Bonsoir à tous !

J'espère que vous et vos familles vous portez tous bien en ces temps difficiles. Je n'ai pas grand chose à dire à part un immense salut à tous nos soignants et autres professions obligées de sortir chaque jour pour faire tourner le pays. En attendant, portez-vous tous bien, restez à la maison si possible... Et profitons-en tous pour nous recentrer sur des plaisirs simples et essentiels, comme discuter avec notre famille/nos amis, lire, jouer, etc. Et écrire... Pour moi !

Je remercie comme d'habitude chacun de mes reviewers. N'oubliez jamais que c'est vous, et uniquement vous, qui me motivez à mettre mes fics en ligne.

Niagara : Ahah, pas mal l'idée ! Mais sur ce coup-là, il est innocent ^^, je n'y avais même pas pensé !

Jane : oui, j'ai eu envie d'un petit accro à l'histoire originale sur ce coup. Bon, la tata De Bourg reste malgré tout... fidèle à elle-même !

Juju : Ah tu sais, le Darcy... Un peu comme dans l'original, il a tellement l'impression que tout le monde lui tourne autour que ça lui viendrait pas à l'esprit de s'étonner que Lizzie lui fasse les yeux doux :3

Nathalie : J'ai mis un peu de temps pour fignoler ce chapitre, mais j'espère qu'il te distraira bien !

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Chap 9 Un pneu mieux

Lundi 28 janvier

« Ça ne te dérange pas de me ramener, tu es sûre ? Me demanda Darcy alors que je m'engageais sur la route.

- Je n'ai pas dit que ça ne me dérangeait pas. Mais, j'ai pitié de toi. » Le taquinai-je.

Il me lança un regard gêné.

« Tu sais quoi ? Tu me donneras ta prochaine note de carburant, je la transmettrai à mon assureur. »

Je ricanai en secouant la tête.

« J'aurais dû la transmettre à Jane, la fois où je l'ai conduite chez toi juste pour emprunter un livre. »

Du coin de l'œil, je le vis sourire.

« J'ai beaucoup à apprendre de Charles. » Lâcha-t-il.

Je lui lançai un regard interrogateur avant de revenir à la route. A sa tête, on aurait dit qu'il avait pensé ça à voix haute.

« Que veux-tu dire ?

- Il a une capacité étonnante à toujours trouver des prétextes pour faire courir les filles à lui.

- Les filles ?

- Enfin, Jane, en l'occurrence. Il n'est pas du genre à courir plusieurs lièvres à la fois.

- Tu me rassures. »

Le silence était sur le point de s'installer. Alors je haussai les épaules, et sortis la première chose qui me passait par la tête.

« Mais je ne t'imagine pas avoir de difficultés à en faire autant. »

Oh seigneur. De toutes les possibilités de bêtises qui pouvaient sortir de ma bouche, je n'aurais pas pu trouver autre chose ?

Je le sentis tourner la tête vers moi et me fixer avec insistance. J'étais heureuse d'avoir la route à regarder, pour garder une contenance.

Mais qu'est-ce qui m'avait pris de proposer mon aide à Darcy ?

Peut-être le fait qu'au début du cours d'anglais, j'avais été bien contente de le voir arriver. Peut-être aussi parce que cela faisait un moment que je lui avais pardonné son comportement déplacé du premier jour. Comportement qu'il était bien loin d'avoir reproduit par la suite, se montrant au contraire franchement cordial… Alors, s'il se montrait amical, quelle raison avais-je de ne pas en faire autant ?

« Ah vraiment ? Répliqua-t-il, me coupant dans mon fil de pensées.

- Mais oui, tiens, je suis sûre que tu n'as qu'à demander pour voir rappliquer Caro. » Réussis-je à lancer en rigolant.

Il étouffa un grognement.

« Si on parle d'elle… Certes, je n'ai même pas à demander, en fait. » Bougonna-t-il.

Étrangement, une part de moi se réjouit d'entendre que quelque part, Darcy n'appréciait pas tant que ça cette pimbêche. Mon cœur s'accéléra légèrement et je sentis mes joues chauffer. Je secouai la tête, perturbée.

« Tu vois. Tentai-je de démontrer de mon ton le plus nonchalant possible.

- Je suis malgré tout un peu plus difficile que ça. Ce n'est pas elle, que je veux. »

Je ne pus retenir un frisson. Était-ce son ton ? La moiteur qui s'installait dans l'habitacle, alors que la pluie redoublait de violence à l'extérieur ? Mon cœur manqua un battement.

J'aurais été joueuse, je lui aurais demandé qui il voulait.

Mais je sentais que ce n'était pas une excellente idée.

« C'est bien là, qu'on sort ? » Demandai-je en mettant le cligno, d'une voix étranglée.

Il acquiesça.

Je rétrogradai en prenant bien garde à ne pas le frôler, et repositionnai mes deux mains sagement sur le volant, un peu crispée. J'avais l'impression qu'une décharge électrique faisait des aller-retour le long de ma colonne vertébrale, alors qu'une tempête se déchaînait en moi. J'étais partagée entre mon envie folle de continuer à croire que je détestais cet homme, et l'étrange déception que je ressentais à l'idée qu'évidemment, il se pouvait qu'il ait une fille en ligne de mire. Je me demandai à quoi pourrait bien ressembler la femme de ses rêves. Sans doute une personne douce, intelligente, très élégante. Avec un physique de mannequin, je n'en doutais pas. Lui-même était très beau, je ne l'avais jamais contesté.

Je ne pouvais qu'imaginer que c'était quelque chose, de vivre une histoire d'amour avec un homme comme lui. J'avais beau vouloir le détester depuis le début, et jouer les grandes anti-romantiques, je pense que j'aimerais connaître ça. Pas avec lui, bien sûr ! Mais… Avec quelqu'un comme lui.

Peut-être que c'était pour ça que je ne me sentais pas prête à rencontrer Lord_Pemberley, pour qui j'avais pourtant des sentiments assez forts compte tenu du contexte virtuel ? Peut-être que je craignais de ne pas ressentir toutes ces sensations physiques en le voyant, ce qui serait une immense déception.

« Remarque, tu as sans doute raison. Reprit-il d'une voix nonchalante.

- Plait-il ? » Répliquai-je, contente qu'il interrompe le cours de mes pensées franchement troublantes.

De quoi parlions-nous, déjà ? M'affolai-je mentalement.

« Je n'ai même pas besoin de forcer, même toi tu viens de toi-même chez moi. »

Son ton narquois me fit pousser un soupir agacé.

Argh, c'est bon, je remets. Son attractivité envers les filles.

M'imaginait-il vraiment faire partie de ses groupies ?

« Me tente pas de t'abandonner sur le bord de la route.

- Ce n'est pas un reproche, je suis flatté que tu te sois précipitée à mon secours.

- Précipitée, carrément.

- Sincèrement, Elizabeth, si je peux te renvoyer l'ascenseur un jour, n'hésite pas.

- Je n'ai pas fait ça de manière intéressée, soupirai-je.

- Je n'en doute pas. Il faut que tu tournes ici. »

Je m'exécutai, et m'engageai sur le chemin que je reconnaissais désormais comme étant son chemin privé.

« Et voilà, Monsieur est arrivé. »

Je m'arrêtai, et me tournai vers lui sans couper le moteur.

« Je peux te proposer un café ? Ou une tisane, vu l'heure. Tenta-t-il malgré tout.

- Je préférerais ne pas m'attarder, il y a école demain.

- Merci beaucoup, Elizabeth. »

Je retins un grognement à l'entente de mon prénom. Il allait falloir que je lui demande de ne plus le prononcer en entier. Mais pas ce soir, ça ferait un rapprochement trop brusque. Enterrer la hache de guerre était une chose, le traiter comme un ami en était encore très loin.

Il se détacha, et ma respiration se bloqua alors qu'il me fixait d'un air impénétrable. Mon bas-ventre se tordit d'une drôle de manière alors que les battements de mon cœur s'accéléraient.

Il était vraiment temps que j'apprenne à l'éviter. Le plus possible. Je perdais tous mes moyens à proximité de lui.

« Bonne nuit. »

Je lui répondis d'un bref sourire, et repris mon souffle seulement quand il quitta l'habitacle. Néanmoins, un point me turlupinait.

« William ? » L'appelai-je.

Il se pencha vers l'habitacle, l'air curieux.

« Tu me vois sérieusement boire de la tisane ? »

Son rire fit tressauter mon cœur, alors qu'il refermait ma portière. Une bouffée de son odeur m'envahit, et je grognai en manœuvrant pour repartir.

Manquerait plus que je commence à apprécier sa présence. Je devenais complètement folle.

oOo

Mercredi 30 janvier

« C'est bon, Jane, je t'ai dit qu'il n'y avait rien entre Alex et moi, lâche-moi un peu, maintenant. » Soupirai-je.

Ma sœur, le regard pétillant, avait passé la soirée à tirer des plans sur la comète quand elle avait appris que j'avais enfin accepté de m'inscrire à la soirée restaurant du forum des doctorants… Et que c'était grâce à l'insistance d'Alex.

Je m'étais enfermée dans ma chambre dans le but de mettre fin à cette discussion qui était plus proche du harcèlement, mais elle m'avait suivie.

« Oh allez, Lizzie, vous allez si bien ensemble ! Et j'adore Alex, c'est quelqu'un de très gentil et amusant.

- Je suis entièrement d'accord.

- Eh bien pourquoi tu ne sauterais pas le pas alors ?

- Hmm… Par manque d'attirance sexuelle ? »

Jane rougit. Elle avait toujours été gênée avec l'idée de parler de ces choses-là. L'amour, ça, oui. Surtout quand il s'agissait de fouiner dans mes relations amoureuses. Mais parler sexe ? C'était quasiment un gros mot pour elle. Cela me faisait bien rire.

« Alex ne t'attire pas ? Je le trouve beau.

- Et il l'est. Mais et alors ? Tu es attirée par tous les beaux mâles que tu croises, toi ?

- Ce n'est pas ce que j'ai dit ! Se défendit-elle en rougissant.

- Han, Jane, tu me choques ! Si Charles se doutait… Donc, qui d'autre éveille tes sens ? » La taquinai-je. « Alex ? William Darcy, aussi ? »

Écarlate, ce fut elle qui mit fin à la conversation, se retranchant hors de ma chambre en grommelant que je disais n'importe quoi.

Je soufflai en me remettant à mon ordinateur, soulagée.

J'étais rentrée un peu plus tôt pour finir de relire l'article que je comptais soumettre, avec mon directeur de thèse, sur des données que j'avais obtenues au début de ma thèse. Un travail fastidieux, et Jane ne m'avait pas aidée à venir me casser les pieds.

Je fermai l'article en question, et souris en remarquant que Lord était en ligne.

Mais avant que j'aie pu lui envoyer un message, Jane passa de nouveau la tête par la porte de ma chambre.

« Au fait. Je déduis que tu ranges Will dans la catégorie « beaux mâles » ? » Demanda-t-elle en haussant un sourcil.

Je grognai et lui balançai le premier objet que je réussis à attraper... un stylo. Elle l'évita en riant.

« C'est intéressant. » Chantonna-t-elle en refermant la porte.

Je soupirai en secouant la tête.

« Tout va bien ? »

Le message de Lord s'affichait… sous une suite de lettres, type fgdddddhg, que je venais visiblement d'envoyer sans m'en rendre compte.

« Salut, Lord. Excuse-moi, mauvaise manip.

- Ton chat a marché sur ton clavier ?

- Si j'en avais un, je pourrais l'accuser.

- Tu n'aimes pas les chats ?

- Je n'ai jamais dit que je ne les aimais pas.

- Mais tu n'en as pas.

- Et toi, tu en as ?

- Non. Mais je les aime bien quand même.

- Eh bien voilà !

- Voilà quoi ?

- C'est pas parce que je n'ai pas de chat que je ne les aime pas.

- Ce n'est pas grave, si tu ne les aimes pas. Tu as le droit.

- Mais arrête ! Les chats sont sournois, cruels et poilus. Bien sûr que je les aime bien.

- Ton plaidoyer n'a aucun sens.

- C'est cette conversation qui n'a aucun sens !

- C'est vrai. Salut, Ellie. Tu vas bien ? »

Je souris en secouant la tête. Et voilà comment en quelques mots, mon ami virtuel réussissait à me faire oublier tout ce qui me prenait la tête.

« Des fois, je me demande si tu n'es pas un extra-terrestre.

- Tu m'imagines petit et vert ?

- Pourquoi les extra-terrestres devraient forcément être petits et verts ?

- Comment tu les imagines, toi ?

- Unicellulaires et de forme indéfinie. Des bactéries, ou quelque chose du genre.

- Tu serais une scientifique que ça ne m'étonnerait pas. Plutôt bio que physiques/chimie, non ? »

Je rougis de m'être involontairement dévoilée à ce point.

« Si tu veux le croire, libre à toi. Mais note bien que les bactéries, c'est des notions de lycée – voire collège.

- Moui. Cependant je ne connais personne qui emploie le terme unicellulaire, une fois le bac passé.

- Et si tu supposes que les scientifiques l'emploient à tour de bras, c'est que tu ne dois pas en connaître non plus. Tu serais un littéraire que ça ne m'étonnerait pas. »

Je me mordillai la lèvre, repensant au nombre de fois où je m'étais demandé si je le connaissais.

Si c'était Alex.

« Plutôt en Droit, tiens. C'est pas tout le monde qui utilise le mot plaidoyer dans une conversation banale.

- Tu trouvais notre conversation sur les chats banale ?

- J'en ai des comme ça facilement tous les deux jours avec mes camarades de thèse.

- Mince. Moi qui pensais être unique à tes yeux.

- Tu l'es. Je t'ai traité d'extra-terrestre.

- Oui, enfin, de cellule sans forme donc.

- Les joies de la virtualité. Je suis incapable de t'imaginer autrement.

- Il va vraiment falloir qu'on se rencontre. »

Mon cœur loupa un battement, et la chaleur me monta aux joues instantanément.

« Peut-être qu'on se recroise bientôt. Il y a la soirée restaurant, dans une semaine.

- Tu y seras ?

- Et toi ?

- Peut-être.

- Eh bien, je penserai à regarder si je vois quelqu'un de petit et vert. »

Lord embraya sur un autre sujet, et je m'engouffrai dans cette brèche, soulagée. Je ne savais pas si j'étais vraiment prête à parler rencontre. Je me doutais que le sujet reviendrait vite sur le tapis, et qu'il ne s'écoulerait plus tant de temps que ça avant qu'on ne saute le pas. On l'évoquait de plus en plus fréquemment.

Mais est-ce que ça serait aussi bien que je voulais le croire ?

Ou est-ce que ça allait tout gâcher ?

J'aurais adoré avoir une boule de cristal pour le deviner.

oOo

Jeudi 7 février

« Je te déteste. » Grommelai-je à l'intention d'Alex.

Assis en face de moi, il me fit un sourire contrit.

La fameuse soirée restaurant, à laquelle je lui avais promis de l'accompagner – ce qui ne signifiait rien de plus que de lui confirmer qu'on mangerait à la même table – venait de commencer.

Et ce traître n'avait pas été clair sur un point. Lequel ? Il fallait revenir deux semaines en arrière.

« Allez, Lizzie. Ça va être fun, comme soirée. Ça me ferait vraiment plaisir qu'on y aille ensemble. Ça me changerait des gens avec qui j'ai l'habitude de sortir. Ils sont chiants, en Droit, t'imagines même pas.

- Oh que si, j'imagine. Et justement, si c'est pour me retrouver à dîner avec Charles et Jane se faisant des mamours, ton cousin balançant des phrases de la vieille école à qui veut l'entendre, et l'autre suce-bonbons de Caro, très peu pour moi. »

L'image l'avait fait rire.

« L'autre suce-bonbons. Je la ressortirai, celle-là, ça lui convient tellement bien. Pour ce que j'en sais, Will et Caroline ne seront pas là. Bon, pour Charles et Jane… Justement, si on est deux, on ne tiendra pas la chandelle !

- Mouais… Vu comme ça… »

Je lui avais fait confiance quand il m'avait dit qu'a priori, on ne serait que quatre.

Résultat, j'étais assise en face d'Alex. A ma droite, Charles faisait face à son ami Darcy, et caressait amoureusement la main de Jane, qui elle avait la chance de faire face à une Caroline de très mauvais poil depuis qu'elle m'avait vue arriver. Mais qui roucoulait de bonheur d'avoir pu s'installer à côté de son cher Wiiiiilliam. Je devais avouer qu'il était bien plus à plaindre que moi. Et d'ailleurs, il ne semblait pas de bonne humeur.

Profitant du fait que nos quatre compagnons étaient absorbés dans une discussion, je me penchai vers Alex.

« Tu m'expliques comment Caroline se retrouve toujours aux soirées doctorants ?

- Tu sais bien que chacun a droit d'amener une personne.

- Ok, mais si ton cousin accepte de l'amener à chaque fois, pourquoi il lui fait la gueule dès qu'elle essaie de lui parler ? »

Il me lança un regard surpris.

« Tu crois qu'elle vient avec Will ? Absolument pas. C'est Charles qui lui cède et l'amène à chaque fois. »

Je hochai la tête en jetant un bref coup d'œil à Darcy, qui semblait perdu dans ses pensées, le regard fixé sur Jane. Je comprenais mieux. Et je le plaignais.

« Charles est un bien piètre ami. » Fis-je pensivement, arrachant un rire à Alex.

Charles se retourna vers moi.

« Pardon, tu me parlais, Lizzie ?

- Non non, du tout.

- Ah, j'ai cru entendre mon nom.

- Ça se saurait si Elizabeth avait quelque chose à raconter. » Siffla Caroline.

Je pris une grande inspiration en essayant de garder mon calme, mais mes yeux lancèrent des éclairs à Alex.

« Plus jamais je ne te suis dans tes combines. La prochaine fois que tu veux faire un plan à plusieurs, c'est sans moi.

- Mince. Et pour un plan à deux ? Répliqua-t-il.

- Sois convaincant, je te pardonnerai peut-être. Lui souris-je.

- Faut vraiment que tu sois désespéré, mon pauvre Alex. Lâcha Caroline.

- C'est quoi ton problème, Caro ? S'étonna Charles.

- La jalousie. » Ricana Alex.

Je haussai un sourcil, alors que la bouche de la sœur de Charles s'arrondissait de surprise.

« Jalouse, moi ? S'écria-t-elle d'une voix aiguë.

- Quinze ans que tu rames pour essayer de te faire aimer de l'un d'entre nous, Lizzie débarque et en quelques mois même Will lui mange dans la main. » Répondit Alex d'une voix doucereuse.

Je piquai un fard, surprise par sa sortie. Mais je ne fus visiblement pas la plus choquée, puisque Darcy s'étouffa avec le verre qu'il était en train de boire et se mit à tousser en fusillant son cousin du regard.

Cela eut le don de profondément m'amuser.

« N'importe quoi, se défendit Caro.

- Non non, je pense qu'Alex a raison. Will a bien été jusqu'à faire le coup de la panne à Lizzie, se moqua Charles.

- Le coup de la panne ? Reprit Darcy, après avoir retrouvé son souffle.

- A mon avis, ils parlent du soir où je t'ai ramené.

- Je n'ai pas fait le coup de la panne ! On avait crevé mes pneus.

- Tu n'as pas à te justifier, cousin, c'était bien trouvé. » Se moqua Alex.

Darcy leva les yeux au ciel, et je sentis un fou rire monter en moi, que je ne réussis pas à réprimer. Il reporta son attention sur moi.

« Franchement, vu l'état de ta voiture, je suis étonné que ce ne soit pas toi qui m'aie fait le coup de la panne. Sans vouloir t'offenser. »

Cela eut le mérite de stopper mon hilarité, et je le défiai du regard.

« Dis donc ! Tu parles de quel état ? Du fait que contrairement à la tienne, elle roule ?

- La mienne aussi.

- Quand elle a des roues.

- Elle en a. » Répliqua-t-il en levant les yeux au ciel. « Qui doivent coûter plus cher que ta voiture.

- C'est triste qu'à ce prix-là, elles aient quand même besoin de pneus.

- Ta sollicitude me touche. Même les propriétaires de belles voitures ont leurs soucis.

- C'est de notoriété publique. Le besoin de compenser, tout ça. »

Darcy plissa les yeux, me fixant avec une telle intensité que je ne pus réprimer un étrange frisson.

« Ne me provoque pas, Elizabeth. Je ne suis pas certain que tu en assumerais les conséquences.

- C'est un défi ?

- Tu le relèverais ? »

Je maintins son regard un moment, pour revenir à la réalité quand Charles se mit à gigoter sur sa chaise.

« A quel moment c'est devenu aussi chaud, entre vous ?

- C'est ton amourette avec ma sœur qui te fait voir le mal partout ? Répliquai-je.

- Qui te parle de mal, Lizzie ? Renchérit Alex.

- Toi, le traître, je te conseille de ne pas la ramener.

- Le traître ? S'étonna Darcy.

- C'est entre Lizzie et moi. Coupa Alex.

- Sinon, vous n'auriez pas un autre sujet de conversation ? Soupirai-je.

- Celui-ci te gêne ? Fit Charles.

- Moi non. Par contre, ta sœur est au bord de la crise de nerf. »

La dite sœur me lança un regard d'une noirceur impressionnante, auquel je répondis par un sourire poli.

La soirée allait être longue.

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Entre nous, excusez le titre de chapitre tout moisi : j'étais pas méga inspirée.

Portez-vous bien et à bientôt (dimanche je pense, j'ai bien avancé !)