Hello tout le monde !

Vous ne rêvez pas, c'est pas mon habitude de poster en pleine semaine, mais... Mon chapitre était prêt, mais j'ai été trop occupée dimanche pour le mettre en ligne. Donc c'est pour aujourd'hui !

Puisque cette nouvelle fic semble avoir quelques fans, je continue... Cette fois, avec un POV Will. Je ne suis pas forcément aussi inspirée dans cette fic... Mais j'avais envie de vous glisser un peu dans ses pensées. Après tout, Darcy est un personnage compliqué...

Comme d'habitude, on commence avec mes reviews guests !

Niagara : Merci beaucoup ! Voici la suite

Dorlote : t'étais en guest, mais je t'envoie un MP en réponse ;)

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Lundi 17 décembre

POV Will

Le fameux lundi en huit arriva enfin. C'était étrange, idiot, mettez-y l'adjectif qui vous sied, mais depuis qu'Elizabeth avait passé un court moment chez moi – certes dans l'unique but d'amener sa sœur –, je ressentais une grande impatience à l'idée de la recroiser en cours d'anglais pendant encore neuf séances.

Je n'avais pas eu à y réfléchir tant que ça. C'était plutôt naturel, bien que dérangeant, d'une certaine manière.

Elizabeth Bennet était une personne à part, tellement différente de celles que je côtoyais au quotidien, qu'il était évident qu'elle devait éveiller mon intérêt. Je ne nierais pas que la première impression que j'avais eue d'elle était négative. Présentée par Alex comme sa charmante nouvelle amie, je lui avais à peine adressé un regard. Et j'avais simplement vu une jeune fille pas très grande, châtain, très simple et aux yeux marron. Pas de quoi se mettre à baver, mais si elle plaisait à Alex, grand bien lui fasse.

Puis Caroline m'avait présenté en faisant étalage de mon CV, et mon agacement était monté en flèche quand j'avais vu cette fille sourciller. Encore une qui est en train de calculer mon patrimoine, m'étais-je dit. J'aurais bien voulu rester anonyme, parfois.

Evidemment, à cet instant précis, je ne savais alors pas à quel point je me trompais.

Agacé et peu désireux de me faire une groupie supplémentaire, j'avais parlé sèchement. Et sur le coup, j'avais été satisfait qu'elle me réponde tout aussi froidement. J'avais cru avoir simplement réussi à décourager toute tentative de rapprochement de la part d'une fille banale et intéressée.

En fait, rien ne m'avait préparé à la claque que je m'étais alors pris, quand elle m'avait surpris plus tard à médire auprès de Charles et qu'elle était venue sans honte ni hésitation me renvoyer mes sarcasmes à la figure, un par un, pour ensuite me balancer d'un ton méprisant l'avenir qu'elle envisageait pour moi.

C'est toi qui te retrouveras un jour à épouser une dinde de première qui sera bien contente de prétexter avoir à élever tes deux ou trois gosses pour ne pas avoir à bosser. Heureusement, tu auras probablement quelques secrétaires pour t'aider à supporter ta triste vie.

Quelle... merdeuse !

Sur le coup, j'avais éprouvé quelque chose d'aussi puissant qu'incompréhensible. Un fort mélange de colère et de honte. Personne ne m'avait jamais fait sentir honteux…

Et voilà qu'une petite doctorante – non inscrite au LOF* comme elle s'était si bien présentée – m'affrontait avec le regard le plus méprisant que j'aie jamais surpris posé sur moi.

J'en avais été si choqué qu'aucune parole n'avait su franchir mes lèvres. Et à l'instant précis où j'avais enfin réussi à reconnecter mes neurones, elle s'était barrée…

En me bousculant.

Peut-être bien que c'est à cet instant précis que j'avais ressenti l'émotion la plus forte m'ayant jamais traversée. Depuis ma naissance, vraiment.

Une colère noire.

Qui était cette fille pour me rembarrer ainsi ?

Alors je l'avais suivie du regard… Presque toute la soirée.

Et j'avais beau la détester encore à ce moment-là, j'avais eu le temps de noter que si, pris séparément, ses traits n'avaient en soi rien de particulièrement intéressant, ils formaient un tout harmonieux et agréable à regarder.

C'était il y avait trois mois.

Je trouvai assez facilement une place sur le parking jouxtant le centre de langues, où avaient lieu les cours d'anglais.

Luttant toujours pour refréner mon sentiment d'impatience, je sortis rapidement de ma voiture et la verrouillai à distance en me dirigeant vers l'entrée.

Elizabeth serait-elle déjà présente devant la salle ?

Le jour où j'avais découvert, avec stupeur, que nous serions camarades pour cette formation du lundi soir, elle était déjà là quand j'étais arrivé.

J'avais été partagé.

J'avais presque – je dis bien presque – réussi à oublier cette fille vaguement insolente en trois mois. La seule chose qui m'en avait empêché, était que j'avais honte de mon comportement ce soir-là. Quand même. Elle était peut-être plutôt désagréable, en tous cas quand elle se sentait agressée, mais je m'étais mal comporté, et ce n'était pas habituel, chez moi. J'avais vaguement cherché à m'excuser via Charlie, mais il m'avait rapporté que c'était peine perdue.

Bon, eh bien tant pis pour juste reléguer cette fille dans un coin de ma mémoire. On va partager quelques cours.

Alors j'avais pris sur moi et décidé qu'au moins, j'allais avoir l'occasion de présenter mes excuses, et ainsi de faire la paix avec ma conscience.

Et pour la deuxième fois de ma vie, je m'étais pris une claque.

Pas qu'Elizabeth se soit montrée particulièrement agressive. Non, ce n'était assurément pas le cas. J'avais envisagé deux hypothèses sur la réaction que mes excuses allaient provoquer. Puis, après le cours, j'avais enfin pu les formuler.

La première, était qu'elle se retrouverait flattée et en viendrait à se montrer amicale – peut-être trop, d'ailleurs.

La seconde, qu'elle continuerait de se la jouer garce et m'enverrait chier avec une force telle que je scellerais définitivement mon opinion – négative – sur elle.

Honnêtement, à ce moment-là, je ne savais pas laquelle des deux propositions me tentait le plus.

Mais qu'importait ? Elizabeth avait réagi d'une manière totalement différente et inattendue.

Elle n'en avait strictement rien eu à faire de mes excuses.

Mais alors, rien du tout. Elle ne s'était pas montrée désagréable. Pas amicale, non plus. Non, elle était juste froide, à peine cordiale, et visiblement plus intéressée par l'arrivée de son bus que par ma présence.

Cela m'avait décontenancé. Au point que pour la première fois, j'avais tout remis à zéro, et j'avais commencé à réellement m'intéresser à cette fille dont je n'arrivais décidément pas à comprendre, et encore moins à prédire, les réactions.

Je soufflai en arrivant devant la salle de cours mais personne n'était présent. Je fus un peu déçu... J'aurais aimé qu'Elizabeth s'y trouve seule. J'aurais pu initier un dialogue.

En m'arrêtant à hauteur de la porte, je remarquai une feuille A4 scotchée dessus.

En raison de son absence, les séances du lundi 17 décembre avec Mr. Wickham seront replanifiées ultérieurement. Vous serez informés de la date par mail.

Je pestai, agacé.

Les joies de l'Université. Vous avez nos mails, justement, ce serait trop demander de prévenir dans un cas comme celui-ci ?

Mais je me calmai rapidement.

Elizabeth n'avait pas été prévenue, elle non plus. Était-elle déjà arrivée, et repartie ? J'étais arrivé avec quinze minutes d'avance, aussi, il y avait une chance qu'elle ne soit pas encore passée.

Je m'adossai contre le mur, décidé à l'attendre.

Jetant un œil à ma montre, j'eus un sourire incontrôlable en repensant au passage d'Elizabeth chez moi, il y avait une grosse semaine. A la façon dont elle avait eu ce geste, avant de se rendre compte que son poignet était nu. A la gêne qui avait teinté ses joues de deux touches roses tout à fait charmantes.

Je mentirais si un moment, je n'avais pas envisagé de lui offrir une montre pour me moquer gentiment d'elle. Mais puisque j'étais infoutu de prédire les réactions d'Elizabeth, il valait mieux que je m'abstienne. Je préférais éviter de courir le risque qu'elle me l'enfonce dans la gorge avec rage.

Désormais, je n'étais évidemment plus capable de me dire que cette fille était simplement désagréable et sans intérêt. Evidemment que non.

J'avais bien noté que cela l'avait agacée de devoir accompagner sa sœur chez moi pour qu'elle récupère un bouquin auprès de Charlie.

Encore plus agacée de devoir rester pour prendre un café.

Cependant, elle s'était rapidement détendue. Je crois bien que mes bibliothèques chargées de livres y avaient contribué. Cela ne faisait qu'attiser mon intérêt envers elle je ne rencontrais que trop peu de filles capables de lire autre chose qu'un magazine people avec attention.

Et elle m'avait taquiné.

Pour la première fois en trois rencontres, ses yeux s'étaient posés sur moi sans colère, ni méfiance. Mais avec une pointe d'intérêt chargé d'humour.

Pour la première fois en trois rencontres, j'avais noté qu'ils n'étaient pas bêtement marron, mais tiraient entre le vert et le noisette. Du moins, quand elle était de bonne humeur.

Légèrement décontenancé, mais assurément charmé, j'avais voulu poursuivre notre conversation pour la première fois amicale…

Et Caroline s'en était mêlée.

Ce n'était pas la première fois de ma vie que j'avais envie de la foutre dehors – ça m'était arrivé souvent, et à chaque fois je m'en étais abstenu par égard pour Charles –, mais jamais l'envie n'avait été aussi forte.

Cependant, j'avais eu au moins le plaisir de voir Elizabeth la remettre à sa place sans sourciller.

Puis elle était partie. Et j'aurais voulu la retenir, mais je n'avais aucun moyen de le faire.

Cependant, ce soir, alors que le cours d'anglais était annulé, j'avais peut-être une chance de passer un peu de temps avec elle.

Des pas rapides résonnant dans le couloir vide me firent redresser la tête. Et elle apparut, le visage baissé, les mains déjà occupées à défaire son écharpe. Ses cheveux, froissés par le tissu, cascadaient en vagues désordonnées sur ses épaules, et elle souffla en replaçant une mèche derrière son oreille.

Puis elle redressa la tête et fixa directement ses yeux dans les miens.

Son regard fut traversé d'une très brève lueur que je ne sus définir, et mon cœur loupa un battement.

POV Lizzie

Le fameux lundi en huit arriva très – trop – rapidement. C'était étrange, idiot, mettez-y l'adjectif qui vous sied, mais depuis que nous avions rendu visite à Charles et Darcy chez ce dernier, avec Jane, je ressentais un malaise constant à l'idée de le recroiser en cours d'anglais pendant encore neuf séances.

Pourquoi ? A force d'y réfléchir et de retourner le problème dans ma tête, j'en venais à me dire que simplement, je ne savais pas sur quel pied danser avec Darcy. Or, je détestais ça. Autant dans mes études, je cherchais les challenges et même les complications, autant dans tout le reste, j'aimais quand les choses étaient simples. Du genre « Ça j'aime bien, ça j'aime pas. Toi, t'es sympa, toi, je te déteste ». Pas de sentiment mitigé.

Mais le problème, c'est qu'avec Darcy, si j'avais commencé par une haine facile et profonde, maintenant qu'il s'était excusé, il fallait que je tourne la page. Pour autant, je ne l'appréciais toujours pas.

J'arrivai avec dix minutes d'avance au cours et ô joie, une seule personne était là, et c'était précisément celle avec qui je ne tenais pas à passer un max de temps.

« Bonsoir, lançai-je, fatiguée.

- Salut, Elizabeth. »

J'étais presque sur le point de baisser les bras et lui dire de m'appeler Lizzie – je n'aime vraiment pas qu'on emploie mon prénom en entier, j'ai toujours l'impression que c'est pour m'engueuler– mais mon regard fut attiré par une feuille scotchée sur la porte de la salle.

« L'enseignant est absent aujourd'hui. » Me dit Darcy, se décollant du mur contre lequel il était appuyé.

Je poussai un gémissement désespéré.

« Oh, c'est pas vrai ! Je viens de me taper une demi-heure de transport. Ils n'auraient pas pu prévenir par e-mail ? »

Darcy haussa les épaules.

« C'est marrant. Jusqu'au lycée, les étudiants sont contents quand ils ont ce genre de surprises. Arrivés à la fac, on apprécie moins. Commenta-t-il.

- Ca dépend du cours et de l'heure, mais globalement, surtout en sachant qu'on les rattrape quoiqu'il arrive, oui, ça fait chier. »

Je fis la moue en m'approchant de la porte pour lire la fiche. Effectivement, une séance serait replanifiée sur un autre lundi. La poisse.

« Tu ne me fais pas confiance quand je te dis que c'est annulé ? Demanda Darcy en haussant un sourcil.

- Faut dire, je t'ai trouvé attendant sagement alors que tu savais déjà qu'il n'y avait pas cours. Excuse-moi d'être directe, mais tu es louche. » Répliquai-je.

Il tressaillit un peu, et eut l'air gêné pendant une seconde.

« Je venais simplement d'arriver. » Expliqua-t-il en glissant ses mains dans ses poches.

Depuis assez longtemps pour que je le trouve adossé au mur, mais je me gardai de lui faire la réflexion. D'autant que mon estomac se manifesta soudain bruyamment.

« Il y a au moins une part de moi qui est ravie de ce changement de programme. Bonne soirée, Da… William. »

Darcy m'emboîta le pas nous dirigeant vers la sortie, nous avertîmes les quelques camarades qui croisèrent notre chemin. Et une fois dehors, Darcy me surprit une fois de plus en m'invitant.

« Elizabeth ? Ça te dirait qu'on aille manger un truc ? Il y a la brasserie Meryton, pas loin. Ils font des tartines, ce genre de choses. »

Ma mâchoire s'en décrocha presque. Et mes méninges s'activèrent pour trouver une excuse, mais il m'interrompit alors que j'ouvrais la bouche.

« Et ne me dis pas que tu n'as pas faim. » Fit-il d'un ton taquin.

Cela eut le don de me couper toute velléité de résistance.

Oui, c'est vrai, j'allais sortir une énormité du genre. Pour le coup, j'avais l'impression que ce personnage, si fermé soit-il, avait lu dans mes pensées. J'étais si transparente que cela me vexa.

« Non non, c'est juste que je pensais rentrer et manger chez moi… »

Il me fixa droit dans les yeux, les sourcils levés, et je me sentis soudain un peu bête.

« Enfin, ok, si tu veux. »

Il me fit un grand sourire, et je me maudis intérieurement en me mettant en marche avec lui. Qu'est-ce qui m'avait pris ? Je ne savais jamais de quoi discuter avec ce mec. Pourquoi je n'avais pas simplement refusé, non merci mais sans moi ? Quelle conne. Bon, c'était son invitation, peut-être allait-il se démerder pour les sujets de conversation ?

Nous nous installâmes à une table quelconque, et je fus au moins soulagée de l'ambiance tout sauf intime du lieu, qui se trouvait même être un peu bruyant. Un serveur arriva vite avec des cartes, et Darcy comme moi commandâmes rapidement des tartines – à la provençale pour lui, aux trois fromages pour moi. Oui, même dans mon choix de dîner je fais dans l'élégance. Supplément oignons, s'il vous plait ?

« Vous voulez boire quelque chose ?

- Une carafe d'eau, s'il vous plait. Répondis-je tout en lançant un regard interrogateur à Darcy.

- Tu ne préfères pas de l'eau en bouteille ? »

Je retins un ricanement railleur.

« Tu sais que l'eau du robinet est potable ?

- C'est ce qu'on dit. » Répliqua-t-il avec une moue.

Le serveur griffonna sur son calepin et s'éloigna.

« Il y a plus de minéraux dans l'eau en bouteille. » Ré-attaqua Darcy.

Je levai les yeux au ciel.

« Pas forcément, sauf si tu considères les particules de plastique comme des minéraux. »

Il leva les mains en signe de reddition, et se tut.

Une minute après, je sentis que le silence allait s'installer. Incapable de supporter ça face à lui, je sortis donc le premier truc qui me vint à l'esprit.

« Au fait, comment va ton cousin Alex ? Je ne l'ai pas revu depuis la soirée. »

A ma grande surprise, Darcy se rembrunit et son regard s'assombrit immédiatement.

« Tiens, c'est drôle, lui aussi m'a demandé de tes nouvelles dans la semaine. » Fit-il d'un ton sec.

Je cillai en me reculant le plus possible dans ma chaise.

« Ah oui ? Arrivai-je simplement à répliquer d'un ton faible, décontenancée par son changement d'attitude.

- Oui, Charles lui racontait votre passage, l'autre week-end. »

Ah. Bon, et donc ? Pourquoi la température était-elle soudainement tombée de… Dix degrés, facile ?

Heureusement, nos plats arrivèrent.

« Eh bien, c'est sympa de sa part ! Nous avions passé une bonne soirée. » Fis-je en reprenant du poil de la bête, le ton chargé d'une pointe de défi.

Cela eut l'air de ne pas lui échapper.

« J'avais cru comprendre. »

Je notai que son poing, posé sur la nappe, se serrait et se desserrait. Suivant mon regard, il le posa à plat. J'attaquai mon assiette, affamée.

« Tu sais, Alexandre est très sympathique, mais c'est un grand fêtard qui manque parfois de sérieux. » Lâcha Darcy.

Je relevai mes yeux de mon plat, l'air interrogateur.

« Et ?

- Eh bien, il y a déjà eu un tas de filles qui se faisaient des films et se retrouvaient… Déçues. »

Je posai ma fourchette, estomaquée, et le fixai droit dans les yeux.

« Je suis censée comprendre quoi ?

- Rien ! Rien, je… Je te préviens juste, c'est tout.

- Mais me prévenir de quoi ? M'agaçai-je.

- J'avais l'impression que… Oh, peu importe. C'est pas mon problème.

- Je crois, oui. Quand bien même je devrais revoir ton cousin et me « faire des films », je ne vois pas vraiment en quoi ça te concerne.

- J'essayais juste d'être gentil. Se renfrogna-t-il.

- Le problème est donc Alex ? C'est un salaud envers la gente féminine ? »

Il ne m'avait pas du tout paru être ce genre de type.

« Salaud ? Non, pas du tout… Juste pas forcément prêt à une relation stable, à la rigueur, le défendit – mollement – Darcy.

- Eh bien alors ? Il y a un tas de filles qui sont dans ce cas.

- Je ne t'imaginais pas dans ce lot. » Claqua Darcy.

A mon tour de me rembrunir.

« Tu ne me connais pas, d'accord ?

- C'est un fait.

- Et puis, c'est quoi ton souci au fond ? Tu n'as pas envie de t'amuser, toi-même ?

- Sûrement pas aux dépends des autres, non. S'énerva-t-il.

- Aux dépends des… Oh, mon dieu. Tu sais, quand tout est clair à la base pour tout le monde, en général, il n'y a pas de mal.

- Je ne comprends pas les gens qui veulent seulement « s'amuser ». Rien ne vaut une relation sérieuse, non ?

- C'est la notion d'amusement qui te pose problème ?

- Il y a des tas de façons de s'amuser, pourquoi étendre ça à l'amour ? »

Ouh là. L'amour, direct. Avec un grand A dans son esprit, probablement.

« Ah ben voilà, le souci. Tu sais Darcy, tout le monde n'a pas la chance de rencontrer le grand amour directement. Et il n'y a pas vraiment de raison de se priver de toute relation avant que cela vienne enfin… Si ça vient.

- C'est plutôt cynique.

- Tu trouves vraiment ? Je crois que les gens qui finissent seuls, sans avoir jamais rien connu, juste parce qu'ils attendaient l'homme ou la femme de leurs rêves, ça, c'est tout simplement triste.

- Il y a peut-être un juste milieu entre papillonner et finir en ermite parce qu'on n'a pas su revoir ses exigences à la baisse ? »

Je terminai ma tartine, interloquée.

« Ta future femme sera sûrement ravie d'apprendre qu'elle aura la chance d'être avec toi parce que tu auras revu tes exigences à la baisse. » Ironisai-je.

Il fit claquer sa langue dans sa bouche, agacé.

« Je dis juste qu'une relation se fonde aussi sur une certaine mesure de raison. »

Eh bien. Pas que je l'imaginais très romantique, comme homme, mais quand même.

« Et en attendant, donc, pas de fricotage? » Le défiai-je.

Il haussa les épaules.

« Ne me fais pas dire ce que je n'ai pas dit. Sans aller jusqu'à s'attendre à ce que ça se solde par des fiançailles, on peut toujours fréquenter quelqu'un un moment et rompre quand ça ne va plus. C'est les gens qui consomment et qui jettent que je ne comprends pas. Maintenant, les autres font ce qu'ils veulent. »

Son ton sec acheva de m'énerver. Au moins, je voyais un vrai point positif à ce dîner : je détestais de nouveau Darcy. Fini, les sentiments mitigés. Ce mec était plus coincé et méprisant qu'une nonne aigrie.

Voyant que lui aussi avait terminé son assiette, je saisis mon porte-monnaie dans mon sac.

« C'est bon, Elizabeth, c'est pour moi. »

Alors là, c'est mort mon gars, je ne veux rien te devoir.

Je sortis un billet de 10, suffisant pour ma tartine, et le posai sur la table, agacée.

« J'y suis sensible, mais non merci. Ce fut déjà un plaisir de dîner avec toi. » Ironisai-je.

Il soupira, et compléta l'addition.

« Plaisir partagé. » Lâcha-t-il simplement.

Mon œil.

Je serrai mon écharpe autour de mon cou – j'aurais presque souhaité m'étrangler avec, tiens – et sortis, Darcy sur les talons.

« A la prochaine, alors. Si le prof revient. Grinçai-je.

- Je suppose qu'il est inutile que je te propose de te ramener ?

- C'est gentil, merci, mais on a un bon service de bus.

- Passe de bonnes fêtes, Elizabeth. »

Darcy tourna les talons, et je soufflai un bon coup, soulagée.

Moins je passerais de temps avec lui, mieux je me porterais.

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Soyons honnêtes, c'est pas gagné entre les deux !

*LOF : je me rends compte que les acronymes n'aident pas toujours à la compréhension du texte... Le LOF est l'organisme auprès duquel on enregistre les chiens de race (avec un beau pedigree ;) ), l'équivalent du Kennel club anglais !

Il y a toutes les chances que je poste un prochain chapitre vendredi soir... D'ici là, bonne semaine !