Disclaimer : tout appartient à Stephenie Meyer. Cette fiction a été écrite par AylenBc et si possible lisez cette histoire en VO.
Merci de nouveau à Elieene pour ses reviews d'encouragement et enthousiastes !
Lia : salut à toi et contente de te revoir dans les commentaires. En effet, les visions d'Alice sont pour l'instant floue et annonce que quelque chose de potentiellement mauvais arrive... enfin, tu verras dans ce chapitre.
Bonne lecture à toutes et tous ;)
« La vie demanda à la mort : « Pourquoi les gens m'aiment mais te détestent ? »
La mort répondit : « Parce que tu es un beau mensonge et que je suis une douloureuse vérité » »
- Auteur inconnu -
Memento Mori
(NDT : expression latine : Souviens-toi que tu vas mourir)
Comme Carlisle et moi l'avions soupçonné, Alice était en mode mariage complet durant les jours suivants. Je ne savais pas si c'était ma demande qu'elle ne devienne pas folle qui avait eu un effet sur elle, mais au moins elle demanda notre avis sur de nombreuses choses. Par conséquent, exprimer nos envies possibles était notre seul travail lorsqu'il s'agissait du mariage – cela et rester à l'écart.
J'ai donné avec empressement les rênes à Alice et Esmée, sachant qu'elles étaient dans leur élément en ce qui concernait ces choses. Même si Carlisle et moi avons eu notre mot à dire sur des questions telles que le lieu de la cérémonie, elles insistèrent pour nous cacher certaines choses en arguant le fait qu'elles voulaient que nous en ressentions le plein effet. Habituellement, je n'aimais pas les surprises, mais j'avais le sentiment que tout ce qu'elles faisaient en valait la peine. Carmen, Tanya, Kate et Rosalie les aidèrent aussi beaucoup, et à plus d'une occasion, je les avais vues toutes se diriger vers la chambre d'Alice et de Jasper, me lançant des sourires secrets avant de fermer la porte.
Carlisle travaillait beaucoup, faisant des heures supplémentaires à l'hôpital parce qu'il voulait prendre un peu de temps après notre mariage. Mais chaque fois qu'il était à la maison, je passais chaque instant que je pouvais avec lui, profitant de notre temps ensemble avant qu'il ne doive repartir à l'hôpital.
Quelques jours passèrent ainsi. Malgré le fait que le mariage à venir commençait à me rendre un peu nerveuse et faisait s'agiter les femmes de la maison comme si elles étaient devenues folles, je m'amusais vraiment. Le temps semblait passer rapidement, et je me suis soudain retrouvée à m'accrocher à chaque seconde qui passait comme si c'était la dernière. Tout était tellement merveilleux et j'ai réalisé que j'étais impatiente de voir arriver toutes ces choses qui nous attendaient Carlisle et moi. Autant que j'attendais avec impatience le mariage, j'ai aussi réalisé que j'avais hête de voir tout ce qui allait suivre. Tout.
Puisque rester à l'écart était à peu près notre seul travail, Carlisle et moi le prîmes au sérieux. Au fil de la semaine, nous nous étions installés dans une routine confortable et facile. Lorsque Carlisle n'était pas à l'hôpital, nous passions pratiquement chaque instant ensemble. Nous chassions et faisions de longues promenades, et nous nous avions de longues et profondes conversations qui pouvaient durer des heures. Et lorsque parfois nous entendions qu'Alice était sur le point de venir nous demander notre avis sur le thème et la couleur du mariage ou autre, nous nous faufilions sans bruit hors de la maison pour disparaître dans le bois afin d'avoir plus de… moments privés. Et si les heures de travail de Carlisle le permettaient, nous ne nous séparions pas avant que le soleil ne se lève à l'est le lendemain matin et ne se déplace dans le ciel pour se coucher à l'ouest quelques heures plus tard. Cela me déroutait toujours que nous ne soyons pas fatigués – que nous puissions continuer à faire l'amour pendant des heures sans jamais ressentir le besoin de faire une pause.
Tout le long de ces quelques jours avait été merveilleux, d'une beauté atteinte de perfection. Je n'avais jamais ressenti une telle joie de vivre, comme si je respirais constamment le bonheur et l'amour et rien d'autre. Aussi cliché que cela pouvait paraître, je me sentais curieusement synchronisée avec tout l'univers, comme si les planètes s'étaient alignées et que tout allait bien dans le monde.
Plus tard, lorsque je repensais à ces quelques jours, je me suis retrouvée à être heureuse d'avoir apprécié ces moments aussi longtemps qu'ils avaient duré. On disait que toutes bonnes choses avaient une fin. Que chaque pièce possédait un revers. Que la lumière la plus brillante projetait l'ombre la plus sombre. Choisissez l'expression que vous préférez.
Peut-être était-il vrai qu'il devait y avoir autant de bonheur et de tristesse dans le monde. Peut-être que mes sentiments débordants de joie avaient fait pencher la balance. Ou peut-être que j'avais simplement utilisé ma part de bonheur ; c'était peut-être tout ce que je pouvais obtenir.
Un après-midi, juste avant le coucher du soleil, Carlisle et moi étions assis sur une vieille balançoire en fer dans le jardin Esmée l'avait traînée hors du garage où elle avait été entreposée durant l'hiver. Irina et Laurent étaient arrivés plus tôt dans la journée ; ils étaient partis chasser avec Eleazar, Miguel, Edward, Alice et Jasper. Ils avaient prévu de se diriger quelque part plus loin et il était probable qu'ils ne reviendraient pas avant demain. Par conséquent, la maison était plus calme que d'habitude ; j'entendais seulement la voix douce de Carmen alors qu'elle discutait de quelque chose avec Esmée et Tanya au troisième étage. Elles mentionnèrent quelque chose au sujet de la mousseline de soie et des roses, et je les ai rapidement occultées. Aussi curieuse que j'étais sur les détails du mariage, j'ai réalisé que je souhaitais réellement être surprise.
Je changeai de position sur la balançoire, repliant mes jambes sous moi pour pouvoir m'asseoir plus près de Carlisle.
« Alors, commençai-je en lui lançant un regard curieux. J'ai une question. Quel genre de rôle devrais-je assumer quand je pourrais de nouveau être près des humains ? Donc Alice, Edward, Rosalie et Emmett vont au lycée chaque fois que vous déménagez dans un nouvel endroit… »
Carlisle sourit. « Je suppose que tu n'es pas vraiment pressée de refaire le lycée ? »
Je levai un sourcil vers lui. « J'ai vingt-six ans. Pourrais-je passer pour une lycéenne ? »
Il me lança un autre regard. Lentement. Si quelqu'un m'avait regardé ainsi il y a quelques années, j'aurais rougi et je me serais sentie très gênée.
« Alors ? » demandai-je alors qu'il était resté silencieux pendant une minute entière.
Un petit sourire jouait sur ses lèvres alors qu'il se penchait plus près pour caresser mon cou. « Je dirais que tu ne pourrais plus passer pour une lycéenne, murmura-t-il contre ma peau.
– Est-ce une manière polie de dire que j'ai l'air vieille ? »
Il en rit. « Certainement pas vieille. Ce que j'essaie de dire, c'est que tu ne ressembles pas à une fille pour moi, mais à une femme. Une très belle femme.
– C'est bien que nous ayons éclairci cela », dis-je avec un sourire malicieux.
Il gloussa de nouveau. « Mais tu pourrais facilement passer pour une étudiante. Je sais que tu as un diplôme en littérature anglaise, mais as-tu déjà pensé à étudier autre chose ?
– Eh bien, étudier à un moment donné semble être une chose évidente à faire, compte tenu du temps que j'ai soudainement entre les mains. Mais… » Je tapotai le bout de son nez avec mon doigt. « … tu me détournes du sujet. Quel genre de rôle je jouerai lorsque nous déménagerons un jour ailleurs et prétendrons être une famille normale ? Et ne dis pas que je dois me faire passer pour ta fille »
Il rit doucement avant de réfléchir. « Bien sûr que non. Tu pourrais faire semblant d'être ma sœur – ou ma nièce peut-être »
Je plissai les yeux vers lui.
Son expression était impassible. Il garda son sang-froid encore un instant, mais l'un des côtés de sa bouche se releva alors que son contrôle glissait. « Je ne fais que plaisanter, Bella. De toute évidence, tu n'auras pas besoin de passer pour quoi que ce soit. Parce que dans deux semaines, tu deviendras ma femme, et je ne veux pas que tu sois autre chose, jamais »
J'ai souri. « D'accord. Ça marche. Tu sais, je me demandais… en tant qu'épouse, est-ce que ça me donnera le droit de commander Emmett quand je veux ? »
Il sourit. « Tu pourras certainement essayer. Mais je pense fortement que le compromis sera qu'il ait le droit de t'appeler mère.
– Ugh. Eh bien, je pense que je peux gérer ça. Va dans ta chambre ! Le couvre-feu est à neuf heures et pas une minute après ! Tu es privé de sortie ! » Je roulai des yeux. « Est-ce que cela avait l'air convaincant ?
– Pas mal du tout », me félicita-t-il en souriant.
Je ris et appuyai ma tête contre son épaule, mais je la relevai un instant plus tard lorsque j'entendis le bruit d'une voiture qui s'approchait à une certaine distance. J'ai froncé les sourcils.
« C'est la jeep d'Emmett », murmurai-je confuse. Rosalie et Emmett étaient partis quelques minutes plus tôt pour faire une course liée au mariage pour Alice. Ils ne devraient pas être déjà de retour.
Carlisle fronça également les sourcils. Esmée jeta un coup d'œil par la fenêtre du troisième étage, échangeant un regard confus avec nous.
La jeep s'arrêta devant la maison. Cela m'énervait un peu que Rosalie et Emmett soient complètement silencieux à l'intérieur ; ils ne se chamaillaient pas ou ne se taquinaient pas comme d'habitude. Carlisle et moi nous nous sommes levés de la balançoire et nous nous sommes dirigés vers le porche. Carmen et Esmée étaient y étaient déjà avec Kate et Tanya. Nous regardâmes Rosalie et Emmett sortir de la jeep, échangeant entre eux des regards sombres. Immédiatement, une sensation de malaise s'installa au creux de mon ventre. Il y avait quelque chose dans leurs expressions qui me donnait le sentiment d'avoir comme du plomb dans la bouche.
« Pourquoi revenez-vous si tôt ? demanda Esmée. Avez-vous oublié quelque chose ? »
Je savais qu'elle pensait exactement ce que je pensais moi-même ; les vampires n'oubliaient pas des choses comme les listes de courses ou les portefeuilles. Quelque chose d'autre avait fait revenir Rosalie et Emmett.
Rosalie déglutit profondément. Sa voix fut calme lorsqu'elle parla. « Nous devrions entrer à l'intérieur pour attendre. Eleazar revient avec les autres – ils ont quelque chose à nous dire.
– Mais ils n'étaient pas censés revenir avant demain. Que s'est-il passé ? » demanda Carlisle. Sa voix était calme, mais il y avait de l'appréhension dans ses prunelles.
« Nous ne sommes pas sûrs, répondit Emmett. Edward a appelé il y a quelques minutes, et il a dit qu'Alice avait vu quelque chose. Il nous a dit de rentrer à la maison et de nous assurer que nous serions tous là quand il reviendraient »
Presque au moment où il eut fini sa phrase, j'entendis le faible bourdonnement du SUV de Tanya à une certaine distance. Bientôt, j'entendis une autre voiture la suivre ; c'était la Ferrari d'Alice.
Alors que les voitures se rapprochaient, j'ai remarqué qu'aucun des passagers ne parlait. Cela me rendit encore plus inquiète. Ma peau commença à me picoter de manière désagréable. Carlisle prit ma main et la tint fermement.
Eleazar conduisait le SUV de Tanya. Il se gara devant la maison et un instant plus tard, Jasper arrêta la Ferrari à proximité. Les vampires commencèrent à sortir des véhicules, leurs expressions variant entre inquiétude et anxiété. Jasper sera la main d'Alice dès qu'ils sortirent de la voiture, et je vis Laurent enrouler son bras autour des épaules d'Irina alors qu'ils approchaient du porche.
Le reste d'entre-nous attendait, immobiles comme des statues. Eleazar s'est approché de nous en premier ; il passa une main frustrée dans ses cheveux. L'expression sur son visage me figea littéralement, comme si tout mon être s'était changé en glace.
« Que s'est-il passé ? » demanda de nouveau Carlisle. Il regarda Eleazar puis Edward ; ce dernier traînait derrière Alice et Jasper. Ses yeux dorés voyagèrent de Carlisle à moi ; il avait l'air de ne pas savoir quoi dire, comment expliquer.
« Eleazar ? » insista Carlisle. J'ai remarqué que les yeux d'Alice étaient fermés ; elle avait levé les mains vers ses tempes, et il y avait un froncement de sourcils concentrés sur son visage. Ses lèvres bougeaient silencieusement comme si elle se parlait à elle-même.
Eleazar soupira doucement. Ses yeux dorés étaient sombres. « Nous ferions mieux de rentrer à l'intérieur. Nous avons beaucoup de choses à dire »
L'atmosphère était agitée et tendue alors que nous prenions place dans le salon quelques secondes plus tard. Carlisle s'assit à côté de moi, tenant toujours fermement ma main. Eleazar, Edward et Jasper étaient trop agités pour s'asseoir ; je regardai Jasper avec une inquiétude croissante alors qu'il commençait à déambuler dans la pièce, tirant de temps à autre de manière nerveuse sur ses cheveux blonds. Ses yeux se tournaient vers Alice une fois toutes les quelques secondes, comme s'il s'assurait constamment qu'elle était toujours là. C'était comme s'il s'attendait à ce qu'elle disparaisse à tout moment.
« Que se passe-t-il ? demanda Tanya d'une voix calme. Vous n'étiez pas censés être de retour avant demain »
Avant de commencer à expliquer, Eleazar prit une profonde inspiration comme s'il était sur le point de plonger dans l'eau. « Je sais. Mais nous avons dû revenir aussi vite que possible. Plus tôt nous commencerons à nous préparer, mieux ce sera. Nous n'avons pas un instant à perdre.
– Nous préparer à quoi ? demanda Carlisle. Que s'est-il passé ? »
Eleazar lança un bref regard à Alice, inspirant de nouveau pour se calmer. « Alice a vu quelque chose il y a environ une heure, commença-t-il doucement. Elle ne sait pas ce qui l'a déclenché, ni depuis combien de temps cela se prépare… » Il s'arrêta et ferma les yeux. C'était comme s'il souffrait.
Alice se mit à parler, sa voix était calme et frêle. Elle était assise par terre dans le coin le plus éloigné de la pièce, une lueur torturée dans ses yeux dorés. « Les Volturi, murmura-t-elle. Ils viennent pour nous »
Carlisle se leva en un instant. Il fixa Alice pendant une minute sans prononcer un mot, sans voix. « Qu… » Il secoua lentement la tête. « Dans quel but ? » parvint-il finalement à demander.
Les yeux d'Eleazar étaient agités. Il ouvrit la bouche pour parler, mais aucun son n'en sortit. Ce fut Edward qui répondit ; il se tenait près des portes vitrées, regardant dehors dans le jardin.
« Je suis sûr qu'ils ont leurs raisons, répondit-il d'un ton sec. Et même s'ils n'en ont pas, ils en trouveront une »
Je voulais lui demander ce qu'il voulait dire par là, mais je ne trouvais plus ma voix. J'étais toujours choquée par ce que j'avais entendu, mais en même temps, j'avais le sentiment qu'une partie de moi s'attendait à ce que quelque chose comme ça se produise à un moment donné. Je me souvenais de cet obscur sentiment d'agitation qui me prenait même chaque fois que le nom des Volturi était mentionné.
« Mais pourquoi ? demanda Carlisle. Nous n'avons rien fait ! Et si c'était le cas, qu'aurions-nous pu faire qui justifierait notre chute ? »
Edward se tourna pour faire face à la pièce. « C'est bien là le problème. Nous n'avons absolument rien fait pour mériter ça. Mais cela n'a pas d'importance. Aro, Caius et Marcus – tous les trois viendront ici, et presque toute la garde également. Rien que ça, ça en dit long. Seules les épouses et certains des anciens resteront en Italie » Il fit une pause, ses yeux fixés sur le visage de Carlisle. « Tu dois savoir qu'ils ne viennent pas ici pour parler, Carlisle. La vision d'Alice était très claire à ce sujet »
Je ne pouvais pas voir le visage de Carlisle d'où j'étais assise, donc je ne pouvais pas dire comment il réagissait aux propos d'Edward. Je me levai du canapé et allai me tenir à côté de lui, ma main cherchant la sienne. Je ne parvins cependant pas à la prendre ; Carlisle me tira à ses côtés en un instant et entoura mes épaules de son bras. Je ne reconnaissais pas la lueur dans ses yeux ; elle était sombre. Ses yeux étaient comme des fenêtres vides.
« Qu'est-ce qu'Alice a vu exactement ? demanda-t-il doucement d'une voix exagérément calme. Pourquoi viennent-ils ? De quoi sommes-nous accusés ? »
Les yeux d'Alice étaient fermés à nouveau, mais en entendant la question de Carlisle, elle les ouvrit.
« Je ne suis pas certaine, répondit-elle d'une vois saisissante. Ils vont essayer de se justifier d'une manière ou d'une autre, c'est certain. Comme l'a dit Edward… peu importe qu'ils n'aient aucunes raisons valables de venir ici et de prendre des mesures contre nous. Je les vois les accepter de toute façon » Elle fit une pause, sa voix tombant dans un murmure. « Je vois une bataille. Je vois Aro lire dans nos esprits, un par un – c'est cependant juste pour le spectacle. Pour que la garde puisse croire que justice a été rendue.
– Que veux tu dire ? demandai-je car enfin capable de me forcer à parler.
– Peu importe de quoi nous serons accusés, Aro accordera le pardon à certains d'entre nous, expliqua-t-elle d'un ton soudainement amer. A ceux dont les pensées seront… particulièrement repentantes »
Carlisle ferma les yeux. « Bien sûr », murmura-t-il doucement en passant la main sur son visage. Son bras se resserra autour de mes épaules.
« Il pardonnera à Alice évidemment, dit Edward. Et Bella » J'ai tressailli lorsqu'il mentionna mon nom. « Ce n'est pas difficile d'en comprendre la raison. Il pourrait aussi pardonner à Jasper. Comme à Eleazar peut-être, mais Aro ne sait pas s'il sera là lorsqu'ils viendront »
Je voulus demander ce qui arriverait aux autres, mais je ne pus sortir de mes lèvres cette question en particulier. Je regardai chaque vampire, leurs expressions reflétant le chaos de mon esprit. Rosalie, Emmett, Tanya, Carmen, Irina, Laurent, Esmée, Miguel… mon esprit tenta de se rebeller contre ce qu'il avait entendu, et j'ai secoué la tête et fermé les yeux comme si j'essayais désespérément de me réveiller d'un cauchemar.
Mais ce n'était pas un cauchemar. C'était réel.
Trop réel.
« Mais je ne comprends pas », m'entendis-je dire. Ma voix était trop calme ; j'avais l'impression que j'aurais dû crier ces mots. « On m'a dit à maintes reprises que ce n'était pas ainsi que les Volturi faisaient les choses. Je veux dire… ils sont censés être des gardiens. Ils sont censés faire respecter la loi, pas la déformer à leur avantage. D'abuser de leur pouvoir et de leur autorité comme ça… » Je secouai la tête. « Est-ce que cela veut dire que ces choses arrivent tout le temps ? Ont-ils déjà manipulé leur propre loi pour gagner quelque chose par le passé ? Accuser un clan innocent de quelque chose sans raison décente ? »
Edward secoua la tête, mais je ne pouvais pas savoir s'il faisait ça pour répondre à ma question. « D'après ce que j'ai vu dans ses pensées il y a quelques mois, Aro n'a jamais rien voulu de plus qu'Alice. Pouvoir ajouter un don comme le sien à sa collection… il est possible qu'il la veuille tellement que cela lui a fait prendre une décision audacieuse comme celle-ci. Je ne pense pas que c'est quelque chose qu'ils font tous les jours » Il secoua de nouveau la tête avant de me regarder. « Et puis, il y a bien sûr toi. Ton bouclier inexploité. Il a été impressionné quand il a découvert plus tôt ce printemps que je n'ai jamais pu lire dans ton esprit. Il sait qu'Eleazar n'a pas pu te lire non plus, et Véronique a également eu des problèmes à ce sujet. Il en est arrivé à la même conclusion que nous – que ton esprit est tellement protégé qu'il peut repousser toutes sortes d'intrusions mentales. Il donnerait n'importe quoi pour avoir ce genre de pouvoir entre ses mains ; si tu apprends à projeter ton bouclier, il n'aurait plus jamais à se soucier des attaques mentales. Il rêve probablement que tu apprennes à exploiter ce pouvoir afin que tu puisses éventuellement protéger l'ensemble de la garde. Cela le rendrait invincible.
– Mais il a Renata…
– Renata ne peut que détourner les attaques physiques, et elle ne peut projeter son bouclier qu'à quelques mètres d'elle. Comme elle est la garde personnelle d'Aro, il sera toujours sa priorité, même si elle peut protéger Marcus et Caius si nécessaire. Son don n'est pas assez puissant pour protéger la garde entière – peut-être qu'Aro espère que ton bouclier accomplira ce que Renata ne peut faire » Soudain, il regarda Eleazar, haussant les sourcils. « Oh ? »
Eleazar secoua la tête. « C'était juste une pensée. Je ne peux en être sûr.
– Sauf que tu l'es, répondit Edward.
– Tu sais quoi ? demanda Jasper, arrêtant son déambulement anxieux pour la première fois depuis le début de la discussion. De quoi vous parlez ? »
Eleazar soupira avec lassitude. « Quelque chose que Bella a dit me trouble » Il lança un regard hésitant à Carlisle. « Elle a demandé si quelque chose comme ça s'était déjà produit auparavant – si les Volturi ont déjà utilisé leur position et manipulé la loi à des fins personnelles »
La lueur dans les yeux de Carlisle était intense. « Oui ? »
Eleazar hésita, son expression souffrit soudain. « Je n'aime pas penser aux Volturi de cette façon. Mais si Edward a raison…
– C'était ta pensée, intervint Edward. Pas la mienne.
– Très bien, si j'ai raison… alors je ne peux appréhender ce que cela pourrait signifier. Si c'est vrai, cela changera tout sur le monde dans lequel nous vivons, le monde que nous avons créé. Le monde auquel nous croyons en nous-même. Cela changerait le but et le sens de ma propre vie. Ce à quoi je faisais partie tout ce temps.
– Tu as toujours été guidé par les meilleures intentions qui soient, Eleazar, assura Edward.
– Qu'importe à présent ? Qu'est-ce que j'ai fait ? Tant de vies… »
Tanya se leva du canapé et plaça sa main sur l'épaule d'Eleazar d'une manière réconfortante. « Qu'avons-nous manqué ? De quoi parlez-vous tous les deux ? »
Eleazar retira la main de Tanya et commença à marcher de long en large, tout comme Jasper l'avait fait il y a quelques temps.
Edward soupira. « Eleazar se demandait pourquoi la quasi-totalité de la garde venait ici, y compris les chefs. Ce n'est pas ainsi qu'ils procèdent normalement. Il est vrai que nous sommes le plus grand clan de vampires matures qu'ils ont probablement jamais traité, mais ce n'est pas la première fois que d'autres clans se sont alliés pour se protéger. Nous sommes plus étroitement liés bien sûr, ce qui pourrait être un facteur, émit-il songeusement en haussant les épaules.
– Où veux-tu en venir ? » demanda Carlisle en fronçant les sourcils.
Eleazar s'arrêta de faire les cent pas, passant une main agitée dans ses cheveux. « Je me souvenais d'autres fois où les clans ont été punis pour une chose ou autre, et je me suis soudain rendu compte qu'il pouvait y avoir une sorte de… schéma. Le reste de la garde aurait pu ne pas le remarquer parce que j'étais toujours celui qui passait les informations pertinentes en privée à Aro.
– Quel était ce schéma ?
– Cela ne s'est répété que tous les deux siècles environ », soupira Eleazar. Il paraissait soudain plus vieux qu'il y a une minute. « Comme vous le savez, ce n'est pas souvent qu'Aro assiste à une expédition punitive. Pendant le temps où je les servais encore, il y a eu des moments où Aro voulait quelque chose – quelqu'un – en particulier, et il ne fallait pas longtemps pour que des preuves apparaissent soudainement contre tel ou tel clan. C'était toujours la même chose le clan avait commis un crime impardonnable, et les dirigeants décidaient d'aller avec la garde et de veiller à ce que justice soit rendue. Et une fois que le clan était presque entièrement détruit, Aro pardonnait à un membre dont les pensées étaient suffisamment repentantes.
– Laisse-moi deviner, intervint Emmett en se levant du canapé et croisant les bras sur sa poitrine. Ce vampire avait toujours un don »
Eleazar hocha la tête. « Et on lui a toujours offert une place dans la garde. Et il l'a prenait toujours avec plaisir.
– Même après avoir vu les Volturi détruire son ancien clan ? » demandai-je, incrédule.
Edward souriait ironiquement. « C'est là que Chelsea intervient. Elle peut facilement faire en sorte que quelqu'un se sente lié aux Volturi, de leur donner envie de leur plaire… »
Eleazar secoua la tête, poussant un long soupir. « J'ai compris pourquoi Chelsea était si importante pour les Volturi, mais je suppose qu'il y avait plus que ce que je voulais bien admettre. Dans une bataille, elle pouvait séparer les allégeances entre les clans alliés et de cette façon, nous pouvions les vaincre plus aisément. Puisque nous pouvions éloigner émotionnellement les innocents de ceux qui étaient coupables, la situation pouvait être résolue sans violence inutile. Cela me paraissait être une grande action de bonté à l'époque, preuve de la miséricorde d'Aro. Il y avait des moments où je soupçonnais que Chelsea maintenait la garde plus soudée, mais je ne le voyais que comme une bonne chose. Cela nous aidait à être plus efficaces et à même nous faire coexister plus facilement. Quelle naïveté de ma part…
– Son don, intervint Tanya d'un air inquiet. Il n'aura aucun effet sur nous, pas vrai ? »
Eleazar secoua la tête. « Tout ce qui est plus faible que le lien entre compagnon ou membre de la famille est à risque. Chelsea n'aura aucun effet sur nos liens parce que nous ne sommes pas un clan ordinaire. Nous sommes une famille »
Tanya laissa échapper un soupir de soulagement, hochant la tête.
« Alors, murmura Edward en regardant Eleazar attentivement. Es-tu prêt maintenant à y croire comme tu l'as dit toi-même ? Que l'objectif des Volturi n'est pas la punition mais l'acquisition ? »
Eleazar alla s'asseoir sur le canapé à côté de Carmen, lui prenant la main. « Je ne veux pas penser à eux de cette façon, murmura-t-il en répétant ses premières paroles. Mais vu tout ce qui a été dit aujourd'hui… vu les choses qu'Alice a vues… » Il secoua la tête. « C'est stupide cependant de la part d'Aro de prendre la plupart de la garde avec lui. Cela laisse les autres anciens sans protection à Volterra. C'est risqué – quelqu'un pourrait voir que leur opportunité est venue et essayer d'en profiter. Je me demande où sont Stefan et Vladimir… s'ils voient qu'il y a une chance, ils la saisiront…
– La garde entière ne viendra pas », fit remarquer Alice. Ses yeux étaient à nouveau fermés. « Certains d'entre eux resteront derrière pour protéger les épouses. Les chiffres continuent de changer ; Aro n'a pas décidé qui emmener avec lui.
– Que peux-tu dire ? demanda Emmett. Combien ? »
Je le fusillai du regard – il avait l'air trop impatient au vu des circonstances.
« Eh bien, en plus des chefs eux-mêmes… au moins Jane, Alec et Santiago viendront, énuméra Alice. Felix, Demetri, Afton. Chelsea et Renata, bien entendu. Et au moins cinq autres, ou peut-être plus – je ne connais pas leurs noms. Le reste restera à Volterra. Aro ne veut pas laisser les épouses sans protection comme l'a dit Eleazar.
– Cela fait seize, déclara Emmett. Nous pouvons en gérer seize. Nous sommes quinze si Laurent et Irina restent.
– Bien sûr que nous resterons », répondit Irina d'une voix calme. Laurent hocha solennellement la tête à côté d'elle. Irina tenait la main de Kate, leurs yeux de topaze envahis par la tristesse. Je me demandai si elles pensaient au jour où les Volturi avaient tué leur mère.
« Nous serons seize si nous comptons Garrett », murmura doucement Alice.
La tête de Carlisle se releva. « Garrett ? »
Alice rencontra son regard. « Tu te souviens de ce qui s'est passé la semaine dernière quand j'ai eu du mal à voir le mariage ? J'ai dit que c'était comme si quelque chose gênait.
– C'était la raison, dit songeusement Edward. Et au lieu du mariage, tu as eu cette vision de cette clairière – nous étions tous là avec Garrett »
Alice acquiesça. « C'est là que les Volturi nous rencontreront. Ce sera juste après le coucher du soleil.
– Génial » Emmett battit des mains. « Nous sommes à égalités. Nous sommes seize contre seize.
– Le nombre peut encore changer, lui rappela Alice. Comme je l'ai dit, Aro n'a pas décidé qui restera pour protéger Volterra. Il semble que tu ne sois pas le seul à penser aux Roumains, ajouta-t-elle à l'intention d'Eleazar.
– Très bien, leur nombre peut changer, grommela Emmett en jetant un coup d'œil à Jasper. Le nôtre aussi. Je me demande si Peter et Charlotte… »
Jasper hocha la tête. « Peut-être. Mais n'oublies-tu pas quelque chose ? Alec et Jane, peut-être ? Ils peuvent nous immobiliser en moins d'une seconde. Peu importe la taille de nos effectifs.
– Toi, tu n'oublies pas quelque chose ? retourna Emmett en me jetant un coup d'œil. Ils ne peuvent rien faire face à Bella. Selon Eleazar, elle est immunisée contre les dons de Jane et d'Alec.
– Nous ne le savons pas avec certitude.
– Mais c'est plus que probable, pas vrai ? Apprends-lui quelques astuces et une stratégie de combat pour qu'elle puisse s'en sortir face à Jane et Alec. Après cela, ce sera du gâteau.
– Non » Ce fut Carlisle qui parla. Son bras se resserra autour de mon épaule, sa prise était si ferme qu'elle était presque douloureuse.
J'ai levé les yeux vers lui. « S'il y a quelque chose que je peux faire… »
Il secoua la tête. « Il doit exister une solution pacifique à tout ça. Nous ne pouvons pas… » Il secoua la tête. « Nous battre contre les Volturi… »
Edward traversa la pièce à pas lents, s'arrêtant devant Carlisle. « Je sais à quel point tu détestes l'idée de te battre. Mais la vision d'Alice était claire ; les Volturi ne viennent pas ici pour parlementer ou écouter. Peu importe à quel point tu méprises cette pensée… on va se battre de toute façon. C'est à ce point-là qu'Aro souhaite voir certains d'entre nous rejoindre les Volturi. Obtenir Alice et Bella sera sa première priorité – que penses-tu de ça ? Bien sûr, il aimerait avoir moi et Jasper aussi, mais nous ne pourrons pas vraiment lui donner plus que ce qu'il a déjà. Nous serions juste un bon bonus, c'est tout »
Carlisle resta silencieux un long moment, les yeux au sol. Quand il leva finalement le regard, il regarda Alice et personne d'autre. « Quand tu dis qu'il y aura une bataille… » Il fit une pause, fermant momentanément les yeux. « Combien… » Il déglutit. « Comment ça va finir ? »
Alice avait l'air incertaine. « C'est bien là le problème – je vois de nombreuses possibilités. Il y a trop de variables, trop de choses qui peuvent encore changer. Aro planifie toujours sa stratégie avec Caius – ce qui a un effet sur mes visions. Et quelle que soit la ligne de conduite que nous prendrons, cela aura également un effet sur l'avenir.
– Je suppose que tout cela était l'idée d'Aro ? demandai-je. Ou était-ce celle de Caius ?
– Aro est définitivement derrière ça, mais Caius a évidement renchérit aussitôt. Aro était probablement en train de jouer avec cette idée pour la première fois, la semaine dernière quand j'ai vu un éclair dans cette clairière. Mais il n'y a pas eu de décision définitive jusqu'à aujourd'hui. Marcus est plus ou moins indifférent à tout cela, comme prévu.
– Donc, il n'y a vraiment aucun moyen de raisonner avec eux ? » demanda Esmée. Miguel avait son bras autour d'elle. Leurs visages étaient désolés.
Alice secoua la tête. « Ils ne viennent pas ici pour parlementer, parce qu'il n'y a rien à parlementer à ce sujet. Lorsqu'ils viendront, ils n'auront qu'un seul objectif. Ils me veulent et Bella, et Edward et Jasper si possible. Et les autres… » Elle n'avait pas besoin de terminer sa phrase. « Comme je l'ai dit, Aro va essayer de mettre en place une accusation pour le bien de la garde, en essayant de faire croire qu'ils servent la justice. Il voudra lire dans nos pensées pour savoir qui d'entre nous est supposé innocent.
– A quoi cela sert ? demandai-je. Je veux dire, pourquoi prétendent-ils servir la justice ? A quoi ça sert ? Aro a-t-il peur de perdre la face ? Que la garde le juge pour avoir anéanti une alliance pacifique ?
– En fait, avoir le respect de la garde est étonnamment important pour Aro, déclara Eleazar. Et en plus, cette situation… c'est vraiment du jamais vu pour la plupart des vampires. C'est scandaleux. L'idée que les Volturi manipuleraient leur propre sacro-sainte loi pour obtenir quelque chose… personne ne nous croirait »
Edward le regarda. « Peut-être que certains le croiront »
Carlisle lui lança un regard acéré. « Que veux-tu dire ? »
Edward hésita. « Eleazar a dit il y a un instant que dans le passé, d'autres clans se sont joints pour se protéger. Nous pourrions… »
Carlisle secoua la tête. « Nous ne pouvons risquer la sécurité de nos amis en les impliquant. Cela leur coûterait la vie.
– Et cela coûtera la nôtre si nous ne faisons rien », déclara Edward. Un regard peiné vint prendre place sur son visage. « Dans l'une des visions d'Alice…
– Edward. Non » La voix d'Alice était calme et légèrement étouffée ; elle avait remonté ses genoux contre sa poitrine.
« Quoi ? demanda Carlisle. Qu'est-ce qu'il y a ? »
Edward inspira profondément. « Alice a vu l'un des résultats de la bataille. En fait, elle a vu la même chose dans plusieurs futurs possibles » Il fit une pause, les yeux peinés. « Les Volturi vont perdre certains de leur membre, mais ils ne seront pas les seuls à subir des pertes. Eleazar… » Il baissa les yeux vers le sol. « Eleazar meurt en essayant de protéger Carmen. Rosalie et Emmett mourront aussi. Jasper ne permettra pas qu'Alice soit emmenée, et il se battra jusqu'à ce qu'Aro ordonne à Felix et Santiago de le détruire. Et toi… tu te sacrifieras pour protéger Bella »
Je me sentais littéralement me transformer en pierre à ses mots. Je regardai devant moi, sans cligner des yeux, sans bouger. En ne faisant rien. Je ne pouvais même pas me faire une idée complète de la situation – c'était comme si tout mon être s'était figé après avoir entendu les propos d'Edward.
Je ne sus combien de temps j'étais restée ainsi, immobilisée par les vagues de peur et de chagrin, noyée par elles. Mais ensuite, après ce qui sembla être une longue période, une nouvelle sensation commença à monter des profondeurs de mon cœur froid pour se battre, se propulser à travers la surface ; je l'ai senti réchauffer mon être, ramenant la vie dans chaque celle de mon être.
C'était de la colère – de la fureur. Cela me donna de la force. Elle ne parvenait pas à noyer complètement la peur, mais l'éclipsait, du moins pour le moment.
Il y avait des bruits de conversation autour de moi ; je me demandai si j'avais raté quelque chose pendant mon moment de désespoir.
« Nous ne pouvons pas laisser cela se produire, Carlisle, entendis-je dire Edward. Il doit y avoir un moyen. A quoi cela servira-t-il si nous restons là et les laissions nous faire ça ? Il n'existe pas de solution diplomatique à tout, peu importe combien tu aimerais que ce soit le cas. Et cela, peu importe si nous essayons de nous battre équitablement alors que ce n'est pas leur intention. Comme l'a dit Alice, ils ne viennent pas ici pour raisonner ou négocier avec nous. Et que penses-tu qu'il se passera après qu'ils en aient terminé avec nous ? Une fois qu'ils auront Alice et Bella, et après qu'ils auront tué le reste d'entre nous, qu'est-ce qui les empêchera de faire ça à quelqu'un d'autre ? Si Eleazar a raison, et que cette chose se répète une fois tous les cent ans… »
Carlisle hocha lentement la tête. « Je sais tout ça, Edward. Je ne suis pas naïf – et je ne suis certainement pas disposé à voir notre famille être massacrée. Tu as raison – je déteste l'idée de me battre, mais s'ils ne nous donnent pas le choix…
– Ils ne le feront pas, chuchota Alice. Je l'ai vu. Ils iront jusqu'au bout, quoi qu'il arrive.
– Si ça aide… ce ne sera pas nous qui enclencherons le premier coup », dit Edward.
Carlisle secoua la tête en soupirant. « Non, Edward. Ça n'aide pas.
– Qu'allais-tu suggérer il y a un instant ? demandai-je. Quand tu as dit quelque chose au sujet des clans qui se sont joints pour se protéger dans le passé ? »
Edward lança un regard prudent à Carlisle. « Nous avons des amis partout dans le monde. Je pense que nous devrions leur faire savoir ce qui se passe »
Carlisle avait l'air horrifié. « Nous ne pouvons par leur demander de se battre avec nous. Peu importe combien je veux protéger notre famille…
– Nous n'avons pas à leur demander de se battre, le coupa Edward. Ce que je voulais dire, c'est que nous informerons le plus grand nombre possible de ce qui se passe entre nous et les Volturi.
– Edward… »
Emmett le coupa. « Ne penses-tu pas qu'il est de notre responsabilité de leur faire savoir sous quel genre de leadership nous sommes tous sous la coupe ? souligna-t-il. Edward a raison. Qu'est-ce qui empêchera les Volturi de recommencer ? Qu'est-ce qui les empêchera de détruire un autre clan dans l'avenir ? Garder cela secret de nos amis – ce ne serait pas la bonne chose à faire » Il haussa les épaules. « Et s'ils veulent rejoindre notre cause et se battre avec nous, c'est leur décision. Nous ne les forcerons en rien »
Edward plaça sa main sur l'épaule de Carlisle. « Penses-y. Si cela arrivait au clan de Siobhan – ou si Zafrina, Senna et Kachiri subissaient le même sort que nous – ne voudrais-tu pas aller les aider ?
– Bien sûr que si, je le ferais, murmura doucement Carlisle. Mais ce n'est pas le propos. Ce qui m'inquiète, c'est que nous les mettrons en grand danger, simplement en partageant ces informations avec eux. Alice a dit qu'Aro allait lire dans nos pensées. Il découvrirait que nous avons informé nos amis à ce sujet. Même s'ils choisissent de ne pas rester à nos côtés et d'aller à l'encontre des Volturi, la seule connaissance de notre situation scellera leur sort. Aro ne prendra pas de repos tant qu'il n'aura pas réussi à tous les traquer. Raison pour laquelle, il ne recrute pas ouvertement tous les membres de la garde de cette manière – comme Eleazar l'a dit, ce schéma ne se répète qu'une fois par siècle. Aro n'acceptera pas qu'une telle information sur les Volturi ait commencé à se répandre parmi ceux de notre espèce. Cela détruirait la crédibilité des Volturi. Ils perdraient le respect de la communauté vampire. Cela conduirait à la révolution.
Peut-être que ce n'est pas une si mauvaise chose, dit doucement Edward en fronçant les sourcils. Hum. Peut-être que Stefan et Vladimir ont eu raison sur plusieurs point depuis le début »
Carlisle secoua la tête. « Peut-être est-ce vrai, mais cela n'a plus d'importance. La vérité demeure que nous mettrons nos amis en danger en leur parlant de ça, sans parler de leur demander de se joindre à nous. Peu importe ce qu'ils finiront par choisir.
– Très bien. Alors imagine que nous gardons nos amis en dehors de ça. Nous affrontons les Volturi par nous-mêmes. Il est possible que nous mourions tous. Il est possible que certains d'entre nous meurent et que certains vivent. Mon point de vue est… est-ce que cela maintiendra les autres clans en sûreté et à l'abri du danger indéfiniment ? S'il s'agit d'un schéma, comme le dit Eleazar, dans quelques décennies, un autre clan – une autre famille – avec un ou plusieurs membres doués d'un don feront peut-être face à notre sort » Edward regarda Carlisle, les yeux féroces. « Prenons-nous vraiment la bonne décision en gardant nos amis dans l'ignorance d'une telle information ? Sommes-nous vraiment en train d'assurer leur sécurité ? »
Carlisle ferma les yeux. Edward laissa sa main tomber de son épaule. Tout le monde dans la pièce était silencieux ; personne même ne respirait.
« Je ne sais pas, soupira finalement Carlisle. Je suppose que j'essaie de choisir le moindre des deux maux ici. Ce n'est pas un choix facile.
– Je sais que ce n'est pas le cas » Edward hocha la tête, les yeux au sol. Puis il leva les yeux et regarda Esmée. « Oh. Je n'y ai pas pensé.
– Pensé à quoi ? demanda Emmett en semblant frustré et un peu énervé.
– Esmée se demandait si cela ferait une différence de rassembler des témoins. Qu'un nombre suffisant de vampires se tiennent à nos côtés afin d'empêcher les Volturi de nous attaquer.
– Des témoins ? demanda Rosalie.
– Nous n'aurions pas à leur demander de se battre, suggéra Esmée. Si le nombre des Volturi reste inférieur à vingt…, émit-elle songeusement. Nous sommes déjà quinze. Si le clan de Siobhan vient… ainsi que Garrett, Mary, Randall, Peter et Charlotte, Senna, Zafrina et Kachiri… peut-être même Alistair si nous le trouvons – et Amun et Kebi… Si les Volturi constatent que nos effectifs sont supérieurs aux leurs, cela les empêchera peut-être de nous attaquer.
– En toute autre circonstance, je pourrais être d'accord, déclara Eleazar. Mais, il y a Jane et Alec à considérer. Peu importe la taille de nos effectifs. Même s'il y a une centaine de vampires de notre côté, cela ne ferait aucune différence.
– Je pense que les Roumains pourraient en témoigner », murmura Jasper d'un ton sec. Je me demandai ce qu'il voulait dire par là.
« Alec peut nous aveugler tous en quelques secondes – et Jane peut nous paralyser de douleur, poursuivit Eleazar. Après cela, ils seront libres pour nous éliminer. Grâce aux jumeaux, les Volturi n'ont pas eu à se battre loyalement depuis des siècles. Ils ne se sont impliqués que dans des massacres sans aucune forme d'opposition.
– Alors pourquoi y aura-t-il une bataille maintenant ? demandai-je en fronçant les sourcils. Si Jane et Alec peuvent rendre tout le monde docile, pourquoi Alice voit-elle une bataille dans sa vision ? »
Tout le monde regarda comme moi le petit vampire recroquevillé dans un coin. Elle avait de nouveau fermé les yeux, ses sourcils se fronçant sous la concentration. « Je ne sais pas, murmura-t-elle. Je peux voir Aro faire son spectacle en touchant nos mains… et la prochaine chose que je vois est que l'enfer se déchaîne. Je pense qu'il est presque certain que se sont les Volturi qui nous attaquent et non l'inverse. Jane et Alec… ils seront forcés de se battre aussi. Mais pourquoi n'utilisent-ils pas leurs dons ? »
Le regard d'Eleazar passa de moi à Alice. Il était sur le point de dire quelque chose, mais Alice parla à nouveau tout en secouant la tête avec véhémence.
« Je suis désolée, Esmée. Il n'y aura pas assez de temps pour rassembler des témoins, de toute façon. Je ne vois que Garrett avec nous dans cette clairière… et peut-être Siobhan, Liam et Maggie. Je ne vois pas Amum et Kebi… Et je ne sais pas non plus pour Peter et Charlotte. En tout cas, je ne pense pas qu'il soit sage de perdre le peu de temps qu'il nous reste à parcourir le monde pour essayer de trouver des alliés potentiels. Beaucoup de nos amis sont nomades, et nous ne savons pas où chercher. Nous aurons le temps d'en trouver quelques-uns, mais… » Elle secoua la tête. « Je suis d'accord avec Edward. Même si certains choisissent de ne pas rester avec nous, l'information devrait être de toute façon répondue sur notre situation. Et pour le reste du temps qu'il nous reste, nous devrions nous préparer. Jasper peut nous former au combat , Eleazar aussi. C'est lui qui connaît le mieux les tactiques de combat des Volturi.
– Quand les Volturi arriveront-ils ? demanda Carlisle. Combien de temps avons-nous ? »
Alice ferma les yeux elle avait l'air de ne plus savoir parler. Ce fut Edward qui répondit à sa place, sa voix était calme mais tendue. Il déglutit profondément avant de rencontrer le regard de Carlisle.
« Moins de deux semaines »
Notes de l'auteur : il y a beaucoup de références dans ce chapitre à Breaking Dawn. Certaines répliques d'Eleazar ressemblent à ce qu'il dit au Chapitre 31 : Dons. Ce ne sont pas des citations directes, mais proches. Les lignes suivantes, cependant, sont des citations tirées du roman.
« Mais pourquoi ? Nous n'avons rien fait ! Et même si c'était le cas, qu'est-ce qui pourrait justifier notre chute ? »
« Tu as toujours été guidé par les meilleures intentions qui soient, Eleazar »
« Je ne veux pas penser à eux de cette façon »
« Ils ne se sont impliqués que dans des massacres sans aucune forme d'opposition »
Le titre de ce chapitre Memento Mori est une expression latine. Elle signifie : « souviens-toi de la mort » ou « rappelle-toi que tu peux mourir ». En d'autres termes, souviens-toi que tu n'es qu'un simple mortel. Compte tenu de ce qui se passe dans ce chapitre, la phrase ne nécessite aucune explication supplémentaire.
Pour l'instant, c'est tout. Maintenant, n'hésitez pas à m'en vouloir pour avoir retiré le mariage !
NDT : alors tout ça n'annonce rien de bon, mais en vérité qui s'y attendait ? ^^ comme vous voyez l'auteur suit en fin de compte assez la trame des livres de SM - à voir si la fin de cette fiction aura la même que celle du livre IV ? Je vous en laisse juge ;)
