Bonjour à tous !

Et voilà la suite et fin de la soirée restaurant... Et non, ce n'est pas un poisson d'avril, je ne vais pas vous faire le sale coup de faire semblant de mettre en ligne un chapitre vide :)

Comme d'habitude, merci à chacun de mes reviewers !

Je tenais à répondre publiquement brièvement à la review de Felci (j'ai répondu plus en détail par MP), parce qu'on adhère, ou on n'adhère pas, mais Felci a soulevé un point important : il n'a jamais été de mon idée de critiquer de quelque manière que ce soit une croyance ou une autre. Chrétiens, musulmans, juifs, bouddhistes, fans des dieux grecs et égyptiens, athées ou amateurs de toute autre croyance ou non-croyance, je respecte chacun. L'ouverture d'esprit n'est pas qu'un concept vague, pour moi... Cependant, oui, je m'amuse à faire des débats entre Lizzie, que j'imagine souvent plutôt non-croyante (en tous cas non pratiquante) et parfois Colin (ici), parfois Darcy. Les paroles de Lizzie, Darcy, ou tout autre perso ne reflètent pas forcément mes pensées, loin de moi l'idée de faire quelque prosélytisme que ce soit. Ils reflètent les pensées d'un personnage fictif. Aussi, je m'excuse si j'ai blessé des gens, mais vraiment... Ne prenez pas chacun de mes dialogues au pied de la lettre. Des débats, j'en écrirai d'autres (pas forcément sur une religion), et ça ne sera jamais dans le but de blesser qui que ce soit !

PS : j'estime ne pas avoir ridiculisé la religion chrétienne. Seul Colin est ridicule à prendre ses grands airs et sortir ses grands mots - en fait, on pourrait même m'accuser plutôt de ridiculiser certains doctorants qui, parce qu'ils ont un haut niveau d'études, pètent plus haut que leur cul et sortent des grands mots pour parler de notions simples. Ma vision des choses, c'est que tout grand courant de pensée (y compris l'athéisme) peut être tourné en ridicule... Quand celui qui parle est lui-même risible.

Fin de la parenthèse que je voulais faire moins longue, mais je trouvais important de préciser ma pensée pour ne pas prendre le risque de blesser qui que ce soit :)

Jane : Merci beaucoup Jane ! J'espère que cette suite te plaira toujours autant :D

Guest : moi aussi... J'aimerais avoir le répondant de Lizzie parfois, plutôt que de penser à une réplique trois heures après la fin d'un dialogue xD

Juju : je ne répondrai rien, à part que le côté électrique de la soirée restau n'est pas tout à fait terminée !

Cathyv : Merci beaucoup pour ton soutien ! Ne t'en fais pas, il en faut bien plus pour me démonter :). Ravie de savoir que j'ai une autre lectrice récurrente !

nathalie : Merci beaucoup ! Tu as tout à fait raison, j'étais assez fière de moi avec mon mot "pneumatologique" qui rappelait vite fait l'épisode des pneus crevés. Même si c'était tiré par les cheveux ^^

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Chapter 11: Fausses tristesses... Vraies émotions ?

Jeudi 7 février, suite

Je m'accoudai sur le pont. Le contact des pierres fraîches me fit frissonner, mais je n'étais plus à ça près.

Maintenant que la soirée se terminait, la mélancolie m'envahissait. Aussi au moment où le café était distribué, à satiété et vaguement lasse, j'avais décidé de plutôt aller faire un tour. Une petite rivière coulait derrière le restaurant, surplombée d'un pont en pierre et bois.

Je soupirai, et me plongeai dans la contemplation du reflet de la lune dans l'eau.

J'étais vraiment, vraiment rarement mélancolique. Et les rares fois où cela se produisait, invariablement, je préférais être seule. Aussi fis-je la moue quand j'entendis des pas s'approcher dans mon dos.

Une personne s'accouda au pont à côté de moi, et je retins un soupir de lassitude en reconnaissant Darcy.

« Ça n'a pas vraiment l'air d'aller. » Fit-il sur le ton de la constatation.

Je me retins de lui répondre vertement. Je n'en avais même pas envie, en fait.

« Y a des moments comme ça. Ça ira mieux demain. » Fis-je en haussant les épaules.

Il se redressa et se tourna vers moi, accoudé à un pilier.

« Je l'espère bien. On n'est pas toujours en bons termes, je sais, mais je préfère te voir plus joyeuse. »

Je lui lançai un regard interloqué, puis répondis par un bref sourire.

« Je suis juste fatiguée. Reviens m'asticoter demain, j'aurai retrouvé assez de hargne pour t'envoyer balader.

- Ma foi, si c'est le prix à payer.

- Quelle abnégation.

- Les gens se rendent trop peu compte de combien je suis altruiste.

- Je n'en doute pas une seconde. »

Je me replongeai dans ma contemplation de l'eau, en silence, espérant lui faire comprendre que la conversation était close.

Ce fut raté.

« Je connais ce regard. Je dois faire à peu près la même tête quand je me questionne sur le sens de ma vie. »

Je tressaillis, surprise, et plantai mon regard dans le sien. Lui ? Il lui arrivait de se questionner sur sa vie ?

« Depuis quand on en est aux confidences ? Lâchai-je d'un ton peut-être un peu trop abrupt – je me sentais comme poussée de force sous les feux d'un projecteur, et je n'aimais pas ça.

- J'ai visé juste ? Nous sommes si aveugles que nous ne savons quand nous devons nous affliger ou nous réjouir… » Cita-t-il, laconique.

Je hoquetai, surprise.

« … Nous n'avons presque jamais que de fausses tristesses ou de fausses joies. » Complétai-je d'une voix basse.

Il me lança un regard. Mon cœur cognait fort, alors qu'une étrange torpeur envahissait mes membres.

« Tu connais Montesquieu ? Lança-t-il.

- Les Lettres Persanes.

- Ah tiens. C'est rare. »

Je haussai les épaules, mal à l'aise.

Avec qui j'avais parlé de ce livre, récemment ?

C'était avec Lord_Pemberley, me semblait-il. Pendant un court instant, l'idée que Darcy puisse être également Lord dansa dans mon esprit.

Mais non, Lord_Pemberley m'avait confié ne jamais avoir lu ce livre. Et puis zut, ça ne pouvait pas être possible. Ils étaient tellement différents … Pour le peu que je connaissais d'eux.

Je soupirai en secouant la tête pour chasser cette idée.

« Au passage, je n'aime pas qu'on m'appelle Elizabeth. Puisque visiblement on n'arrive pas à rester éloignés bien longtemps… »

Il sourit à mon ton ironique, d'un sourire qui me causa une légère arythmie.

« Je t'en prie, appelle-moi Lizzie. Finis-je pour changer de sujet.

- Sérieusement ? Toi, tu n'aimes pas ton prénom ?

- Eh bien quoi ? » M'agaçai-je. « Le tien est plutôt sympa, le mien est long et vieillot.

- J'en reviens pas que tu me dises ça. Le monde à l'envers.

- Tu trouves que William, c'est ringard ? »

Darcy partit dans un rire bref mais franc, et je fronçai les sourcils.

« Bon, je vois. Ce ne serait pas un scoop si tu t'étais amusée à rechercher des infos sur moi, mais j'aurais dû m'en douter… Allez, juste parce que tu n'as pas le moral et si ça peut te dérider, je vais te dire un truc : je ne m'appelle pas William. »

Je levai un sourcil, surprise. Il lâcha mon regard, et toussota.

« En fait, je m'appelle Fitzwilliam. »

Ah.

« Oh. Bon, d'accord, c'est plutôt long, et carrément plus ringard qu'Elizabeth. Lâchai-je.

- Je suppose que je devrais te remercier de ton honnêteté.

- Rien d'offensant, tu n'as pas choisi ton prénom.

- C'est vrai. D'autant que figure-toi que ce n'était même pas un choix de cœur. »

Je lui lançai un regard interrogateur, ne comprenant pas ce qu'il voulait dire.

« Mes deux parents viennent tous deux de famille… Ancienne et aisée. Quand ma mère a épousé mon père, elle a bien sûr pris son nom, Darcy. Or, cela l'ennuyait de « laisser tomber » son nom de jeune fille… Fitzwilliam. Aussi, quand son garçon est né – moi ! – elle a décidé de me donner son nom de famille… En guise de prénom.

- Ah. C'est… Original.

- D'autant que c'est pour cela que mon prénom est également le nom de famille de mon cousin, Alexandre Fitzwilliam.

- Vraiment original.

- Maintenant que tu sais ça, ce n'est pas une raison pour m'appeler autrement que William. Ou Will. »

Je lui souris cette fois vraiment.

« Eh bien, quand j'en aurai marre que tu m'appelles Elizabeth, j'aurai un moyen de pression.

- C'est mesquin. »

Je laissai échapper un rire, et me redressai pour resserrer ma veste sur mes épaules. Le regard de Darcy s'éloigna, et d'un coup, il se rembrunit. Surprise, je tournai la tête pour apercevoir Caroline, sortant du restaurant avec l'air de chercher quelqu'un. Je me retournai vers Darcy d'un air curieux, mais il avait fait un quart de tour pour ne plus l'avoir dans le viseur.

« Je suppose qu'il est inutile que je te dise que tu es activement recherché ? »

Il me lança un regard agacé.

« Je pourrais me cacher derrière toi, je ne m'en priverais pas. Dommage que tu sois si petite. »

Je plissai les yeux, et croisai les bras sur ma poitrine, mi-choquée mi-amusée.

« Hé, c'est quoi cette fixation ? Je ne suis pas petite !

- Tu dois bien faire une tête de moins que moi.

- Et quoi ? Je ne traite pas de perche, moi ! Ma taille est parfaitement dans la moyenne ! »

Son sourire s'élargit alors que son regard devenait à la fois doux et taquin.

« Au moins, le jour où on dira de toi que tu es une grande dame, tu sauras que c'est pour autre chose que pour ta taille. »

Je levai les yeux au ciel et secouai la tête, mais il avait réussi son coup. Toute mélancolie s'était évaporée, et je me sentais de nouveau plus gaie.

Je jetai de nouveau un regard vers Caro, pour la voir arrêter quelqu'un et lui adresser une question à laquelle cette personne répondit d'un geste négatif.

« Quelque chose me dit que tu n'as pas super envie de rentrer tout de suite. Commentai-je.

- Tu n'imagines pas comme elle peut être collante. »

Je haussai les épaules.

« Ton charme fou, une véritable malédiction. » Me moquai-je.

Il leva un sourcil.

« Tu trouves que j'ai un charme fou ?

- En tous cas pour elle, oui.

- C'est mon argent qui a du charme. Fit-il en levant les yeux au ciel.

- Envoie-la bouler.

- Tu crois que je ne l'ai pas fait genre… Un milliard de fois ?

- T'y as peut-être pas été assez fort.

- C'est vrai. Mais tu sais, il n'y a peut-être que si j'étais en couple avec quelqu'un comme toi, qu'elle s'éloignerait enfin. »

Je me renfrognai. Eh bien heureusement qu'il était venu pour me remonter le moral. Qu'est-ce que ça aurait été, sinon ?

« Très agréable. Je peux savoir ce que tu entends par là ?

- Rien d'insultant, je te le promets. » Fit-il en écartant ses paumes en signe de paix. « Juste, tu es son antithèse, et elle te déteste d'autant plus profondément que j'ai infiniment plus de respect pour toi que pour elle.

- Bien rattrapé. Ma foi, si ça peut te soulager, tu peux toujours lui faire croire ça. »

Son regard se fit intense, et soudain, je me sentis bizarre. Genre avec un grand pressentiment qu'il allait faire une connerie.

« C'est vrai, Lizzie ? Je peux ? »

Avant même que j'aie eu le temps de lui répondre, il se pencha vers moi. Une de ses mains dans mes cheveux et l'autre sur ma hanche, il m'attira à lui et posa sa bouche sur la mienne.

Choquée, je ne réagis même pas.

Sa bouche était brûlante, ses mains fermes mais légères, son baiser passionné.

J'essayai de prendre une bouffée d'air mais son odeur m'enveloppa d'un coup, alors que sa chaleur se propageait à ma peau et que tout mon sang se mettait à bouillonner. Merde, il sentait bon. Une odeur vaguement boisée, très virile.

Et re-merde, il embrassait vraiment super bien. J'avais encore assez de lucidité pour le remarquer.

Soudain, il s'éloigna, et je ressentis le froid de janvier bien plus intensément qu'avant, alors que mon cœur battait la chamade.

« Effectivement, elle s'est barrée plutôt mécontente. » Finit-il par lâcher.

Ses mots mirent une seconde à atteindre mes neurones.

Puis la réalité me revint comme une claque en pleine face, et je dus me retenir très, très fort pour ne pas le gifler.

Le salaud.

Je lui adressai mon regard le plus meurtrier.

« Ne refais jamais ça. » Sifflai-je.

Il haussa un sourcil, l'air surpris, mais également vaguement gêné.

« Tu semblais OK pour m'aider.

- J'étais à deux doigts de te priver de descendance, oui ! Tu lui fais croire ce que tu veux, mais j'avais pas précisé que j'étais d'accord pour jouer le jeu !

- Très bien. Excuse-moi, Lizzie, ça ne se reproduira plus.

- J'espère bien. » Bougonnai-je.

Je fis volte-face sèchement et me mis en route vers le restaurant, talonnée par Darcy.

J'étais encore troublée par son baiser. Et force m'était d'admettre que c'était surtout ça qui me mettait les nerfs en pelote.

Je n'en aurais rien eu à faire de jouer à ce petit jeu, si je n'éprouvais pas toutes ces émotions tumultueuses et incompréhensibles en présence de Darcy.

Et lui qui ne faisait que se servir de moi pour repousser sa Caro… Je savais pertinemment qu'il ne s'agissait pas de méchanceté de sa part. Mais l'idée que lui n'avait rien ressenti, si ce n'est le soulagement de parvenir à ses fins, me mina.

Cependant, il était hors de question de lui laisser entendre que ça m'atteignait. Question de fierté. Je saurais lui faire croire que ce très bref épisode avait glissé sur moi comme s'il ne s'agissait de rien.

« Tu m'en veux ? » Demanda-t-il alors qu'on allait rentrer dans le restaurant.

Parfait, c'était l'occase.

« Non. Tu m'as surprise, point. Du reste, ravie de t'avoir aidé. » Fis-je d'un ton brusque.

Charles apparut soudain devant nous comme par magie, me faisant sursauter.

« Will, tu as vu Caro ? Elle te cherchait, tout à l'heure, et je ne sais pas où elle est passée.

- Ah ? Eh bien, on a dû se croiser j'imagine. » Fit-il d'un ton neutre.

Je manquai de lever les yeux au ciel, et Charles s'en alla chercher ailleurs.

« Menteur. » Sifflai-je.

Il me sourit, amusé.

« Je n'ai absolument pas menti. »

Hmm. Bon, techniquement, ce n'était pas faux.

« Ah tiens, Will. Ta chère Caro te cherche depuis trois quarts d'heure, elle voulait que tu la ramènes. »

Cette fois, c'était Alex qui était apparu devant nous et faisait le messager.

« Décidément, fis-je d'un ton moqueur.

- Ma foi, j'imagine qu'elle aura trouvé une autre solution. »

Alex haussa les épaules.

« Pas mon problème. Cela étant, la soirée est finie, le restau ferme dans quinze minutes. Je te ramène, Lizzie ? »

Je soufflai, soulagée de cette occasion de mettre poliment fin à cette soirée gênante.

« C'est gentil, merci. »

Darcy se renfrogna, mais ne dit rien. Il devait avoir un reste d'instinct de survie, il faut croire. Je le saluai, et m'empressai de suivre Alex.

« Tout va bien ? Me demanda celui-ci alors que je bouclais ma ceinture.

- Une soirée entre ton cousin et sa suce-bonbons, comment pouvais-je rêver mieux ? »

Il leva les yeux au ciel, et recula pour quitter sa place de parking.

« Allons, tu as à peine discuté avec eux. »

Certes. Mais passer le repas à essayer d'ignorer le regard meurtrier de Caroline et celui, que je sentais pesant, de Darcy… Cela m'avait vidée.

Sans compter l'épisode partagé avec ce dernier sur le pont…

Je chassai cet épisode de ma tête avec un frisson et une étrange émotion me tordant les entrailles.

« D'ailleurs, je te retiens, toi. C'était quoi cette histoire de coup de la panne ?

- C'est Charles qui a lancé ça, se dédouana Alex en riant.

- Tu as tellement bien rebondi dessus que j'ai eu peur que tu t'écrases contre le plafond.

- Avoue que la tête qu'a fait mon cousin en valait la chandelle.

- Il vous a fait quoi pour que Charles lui colle en permanence sa sœur sur le dos, et que toi tu l'embarrasses à la première occasion ?

- Tu le défends maintenant ? » Répliqua Alex en levant un sourcil.

Je me renfrognai en m'enfonçant dans mon siège, les joues un peu rouges.

« Pas du tout. Il m'arrive simplement d'être capable d'empathie. Parfois. Même avec lui.

- J'aime tellement vous voir discuter. C'est… »

Il sembla chercher ses mots, alors que je lui jetais un regard que je voulais glaçant.

« Distrayant. » Compléta-t-il, pensif.

Distrayant ?

Heureusement qu'il n'avait pas assisté à notre conversation sur le pont, songeai-je en frissonnant.

« Je préférais l'époque où tu imaginais coucher avec moi plutôt que de me voir simplement comme une distraction. » Le piquai-je.

Ses lèvres se retroussèrent en un sourire très amusé.

« Faut bien que je me console de ne pas avoir cette possibilité.

- Pas la possibilité ? Je peux savoir ce qui t'en empêche ? »

Cela faisait un moment, maintenant, qu'on se lançait ce genre de taquineries. Depuis qu'il était devenu évident que nous n'irions jamais plus loin qu'une amitié – qui, au demeurant, devenait plus profonde de jour en jour –, nous aimions rigoler du fait que l'espace de quelques soirées, nous avions été tentés d'essayer un peu plus.

« La loyauté. Mais je serai toujours là si un jour les choses changent. » Rajouta-t-il avec un clin d'œil.

Un drôle de frisson parcourut mon dos. La loyauté ? Que voulait-il dire ?

Immédiatement et sans que je ne sache trop pourquoi, le visage de Darcy m'apparut. Ses remarques sur le fait qu'Alex courait les jupons, puis la fois où j'en avais discuté avec Alex.

Je réprimai un nouveau sentiment étrange qui naissait au creux de mon estomac, et essayai de tout cœur d'enfouir le visage de Darcy bien loin dans mon esprit.

La chaleur brûlante de ses lèvres.

Son odeur enveloppante.

Alex se gara devant chez moi, et je pris une grande inspiration pour faire le vide dans ma tête.

« Merci de m'avoir raccompagnée.

- Lizzie… Je suis désolée si je t'ai mise mal à l'aise. J'aurais dû te prévenir que Will et Caroline seraient présents dès que je l'ai su. Egoïstement, j'ai préféré m'assurer que tu serais là... »

Il avait l'air sincèrement embêté. Je lui souris. Après tout, il n'y était pour rien dans cette relation tendue avec son cousin, qui me faisait surchauffer le cerveau.

« Pour te divertir ?

- C'est à peu près ça.

- Tu es déjà pardonné. Mais ne me refais pas le coup.

- Pardonne aussi ses conneries à mon cousin, s'il te plait. Je sais qu'il n'est pas toujours facile à suivre, mais ce n'est vraiment pas quelqu'un de méchant. »

Je soufflai, sentant l'agacement monter. J'appréciais vraiment Alex, mais il n'avait pas à se mêler de ça. Il n'avait pas conscience de la moitié des choses qui s'étaient passées avec son cousin, et qui faisaient que j'aurais toujours bien du mal à me montrer amicale avec lui.

Oui, j'avais longtemps montré les crocs à chaque pas que Darcy faisait dans ma direction.

Finalement, j'avais enterré la hache de guerre pendant un moment. Je l'avais même envisagé comme un contact plutôt amical, et je n'avais pas hésité à lui rendre service à la première occasion.

Puis il m'avait embrassée sans états d'âme, juste pour se débarrasser de sa sangsue.

Les amis ne font pas ça. N'est-ce pas ?

Ok, pour être franche avec moi-même, je lui aurais pardonné son geste désespéré, s'il n'avait pas éveillé ce trouble en moi.

Je décidai de détourner la conversation.

« Faut que je pardonne à Caroline d'être une conne, aussi ? Demandai-je abruptement.

- Ah non, elle, elle est irrécupérable. »

Je haussai un sourcil.

« Peut-être que je ferai un effort avec ton cousin le jour où tu te montreras agréable avec elle ? Le taquinai-je.

- Je suis prêt à un certain nombre de sacrifices, mais là ça dépasse mes limites. Tant pis pour Will. »

Je détachai ma ceinture, un peu étonnée de voir à quel point Alex semblait tenir à ce que je fasse la paix avec son cousin. Qu'est-ce que ça pouvait bien lui faire ? Bon, je supposais que c'était parce qu'ils s'entendaient très bien tous les deux, et peut-être que Darcy lui avait confié s'en vouloir de s'être montré désagréable le premier soir. Peut-être qu'Alex voulait simplement arranger les choses pour que son cousin se sente l'esprit plus léger. Mais merde, c'était pas à lui de s'en mêler. Et puis, j'avais déjà accepté les excuses de Darcy il y a un moment.

Je mis fin à mon débat mental avec moi-même quand Alex se pencha vers moi pour déposer un baiser sur ma joue en guise de salut.

Et vous savez ce qui me mit le plus en pétard et me fit claquer la porte de l'appartement, alors que je me retrouvais enfin seule ?

C'est que je ne pus m'empêcher de songer que les lèvres d'Alex n'étaient pas aussi électrisantes, et son odeur pas aussi stimulante, que celles de son cousin.