Bonjour bonjour !
Encore une fois je poste un peu tard (samedi midi au lieu de vendredi soir, ça va quand même ! J'suis pardonnée ?) mais voilà la suite... Avec le retour de Lizzie vs Darcy bien sûr :)
Je ne m'étends pas, réponse aux reviews guest :
Jane : Ahah, un petit marathon de lecture pour couronner des vacances, ça c'est le pied ! Et voici la suite pour te remettre de la rentrée ^^
Dorlote : Je te répondrai par MP ;)
Guest : Merci beaucoup :) Bonne lecture :)
oOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOo
Vendredi 4 janvier - deux heures plus tard
La soirée était en fait organisée comme un dîner assis autour de grandes tables, auxquelles nous nous étions placés librement. Des étudiants avaient été payés par l'association des doctorants pour faire le service, ce qui avait un côté sympathique pour ceux qui cherchaient toujours un plan pour remettre les comptes au vert après les fêtes de fin d'année.
J'avais été d'autant plus soulagée de ne pas avoir été saluer les Bingley et Darcy avec Jane : à tous les coups, je me serais retrouvée à dîner avec eux. Là, au moins, j'étais avec mes amis et cela me permettait de m'éclater plutôt que de devoir me défendre à des attaques plus ou moins basses.
De la musique faisait un fond sonore, et invitait éventuellement à aller danser, mais les étudiants commençaient tout juste à envahir la piste de danse, maintenant que les entrées étaient passées et que quelques bouteilles de vin avaient été vidées.
Ce fut à ce moment-là que je sentis une main se poser avec légèreté dans mon dos, et qu'une voix peu familière me fit me retourner.
« Hey ! Je me demandais justement si tu serais ici ce soir. »
Je souris.
« Salut, Alex.
- Salut Lizzie. »
Il tira une chaise laissée vide quelques places plus loin, et vint s'asseoir près de moi.
« Toujours épanouie parmi tes microscopes ?
- Toujours passionné par le code du travail ?
- La passion revêt bien des visages, répondit-il laconiquement.
- Pas les mêmes pour tous, cela dit.
- Bonne année, au fait. Cela me fait plaisir de te recroiser.
- De même. » Souris-je.
Une fraction de seconde, il me traversa l'esprit que peut-être, Lord_Pemberley pourrait être Alexandre Fitzwilliam. L'idée me fit rougir, et je me raclai la gorge pour me reprendre. Si c'était le cas, je serais à peu près certaine d'en tomber raide dingue, pensai-je avec amusement. En plus d'être sympathique, Alexandre était bel homme.
« J'ai l'impression que le plat n'est pas prêt d'arriver. Ça te dirait, une danse ? » Fit Alex en se levant.
Je haussai les épaules, puis le suivis.
« Avec plaisir. »
Danser deux ou trois fois de suite avec cette personne que j'en venais de plus en plus à apprécier acheva de me détendre, mais vous savez quoi ? Il y a toujours des gens capables de vous pourrir l'ambiance en une fraction de seconde.
J'étais en plein éclat de rire, la main sur son épaule alors qu'il me venait de me ramener galamment un verre d'eau, quand je croisai le regard de Darcy.
J'aurais bien voulu qu'il s'agisse simplement d'un accident d'une micro-seconde, chacun reprenant dans l'immédiat le cours de sa discussion, mais son regard sombre me captiva. Pensif, il me fixait droit dans les yeux peut-être que je me trompais ? Peut-être qu'à cette distance, je voyais mal, qu'il était en train de regarder ailleurs ?
Mais non. J'eus instantanément le sentiment qu'il me jaugeait, et cela me glaça.
Soudain prise d'un drôle de malaise, je fis un sourire à Alex, et lui soufflai que je retournais m'asseoir. Il me lança qu'effectivement, la suite du dîner semblait arriver, et me fit un signe de la main en s'éloignant vers sa propre table.
oOo
Plus ou moins deux heures plus tard
Cela faisait une bonne vingtaine de minutes que toute notre tablée formait un groupe sur la piste de danse désormais bondée il fallait reconnaitre que l'animateur qui avait été choisi pour la soirée maitrisait extrêmement bien son sujet.
« Excusez-moi, j'ai grand soif ! » Lançai-je soudain à mes compagnons, avant de sortir du groupe et de me diriger vers le buffet pour prendre un verre d'eau. A ce stade de la soirée, même sans tout le temps penser à mal, il aurait été plus que périlleux de chercher à retrouver notre verre du dîner tout se mélangeait, les gens, les tablées, les couverts. L'ambiance me faisait tourner la tête, mais bon dieu qu'est-ce que ça pouvait détendre.
Essoufflée, j'arrivai au buffet et remplis un gobelet en carton d'eau.
« Bonsoir, Elizabeth. » Fit une voix que malgré la musique, je n'eus aucun mal à reconnaître.
Je retins un soupir, et collai un sourire sur mes lèvres avant de me retourner.
« Oh, William. Comment vas-tu ?
- Très bien, je te remercie. Je tenais à te souhaiter mes meilleurs vœux. »
Son regard, intense, était fixé dans le mien. Un instant, je me revis le soir de notre rencontre. Cette première fois, au contraire, il avait tendance à ne regarder personne, quitte à paraitre extrêmement distant et méprisant. Mais là, ses prunelles grises s'attardaient sur mon visage, impénétrables, et cela me mettait mal à l'aise.
Une décharge d'électricité courut le long de ma colonne vertébrale, et je réprimai un frisson. Mais force m'était d'admettre que ce n'était pas par peur ou intimidation. C'était plutôt…
J'étais troublée.
Ah, et il fallait que je réponde quelque chose, parce que là, ça devenait pesant.
« Merci… A toi de même. La santé, le bonheur, tout le reste. » Répliquai-je machinalement.
Un silence se glissa entre nous, et j'en profitai pour boire une grande gorgée. Pas mieux pour se donner une contenance.
« Tu vas bien ? » Demanda-t-il en détournant enfin le regard.
Je soufflai le plus discrètement possible, soulagée.
« Super, oui. Hmm, on se revoit le 14, au cours d'anglais ? Lançai-je pour mettre fin à cette conversation qui semblait soudain si déplacée… Dans le sens où de toute évidence, Darcy et moi n'avions aucun atome crochu ni rien à nous dire.
- Est-ce que je te mets mal à l'aise ? » Demanda-t-il soudain en revenant fixer ses yeux dans les miens.
J'en serais tombée sur le cul. Je ne savais pas à quoi m'attendre avec Darcy, certes, mais certainement pas à une question aussi directe.
Et que devais-je répondre, au juste ? Devais-je nier l'évidence, style « Nooooon, mais enfin, quelle idée ! » ?
J'optai plutôt pour le retournement de question.
« Est-ce que c'est ce que tu cherches à faire ? » Répliquai-je en le défiant du regard.
Bon réflexe. Cela me fit sentir d'un coup plus sûre de moi, et sembla le déstabiliser. Je levai un sourcil, mes yeux toujours fixés dans les siens, et il eut un sourire en coin.
« J'ai conscience que j'ai pu me montrer parfois assez… Que certaines de mes réflexions aient pu instaurer un malaise entre nous. » Répondit-il prudemment.
Je fronçai les sourcils, ne comprenant pas vraiment où il souhaitait en venir.
« Tu n'as pas à t'en excuser, on n'a aucun devoir de cordialité, rétorquai-je.
- Oh, mais je m'excuse pas. Quelle raison aurais-je de le faire ? »
Oh, Seigneur. Je ne pus m'empêcher de lever les yeux au ciel. Evidemment.
« Absolument aucune, soupirai-je.
- Eh bien voilà, il arrive que nous puissions être d'accord.
- Tu me cherches, en fait ? » Lui demandai-je avec aplomb.
Cette fois, ce fut un vrai sourire qui naquit sur ses lèvres, et j'en eus presque un mouvement de recul alors que mon cœur manquait un battement. Je jurerais que je sentis mon sang faire un looping dans chacune de mes veines.
« Peut-être qu'on peut dire ça, oui.
- Fais attention. Quand on me trouve, ça peut piquer très douloureusement. Sifflai-je.
- Je n'ai aucun doute là-dessus. Mais peut-être qu'on pourrait faire la paix ?
- C'est Charles qui te l'a demandé ?
- Jane l'a fait aussi avec toi, non ? »
Je soupirai. Ah, ces deux-là. Je les avais croisés un peu plus tôt dans la soirée, et Charles avait lourdement insisté pour que je n'hésite pas à passer à leur table saluer tout le monde. Je m'étais fortement retenue de l'envoyer chier, et Jane l'avait si bien senti qu'elle m'avait fait les gros yeux.
« Je ne savais pas qu'on était en guerre. » Répliquai-je simplement en haussant les épaules.
Même moi je n'en revenais pas, de ma mauvaise foi. Il n'aurait plus manqué qu'un ton angélique, mais je n'avais pas ça en stock.
« Cela me fait plaisir que tu dises ça, parce que tout le monde n'en a pas l'air convaincu. »
Il appuya cette répartie d'un sourire, que je lui renvoyai.
« D'ailleurs, à ce propos, tu me permets de t'inviter à danser ? » Fit-il en tendant une de ses mains vers moi.
Aïe.
J'aurais dû savoir que cela ne m'apporterait rien de bon de jouer à ça. Fallait-il vraiment que l'on fasse semblant de bien s'entendre ? Je veux dire, on aurait pu se contenter de platitudes cordiales à chaque fois qu'il nous serait donné de nous croiser. De là à faire semblant de s'apprécier, il y avait un pas à franchir.
Je n'aurais jamais, mais alors jamais cru dire ça un jour, mais l'intervention de Caroline me tira de ce mauvais pas.
« Tiens, Lizzie, bonsoir. » Lança-t-elle de sa voix mielleuse en apparaissant au côté de Darcy et enroulant ses mains autour du bras de ce dernier. « Comment vas-tu ? »
Son ton hypocrite me hérissa le poil, mais je l'aurais presque embrassée pour cette interruption. Darcy, en revanche, avait l'air sur le point de commettre un meurtre.
« Hey, Caro, très bien et toi ? Tu es superbe, ce soir. » Répliquai-je avec mon plus beau sourire.
Oui, moi aussi j'étais capable de me montrer agréable. Pas vraiment hypocrite, non Caroline était effectivement une très belle femme, force m'était de l'admettre.
Elle et Darcy feraient de magnifiques enfants. Des chiards insupportables, mais beaux, j'en étais persuadée.
« Merci, Lizzie… »
Elle me dévisagea des pieds à la tête, mais préféra m'accorder un sourire crispé que de me renvoyer le compliment. Cela ne fit que m'amuser plus encore.
« Alors, de quoi discutiez-vous ? Je me suis permis de venir à ta rescousse, mon cher Will, connaissant le plaisir qu'Elizabeth prend à te tourmenter. » Fit-elle d'un ton mielleux avec un clin d'œil supposément complice à mon égard.
Oh Seigneur. Sentant l'hilarité monter en moi, j'envisageai presque Caroline comme une potentielle amie, pendant une seconde. Après tout, rares étaient les personnes qui m'amusaient autant.
« Elizabeth ne me tourmentait nullement. Répondit-il d'un ton calme en récupérant son bras.
- J'ai bien peur de ne pas avoir ce pouvoir », réussis-je à répliquer sans éclater de rire.
Dieu, que c'était dur. J'en avais presque les larmes aux yeux, et le regard incendiaire de Darcy n'arrangeait rien.
« Il est vrai qu'il est si compliqué de trouver à tourmenter Will, il est l'homme le plus irréprochable que je connaisse. »
Je cachai un gloussement derrière une quinte de toux. Oh non, il faut qu'elle arrête, je vais finir par me pisser dessus.
« Je ne suis pas irréprochable, Caro. S'agaça l'intéressé.
- Oh non, vraiment ? C'est un mythe qui s'effondre, je me sens aussi déçue que le jour où j'ai appris que le père Noël n'existe pas ! » Lançai-je en me tapotant les yeux comme pour essuyer des larmes.
Et le fait est que j'en essuyai vraiment. Deux minuscules larmes qui perlaient au coin de mes yeux, résultat de l'hilarité que j'essayais vainement de contenir.
Le regard meurtrier de Darcy changea soudain et se remplit d'une flamme bien plus dangereuse… Parce que bien plus électrisante.
« Je te suis sur ce point-là, Lizzie. Il m'est bien impossible de trouver le moindre défaut à Will. » Intervint Caro, visiblement jalouse de l'attention dont il me couvait.
Hélas, elle ne réussit pas à détourner le regard que Will posait sur moi, et je continuai à le soutenir, toute envie de rire s'étant soudainement évaporée.
Troublée, je sentais le rouge me monter aux joues, et je dus me faire violence pour me remettre dans la conversation.
« Et pourtant, Dieu sait que j'en ai. » Murmura-t-il comme pour lui. « Mais je travaille à les soigner. Ajouta-t-il avec un sourire.
- Puis-je te demander par lequel tu commences ? Ne pus-je m'empêcher de répliquer.
- A ton avis, il y en a un que je devrais soigner en priorité ?
- Ton orgueil ? » Rétorquai-je en levant un sourcil.
Il sourit, amusé.
« Je ne vois pas en quoi l'orgueil est un défaut. Au contraire de la vanité, mais j'espère bien ne pas présenter ce trait-là. »
Je ne pus qu'acquiescer. En plus d'être beau, cet enfoiré avait du répondant. Et moi, je fais comment pour ne pas paraitre troublée ?
Je choisis l'ironie.
« Ma foi, peut-être devrais-je m'incliner et me ranger du côté de Caroline tu es sûrement un homme irréprochable.
- Hélas non, Elizabeth. Par exemple, j'ai un défaut incurable : la rancune. Quand quelqu'un perd mon estime, je crains que ça ne soit définitif. »
Je plissai les yeux, incapable de déterminer si cette affirmation était un avertissement qu'il me lançait, ou un reproche déguisé envers ma propre rancune – moi qui continuais de le repousser depuis notre première joute verbale.
J'étais sincèrement incapable de trancher.
« Voilà bien un défaut que je ne saurai te reprocher, William. Tout au mieux, je peux t'encourager à ne pas automatiquement refuser d'accorder cette précieuse estime aux personnes que tu rencontres ou je crains que tu ne te retrouves bien solitaire. »
Il me fit un sourire mystérieux, presque distrait, puis se tourna vers une Caro qui observait notre échange d'un air dépité.
« Caroline, je suis navré de te laisser ainsi… »
Mais bien sûr, t'as vachement l'air navré, tiens.
« … Mais Elizabeth venait justement de m'accorder une danse avant que tu n'arrives. Je ne voudrais surtout pas me montrer impoli en ne tenant pas ma parole. »
J'ai fait ça, moi ?!
Ebahie, je fixai la main qu'il me tendait, puis la saisis presque par automatisme.
Merde, il m'a bien eue sur ce coup.
Refuser ? Hors de question. Ça serait revenu à me dégonfler. Même pas en rêve. Mon courage revint en bloc. Monsieur avait envie de jouer une sorte de double jeu ? Cela lui apportait une distraction, de me mettre mal à l'aise ? Quelles que soient ses raisons, peu m'importait.
J'ai un foutu caractère, et je l'ai prévenu.
Je fus surprise de la chaleur et de la douceur de sa paume ; mais j'évitai de lui montrer le moindre trouble en lui lançant un regard de défi.
« Il n'est pas exclu que je t'écrase les pieds. Minaudai-je alors qu'il m'entrainait vers la piste.
- Tu ne portes pas de talons aiguilles, alors je devrais pouvoir y survivre. »
Une série de rocks démarrait nous ne partageâmes pas une, mais trois danses ensemble. Et je n'aurais jamais cru ça, mais Darcy se démerdait franchement pas mal. Ce n'était pas un grand danseur, et moi non plus, mais on s'accordait plutôt bien. Même quand il prenait le risque de me faire tourner, et que je serrais les fesses pour, justement, ne pas lui écraser les orteils. Question d'orgueil.
Un changement de style musical nous fit mettre fin à notre danse alors que nous nous arrêtions un peu brusquement, je me demandai si Darcy n'allait pas simplement tourner le dos et disparaître comme il était apparu un peu plus tôt à côté de moi.
Visiblement moins pris par les interrogations, il posa une main sur mon coude et se pencha sur moi.
Comme brûlée par son contact, je sursautai, et mon cœur s'affola alors qu'il se rapprochait, ses yeux dans les miens pendant une seconde, non, une micro-seconde, je crus même qu'il allait faire une grosse connerie. Du genre m'embrasser, vous voyez ?
Mais c'était complètement ridicule. Bien sûr qu'il ne le fit pas ses lèvres se décalèrent à mon oreille, et il me souffla un « Bonne soirée, Elizabeth. A bientôt. ».
Il s'éloigna bien trop vite pour le remarquer, mais un frisson parcourut toute la longueur de ma colonne vertébrale alors que je restais plantée sur la piste.
oOo
Dimanche 6 janvier
Je m'enfonçai dans mon fauteuil de bureau, alors que Lord_Pemberley se connectait et que j'ouvrais la fenêtre de conversation.
« Alors, cette soirée ? » Commençai-je en guise de préambule.
- J'ai beaucoup aimé. Tu y étais bien ?
- Oui. C'est amusant de se dire qu'on a partagé le même espace le temps d'une soirée.
- Amusant… Oui, d'une certaine manière.
- Va savoir. Nous sommes peut-être voisins. Peut-être que nous nous côtoyons tous les jours.
- J'en doute, mais admettons. Et pour toi, la soirée a été bonne ?
- Oui. Un peu étrange, mais c'était une bonne soirée.
- Etrange ? »
Pourquoi je n'avais pas pu m'empêcher d'écrire ça, moi ? Je me mordis la lèvre. Je savais très bien pourquoi. Un trouble indescriptible m'avait tenue tout le samedi, et je devais bien avoir l'honnêteté de reconnaître que c'était dû au comportement bizarre de Darcy la veille. Et voilà que ça sortait même dans le cadre d'une conversation qui n'avait rien à voir.
« C'est rien. Une connaissance qui s'est comportée un peu bizarrement.
- Un ou une amie sous le coup de l'alcool ?
- Oh, non, je ne pense pas... Quoique, maintenant que tu le dis, l'alcool entrait peut-être en jeu.
- Un ami qui s'est permis un comportement déplacé, donc ? »
Je souris. Non, il n'y était pas du tout. Peu importe tout le mal que j'avais bien envie de penser de Darcy, je ne pouvais pas l'imaginer une seule seconde avoir un comportement déplacé. Encore moins avec moi.
« Non, non, rien de ce genre. Et puis il s'agit plutôt de quelqu'un qui ne m'apprécie pas plus que je ne l'apprécie. Enfin, peu importe.
- Toi, il y a des personnes qui ne t'apprécient pas ?! »
Je ricanais intérieurement. S'il savait.
« Ironie ou flatterie ? Le taquinai-je
- Pourquoi veux-tu que je sois ironique ? Pour le peu que je te connaisse, tu es quelqu'un d'ouvert et de sympathique.
- Flatterie, donc. Ça ne te mènera à rien, tu sais. »
Mais son compliment me fit rougir. Plus nous discutions, plus il m'arrivait d'avoir l'impression que l'on flirtait. Et cela, je devais bien l'admettre, me plaisait.
« Mince, moi qui espérais obtenir ton amitié indéfectible.
- Pourquoi donc ? Tu cherches quelqu'un que tu pourrais appeler à 2h du matin pour cacher un cadavre ?
- Tu accepterais ?
- Plutôt à partir de 4h du matin. Je serai de mauvais poil si je n'ai pas dormi un minimum. Et tu aurais intérêt à prévoir le café et les croissants.
- Les croissants ? Devant un cadavre ?
- La chair tiède, ça ouvre l'appétit.
- D'accord, tu es quand même assez spéciale. J'arrive à concevoir que tu puisses ne pas avoir que des amis. »
Je souris devant mon écran, espérant quand même au fond de moi ne pas l'avoir choqué. Mais Lord_Pemberley me semblait tout à fait ouvert au second degré. En tous cas, si il se creusait les méninges, il imaginait sans doute avec tout ça que j'étais plutôt axée Biologie… Ou Médecine, à la rigueur.
D'ailleurs, je me demandais toujours en quelle discipline il était. Je l'imaginais assez bien en Lettres. Classiques ? Modernes ?
Ou n'importe où ailleurs. C'était le genre de personne qui respirait l'intelligence même sans chercher à y parvenir. A la fois agaçant et très, très attirant.
« Spéciale… Tu me décris plutôt bien pour quelqu'un que tu ne connais pas. Tu es en Psycho ?
- Essaierais-tu de jouer au Qui est-ce, pour découvrir mon identité ?
- C'était bien tenté, non ?
- Je ne te savais pas si curieuse.
- Tu ne l'es pas, toi ?
- Si tu souhaitais vraiment savoir, je pense que tu me le demanderais directement.
- Peut-être qu'un jour je le ferai.
- Peut-être que je te répondrai. »
Je soupirai en me mordant les lèvres, les joues en feu. Quelque part, je m'en voulais un peu d'avoir toutes ces sensations bizarres. J'avais l'impression de réagir comme une adolescente enamourée.
« Quoiqu'il en soit, c'est toujours bon de savoir que tu peux rendre de grands services.
- Contre un petit-déjeuner.
- C'est bien noté. De ton côté, sache que si quelqu'un t'importune… Je serai ravi de te prêter main forte. Ou au moins une oreille attentive.
- Hmm. Un grand baraqué ? STAPS ?
- Obstinée, hein ?
- Tu sembles meilleur que moi aux devinettes.
- Peut-être que je suis effectivement en Psycho ?
- C'est marrant, je suis à peu près certaine que tu cherches à m'induire en erreur.
- Tu m'en veux de ne pas être plus transparent ? »
Je réfléchis deux secondes, des démangeaisons dans les doigts. Toujours cette confrontation entre la part de moi qui était tellement curieuse de découvrir qui était cet homme qui, soyons honnête, me plaisait beaucoup… Et la peur de mettre fin à cette relation totalement libre, sans faux-semblant, sans artifice, qui me détendait tellement quand j'en avais besoin.
« Non, du tout. J'apprécie notre situation. »
Lord_Pemberley me parut mettre un peu plus de temps que d'habitude à répondre, mais les mots finirent par s'afficher, me permettant de respirer à nouveau. Ah oui, tiens, j'avais le souffle coupé l'instant d'avant.
« Alors il serait dommage de gâcher ça. »
Je soupirai, lasse d'être aussi tiraillée.
« Il faut que je te laisse, Lord. Merci pour la conversation.
- A ton service. Bon dimanche, Ellie. »
Je fermai la fenêtre de conversation, perplexe. Mais où est-ce que tout ça allait me mener, au juste ?
oOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOo
Nouvelle année, nouveau départ ? La suite bientôt !
