Bonsoir tout le monde !

Me revoilà avec un chapitre qui devrait faire plaisir, du moins je l'espère !

Nathalie : Tu t'en doutes, je ne vais pas répondre directement à ta question... Mais j'ai déjà mon idée là-dessus ! Merci beaucoup pour ta review :)

Juju : Ahah, je vois que cela te travaille ! Tout ce que je peux dire, c'est qu'il s'agit effectivement d'une faute de frappe de ma part (désolée !). Lord s'exprime au masculin... Pour que je l'aie appelé Lord, c'est que s'il y a une chose qui est sûre, c'est que c'est bien un mec. Cela dit, ça aurait été marrant qu'en fait je foute Caro derrière ce pseudo... Dommage que je n'y aie pas pensé :p

Jane : Merci à toi d'être aussi fidèle à la section review, ça fait plaisir :). Hé oui ça évolue, et à grands pas maintenant que l'un des deux ne se cache plus vraiment... Je n'ajoute rien, le chapitre qui vient sera assez parlant !

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Chapter 13 : Ça versus Surmoi

Samedi 2 mars

POV Will

Les cloches de l'église commençaient à sonner l'Angélus quand elle sonna à ma porte.

Réprimant un sourire, j'ouvris à Elizabeth.

« Tu es d'une ponctualité effrayante.

- Tu as l'habitude d'accueillir tes invités en leur faisant part de l'effroi qu'ils éveillent chez toi ? » Répliqua-t-elle du tac-au-tac en essuyant ses pieds sur le paillasson.

Dehors, il pleuvait à flots. Lizzie retira sa veste, et je souris en remarquant que ses cheveux humides commençaient à onduler.

« Non, garde tes bottes, ça ne fait rien… »

Elle termina de retirer ses chaussures en m'envoyant un regard amusé.

« C'est le déluge dehors… Et c'est trop propre, chez toi, pour que je me sente à l'aise de faire un pas de plus avec mes pompes mouillées. »

Je levai les yeux au ciel alors qu'elle accrochait sa veste à une patère vide.

Vêtue d'un pull fin, bordeaux, sur une jupe noire , elle était à la fois classe et décontractée. A tomber, comme toujours.

« Les autres sont déjà là ?

- Charlie m'a prévenu que Jane et lui sont en route. Quant aux amis de Jane, Frédéric et Lucie… Je suppose qu'ils ne devraient pas tarder.

- Oh. Ma foi, tout le monde ne peut pas avoir ma ponctualité effrayante. »

Une envie dévorante de me rapprocher d'elle me brûla, et j'y cédai en posant ma main dans le haut de son dos, l'air de rien, pour la diriger vers le salon.

« Mais je t'en prie, installe-toi. Tu es déjà venue. »

Elle tressaillit en faisant un grand pas pour se dégager de mon toucher, et je serrai les dents.

La sonnette retentit de nouveau, m'obligeant à faire demi-tour jusqu'à la porte, que j'ouvris sur deux visages inconnus.

« Bonsoir, nous sommes…

- Lucie et Frédéric ?

- Hey, salut ! » Lança Lizzie dans mon dos, revenant vers eux pour les saluer.

Je luttai pour réprimer un soupir. Etre seul avec Lizzie n'aura pas duré longtemps. Tant mieux, quelque part.

Dix minutes plus tard, je restais silencieux alors que mes trois convives plaisantaient et riaient. Lucie, l'air avenant, essaya à une ou deux reprises de m'intégrer à la conversation, mais je ne répondis que par monosyllabes. Lizzie, elle, évitait soigneusement mon regard, et je ne comprenais pas pourquoi.

Ça n'a sûrement rien à voir avec le fait que tu t'es jeté sur elle la dernière fois que tu l'as vue. Sûrement.

Jane et Charlie arrivèrent quinze minutes après les autres, et Jane poussa un cri de joie en découvrant son petit comité d'accueil.

Ce fut Charlie qui m'aida à transporter tout ce que le traiteur avait livré chez moi, de ma cuisine à ma salle à manger.

Je reçus machinalement les remerciements de Jane pour mes cadeaux – j'avais opté pour acheter les trois items conseillés par Lizzie.

« Des mouchoirs ? » S'étonna Jane.

Je reportai mon regard sur Lizzie, qui cette fois fixait son attention sur moi. L'air soudain gêné, elle détourna le regard, mais son sourire trahissait son amusement.

« Tu t'expliqueras avec ta sœur à ce propos. » Répliquai-je simplement avec un haussement d'épaules.

Ladite sœur s'était déjà replongée dans une grande conversation avec Lucie et Frédéric, tous deux inscrits en Psychologie à l'instar de Jane. Leur discussion était partie du triste constat que les futurs docteurs en biologie et les futurs docteurs en psychologie avaient un problème commun : sortis des rencontres entre doctorants, quand ils se présentaient à de nouvelles personnes, ils avaient droit aux mêmes réflexions agaçantes.

« C'est toujours la même réplique. « Ah t'étudies le cancer ? Bah justement, je me demandais, tu vois mon grain de beauté là ? Tu crois que je devrais m'inquiéter ? » La première fois qu'on m'a sorti ce genre de trucs, j'ai souri, mais depuis à chaque fois que ça revient j'ai juste envie de finir la personne à coups de pelle, fit Lizzie.

- M'en parle pas. Je pense que Fred te le confirmera, nous c'est en permanence « T'étudies la Psycho ? Han, mais tu vas me psychanalyser alors ! », répondit Lucie en prenant une voix nasillarde.

- Genre c'est tout ce qui vous vient à l'esprit quand vous vous retrouvez en public. Répliqua Lizzie, perplexe.

- Tout à fait. J'ai répondu quelque chose comme ça à une fille, une fois. « Tu crois que j'en ai quelque chose à faire de ta personnalité ? » Intervint Fred.

Les deux filles éclatèrent de rire, et je me rapprochai du petit groupe, l'envie de discuter avec Elizabeth devenant plus forte que tout.

« Balance-leur une psychanalyse freudienne du type « La façon dont tu tiens ton verre indique clairement que tu as envie de coucher avec ton grand-père », ça les calmera. S'amusa justement cette dernière.

- Tiens donc, Elizabeth, je n'aurais jamais pensé que tu étais une amatrice de Freud. » Lançai-je.

Mon intervention sembla surprendre le petit groupe, mais Lizzie se reprit très rapidement et fit la moue en me jetant un rapide regard.

« Je commence à en avoir marre de tes insultes, William Darcy.

- Roh, Lizzie, arrête de critiquer aussi vivement Freud ! Râla Lucie.

- Ce type était un escroc et une injure au monde de la science, grimaça-t-elle en réponse.

- Tu es de très mauvaise foi, il a soulagé de nombreux patients… Fit Fred.

- Tu parles de celles avec lesquelles il couchait ?

- Dis-moi, William, es-tu un pro ou un anti-Freud ? Me questionna Fred.

- Je n'ai pas une connaissance assez approfondie pour avoir un avis tranché, mais je trouve certaines de ses théories très intéressantes. »

Lizzie leva les yeux au ciel, et je souris en la sentant presque sautiller sur place d'agacement.

« Trois contre une, Lizzie, combien de temps vas-tu tenir ? S'amusa Lucie.

- Infiniment. La Science a bien souvent dû se battre contre l'obscurantisme, et a toujours remporté la bataille.

- L'obscurantisme, rien que ça…

- Ce n'est pas parce que des notions te paraissent abstraites ou difficiles à comprendre que tu dois assimiler ça à de l'obscurantisme. » Lançai-je.

Je savais que je cherchais les ennuis, je le savais parfaitement. Et d'ailleurs, la bouche de Lizzie s'arrondit et je sentis une décharge d'adrénaline me parcourir.

« Je peux savoir quelles notions tu me considères incapable de comprendre ?

- Je ne sais pas, moi. Que doit-on à Freud… La théorie du ça, du moi et du surmoi ? »

J'avais dû aller chercher très loin dans mes souvenirs d'un bouquin que j'avais lu sur ce sujet, non écrit par Freud mais par un auteur s'étant intéressé à son œuvre. Dans l'absolu, je me sentais en fait plutôt du côté de Lizzie, qui plissait les yeux en me regardant.

« Je n'aurai pas la prétention d'être capable de débattre en profondeur sur ces notions, mais je pense pouvoir me vanter d'en avoir une compréhension sommaire.

- Sommaire à quel point ?

- Le Ça, c'est les pulsions sans filtre. Le Surmoi, la petite voix qui nous dit « Nooon, fais pas ça malheureux », et le Moi, c'est notre partie de la personnalité qui gère tout ça et les fonctions conscientes. Ça vous va comme résumé, les psys ?

- Pas mal pour une scientifique, mais c'est un peu plus compliqué que ça, commenta Lucie.

- Mmh. Donc le Ça, c'est le petit démon sur ton épaule gauche, le Surmoi le petit ange sur ton épaule droite… Et le Moi, la personne qui fait le choix entre les deux ? Répliquai-je.

- Intéressant. Ainsi pour toi, Will, le Ça, qui je le rappelle, représente simplement tes désirs et pulsions… Est forcément un démon ? Serais-tu donc si intrinsèquement mauvais ? » Rétorqua Lizzie.

Je ne pus m'empêcher de sourire en détournant les yeux, et notai que les deux étudiants en Psycho étaient en train de s'échanger un long regard intrigué.

Et n'ayant pas très envie d'approfondir le débat sur mes désirs et mes pulsions avec Lizzie, en tous cas pas devant témoins, je m'éloignai de leur petit groupe.

POV Lizzie

« Lizzie… Est-ce que tu m'évites ? » Me demanda Darcy dès que Charles et Jane eurent quitté la pièce.

La soirée s'était terminée d'un coup .Fred et Lucie avaient annoncé qu'ils partaient vers les deux heures du matin, mais j'étais alors en pleine discussion avec Jane et nous avions continué pendant encore une bonne demi-heure, tout en aidant Charlie et Will à ranger la pièce.

Jane n'avait pu s'empêcher de plaisanter quant au fait qu'elle était surprise qu'il n'ait pas une armée de femmes de ménage pour faire ça. « C'est super propre chez toi, épatant pour un mec célibataire ! »

Au coup d'œil en coin qu'elle m'avait lancé, j'avais compris que c'était une manœuvre absolument débile de chercher à évaluer si Will était vraiment célibataire – sous-entendu, si notre baiser du restaurant était vraiment si faux que ça.

Will ne s'était pas démonté, et avait rétorqué qu'il détestait l'idée d'avoir du personnel pouvant fouiller dans son intimité. Il aimait autant se débrouiller par lui-même pour éviter ça.

Et Charles avait ri en précisant qu'il avait quand même une dame qui passait plusieurs heures par semaine pour un grand coup de propre.

Une fois tout débarrassé, les amoureux avaient annoncé qu'ils montaient se coucher et étaient partis sans plus de cérémonie, me laissant seule avec Will dans le salon.

Sur le point de prendre congé, je réprimai un soupir de frustration devant le mauvais timing.

Mais non, pas du tout Will. Au fait, je m'en vais, bonne soirée !

« Je viens de passer la soirée chez toi, et je suis venue en sachant pertinemment que tu y serais. Ta question est sérieuse ? »

Ok, ça, c'était botter en touche. Je ne savais pas si je devais m'en sentir fière.

« Charles m'a dit que tu as été extrêmement difficile à convaincre. Et tu m'as parue distante. »

Extrêmement ? Il manie bien l'exagération, lui !

« Je ne me sentais pas à ma place, ça ne veut pas dire que je t'évite. Fis-je en haussant les épaules.

- Pas à ta place… » Répéta Darcy en me fixant pensivement.

Mal à l'aise, je me levai du fauteuil sur lequel j'étais encore assise, et fis quelques pas vers la porte.

« Je vais y aller. C'était une soirée sympa, merci beaucoup.

- Tu n'as vraiment pas l'intention de rester dormir, donc ?

- C'est gentil, mais non. Jane est arrivée avec Charles, il la ramènera.

- Je t'avais déjà préparé une chambre d'amis, si tu le souhaites.

- Désolée que tu te sois donné toute cette peine pour rien. »

Il soupira, et se leva à son tour.

« Avant que tu ne t'enfuies, au fait, il y a une pièce que je souhaitais te montrer. »

Je plissai les yeux, sur le qui-vive. C'était quoi, ce vieux plan, encore ?

Mais il avait déjà tourné le dos et sortait, ne laissant aucune place à la contestation. Je soupirai et lui emboîtai le pas.

Il s'arrêta devant une porte, qu'il ouvrit et me tint galamment.

« Après toi. »

Je pénétrai dans la pièce, et eus instantanément le souffle coupé.

« C'est magnifique. » Réussis-je à dire au bout d'une bonne dizaine de secondes.

Des centaines de livres étaient soigneusement alignés dans des dizaines d'étagères vitrées, réparties sur deux pans de mur. Une fenêtre venait apporter, je le supposais, beaucoup de luminosité quand il faisait jour, et un canapé de cuir beige, à la fois sobre et visiblement confortable, trônait au milieu de la pièce.

Sa fameuse bibliothèque.

« Je me doutais que ça te plairait. On a au moins l'amour des livres en commun.

- Je dois bien reconnaître que rien que pour te permettre d'avoir une pièce comme celle-ci, ta fortune a des avantages. »

Il me sourit, amusé.

« La grande majorité des gens diraient ça à propos de l'achat d'une voiture de luxe, d'un château en bord de mer ou d'un jet privé. Pas d'une bibliothèque.

- Je t'ai déjà donné l'impression de me fondre dans le lot ? »

Il secoua la tête, souriant toujours mais sans me regarder.

« Grands dieux non. C'est bien pour ça que je t'apprécie. »

Mon cœur loupa un battement, et je me détournai.

« Ah. J'aurais juré que ton intérêt s'arrêtait au fait que je suis un bon repousse-Caro. »

Darcy soupira, soudain nerveux.

« A ce propos, je n'ai peut-être pas été très franc. Et encore moins courageux. »

Je haussai un sourcil, perplexe.

« Pas franc parce que tu ne lui as jamais dit que tu préférerais finir chez les moines que dans son lit ? Pas courageux parce que tu as préféré te servir de moi pour lui faire comprendre ? »

Il leva les yeux au ciel, enfonçant ses mains dans les poches.

« Pas franc, ni courageux parce que c'est de Caroline dont je me suis servi. »

J'eus l'impression que mes jambes se dérobaient sous moi. Que mon estomac me tombait dans les talons, vite rejoint par mon cœur. Ce genre de métaphores, vous voyez ?

Ma tête se mit à bourdonner, alors que, figée, j'essayais d'analyser ce qu'il venait de dire.

Ce que ça pouvait bien signifier.

« J'ai un peu du mal à comprendre. Lâchai-je d'une voix rauque.

- En vérité, jamais je ne me serais permis de t'embrasser juste pour agacer quelqu'un. Quoique j'aie pu te laisser penser, j'ai trop de respect pour les femmes, et bien plus pour toi, pour m'abaisser à ce genre de comportement. »

Je ne répliquai rien, toujours interdite. J'avais l'impression que mon cerveau était tombé en panne.

« Tu vas bien, Elizabeth ? Tu es toute pâle.

- Ça va, merci.

- Assieds-toi si tu le souhaites, fit-il en désignant son canapé.

- Non non, ça va. J'ai un peu de mal à voir où tu veux en venir. »

Je soufflai un coup, et écartai les mains en le fixant de nouveau, désemparée.

« Alors quoi ? C'était juste un jeu ? Tu te demandais à quoi ça ressemble de flirter avec une… fille comme moi ? »

Il fit claquer sa langue dans sa bouche, agacé.

« Ça n'avait rien d'un jeu, Lizzie. Tu me plais, c'est aussi simple que ça.

- Wow. Toi, Will ? Sérieusement ? Moi ? Tu as bu ou quoi ?

- Tu sais parfaitement que non. » S'énerva-t-il. « Qu'est-ce qui ne va pas chez toi ? Je t'avoue que j'ai des sentiments pour toi, et tu te demandes juste si je suis bourré ?

- Je ne sais pas ! Nos premiers échanges ont été plus que houleux, et clairement j'ai toujours pensé que tu n'étais cordial avec moi que pour faire plaisir à Charles. On est juste de deux mondes diamétralement opposés.

- Tu crois que ta situation financière a une importance dans ce cas précis ? S'énerva-t-il.

- Je ne parle pas de ma situation financière, mais merci de t'en inquiéter. » Sifflai-je. « Je parle du décor dans lequel on évolue. Sortis du contexte des doctorants, on n'a plus grand-chose en commun.

- C'est dingue. Je m'en suis longtemps voulu d'avoir mis une barrière entre nous le premier jour, mais en fait à ce jeu-là, tu es bien plus efficace que moi.

- Qu… Oh, zut, tu as vraiment le don de m'énerver !

- Toi aussi, tu as le don de me faire sentir vivant. » Répliqua-t-il.

Je ne sus que répondre, sidérée. Il en profita pour se passer la main dans les cheveux d'un geste nerveux, et se rapprocher de moi.

« Lizzie, il n'y a vraiment que toi pour m'engueuler alors que je te fais part de mes sentiments. »

Je redressai la tête avec un air de défi.

« Ah oui ? Tu as fait le coup à combien de filles ? »

Un éclair de colère passa dans son regard, et je frémis, soudain moins sûre de moi.

L'instant d'après, son corps était plaqué contre le mien, et sa bouche, impérieuse, cherchait l'accès à la mienne.

Je hoquetai en baissant les armes.

Ses lèvres étaient brûlantes, et ses bras à la fois forts et réconfortants. Je ne pus me retenir de me laisser aller contre lui, alors que l'étrange sensation d'être enfin à ma place me gagnait.

Et alors qu'il sentait mon abandon, son baiser se fit bien plus doux, et sa main vint caresser mon dos, envoyant des dizaines de décharges électriques dans tout mon corps.

Seigneur, ses mains… Je n'en étais pas à mon premier flirt, et William restait franchement mesuré, ne faisant glisser ses doigts qu'avec légèreté dans le creux de mes reins, de ma taille, le long de ma hanche. Mais cela suffisait à me faire trembler de désir, et j'eus tout le mal du monde à réprimer le gémissement qui montait de ma gorge – juste par fierté.

Cependant, je n'eus absolument pas la volonté d'empêcher mes doigts de se poser sur sa nuque, et de pénétrer dans sa tignasse brune pour approfondir notre baiser alors que je m'abandonnais encore plus.

Ses cheveux étaient doux, contrastant avec la légère rugosité de sa mâchoire, que je découvris du bout des doigts en une caresse légère.

Je finis par le repousser doucement, au bout de ce qui me sembla être une éternité.

Les joues bouillantes, je détournai le regard, et respirai un bon coup pour calmer mon cœur.

« Je crois qu'il vaudrait mieux que j'y aille. Ça fait beaucoup d'informations à gérer.

- Elizabeth…

- Je connais le chemin. »

Mon ton fut assez clair pour qu'il ne cherche pas à me suivre alors que je le contournais et m'enfuyais –n'ayons pas peur des mots– de chez lui.

Je pris une gigantesque bouffée d'air froid dès que je fus dehors, comme pour chasser l'odeur de Darcy, dont je me sentais totalement imprégnée.

Pour le coup, j'avais vraiment l'impression de manquer cruellement de courage. Mais je venais à peine de commencer à admettre que Darcy était loin de n'éveiller en moi que de la colère… Et il me faisait une déclaration ? Certes mesurée – je lui plaisais, ok, c'était pas non plus un engagement à vie.

Le problème était justement que c'était réciproque. Alors, je vois venir les cris choqués des grands romantiques : T'es conne ou quoi ? Tu lui plais, il te plait, et c'est un souci ?!

C'en était un pour deux raisons : la première, c'était que je venais seulement de me rendre compte que cette attirance que j'éprouvais pour Darcy était vraiment réelle, et pas simplement une émotion fugace ressentie dans le tumulte d'une soirée un peu trop festive.

La deuxième raison, c'était que je ne voyais absolument pas où ça pouvait nous mener. Même pas une vision floue, le néant.

A quoi ça ressemblait de sortir avec quelqu'un comme lui ?

Quelqu'un pour qui j'éprouvais des sentiments tellement contradictoires, entre l'énervement le plus total et une passion dévorante ?

Si seulement il n'y avait cette tension permanente entre nous depuis les premiers instants. Cette incapacité que nous avions à maintenir un dialogue calme et posé bien longtemps.

En fait, si seulement je m'entendais aussi bien avec lui qu'avec Lord_Pemberley, réalisai-je en ayant une pensée pour mon inconnu virtuel.

Un bref instant, je m'imaginai être en couple avec Darcy tout en gardant le même contact avec Lord. Impossible. Même si nous n'avions jamais été plus loin que de longues discussions totalement amicales, j'aurais l'impression… De le trahir. Étrange, n'est-ce pas ? Jamais nous n'avions ne serait-ce qu'évoqué que peut-être, potentiellement (oui, cela fait beaucoup de conditionnel), nous pourrions avoir plus qu'une relation amicale. Jamais.

Alors quoi ? C'était quoi cette soudaine honte vis-à-vis de Lord, que j'éprouvais à l'idée de peut-être donner une chance à Darcy ? Cela n'avait aucun sens.

Mais c'était réel.

Arrivée chez moi, j'envisageai pendant seulement une nano-seconde de me connecter pour voir si Lord était en ligne. Mais cela me parut immédiatement une très mauvaise idée. Je lui dirais quoi ? Tiens, salut, au fait, tu crois qu'un jour on pourrait vouloir sortir ensemble ? Parce que j'ai une ouverture avec quelqu'un d'autre, et j'hésite entre vous deux.

Je me couchai dans un état de nervosité inhabituel, et eus beaucoup de mal à m'endormir.

La seule chose dont je me souvienne de mon sommeil agité, fut d'avoir rêvé que j'étais avec Darcy… Et de m'être dit que ce n'était pas si mal que ça.

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Vous en rêviez ? Il l'a fait !

Cette fois, Lizzie ne pourra plus jouer les naïves...

*S'enfuit en courant*