Disclaimer : tout appartient à Stephenie Meyer. Cette fiction a été écrite par AylenBc et si possible lisez cette histoire en VO.
Merci à Elieene et picsounne pour leurs reviews encourageantes ;) - Bonne lecture à tous !
« Le chagrin et la tristesse lient deux cœurs dans des liens plus étroits que le bonheur ne pourra jamais le faire ; les mêmes souffrances unissent mille fois plus que les mêmes joies »
- Alphonse de Lamartine -
Allégeance
Le regard cramoisi de Véronique survolait le salon. J'ai remarqué qu'elle observait son environnement d'une manière légèrement perplexe, et cela me fit me demander à quel point cette occasion était rare ; je pouvais parier que ce n'était pas tous les jours qu'elle pouvait pénétrer dans la demeure d'une grande famille de vampires. La plupart des immortels qu'elle avait rencontré étaient soit des nomades solitaires, soit appartenant à des clans plus ou moins petits. Notre sédentarité – avoir un endroit que nous appelons avec désinvolture chez nous – devait lui paraître étrange compte tenu des choses qu'elle voyait habituellement.
Alors qu'elle entrait à l'intérieur à notre suite, Edward ferma les portes vitrées derrière elle. Cela la rendit mal à l'aise ; je me demandai si le fait d'être entourée de quatre murs la faisait se sentir prise au piège. Pas qu'un ensemble de murs puisse la garder ici si elle avait envie de faire une petite escapade.
Elle sembla arriver à la même conclusion. Sa posture tendue se détendit après un certain temps, mais seulement légèrement. Elle jeta un coup d'œil méfiant à Jasper qui planait près d'elle ; il refusait de la laisser hors de sa vue.
« Pourquoi ne pas t'asseoir, suggéra Carlisle d'un ton aimable, et de nous raconter ton histoire »
Véronique se tourna pour le regarder. Momentanément, elle sembla légèrement chancelante peut-être n'avait-elle pas l'habitude qu'on s'adresse à elle de manière aussi amicale. Mais, elle ne fit aucun mouvement pour s'asseoir. Ce n'est que lorsque nous trouvâmes tous une assise autour du grand salon. Ce n'est qu'à cet instant, qu'elle hésita pour s'asseoir sur la chaise la plus proche des portes vitrées. Ses épaules étaient toujours tendues, comme si elle était constamment prête à fuir, et elle tordait la cape grise de ses poings d'une manière inquiète.
« Pourquoi ne commencerais-tu pas par le commencement ? suggéra Eleazar quand il fut évident qu'elle ne serait pas celle qui entamerait la conversation. Qui t'a créé ? Et il y a combien de temps ? »
Véronique resta silencieuse un instant, se rassemblant. « Je suis née avec mon frère jumeau il y a près de deux cents ans. Je me souviens très peu de ma vie humaine. Mon frère et moi étions orphelins, notre mère est décédée à notre naissance et notre père d'une maladie quelques années plus tard »
Tant de morts. Ce fut la seule pensée qui domina mon esprit à ce moment-là. Elle avait à peine prononcé quelques phrases, et déjà je me sentais désolée pour elle. Il était difficile d'imaginer le monde dans lequel elle vivait autrefois.
La voix de Véronique était calme, hésitante, alors qu'elle continuait. « J'étais très proche de mon frère. Il était la seule famille que j'avais, et j'ai passé toute ma vie humaine avec lui. Son nom était Lucian. Nous avons tous deux été transformés par le même vampire trente-deux ans après notre naissance. Nous en sommes venus à considérer ce vampire comme notre père » Elle fit une pause, déglutissant. « Il s'appelait Alexandre.
– Pourquoi t'a-t-il créé ? » demanda Jasper. Il était le seul qui n'étais pas assis ; il planait toujours près de Véronique, se tenant à quelques pas d'elle. J'ai remarqué qu'il s'était placé entre elle et Alice – je me demandai s'il l'avait fait exprès. Ou peut-être que c'était une action instinctive et inconsciente.
« Alexandre… était seul, répondit Véronique. Il était né des centaines d'années plus tôt, vers 1400 ou avant, et il avait été seul durant la majeure partie de son existence immortelle. Il se souvenait avoir eu une famille dans sa vie humaine ; il nous a parlé des enfants qu'il avait perdus avec affection. Comme mon frère et moi étions jumeaux, notre apparence similaire lui avait probablement rappelé la famille humaine qu'il avait perdu par le passé. Peut-être que nous ressemblions même à ses propres enfants – je ne sais pas. Je n'ai jamais demandé » Elle fit une pause, fixant le sol à ses pieds. « Moi et Lucian… au début, nous avons détesté Alexandre pour ce qu'il nous avait fait, pour nous avoir volé nos vies. Mais avec le temps, nous avons appris à l'aimer comme notre père. Il nous a appris les voies de cette nouvelle vie, et lorsque nous avons eu une maîtrise suffisante, il a commencé à nous montrer le monde. Nous avons voyagé dans presque tous les pays. Nous avons nagé dans tous les océans. Nous n'étions pas gênés par les distances ou autre. Nous nous cachions durant les jours ensoleillés et nous émergions la nuit pour explorer et chasser » Elle s'arrêta, regardant le manteau gris dans ses mains. « Nous avons voyagé à travers le monde, et à un moment donné, nous nous sommes retrouvés en Italie. Aucun de nous n'y avait été auparavant, pas même Alexandre. Nous avons exploré chaque village, chaque ville, et finalement… nous avons finalement rencontré une grande famille de vampire. C'était quelque chose que nous n'avions jamais vu auparavant. Nous avions parfois rencontré des nomades lors de nos voyages, mais jamais auparavant nous n'avions rencontré un clan plus grand que le nôtre. Ces vampires italiens semblaient très polis et… sophistiqués. C'était étrange. Il y avait quelque chose de troublant chez eux. Alexandre avait été au courant au sujet des Volturi et de leur rôle dans le monde vampire par son propre créateur, mais il n'avait jamais découvert où ils vivaient, ni qui ils étaient vraiment. Jusqu'à ce jour.
– Quand est-ce que tout cela est arrivé ? demanda Carlisle. Il y a combien de temps que tu as rencontré les Volturi ?
– Cela s'est produit il y a un peu moins d'un siècle »
Eleazar hocha la tête d'un air absent. « Comment en es-tu venue à rejoindre leur clan ? Et comment Aro a-t-il pris conscience de tes capacités ?
– Il les a connus avant moi, admit Véronique. Mon frère avait l'habitude de dire que j'étais bon juge de caractère, même lorsque j'étais humaine. Je n'y ai jamais beaucoup pensé. Mais quand nous avons été présentés aux Volturi, j'ai remarqué qu'il y avait quelque chose de différent chez certains des vampires de ce clan. Au début, je ne pouvais pas dire ce que c'était, mais après un certain temps, j'ai commencé à devenir confuse… je suppose qu'on peut dire un pressentiment. Une sensation. Certains vampires dans le clan paraissaient différents des autres, mais je ne pouvais expliquer pourquoi, ni comment, je le savais. Il y en avait une qui semblait être capable de contrôler les autres, mais je ne pouvais pas dire exactement ce qu'elle faisait ou comme elle le faisait. Puis il y avait un mâle qui paraissait… en quelque sorte invincible. Ce fut le premier sentiment que j'ai eu quand je l'ai regardé, et je me souviens avoir ressenti le sentiment confus qu'il était impossible de s'échapper de lui, de n'avoir aucun moyen de se cacher de lui.
– Chelsea et Demetri », murmura Eleazar.
Véronique opina. « Et puis il y avait Aro, bien sûr. Il semblait… intuitif. Au début, je pensais que c'était tout ce qu'il y avait, mais quand il a pris ma main pour me saluer, j'ai soudain senti… » Elle secoua la tête, perdu dans ses souvenirs. « Je me sentais comme si j'avais été mise à nue sans le savoir. Je n'ai découvert que plus tard qu'il avait lu mon esprit en touchant ma main.
– Et quand il l'a fait, il a découvert ton don latent », déclara Eleazar.
Véronique acquiesça. « Je ne m'en étais pas rendu compte. Alexandre et Lucian ne possédaient pas de capacités inhabituelles, pas plus que les nomades que nous rencontrions accidentellement. Quand Aro a dit que je possédais un don rare, je ne savais pas ce qu'il avait voulu dire. Il nous a invité à rester plus longtemps à Volterra, et nous avons décidé de rester quelques semaines. Aro était un bon hôte – il était très… charmant. Il a partagé beaucoup de choses sur l'histoire des Volturi, et il m'a présenté à certains membres de la garde. Cela me dérouta lorsqu'il me proposa une place parmi eux, et il m'expliqua que mon talent latent était rare et que ce serait du gaspillage si je décidais de ne pas l'utiliser. J'ai cependant décliné son offre ; j'étais parfaitement heureuse avec Lucian et Alexandre. Aro a été déçu mais il a accepté mon refus. Nous avons quitté Volterra quelques jours plus tard, et on nous a dit que nous serions les bienvenus si nous voulions revenir.
– Bon sang, marmonna Edward dans un souffle.
– Que s'est-il passé ensuite ? » demanda Eleazar.
Véronique tordit à nouveau la cape grise dans ses doigts. Il était facile de deviner que la partie tragique de son histoire allait bientôt suivre. « Quelques années ont passé, répondit-elle alors que sa voix était maintenant plus basse. Nous n'avons jamais vraiment beaucoup songé à notre visite à Volterra. Sept ans après notre départ d'Italie… quelque chose s'est produit. Aro est venu avec ses deux frères et cinq autres vampires que nous avions rencontrés à Volterra » Elle serra les dents. « Il a prétendu que nous avions enfreint la loi. Que nous avions trop attiré l'attention en chassant imprudemment.
– C'était le cas ? » demanda Jasper.
Elle secoua la tête. « Nous profitions surtout de ceux qui ne manqueraient à personne. Nous avions toujours été très prudents nous ne laissions jamais de corps derrière. Je ne pouvais pas comprendre pourquoi nous étions accusés de quelque chose comme ça, et j'étais prête à le prouver. J'ai offert ma main à Aro, je savais qu'il verrait la vérité dans mon esprit. Alexandre et Lucian ont fait de même.
– Laisse-moi deviner, dit Jasper d'une manière sèche. Aro a dit que tu étais innocente, mais qu'Alexandre et ton frère s'avéraient coupables »
Véronique acquiesça, ses yeux rouges soudain durs. « Je ne voulus pas y croire lorsqu'il a dit qu'il avait trouvé la preuve dans leurs pensées. Je connaissais cependant mon frère et Alexandre. Je voulais croire qu'ils ne se seraient jamais mis en danger – et moi – comme ça. Ils connaissaient les règles après tout » Elle fit une pause, fermant les yeux. « Aro a dit qu'il ne pouvait faire aucune exception que la loi existait pour une bonne raison. Mon frère et mon créateur ont été mis en pièces devant mes yeux ; Alec a dû les aveugler car ils se sont défendus. Il y avait une partie de moi qui s'était demandé s'ils avaient été après tout négligents. Sinon, pourquoi auraient-ils été punis ?
– Mais tu as toujours douté de leur culpabilité ? demanda Eleazar.
– Une partie de moi a toujours cru qu'ils étaient innocents, mais Aro a dit que je ne pensais pas objectivement parce qu'ils étaient ma famille » Elle déglutit.
« Et… c'est ainsi que tu as fini par rejoindre les Volturi.
– Je n'avais plus rien après qu'Alexandre et Lucian soient partis, répondit-elle d'un ton légèrement défensif. Aro m'a offert une place parmi eux. Je voulus décliner, mais j'étais tellement choquée par tout ce qui s'était passé… et j'étais seule pour la première fois de ma vie… » Elle secoua la tête. « Je me suis soudain retrouvée sans voies, sans sens… et les Volturi m'offraient ces choses. Je détestais toujours l'idée de passer le reste de mon existence avec les gens qui m'avaient pris Lucian et Alexandre. Mais d'une manière ou d'une autre, ils ont réussi à me convaincre. D'une manière ou d'une autre… je me suis laissée convaincre.
– Chelsea a dû utiliser son don sur toi, émit songeusement Eleazar. Si ton frère et ton créateur avaient été en vie, il est possible qu'elle n'aurait pas pu te faire osciller »
Véronique lui lança un regard confus.
« Les liens familiaux sont plus difficiles à influencer. Plus difficiles à briser, expliqua Eleazar.
– Ce qui pose la question suivante, intervint Jasper en regardant Véronique, comment se fait-il que tu ais pu quitter les Volturi ? Ta loyauté envers eux est maintenant évidemment rompue. Chelsea devrait être en mesure d'empêcher ce genre de choses de se produire. Comment se fait-il que tu sois ici ? »
Elle rencontra le regard intense de Jasper, souriant froidement. « Tu ne me fais pas confiance. Tu penses que c'est une sorte de stratagème.
– La confiance doit être gagnée, c'est sûr. Mais crois-moi, tu ne serais pas assise là si nous pensions que tu te jouais de nous » Jasper inclina la tête vers Edward. « Comme tu le sais, nous avons les moyens de savoir si tu es malhonnête, après tout. Ce que je veux savoir, c'est pourquoi tu es ici – et ce qui t'a amené à venir chez nous.
– Je vous l'ai dit. Je ne veux pas voir mon propre passé se répéter. Votre famille, votre mode de vie paisible me rappelle les choses que j'avais moi-même – des choses que j'appréciais.
– Et qu'est-ce qui te fait penser que ton passé est sur le point de se répéter ? Qu'est-ce que tu sais ? insista Jasper. Et si tu as toujours cru qu'Aro t'avait menti sur les crimes de ton frère et de ton créateur, pourquoi es-tu restée ? »
Je me demandai distraitement si Jasper avait encore des doutes sur la loyauté de Véronique depuis qu'il insistait sur cette affaire. Ou peut-être qu'il était seulement minutieux.
« Je l'ai déjà dit que je ne savais pas avec certitude s'ils étaient innocents. J'ai toujours voulu croire qu'ils l'étaient, et ce qui est sur le point de vous arriver à présent ne fait que renforcer cette croyance. Et comme je vous l'ai dit, je n'avais pas d'autre endroit où aller après qu'Alexandre et Lucian soient partis. Et Chelsea m'a fait ressentir comme si… je faisais partie d'eux »
Jasper hocha la tête. « Très bien. Qu'est-ce qui a changé, alors ? Qu'est-ce qui t'a poussé à remettre en question tout ce qui est arrivé à ton clan il y a toutes ces décennies ? Et plus important encore, comment as-tu pu rompre tes liens avec les Volturi ? C'est le boulot de Chelsea d'empêcher aux membres de partir après tout, de les fidéliser. Qu'est-ce qui a fait de toi une exception à cette règle ? »
Elle secoua la tête. « Je n'ai pas de réponse certaine à ta dernière question. Je ne sais pas comment j'ai pu partir. Je ne sais même pas où se situe ma loyauté maintenant. Je ne sais qu'une chose – Chelsea ou pas, je n'ai jamais été aussi dévouée aux Volturi que je l'étais à mon ancien clan. Même après leur mort, Lucian et Alexandre restaient mal seule vraie famille » Elle fit une pause et soupira, ses yeux rouges fixant intensément la cape grise sur ses genoux. « Mais quant à ce qui a changé… ce qui m'a fait remettre en question ce qui est arrivé il y a tout ce temps à mon ancien clan… » Elle soupira doucement. « Je venais de rentrer à Volterra après avoir entendu parler des intentions des Volturi de venir ici. On m'a dit que votre clan avait enfreint la loi, et Aro lui-même devait venir ici pour résoudre la situation et régler ce qui était arrivé. J'ai entendu dire que Caius et Marcus quitteraient également Volterra – cela ne s'était pas produit depuis des décennies, et cela seul a attiré mon intérêt. Mais quand j'ai appris qu'ils emmenaient avec eux les membres les plus puissants de la garde, j'ai su que ce ne serait pas une expédition punitive ordinaire.
– N'étais-tu pas censée y participer toi-même ? » demanda Eleazar.
Elle secoua la tête. « Non. Je suis censée me diriger vers l'Asie en ce moment. Personne ne sait que je suis ici.
– Reviens un peu en arrière, demanda Jasper. Tu as dit que les Volturi pensent que nous avons enfreint la loi ? »
Véronique acquiesça. « Ou si j'ai raison, c'est ce qu'Aro souhaite faire croire à la garde.
– Quel genre de crime sommes-nous supposément avoir commis ? »
Elle fut sur le point de répondre, mais Edward fut plus rapide ; il regardait attentivement le visage de Véronique. Un rire méprisant quitta ses lèvres alors qu'il réagissait à ses pensées. « Ouah. Pour être honnête, je m'attendais à ce qu'ils soient un peu plus créatifs que ça.
– Quoi ? demanda Carlisle. De quoi sommes-nous accusés ? »
Edward renifla, ses yeux toujours fixés sur le visage de Véronique. « Caius prétendra que nous avons trop attiré l'attention sur nous. Il dira que notre clan est devenu trop grand, surtout maintenant que Bella nous a rejoint. Aro sera d'accord puisque pour commencer nous étions trop nombreux, nous attirerons encore plus l'attention à partir de maintenant, et cela ne peut être autorisé »
Véronique acquiesça. « Ils prétendront également qu'il y a des rumeurs concernant une étrange famille qui vit ici. Apparemment, les humains vivant à proximité bavardent sur les membres de votre famille, se demandant pourquoi vous êtes tous exceptionnellement pâle et avez la même couleur d'yeux étrange »
Alice renifla. « Eh bien, c'est la meilleure. Nous ne vivons même pas ensemble depuis longtemps – c'est la première fois en plus de huit ans que nous sommes sous le même toit. Et nous ne faisons même partie de la communauté humaine en ce moment – sur Carlisle l'est puisqu'il travaille à nouveau à l'hôpital » Elle secoua la tête. « Attirer l'attention… comme c'est inventif…
– Eh bien, nous sommes tous réunis maintenant, répondit Edward en souriant avec ironie. Mais après tout que vaut notre parole face à la leur ? La vérité demeure qu'ils n'ont aucune vraie raison de venir ici, et c'est pourquoi ils ont dû en inventer une. Ils veulent Alice et Bella, et tout autre vampire doué de notre famille, ils viennent les obtenir puis ils détruiront le reste d'entre nous » Il jeta un coup d'œil à Véronique. « Tu crois que c'est la même chose qui est arrivée à ton clan, pas vrai ? Ton frère et ton créateur… ils n'ont jamais chassé négligemment. Ils n'ont jamais enfreint la loi. Aro avait juste besoin de les évincer pour qu'il puisse t'avoir pour lui »
Véronique resta longtemps silencieuse. Ses yeux étaient durs, illisibles. Mais quand elle parla finalement, sa voix était frêle, pleine de douleur. « C'est possible »
Edward adoucit sa voix, se penchant en avant sur son siège. « Eleazar a confirmé que cela s'était déjà produit auparavant, au temps où il a servi les Volturi. Les membres de ton ancien clan ne furent pas les premières victimes » Il fit une pause, attendant qu'elle rencontre son regard. « Mais nous pouvons au moins essayer de nous assurer qu'ils seront les derniers. Tu as fait ce qu'il fallait en venant ici »
Véronique hésita. « J'ai peur d'être indirectement responsable de tout ce qui est sur le point de se produire »
Edward fronça les sourcils. Jasper lança un regard acéré à Véronique, sa grande taille se contractant.
« Lorsqu'Aro m'a envoyée ici plus tôt ce printemps, expliqua-t-elle doucement, et lorsque j'ai vu ce clan, cette famille pour la première fois… je n'ai pas pu m'empêcher d'être affectée par ce que j'ai vu cette nuit-là. Votre mode de vie paisible et le fait de savoir que vous pouvez vivre sans tuer des humains, sans violence… cela m'a étonnée. Et puis il y avait le fait que beaucoup d'entre vous possédaient des dons puissants. Vous êtes probablement le clan le plus grand et le plus doué du monde – à l'exception bien sûr des Volturi. Et le fait que vous ne cherchiez pas le pouvoir ou le contrôle comme eux… cela rendait tout cela encore plus impressionnant » Elle fit une pause, ses yeux étudiant à nouveau la cape sur ses genoux. « Quand je suis retournée en Italie, et quand Aro a lu dans mes pensées, il a remarqué à quel point j'avais été profondément affectée après vous avoir rencontré. Peut-être que cela l'a amené à prendre cette décision de vous attaquer. Peut-être pensait-il que puisque j'avais été impressionnée par ce que j'avais vu, il y en aurait d'autres qui partageraient ce sentiment. Peut-être qu'il a commencé à se sentir menacé par vous. L'idée de perdre son pouvoir, de perdre le respect du monde vampire… peut-être que cela l'a amené à prendre cette décision »
Ce fut silencieux durant un moment. Carlisle serra doucement ma main avant de se pencher en avant sur son siège. Il attendit que Véronique lève les yeux.
« Tu peux difficilement être blâmée pour tes pensées, déclara-t-il d'un ton calme. Et comme tu le sais sûrement, Aro était déjà au courant au sujet des membres doués de cette famille avant ta visite – il est très probable qu'il aurait pris cette décision tôt ou tard, peu importe. Je pense qu'en considérant ce fait, ton impact sur cette question particulière fut plutôt faible »
Véronique n'a pas répondu.
« C'est pour ça que tu es ici ? lui demanda Japer. Parce que tu te sens responsable et coupable, et que tu as l'impression d'avoir quelque chose à rattraper ?
– Je suppose que… c'est une des raisons, murmura-t-elle. Mais ce n'est pas ce qui m'a finalement fait venir ici et vous prévenir. Je suis ici parce que… parce que je veux croire que c'est la bonne chose à faire. Si j'ai raison et que mes maîtres actuels ont vraiment inventé une histoire afin qu'ils puissent attaquer un clan pacifique afin d'obtenir des vampires plus puissants, puis anéantir le reste… Et s'il est vrai que mon frère et l'homme que je considérais comme mon père sont morts à cause des mensonges des Volturi… » Elle secoua la tête, rencontrant les yeux dorés de Jasper. « Si c'est le cas, comment pourrais-je ne pas être ici ? Comment aurais-je pu rester faire partie de quelque chose comme ça ? » Elle regarda Jasper jusqu'à ce qu'il acquiesce lentement.
« Merci, dit calmement Carlisle. Tu nous as rendu de grands services en venant ici. Nous apprécions ta compassion »
Véronique haussa les épaules. « Eh bien, je suis sûre que je ne vous ai rien dit de nouveau. Je savais que vous seriez au courant de ce qui allait arriver » Elle inclina la tête vers Alice. « Mais j'ai décidé de toute façon de partager ce que je sais, même si ça ne sert à rien.
– Au contraire. Toute information que tu pourrais nous fournir est d'une grande importance, assura Carlisle. Nous n'avons évidemment pas tous les détails. Par exemple, nous ne savions pas comment les Volturi tenteraient de justifier leur décision de nous attaquer jusqu'à ce que nous l'apprenions de ta part.
– Il y a peut-être plus de détails que tu connais qui pourraient s'avérer utiles, acquiesça Edward.
– Peut-être », admit Véronique.
Carlisle se leva de son siège. « Je sais que tu t'es mise en grand danger en venant ici, lui dit-il. Tu peux rester avec nous, si c'est ce que tu préfères. Mais tu n'es pas obligée. Je veux que tu le saches »
Véronique hésita. Ses yeux rouges étudièrent nos yeux dorés. Je me demandai si elle pensait ce que je pensais. Si elle restait, elle recevrait la même peine de mort que nous. Et si elle partait… eh bien, Aro finirait par se demander pourquoi elle ne revenait pas de sa mission, puis il enverrait Demetri à ses trousses.
« A moins que tu ais des doutes ? » demanda Jasper en haussant un sourcil.
Véronique rencontra franchement son regard. Puis, elle poussa un soupir silencieux et se leva de son siège. Lorsqu'elle commença à traverser le salon, j'ai d'abord pensé qu'elle allait se diriger vers la porte. Mais quand elle se dirigea vers la cheminée dans le coin de la pièce, j'échangeai un regard perplexe avec Carlisle.
Quand Edward se leva et la suivit, cela ne fit qu'ajouter à ma confusion. Puis je l'ai vu prendre une boîte d'allumettes du manteau et la passer à Véronique. Elle la prit, lui faisant un signe de tête sans un mot avant de jeter sa cape grise dans la cheminée sans flammes. Elle cracha une fois sur le manteau, puis elle alluma une allumette.
Les flammes avides se reflétèrent dans ses yeux rouges alors qu'elle regardait la cape grise brûler.
Qu'avez-vous pensé de la triste histoire de Véronique ? Semble-t-elle assez sincère dans sa démarche ?
