Disclaimer : Les personnes trans sont tous·tes merveilleux·euses. Celleux qui oeuvrent contre leurs droits méritent qu'on leur crache au visage.
Attention: Rated T pour le langage et les scènes violentes.
RàR :
Noisette :
Salut ! Merci pour ta review ! Tu as au moins fait l'effort d'en laisser une à quelques occasions et c'est bien plus que la majorité, ce qui est surtout ce que je dénonce. Je ne suis pas sûre de comprendre en quoi le parallèle avec yt permet de justifier quoique ce soit. Que ça se passe de la même façon sur d'autres plateformes et avec d'autres média, ça reste le même problème. Ici ou ailleurs, le consumérisme est en train de tuer les fandoms à petit feu. Je suis depuis assez longtemps sur ce site pour pouvoir témoigner de l'accentuation de ce phénomène.
Je ne sais pas si tu as remarqué, mais je termine toujours mes chapitres par une petite liste. Juste parfois savoir que l'un des items t'a plus plu que les autres ou t'as fait rire ou t'as mis en colère, ben c'est un retour qui change tout.
Je te laisse avec la suite et j'espère avoir répondu à ta question.
Bonne lecture.
Orlane
Liyly :
Hey ! Merci beaucoup pour ta review et pour le message de soutien.
Je suis aussi lectrice de fanfiction et je ne suis pas toujours la plus inspirée pour écrire une review, C'est bien pour cela que je fais une petite liste à la fin de mes chapitres pour aider celleux qui ne savent pas toujours quoi dire;)
Je te laisse avec la suite et à bientôt dans la section RàR, j'espère !
Orlane.
Anonymous :
Salut ! Merci pour ta review et pour le message de soutien. Le meilleur moyen pour continuer à pouvoir lire des histoires comme la mienne sur ce site est bien de laisser un petit mot de temps en temps;)
Bonne lecture !
Orlane.
Guest 1 :
En postant mon coup de gueule la dernière fois, j'avais parié que j'aurais quelques messages mécontents et je vois que tu t'es dévoué·e pour relever le défi ! C'est quand même assez paradoxale de dire que tu n'apprécies pas de te « faire engueuler » quand tu viens consommer des contenus ici et de tendre une perche pareille pour que je recommence ! Effectivement, mon sentiment de ras le bol est légitime et si mes leçons de morales te dérangent autant tu as deux choix : faire partie de la solution, en laissant des reviews de temps en temps (sur mon histoire et sur les autres que tu lis) ou ne plus revenir du tout et aller acheter des livres dans une librairie. Personnellement, ça ne me fait ni chaud ni froid.
En passant, quel courage de laisser un message pareil depuis un compte invité, avec le pseudo par défaut.
A jamais donc ?
Orlane
Rand Al'Thor :
Hey ! Merci pour ton message de soutien et pour tes compliments sur mon histoire. Je t'invite à aller laisser une review sur les histoires de Sun Day V et de « Black Mask » parce que les auteurices le méritent si tu as aimé leurs histoires.
Bonne lecture !
Orlane
Guest 2 :
Effectivement, la seule chose (je dis bien la SEULE) chose qui me motive à poster, ce sont les retours de mes lecteurices. Le site ne donne pas envie de laisser des reviews ? Sache qu'il ne met rien en place pour inciter les auteurices à poster non plus et qu'on est de toute évidence quand même vachement nombreux·ses à le faire quand même, donc cet argument est un peu facile.
Je trouve qu'il faut un sacré culot pour me sortir « moi je lis beaucoup de fanfictions, je ne lis normalement que des qui sont déjà finies, et je n'écris une review que si l'histoire était vraiment bien, pour remercier l'auteur à la fin ». Pourquoi lis-tu des fanfictions, vraiment ? Tu as l'air quand même bien content·e de pouvoir te repaître d'histoires qui sont le fruit d'un travail de longue haleine (oui, parce que tu dois bien avoir remarqué que les fics complètes ne font pas légions, précisément parce que les auteurices abandonnent en cours de route PRÉCISEMENT A CAUSE DU MANQUE DE REVIEWS !). De base, si tu as lu une histoire en entière, c'était qu'elle était assez bien pour te satisfaire, la moindre des choses est de laisser une review, point final !
Et pour ton information, la comparaison avec twitter et yt ne tient pas ! On est pas sur le site d'une multinationale (qui, btw, encourage nettement plus ses utilisateurices à poster du contenu mais PASSONS). On est sur un site à destination de fans, nourris par des fans. C'est censé être un endroit où une communauté peut se retrouver, ce qui implique donc des usages différents que ceux en œuvre sur les réseaux sociaux. Donc si tu ne laisses pas de reviews, bah si, c'est contre moi finalement. Et contre toi, bien sûr, parce que si tu veux continuer à pouvoir lire des histoires complètes ET bien écrites, ça passe par des reviews.
Enfin, si les réponses aux reviews t'agacent, je ne saurais que trop te conseiller de prendre un abonnement à la bibliothèque de ta ville et de cesser de fréquenter ce site. De toute évidence, tu n'as pas compris la philosophie qui soutends les fandoms. Etant donné que tu fais partie de cette majorité silencieuse, consommatrice et égoïste, ça ne changera rien pour moi et, peut-être, cela épargnera aussi les autres auteurices de ce site.
Pour ton information, un tel message ne me donne pas non plus envie de te connaître personnellement.
En passant, quel courage de laisser un message pareil depuis un compte invité, avec le pseudo par défaut.
A jamais donc, j'espère.
Orlane.
Merci à tzvine, Noisette, Sun Dae V, henrismh, feufollet, Lupa Alpha (x2), Liyly, Anonymous, mimi70,Tiph l'Andouille, NyannaCh, Rand Al'Thor et Pandelfique pour leur review. Vous n'avez pas idée à quel point je vous suis reconnaissante keur:keur:keur
Bonjour à toutes et à tous !
Comment va la vie de votre existence en déconfinement ?
De mon côté, ça va pas trop mal ! Le mois qui vient de s'écouler a été un peu bizarre mais il est passé à une de ces vitesses, c'est A-BU-SÉ ! J'ai mis à profit ma distanciation de mes élèves pour écrire un peu plus : j'ai rajouté un chapitre de 30k sur Gravity et je pense être à la moitié du nouveau chapitre correspondant à janvier 96 sur BS (si les déesses de l'écriture entendent mes prières, ça devrait être un petit chapitre, le rêve). Tout ça me fait presque 35k pour le Nano Camp d'Avril. Moi je dis, c'est moins que prévu, mais c'est pas si mal !
Je ne savais pas précisément à quelles réactions m'attendre suite à ma dernière MàJ, mais je constate une chose à double tranchant : ce sont (quasiment) les mêmes que d'habitude qui se sont manifesté·e·s et je les remercie du fond du coeur pour leur soutien. Sachez-le, c'est pour vous que je poste et uniquement pour vous.
Ainsi, je vais me permettre une fois de plus de m'adresser à la majoritésilencieuse : en restant fidèles à votre principe de consommation anonyme, vous avez réussi à me faire prendre conscience qu'en fait, vous n'avez plus d'excuses. Vous ne pouvez plus plaider l'ignorance ou la timidité ou le « oui mais c'est comme ça partout ouin-ouin » et « le site ne nous incite pas à laisser des reviews ouin-ouin » ou « de toute façon, je ne dois rien aux auteurices, j'ai jamais demandé à ce qu'iels postent ». La vérité, c'est que vous êtes égoïstes et, vraiment, impoli·e·s. Soyons clairs, vous nous êtes redevables du cadeau que l'on vous fait en postant. Je suis à peu près certaine que dans la vraie vie, vous dites merci quand on vous offre quelque chose.
Cela étant dit (et je vais en rester là pour ce sujet), sachez que je me fiche sincèrement d'apprendre que je vous ai vexé ou si vous vous sentez attaqué par mes mots, donc épargnez-moi vos plaidoyés hypocrites. Ça fait plus de quinze ans que je suis sur ce site, j'en ai fini de m'excuser ou de faire appelle à votre (absence?) d'empathie.
La honte doit changer de camp.
Si vous ne laissez pas de reviews, vous n'êtes plus les bienvenu·e·s sur mes histoires. Au fond, ça ne change rien pour moi.
Je vous laisse avec le chapitre 12, au complet, cette fois ! Bonne lecture aux lecteurices qui commentent !
Un grand merci à Sun Dae V pour la relecture, les retours et les battles de ces dernières semaines! Et je ne le dis peut-être pas assez, mais sa fic La Course au Chien Sauvage est un must-read si vous aimez Sirius Black !
Black Sunset
Partie IV : Supernova
Chapitre 12
Supernova: cataclysmic explosion caused when a star exhausts its fuel and ends its life. Supernovae are the most powerful forces in the universe.
Lundi 6 Mars 1995, Pré-au-Lard, Ecosse.
Le soleil était haut dans le ciel quand il émergea d'une torpeur qu'il avait du mal à appeler sommeil. Il faisait froid dans la grotte, et même collé contre Buck, il se réveillait plusieurs fois par nuit. Quand ce n'était pas le froid qui entrecoupait son sommeil, c'étaient les bruits de la nuit ou les cauchemars.
Sa dernière nuit réparatrice devait remonter à l'été dernier – il était tellement plus simple de dormir profondément bercé par les vagues – et c'était une chance qu'Azkaban ait habitué son organisme à fonctionner avec quelques heures de repos seulement.
Il conjura de l'eau pour se désaltérer et se nettoyer le visage, puis découpa un morceau de viande dans le jambon que lui avait envoyé Harry, ainsi qu'un bout de pain. Même si cela constituait un risque, il s'installa devant sa grotte, observant les environs. Il avait un parfait point de vue sur le village et le château. Quelques habitants se promenaient dans les rues, mais la majorité profitait d'un bon feu de cheminée s'il se fiait à la fumée au-dessus des toits. Machinalement, ses yeux glissèrent vers la maison de Minerva McGonagall – facile à repérer avec l'immense serre à l'arrière – essayant de percer le secret de Madelyn McGonagall malgré la distance.
Il passait souvent devant la maison de son ancien professeur en espérant la voir depuis que Remus lui avait parlé de son état mystérieux, mais sans succès. Soit elle avait pris ses quartiers ailleurs – ce dont Remus avait l'air de douter – soit elle vivait en recluse dans la cave.
Et si c'était bien la deuxième option, alors il ne voyait pas de quoi elle pouvait souffrir.
Il termina son repas avec un soupir satisfait. Il devait faire peur à voir pour que son filleul se sente obligé de lui faire parvenir de la nourriture supplémentaire. Il aurait pu lui expliquer qu'après douze ans à Azkaban et presque deux années de cavale, la seule personne qui aurait été capable de le remettre complètement sur pied était Fleamont Potter, et il était mort.
Il restait touché par le geste.
C'était ce que James aurait fait à sa place.
Lily l'aurait sans doute menacé des pires atrocités jusqu'à ce qu'il accepte de passer l'hiver chez McGonagall.
Ses lèvres frémirent comme pour former un sourire, avant de renoncer. Il passa une main lasse sur son visage, puis sortit le miroir à double sens. Il avait promis à Remus de lui raconter ce que Harry lui avait dit la veille. Avec un peu de chance, ils y verraient plus clair à deux, parce que pour le moment, toute cette histoire n'avait pas le moindre putain de sens.
- Remus Lupin.
Le miroir lui renvoya l'image d'un plafond fissuré à plusieurs endroits et dont une des poutres apparentes était vermoulue, avant que le visage de Lunard apparaisse, son teint blanc et des cernes qui rivalisaient avec celles qui mangeaient son visage les lendemains de pleine lune.
- Salut, Lunard.
- Salut, Patmol... Tu cherches à te faire attraper ?
Il fronça les sourcils.
- Bien sûr que non.
- Alors pourquoi tu m'appelles depuis l'extérieur de ta grotte en plein jour ? Par Godric, il me semble que tu as promis à deux de mes anciens élèves de te montrer prudent !
Il grogna.
- Je ne risque rien.
- Je ferais graver ça sur ta tombe si le Ministère me laisse récupérer ta dépouille.
Il leva les yeux au ciel.
- J'ai connu ton imitation de James plus convaincante, railla-t-il.
Cela lui valut un regard sombre – Remus était décidément de mauvaise humeur, et ce n'était même pas la faute de la pleine lune – et il jugea plus prudent de se glisser à l'intérieur de la grotte. Remus s'adoucit.
- Comment va Harry ?
- Il tient le coup. Il s'est à nouveau sorti de la deuxième tâche avec les honneurs. Il est deuxième ex-aequo avec le champion de Durmstrang.
- Il paraît qu'il aurait pu terminer premier.
- Tu connais les Potter… Évidement qu'il a cru cette foutue chanson et qu'il a voulu être certain que tous les prisonniers seraient sauvés... Quoiqu'il en soit, il ne reste plus qu'une tâche et je ne sais pas si je dois m'inquiéter qu'il n'ait pas eu le moindre problème pour passer les deux premières ou si celui qui a mis son nom dans cette coupe l'a juste sous-estimé.
Remus resta silencieux, frottant son menton du bout des doigts.
- Je me suis aussi pausé la question, et je pencherai plutôt pour la deuxième possibilité. Sur le papier, un gamin de quatorze ans n'a pas ses chances face à un dragon. La deuxième tâche était moins dangereuse, et il a été astucieux. Comment a-t-il eu l'idée de la Branchiflore ?
Il haussa les épaules.
- Je n'ai pas demandé. Mais je suppose que Granger est derrière cette idée.
- Oui, ou le fils Londubat. Il est excellent en botanique.
Il eut une geste vague de la main. Même si tout pointait dans la même direction, il ne pouvait s'empêcher de trouver ça étrange. Si celui qui avait mis son nom dans la Coupe voulait la mort de Harry, il y avait des moyens plus efficace pour obtenir le même résultat, et qui ne reposaient pas sur la chance. Qui plus est, le responsable jouait très certainement en faveur de Voldemort et, dans ce cas, il devait savoir que Harry avait déjà réussi par deux fois à l'empêcher de revenir, sans oublier sa démonstration de force face aux Détraqueurs l'année dernière.
Pour dangereux qu'il soit, le Tournois des Trois Sorciers ne pouvait pas rivaliser avec Voldemort, un basilique et une centaine de Détraqueurs.
Quelque chose leur échappait.
- D'ordinaire, j'aurais tendance à penser comme toi, mais je suis convaincu qu'il y a autre chose. Je ne serais tranquille qu'une fois que ce foutu Tournois sera terminé.
- A qui le dis-tu… Mais si la personne derrière ça ne cherche pas à faire passer la mort de Harry pour un tragique accident, pourquoi s'être donné tant de mal pour l'y inscrire ?
Ce n'était pas la première fois qu'ils évoquaient la question. Il savait même que Remus en avait discuté avec Androméda, Tonks, Minerva et sans doute Madelyn. Puisqu'il avait encore plus de temps libre que tous ces gens réunis, il avait eu tout le loisir de retourner la question dans tous les sens, et Remus n'allait pas du tout aimer sa dernière théorie.
- La Coupe est un puissant artefact, pas vrai ? Il faut être un excellent sorcier pour réussir à lui faire croire qu'une quatrième école participe au tournois, n'est-ce pas ?
Remus plissa les yeux.
- Exact. Et nous nous sommes mis d'accord sur le fait que ça réduisait la liste des suspects à Rogue et Karkaroff, à moins qu'un ancien Mangemort se soit introduit en cachette dans l'école, auquel cas, on a pensé à Nott, Yaxley et peut-être Malefoy. Tout ça si aucun gamin qui a quitté Poudlard entre la fin de la guerre et l'année dernière n'ait pas entrepris de venger Voldemort ou Merlin seul sait quoi.
Tout cela était une façon alambiquée de reconnaître qu'ils n'avaient pas la moindre idée de qui pouvait être derrière ce complot, ce qui avait l'inconvénient de rendre toutes les théories plus ou moins plausibles.
- Et si c'était Dumbledore ?
Remus le dévisagea, les sourcils froncés et la bouche légèrement entrouverte.
- Merlin tout puissant, tu es sérieux... Dumbledore, vraiment ?!
Il haussa les épaules.
- Ça ne serait pas la première fois qu'il accepterait de mettre Harry en danger pour son propre bien.
- Pas la première fois ? C'est-à-dire ?
- Tu ne trouves pas étrange qu'un gamin de quatorze ans ait déjà affronté deux fois Voldemort ? Et qu'à chaque fois, ça se soit produit à Poudlard, sous le nez de Dumbledore ? Ça, sans compter qu'il n'a rien fait pour sortir Harry du Tournois.
Remus bascula contre le dossier de sa chaise.
- C'est donc ça ! Tu lui en veux encore de ne pas avoir trouvé une solution !
- Qui te dit qu'il a vraiment chercher ?
- Dumbledore a toujours tout fait pour protéger Harry.
- Je n'en suis pas aussi sûr.
- Il va falloir que tu m'expliques pourquoi, parce que je ne te suis pas, Black.
Il retint une grimace. Remus l'appelait rarement par son nom de famille, et les rares fois où il s'y risquait, c'était pour le prévenir qu'il tutoyait les limites de sa patience.
- Il l'a confié à Petunia Evans pour commencer. Elle détestait Lily, et vu la vitesse à laquelle Harry a accepté d'habiter avec moi quand je serais innocenté, je doute qu'il soit très heureux avec elle et son abruti de mari. Et pour ce qui est de toutes les confrontations entre Harry et Voldemort, je me demande vraiment s'il ne l'entraîne pas à son insu pour qu'il soit en mesure de le tuer le moment venu.
Remus secoua la tête.
- Pour en avoir discuter avec Minerva à l'époque, je sais que Dumbledore pense que Harry sera plus en sécurité dans le monde moldu.
Il ouvrit la bouche pour contester et Remus le fit taire d'un geste de la main.
- Ça, en plus du fait que le sacrifice de Lily a mis en place une protection autour de Harry qui se serait amoindrie si elle ne l'avait pas élevé.
- Ouais, comme c'est pratique.
- D'après Madelyn, c'est de l'ancienne magie et compte tenu de la façon dont s'est terminé la confrontation entre Harry et Voldemort à la fin de sa première année, j'ai tendance à penser qu'il avait raison.
Ce fut à son tour de hausser un sourcil.
- De ce que je sais, le corps que possédait Voldemort s'est désintégré quand Harry l'a touché... Un peu comme le sortilège cuisant que Fabian Prewett aimait lancer, mais encore plus puissant. Dumbledore avait ses raisons pour placer Harry auprès de Pétunia. Il n'a peut-être pas été aussi heureux qu'il aurait pu l'être dans une famille de sorciers, mais il était en sécurité. Et c'est depuis qu'il n'est plus dans le monde moldu que sa route ne cesse de croiser celle de Voldemort. Je doute que Dumbledore soit derrière ça.
Il eut un soupir agacé. Remus était trop aveuglé par la reconnaissance qu'il avait pour Dumbledore pour ne serait-ce imaginer que, peut-être, le vainqueur de Grindelwald n'était pas un saint.
Il n'était pas le seul, bien sûr. Azkaban n'avait pas réussi à lui faire oublier que, pendant la guerre, il avait été l'un des seuls à oser contredire Dumbledore. Un des seuls à débarquer dans son bureau pour demander des comptes quand les Potter passaient trop prêt d'un drame.
Il ne remettait pas en question le fait que Dumbledore soit un grand sorcier et qu'il ne souhaite rien d'autre que de détruire Voldemort, mais il avait parfois l'impression d'être le seul à voir un homme.
Pas un dieu.
- Qui plus est, je doute qu'il imagine une seule seconde que Harry soit notre seule chance face à Voldemort. Il s'est sorti de situations qui auraient eu la peau de beaucoup de sorciers bien plus âgé que lui, mais il reste un gamin. Son principal objectif dans la vie est de gagner cette foutue coupe de Quidditch.
Il lui fallut une poignée de secondes pour comprendre le raisonnement de Remus, les souvenirs balayant son cerveau à la manière d'un raz de marée. Remus était en mission chez les loup-garous quand ils avaient appris pour la prophétie, puis ils avaient commencé à avoir des doutes sur la possibilité d'une taupe dans les rangs de l'Ordre, tout ça avant que la dernière pleine lune qu'ils avaient passé tous ensemble tourne au drame. Il n'avait jamais évoqué le sujet avec Remus, et il était presque certain d'avoir réussi à convaincre James et Lily de se taire, au moins tant qu'ils ne seraient pas fixés sur l'identité du traître.
- Tu n'es pas au courant pour la Prophétie ?
Remus secoua la tête.
- Quelle prophétie ?
Il déglutit difficilement tandis que d'autres souvenirs étaient sur le point de l'engloutir. Il connaissait les images par cœur pour les avoir vu et revues tant de fois à Azkaban. S'il fermait les yeux, juste une seconde, il verrait les corps de James et Lily, tous deux immobiles et leur regard éteint.
Il n'était pas certain de pouvoir continuer cette conversation si ses démons lui faisaient une visite surprise.
Il fit de son mieux pour reprendre le contrôle sur sa respiration et sur les battements affolés de son cœur.
- La raison pour laquelle Voldemort s'en est pris à Harry.
La raison pour laquelle James et Lily sont morts.
Le reflet de Remus blanchit, et il eut l'impression que c'était au tour de son ami de se battre contre ses propres souvenirs, tant son regard devint vide et ses traits durs. Il finit par reprendre le dessus sur ses émotions et planta son regard dans le sien.
Il était presque certain qu'ils étaient jaunes.
- Raconte.
Il essaya d'être le plus concis possible, mais entre le contenu de la prophétie, les lourdes conséquences qu'elle avait eu et les souvenirs qui en profitaient pour revenir le hanter, il eut besoin de presque une heure pour faire le tour du sujet et terminer de répondre aux question de Remus.
- Aucun des deux ne peut vivre tant que l'autre survit, répéta Remus. Harry doit donc tuer Voldemort...
- Ou être tué par lui.
Remus posa le miroir à double sens brusquement sur la table devant laquelle il était assis et il ne comprit pas grand chose des grognements qui lui parvinrent. L'expérience lui avait toutefois appris qu'il valait mieux laisser le loup cracher sa série de malédiction avant de se risquer à reprendre la parole.
Quand l'image de Remus remplaça celle de son plafond, il avait un verre d'alcool à la main.
- A la tienne, Lunard, tenta-t-il, un brin jaloux de ne pas pouvoir l'accompagner.
- Tu comptais me parler de ça quand ?
Il grimaça.
- Je pensais que tu étais au courant. Peut-être pas dans les détails, mais au moins dans les grandes lignes.
- Lily m'avait dit qu'ils se cachaient parce que Voldemort était sur leur trace et qu'ils ne pouvaient pas prendre le risque qu'il arrive quoique ce soit à Harry.
- C'était aussi proche de la vérité que possible… Je suis désolé, j'aurais dû y penser avant.
Remus vida son verre d'alcool d'une traite.
- Et tu penses donc que Dumbledore entraîne Harry depuis son entrée à Poudlard pour qu'il soit en mesure de tuer Voldemort ? Dois-je comprendre qu'il n'est pas au courant ?
- J'en doute. Reconnais quand même que j'ai le droit de me poser des questions ! Poudlard est censé être l'endroit le plus sûr du pays. Pendant la guerre, Voldemort n'a pas réussi une seule fois à y mettre un orteil, et il y parvint deux années de suite alors que ce n'est plus qu'un ectoplasme ? Une fois, encore, je peux faire semblant de comprendre, mais deux fois ?! On dirait presque que Dumbledore n'a pas renforcé les protections de Poudlard !
Cette fois, Remus prit son visage entre ses deux mains et resta de longues secondes silencieux.
- Ecoute Patmol, laisse-moi le temps de digérer cette histoire de prophétie.
Il ouvrit la bouche mais Remus ne lui laissa pas le temps d'en placer une.
- Laisse-moi le temps de réfléchir à ça et à ta théorie. Maintenant, qu'est-ce que Harry t'a dit sur Croupton ?
Ce fut à son tour de soupirer.
- Pas grand-chose de plus, malheureusement…
…
Vendredi 10 Mars 1995, Poudlard, Ecosse.
L'arrivée des hiboux me fit lever la tête vers le plafond, espérant comme tous les jours depuis au moins deux semaines apercevoir celui de Christopher – un hibou Harfang des neiges nommé Arthur – sans succès. La dernière lettre de mon ami remontait à presque un mois, un délai qui commençait à m'inquiéter, surtout que Draco n'avait rien reçu de son côté non plus.
- Je suis sûre qu'il va bien, me souffla Crystal quand je croisais son regard.
- Ça ne lui ressemble pas de ne pas donner de nouvelles… J'espère que ce n'est pas un coup de Mesyats ou de Lomonosov.
Elle haussa un sourcil.
- Ils s'en seraient vanter. C'est le principe premier du chantage, Lestrange.
- Le savent-ils seulement ?
Elle ricana.
- Un point pour toi. Mais pour en revenir à Rowle, il doit être noyé sous les devoirs comme nous et il n'a pas eu le temps de te répondre. Il va bientôt être en vacances, non ?
- Je crois, oui.
- Tu auras le droit de t'inquiéter s'il ne t'a pas répondu d'ici deux semaines. En attendant, mange.
Je fis la moue, mais je plongeai quand même ma cuillère dans mon porridge. Nous commencions la journée avec Métamorphose et je me devais d'être en forme si nous attaquions le sortilège Felifors auquel je n'avais pas encore eu l'occasion de me frotter.
Ça, sans oublier notre interrogation en Astronomie sur Saturne.
- Il est arrivé ! Regarde-moi ça, petite !
Le cri de Pansy manqua de me rendre sourde et elle s'installa à ma droite sans aucun égard pour l'élève de première année qu'elle manqua de projeter au sol.
Elle me tendait un exemplaire de Sorcière Hebdo – le magasine préféré de Deloris – et Potter me renvoyait un sourire crispé depuis une photographie en couleur.
C'était l'article qui méritait vraiment mon attention.
LA BLESSURE SECRÈTE DE HARRY POTTER LE MAL-AIMÉ
C'est sans nul doute un garçon différent des autres — mais qui pourtant ressent comme les autres les tourments de l'adolescence, écrit Rita Skeeter. Privé d'amour depuis la disparition tragique de ses parents, Harry Potter pensait avoir trouvé à quatorze ans une consolation auprès de son amie de coeur, Hermione Granger, issue d'une famille moldue et elle aussi élève au collège Poudlard. Il était loin de se douter qu'il allait bientôt subir un nouveau choc affectif dans une vie déjà marquée par le malheur.
Miss Granger, une jeune fille ordinaire mais ambitieuse, semble éprouver pour les sorciers célèbres une attirance particulière que Harry ne peut satisfaire à lui tout seul. Depuis l'arrivée à Poudlard de Viktor Krum, l'attrapeur de l'équipe de Quidditch de Bulgarie et héros de la dernière Coupe du Monde, Miss Granger paraît s'amuser beaucoup de l'affection que lui portent les deux garçons.
Krum, qui s'est de toute évidence pris de passion pour la tortueuse Miss Granger, l'a déjà invitée à lui rendre visite en Bulgarie pendant les prochaines vacances d'été et ne cesse de lui répéter qu'il n'a « jamais ressenti quelque chose d'aussi fort pour une autre fille ».
Il n 'est toutefois pas certain que ce soit le charme discutable de Miss Granger qui ait eu sur le malheureux un tel pouvoir d'attraction.
« Elle est vraiment laide », n'hésite pas à affirmer Pansy Parkinson, une jeune fille vive et séduisante, élève de quatrième année. « Mais elle est très ingénieuse et serait bien capable d'avoir fabriqué un philtre d'amour. Je crois que c'est comme ça qu'elle y arrive. »
Bien entendu, les philtres d'amour sont interdits à Poudlard et il ne fait aucun doute qu'Albus Dumbledore s'appliquera à vérifier l'exactitude de ces affirmations. En attendant, les admiratrices de Harry Potter devront espérer qu 'à l'avenir il saura mieux choisir l'élue de son coeur.
Je relevai les yeux vers Pansy, peinant à trouver les mots pour exprimer ce que je ressentais.
- Vraiment ?
Elle eut un sourire torve, celui qui annonçait rarement quelque chose d'agréable.
- Évidemment ! Je n'ai pas oublié que cette petite Miss-Je -Sais-Tout a mis une claque à Draco l'année dernière.
- Qu'il avait certainement un peu cherché.
Elle claqua des doigts, réussissant à rendre ce simple geste menaçant.
- Ce n'est pas le propos. Je suis la seule personne autorisée à le frapper. Avec toi peut-être. Skeeter avait besoin d'un point de vue sur la question et je me suis fais une joie de lui fournir mon avis.
- Potter et Granger ne sont jamais sortis ensemble.
- Et alors ?
Je soupirai.
- Draco et toi faites vraiment une paire bien assortie. Ne viens pas pleurer si toute cette histoire tourne mal. Les Gryffondors sont à crans depuis la deuxième tâche.
- Tu sais bien que je ne pleure jamais. On a potion en fin de journée, j'ai hâte de voir la tête de Granger quand elle verra l'article !
- Oui, amuse-toi bien.
Elle rejoignit Draco, sa démarche presque bondissante et je les suivis du regard jusqu'à ce qu'ils aient quitté la salle, penché l'un vers l'autre et riant à moitié.
Crystal haussa un sourcil quand je tournai la tête vers elle.
Je passai une main lasse sur mon front.
- Skeeter a écrit un article de plus sur Potter. Cette fois, elle traîne Granger dans la boue.
- Et Parkinson lui a donné un coup de main j'imagine ? J'ignorais qu'elle avait une obsession pour Granger comparable à celle de Malefoy pour Potter.
Je ne pus retenir un éclat de rire.
- Non, Draco est imbattable sur ce point-là. Disons plutôt que Pansy règle toujours ses comptes, et souvent quand on ne s'y attend plus.
Crystal secoua la tête, puis me désigna sa montre et je dus avaler le reste de mon porridge bien plus vite que prévu. Il était hors de question que j'arrive en retard au cours de Métamorphose.
Nous étions les derniers élèves de Serpentard à rejoindre la salle. Comme d'habitude, Jin nous fit un petit signe de la main, O'Casey et Harper eurent une sorte de sourire un peu gêné. Deloris, Sven et Hadrian nous tournèrent un peu plus le dos, comme si nous allions les rejoindre pour prendre part à une conversation qui devait certainement tourner autour de l'article sur Potter.
Deloris était abonnée à Sorcière Hebdo et elle attendait sa livraison tous les vendredis avec impatience. Elle devait avoir lu l'article – appris par coeur plus probablement – et tout ce qui l'intéressait était si, oui ou non, elle était passée à côté du couple Granger/Potter.
Le professeur McGonagall n'avait pas fini de lui répéter de se concentrer.
Quand la porte de la salle s'ouvrit, je rejoignis ma place au premier rang. Un chat était, enfermé dans une cage métallique, était posé sur mon bureau. Complètement noir, ses yeux d'un vert profond, il me fixait avec méfiance, sa queue balayant furieusement le sol de sa prison.
- Hey, le chat. Ne t'inquiètes pas, je ne vais pas te faire de mal.
Du reste, je l'espérais. Puisque je continuais à m'entraîner aux Métamorphoses humaines avec le professeur McGonagall, je savais qu'une transformation – réussie – était parfaitement indolore, mais je n'avais jamais essayé de me transformer en de la matière morte.
- Comme promis, nous attaquons la partie pratique du Felifor. Je veux voir quinze chaudrons sur vos tables avant la fin de l'heure.
Je n'attendis pas que mes camarades terminent de s'installer. Mes derniers cours particuliers avec le professeur McGonagall avaient été accès sur la théorie – transformer un être humain en un animal était une entreprise compliquée, qui pouvait très mal tourner, aussi le professeur McGonagall ne voulait pas prendre le moindre risque – et cela faisait au moins une semaine que je n'avais pas réalisé de Métamorphoses ambitieuses.
Non pas que le Felifor soit la métamorphose la plus compliquée à notre programme cette année, mais je pourrais m'amuser à faire apparaître des détails fins, digne du set de potion de Luciana Malefoy.
- Felifor !
J'eus une exclamation satisfaite. Ma transformation était parfaite. Le chat avait été remplacé par un chaudron d'un noir de jais qui rappelait la fourrure du félin. La texture était toutefois bien du métal et aucune queue surnuméraire n'était à déplorer.
Je surpris le regard résigné de Crystal à ma droite.
- Du premier coup, vraiment ? C'est déprimant d'être ta voisine en Métamorphose. La prochaine fois, je m'installe à côté de Wan.
- Comme tu veux, Malhorne. Mais je te rappelle que la dernière fois que tu t'y es risquée, tu as failli y laisser un œil.
Wan n'avait pas tout à fait la discipline et la rigueur nécessaire pour la Métamorphose. Là où elle était censée reproduire à la lettre les mouvements de baguette du professeur McGonagall, elle avait tendance à inventer des variantes et à faire de plus grands gestes que nécessaires.
C'était une combinaison qui pouvait s'avérer dangereuse.
La seule réponse de Crystal fut un grognement et j'eus un sourire.
- Très bien, Miss Lestrange. Voyons jusqu'où vous pouvez aller cette fois.
Je me perdis bien vite dans mes essais, variant ma viciosité et ma puissance magique pour un chaudron différent à chaque fois. Mon préféré fut sans nulle doute celui argenté, sur lequel était gravé la silhouette d'un dragon majestueux – qui était sans doute un Magyar à Pointes –. Le professeur McGonagall m'accorda quinze points pour cette création-là.
La récréation fut juste suffisante pour nous laisser passer aux toilettes et rejoindre la tour d'Astronomie.
Cela n'empêcha pas Crystal de vouloir faire des révisions de dernière minute.
- Quelles sont les noms des lunes principales de Saturne ?
- Minas, Encelade, Téthys, Titan, Japet et… Mince, j'oublie toujours les deux dernières !
- Il te manque la nymphe Océanide et la femme de Cronos.
- Rhéa et… Vraiment, ce sont des noms qui devraient être illégaux !
- Dioné. Ne soit pas si mauvaise joueuse, Dioné a été un prénom répandu dans les familles Sang-Purs jusqu'au milieu du dix-huitième siècle. Il va vraiment falloir que tu te mettes au Registre des Sang-Purs.
- J'ai déjà du mal à retenir les noms des lunes de Saturne, ce n'est pas pour apprendre par coeur les arbres généalogiques de familles éteintes depuis trois générations.
- Techniquement, à force de mariages, aucune famille n'est véritablement éteinte. Tu le saurais si tu avais commencé à regarder le Registre.
Je réussis à lui arracher un cri rageur, ce qui était une petite victoire personnelle. Crystal était un véritable tyran sur beaucoup de points – à commencer par le contenu de mon assiette – mais j'avais découvert depuis le retour des vacances de Noël qu'elle faisait beaucoup moins la maligne dès qu'il s'agissait de son initiation à l'étiquette Sang-Pur.
- Tu as vraiment appris par coeur ce maudit Registre ?
- Narcissa ne m'a pas laissé le choix. Et elle ne te le laissera pas non plus si elle doit t'introduire à la société Sang-Pur. Je suis surprise qu'elle n'ait pas entrepris de t'organiser un Bal de Débutante.
En croisant son regard, je crus une seconde qu'elle allait me tuer. Ou me lancer un maléfice très désagréable.
Ce ne fut sans doute pas plus mal que nous arrivions en haut des escaliers : je savais qu'elle ne se risquerait pas à quelque chose devant des témoins.
Comme d'habitude, le devoir du professeur Sinistra était long et complexe. Le nom des lunes principales de Saturne n'était qu'une des questions faciles. Il me fallut compléter un schéma en coupe de la constitution de la planète, ou encore redonner les caractéristiques des différents anneaux. Quand la cloche sonna, mon cerveau semblait être sur le point d'exploser, et je rendus un parchemin dont je n'étais qu'à moitié satisfaite.
Mes camarades étaient dépités.
- Je ne comprends pas à quoi ça nous sert d'en savoir autant sur les planètes, ronchonna Crystal tandis que nous prenions la direction de la Gande Salle.
- Je te l'ai déjà expliqué. La position des planètes influent énormément sur la magie. Tu n'as jamais remarqué que tes sorts étaient plus puissants quand la pleine lune est dans sa phase ascendante ou que tu as plus de mal à être précise lors de la nouvelle lune ? Et ça n'est que l'influence d'une lune.
- Saturne est à deux milles millions de kilomètres de la Terre !
- Elle est quand même importante, notamment en Botanique ou en Potion.
- Par Merlin, Lestrange, ta rationalité est parfois encore plus agaçante que ton talent en Métamorphose.
- Tu ne peux pas avoir constamment le monopole, très chère. Rassure-toi, nous avons Histoire de la Magie après le déjeuner. Je suis sûre que tu réussiras à défendre Binns une fois de plus.
Elle éclata de rire, ce qui m'arracha un sourire complice. L'intérêt de Crystal pour l'Histoire de la Magie était l'une des nombreuses raisons qui me laissaient penser qu'elle s'entendrait à merveille avec Christopher. Comme lui, elle savait remettre de la vie dans le récit des grandes épopées majeures ou faire des liens entre différents événements qui me dépassaient. Sans elle, je n'aurais certainement pas les résultats qui étaient les miens en Histoire, et sans doute pensait-elle la même chose pour l'Astronomie.
Au final, nous formions une excellente équipe.
Parfois, les connaissances de Deloris en potion nous faisaient défaut, mais son absence était un avantage concernant tout le reste, aussi n'était-ce qu'un petit prix à payer.
Dans la Grande Salle, Draco et Pansy semblaient toujours au sommet de leur bonne humeur et en grande discussion avec le reste de leurs amis – j'étais prête à parier que mon cousin mettait la touche finale à sa mise en scène en l'honneur de Potter et Granger –. Crystal et moi purent partager un repas dans le calme. Elle reprit sa lecture de La Gazette tandis que je réfléchissais en silence au nouveau devoir que nous avait donné le professeur McGonagall le matin-même, qui annonçait une première approche sur les sortilèges de transfert.
J'avais hérité de questions bien plus spécifiques qui m'obligeraient à reprendre les devoirs que j'avais rédigé sur le sujet l'année dernière pour nos leçons particulières.
Ce fut la mort dans l'âme que j'opinais quand Crystal m'indiqua l'heure. Le pire de la journée nous attendait encore : une après-midi entière à passer avec les Gryffondors en Histoire de la Magie et en Botanique.
Depuis que Weasley m'avait envoyée à l'infirmerie le jour de la Saint Valentin, les tensions entre nous deux étaient de retour – elle était toujours à l'affût pour me provoquer, et je le lui rendais bien parce que je ne pouvais pas lui laisser l'avantage du dernier mot – et les autres petits lions suivaient son exemple, preuve – si cela était encore nécessaire – que Weasley était de plus en plus influente à l'échelle de sa maison.
Une part de moi essayait de relativiser le problème – j'avais réussi à me débarrasser de Deloris, je finirais bien par y parvenir avec Weasley – mais je doutais de pouvoir échapper à une remarque après l'article de Skeeter sur Granger.
Weasley lui était atrocement loyale.
Puisque nous arrivâmes au moment exact où la deuxième sonnerie retentissait, je n'eus le droit qu'à un regard sombre et à un rictus mauvais qui me laissèrent de marbre.
Binns commença son cours dès que nous fûmes installés et je fis de mon mieux pour écouter ce qu'il racontait sur les chasses aux sorciers – le seul thème que nous semblions étudier cette année, quand bien même j'avais l'impression que nous en avions fait le tour depuis Halloween –.
Un morceau de parchemin atterrit sur mon bureau, me sortant de ma torpeur de plus en plus irrésistible – personne ne devrait avoir à suivre un cours d'Histoire de la Magie juste après un repas –. Je vis les longs cheveux roux de Weasley virevolter deux rangs en-dessous moi, ce qui ne me laissa guère de doute sur l'identité mon correspondant surprise.
Le bouledogue qui sert d'ami à ton cousin va regretter ce qu'elle a fait. Ce n'est jamais une bonne idée de provoquer Hermione Granger.
Je levai les yeux au ciel. La seule vérité derrière le surnom de Pansy – assez populaire chez les Gryffondors d'après ce que j'avais compris – était sa capacité à attaquer avec une férocité rare et à ne lâcher sa proie qu'une fois qu'elle était brisée.
Je délaissai le parchemin sur lequel j'étais en train de prendre des notes.
Jalouse de ne pas avoir été mentionnée comme la petite-amie officielle de Potter ?
Le morceau de parchemin rebondit sur la tête de Weasley pour ma plus grande satisfaction et sa réponse fut encore plus rapide que la mienne.
Je préfère être la petite-amie de Harry Potter que celle de Théodore Nott. Je suis sûre que vous ferez des futurs Mangemorts bien attardés à vous deux.
Je fronçai les sourcils à la mention de Nott. Notre apparition au bal de Noël exceptée – qui avait été bien plus brève que prévu – il n'y avait rien qui pouvait laisser penser que j'étais sa petite-amie. Il me faudrait sûrement vérifier auprès de Pansy parce que Nott était tout à fait capable de nourrir des rumeurs, à défaut d'avoir réussi à me convaincre de jouer avec lui pour tromper son père.
Tu continues pourtant à me provoquer, Weasley. Les traîtres au sang seront les premiers à mourir après les Nés-Moldus.
Elle se crispa, mais cela ne l'empêcha pas de répondre encore, puisqu'il fallait bien plus qu'une menace de mort pour faire taire une Gryffondor.
Je crois me souvenir que j'ai réussi à t'envoyer à l'infirmerie la dernière fois qu'on en est arrivée au duel. Excuse-moi de ne pas trembler.
Les marques sur mes avant-bras étaient encore bien visibles – certaines resteraient malgré le baume cicatrisant que m'avait donné Madame Pomfresh – mais je n'avais aucun regret.
Nos rôles seront échangés bien plus vite que tu ne le penses.
Elle me jeta un drôle de regard depuis sa place et je m'obligeai à rester imperturbable, même si j'étais sans doute plus terrifiée par la perspective du retour du Seigneur des Ténèbres qu'elle ne pouvait imaginer.
Parce que dans la société Sang-Pur, les traîtres au sang seraient les premiers.
Et je me rapprochais de plus en plus de cette catégorie.
…
Mardi 14 Mars 1995, Poudlard, Ecosse.
- Puisque vous maîtrisez parfaitement les transformations humaines, nous allons passer à des métamorphoses hybrides. J'aimerais que vous fassiez apparaître un bec et que vous transformiez vos cheveux en plumes.
J'haussai un sourcil. C'était la première fois que le professeur McGonagall me demandait une nouvelle transformation sans me préparer. J'avais survolé les chapitres sur les transformations hybrides et, si j'avais quelques notions, je n'étais pas au point sur les formules et les mouvements de baguette.
Je savais par contre que ce genre de tentatives pouvaient très mal se terminer.
- Hum, je ne pensais pas que nous commencerions cela aujourd'hui... Je ne pense pas être au point sur la théorie.
Le professeur McGonagall eut un léger sourire en coin – sans que je ne sache vraiment ce qu'il signifiait – et elle fit jouer sa baguette entre ses doigts pendant quelques secondes.
- Quelles sont vos hypothèses concernant la formule magique ?
J'essayai de me souvenir de ce que j'avais bien pu lire quelques semaines de cela, mais les nombreux devoirs que nous avions ne me permettaient plus de m'immerger pendant des heures dans les théories Métamorphoses comme l'année précédente, aussi je dus me baser sur autre chose.
Si je ne maîtrisais pas encore les transformations hybrides, ce n'était pas le cas des transformations humaines. Les formules étaient très simples : elles se focalisaient sur l'effet désiré, et le tour de force se situait plus au niveau de la viciosité et de la puissance magique que dans la structure de la formule magique.
Le coefficient d'absorption devrait être le même, et je n'avais pas eu de problèmes de ce côté là jusqu'ici.
Le mouvement de la baguette magique ne changeait pas non plus. Il reprenait systématiquement une pointe penchée sur le côté, associée à la rune Kenaz.
Je fis la moue.
- Mutatio Pennae ? me risquai-je.
Elle eut un sourire.
- Vos connaissances en latin sont un véritable atout, Miss Black. Attelez-vous déjà aux plumes, vous verrez pour le bec après.
Je tournai le petit miroir sur le bureau vers moi, et je me concentrai sur une première mèche, sachant pertinemment que j'avais plus de chance de parvenir à en transformer une plutôt que d'affronter toute ma chevelure d'un coup.
Mon premier essai fut loin d'être une réussite. Ma mèche prit une forme rappelant vaguement celle d'une plume, avant de retomber mollement sur mon épaule.
Pas assez de viciosité donc. Et peut-être un manque de puissance magique pour achever la transformation.
Il me fallut une petite dizaine d'essais pour trouver le bon dosage, ce qui confirmait bien le caractère particulier de la Métamorphose humaine. Si j'avais eu à travailler à partir d'une perruque – et avec la formule adéquate – j'étais convaincue que j'aurais obtenu un résultat meilleur, plus vite.
Peut-être que le coefficient d'absorption jouait un plus grand rôle que ce que j'avais pensé jusqu'ici.
- Très bien, Miss Black. Essayez de dupliquer ce résultat ? Inspirez-vous de la tête d'un oiseau, si vous voyez ce que je veux dire.
C'était terriblement plus facile à dire qu'à faire. Je réussissais à transformer plusieurs paquets de cheveux à la fois – créant un nombre plus ou moins régulier de plumes – mais cela tenait nettement moins longtemps que mes transformations esthétique, et il me fallut m'y reprendre à plusieurs pour obtenir quelque chose d'à peu près correct – si on faisait abstraction des quelques mèches qui traînaient encore –.
La coupe de cheveux évoquait plus facilement la tignasse impossible de Potter qu'une tête d'oiseau, mais c'était un début.
- Très bien, Miss Black. Très bien. Je vais vous donner une lecture pour la prochaine fois, et je vous laisse chercher comment vous pourriez améliorer l'allure globale de cet atour d'ici à ce que nous revoyons. Vous allez voir, la Métamorphose hybride est très intéressante. Tenez.
Elle me tendit un morceau de parchemin sur lequel elle m'autorisait à consulter les ouvrages de la Réserve. Je doutais fortement que le sujet soit insipide – cela n'était pas arrivé depuis que j'avais commencé mes leçons particulières – et les transformations hybrides risquaient même de se montrer complexes.
J'aurais préféré qu'elle me donne des devoirs supplémentaires aussi contraignants au moment des vacances. Outre le fait que nous allions avoir un peu plus de temps, cela m'aurait donné une excellente raison de ne pas retourner au Manoir pour les vacances de Pâques.
Même si je n'avais pas vraiment besoin d'une raison, comme me l'avait rappelé Pansy quelques jours plus tôt.
- Merci, professeur.
J'avais atteint la porte quand elle m'interpella.
- J'oubliais : je dois encore consulter mes collègues d'Astronomie et de Botanique, mais j'ai bon espoir que vous puissiez reprendre le processus d'Animagus au retour des vacances de Pâques. J'ai cru comprendre que nous aurions un début de printemps très dégagé.
Je souris, même si mon cœur s'emballa dans ma poitrine. Ma première tentative m'avait laissé un goût amer – au sens propre comme au sens figuré – et je n'avais pas osé demander au professeur McGonagall quand elle me laisserait recommencer.
Il était évident qu'elle mettait l'accent sur les Métamorphoses humaines depuis cette maudite nuit pluvieuse, afin que je sois mieux préparer pour ma première transformation.
- J'espère que le début de l'été sera orageux dans ce cas.
- Je l'espère aussi, Miss Black. Bonne soirée.
- Bonne soirée, professeur.
Je rejoignis la salle commune d'un pas léger, et juste à temps pour ne pas dépasser le couvre-feu. Draco se précipita sur moi quand il m'aperçut.
- Tu as fini tard, dit donc ! Et tu as une plume dans les cheveux.
- C'était plus compliqué que d'habitude, répondis-je, tout en passant une main sur ma tête.
Cela ne ressemblait pas au professeur McGonagall de se montrer distraite quand elle effectuait une Métamorphose réciproque.
Il ne semblait pas vraiment intéressé par ma réponse.
- Le hibou de Chris est arrivé après que tu sois partie. Il y avait une lettre pour toi.
Je reconnus l'écriture de mon ami sur l'enveloppe.
- Il va bien ?
Si Arthur – le hibou de Christopher – avait accepté que Draco récupère une lettre m'étant adressée, c'était obligatoirement parce qu'il en avait une pour lui aussi.
Draco leva les yeux au ciel.
- Son hibou s'est brisé une aile, ce qui rendait un long voyage hors de question, et il croulait sous les devoirs. Il n'est pas mourant.
Je plissai les yeux.
- La dernière fois qu'il n'a pas été en mesure de m'envoyer une lettre, c'était le cas, sifflai-je.
Je pris la direction du dortoir, à moitié rassurée seulement. Je connaissais assez Christopher pour savoir qu'un hibou blessé et des devoirs ne suffisaient pas vraiment à expliquer le temps écoulé depuis sa dernière lettre.
J'espérai juste que ce n'était pas trop grave.
J'abandonnai mon sac au pied de mon lit, et je ne pris même pas le temps d'enlever ma cape ou mes chaussures avant de me jeter sur mon lit et d'ouvrir ma lettre.
'Ely,
Désolé pour ce long silence. Arthur s'est brisé une aile, j'ai eu beaucoup de travail pour préparer le Tournois d'Evaluation, sans compter tous les devoirs... Je n'ai pas trouvé le temps de te répondre plus tôt. Dans tous les cas, je vais bien, même si je suis fatigué et que j'attends avec impatience les vacances de printemps. Anton m'a à nouveau invité à les passer chez lui, ce qui m'évitera de me retrouver seul au manoir Malefoy ou à Durmstrang. Je suppose que Draco et toi resterez à Poudlard pour Pâques ?
Les cours se passent bien de mon côté, même si je me demande si le cours de Runes sera un jour intéressant. S'il n'était pas obligatoire de suivre cette option pour pouvoir faire Alchimie, je t'assure que j'aurais demandé à arrêter en fin d'année... Anton a beau me soutenir que la deuxième année est un peu plus intéressante, j'ai du mal à le croire quand je vois la tête de ses devoirs.
Où en es-tu en Métamorphose ? Le professeur McGonagall parle-t-elle de reprendre le processus d'Animagus avant la fin de l'été ?
Nous sommes arrivés quatrième au dernier Tournoi d'Evaluation, principalement parce que Bjorn s'est blessé et qu'il a fallu que nous improvisions pour terminer la dernière épreuve malgré tout – je crois qu'il est encore plus têtu que toi : sa jambe était bien cassée et saignait beaucoup, et il a refusé de déclarer forfait –. Inutile de dire que l'infirmier était remonté contre lui, et qu'il a passé une semaine à l'infirmerie avec interdiction de bouger.
Je ne suis pas vraiment surpris par ce qui t'est arrivée à la Saint-Valentin. Tu étais déjà une héritière prisée entre ton nom, la fortune qui lui est associée et tes liens avec les Malefoy, mais si Voldemort revient, tu seras alors la fille de son bras droit... Je ne sais pas si toutes les grandes familles souhaitent vraiment signer un contrat de fiançailles avec toi, mais ils n'ont pas vraiment de raison de s'abstenir d'essayer. Je te rappelle quand même que tout cela ne signifie rien pour toi. Tu n'es pas Alya Lestrange et je suis certain que la famille de l'heureux élu ne manquera pas d'engager un excellent avocat à la seconde où la vérité se saura. Ce n'est pas de bon ton d'épouser une Illégitime, surtout dont la mère n'est même pas sang-pur.
Et puisqu'on parle de ça... J'ai reçu une lettre de mon paternel il y a deux semaines. Je te la ferais lire cet été, mais Anton est d'accord avec moi : on dirait une lettre d'excuse, mais quand on lit entre les lignes, j'ai plutôt l'impression que c'est une lettre de menaces. Je me demande si cela n'a pas un rapport avec l'imminent retour de Voldemort et je ne sais pas trop quoi en penser... Je n'ai pas du tout envie de retourner vivre avec eux, 'Ely, mais ils seraient bien capable d'en appeler au Seigneur des Ténèbres pour avoir gain de cause. J'ignore si Lady Malefoy saura lui tenir tête. Euphémia Rowle n'est pas une très bonne duéliste, mais on ne peut pas vraiment en dire autant de Lui. Penses-tu que je doive en parler à Lady Malefoy ? Elle a réussi à intimider mon paternel une fois, peut-être qu'elle y parviendra à nouveau ?
J'attends ta réponse avec impatience ! Arthur a ordre de ne pas rentrer tant que Draco et toi ne lui auraient rien confié. Je te rappelle au passage qu'il est lui aussi capable de se montrer très persuasif !
Essaye de ne pas trop t'inquiéter et fais en sorte de ne plus terminer à l'infirmerie avant la fin de l'année. Je suis sûr que Madame Pomfresh en a aussi marre que toi de te voir !
Je t'embrasse,
Chris.
La note moqueuse de sa lettre ne réussit pas à me convaincre qu'il allait aussi bien que ce qu'il prétendait. Je mettrais ma baguette à brûler qu'il n'avait pas parlé à Draco de lettre de Thorfinn et que c'était sans doute à cause de ça qu'il ne m'avait pas répondu plus tôt.
Circé en soit témoin, je n'hésiterais pas à me déplacer au Manoir Rowle et à cracher au visage de la paire de raclures qui lui servait de parents. Il était hors de question que Christopher vive avec eux à nouveau, pas après ce qu'ils lui avaient fait.
Toutefois, il avait sans doute raison concernant le Seigneur des Ténèbres. A force de surprendre les conversations de certains adultes, j'avais fini par comprendre que les Mangemorts qui n'avaient pas d'héritiers ne pouvaient pas espérer obtenir un rôle important à Ses côtés, ce qui était précisément pourquoi Christopher était né après la mort de son frère aîné.
Si Bellatrix n'avait pas été l'exception – à plus d'un égare – le fait que je sois une fille aurait dû me protéger, mais elle réussirait sans doute à le convaincre de m'attribuer les mêmes privilèges.
A cette seule possibilité, les battements de mon cœur s'accélérèrent et je dus fermer les yeux pour réussir à me concentrer sur ma respiration.
Comme me l'avait fait remarquer Pansy quand je lui avais parlé de Nott, et de la possible rumeur qui ferait de lui et moi un couple officiel, j'étais stupide de m'inquiéter maintenant de quelque chose qui n'était pas encore arriver.
Aux dernières nouvelles, je n'avais pas signé de contrat de fiançailles avec la famille Nott, le Seigneur des Ténèbres n'était pas revenu, mon père était encore en cavale et Bellatrix Lestrange toujours sous les verrous.
Cela ne servait à rien de faire des plans – dramatiques apparemment – sur la comète, quand la situation pourrait être bien différente de ce que j'imaginais.
Aussi Pansy m'avait-elle promis de me frapper la prochaine fois qu'elle me surprenait à paniquer.
En entendant la porte du dortoir s'ouvrir, mon cœur fit un bon dans ma poitrine, et j'étais pleinement maîtresse de mes émotions en découvrant Crystal.
- Alors, comment va Rowle ?
Je lui fis un rapide résumé de sa lettre, insistant sur son inquiétude concernant ses parents.
Crystal me parut dubitative.
- Les Malefoy ont plus d'influence auprès de Lui que les Rowle, non ?
J'haussai les épaules.
- J'étais trop petite pour en savoir beaucoup et la majorité des anciens Mangemorts maximisent ou minimisent leur rôle selon ce qui les arrange et selon leur interlocuteur... Mais je ne sais pas si Tu-Sais-Qui va tellement apprécier que Lucius ait affirmé avoir été sous l'emprise de l'Imperium pendant la guerre.
Elle haussa un sourcil.
- Non, je doute que ma grand-mère valide ce genre d'excuse boueuse. Il ne perd rien à écrire à Lady Malefoy, non ? Si elle ne le fait pas pour lui, elle remuera ciel et terre pour être sûre que rien ne lui arrive, simplement parce que c'est ton ami. Dans le pire des cas, Anton a l'air du genre à lui proposer l'asile politique si les choses tournent mal.
- L'asile politique ?
Elle fit la moue.
- C'est une façon de dire qu'il le protégera en le laissant passer les vacances d'été chez lui. Parlant de ça, j'ai demandé à ma grand-mère si tu pouvais passer les vacances de Pâques chez nous, et elle a dit oui. Alors, si jamais tu as envie de prendre l'air, tu es la bienvenue à Belfast.
La surprise me laissa sans voix pendant quelques secondes. La vie de Crystral à Belfast était nimbée de tant de mystère que je m'étais habituée à l'idée de ne jamais en faire vraiment partie.
- Vraiment ?
Elle me fit un clin d'oeil.
- Grant Adler et Burt White apprécieront sans doute que tu connaisses les bases du métier. Sans oublier que ma grand-mère se chargera de prévenir Lady Malefoy.
Un large sourire étira mes lèvres.
- J'accepte ton invitation, Malhorne.
La lumière n'était pas exceptionnelle dans le dortoir, mais je fus certaine de voir ses joues devenir un peu plus rouges.
…
Jeudi 23 Mars 1995, Poudlard, Ecosse.
Je n'arrivais pas à me concentrer.
La bibliothèque était pourtant aussi calme et silencieuse que d'habitude. Madame Pince y veillait avec d'autant de zèle que de plus en plus d'élèves de cinquième et de septième années venaient y travailler à mesure que les BUSES et les ASPICS approchaient. Il y avait fort à parier que les vacances de Pâques seraient studieuses pour la majorité d'entre eux.
Pour une fois, je ne pouvais même pas blâmer le sujet sur lequel j'étais censée écrire quarante centimètres de parchemins – décrivez les caractéristiques principales d'un vampire et la façon de se protéger – puisque Maugrey avait enfin renoncé à faire de nous de futurs champions de duels pour entamer une séquence sur les créatures Mortes-Vivantes.
Nous avions déjà traité le sujet avec Lockhart – une vaste plaisanterie – puis avec le professeur Lupin – même si nous avions plus insisté sur les Zombies – et j'étais bien plus à mon aise sur un sujet théorique comme celui-ci.
Je doutais que Maugrey invite un Vampire à Poudlard pour nous demander de le neutraliser d'une façon ou d'une autre.
Du reste, je l'espérais.
J'eus un soupir, et je repris la lecture du livre que j'avais sélectionné au hasard dans le rayon dédié aux créatures magiques. J'avais à peine parcouru une page, mais j'étais déjà certaine d'une chose : Gilderoy Lockhart n'avait jamais croisé un loup-garou de sa vie.
Mon brouillon commençait à ressembler à quelque chose – même si cela m'avait sans doute pris le double de temps – quand la chaise en face de moi racla légèrement le sol de pierre.
Je me figeai, sachant trop bien que Crystal était encore dans les cachots avec Rogue – elle ne le voyait plus qu'une fois par semaine, mais ses séances duraient jusqu'au couvre feu – et que Draco était dans la salle commune, s'amusant encore des retombées de l'article de Skeeter.
Une autre fois, j'aurais parier sur Deloris, mais sa présence aurait été accompagnée par l'odeur de la fleur d'oranger – son nouveau parfum – et ce n'était définitivement pas le cas.
Radimir Lomonosov haussa un sourcil quand il croisa mon regard, et je me retins difficilement de rouler des yeux.
Evidément.
- Bonjour, kuzina.
Le miel dans sa voix me fit comprendre que la discussion allait être longue.
Je déposait ma plume dans mon encrier et je croisai les bras sur ma poitrine. La forme de ma baguette dans la poche intérieure de ma robe me rassura.
Je doutais d'en avoir besoin – nous étions en public – mais, s'il le fallait, je parviendrai sans doute à lancer un maléfice ou deux.
- Quoique cela puisse être, je ne suis pas intéressée, Lomonosov.
Ses lèvres s'étirèrent en une parodie de sourire qui me rappela Lucius.
- J'ai eu une discussion très intéressante avec Deloris…
Elle avait donc finalement trouvé un moyen de se venger pour ce que je lui avais fait après qu'elle ait insulté Crystal.
- Oh ? A propos de quoi a-t-elle menti cette fois ?
Il haussa un sourcil.
- Pourquoi mentirait-elle ?
- Je la connais depuis que je suis née. Elle aime mentir.
Il balaya ma réponse d'un geste de la main.
- Mensonges ou pas, elle s'est montrée très persuasive.
Il essayait de me rendre curieuse – ou de m'inquiéter peut-être – tout en ignorant sous doute à quel point grandir avec Draco m'avait insensibilisée à cette technique – qu'il maîtrisait bien mieux –.
L'expérience m'avait appris qu'il n'y avait rien de tel que l'indifférence pour accélérer le processus.
- Je suis ravie de l'apprendre. Maintenant, j'ai du travail et j'aimerais m'y remettre. Aussi, si tu voulais bien aller importuner quelqu'un d'autre...
Je repris ma plume, espérant sans trop y croire qu'il exaucerait mon vœux.
Il se pencha vers moi.
- Selon elle, tu ne serais plus en mesure de pouvoir porter du blanc à ton mariage.
Je fermai les yeux une brève seconde, réprimant difficilement l'envie de laisser Lomonosov en plan pour aller trouver Deloris. J'étais presque certaine de pouvoir la défigurer définitivement si je transformai son nez en bec de vautour.
Quand allait-elle me ficher la paix ?
Lomonosov ne manquerait pas d'interpréter un avoeux si je fuyais, et je ne pouvais pas me permettre une telle réputation – quand bien même Crystal n'avait pas tord en soutenant que ça réglerait certains de mes problèmes –.
- C'est ce que je disais, elle a menti. Et quand bien même aurait-elle dit la vérité, je ne vois pas en quoi cela te regarde, cousin.
Un sourire torve – le genre qui aurait rendu Pansy jalouse – étira ses lèvres.
- Si je dois fermer les yeux sur un tel détail pour avoir accès au nom et à la fortune Lestrange, c'est un bien léger prix à payer.
Je sentis le sang quitter mon visage et je serrai les poings.
Douce Circée, cette conversation était en train de virer au cauchemar.
- Cela n'arrivera pas de mon vivant, Lomonosov.
Il se pencha encore un peu plus vers moi et caressa mes phalanges du bout de ses doigts, déclenchant un véritable frisson de dégoût.
Quelqu'un se racla la gorge sur ma droite.
Ce fut sans doute la première fois que je fus soulagée de découvrir Alexis Delacour. Il était appuyé contre une rangée d'étagère et, contrairement à son habitude, il ne souriait pas.
A vrai dire, son expression était mauvaise.
- Je croyais qu'on avait un accord, Lomonosov ?
Je fronçai les sourcils, puis tournai la tête vers mon cousin. Il me sembla un peu plus pâle, mais un rictus découvrit brièvement ses lèvres. Il se redressa sur sa chaise, puis cracha quelque chose en Russe que je ne compris pas.
Le regard sombre qu'il braquait sur le français et son ton mordant me laissa imaginer qu'il s'agissait sans doute d'une insulte. Il se leva, sa baguette sortie.
Delacour ne prit même pas la peine de sortir la sienne. Il eut un geste vif qui lui permit de refermer sa main sur le poignet de Lomonosov avant qu'il n'ait eu le temps de prononcer le moindre sortilège.
A la façon dont Lomonosov blêmit je crus que Delacour était en train de lui broyer l'articulation Jusqu'à ce que je sente les poils se dresser sur mes avant-bras nus et que je ne remarque la prise légère de Delacour.
Je perdis le contrôle sur ma mâchoire quand je vis Lomonosov se mettre à pleurer.
Si cela était encore possible, l'expression de Delacour se fit plus mauvaise.
- Ne l'approche plus, Lomonosov, c'est mon dernier avertissement, cracha-t-il avant de le libérer.
Mon cousin s'élança vers la sortie, son équilibre incertain, tout en donnant l'impression d'avoir le diable en personne aux trousses.
Alexis Delacour eut un soupir agacé puis s'installa à la place que Lomonosov venait de libérer.
Il plissa légèrement les yeux, pencha la tête sur le côté.
- Ça va aller ?
La question me sortit de mon étrange état second.
- Je…
Je me raclai la gorge, incapable de trouver mes mots, peinant à prendre la mesure de ce qu'il venait de se passer. C'était la deuxième fois qu'Alexis Delacour intervenait quand Roksana ou Radimir me menaçaient, mais je n'aurais jamais imaginé qu'il prenne ma défense de cette façon.
Il n'avait aucune raison de le faire.
Un sourire amusé étira ses lèvres. Je me sentis rougir un peu, aussi baissai-je les yeux vers mes mains.
- Merci, soufflai-je finalement.
Il eut un bref éclat de rire.
- Par Adèle (1), pas d'insultes cette fois ?
Je relevai un regard sombre vers lui, il me fit un clin d'oeil. Ce n'était pas non plus la première fois qu'il se moquait ouvertement de moi de cette façon.
- Quel accord as-tu passé avec mon cher cousin ? demandai-je.
Il se pencha un peu plus vers moi, un air de conspirateur sur ses traits.
- En gros ? Qu'ils te fichent la paix, Mesyats et lui.
Je fronçai les sourcils.
- Et ils ont accepté ?
Il fit un geste vague de la main.*
- Comme tu as pu le voir, je sais me montrer très persuasif.
Je faillis lui demander quel sortilège il venait d'utiliser sur Lomonosov mais j'avais comme l'impression qu'il refuserait de me répondre.
Je choisis donc une autre question, celle qui me démangeait la langue depuis un moment déjà.
- Pourquoi fais-tu cela ?
Son regard vert devint aussi doux que son sourire.
- Parce que tu me fais penser à quelqu'un que j'aime vraiment beaucoup. Et mon père me ferait une leçon de morale interminable si je laissai une brute dans son genre s'en prendre à une fille comme toi.
Si la première partie de sa réponse accentua la chaleur au niveau de mes joues, la fin me donna l'impression d'avoir reçu une gifle.
- Je n'ai pas besoin d'un chevalier servant, grinçai-je.
Il resta impassible. Son regard devint juste un peu plus pénétrant.
- Non, mais tu as le droit de demander de l'aide, de temps en temps.
Il semblait capable de voir jusqu'à mon âme, ce qui me laissa une étrange impression. La seule autre personne qui parvenait à me faire me sentir aussi transparente était mon père.
Je n'aimais pas ça.
- Si tu penses me convaincre d'aller en parler à des adultes, tu perds ton temps.
Il eut un nouveau sourire, un peu espiègle.
- Crois-le ou pas, mais j'étais parvenu à cette conclusion tout seul. Sur quoi porte ton devoir ?
Le changement de sujet me prit un peu par surprise. Il me fallut baisser les yeux sur mon brouillon pour me rafraîchir la mémoire.
- « Décrivez les caractéristiques principales d'un vampire et la façon de se protéger ».
Il eut une moue dure.
- S'en protéger ? Les Vampires ne sont pas plus dangereux que certains humains.
La réputation de mon nom de famille – celui-là même que semblait m'envier Lomonosov et Mesyats au point d'en venir aux menaces – en était le parfait exemple. Bellatrix avait sans doute fait couler plus de sang que tous les vampires de la Maison de la Nuit réunis.
- Le professeur Maugrey pense que tout le monde lui veut du mal. Je suppose qu'il ne peut pas s'en empêcher.
- Il doit avoir plus de cicatrices que mon beau-père et ce n'est pas quelque chose que je peux dire très souvent. Pour être tout à fait honnête, il me met mal à l'aise.
Je retins difficilement un haussement de sourcils surpris à la mention de son beau-père – ce qui signifiait sans doute que ses parents étaient divorcés et que sa mère s'était remariée – . Ce genre de situations étaient si rares dans le monde sorcier – sans parler de la société Sang-Pur – que je n'étais même pas sûre qu'un seul de mes camarades – toute maison confondue – soit dans le même cas que lui.
Un Né-Moldu, à la rigueur ?
- Alya ?
Je clignai des yeux plusieurs fois pour revenir dans le présent. Alexis Delacour était toujours là, un sourire amusé aux lèvres, son regard brillant de malice.
Il ébouriffa ses mèches légèrement cuivrées, ce que je l'avais déjà vu faire.
- Je te demandai si tu voulais de l'aide, pour ton devoir ? On nous apprend pas à tuer les Vampires à Beauxbâtons, mais j'en ai déjà rencontré. Quelque chose me dit que Fol-Oeil appréciera que tu ne te contentes pas de lui citer ce qui doit être une trentaine d'auteurs différents.
Il désigna les nombreux livres que j'avais empilés autour de moi à la façon d'une muraille, sans que cela ait réussi à me cacher ou à décourager Lomonosov de m'approcher.
J'haussai les épaules.
- Si tu n'as rien de mieux à faire que d'aider une troisième année…
Il s'avéra qu'Alexis Delacour avait beaucoup de choses à dire sur les Vampires – de leur apparence au statut juridique particulier qu'ils avaient en France, en passant par le fait, qu'apparemment, ils avaient un sens de l'humour bien particulier –. D'ordinaire, un moulin à parole comme lui n'aurait pas manqué de m'agacer, mais puisqu'il m'aida à terminer mon devoir plus rapidement, je décidai de lui pardonner.
Pour cette fois.
- J'espère que tu auras au moins un E à ton devoir. Et ne t'inquiète pas pour Lomonosov, je crois qu'il a retenu la leçon.
Il me glissa un dernier clin d'oeil avant de quitter ma table, sans me laisser le temps de le remercier. Je le suivis du regard tandis qu'il se faufilait entre les rayons. Quelques minutes plus tard – après avoir rangé tous les ouvrage que j'avais utilisé et rassemblé mes affaires – je découvris qu'il avait rejoint sa cousine et trois autres élèves de Beauxbâtons près des rayons dédiés à l'Astronomie.
Sur le chemin vers ma salle commune, le sous-entendu de Lomonosov revint polluer mes pensées.
Deloris avait un sacré culot !
Pansy avait de toute évidence échoué à la calmer la dernière fois qu'elle l'avait menacée et j'allais devoir me montrer encore plus créative qu'elle…
J'avais toutefois un avantage de taille : je connaissais Deloris.
Ses machinations étaient souvent les mêmes et je m'en étais rarement servis, je savais sur quels points sensibles appuyer pour vraiment la blesser.
Je sus exactement lequel choisir quand je croisai son sourire satisfait, assorti d'un regard mauvais qui me donna envie de la gifler – ce qui finirait sans doute par arriver –.
Je fis comme si de rien était, vacant à ma routine comme tous les soirs, mettant un point d'honneur à ne pas lui montrer à quel point son dernier numéro m'avait mise hors de moi.
Elle resta éveillée plus longtemps que d'ordinaire, feuilletant son magasine plusieurs fois, et me lançant quelques coups d'oeil qu'elle pensait sans doute discrets.
Une fois que je fus sûre qu'elle soit profondément endormie – je me fichais bien que cela me coûte une bonne nuit de sommeil, j'y étais habituée – j'ouvris les rideaux entourant son lit et je couvris sa bouche de ma main droite, bouchant son nez à l'aide de mon pouce.
Elle rouvrit les yeux dans un sursaut et je maintins ma prise sur son nez quelques secondes de plus, juste pour voir la panique remplacer son expression confuse.
Une chance qu'il ne faisait jamais vraiment noir sous le lac Noir. Les reflets verts étaient un véritable bonus.
Elle voulut me repousser, mais elle se figea quand je pointai ma baguette sur son visage.
- Je commence à être fatiguée par tes enfantillages, Yaxley… J'ignore pourtant quelle partie du message que tu n'arrives pas à comprendre. La seule raison pour laquelle je t'ai toléré toutes ces années était parce que tu es la seule Sang-Pur de mon âge… Croyais-tu vraiment que tu réussirais encore longtemps à cacher ton insipidité ?
Elle me dévisagea, un plis entre ses yeux, puis elle commença à secouer la tête, comme pour se libérer de ma prise sur sa bouche. Puis que je ne maîtrisais pas encore le Silencio, je n'eus pas d'autre choix que de tenir bon.
Il était hors de question que Crystal et Jin se réveillent, quand bien même j'étais à peu près certaine qu'elles ne s'interposeraient pas.
- Les temps changent. Une place m'attend à Ses côtés et je me dois de m'entourer des bonnes personnes. Tout ce que tu peux espérer, c'est d'enfanter une nouvelle génération de Sang-Pur, si tu en es capable. En attendant, tu vas me laisser tranquille ou je m'assurerais personnellement que la seule vue de ton visage affligent les malheureux d'une profonde envie de vomir. Hoche la tête si tu as compris, Deloris.
Elle me défia de ses grands yeux verts, ce à quoi je répondis en enfonçant ma baguette dans sa joue veillant, veillant toutefois à pas provoquer des étincelles. Elle finit par hocher la tête.
- Parfait. Fait de beaux rêves, ma douce.
…
Vendredi 30 Mars 1995, Londres.
- J'ai décidément horreur de cette partie là du boulot.
Comme pour donner un côté dramatique à sa confidence, Tonks aspira bruyamment ce qui restait de sa boisson avec sa paille.
Il se retint de lui rappeler qu'ils étaient censés se montrer discrets. La maison – le manoir, pour être plus précis – de la famille Croupton aurait pu se trouver sur la Lune pour ce que ça changeait. Les protections magiques qui l'entouraient rivalisaient avec celles des plus grandes familles Sang-Pur, la magie noire en moins.
Du reste, il l'espérait.
- L'observation n'est-elle pas censée être la base du métier d'Auror ? demanda-t-il plutôt en attrapant deux frites – froides – dans le carton posé sur le tableau de bord de la voiture.
Elle grogna.
- La paperasse est la base du métier. Je me demande parfois si je n'écris pas plus que les journalistes de La Gazette et ils ont signé pour ça.
- Qu'est-ce qu'il reste d'intéressant dans ce cas ?
- Les poursuites, les interrogatoires, les scènes de crime, les moments où on se creuse le crâne pour résoudre une affaire ou trouver une piste. Bien sûr, quand on tombe sur un méchant digne de ce nom…
Il y avait définitivement une pointe de regret dans sa voix et il abandonna ses multiplettes pour la dévisager.
Elle avait une moue digne d'une gamine de cinq ans sur les lèvres et elle lui tira la langue quand elle remarqua ses sourcils haussés.
- Oh ça va, hein ! Je me suis jurée d'attraper plus de Mages Noires que Fol-Oeil mais je ne suis pas prête d'y arriver au rythme où vont les choses !
- Tu sais que ça lui a coûté une jambe, un nez, un œil et une sacré collection de cicatrices, n'est-ce pas ?
Elle lui fit un clin d'oeil.
- C'est là que mon talent de métamorphomage devient particulièrement intéressant ! Je peux faire disparaître des cicatrices !
- Et te faire repousser une jambe ?
Elle fit un geste vague de la main.
- Je serais meilleure que Fol-Oeil au sommet de son talent. Je ne vais pas perdre une jambe.
Il ne put retenir son éclat de rire – Tonks était bien des choses, mais modeste ne faisait pas partie de la liste – et il reprit son observation du manoir Croupton.
Aucune lumière ne brillait derrière les fenêtres visibles de ce côté-ci de la rue – pas plus qu'il n'y en avait eu les fois précédentes – et il commençait à se demander si Croupton vivait bien là. S'il était si malade que le laissait entendre Percy Weasley, peut-être avait-il été admis à Sainte-Mangouste ? Ou dans une clinique privée pour Sang-Pur dont il n'aurait jamais entendu parlé – il pouvait toujours posé la question à Sirius ou à Androméda –.
Cela serait l'explication la plus favorable.
L'autre étant qu'il était arrivé quelque chose à Bartémius Croupton, le Directeur du Départements des Relations Internationales, quelques mois après la disparition de Bertha Jorkins…
Il déglutit difficilement.
- Ça pue un peu, pas vrai ?
Un rapide coup d'oeil sur sa gauche lui confirma que Tonks n'avait pas l'air décidé à reprendre son rôle de vigie.
- Ce n'est pas bon signe, non… Mais peut-être que Madelyn aura des nouvelles rassurantes ?
Tonks ricana.
- J'ignorais que tu croyais encore au Père-Noël, Lupin. Fol-Oeil m'a toujours dit qu'il fallait écouter ses tripes dans ce boulot, et elles me disent qu'il y a de bonnes chances pour que Croupton soit mort. Depuis un moment.
Il serra les lèvres.
Ce n'était sans doute pas aussi simple. Voldemort avait fait tuer de nombreux fonctionnaires pendant la guerre, mais si les petites mains disparaissaient pour la seule raison d'avoir refusé de le rejoindre et de l'aider, les membres hauts placés faisaient l'objet d'un peu plus de subtilité.
L'Imperium avait été un premier choix populaire pour prendre le contrôle d'un Département entier, même si Millicent Bagnold avait su prendre les bonnes mesures à l'époque pour limiter cette possibilité.
Le chantage et les menaces avaient été une deuxième solution très prisée sur la fin de la guerre. Toutefois, cela impliquait des soutiens – les anciens Mangemorts étaient sages d'après Tonks – et des personnes à menacer – Croupton avait perdu son fils et sa femme depuis des années –.
Il restait la torture, ce pour quoi Voldemort excellait.
- On avait l'habitude de dire qu'après deux mois sans preuve de vie, il fallait arrêter d'espérer et considérer que le pire était advenu, dit-il sombrement.
Les traits de Tonks s'affaissèrent et elle posa sa main sur son bras avec douceur. Elle attendit en silence qu'il abaisse sa paire de multiplettes pour croiser son regard.
- Combien de fois vous êtes vous trompés ?
Il fit l'erreur de cligner des yeux – moins d'une seconde – et les visages revinrent, leurs traits plus flous que treize ans plus tôt, mais il connaissait leurs noms par coeur.
Caradoc Dearborn, Fabian et Gideon Prewett, la famille Bones, Benjy Fenwick, Marlene McKinnon…
James et Lily Potter.
Franck et Alice Londubat.
Il serra les dents.
- La seule exception a été Pettigrow.
Tonks resta silencieuse pendant de longues minutes, avant de démarrer la voiture – l'Austin Morris verte de son père – que Ted leur avait si gracieusement prêté.
- On n'apprendra rien de plus ici. J'espère que McGonagall aura eu plus de chance que nous.
Il observa le manoir Croupton disparaître dans le rétroviseur : il doutait sincèrement que cela soit le cas.
Oui, je plaide coupable, j'adore les scènes entre Remus et Tonks ! Ils sont si choux keur:keur:keur.
(1) en français dans le texte.
Bon, j'avoue que j'ai hâte d'avoir votre retour sur :
- La petite conversation entre Sirius et Remus (et les soupçons de Sirius envers Dumbledore).
- Remus qui était, de toute évidence, passé à côté d'une information capitale (je suis à peu près sûre que c'est canon).
- Maellyn et Ginny, en passe d'adopter une dynamique très proche de celle entre Draco et Harry (aucun spoiler, mais l'époque où elles se contentaient de s'envoyer des petits mots me manquent presque…)
- La petite altercation entre Maellyn et son « cousin » venu du grand nord (heureusement qu'un certain français ne peut pas s'empêcher de se mêler de ce qui ne le regarde pas!)
- Maellyn qui s'inspire de Bellatrix (ou de Narcissa?) pour clouer le bec à Deloris (cette gamine me sort par les yeux!)
- Remadora (parce que je les aime beaucoup, des fois que je n'ai pas été claire xD).
Je crois que c'est à peu près tout ? C'était un petit chapitre pour changer !
Je vous dis à dans deux semaines du côté de Black Sunset : Gravity ! N'hésitez pas à aller y faire un tour, parce que mon cher Spin-Off fait partie intégrante de cette histoire (et que je serais pas tellement surprise que mes deux idiots finissent par voler la vedette à Maellyn…).
Sur ces bonnes paroles, n'oubliez pas de me laisser une petite review avant de partir ! Sans déconner, ça prend littéralement deux minutes !
Orlane.
Mis à jour le samedi 01/05/2021
