Disclaimer : tout appartient à Stephenie Meyer. Cette fiction a été écrite par AylenBc et si possible lisez cette histoire en VO.
Salut à tous et désolée de cette longue absence. J'ai été pas mal occupée et je ne trouvais pas le temps aussi bien de traduire que d'écrire. Je compte terminer assez vite la traduction de cette fiction pour ne plus faire attendre les lecteurs. Bonne lecture à tous !
« Un des plus grands secrets de la vie est que tout ce qui vaut vraiment la peine d'être fait est ce que nous faisons pour les autres »
- Lewis Carroll -
L'obscurité avant l'aube
Inspirant profondément, j'ai suivi l'odeur familière et complexe qui était un mélange de menthe poivrée, d'océan et d'une nuit d'été après la pluie. La piste était fraîche, plus forte à certains endroits ; c'était comme s'il s'était arrêté de temps à autre, se perdant dans ses pensées avant de continuer son errance sans but.
La lune dans le ciel nocturne me guida alors que je me dirigeais à travers la forêt silencieuse, respirant son parfum unique. Je n'avais pas vraiment besoin de suivre la piste pour le retrouver ; je savais où il était allé. Je l'aurais trouvé même si j'étais aveugle et sans mes autres sens.
Et bien sûr, il ne me fallut pas longtemps pour le voir. Quand ce fut le cas, j'ai pensé que ce n'était pas la première fois que je le voyais debout, regardant la lune. Je m'étais toujours retrouvée à me poser des questions sur les choses qui remplissaient son esprit quand il regardait si intensément le corps céleste d'argent. Plus d'une fois au cours des deux dernières semaines, je m'étais demandé s'il méditait ou priait – ou peut-être que la vie de la lune l'apaisait, aussi simplement que ça.
Je savais que ce n'était pas le cas maintenant. Il n'était pas apaisé ce soir – au contraire. Je pensais aussi qu'il était beaucoup trop agité pour méditer sur les choses.
Peut-être même trop troublé pour prier.
Le sol sous moi commença à s'élever, et j'ai grimpé le flanc de la colline en pente douce sans bruit. Je savais qu'il était au courant de ma présence même s'il n'avait rien fait pour laisser penser qu'il avait pris conscience de mon arrivée. Il regardait fixement la surface pâle de la lune tandis que je m'arrêtais pour me tenir à côté de lui. Au bout d'un moment, il ferma les yeux et laissa échapper un soupir calme, presque las.
Je tendis la main pour prendre la sienne, restant silencieuse pendant un moment et cherchant juste son visage.
« Lune, vous avez une nuance de bleu ce soir, citai-je doucement après un moment. Est-ce quelque chose que vous avez vu ou entendu ? »
Un petit sourire triste secoua les lèvres de Carlisle ; il reconnut le poème. « Rayonnante, tu devrais faire plaisir à la nuit : nous sommes désespérés – alors nous nous tournons vers toi »
Je serrai doucement sa main. « Tu es désespéré alors ? » demandai-je.
Il soupira à nouveau. « Peut-être » Il passa une main lasse sur son visage avant de se tourner vers moi.
Je l'ai regardé attentivement. « Tu es inquiet. A propos de la suggestion de Véronique. Tu n'aimes pas ce qu'elle prévoit »
Me serrant doucement la main, il se tourna de nouveau vers le lune. « Non. Bien sûr, ce qu'elle propose de faire est un acte noble, mais… » Il s'interrompit, laissant échapper une longue inspiration.
J'ai hoché la tête. « Edward ne semblait pas non plus être content de son idée.
– Je l'ai remarqué également. Je ne peux pas vraiment le blâmer. Il semble mal, cette pensée de la laisser se sacrifier de cette façon. C'est mal. Venir ici était un grand acte de bonté ainsi que de nous dire ce qu'elle savait. Elle n'y était pas obligée après tout. Cet acte seul a mis sa vie en danger. La pensée de la laisser faire ce qu'elle a l'intention de faire maintenant… cela semble être une mauvaise façon de la rembourser, de se mettre ainsi en péril. Ça l'est d'autant plus qu'il est plus que probable qu'elle ne s'en sortira pas vivante » Il s'arrêta. « Je me demande si on peut la faire changer d'avis.
– Je ne sais pas, murmurai-je doucement. Elle semblait assez résolue à propos de sa décision. Je n'aime pas non plus son idée évidemment, mais en même temps… je peux en quelque sorte imaginer ce qu'elle ressent »
Carlisle me regarda. Ses yeux se plissèrent. « Que veux-tu dire ?
– Je veux dire… si l'occasion se présentait, et qu'il y avait un moyen pour moi de changer les choses, de faire quelque chose qui assurerait la sécurité de notre famille et de nos amis…
– Oui ? »
J'ai haussé les épaules. « Je ne sais pas. Je sais juste ce qu'elle ressent. Ou peut-être pas – comme je l'ai dit, je ne peux qu'imaginer ce qu'elle ressent. Elle a perdu quelqu'un qu'elle aimait beaucoup. Pas seulement un, mais deux » Je m'arrêtai, me mordant la lèvre. « Et cette peur que j'ai… cette peur que j'ai eue tous ces derniers jours… je ferais tout pour que ça ne devienne pas plus que ça. S'il y avait un moyen pour moi de s'assurer que tout cela se termine bien… »
Carlisle laissa échapper un soupir ténu. Il me tendit la main, enroulant ses bras autour de moi et me tirant contre sa poitrine. Aucun de nous ne parla durant un moment.
« Je m'inquiète, Bella, chaque fois que tu parles de telles choses, murmura-t-il dans mes cheveux après un moment. J'ai peur que lorsque les Volturi arriveront, tu ne cherches une opportunité qui pourrait faire une différence conséquente… et j'ai peur que si tu vois cette occasion, tu ne la saisisses au détriment de ta propre vie. C'est la peur que j'ai. Et moi aussi, je ferais tout pour que ce ne soit rien de plus qu'une simple peur.
– Tu ne ferais pas la même chose pour moi ? demandai-je doucement. Pour n'importe qui d'autre ? Si tu trouvais un moyen de tous nous protéger, ne le prendrais-tu pas sans hésiter un seul instant ? » Je soutins son regard, posant mes mains sur ses coudes. « C'est ce que tu as dit l'autre soir : si quelqu'un a l'opportunité de donner sa vie pour une personne qu'il aime, comment ne pourrait-il pas le faire ? »
Carlisle ne dit rien. Ses yeux dorés étaient comme des flaques désolées ; je ne reconnaissais pas son expression. Je m'approchai de lui, encadrant son visage de mes mains.
« Je ne veux pas mourir, Carlisle, lui dis-je doucement en riant sans joie. Ce n'est pas ce que je dis ici. Ce que je voulais dire, c'est que je peux en quelque sorte comprendre ce que Véronique doit penser. Ce qu'elle doit ressentir. Elle doit songer à la destruction de sa propre famille. Elle doit être accablée par la pensée de ne pas avoir pu les aider. Peut-être qu'elle essaie à présent de compenser ce fait, d'une certaine manière »
Il hocha la tête, expirant lentement et fermant momentanément les yeux. Il prit mes mains de son visage et les serra fermement. « Penses-tu alors que… nous ne devrions pas essayer de la faire changer d'avis ?
– Je ne sais pas. Nous pouvons essayer, bien sûr, mais… comme je l'ai dit, cela pourrait ne pas influencer sa décision. Sa motivation est si profonde, après tout. De plus… je ne pense pas qu'essayer d'empêcher que le même sort qui a frappé son ancien clan nous frappe nous, soit son seul motif. Quelque chose d'autre alimente sa détermination à réussir. Il y a une autre raison pour laquelle elle cherche désespérément à détruire Alec et Jane ainsi qu'à nuire de la pire des façons à Aro »
Il acquiesça. « Elle veut se venger.
– Peut-être. On m'a dit à plusieurs reprises que les vampires sont vengeurs par nature, et je peux imaginer que perdre sa famille est quelque chose qu'on ne peut surmonter. Et maintenant qu'elle a la raison de croire que son frère et créateur ont été tués après avoir été faussement accusés… je suis sûre que cela a également eu un impact sur sa décision »
Carlisle acquiesça de nouveau d'une manière pensive. Il fut sur le point de dire quelque chose, mais il s'arrêta et se tourna pour regarder dans la direction où se trouvait la maison. Je l'ai alors également entendu le son de trois vampires courant dans la forêt endormie. Ils couraient si vite que leurs pieds touchaient à peine le sol.
Les yeux de Carlisle étaient à la fois alertes et inquiets alors qu'il échangeait un rapide coup d'œil avec moi, et quelques secondes passèrent alors que nous attendions en silence.
Edward, Alice et Eleazar sortirent des arbres après un moment. Ils avaient tous l'air étrangement tendus et incertains, comme s'ils ne savaient pas quoi ressentir.
« Que se passe-t-il ? » demanda Carlisle. Sa voix était calme, mais elle contenait un brin de tension.
« Un problème potentiel se dirige vers nous, répondit Edward d'un ton sec. Je sais, je sais – quoi de nouveau en soit.
– Que veux-tu dire ? »
Eleazar parla. « Il y a un instant, Alice a vu que nous allions recevoir des invités inattendus.
– Je suis désolée, Carlisle, s'excusa Alice. Je ne les ai pas vus plus tôt. Je me suis tellement concentrée sur les Volturi tout en gardant un œil sur notre avenir. Je ne sais pas comment ils ont entendu parler de notre situation ou quel genre d'impact aura leur présence, mais… »
Il y avait quelque chose de particulier dans la façon dont elle avait dit « ils ». « Que veux-tu dire ? demandai-je. Qui vient ? »
Edward avait commencé à regarder vers l'est, écoutant attentivement. « Disons simplement qu'ils n'ont pas été invités »
Il avait à peine réussi à terminer sa phrase lorsque j'ai entendu le bruit de pas qui s'approchaient rapidement – deux paires de pas. Les vampires aimaient généralement se déplacer presque sans bruit – c'était naturel, instinctif – mais quels que fussent ces deux-là, il était évident qu'ils ne ressentaient nul besoin de garder leur approche secrète. C'était presque comme s'ils voulaient que le plus de monde possible entendent leur arrivée. Il y avait quelque chose d'effronté dans leur approche même le bruit de leurs pas était en quelque sorte… provocant.
La brise légère introduisit des odeurs inconnues à mes narines. J'entendis Carlisle inspirer un halètement surpris à côté de moi alors qu'il reconnaissait l'arrivée des vampires, mais ensuite, il soupira et secoua la tête avec résignation, presque comme s'il se réprimandait de se sentir surpris.
« J'aurais dû voir cela arriver, se murmura-t-il.
– Qu'est-ce qu'il y a ? demandai-je doucement. Qui sont-ils ? »
Il soupira à nouveau. « Les Roumains »
Je me suis souvenue des choses qu'il m'avait dites à leur sujet quelques nuits plus tôt, et soudain je me suis sentie agitée. Comme Edward, nous regardions tous maintenant vers l'est, attendant les deux vampires qui s'approchaient. Je perçus de légers rires à environ un kilomètre de nous – apparemment quelque chose amusait les nouveaux arrivants. Je les ai entendus ralentir pour marcher un moment avant de sortir des arbres.
Ils devaient être les vampires les plus étranges que j'avais vus jusqu'à présent. L'un était ténébreux et l'autre avait des cheveux blonds qui étaient si blonds cendrés qu'ils avaient l'air gris pâle. Ils étaient à la fois fins et petits – l'un d'entre eux étant en réalité plus petit que moi – et il y avait un curieux aspect poudré sur leur peau. Je me demandai ce qui l'avait causé. Il semblait que même un léger toucher pouvait endommager la surface en apparence délicate.
Les deux arrivants prirent note de nos expressions tendues et incertaines, et se sont souris.
Carlisle fit un pas en avant. Il tendit la main derrière lui pour me prendre la main.
« Vladimir, Stefan, dit-il d'une voix méfiante. Vous êtes bien loin de chez vous »
Le ténébreux donna à Carlisle un sourire étrange. « Nous ne faisons que passer, cher Carlisle » Il gloussa sombrement. Il avait une voix profonde et chuchotée, quelque chose que je n'avais jamais entendu auparavant, et il parlait avec un accent particulier.
« Pardonne-moi si je trouve cela un peu difficile à croire, Stefan, répondit Carlisle d'un ton sec. Quelqu'un vous a envoyé ? Esmée ? Irina ?
– Personne ne nous a envoyé, répondit le blond d'une voix toute aussi duveteuse. Mais en l'état, la nouvelle se transmet rapidement. Il y a eu des chuchotements… des rumeurs… que les Volturi s'avançaient contre vous. Et nous avons aussi entendu dire que vous ne serez pas seuls. Est-ce vrai ?
– Pourquoi demandez-vous ? demanda Edward avec un sourire crispé. S'il vous arrive de découvrir que nous sommes en infériorité numérique et que nous n'avons aucune chance contre les Volturi, repartirez-vous jouer à cache-cache avec Demetri ? Attendrez-vous quelques siècles de plus jusqu'à ce qu'une meilleure opportunité se présente ?
– Peut-être. Pourrais-tu vraiment nous en blâmer ? fut la réponse de Stefan.
– Est-ce vrai alors ? demanda le blond – Vladimir. Faites-vous vraiment un geste contre la vermine italienne ?
– Ce n'est pas ce que vous pensez, déclara Eleazar. Nous ne faisons que nous défendre. Les Volturi viendront ici avec de fausses déclarations. Je suis certain que cela ne vous surprendra pas quand je dis qu'ils ne viennent pas ici pour servir la justice, mais pour manipuler leur propre loi à des fins personnelles. Pour gagner plus de pouvoirs en d'autres termes.
– Vraiment ? demanda Vladimir, sardonique.
– Alors les aveugles ont retrouvé la vue, déclara Stefan en riant.
– Et le brouillard s'est levé, ajouta Vladimir. Qu'est-ce que ça fait de pouvoir voir clairement, humm ? De voir les Volturi pour ce qu'ils sont vraiment ? Ce qu'ils ont toujours été tout ce temps ?
– Et quoi qu'il en soit, nous ne nous soucions pas vraiment de ça, même si vous avez enfreint la loi.
– Nous ne l'avons pas fait, intervint Alice.
– Cela n'a pas d'importance, comme je l'ai dit.
– Nous attendons depuis un millénaire et demi que la vermine italienne soit contestée, ajouta Stefan. S'il y a une chance que vous réussissiez et qu'ils tombent, vous pouvez être sûrs que nous serons là pour le voir.
– Et nous vous aiderons également à les vaincre », poursuivi Vladimir. Ils parlaient en tandem parfait, leurs voix étant si semblables que je pensais même ne pas être en mesure de les distinguer si mes yeux avaient été fermés.
« Si, en somme, vous avez suffisamment de chances de succès » Stefan nous lança un regard interrogateur.
Carlisle passa une main dans ses cheveux et soupira. Il regarda les Roumains un instant, semblant réfléchir. Puis, il nous jeta un coup d'œil. Eleazar haussa les épaules. Edward adressa à Carlisle un sourire sombre.
« Ce sont leurs funérailles, murmura-t-il.
– Voyons voir s'ils sont prêts à rester après avoir entendu ce que nous savons », acquiesça Alice.
Les Roumains nous suivirent jusqu'à la maison, échangeant tout le temps d'étranges sourires. Compte tenu de ce que j'avais entendu à leur sujet, cela ne m'a pas surprise que leur arrivée ait provoqué de nombreuses réactions différentes parmi les Denali et nos autres invités.
C'était comme si quelqu'un avait attisé un nid de frelons ; alors que nous entrions dans le salon les autres nous attendaient. Le clan Irlandais, ainsi que Makenna et Charles, refusèrent de venir saluer Vladimir et Stefan en leur lançant des regards méprisants, et Tanya et Kate sifflèrent. Peter et Charlotte, qui étaient arrivés quelques jours plus tôt, jetèrent tous deux des regards méfiants sur les deux anciens vampires.
Inutile de dire que les Roumains ont reçu plus d'un regard méfiant cette nuit-là. Je me demandai si c'était à cause de leur passé, ou de leur position enthousiaste et presque amusée envers l'arrivée prochaine des Volturi. Seuls Emmett et Garrett semblèrent rapporter la présence des Roumains à quelque chose de satisfaisant.
Lorsque Carlisle et Eleazar ont décrit notre situation à Vladimir et Stefan, leur amusement silencieux ne fit que croître. On leur donna tous les détails des deux derniers jours. Une partie de moi se demandait si c'était sage – Carlisle et Eleazar ne semblaient pas leur faire entièrement confiance après tout mais apparemment, ils avaient décidé que les Roumains devaient tout entendre pour pouvoir décider s'ils devaient rester ou non.
Lorsque Vladimir et Stefan ont entendu parler de Véronique et de sa défection à nos côtés, ils éclatèrent de rire.
« Tut-tut, Carlisle », dit Vladimir en jetant un coup d'œil à Véronique. Ses yeux rouges brillaient de gaieté. « Tu as été méchant, pas vrai ? Aro ne sera pas heureux quand il verra que l'un des siens à rejoint ton clan. Cela ne réduira certainement pas sa soif de sang » Son ton était ouvertement plein d'espoir.
« L'implication de Véronique n'avais pas grand-chose à voir avec ça pour commencer, fit remarquer Alice. Les Volturi n'avaient pas besoin d'une raison pour prendre la décision de venir ici. Quand ils viendront, ils offriront des excuses c'est certain, mais ils savent aussi bien que nous que nous n'avons rien fait pour mériter ça.
– Le résultat de la bataille n'aura pas d'importance, murmura Stefan à Vladimir. La nouvelle se répandra de toute façon – cela ne peut qu'arriver, ce qui n'est qu'une bonne chose. Il est temps que le monde voit les Volturi pour ce qu'ils sont. Ils ne tomberont jamais si tout le monde continue de croire ce non-sens à propos d'eux nous protégeant et préservant notre mode de vie.
– Au moins lorsque nous régnions, nous étions honnêtes sur ce que nous étions », répondit Vladimir.
Stefan acquiesça. « Nous n'avons jamais mis de chapeaux blancs tout en nous appelant saints » Il fit une pause, ses yeux bordeaux étudiant les vampires dans la pièce pendant un moment avant de regarder de nouveau Vladimir. « Je crois que le moment est venu de se battre. Nous ne trouverons peut-être jamais une meilleure force près de laquelle nous tenir. Une autre chance aussi bonne »
Vladimir regarda également notre groupe silencieux, ses yeux rouge foncé nous jaugeant. Il semblait hésiter. Je savais à quoi il pensait il y a un instant, Carlisle et Eleazar leur avaient tout dit, y compris le fait que le nombre des Volturi était supérieur au nôtre. « Nous devons garder à l'esprit que rien n'est impossible. Peut-être qu'un jour…
– Nous attendons depuis assez longtemps, Vladimir. Si les Volturi gagnent ce conflit, ils repartiront avec plus de pouvoirs qu'ils n'ont jamais eu. Pense à ce que ce nouveau-né pourrait leur donner… » Il inclina la tête vers moi. « … et garde à l'esprit qu'elle n'a même pas complètement découvert son potentiel »
Vladimir fronça les sourcils d'une manière réfléchie, lançant à Kate et Edward des regards curieux et mesureurs. Les Roumains avaient été tranquillement impressionnés lorsqu'ils avaient été informés des capacités que certains d'entre nous possédaient.
« Avec les jumeaux en sorcellerie, ils n'ont aucune utilité pour la femme avec le toucher de feu. Et ils n'ont pas besoin d'un autre lecteur d'esprit. Ils ont aussi Corin pour maintenir les épouses heureuses, et dont ils ont peu d'intérêt pour l'empathe » Il inclina la tête vers Jasper. « Bien que sur un champ de bataille, il pourrait être plus qu'utile. Et puis, il y a elle » Il regarda Alice. « Voir l'avenir avant tout le monde… » Il s'interrompit significativement avant de se tourner vers Stefan. « Je vois ton point de vu. Les Volturi gagneront beaucoup s'ils gagnent – trop même. Plus que ce que nous pouvons leur permettre de gagner »
Stefan acquiesça. « C'est pourquoi nous devons nous opposer à eux tant qu'il y a de l'espoir.
– Et si nous parvenons à les paralyser, ou au moins à les exposer…
– Puis un jour, quelqu'un d'autre terminera le travail et fera ce que nous ne pourrions pas faire.
– Et notre longue vendetta sera payée. Enfin »
Ils verrouillèrent leurs yeux pendant un long moment avant de hocher la tête à l'unisson.
« Alors on se bat, dit Stefan.
– Nous nous battons », conclu Vladimir.
Je pouvais voir qu'ils étaient déchirés entre le souhait de se maintenir en vie et celui de mener à bien leur vendetta, mais cette dernière envie semblait la plus forte ; les sourires des Roumains étaient soudain pleins d'anticipation. Je pensai distraitement que deux autres vampires combattant de notre côté n'étaient qu'une bonne chose.
Une bonne chose, oui. Mais serait-ce suffisant ? C'était une tout autre chose. Et si le nombre de Volturi continuait d'augmenter ? Et si Esmée, Miguel, Irina et Laurent ne pouvaient pas trouver les Amazones ?
Je ne cessais de me rappeler que penser à ces choses n'était pas utile. Nous pourrions être cinquante que cela n'aurait pas d'importance. Nous ne vaincrions pas les Volturi avec des chiffres cela avait toujours été clair. Nos seules armes étaient la tactique et la stratégie.
Et Véronique.
Aro pouvait anticiper certains de nos mouvements – il connaissait nos dons, savait comment nous les utiliserions pour riposter. Comme l'a fait remarquer Véronique, les Volturi s'attendaient même à ce que nous ayons de la compagnie quand ils viendront finalement nous chercher. Mais une chose qu'Aro ne pouvait prévoir était la trahison de Véronique. Qu'elle était de notre côté au lieu du leur.
Et si elle pouvait réussir son plan et détruire Alec et Jane ? Était-ce mal d'espérer, de faire confiance à son plan étant donné que si nous la laissons faire ce qu'elle allait faire, elle pourrait ne pas survivre ? Pouvions-nous la laisser se sacrifier de cette façon ? Devrions-nous essayer d'en parler une fois de plus ?
Mais là encore… avions-nous le droit de l'arrêter ? Avait-elle le droit de prendre une telle décision pour elle-même ?
J'en parlais avec Edward plus tard dans la nuit lorsque je l'ai vu se glisser dans la forêt derrière la maison. Je l'ai suivi là-bas. La raison pour laquelle je voulais entendre son opinion était parce qu'il connaissait probablement Véronique mieux que nous. J'avais remarqué qu'elle avait passé beaucoup de temps avec lui depuis son arrivée. Je me suis posé des questions à ce sujet et je me suis également demandé si quelqu'un d'autre l'avait remarqué.
Il semblait y avoir une compréhension mutuelle tacite entre les deux. Véronique était visiblement troublée par son passé. Peut-être qu'elle trouvait plus facile d'être en compagnie d'Edward car il était la seule personne à qui elle n'avait pas à s'expliquer, grâce à son don. Plus d'une fois, je les avais vus avoir une conversation silencieuse entre eux chaque fois qu'il y avait un moment de calme et que nous ne nous entraînions pas. Ils étaient allés chasser deux fois ensemble. Apparemment se nourrir d'animaux était quelque chose que Véronique trouvait assez satisfaisant, ou du moins je ne l'avais pas entendue s'en plaindre. Il y avait déjà une différence dans la couleur de ses yeux ; je me demandais si nous aurions jamais la chance de les voir se transformer en or, compte tenu de ce qui nous attendait.
« J'ai pensé à sa proposition de mon côté, admit doucement Edward lorsque je partageai mes pensées avec lui. Et je lui en ai parlé, évidemment, mais elle est résolue. Elle comprend le danger associé, bien sûr, mais… j'ai bien peur qu'elle ne se laissera pas influencer dans sa décision. Et ce n'est pas comme si on pouvait la lier à une chaise ou autre » Il regarda au loin. La forêt autour de nous était étrangement calme l'aube approchait. « Je suppose… qu'elle a aussi l'impression qu'elle nous le doit, d'une manière ou d'une autre »
J'ai froncé les sourcils. « Que veux-tu dire ?
– Comme elle l'a dit après son arrivée… lorsqu'elle nous a rendu visite plus tôt ce printemps, elle a été impressionnée par notre clan. Aro a évidemment pris connaissance de l'impact que nous avons eu sur elle. Véronique pense toujours que ce fut le catalyser de la décision d'Aro de venir ici »
J'ai secoué la tête. « Personne ne peut vraiment contrôler ses pensées. Elle ne devrait pas se sentir coupable de quelque chose comme ça. Et en plus… elle s'est dit être impressionnée par notre mode de vie paisible et le fait que nous ne cherchions pas le pouvoir même si certains d'entre nous sommes doués. Je pense que cela en dit long sur elle que ces choses ont eu un impact fort sur elle »
Edward hocha la tête. « C'est ce que je lui ai dit. Mais le problème, c'est que ce n'est pas seulement son sens des responsabilités légèrement martyre qui la motive. J'ai remarqué qu'elle pense presque constamment à son frère jumeau et à son créateur. J'ai le sentiment que… qu'elle ne s'est pas beaucoup autorisée à y penser durant ces décennie qu'elle a servi les Volturi. Et maintenant, tout se précipite pour elle. Les vampires aiment profondément… et ils pleurent profondément. En ce moment, elle pourrait avoir l'impression qu'elle a peu de raisons de vivre. Elle a l'impression de ne plus avoir de but. Sauf un.
– Détruire Alec et Jane. Et de cette façon, nous donner une chance de combattre », murmurai-je.
Il hocha la tête, la lueur dans ses yeux dorés étant lointaine. « Elle veut nous donner l'opportunité que sa propre famille n'a pas eue. C'est très noble, très gentil, je l'avoue, mais…
– Cela ne te va pas.
– Non. En effet. Je pense qu'aucun de nous ne l'encouragerait à prendre une décision aussi risquée, quels qu'en soient les avantages »
Nous restâmes silencieux un instant. J'ai observé le visage d'Edward, la ligne serrée de sa mâchoire.
« Si par un miracle improbable nous survivons tous, y compris Véronique, émis-je songeusement, elle devrait garder à l'esprit qu'elle a une place ici avec nous. Si elle veut rester, s'entend. Je sais que Carlisle espère qu'elle le fera »
Edward poussa un léger soupir. « Je lui ai dit à plusieurs reprises qu'elle était la bienvenue pour rester. Mais… elle pleure toujours. Je suppose que nous lui rappelons sa famille, à la fois dans le bon et le mauvais. Nous lui rappelons ce qu'elle a perdu, mais quand elle nous observe, elle est aussi… je ne sais pas, heureuse ou soulagée de réaliser qu'il existe un moyen d'exister pacifiquement et sans violence, même dans un monde comme le nôtre. Cela lui donne de l'espoir de le savoir »
Je réfléchis à ses mots en silence, regardant furtivement le ciel nocturne à travers les arbres. « Si elle a de l'espoir… alors cela doit signifier que ses intentions de détruire Alec et Jane ne sont pas complètement suicidaires.
– Je suis d'accord. Mais si quelque chose dans ses pensées laisse même sous-entendre qu'elle va entrer sur ce champ de bataille sans intention de survivre… » La ferveur soudain dans ses yeux me surprit.
« Que vas-tu faire alors ? » demandai-je en l'observant.
Il soupira et passa une main dans ses cheveux. « Je ne sais pas. Peut-être qu'il n'y a rien que je puisse faire, après tout. Je vais juste devoir surveiller ses pensées et essayer de lui faire voir que tout n'est pas perdu, malgré les épreuves qu'elle a dû endurer, et qu'il y a toujours un but dans cette vie, même si cela ne semble pas toujours l'être. Je devrais le savoir mieux que la plupart.
– Je suis… heureuse qu'au moins quelqu'un sache ce qui se passe dans sa tête et soit capable de la comprendre, dis-je prudemment. Elle est un peu une énigme, je pense. Un instant, elle semble ouverte et… je ne sais pas, courageuse. Et puis, elle est soudainement très retirée de nouveau »
Edward hocha la tête, ses yeux réfléchissants. « Elle me semble également assez complexe, malgré le fait que je puisse lire dans ses pensées.
– Elle t'intrigue »
Il me jeta un coup d'œil. Il y avait de la surprise dans ses yeux et quelque chose d'autre que je ne pouvais déchiffrer. Puis il haussa les épaules. « Je suppose. Ne me demande pas pourquoi – je ne le sais même pas moi-même »
Ce fut encore silencieux. Le vent commença à souffler, légèrement au début, puis a progressivement augmenté. Je pensais avoir entendu Edward soupirer, mais cela aurait pu être le bruit de la brise voyageant à travers les arbres.
« Que penses-tu qu'il va se passer ? demandai-je doucement après un moment. Quelle est ton opinion honnête ? Crois-tu que nous avons une chance ? »
Edward regarda le ciel nocturne au-dessus de nous. « Si Véronique réussit et parvient à vaincre Alec et Jane… et si les Amazones sont retrouvées à temps et qu'elles nous rejoignent avec Esmée et les autres… » Il fit une pause. « Je ne sais pas. Même si nous avons de la chance dans certains domaines, le fait est que nous sommes encore largement en infériorité numérique. Mais on ne sait jamais, je suppose.
– Est-ce une façon de dire non ? » demandai-je en riant jaune et sans joie.
Il gloussa également. « Je ne sais pas si je suis réaliste ou un pessimiste, en cet instant. Mais je pense que nous savons tous que cela ne semble pas bon, peu importe comment nous le regardons. Je suppose que nous le découvrirons assez tôt. Demande-moi après-demain. Si nous sommes en vie, bien sûr »
Une vague d'anxiété me serra l'estomac. Moins de deux jours. Et après ça… quoi ?
Personne ne savait. Pas même Alice.
Je pris une profonde inspiration et la laissai lentement sortir. « Tu sais, commençai-je en essayant de garder un ton clair. Au lieu d'être réaliste ou pessimiste, pourquoi n'essayes-tu pas d'être optimiste à la place ? »
Un sourire ironique tira un des coins de sa bouche.
« D'accord » Il réfléchit un instant, ses yeux dorés sur la nuit au-dessus de nous. « Que dis-tu de ça ? demanda-t-il en se tournant vers moi. Il fait toujours plus sombre avant l'aube »
Tard le soir suivant, nous nous sommes dirigés vers la clairière qu'Alice avait vue dans sa vision. C'était à quelques kilomètres de la maison des Cullen, et c'est pourquoi nous avons dû planifier soigneusement notre itinéraire pour éviter les routes très fréquentées et les établissements humains, car je n'avais pas encore le contrôle total sur ma soif. La bonne chose était qu'il y avait vingt vampires pour me retenir au cas où ma maîtrise se détériorerait, mais même ainsi, je retenais mon souffle pendant que nous progressions dans la nuit. Je me suis trouvée étrangement heureuse qu'arriver dans cette clairière ait demandé autant de concentration et d'efforts – au moins, cela m'avait empêchée de penser à des choses auxquelles il valait mieux ne pas penser.
Lorsque nous avons finalement atteint les bords de la clairière juste après minuit, nous nous sommes tous arrêtés. Personne ne parlait – personne même ne respirait. Même les Roumains, qui étaient généralement assez volubiles, sont restés complètement silencieux en regardant la grande clairière avec des expressions illisibles. Au bout d'un moment, ils hochèrent la tête à l'unisson et se regardèrent comme s'ils venaient de recevoir une réponse à une question qu'ils se posaient depuis des milliers d'années.
Je me suis retrouvée à me demander combien il resterait d'entre nous ici dans vingt-quatre heures. Mon esprit s'est alors brièvement tourné vers mes parents, et quelque chose de lourd s'est installé au creux de mon estomac. Je les avais appelés il y a deux jours pour leur dire au revoir sans vraiment le dire. J'avais fabriqué une histoire sur les voyages en Amérique du Sud et leur ai dit que je n'aurais peut-être pas le temps de les appeler avant un certain temps.
Si nous ne survivions pas à cette journée, je me demandai combien de temps il faudrait à mes parents pour commencer à se demander pourquoi ils n'avaient pas de mes nouvelles. Une semaine ? Deux semaines ? Un mois ? Je ne savais pas. J'imaginais Renée en train de regarder le coucher de soleil tous les soirs tandis qu'il peignait le ciel d'orange et de rose, tout en se demandant ce qui m'était arrivée. J'ai imaginé Charlie essayant de me retrouver et enquêtant de manière obsessionnelle sur mes mouvements avant ma disparition. Il ne trouverait rien, bien sûr. J'ai imaginé leur douleur, leur chagrin et momentanément, j'ai oublié mon propre désespoir qui planait en moi depuis près de deux semaines.
J'ai senti une main chaude toucher la mienne. Je fermai les yeux et m'appuyai contre Carlisle, le sentant enrouler son bras autour de moi. Malgré les circonstances, malgré mes pensées sombres, j'étais soudainement étrangement reconnaissante, heureuse même d'être ici avec lui, et qu'il soit là avec moi. Quel que soit le sort qui nous attendait, au moins nous n'y ferions pas face seuls.
J'ai recommencé à respirer.
Des mots ténus ont été prononcés. Edward avait brisé le silence. Il regardait Alice, demandant tranquillement quelque chose. Elle secoua la tête, fermant les yeux. Je savais qu'ils étaient d'un noir absolu derrière ses paupières fermées nous devons nous assurer qu'elle chassera bientôt. Jasper avait suggéré que nous chassions tous avant la bataille. Nous devions faire tout notre possible pour nous assurer d'être aussi forts que possible lorsque nous affronterions les Volturi. Cela ferait peut-être une différence. Peut-être pas.
« Quand pourras-tu en être certaine », entendis-je Edward demander à Alice, sa voix calme me tirant de mes méditations.
Elle secoua la tête de nouveau. « Je ne peux pas. C'est ce que je te dis. Tu le sais aussi bien que moi »
Carlisle leur lança un regard interrogateur. « Y a-t-il un problème ? »
Edward laissa échapper un soupir silencieux. « Alice a vu qu'Esmée et Miguel reviennent avec Irina et Laurent. Ils ont trouvé le clan de Zafrina.
– C'est génial », déclara Tanya. Sa voix avait un optimisme que je ne lui avais pas entendue depuis longtemps.
Les yeux de Carlisle étaient toujours fixés sur le visage d'Edward ; il savait qu'il y avait quelque chose qu'il n'avait pas encore dit.
« Alice ne peut pas confirmer s'ils reviendront à temps, murmura-t-il. Les Volturi arriveront juste après le coucher du soleil. Ça paraît juste. Trop juste »
Alors que cette petite lueur d'espoir s'estompa, j'en vins à penser qu'au moins une partie de notre famille et de nos amis continueraient à vivre même si ce ne sera pas notre cas. Mais j'ai réalisé que si nous n'arrivions pas à vaincre Demetri, il les traquerait. Cette pensée m'a fait me sentir… las. Désespérée.
Et aussi un peu en colère. Je pris une profonde inspiration pour me calmer en remarquant que Jasper me lançait un regard méfiant.
Il ne restait plus qu'à attendre. Alors que la nuit avançait, tout le monde s'est dispersé dans sa propre direction pour chasser. Jasper avait pratiquement traîné Alice avec lui, les yeux féroces et sévères. Je me demandai distraitement où nos amis aux yeux rouges chasseraient, et j'essayais de ne pas penser plus loin.
J'y suis allée avec Carlisle et j'ai chassé rapidement, me concentrant à peine sur ce que je faisais. Après m'être nourrie d'un petit wapiti, je me suis dirigée vers un gros rocher que j'avais repéré pendant la chasse. J'ai sauté dessus et je me suis assise. Attirant mes genoux contre ma poitrine, je levai les yeux vers le ciel nocturne. Il était couvert d'épais nuages, pas de lune ni d'étoiles ce soir. Il était en quelque sorte très approprié que le ciel soit vide de toute source de lumière ce soir.
Celui de la dernière nuit.
Carlisle me trouva là quelques minutes plus tard. Il me regarda pendant que je dépliais mes jambes et que je sautais hors du rocher, et il tendit la main pour m'attraper alors que mes pieds touchaient le sol, même s'il savait que je ne perdrais pas mon équilibre. Il prit mes mains dans les siennes, les tenant fermement.
Mes yeux ont retrouvé le ciel d'été sombre. « Puis-je te demander quelque chose ? » demandai-je doucement.
Il resserra sa prise sur mes mains et me rapprocha. « N'importe quoi, Bella »
J'ai cherché mes mots. « Pourquoi crois-tu qu'il existe un être supérieur, Carlisle ? Qu'il y a un Dieu ? »
Il sourit doucement. « Pourquoi ne le croirais-je pas ? »
Je lui ai tendu les mains. « Ce n'est pas une réponse »
Un doux sourire toujours sur ses lèvres, il réfléchit longuement à ma question. « Parce que je n'ai aucune raison de croire le contraire », répondit-il finalement d'une voix calme. Il passa le bout de ses doigts le long de mon bras. Le toucher semblait presque inconscient. Ses doigts planaient sur l'endroit où j'avais eu une cicatrice lors de mon dix-huitième anniversaire. Elle avait disparu après ma transformation. « Comme je te l'ai dit il y a toutes ces années… je n'ai jamais rien vu qui me fasse douter que Dieu existe sous une forme ou une autre. Et j'ai le sentiment que quelque chose comme ça ne se produira jamais. Je suis très… confiant à ce sujet »
Le souvenir de cette conversation était légèrement flou avec le temps, mais je me souvenais encore que Carlisle et moi avions discuté de cela un soir de septembre, des années et des années auparavant. Ce qui serait toujours le cas. « Il doit être… réconfortant de savoir que quoi qu'il arrive, cette foi et cette assurance ne disparaîtront jamais. Que tu peux faire confiance à quelque chose aussi aveuglément et sans réserve. Même dans des jours comme ceux-ci » Je regardai à nouveau le ciel et ajoutai : « Surtout dans des jours comme ceux-ci »
Quand je regardais à nouveau Carlisle, ses yeux dorés étaient réfléchissants. « Cela peut être réconfortant, émit-il songeusement. Mais je suppose… que ce n'est pas tout ce que c'est. La Foi… cela peut aussi être beaucoup d'autres choses. Parfois c'est une question de conflit, de lutte et d'épreuves. Au lieu de réconfort, parfois cela n'apporte que détresse et agonie. Une lumière jette toujours une ombre quelque part après tout. La Foi n'est pas différente.
– Alors pourquoi t'y accrocher ? » demandai-je doucement.
Un sourire triste courba à nouveau ses lèvres. « Parce que j'aimerais croire que ça vaut le coup au final. Parce que même si ça prend parfois beaucoup, ça donne aussi beaucoup. Et parfois… » Il fit une pause et déposa un doux baiser sur ma joue. « Parfois, Bella… ça donne plus que ce qu'il faut »
Je secouai la tête, légèrement stupéfaite. « Je suppose que j'aurais aimé avoir ce que tu as. D'avoir ce genre de dévotion et de confiance en quelque chose d'invisible… » Je secouai de nouveau la tête. « N'as-tu jamais peur que… qu'il s'avère que tu as eu tort tout ce temps ? Qu'il n'y a personne là-bas pour s'occuper de toi ? »
Il libéra mon autre main de sa prise et me caressa tendrement la joue. « De nous, me corrigea-t-il. Je sais que tu ne peux pas partager ma conviction, Bella, mais malgré cela, j'aimerai croire qu'il y a quelqu'un qui veille aussi sur toi. Quant à répondre à ta question… la pensée me vient de temps en temps, admit-il. Je remets parfois en question ma foi. J'ai des craintes comme toute autre personne. Mais je ne laisse pas ces craintes se transformer en incrédulité et en doute » Il me regarda silencieusement pendant un moment, un petit froncement de sourcils plissa son front. « Pourquoi demandes-tu cela ? Pourquoi maintenant ? »
Je lui ai fait un sourire triste. « Tu sais pourquoi. Comme je n'ai peut-être pas la possibilité de réfléchir à ces choses, j'ai pensé que je pourrais aussi bien saisir cette chance. C'est mieux maintenant que… eh bien, jamais »
Carlisle reprit mes mains dans les siennes. Je n'avais jamais vu autant d'ombres dans ses yeux dorés.
« Cela me trouble de savoir que tu as ce genre de pensées… considérant ce que nous allons affronter dans quelques heures, admit-il.
– Je n'ai pas abandonné », lui dis-je doucement, sachant à quoi il pensait. Sachant ce qu'il n'avait pas dit. « Mais je veux être réaliste. Si cela se révèle être les dernières heures de notre vie… je ne veux pas les vivre dans un mensonge en me livrant à un faux optimisme. Quoi que nous soyons sur le point de faire face après le coucher du soleil ce soir… je veux y faire face de front. Je veux voir les circonstances telles qu'elle sont au lieu de les nier »
Carlisle hocha lentement la tête. Il libéra mes mains de sa prise et les plaça sur les côtés de mon visage à la place. Puis il me regarda, il me regarda juste, et au début il semblait chercher ses mots, mais apparemment il n'y en avait pas.
Après tout, il n'y avait rien à dire, et même s'il y avait eu quelque chose, il n'avait pas besoin de l'exprimer verbalement parce que j'aurais su ce qu'il pensait. Cela m'a rassurée que je connaisse ses paroles avant même qu'il ne les prononce.
Je connaissais aussi ses actions, les mouvements de son corps, comme s'ils étaient les miens. Avant même qu'il ne bouge, avant que sa posture ne change, je savais qu'elle serait sa prochaine action. Par conséquent, c'était quelque chose de plus qu'un réflexe, quelque chose de plus qu'un simple souvenir musculaire qui me fit entrer dans son étreinte serrée juste au moment où ses lèvres réclamèrent les miennes.
Le baiser était exigeant, presque rude ; il y avait du désespoir. Il ne m'avait jamais embrassée comme ça auparavant, avec une telle urgence et une telle fureur. Ça avait le goût d'un adieu, ce baiser. Comme la vie, l'amour et la mort. Je me suis accrochée à lui et l'ai embrassé en retour.
Parce que c'était tout ce que je pouvais faire parce que nous savions tous les deux qu'il n'y avait plus rien à dire.
Notes de l'auteur : il y a beaucoup de référence à Breaking Dawn dans ce chapitre, donc si vous voyez quelque chose qui vous semble familier, ce n'est pas de moi. Les lignes suivantes sont des références proches ou des citations directes du roman et du film. Beaucoup de répliques de Stefan et Vladimir dans ce chapitre sont tirées du roman, parce que vous savez : Dracula un et deux étaient tout simplement géniaux. Je ne sais pas pourquoi, mais je les adore. Ils sont fabuleux.
« Disons simplement qu'ils n'ont pas été invités »
« Vous êtes loin de chez vous »
« Personne ne nous a envoyés »
« Nous attendons depuis un millénaire et demi que la racaille italienne soit contestée »
« Stefan acquiesça. « Nous n'avons jamais mis de chapeaux blanc en nous faisant appelé saints » »
« Si les Volturi gagnent ce conflit, ils repartiront avec plus de pouvoirs qu'ils n'ont jamais eu »
« Et notre longue vendetta sera payée. Enfin »
« Alors on se bat, dit Stefan.
– Nous nous battons, conclu Vladimir »
Et ma préférée : « Tu as été méchant, pas vrai ? » je ne pourrai jamais pardonner qu'ils aient choisi de ne pas inclure cette ligne dans le film. Pourquoi mon Dieu ; pourquoi ?
Le poème que Bella et Carlisle citent au début du chapitre a été écrit par Mark R Slaughter.
