans l'esprit de Véronique. Les sœurs blondes reniflèrent bientôt d'une manière froide et méprisante. Quelque chose chez les Volturi semblait mettre leurs nerfs à rude épreuve, et j'avais le sentiment que les deux sœurs le faisaient à cause d'eux. Si tel était le cas, je me demandai ce qui en était la cause. Je devrais demander à Carlisle à ce sujet.
Quand Eleazar leur a expliqué comment Véronique m'avait relayé l'invitation d'Aro, exprimant son souhait que Carlisle et moi lui rendions visite à Volterra, les sœurs échangèrent un regard noir.
« Ce vampire est une pie. A ramasser toutes les choses qui brillent, rétorqua Kate. Il a probablement déjà un programme de formation pour toi, ajouta-t-elle en me regardant, le ton sec. Ton bouclier est peut-être quelque chose qu'il n'a jamais vu auparavant. Afton est plutôt inutile après tout. Il ne serait même pas dans la garde sans Chelsea. Le bouclier de Renata est précieux, mais elle ne peut que contrecarrer les attaques physiques. Si Eleazar et cette Véronique ont raison, et que tu as une protection contre les intrusions mentales… » Soudain, elle rit doucement. « J'adorerais voir la réaction de Jane. Je parie que son don n'a aucun effet sur toi. Je donnerais n'importe quoi pour voir son visage si elle essayait de t'infliger sa torture » Les sœurs blondes gloussèrent sombrement.
« Tu crois que Jane ne pourrait blesser Bella ? demanda Carlisle en regardant Kate puis Eleazar.
– Le don de Jane fonctionne sur une base mentale, répondit-il sur un ton réfléchi. La douleur qu'elle inflige à sa cible n'est qu'une illusion, après tout. Une illusion très réelle, mais quand même. Puiqu'Edward n'a jamais pu entendre Bella, je pense qu'il est très possible que son esprit ait toujours repoussé toutes sortes d'intrus. Je ne pense pas que même Aro puisse lire dans ses pensées s'il essayait – ce qui est une des raisons pour lesquelles il veut voir Bella, j'en suis sûr. Il est curieux de savoir si elle est à l'abri de son don aussi.
– A propos de cet Afton, dis-je en fronçant les sourcils. Tu m'as dit une fois qu'il possède un bouclier qui le rend invisible »
Eleazar hocha la tête. « C'est exact. Tout comme le don de Jane, sa capacité fonctionne sur une base mentale.
– Est-ce que cela veut dire que je serais également immunisée contre son don ?
– Probablement »
J'ai froncé les sourcils. « Mais si je possède ce bouclier dont tu parles sans cesse – si je le possédais déjà lorsque j'étais humaine – pourquoi n'ai-je pas pu voir Afton quand il a attaqué Carlisle et moi il y a toutes ces semaines ? demandai-je.
– C'est comme tu l'as dit. Tu étais encore humaine à l'époque. Je pense qu'il se déplaçait si rapidement que tes sens humains ne pouvaient tout simplement pas le capturer. Il est probable que tu aurais pu le voir s'il s'était tenu tranquille.
– Oh » Je me mordis la lèvre, essayant de m'attarder sur tout cela. « D'accord. Mais quand même, si mon esprit est si protégé pourquoi Jasper peut-il jouer avec mes humeurs ? demandai-je curieusement. Et pourquoi Alice est-elle capable de voir mon avenir ?
– Parce que ces choses ne sont pas des illusions, expliqua Eleazar. Leurs capacités ne sont pas intrusives non plus, comme le don d'Edward. Tu es à l'abri dans ta tête contre les attaques psychiques. Je suppose que la capacité de Jasper pourrait être considérée comme intrusive et il pourrait même utiliser son don de manière offensive, mais la différence est que les effets de son talent sont réels et physiques. Comme je l'ai dit, la capacité de Jane à provoquer des douleurs physiques n'est qu'une illusion, tout comme le don de Kate. Ils ont tous deux un impact au niveau de l'esprit »
Je jetai un coup d'œil curieux à l'une des sœurs blondes. Bien sûr, je me suis souvenue de ce qu'on m'avait dit sur sa capacité à faire passer un courant électrique à travers son corps. J'étais curieuse. Elle remarqua la façon dont je la regardais, me faisant un sourire en coin.
« Veux-tu que je l'essaye sur toi ? » demanda-t-elle.
J'ai hésité. Et si Eleazar avait tort et que je n'étais pas immunisée contre elle ? Je n'avais jamais vraiment apprécié la douleur, illusoire ou autre. « Vous avez tous essayé ? » demandai-je en regardant les autres. La pièce se remplit de gémissements et de plaintes alors que plusieurs vampires disaient « oui » en tandem. J'ai grimacé devant leurs expressions. « Est-ce vraiment si douloureux ? » demandai-je en étudiant les visages emplis d'inconfort alors qu'ils revivaient tous ce que c'était que d'être exposé au don de Kate.
« Vas-y, grommela Emmett avec un air impatient. Tu n'as rien à craindre après tout si Eleazar a raison »
Je me levai du canapé, pas surprise que Carlisle se lève également. Kate traversa la pièce en me tendant la main. Je jetai un rapide coup d'œil à Carlisle, remarquant qu'il avait l'air agité – apparemment il n'approuvait pas exactement notre petit test, mais il ne m'arrêta pas alors que je tendais la main pour prendre celle de Kate comme pour la serrer. Je me préparai, retenant mon souffle tandis que je lui prenais la main et attendis en me demandant combien de temps il faudrait pour que son don prenne effet.
Mais rien ne se passa. Je restai immobile comme une statue, mes muscles tendus alors que j'attendais que la douleur frappe. Des marmonnements d'approbation retentirent des vampires assis dans la pièce.
Kate lâcha ma main, ses yeux dorés m'étudiaient attentivement. « Hum. Intéressant.
– Est-ce que tu faisais ton… truc à l'instant ? »
Elle acquiesça. « Je n'ai jamais rencontré quelqu'un qui n'en soit pas affecté, vampire ou autre » Elle me regardait toujours de près. « Tu es vraiment un bouclier. Hum. Je me demande si tu pourrais le projeter, le pousser hors de toi à volonté »
Je me suis souvenue qu'Eleazar avait évoqué quelque chose de similaire lors de mon premier jour en tant que vampire. « Est-ce possible ? »
Elle haussa les épaules. « Peut-être. Peut-être pas. Je peux faire passer le courant sur toute ma peau maintenant, mais cela m'a pris des siècles de pratique. Auparavant, c'était exclusivement dans mes paumes, un peu comme le don d'Aro. Il est possible que tu apprennes à contrôler ton don. D'élargir sa portée. C'est juste une idée – tous les dons ne peuvent se développer ainsi. Cependant, cela vaut la peine d'être approfondi »
J'étais intriguée maintenant. Non pas que j'espérais me retrouver un jour dans une situation où je devrais protéger quelqu'un d'autre, mais je devais admettre qu'apprendre à contrôler cette chose ressemblait à un beau défi.
« Comment fait-on ça ? demandai-je. Par où dois-je commencer ? »
Eleazar nous rejoignit au milieu de la pièce après avoir donné un rapide baiser à Carmen. Il me regardait avec une expression pénétrante alors qu'il s'approchait de nous. « J'ai compris que tu as toujours été complètement inconsciente de ton don », commença-t-il de sa voix pensive.
J'ai hoché la tête. « Je me suis toujours demandé pourquoi Edward ne pouvait pas lire dans mes pensées, mais au mariage d'Esmée et Miguel, nous avons également remarqué que j'étais immunisée contre les capacités de Zafrina. Ensuite, tu as dit que mon esprit était très protégé – c'était la première fois qu'on s'est dit qu'il pourrait y avoir quelque chose de plus chez moi.
– Es-tu capable de te faire une idée de ton bouclier ? Peux-tu le visualiser par exemple ? »
C'était la première fois en tant que vampire que j'ai vraiment ressenti le besoin de cligner des yeux ; sa question m'avait surprise. « Je n'ai jamais vraiment essayé. Je veux dire… je ne faisais rien de conscient au moment où Kate m'a touchée »
Eleazar hocha pensivement la tête. « Puisqu'il a toujours fait partie de toi, tu en es complètement inconsciente. C'est comme une seconde peau pour toi. Puisque tu n'es consciente du bouclier que depuis une période relativement courte, en devenir plus consciente pourrait être difficile » Il fit une pause, se frottant le menton d'une manière réfléchie. « Essaye de fermer les yeux. Cela devrait te donner plus de concentration »
J'étais très consciente que les autres me regardaient et évaluaient ma performance, mais je fis de mon mieux pour les ignorer et je fis comme Eleazar m'avait demandé. Je pouvais voir la faible lueur de la cheminée à travers mes paupières fermées alors que j'essayais de comprendre exactement ce que je cherchais.
« Kate va te toucher à nouveau maintenant », informa Eleazar.
J'ai hoché la tête. Puis j'ai senti une main chaude sur mon épaule. La douleur ne vint jamais – cette fois je ne l'attendis pas. Je gardai les yeux fermés, me demandant distraitement si Kate devait visualiser son don pour le faire fonctionner. Au bout d'un moment, j'ai secoué la tête.
« Je ne sais pas ce que je dois faire, soupirai-je. Je n'ai rien de solide sur quoi travailler. Je ne vois rien, je ne ressens rien… si je savais que je faisais consciemment l'effort pour bloquer son don, j'aurais peut-être une meilleure compréhension de ce truc. Mais… » Je secouai à nouveau la tête et ouvris les yeux. « Comme je l'ai dit, je ne fais rien pour l'empêcher de m'électrocuter. Tout comme je n'ai jamais rien fait pour empêcher Edward d'entendre mes pensées.
– Ne le prends pas trop à cœur, me réconforta Kate. Cela peut prendre des centaines d'années pour mieux comprendre son don. Ces choses ont tendance à s'intensifier avec le temps » Elle fit une pause, jetant un coup d'œil d'Eleazar à Carlisle. « Hum.
– Quoi ? » demandai-je. Je ne savais pas pourquoi, mais j'étais soudain inquiète, quelque chose dans son expression me mit sur mes gardes.
« Tu as dit que si tu savais que tu faisais l'effort conscient pour bloquer mon don…, commença-t-elle en fixant toujours Carlisle. Peut-être que tu manques d'incitation, c'est tout »
Carlisle regarda Kate. « Oh », dit-il en réalisant ce qu'elle essayait de dire, me jetant un bref coup d'œil et se rapprochant d'elle.
J'ai soudainement compris l'insinuation. « Non, dis-je immédiatement. Ce n'est pas si important. Je trouverai un autre moyen »
Carlisle me fit un sourire triste. « Tu ne veux pas en savoir plus sur ton don ?
– Bien sûr que oui, mais pas à n'importe quel prix ! Et en plus, je n'ai aucune idée de ce que je dois faire. Je ne veux rien de tout ça. Si ça te fait mal…
– Ce ne sera qu'un inconfort momentané, rassura-t-il. Cela ne causera pas de dommages permanents. Je l'ai testé quelques décennies auparavant par curiosité » Il échangea un regard avec Kate et gloussa comme s'il revivait un souvenir amusant.
J'ai secoué la tête. « Pas question. Je n'ai pas encore saisi cette chose.
– Et tu pourrais ne jamais l'avoir à moins d'explorer cela de toutes les manières possibles, dit-il doucement en souriant. Je fais ça de mon plein gré, Bella. Ça ne fera aucun mal. Je te le promets.
– Je n'aime pas ça » Je croisai les bras sur ma poitrine, réfléchissant toujours. Avant d'avoir la chance de l'arrêter, Kate avait tendu la main pour le toucher. « Attends ! Je ne suis pas prête… »
C'était trop tard. Dès que Kate le toucha n'effleurant sa paume qu'avec le bout de ses doigts, Carlisle s'effondra au sol dans un grognement de douleur, ses genoux flanchant et son corps se penchant en arrière. C'était plus que dérangeant à regarder. Voir un immortel frappé d'incapacité de cette façon était horriblement troublant et mauvais. J'ai bougé avant même d'avoir pris la décision consciente de le faire, mes bras tirant pour attraper Carlisle, mes mains entourant sa tête et ses épaules avant qu'il n'entre en collision avec le sol. Son visage était tordu par l'agonie et il haleta une fois, ses paupières tremblant pendant quelques secondes avant que ses yeux ne s'ouvrent.
« Je suis désolée ! dis-je en secouant la tête d'une manière frustrée. Je n'étais pas prête ! J'ai essayé de te le dire… »
Carlisle secoua la tête. « Tout va bien », murmura-t-il en prenant une respiration calme avant de se lever. Je l'ai aidé, soulagée quand j'ai vu qu'il semblait pouvoir se tenir debout sans difficultés.
« Dois-je recommencer ? » demanda Kate en me lançant un regard interrogateur.
J'ai secoué la tête, commençant à m'énerver un peu. J'ai reculé de quelques pas, voulant mettre de la distance entre nous au cas où j'aurais soudain envie de bondir sur elle. « Non. Absolument pas. Je n'ai aucune idée de ce que je suis censée faire. Je ne suis pas plus avancée qu'il y a un instant.
– Excepté que tu l'es, dit-elle en désaccord. Maintenant, tu sais à quoi t'attendre. Cela te donne de la motivation.
– Concentre-toi maintenant, Bella, entendis-je Emmett rire d'un ton moqueur depuis le canapé. Sinon, Carlisle va déguster.
– Ne la contrarie pas, l'avertit Jasper. Elle n'a que quelques semaines, malgré son calme. Tout pourrait la déclencher »
J'avais presque oublié que les autres étaient présents – j'avais été tellement concentrée sur Kate, Carlisle et Eleazar que je n'avais pas prêté beaucoup attention au reste des vampires de la pièce.
J'étais sur le point d'exprimer un autre argument lorsque Kate tendit la main pour toucher à nouveau Carlisle. Ça s'est passé si vite que je n'eus aucun moyen de faire un pas entre eux pour l'arrêter – j'étais encore à quelques pas d'eux. Néanmoins, je bondis vers eux, un instinct profond et endormi en moi se secouant soudainement et me disant de protéger Carlisle à tout prix. Tout pour l'empêcher de souffrir de cette douleur dont j'avais été témoin un instant auparavant. Ma vision prit une étrange teinte rougeâtre. Seulement une fraction de seconde passa et j'étais à côté de Kate, prête à saisir son bras pour éloigner sa main de celle de Carlisle. Elle le tenait, réalisai-je, mais pas comme elle le touchait plus tôt, son regard passait entre moi et lui. Elle avait probablement compris qu'elle était allée trop loin.
Mais c'est à ce moment-là que j'ai réalisé qu'elle n'avait pas l'air inquiète de ma position soudaine et protectrice. La lueur dans ses yeux était curieuse. Et c'est à ce moment-là que j'ai également réalisé que Carlisle était toujours debout au lieu de tomber par terre de douleur. Détournant mon attention de Kate, je me tournai pour regarder Carlisle avec des yeux incrédules.
Son attention était sur Kate, ses yeux légèrement plissés alors qu'il la fixait. Sa mâchoire était serrée ; il serrait les dents presque comme s'il se préparait à ressentir de la douleur. Quand il a semblé remarquer que cela n'arriverait jamais, il s'est détendu et m'a regardée.
« Tu ne sens pas ça ? lui demanda Kate. Du tout ? »
Il secoua la tête, me fixant toujours.
« Et maintenant ? » demanda Kate. Il y avait comme une tension dans sa voix – j'ai deviné qu'elle avait augmenté la tension.
« Rien », répondit calmement Carlisle.
Eleazar eut un rire incrédule. Kate fut sur le point de s'éloigner, mais la voix d'Edward l'arrêta.
« Attends », dit-il en se levant du canapé et s'approchant de nous. Il regardait attentivement Carlisle. Nous nous tournâmes tous les deux pour le regarder, confus. Il passa un moment de plus à le regarder avant de hocher la tête vers Kate. Elle relâcha la main de Carlisle et je me détendis instantanément quand la menace disparut, laissant échapper le souffle que je retenais.
Edward me regardait maintenant, plissant les yeux avant que son attention ne se tourne à nouveau vers Carlisle. « Hum.
– Quoi ? » demandai-je en me posant des questions sur son comportement étrange.
Il se tourna vers Eleazar. « J'ai arrêté de l'entendre. Carlisle. Dès que Bella a commencé à le protéger, ses pensées m'ont été inaccessibles. Je peux l'entendre à nouveau maintenant. Bella a dû laisser tomber le bouclier au moment où Kate l'a lâché »
Eleazar hocha la tête. « Je pensais que ça pourrait arriver »
J'étais toujours stupéfaite de ce qui s'était passé. Avais-je vraiment réussi ? Serait-ce si simple, après tout ?
« Comment as-tu fait ? demanda Kate. Comment as-tu… ? » Elle s'interrompit, comme si elle ne savait pas trop quoi demander.
J'ai secoué la tête, incertaine. « Je ne sais pas. Je n'ai rien fait, vraiment. J'ai juste eu ce besoin écrasant de protéger Carlisle, c'est tout.
– Essayons avec quelqu'un d'autre », suggéra Eleazar d'un ton étrange. Je pouvais voir les rouages tourner dans sa tête, même si je ne savais pas ce qu'il avait découvert.
Jasper se porta volontaire pour être le prochain. Cela m'a un peu surprise. Il avait l'air curieux et presque aussi intrigué qu'Eleazar alors qu'il allait se tenir devant Kate.
Je me suis préparée, torturant mon cerveau pour savoir exactement ce que j'avais bien fait avec Carlisle. Encore une fois, j'avais le sentiment que je n'avais même rien fait – quoi qu'il se soit passé, ce n'était pas conscient, mais instinctif. Cela m'inquiéta un peu, et alors que Kate tendait la main pour toucher l'épaule de Jasper du bout de son doigt, je savais déjà ce qui allait se passer. Il est tombé au sol avec un gémissement de douleur, et j'ai tiré mes cheveux de frustration.
Le reste des Cullen, ainsi que Tanya et Carmen s'étaient rassemblés autour de nous pour observer de plus près mes progrès inexistants.
« Désolé, Jasper, le railla Emmett en souriant joyeusement. Je déteste te le dire, mais on dirait que Bella ne t'aime pas autant qu'elle aime Carlisle. Ne le prends pas personnellement »
Jasper roula des yeux, se soulevant lentement du sol.
« Je suis désolée. Ce n'est pas… » J'essayai de m'expliquer en me tordant les mains. « Je veux dire, je ne sais pas ce que j'ai bien fait avec Carlisle. Comment suis-je censé le faire ? » Je laissai échapper un soupir frustré, regardant Eleazar pour trouver des réponses.
« Ça va, me rassura-t-il. Je m'attendais à ce que cela se produise. Ce qu'Emmett a dit ; il marque un point en fait, même si je ne l'aurais pas formulé aussi indélicatement que lui.
– Mais je me soucie de Jasper » J'étais en désaccord. « Je ne veux pas plus le voir souffrir que Carlisle.
– Nous le savons. Ce que je voulais dire, c'est que le lien de compagnon doit avoir un effet sur ton bouclier. Lorsque tu as su à quoi t'attendre, lorsque tu t'es rendu compte que Carlisle était menacé, tu as agi instinctivement. Tu l'as protégé sans aucune pensée. Ton esprit l'a protégé inconsciemment, tout comme il te protège tout le temps. Mais puisque tu n'as pas ce genre de lien avec quelqu'un d'autre…
– Oh »
J'étais plutôt contente qu'au moins une question ait reçu une réponse, mais je ne savais toujours pas si cela m'aiderait à aller de l'avant.
Les heures suivantes passèrent ainsi. J'ai continué à pratiquer avec Eleazar, Kate et Carlisle, et après quelques heures de travail et de frustration, j'ai lentement commencé à comprendre. Je ne pouvais toujours pas protéger quelqu'un d'autre que Carlisle et moi-même, mais j'ai commencé à réaliser ce qu'Eleazar voulait dire en parlant de visualiser mon bouclier.
J'ai commencé à le voir comme une bande élastique au début, une bande qui s'étirait et se pliait à ma guise. Mais j'ai alors réalisé que ce n'était pas tant un élastique qu'une couche, comme une mince toile malléable qui me recouvrait. Chaque fois que Kate tendait la main pour toucher Carlisle, je me retrouvais à étirer involontairement ce revêtement, à l'étendre vers l'extérieur et à envelopper complètement Carlisle à l'intérieur. J'ai essayé de le faire atteindre Eleazar, de le forcer plus à aller plus loin de Carlisle et moi, mais c'était difficile. Chaque fois que j'essayais, je sentais la toile glisser et je perdais le maigre contrôle que je semblais avoir sur le bouclier nébuleux. J'ai réussi une fois, mais seulement momentanément – Edward avait pu confirmer qu'il n'avait pas été capable d'entendre les pensées d'Eleazar pendant quelques secondes.
C'était presque l'aube quand j'ai finalement poussé un soupir, me sentant en fait vidée. Ce n'était pas une fatigue physique, mais mentale.
« J'ai besoin d'une pause, admis-je. Pouvons-nous continuer plus tard ? »
Eleazar hocha la tête. « Bien sûr. J'avoue que je ne m'attendais pas à ce que tu fasses autant de progrès au cours d'une seule nuit. Je suis impressionné »
Carlisle sourit, me lançant un regard d'appréciation. « Comme moi »
Leurs louanges me firent me sentir heureuse, mais légèrement gênée. Ce fut un soulagement de quitter le salon grouillant de vampires, et je me dirigeai vers l'extérieur puis inspirai l'air vif du printemps. C'était l'heure la plus sombre de la nuit, juste avant l'aube ; aux yeux humains, tout aurait semblé d'un noir absolu. Je voyais le paysage avec une clarté parfaite, cependant, les bois et la cour prenaient un ton bleu foncé à mesure que l'heure du loup passait.
Je le ressentis avant de le voir ou de l'entendre. Des bras chauds s'enroulèrent autour de moi par derrière, des lèvres douces pressant un baiser sur mon autre tempe.
« Veux-tu faire une promenade avec moi ? » demanda calmement Carlisle. Peut-être savait-il à quel point j'avais envie de paix et de calme à cet instant. La nuit avait été étonnamment tendue.
« J'adorerais », répondis-je doucement.
La maison était pleine de sons et de voix lorsque nous la laissâmes derrière nous, pénétrant profondément dans la forêt. En suivant Carlisle, j'ai remarqué que ce n'était pas la direction habituelle que nous prenions normalement lorsque nous allions chasser. Après quelques minutes de course silencieuse, nous ralentîmes pour marcher. Carlisle m'attira sous son bras.
« Tu t'es remarquablement bien débrouillée ce soir, Bella, me dit-il. Eleazar est très impressionné par toi, je peux le dire »
J'ai haussé les épaules. « Je ne sais pas. Je ne sais même pas pourquoi je me donne la peine d'essayer de contrôler ce truc. Peut-être serait-ce mieux si je n'apprenais pas du tout à contrôler mon bouclier. Quand je devrais aller en Italie dans à un moment donné dans l'avenir, je n'ai pas vraiment envie d'impressionner Aro ou autre »
Carlisle fronça pensivement les sourcils, une lueur inquiète passant dans ses yeux. « Je préférerais qu'il ne s'intéresse pas autant à toi, admit-il. Mais la vérité demeure que tu as déjà son attention, que tu essayes d'apprendre à contrôler ou non ton bouclier. Et qui sait ? Tu en auras peut-être besoin un jour. Kate n'est pas vraiment sadique quant à son don, mais il y a d'autres vampires qui pourraient être différents. Par conséquent, il pourrait s'avérer utile d'avoir plus d'un tour dans ta manche si tu te retrouves en difficulté » Il se tourna vers moi alors que nous continuions à marcher à un rythme calme. « Non pas que je fasse pression sur toi pour que tu apprennes à le contrôler. C'est ton choix.
– Je sais. Et je veux apprendre. C'est cependant un peu décourageant, sachant que cela peut prendre des siècles. Je ne suis pas exactement patiente de nature »
Carlisle s'arrêta, souriant soudainement. Je me suis arrêtée. « Tu es plutôt impatiente, pas vrai ? »
J'ai haussé les épaules, souriant. « Je parie que c'est un truc de vampire. Blâme la transformation, pas moi »
Il gloussa, se penchant pour appuyer un baiser rapide sur mes lèvres.
« J'ai une question, au fait », déclarai-je. Mentionner Aro il y a un instant m'avait rappelé les expressions de Tanya et Kate lorsque nous avions parlé de la visite de Véronique quelques heures plus tôt. « Est-ce que les Denali… eh bien, ont de la rancune envers les Volturi ou autre ? Je ne suis pas non plus leur plus grande supportrice, évidemment, mais quelque chose à propos de Kate et Tanya m'a donné l'impression qu'elles n'étaient pas leurs plus grandes admiratrices »
Carlisle fronça le sourcils. « Tanya et ses sœurs ne sont évidemment pas ouvertement hostiles aux Volturi – elles ont trop de respect pour la loi, et la raison derrière ce respect est aussi la raison pour laquelle elles détestent tant les Volturi. Je pense qu'elles les détestent autant qu'elles les craignent.
– Pourquoi ? »
Une lueur triste passa dans ses prunelles. « Quelque chose leur est arrivé… il y a longtemps. C'était des années bien avant ma naissance. La femme qui a créé Tanya et ses sœurs, la femme qu'elles considéraient comme leur mère, a été tuée par les Volturi »
Cela me fit faire une pause. J'ai étudié attentivement le visage de Carlisle alors qu'il s'éloignait. « Pourquoi ? » demandai-je.
Il souffla longuement, cherchant ses mots. « Il y a longtemps parmi les vampires, il y a eu… ce que je suppose qu'on pourrait appeler une peste, me dit-il. La peste des enfants immortels »
J'ai froncé les sourcils à ce qu'il venait de me dire, réalisant que je l'avais déjà entendu parler d'enfants immortels. Cela datait cependant de plusieurs mois, peu de temps après son arrivée à Buffalo. J'ai écouté Carlisle sans un mot alors qu'il commençait à me parler des horreurs de l'histoire des vampires dont je n'avais jamais entendu parler auparavant. Ce qu'il m'en dit me glaça jusqu'aux os, et j'ai essayé d'imaginer les enfants qui avaient été transformés en vampires, un frisson me traversa alors que nous en parlions.
« Les enfants étaient très beaux, dit-il en voyant mon expression. Si attachants et adorables à un point que tu ne peux imaginer. On n'avait qu'à être près d'eux pour les aimer c'était automatique. J'en ai rencontré deux moi-même, donc je sais de première main l'attrait qu'ils peuvent avoir » Il fit une pause, caressant mes bras d'une manière apaisante. « Ils ne pouvaient pas être éduqués cependant, parce qu'ils étaient figés au niveau de développement qu'ils avaient atteint avant d'être transformés. Ils pouvaient détruire la moitié d'un village dans une de leurs crises de colère. Et bien sûr, quand ils avaient faim, ils se nourrissaient. Rien ne pouvait les retenir. Les Volturi ont étudié les enfants chez eux à Volterra et partout dans le monde, mais après avoir découvert qu'ils ne pouvaient être apprivoisés, Caius a décidé qu'ils devaient être détruits car ils n'étaient pas en mesure de protéger notre secret… »
Il prit une grande inspiration. Ses yeux étaient tristes quand il me dit ensuite que la femme qui avait créé Tanya et ses sœurs avait pour une raison inconnue, créé d'elle-même un enfant immortel, bien que cela fusse interdit depuis longtemps. L'ignorance avait sauvé Tanya et ses sœurs – Aro les avait touchées et avait vu leur innocence, et elles ne furent pas punies avec leur mère.
« Même si Aro a confirmé que Tanya et ses sœurs étaient innocentes, Caius voulait qu'elles brûlent. Il semblait penser qu'elles étaient coupables par association. Apparemment, Aro avait eu l'air d'être miséricordieux ce jour-là, et Tanya et ses sœurs ont été graciées, mais ont été laissées avec un cœur qui ne guérirait jamais et un respect très prononcé pour la loi.
– C'est terrible, soufflai-je en expirant longuement.
– Je n'ai même jamais su le nom de la mère de Tanya, admit calmement Carlisle. Elles ne parlent jamais d'elle ou n'y pensent pas volontiers. Certaines blessures sont trop profondes pour guérir. C'est pourquoi leurs sentiments envers les Volturi sont si pleins de colère. Elles respectent la loi comme je l'ai dit, mais elles n'ont jamais pardonné, jamais oublié que les Volturi leur ont enlevé leur mère.
– Je suis certaine que ce n'est pas quelque chose qu'on peut surmonter »
Il acquiesça.
Caius voulait qu'elles brûlent. Il semblait penser qu'elles étaient coupables par association. Quelque chose à propos de ses mots me restait, et je n'arrêtai pas de me demander ce qui n'allait pas avec Caius et son impulsion insatiable de tuer et punir.
« Pourquoi Caius voulait-il que Tanya et ses sœurs soient tuées, alors que même Aro avait confirmé qu'elles n'étaient pas impliquées dans les actions de leur mère ? »
Carlisle secoua la tête d'un air pensif. « Pour la même raison qu'il voulait te voir morte au lieu de nous laisser te transformer. Je pense que cela en dit long sur sa nature impitoyable et cruelle en émettant des demandes comme ça.
– Est-ce qu'Aro aurait pu se ranger de son côté quand il a demandé que Tanya et ses sœurs soient également détruites ? Tu as dit qu'Aro avait envie d'être miséricordieux ce jour-là. Est-ce à dire que Caius aurait pu le persuader de faire un autre choix ?
– C'est possible. Même si Aro a fondé les Volturi et est considéré comme le leader, cela ne signifie pas que Caius et Marcus n'auraient pas leur mot à dire dans des décisions comme celle-ci. Leurs paroles ont beaucoup de poids et Aro apprécie d'avoir leurs opinions. Ils font parfois un vote s'ils sont en désaccord sur quelque chose. Marcus est généralement du côté d'Aro – je suppose qu'il est le plus calme des trois. Il est plus stable par nature, et puis il y a le fait que le monde qui l'entoure l'intéresse peu. Il est comme ça depuis qu'il a perdu sa compagne »
J'ai essayé d'imaginer ce que ce serait de vivre sans Carlisle pour le reste de l'éternité. Cette simple pensée me rendit vide et étrangement à vif, comme si intérieurement j'étais recouverte de plein de cloques et de plaies. Repoussant ces sombres pensées, je me tournai pour regarder vers l'est, espérant soudain que l'heure la plus sombre de la nuit serait bientôt finie. Je me demandai distraitement si cela ressemblait ainsi pour Marcus, comme s'il vivait sans fin l'heure la plus sombre de la nuit, attendant l'aube qui ne viendrait jamais.
Carlisle avait dit que depuis la perte de sa compagne, le monde intéressait peu Marcus. Peut-être que la terre avait cessé de tourner pour lui, en quelque sorte. Je me souvenais de ce que j'avais ressenti quand j'avais vu Carlisle pour la première fois après avoir ouvert les yeux dans cette seconde vie, comment il semblait que le monde s'était redressé lorsque nos yeux s'étaient rencontrés, presque comme si tout autour de moi avait été de travers jusqu'à maintenant.
Comment pourrait-on revenir sur ce sentiment ? Comment pouvait-on être capable de tout donner et de retourner dans un monde où rien ne semblait aller, ou tout était décentré ? Où tout était à l'arrêt et refusait d'avancer ?
J'étais soudainement heureuse, au-delà de la reconnaissance que mon monde tournait toujours – notre monde. Celui de Carlisle et le mien. Il y avait ici aussi de l'obscurité, oui, mais au moins nous savions que cela ne durerait pas éternellement. Dans ce monde l'heure la plus sombre de la nuit n'était que cela – une heure, un moment fugace avant que la lumière n'arrive.
Sentant Carlisle venir à côté de moi, j'attrapai sa main pour la serrer fermement alors que la nuit se dirigeait lentement vers l'aube.
« Tu viens souvent ici »
Il y avait quelque chose dans mes mots qui semblait presque le surprendre. En faisant quelques pas de plus, je réduisis la distance entre Edward et moi. La maison derrière nous était plus silencieuse que d'habitude. Carlisle était parti pour l'hôpital tôt ce matin ; il rentrerait bientôt. Les Denali étaient partis chasser avec Rosalie et Jasper. Je ne savais pas où étaient les autres Cullen ; je n'entendais que la respiration discrète d'Esmée s'égrener du deuxième étage.
Le jardin autour de nous était envahi de senteurs enivrantes ; dans quelques semaines, les hortensias seraient en pleine floraison.
Les yeux d'Edward étaient réfléchissants. Peut-être qu'il essayait de penser à un moyen de me répondre, ou peut-être qu'il essayait de comprendre ce que j'avais voulu sous-entendre.
« C'est paisible ici, répondit-il finalement d'un ton évasif.
– Je ne parle pas du jardin en général, dis-je prudemment. Je veux dire, tu viens souvent ici. Je t'ai vu ici plusieurs fois ces derniers jours.
– Observatrice, pas vrai ?
– C'est tout moi. Je suis sans tact, observatrice et fouineuse »
Il gloussa doucement. Alors qu'il se tournait pour me jeter un coup d'œil, la lueur dans ses yeux était voilée. « Alors qu'est-ce que tu veux dire exactement ? »
J'ai haussé les épaules. « Chaque fois que tu es dans le salon, tu regardes à cet endroit. C'est là que Véronique se tenait lorsqu'elle est venue nous rendre visite.
– Et tu penses que c'est ce qui m'y fait revenir maintes et maintes fois » Ce n'était pas une question.
« J'ai juste le sentiment que quelque chose en elle continue de te perturber, émis-je songeusement. Je l'avais déjà remarqué après son départ »
Edward resta silencieux pendant un moment. « Tu as raison. Elle me vient à l'esprit de temps à autre. Quelque chose en elle m'a laissé… perplexe.
– Pourquoi ? »
Il hésita. « J'ai le sentiment qu'elle n'est pas aussi… dévouée aux Volturi qu'elle le laisse croire. Ça me dérange »
Ses propos me laissèrent perplexe. « Elle semblait pourtant les défendre avec beaucoup de ferveur, soulignai-je. Quand elle a pensé que tu laissais sous-entendre que les Volturi n'étaient pas pacifiques…
– Cela m'a paru être une réponse conditionnée, révéla-t-il. Ce n'était pas authentique.
– D'accord » Je l'étudiai attentivement, me demandant où il voulait en venir. Il y avait de la perplexité dans ses prunelles – peut-être ne savait-il pas lui non plus. « Pourquoi reste-t-elle avec eux, alors ? demandai-je. Si son engagement n'est que symbolique…
– Chelsea pourrait en être la cause. Même si Véronique passe moins de temps à Volterra à cause de ses affectations, les effets du don de Chelsea sur elle ne diminuent peut-être pas immédiatement. Peut-être qu'elle est tout simplement dans l'impossibilité de partir.
– Mais Eleazar a pu le faire toute ces décennies auparavant, soulignai-je.
– Oui, mais seulement grâce à Carmen. Son lien avec elle était de nature beaucoup plus forte que le don de Chelsea. Et je pense que le consentement d'Aro a également eu impact sur ça ; il a peut-être donné l'ordre à Chelsea de rompre le lien entre Eleazar et la garde » Il fit une pause, ses yeux dorés étudiant le ciel gris de l'après-midi au-dessus de nous. « Quant à répondre à ta question… je ne sais pas ce qui fait que Véronique reste avec eux. Elle pourrait ne pas avoir d'autre endroit où aller. C'est une existence solitaire, et si elle a vraiment perdu son ancien clan à cause de violences internes… » Il haussa les épaules. « Quand Aro a découvert son don, l'idée d'avoir trouvé un sens à cette vie éternelle aurait pu rendre le choix de les rejoindre plus simple. C'est la raison pour laquelle Eleazar les avait rejoints en premier lieu il y a tout ce temps – même s'il est doux par nature, un peu comme Carlisle, et désapprouvait souvent les méthodes violentes et impitoyables des Volturi, il croyait qu'il servait le plus grand bien en travaillant avec ceux qui faisaient respecter la loi. Il pourrait en être de même pour Véronique. Ceci n'est que spéculation, bien entendu »
En réfléchissant à ses mots, je me souvins de la tristesse dans les yeux de la vampire blonde lorsque Carlisle avait mentionné le mot famille. « Cela a dû être un changement radical tout de même, émis-je songeusement. Si elle sait vraiment ce qu'est une vie paisible comme tu l'as dit, passer d'une telle vie à servir les Volturi… » Je secouai la tête. « Je me demande combien de temps il lui a fallu pour… s'adapter.
– Je ne sais pas, murmura Edward. L'adaptation et l'acceptation des changements… ces choses dépendent complètement de sa volonté. Je devrais le savoir » Il eut un rire sombre. « J'ai juste eu le sentiment que Véronique n'était peut-être pas si disposée à accepter ce qui était arrivé à son ancien clan, peu importe ce qu'il s'est passé »
Ses yeux fixèrent à nouveau la limite des arbres, mais j'avais le sentiment qu'il ne voyait pas vraiment ce qu'il regardait. Puis, il secoua la tête comme pour se débarrasser de ses pensées. Il était sur le point de dire autre chose, mais il hésita. Et puis nous entendîmes le grondement familier de la Mercedes de Carlisle alors qu'elle tournait sur le chemin de terre menant à la maison.
Je me demandai ce qu'il allait dire et ce qui l'avait fait hésiter. Il semblerait cependant que je ne le découvrirais jamais.
« Allons accueillir Carlisle à l'intérieur de la maison », me dit-il simplement, ses yeux dorés toujours pensifs.
Nous traversâmes le jardin en silence et Edward se dépêcha d'ouvrir les portes vitrées du salon pour moi. Je suis entrée à l'intérieur, et quand Edward pensa que je ne faisais plus attention, je l'ai vu jeter un regard indéchiffrable vers l'endroit où Véronique s'était tenue il y a quelques jours.
Notes de l'auteur : La conversation de Carlisle et Bella au sujet des enfants immortels fait référence à celle qu'ils ont eue dans Breaking Dawn. Ce qui suit sont des citations du roman :
« Il ne fallait qu'être près d'eux pour les aimer c'était automatique »
« Tanya et ses sœurs ont été graciées, mais sont reparties avec un cœur qui ne pourrait jamais guérir et avec un respect très prononcé pour la loi »
La ligne d'Emmett dans ce chapitre est une référence au film (Breaking Dawn, partie 2) « Concentre-toi maintenant, Bella. Sinon, Carlisle va déguster »
