Hello tout le monde !
J'espère que vous allez tous bien ; voici ma petite contribution pour vous offrir une distraction... Courage à tous, et portez-vous bien :) !
Juju : Merci beaucoup Juju ! Voici la suite, bonne lecture !
Jane : J'adore, tu décris très bien ce que j'ai envie que vous ressentiez entre nos deux protaginistes... J'espère que la suite te plaira autant !
Bonne lecture à tous !
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Chapter 12 : Tourterelle malgré elle
Mardi 26 février
Ça vous est déjà arrivé de penser que vous alliez avoir la paix – une vraie paix reposante et confortable – pendant un moment, et que la personne qui vous met le plus les nerfs en pelote se rappelle à vous à ce moment-là pour tout gâcher ?
Le lendemain de la fameuse soirée resto, j'avais espéré souffler un moment et n'être pas prête de revoir Darcy.
Parce que j'avais calculé que je n'étais pas censée le recroiser avant un cours d'anglais qui n'aurait pas lieu avant début mars – un cours d'anglais ayant été décalé, et les vacances interrompant le cours normal des choses à la fac pendant les deux dernières semaines de février.
Et effectivement, pendant un peu plus de deux semaines, j'eus la paix. Une paix toute relative, pour deux raisons.
La première, c'est que je ne réussis pas à cesser de penser au baiser de Darcy. Un baiser certes totalement dénué de sentiments, puisqu'il ne cherchait qu'à repousser une autre fille… Un baiser au cours duquel j'étais restée tout à fait impassible – ou interdite était peut-être plus adapté… Mais auquel mon corps, lui, avait totalement répondu.
Peu importe que je ne l'aie pas montré.
Peu importe que Darcy n'en aie pas eu conscience. Tant mieux, même !
J'en étais assez embarrassée.
La deuxième chose qui était venue gâcher ma paix, fut que Charles avait appris l'existence de ce baiser. Ça, c'était mauvais. Il avait retrouvé une Caroline très affectée à la suite du restaurant, et celle-ci avait eu la connerie de lui raconter que j'avais séduit Darcy. Pour ce qui m'était revenu aux oreilles, l'histoire disait même que c'était moi qui m'étais jetée sur lui comme une lionne affamée. La blague.
Charles m'avait bien entendu charriée là-dessus, pensez-vous.
Mais à ma grande surprise, Jane lui avait rapidement demandé d'arrêter.
« C'est bon, Charles, laisse Will et Lizzie respirer. Tu ne sais même pas vraiment ce qu'a cru voir Caro. »
J'étais tombée sur le cul.
J'avais été moins surprise quand, une fois seules, Jane m'avait demandé d'un ton faussement distrait si tout ça était vrai.
J'avais soupiré en secouant la tête. « Que du vent, Jane. Si tu veux tout savoir, Darcy a fait semblant de m'embrasser pour que Caro le lâche. Et il semble que ça ait marché. »
Elle avait gardé le silence un long moment, me fixant d'un regard impénétrable. Quelque chose à vous donner envie de vous glisser dans un trou de souris.
« Et tu l'as laissé faire ? » Avait-elle simplement demandé.
Touché. Cela ne me ressemblait en rien de rentrer dans ce genre de combine, avec quelqu'un que je disais détester de surcroît. Et ça, Jane le savait parfaitement.
« Ce n'était qu'un faux baiser. » Avais-je menti, et je pense qu'elle n'avait pas été dupe.
Cependant, elle ne m'en avait jamais reparlé depuis.
Donc je réitère, j'avais eu deux semaines de paix relative, et j'avais le formidable espoir que ça dure jusqu'au cours d'anglais de la rentrée, le 4 mars.
Mais ce mardi, alors que je revenais à mon bureau après ma pause déjeuner, je reçus un appel de Charles.
Sur le coup, je crus qu'il s'était trompé dans son répertoire. Je décrochai, convaincue qu'il allait s'excuser pour l'erreur.
« Lizzie ? Ah, super. Tu as cinq minutes ?
- Euh, oui, tout va bien ?
- Nickel. Je voulais juste te parler d'un truc.
- J'imagine. Mais tu passes à l'appart ce soir, non ?
- Pas devant Jane, justement. »
Ah ? Il piquait ma curiosité.
« Tu sais que c'est son anniversaire, jeudi ? Reprit-il.
- Oups, la boulette, j'avais oublié ! » Ironisai-je d'un ton moqueur. « Si c'est pour faire un cadeau en commun, j'en ai déjà acheté un… Mais dis toujours.
- Un cadeau commun ? » Rit-il.
Je levai les yeux au ciel, même s'il ne pouvait pas me voir. Evidemment. Riche comme il l'était, des cadeaux communs, il n'avait jamais dû en faire.
« Non, je pensais plutôt à un anniversaire surprise. Reprit-il.
- Jane déteste les grandes fêtes d'anniversaire.
- Je sais. Je pensais à un truc en tout petit comité.
- Invite-la au resto, Charles. Ça lui fera plaisir.
- On se fait un resto toutes les semaines.
- C'est quoi ton petit comité ? Pas méga envie de tenir la chandelle entre vous.
- Euh… Eh bien, je pensais à William, Alex, Caro, et les deux amis de bureau de Jane, Lucie et Fred. Mais Alex n'est pas là, et Caro a déjà refusé.
- Caro a refusé une soirée avec ton meilleur ami ? Ricanai-je.
- Tu as été efficace, Lizzie. Elle reste dans son coin depuis votre bai…
- Commence pas à m'agacer avec ça. Le coupai-je.
- C'est toi qui as…
- Oui, oui. » Le coupai-je. « Il y aurait Charlotte, aussi...
- Je l'avais effectivement oubliée. Je l'appellerai demain, tu as son numéro ?
- Laisse, je vais lui en parler. Mais n'y compte pas, elle part en congrès vendredi.
- Oh.
- Et tu prévois quoi ?
- Repas traiteur livré à domicile.
- Ton domicile ?
- Celui de Will.
- Super idée. Je ne suis pas là ce soir-là, désolée.
- Je ne t'ai pas dit quel soir c'était.
- Ah. Son anniversaire c'est jeudi, Jane a horreur des soirées en pleine semaine, alors je suppose que tu comptes fêter ça vendredi ?
- Non. Samedi.
- Pas là.
- Lizzie !
- Charles, dans tout votre groupe, je ne m'entends qu'avec Alex et toi. Et Alex ne sera pas là.
- J'ai cru comprendre que tu apprécies Fred et Lucie, aussi.
- Oui, c'est vrai. Je les ai vus une ou deux fois.
- Donc le problème, c'est seulement Will ?
- … Non… Fis-je d'une voix hésitante.
- Lizzie.
- Ce sera tout aussi gênant pour lui. Pourquoi tu invites toujours des gens qui le mettent dans l'embarras ?
- J'ai cru comprendre que tu le dépannais plus que tu ne l'embarrassais, ces derniers temps. »
Je poussai un grognement rageur, manquant de fracasser mon portable contre le premier mur qui croiserait sa route.
« C'est comme ça que tu comptes me convaincre de venir passer une soirée entière chez ton pote ?
- Fais-le pour Jane, Lizzie. S'il te plait. Je sais qu'elle sera triste si tu refuses de venir à sa fête.
- T'es un salaud, grommelai-je.
- Merci. »
Je raccrochai sans rien ajouter.
Bon, ma belle période de paix s'achevait plus tôt qu'anticipé. Mais pas de tant que ça, au final.
Enfin quand même, on parlait d'une soirée entière chez Darcy, pas d'un simple cours d'anglais avec échange de politesses avant et après.
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Mercredi 27 février
J'étais en pleine discussion avec Lord, mercredi soir, quand je reçus un e-mail complètement inattendu sur ma boite universitaire.
Je haussai un sourcil à la lecture de l'émetteur.
De : Fitzwilliam Darcy.
Objet : sans objet.
Mon cerveau tomba en panne un instant.
Depuis quand il m'envoyait des e-mails, lui ? Le comment il avait eu le mien, ce n'était pas trop compliqué. On faisait partie de la même université, énom suivi du nom de domaine, et hop, il savait comment me joindre.
Mais qu'est-ce qu'il pouvait bien me vouloir ?
Il n'y avait évidemment qu'en ouvrant son mail que je le saurais, me fustigeai-je mentalement.
« Elizabeth,
Merci d'avoir accepté l'invitation à la fête pour Jane, samedi. Je ne sais pas si Charles t'a prévenue, mais tu pourras rester dormir si tu le souhaites – lui et Jane le feront, et il y a largement assez de chambres pour tout le monde.
Je voulais te demander si tu aurais une idée de cadeau pour elle. Je dois bien reconnaître que je ne la connais pas assez pour être inspiré.
Passe une bonne soirée,
Will. »
Je fronçai les sourcils. Euh, bon, ok. C'était agréable de sa part. Il faisait sa part d'efforts pour que Jane ait un anniversaire sympa. Mais je n'étais pas inspirée.
Je tapai une réponse plus qu'expéditive.
« Fitzwilliam,
Je te remercie pour ton invitation mais je ne resterai pas pour la nuit. En ce qui concerne le cadeau de Jane, je te suggère de demander à Charles, j'imagine qu'il déborde d'idées.
A bientôt,
Lizzie. »
Je revins sur la page du forum, à ma discussion avec Lord, le cœur cognant bizarrement dans ma poitrine. Décidément, même sans le voir, Darcy provoquait des réactions étranges chez moi.
Je ressentais désormais… Une drôle d'impatience à attendre un éventuel retour de sa part, qui ne viendrait probablement pas vu la façon certes polie mais froide dont je venais de lui répondre. En fait, j'éprouvais bien plus d'intérêt à attendre cette réponse qu'à me remettre dans ma conversation avec Lord, ce qui me chagrinait.
« Tu es toujours là, Ellie ? Avait d'ailleurs demandé mon ami virtuel.
- Oui, excuse-moi. J'ai été prise par autre chose. »
Malgré moi attirée par ma boite d'e-mails universitaires, je vis s'afficher une réponse de Darcy. Mon cœur ré-accéléra. J'ouvris l'e-mail.
« A ta guise, pour l'invitation à dormir. Tu sais que tu auras la possibilité, au besoin.
J'ai déjà demandé à Charles. Si tu veux tout savoir, la seule réponse que j'ai obtenue, c'est « Ce qui ferait plaisir à Jane, c'est de vous voir roucouler, avec Lizzie ».
Je doute que tu sois prête à m'aider à ce point-là, donc il me paraissait plus judicieux de te demander d'autres idées. »
Ma mâchoire s'en décrocha presque. Pour deux raisons : en premier lieu, le culot de Charles.
Lui, c'était un homme mort. Ça attendrait l'anniversaire de Jane, mais passé ce délai, je le tuais.
Deuxième raison : le flegme avec lequel Darcy m'annonçait ça. Lui qui semblait toujours si réservé, voire coincé, je ne me serais jamais attendu à ce qu'il me fasse posément part de ce genre de manigances venant de son ami.
Et de ma sœur, parce que je n'avais aucun doute quant au fait qu'elle avait dû discuter avec Charles de ses idées grotesques de couple entre Darcy et moi.
« Ok, je te remercie pour l'info. Je t'envoie trois liens, ça te laisse le choix. Le premier, c'est le parfum préféré de Jane. Le deuxième, c'est le dernier livre que son auteur préféré a publié, elle ne l'a pas encore. Le troisième, c'est un lot de paquet de mouchoirs, qu'elle pleure dignement ton ami quand je lui aurai fait sa fête. »
Je copiai-collai les trois liens en question, et envoyai l'e-mail avec un certain agacement. Dirigé vers Charles et Jane, cette fois.
La réponse de Darcy ne se fit pas attendre.
« Merci, Lizzie. Ça devient une habitude de te demander des services… Encore une fois, si je peux te renvoyer l'ascenseur, fais-moi signe.
Will.
P.S. : c'est vrai que tu roucoules, quand tu es amoureuse ? »
Mes yeux s'exorbitèrent et mon cœur fit un saut périlleux à la lecture de la fin de son mail. Mais qu'est-ce qui lui prenait ?
Je sentis mes joues chauffer, et tremblai presque quand je tapai ma réponse, tourmentée par une chaleur étrange qui me tordait les tripes.
Darcy me taquinait. Depuis quand était-il taquin, et encore plus avec moi ?
Mais ce qui me faisait le plus frissonner, je devais bien l'avouer, c'était qu'il se permette de le faire sur quelque chose d'aussi intime que mes sentiments. Même si en surface, il n'avait absolument rien dit de mal. Non, il était seulement taquin. Et ça me troublait bien plus que je ne l'aurais souhaité.
« Tu veux me rendre service ? Creuse un trou pour Charles dans ton jardin, et rajoutes-en un autre pour toi, si tu oses une fois de plus m'imaginer roucouler. A samedi. »
J'envoyai mon message, les joues toujours brûlantes.
Qu'est-ce qui venait de se passer ?
Rien, rien du tout. Mon propre comportement m'agaça, on aurait dit une ado qui subissait son premier coup de cœur.
Mais je n'étais plus ado, et… Je n'avais aucun coup de cœur pour Darcy. N'est-ce pas ?
Bien sûr que non.
J'étais juste surprise. Je n'aimais pas les surprises. Je ne savais jamais comment réagir.
Lord avait continué à m'envoyer des messages sans réponse.
« Désolée Ellie, j'ai l'impression que je te dérange. Je vais te laisser. »
Et merde.
« Non, c'est moi qui m'excuse, j'ai été interrompue par… un événement inopiné.
- Rien de grave ?
- Non, non. Juste surprenant.
- Le pape a débarqué chez toi ?
- Disons qu'il aurait débarqué chez moi à poil, j'aurais été moins surprise.
- Ah, quand même.
- Il y a des personnes qui sont incroyablement douées pour me surprendre. Ça t'arrive aussi ?
- Oh, oui. Je connais ça, Ellie.
- Tu penses les avoir cernées. Pire, que ces personnes ne seront qu'un passage éclair dans ta vie. Mais le lendemain, tu te retournes, et elles sont là. Et elles reviennent. Et à chaque fois elles arrivent à te surprendre plus fort.
- Et ces personnes sont celles qui marquent le plus ta vie. »
Je ne répondis pas tout de suite, réfléchissant à ce que Lord venait d'écrire.
« En tout cas, c'est ce qui se passe pour moi. Quand ça m'arrive. » Reprit-il, devant mon silence.
Je soupirai.
« Ce n'est sûrement pas faux. Oui, je crois bien que tu as raison, Lord. »
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Hé oui, vous ne rêvez pas, voici un Darcy un peu plus audacieux ! Mais qu'est-ce que cela va bien pouvoir donner...
