Bonjour bonjour !

Me revoici avec un nouveau chapitre, plus long et plus Darcy/Lizzie que le précédent !

Il commence par quelque chose qui est presque un petit bonus ; à la base, je n'avais absolument pas prévu de l'écrire... J'avais avancé dans l'écriture, puis finalement j'ai eu comme un petit flash... Alors, j'espère qu'il ne détonnera pas trop par rapport au reste !

Jane : et dans le genre à perturber Lizzie... Je te laisse découvrir ce chapitre :D

oOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoO

Chapter 8 : Grève et trêve

POV Will

Samedi 26 janvier

Ennuyé, je me calai dans mon siège en jetant un œil à ma tante, Catherine. D'un air pincé, elle considérait la carte du café.

« Il n'y a pas un grand choix en termes de thés. »

Je fusillai du regard mon cousin.

Catherine Fitzwilliam, née de Bourg, sa mère – ma tante –, avait eu le soudain désir d'inviter son fils à prendre le thé, clamant qu'elle ne le voyait plus assez souvent. Et Alexandre, lui, avait eu l'excellente idée de proposer à ce que je les accompagne. Avec ma sœur, Anna, qui était revenue de Londres pour passer le week-end, comme elle le faisait de temps en temps – quand ce n'était pas moi qui traversais la Manche pour aller la voir.

Les relations entre Alex et sa mère étaient tendues. En fait, les relations entre Catherine de Bourg – elle avait repris son nom de naissance – et le reste du monde étaient tendues. Et Alex était capable de déployer des trésors d'ingéniosité pour éviter de se retrouver en tête-à-tête avec elle. Il fallait croire que j'étais assez idiot, ou compatissant – cela revenait au même –, pour me faire avoir régulièrement. Cette fois, il avait appuyé sur le fait que sa mère serait ravie de revoir enfin Anna, depuis le temps.

Ma sœur avait grimacé mais, comme à son habitude, douce et incapable de supporter l'idée de décevoir quelqu'un, elle avait accepté. Et nous nous étions retrouvés assis à la table d'un café-lounge se réclamant salon de thé alors qu'ils avaient une carte bien plus riche en bières qu'en boissons sans alcool. Un choix d'Alex, encore, car il savait que cela ennuierait sa mère.

« Certes, mais ils sont excellents. » Sourit Alex.

Menteur.

Assis en face de lui, je sentis la main chaude de ma sœur se poser sur la mienne, la pressant doucement dans une vaine tentative de me mettre de meilleure humeur.

« Je suis ravie de te revoir, Catherine. Comment se porte ton voisin, le pasteur ? »

Adorable Anna. Toujours soucieuse d'être agréable. Il était de notoriété publique que j'étais loin d'avoir son talent pour converser.

Je n'écoutai même pas la réponse de ma tante, alors que cette pensée m'amenait à me souvenir d'une paire d'yeux tirant entre le brun et le vert. Et de la colère que j'y avais vu flamber à de nombreuses reprises, après que j'aie parlé sans réfléchir.

Et comme un signe du destin, une voix qui m'était désormais familière me fit tressaillir.

« Hey, Alex ! Je ne m'attendais pas à te voir ici. »

Je me raidis, et me tournai vers la jeune fille qui arrivait dans mon dos... Mais elle était déjà en train de faire le tour de la table, et Alex se leva pour l'embrasser sur la joue.

Oh, Seigneur.

Elle retira le bonnet vert qui lui couvrait la tête, et quelques cheveux se dressèrent avant de retomber en vagues désordonnées. Puis elle tira sur ses gants, révélant ses longs doigts fins.

Il neigeait, au-dehors, et quelques flocons s'étaient agrippés à son manteau et à ses boucles châtain aux reflets roux. Son regard – à cet instant ses yeux tiraient sur le vert, nuance qui prédominait quand elle n'était pas énervée – se posa sur moi, et je fis un bref sourire.

« William. Me salua-t-elle d'un ton plus distant, bien que cordial.

- Elizabeth. » Soufflai-je.

Comme à chaque fois que je l'appelais par son prénom, je vis une ombre passer dans ses yeux. Je savais qu'elle détestait ça. Jane l'avait mentionné lors d'une discussion que nous avions eue, un jour, alors que je déjeunais avec Charles et elle.

Et une part de moi se délectait, à chaque fois, de la voir se tendre et se retenir de me corriger. Après tout, c'était de sa faute. Elle ne m'avait jamais demandé de l'appeler Lizzie. Par fierté, je n'en doutais pas.

J'eus un sourire distrait. Son caractère fier m'attirait à un tel point.

« Bonjour, salua-t-elle en détournant le regard, soudain plus chaleureuse.

- Lizzie, laisse-moi te présenter ma cousine, Anna, et… Ma mère, Catherine. Assieds-toi donc. » Fit Alex en lui désignant la banquette.

Je haussai un sourcil, soudain amusé. Lizzie, à la même table que Catherine ? Il allait y avoir à peu près autant d'étincelles que quand elle se retrouvait enfermée dans une pièce avec Caroline.

« Non, merci, c'est gentil, mais je suis avec des amis. Je suis enchantée, cependant, de faire votre connaissance.

- Tu es la fameuse Lizzie ? » Lâcha Anna d'une voix joyeuse, et je serrai la mâchoire.

Elizabeth leva un sourcil.

« Fameuse n'est pas le qualificatif que j'emploierais si on me demandait de me décrire. Répondit-elle prudemment.

- Alex parle souvent de toi. »

Je me détendis, soulagé. Un instant, j'avais craint qu'Anna ne balance que c'était plutôt moi qui lançais souvent la conversation sur elle, avec Alexandre. Mais ma sœur était bien plus intuitive que ça.

Elle m'avait d'ailleurs déjà demandé si je n'éprouvais pas des sentiments pour cette Lizzie, qu'elle serait au demeurant ravie de rencontrer un jour.

Eh bien, voilà chose faite.

« Oh vraiment ? » S'amusa Elizabeth, posant une main sur l'épaule de mon cousin.

Je dus réprimer un grognement.

« Et crois bien que je suis entouré d'oreilles attentives. » Répliqua-t-il d'un ton moqueur.

Je retins mon souffle, notant que Lizzie sourcillait. Mais elle ne releva pas.

« Tu ne veux vraiment pas t'asseoir ? Je serais ravie de faire ta connaissance. Insista ma sœur.

- Anna… » Grinçai-je.

Elle m'ignora royalement, et Lizzie déclina avec un sourire amusé.

« Vraiment, je ne voudrais pas m'imposer.

- Alexandre, puis-je savoir quels sont tes liens avec cette jeune personne, pour que vous vous enlaciez ainsi ? »

La voix rêche, quoique mielleuse, de ma tante, jeta un froid à table. Ce que Catherine appelait un enlacement n'était que la main de Lizzie posée sur l'épaule de mon cousin.

Elle la retira comme si elle s'était brûlée, et une ombre passa dans les yeux d'Alex alors que presque méchamment, je m'en réjouissais.

Je n'avais jamais expérimenté la jalousie… Avant de rencontrer Elizabeth. Mais j'étais assez lucide pour savoir que c'était ce que je ressentais désormais à chaque geste ou attention chaleureuse qu'elle dispensait aux autres – principalement à Alex.

« Lizzie est une très bonne amie. Répondit mon cousin en fusillant sa mère du regard.

- Mmh. Et que faites-vous, dans la vie ?

- Je prépare une thèse en biologie. Eluda-t-elle.

- Oh, une thèse, c'est bien, c'est bien. »

Evidemment, ce n'était pas bien, selon ma tante. Catherine de Bourg pensait qu'une jeune femme ne devrait pas perdre son temps à autre chose qu'à se trouver un mari et s'y dévouer. Pas qu'elle-même se soit montrée particulièrement dévouée envers mon oncle, pourtant. Celui-ci avait d'ailleurs divorcé des années plus tôt, ce qui constituait une haute trahison chez les de Bourg.

Alex ouvrit la carte des boissons, et chercha à changer de sujet, sentant que l'ambiance devenant de plus en plus tendue.

« Tu viens souvent ici, Lizzie ? Je me demandais que choisir. »

Lizzie se pencha sur son épaule, et lui désigna une ligne.

« Euh… Voilà, ici. J'adore ce café, mais je te préviens, il est corsé.

- On n'adore que Dieu. » Siffla ma tante.

Lizzie reporta son attention sur elle, surprise, et éclata d'un rire clair.

« Dieu, et le café. » Répondit-elle d'une voix joyeuse.

Ouille.

Son rire cessa à l'instant où elle surprit la grimace sur mon visage. Grimace que firent également Alex et Anna.

« Oh. Elle ne plaisantait pas. » Constata-t-elle à voix très basse.

Alex et moi secouâmes la tête.

Elle se passa la main dans les cheveux, gênée, et je me mordis la langue pour réprimer un rire.

« Ahem, euh, bon, j'ai déjà bien trop abusé de votre présence. Mes amis doivent m'attendre. Bon… Goûter. » Lâcha-t-elle avant de tourner les talons et de s'éloigner.

Je soupirai, déçu malgré moi de la voir partir. Sa présence rendait chaque situation tellement plus agréable. Je ne la quittai des yeux que quand elle se fut installée quatre tables plus loin, où l'attendaient une fille et deux garçons qu'il me semblait avoir déjà vus.

Les soirées doctorants. Elle était souvent avec ces personnes.

« Elle a l'air vraiment sympathique. » commenta Anna avec un soupir rêveur.

Je savais que depuis qu'Alexandre lui avait raconté quelques épisodes incluant la présence de Lizzie, ma sœur rêvait de la croiser. Elle appréciait particulièrement les épisodes qui contaient comment Caroline pouvait se faire rembarrer. Ma sœur avait beau être d'une patience infinie, elle ne supportait plus cette dernière et ses manières. Et pourtant, Caroline ne demandait pas mieux que de devenir sa meilleure amie – manœuvre idiote et vaine pour se rapprocher de moi.

Anna m'avait même demandé d'inviter Lizzie, un week-end où elle serait présente. Mais je ne pouvais pas faire ça. Elizabeth et moi n'étions pas vraiment amis. A mon grand regret.

« Je ne sais pas. Très vulgaire. » Fit sèchement ma tante.

Alexandre et moi échangeâmes un regard agacé.

« Lizzie n'est pas vulgaire, maman. Elle vit avec son époque.

- Cela revient au même. Les jeunes filles n'ont plus de tenue, de nos jours. »

Nous ne cherchâmes même pas à débattre sur le sujet, c'était une cause perdue, et nous le savions parfaitement. Je me perdis de nouveau dans mes pensées, et mon regard dériva vers la table où Elizabeth était en pleine discussion, visiblement animée, avec ses amis. Même aussi loin d'elle, j'avais l'impression de ressentir son énergie.

Cela me ramena à la conversation que nous avions eue avec Anna et Alex le matin-même, alors qu'il était venu chez moi pour nous convaincre de l'accompagner à son thé avec sa mère.

Anna lui avait demandé si il avait revu cette fameuse Lizzie qu'elle rêvait tant de rencontrer, et surtout si celle-ci s'était de nouveau confrontée à Caroline.

Alex avait ri.

« C'est marrant que tu demandes ça. Oui, je l'ai vue il y a une semaine, on est sortis tous les deux. »

Une pointe de jalousie m'avait lacéré le cœur. Ce qu'Alex avait eu l'air de remarquer, puisqu'il avait plissé les yeux en me fixant.

« Entre amis. » Avait-il précisé. « Oh, et justement, on en est venus à discuter vaguement de toi, Will. »

J'avais tressailli en le regardant dans les yeux. Il affichait un léger sourire en coin.

« Je te demande pardon ? Avais-je demandé, la gorge sèche.

- Oui, elle m'expliquait que vos relations s'étaient un peu améliorées, quoiqu'elle était vexée que tu la considères comme Caro. »

Si la première partie de sa réponse m'avait fait un bien fou, j'avais presque senti mes yeux sortir de leurs orbites à l'entente de la seconde. Anna en avait eu la mâchoire qui tombait.

« Considérée comme Caro ? Mais qu'est-ce que tu as encore fait, Will ?

- Mais rien, je me demande bien d'où elle sort ça ! » M'étais-je défendu.

Alex s'était esclaffé, visiblement ravi de son effet.

« C'est l'impression que tu lui donnes depuis que tu la traites cordialement.

- C'est quoi encore, cette lubie ? J'ai toujours tous les torts, en fait. Elle préfère quand je suis désagréable ? »

A ce stade, mon cousin avait cessé de contenir son hilarité, alors que je brûlais de colère envers Elizabeth.

« Je crois qu'il y a malentendu. Lizzie a juste l'impression que tu n'es cordial avec elle que par politesse, pour faire plaisir à Jane et Charles. Comme avec Caroline, quoi. Mais je te rassure, je l'ai priée de croire qu'elle n'avait rien en commun avec cette garce. »

J'avais soupiré, toujours agacé, ne cherchant même pas à reprendre Alex sur l'emploi d'un terme si peu flatteur. Après tout, il fallait reconnaître qu'il seyait à Caroline.

Lizzie me faisait l'effet d'une jeune femme très intelligente, sauf en ce qui concernait notre relation. Comment pouvait-elle imaginer une seule seconde que je la rangeais dans le même panier que la sœur de Charles ?

Et comment je pourrais espérer me rapprocher d'elle, si elle avait cette opinion ?

C'était décourageant.

Je secouai la tête, revenant à la situation présente – le thé avec Alex et sa mère. Un serveur vint prendre nos commandes.

« Eh bien, je vais prendre le café conseillé par Lizzie, sourit Alex en le désignant au garçon, après qu'Anna et Catherine aient commandé.

- Idem pour moi. Lâchai-je.

- Ca en fera donc deux, nota-t-il.

Et alors que je sirotais l'expresso en question, à la fois corsé et épicé, je ne pus m'empêcher de poser mes yeux sur Elizabeth, qui riait avec son naturel déconcertant.

Comme si elle avait senti mon regard, elle se retourna soudainement dans ma direction, et nos yeux s'accrochèrent.

Elle me fixa pendant quelques secondes, plissa les yeux, puis se détourna de nouveau.

Vivement lundi, et le prochain cours d'Anglais général.

POV Lizzie

Lundi 28 janvier

Quand j'arrivai au cours d'anglais, cette fois, la porte était déjà ouverte. Plutôt contente de pouvoir m'installer directement –et de ne pas avoir à faire la conversation à Darcy–, je rentrai et saluai l'enseignant.

Alors que je m'installais, son regard bleu glacier me mit mal à l'aise.

« Mademoiselle Bennett, c'est ça ? »

Je lui fis un sourire cordial en hochant la tête.

« Avez-vous prévu un sujet de discussion aussi passionnant que la dernière fois ?

- Je ne voudrais pas voler à mes camarades le plaisir de proposer les leurs. Répliquai-je.

- Mais je ne suis pas certain qu'ils auraient votre talent pour animer un débat. Ce n'est pas donné à tous.

- Certains seront bien plus talentueux. »

Il me fit un large sourire qui me donna la nausée.

« Ne vous dépréciez pas ainsi, je sais reconnaître les étudiantes d'exception. »

Je n'aurais jamais, au grand jamais cru dire ça un jour, mais l'apparition de Darcy me soulagea.

Egalement en avance, comme à son habitude, il passa la porte et après un bref salut général, vint s'installer à côté de moi. Et pour la première fois depuis que je le connaissais, sa présence me détendit et je ressentis la chaleur de son corps, pourtant à distance respectueuse du mien, comme une vague de bien-être.

N'ayant aucune envie de répondre quoi que ce soit à l'enseignant, et encore moins de continuer la conversation, je me tournai vers Darcy.

« Ça va ? » Lui demandai-je de mon ton le plus sympathique.

Il haussa les sourcils, visiblement très surpris.

« Très bien, et toi ?

- Idem. Ta thèse avance bien ?

- Euh, oui, la première partie est en relecture, et j'ai presque terminé la rédaction de la deuxième.

- Ah. J'aimerais pouvoir en dire autant. A vrai dire, je procrastine. »

Darcy me sourit, amusé.

« Au fait, tu n'as pas eu trop de mal à venir, avec la grève ? » Demanda-t-il.

Foutue grève, en effet. C'était rare un lundi, mais le pays se retrouvait bloqué par un grand nombre de manifestations, qui avaient couru du week-end à ce soir. Manifestations et grèves des transports : peu de trains, aucun bus, ne parlons pas des taxis qui défilaient en klaxonnant.

« J'ai pris ma voiture. Pas très envie de prendre le risque de rentrer à pied. » Soupirai-je.

Pendant que nous discutions, mon malaise retomba, et les autres étudiants arrivèrent d'un coup. Le cours commença rapidement, et j'en oubliai presque le comportement étrange de l'enseignant…

Presque, parce que le cours fini, je me pressai de ranger mes affaires et sortir pour ne pas rester avec lui.

Darcy m'accompagna jusqu'au parking le plus proche du centre de langues, où nous étions tous les deux garés. Je le saluai d'un geste de la main, qu'il me rendit d'un sourire.

Pour un peu, on allait presque nous prendre pour des potes.

J'effaçai rapidement cette idée de mon esprit. Elle me faisait plus rire qu'autre chose.

Je m'installai au volant et démarrai, pressée de rentrer. Au moins, ça irait plus vite qu'en bus, ce soir. En plus, il commençait à pleuvoir assez fort et de la buée s'installait sur mon pare-brise.

Le temps de la faire disparaître et de sortir de ma place, cependant, je repérai Darcy, deux voitures plus loin, qui se tenait la tête d'une main, visiblement emmerdé. Je m'arrêtai à sa hauteur et baissai ma vitre. Il était au téléphone, mais semblait attendre qu'on lui réponde.

« Eh bien, ça ne va pas ? »

Il me lança un regard désespéré, et désigna sa voiture.

« Je vais avoir du mal à démarrer. »

Je fronçai les sourcils, et baissai les yeux sur le pneu côté conducteur.

Complètement mort.

« Outch. Et tu n'as pas de roue de secours ? Demandai-je.

- D'un, les deux roues du même côté sont à plat. » Me fit-il remarquer. « Et de deux, non, sur cette voiture il n'y a pas de roue de secours, mais une bombe anti-crevaison. Sauf que là, mes pneus ont plutôt été déchiquetés, j'imagine par des abrutis du cortège de la manifestation ! »

Ah… Oui. Effectivement, cela s'annonçait compliqué. Visiblement, quelques casseurs avaient décidé qu'une Mercedes n'avait pas sa place dans ce quartier assez populaire.

« Au moins, ils ne l'ont pas brûlée. Constatai-je.

- Tu sais remonter le moral. » Fit-il en me fusillant du regard.

Soudain, on sembla enfin lui répondre, et il se concentra de nouveau sur son portable.

« Oui, bonsoir, j'appelle pour vous signaler que ma voiture a été vandalisée. J'ai deux pneus crevés et je ne peux pas repartir. »

Je coupai le contact et restai à côté, alors qu'il semblait se débattre avec son assistance pendant plusieurs minutes.

« Comment ça, suite aux manifestations vous êtes débordés et ne pouvez rien pour moi d'ici demain ? Vous plaisantez ? Ça sert à quoi que je paie une assurance au juste ? »

Je soupirai. Ah, comme quoi, les riches pouvaient avoir exactement les mêmes problèmes que nous.

Je l'écoutai se battre avec l'assistance encore quelques minutes, puis il raccrocha, énervé.

« Super. Pas de dépannage avant demain matin au plus tôt, et bien sûr je me démerde pour rentrer, ils n'ont personne de disponible.

- Allez, grimpe. Je peux bien te ramener, soupirai-je.

- C'est gentil, vraiment, mais je ne veux pas te faire faire un aussi gros détour. Je prendrai un taxi.

- Tu sais, si ton assistance n'arrive pas à t'en envoyer un, c'est peut-être parce qu'ils sont en grève aussi aujourd'hui, je te rappelle. Après, tu fais comme tu veux. »

Darcy poussa un soupir d'exaspération, et je haussai les épaules. Dépité, il fit le tour de ma voiture et ouvrit la portière pour s'enfoncer dans le siège passager. Sa grimace me fit rire.

« Ça change de ton carrosse, je le conçois.

- Ton siège a le mérite d'être confortable, tenta-t-il.

- C'est vrai.

- Mais c'est très petit. »

Je me penchai pour ramasser mon sac, à ses pieds, et le lancer sur la banquette arrière.

« Tu gagnes quelques centimètres carré. »

Il sourit, et je démarrai.

oOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOo

Si ça c'est pas du mieux !

Prochain chapitre, le trajet... A votre avis, cela va-t-il bien se passer (réponse A), ou Lizzie va-t-elle abandonner Darcy sur le bord de la route (réponde B) ?

A bientôt, et portez-vous bien !