Bonsoir tout le monde !

Une petite envie de savoir ce qui va se passer désormais entre les deux protagonistes ? Je me suis dit que ce serait mesquin de vous faire poireauter pour la suite... Alors la voilà, toute chaude sortie du four !

Nathalie : nickel l'interprétation du ça, moi et surmoi, je me marre encore en la relisant :D je vais passer pour une folle... Mettons ça sur le dos du confinement !

Juju : Ahah, grande question ! Et surtout, est-ce qu'il saura se faire connaître d'une manière qui éblouira Lizzie ? hinhin...

Jane : Merci beaucoup ! Question légitime... Je dirais qu'il y en a encore pour environ 3 chapitres supplémentaires, donc oui, ça sent la fin quand même... Faut dire, ma précédente, à la base ne comptait que quoi, 10 chapitres ? Et un paquet de bonus :D

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Chapter 14 : Croissants et coups de sang

Dimanche 3 mars

POV Lizzie

Il était neuf heures, et j'étais debout depuis à peine un quart d'heure quand on frappa à la porte de mon appartement.

Surprise, je me dirigeai vers la porte. Qui cela pouvait-il bien être ? Sûrement pas une livraison, on était dimanche.

Je jetai un œil par le judas, et eus la surprise de découvrir Darcy.

Mon cœur repartit dans une course effrénée. Un court instant, j'envisageai de faire la morte.

Mais la seconde qui suivait, je déverrouillais ma porte, curieuse de découvrir ce qu'il me voulait.

« William ? Charles et Jane ne sont plus chez toi ? » Demandai-je en l'invitant à rentrer d'un geste de la main.

Il s'exécuta, et je refermai derrière lui.

L'air vaguement gêné, il détourna le regard.

« Si si. Je n'avais pas très envie d'attendre qu'ils se lèvent et de tenir la chandelle de bon matin.

- Mmh. Et donc tu t'es dit que je serais de meilleure compagnie. Ironisai-je.

- Je t'ai apporté des croissants. » Fit-il en montrant le sachet qu'il avait dans la main.

J'eus un sourire en coin en me dirigeant vers la cuisine.

« Tu gagnes le droit de rester. Café ?

- Noir et sans sucre.

- Je refuse catégoriquement de le servir autrement.

- Je ne te savais pas si rigide.

- Y a des trucs avec lesquels on ne déconne pas. Tu peux retirer ta veste, tu sais, il y a le chauffage ici. »

Il déposa son manteau sur une chaise et s'assit, toujours visiblement gêné.

« Il y a quelque chose qui ne va pas ? » Demandai-je en le regardant.

Mis à part qu'hier soir on s'embrassait passionnément, et qu'aujourd'hui on ne sait absolument pas où on en est ?

« Je suis sincèrement désolé si je te réveille. C'est pour éviter ça que j'ai frappé, et non sonné.

- J'étais déjà réveillée. J'ai une tête de déterrée, c'est ça ? Demandai-je en lui tendant une tasse de café fumant.

- Tu es toujours très jolie, Lizzie. Mais tu es en pyjama. »

J'éclatai d'un rire franc en m'asseyant en face de lui au bar de la cuisine.

« C'est ça qui te gêne ? On est dimanche matin, à quoi tu t'attendais en débarquant chez moi ? »

Et encore, j'aurais pu être moins couverte. Mais non, aujourd'hui je portais sagement un tee-shirt un peu large sur un short en coton.

« A vrai dire, je ne savais pas à quoi m'attendre. »

Tu m'étonnes.

Je le fixai pensivement en commençant à grignoter un de ses croissants. Il finit par relever la tête de son café, et me rendre mon regard.

« J'espère que je ne t'ai pas mise mal à l'aise, Lizzie. »

Je haussai les épaules, essayant de paraitre bien plus détendue que je ne l'étais en réalité. Je savais très bien qu'il ne parlait pas de sa réflexion sur mon pyjama, mais de notre dialogue en suspens depuis la veille.

« Pour le moins, tu m'as surprise.

- Peut-être que j'aurais dû être un peu moins brusque, j'en conviens. Ça doit te donner une piètre image de moi.

- Oh, Will. Tu m'amènes des croissants alors qu'on n'a même pas couché ensemble. Je ne te rangerais pas dans la catégorie des mecs brusques. »

Ma réponse le fit rougir, et je me mordis les lèvres pour ne pas en rire. Clairement, je n'étais pas la seule à être gênée.

« Et dans quelle catégorie me rangerais-tu ? »

Je grimaçai.

« Peut-être que j'aurai une réponse le jour où j'arriverai à te cerner. »

Il sourit.

« Flatté d'apprendre que tu essaies. »

Je soupirai, et posai mes coudes sur la table et mon menton dans mes mains pour le considérer pensivement.

« Je n'avais même pas envie d'essayer le jour où on s'est rencontrés, je n'ai pas cherché plus loin le lundi où tu t'es excusé, mais j'ai été assez surprise que tu continues à chercher le contact les fois qui ont suivi. Depuis, je suis dubitative.

- Au moins, je ne te laisse pas indifférente.

- Oh, s'il y a bien une chose que je peux te concéder, c'est que tu ne m'as jamais laissé indifférente. »

Son regard intense me transperça, et mon désir – ce fameux désir qui m'avait travaillée toute la nuit – se réveilla.

Bordel, je n'aurais jamais envisagé ça.

Au bout d'un moment qui me parut interminable, Will brisa le silence.

« Je suppose que je n'aurais pas dû venir.

- Parce que finalement, je suis de mauvaise compagnie ?

- Parce que décidément, j'apprécie trop ta compagnie.

- Je ne suis pas certaine de comprendre en quoi c'est mal ?

- Tu le comprendrais si tu savais à quel point ton pyjama m'agace.

- Je ne suis donc pas assez habillée ?

- Tu l'es en fait trop. »

Ma mâchoire s'en décrocha presque, mais Will continua à me fixer d'un air insondable.

« Fitzwilliam Darcy serait donc un chaud lapin ? Qui l'eut cru ? »

Il haussa un sourcil.

« Ça ne semblait pas te déranger quand je te prévenais qu'Alex en est un.

- Je n'ai pas dit que ça me dérangeait. Mais serais-tu jaloux, Will ?

- Tu m'as fait découvrir que c'est effectivement un défaut que je possède. »

Tu parles d'un défaut. Venant de toi, c'est juste…

Sexy.

Ce mec était en train de me conquérir sans même avoir l'air d'en faire l'effort. Je m'étais juré de le détester, convaincue que j'y parvenais… Et en un simple « tu me plais » et quelques regards intenses, il m'avait complètement retournée.

Jamais je ne m'étais sentie aussi attirée… Et effrayée. Effrayée par l'intensité des sentiments que j'éprouvais.

« Je ne sors pas avec Alex. » Ne pus-je m'empêcher de murmurer.

Will eut un sourire distrait, et se leva pour aller récupérer sa veste.

« C'est une bonne chose. Je sais être patient, mais clairement pas partageur. »

Je sautai de mon siège alors qu'il se dirigeait vers la porte d'entrée. Il était sur le palier quand j'osai enfin l'arrêter.

« Will ? »

Il se retourna et baissa la tête vers moi.

Le cœur prêt à exploser, je pris une grande inspiration, me dressai sur la pointe de mes pieds, et glissai ma main sur sa nuque pour poser mes lèvres contre les siennes.

Surpris, il lâcha la poignée de la porte et sa main vint plaquer mon corps contre le sien d'une pression ferme sur mes reins.

Je hoquetai, l'esprit embrumé, alors que sa langue franchissait la barrière de mes lèvres... Et soudain, ce fut trop.

Ses doigts me parurent trop agiles.

Son corps trop brûlant.

Ses lèvres trop tentantes.

Et le comble ? Ce fut lui qui me repoussa.

A bout de souffle, nous nous fixâmes un moment sans rien dire.

« Je te veux entièrement, ou pas du tout, Lizzie. » Murmura-t-il.

Je déglutis, les joues en feu.

« C'est noté. Mais là, tout de suite, je vais me contenter de te remercier pour les croissants. »

Il hocha la tête, et déposa un dernier baiser sur mes lèvres avant de tourner les talons.

Et je savais que j'allais passer le reste de la journée à me demander jusqu'à quel point j'étais prête à m'offrir à William Darcy.

oOo

Lundi 4 mars

J'arrivai un bon quart d'heure en avance devant la porte de la salle d'anglais, essoufflée. J'avais couru au saut du bus pour essayer d'être le plus tôt possible, dans l'espoir d'avoir un peu de temps pour discuter avec William.

Hélas, il n'était pas encore arrivé. Bon, il n'allait probablement pas tarder.

Mais à mon grand désarroi, la porte de la salle s'ouvrit et l'enseignant apparut.

« Mademoiselle Bennett, je vous en prie, ne restez pas dehors.

- Merci, mais ça me convient.

- J'insiste. Justement, j'avais à vous parler. »

Je retins un soupir, alors qu'un mauvais pressentiment s'emparait de moi. Je jetai un œil à mon portable, que j'avais gardé en main. Il ne restait même pas quinze minutes avant le début du cours. Je n'aurais de toute façon pas le temps d'avoir une discussion complète avec Darcy.

Surtout ce type de discussion, Lizzie. On ne met pas son cœur à nu en deux minutes entre un bus et un cours.

La mort dans l'âme, je suivis l'enseignant à l'intérieur et m'installai à ma place habituelle.

Mais lui, au lieu de s'asseoir à la sienne, vint s'appuyer à ma table, me dominant de toute sa hauteur.

Je levai le regard vers lui, mal à l'aise.

« Elizabeth Bennett… Je tenais à profiter de ces quelques minutes pour vous proposer un petit arrangement. Vous avez de grandes capacités en anglais, vous savez, et il serait dommage de les gâcher. Que diriez-vous de prendre quelques cours particuliers avec moi ? Nous pourrions commencer ce soir, après le cours. »

Je me glaçai, alors qu'un frisson de dégoût me parcourait toute entière.

Tu déconnes, mec ?

Inutile de tergiverser sur le sens de sa proposition. Son regard lubrique et son ton ne laissaient planer aucun doute.

« Je vous remercie, mais je décline l'offre. » Répliquai-je d'un ton qui ne masquait même pas l'aversion que ses propos provoquaient chez moi.

Son regard glacial se planta dans le mien, et je dus prendre sur moi et respirer profondément pour ne pas me lever d'un coup et lui balancer ma chaise en pleine tronche.

« Je me permets d'insister, Elizabeth. » Fit-il d'une voix doucereuse. Il s'accroupit à côté de moi, ses yeux se retrouvant à hauteur des miens.

« Il se trouve que je suis la personne qui vous évalue, à la fin de ce cycle. Ce serait dommage que je souligne votre manque de motivation pour la pratique des langues. »

Alors que la nausée m'envahissait comme une vague, il posa sa main sur ma cuisse, et je me retrouvai soudain incapable de réagir, sidérée.

Il était sérieux, ce type ?

Soudain, la porte de la salle, qu'il avait laissée entrebâillée – cet enfoiré ne doutait de rien – s'ouvrit, et il se redressa brusquement en me lâchant. Je repris mon souffle, et fixai mon regard sur Darcy, qui venait de rentrer.

Le soulagement immédiat qui m'avait envahie à sa vue fut douché en une seconde, alors que ses pupilles me lançaient un regard assassin. Je me figeai de nouveau, le cœur cognant fort dans ma poitrine.

Mes oreilles bourdonnaient, je ne comprenais rien à ce qui se passait. J'étais encore sous le choc du comportement plus que déplacé, et menaçant, du prof d'anglais, et voilà que Darcy débarquait et me lançait un regard à me faire geler sur place. Qu'est-ce que j'avais bien pu faire pour lui déplaire ?

Etait-ce dû au fait que je ne lui avais pas encore donné de réponse quant à sa déclaration ? Il aurait joué sur le coup le jeu du mec près à attendre que je fasse le point sur mes sentiments, puis il en aurait subitement eu marre ?

Ou bien était-ce qu'il avait vu la scène qui venait de se dérouler avec le prof ? Non, si ça avait été le cas, il ne m'en aurait pas tenu rigueur. Certes, il existe en ce bas monde des mecs qui pensent que quand une femme subit ce genre de proposition indécente – ou pire, une agression –, elles sont forcément coupables d'avoir aguiché à un moment ou un autre… Mais pas Will. Malgré nos débuts tumultueux, je ne pouvais pas croire une seconde qu'il était de ce genre. Non, lui m'aurait même défendue s'il avait assisté à cette scène. J'en étais persuadée.

Perdue dans mes pensées et toujours sous le choc, je n'avais pas remarqué que les autres étudiants étaient arrivés en masse derrière Darcy, qui n'était pas venu s'asseoir à côté de moi comme à son habitude, mais était resté plus loin.

Je cherchai de nouveau son regard mais il était baissé sur ses notes. Le visage fermé, il semblait totalement hermétique à tout ce qui se passait autour de lui.

Le cours se déroula sans que je ne prenne la parole une seule fois, complètement dans le brouillard. J'avais la nausée et tout se mêlait dans mon esprit. La discussion que j'étais déterminée à avoir avec Darcy avant le début du cours, son comportement étrange, le comportement du prof…

Je ne remarquai que le cours était fini que quand tout le monde s'était levé, et sursautai en remballant mes affaires.

Darcy était déjà parti. Plongée dans mon malaise, je n'avais rien vu.

Je fus du coup la dernière personne à quitter la salle, et Wickham essaya bien entendu de me retenir.

« Mademoiselle Bennett, je vous rappelle que nous n'avions pas fini notre conversation. » Fit-il en essayant de me barrer le passage.

Je le fusillai du regard, recouvrant un peu de ma force, et attrapai une chaise pour la pousser violemment vers lui alors qu'il s'approchait de moi, le cassant dans son élan.

« Oh que si, mais si vous le souhaitez, on la poursuit chez le directeur du centre ? »

Il me lança un regard froid.

« Vous pensez vraiment que quelqu'un va s'intéresser aux élucubrations que vous pourriez faire ?

- On verra bien. »

Je me faufilai par la porte entrouverte, et la claquai derrière moi, me mettant à courir vers l'extérieur.

La bouffée d'air qui m'atteint dès que je passai les portes me revigora. Mais si je tremblais, c'était plutôt à cause du contrecoup que du froid.

Repensant à Darcy, je me mis à courir vers le parking où je savais qu'il se garait, le cœur cognant à toute allure. Il fallait absolument que je lui parle.

Je vis sa voiture s'engager dans la sortie de ce parking et, à bout de nerfs, me jetai presque sous ses roues. Fort heureusement pour moi, il avait de bons réflexes – et de bons freins.

« Mais tu es malade ? » Me hurla-t-il dessus après avoir baissé sa vitre.

Contrariée mais encore choquée, je me décalai vers sa portière.

« Il faut que je te parle. Lui dis-je en plantant mon regard dans le sien.

- Je ne crois pas que ce soit la peine, non. Tu aurais mieux fait de m'expliquer plus tôt que tu n'étais pas libre. J'ai un peu de mal à supporter les gens qui courent plusieurs lièvres à la fois. »

Je me figeai, bouche bée, alors qu'il refermait sa vitre et redémarrait dans un crissement de pneus.

Je le regardai s'éloigner alors qu'une colère comme je n'en avais jamais ressentie montait en moi.

Alors c'était ça, finalement ?

Il pouvait bien jouer le grand jeu des sentiments, pour en arriver là. Il avait été témoin de cette scène catastrophique avec le prof d'anglais, et tout ce qu'il en avait conclu, c'était que j'étais le genre de fille à draguer tout ce qui passe ?

Peu importait ce qu'il avait vu exactement, je ne pouvais pas croire qu'à un seul instant, pour un observateur extérieur, j'avais eu l'air d'aguicher Wickham. Jamais. Et encore moins ce soir. Autant dire que Darcy devait de base avoir une drôle d'opinion de moi, pour sauter aussi vite aux conclusions.

Eh bien au moins, les choses étaient plus claires. Et j'avais évité de justesse de m'intéresser de plus près à un type qui me prenait pour ce genre de garce.

Au loin, je vis passer mon bus. Avec tout ça, je venais de le rater.

Mes yeux s'embuèrent, et je me mis en route vers mon appartement d'un pas rapide.

Quelques kilomètres à pied allaient m'aider à y voir plus clair.

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Mardi 5 mars

La veille, mon heure de marche jusqu'à mon appartement avait eu le mérite de me permettre d'organiser ma riposte.

Quand j'étais rentrée, Jane, morte d'inquiétude, avait fondu sur moi.

« Lizzie ! Tout va bien ? Tu es toute pâle. Ton bus avait du retard ? J'ai essayé de t'appeler en ne te voyant pas arriver, mais tu n'as pas décroché, je commençais à m'inquiéter. »

Je lui avais lancé un regard morne, complètement épuisée, et plus chagrinée que je ne l'aurais souhaité. Oui, j'aurais aimé ne rien ressentir d'autre que la rage qui grondait en moi. Hélas, l'image de Darcy tournait en boucle dans ma tête, et j'avais l'impression, peu importe son comportement, d'avoir perdu quelque chose de bien plus précieux que je ne voulais l'admettre.

Pour la première fois depuis des années, j'avais fondu en larmes.

J'avais tout raconté à une Jane totalement dépassée et paniquée. Enfin, seulement ce qui concernait Wickham. Le reste ne regardait que Darcy et moi.

Elle s'était révoltée, et avait acquiescé avec force quand je lui avais dit que je comptais bien aller expliquer au directeur du centre de langues comment ce prof agissait, et ce dès la première heure le lendemain.

« Mais il n'y a eu aucun témoin ? Aucun autre étudiant qui pourrait appuyer tes déclarations ? »

J'avais répondu par la négative, ferme. Hors de question que je demande quoi que ce soit à Darcy. Ce salaud avait une opinion qui ne me serait absolument d'aucune aide pour me défendre. Pour autant, je n'avais pas l'intention de l'accabler devant Jane. Elle qui était en couple avec son meilleur ami, je ne voulais pas la mettre dans une situation impossible.

Je me débrouillerais seule.

Et c'est pourquoi ce matin en me levant, j'avais appelé mon labo pour expliquer que j'arriverais plus tard que d'ordinaire. Je m'étais rendue au centre de langues dès l'ouverture des services administratifs, et j'avais réclamé à grands cris qu'on me laisse voir le directeur.

Résultats, j'avais pu avoir un rendez-vous au début de l'après-midi.

Mais bien entendu, j'étais visiblement tombée sur un vieux con qui était plus intéressé par couvrir ses subordonnés que dénoncer leurs comportements déviants.

« Vous vous rendez compte que vos accusations sont très graves ? M'avait-il demandé.

- Vous vous rendez compte que c'est devant la police que je pourrais les répéter ? » Avais-je rétorqué.

Je savais très bien que cela ne me mènerait à rien. Au mieux, on enregistrerait ma plainte, et après ? S'il y avait eu agression caractérisée, je n'aurais pas hésité une seconde. Mais là, pour une menace déguisée et une main sur la cuisse, je n'obtiendrais jamais rien de la justice.

Sur le coup, ça m'avait paru plus efficace d'aller directement taper dans la hiérarchie, histoire qu'il ait au moins un avertissement, une sanction, quelque chose quoi.

Mais je n'avais pas voulu envisager l'hypothèse de tomber sur ce genre de gratte-papier si frileux à l'idée de se frotter à un subalterne.

J'en avais soufflé de frustration. J'avais eu le droit à la totale. Vous êtes bien sûre de ce qui s'est passé ? Il n'y avait pas de témoin ? Vous êtes certaine de ne pas avoir eu un comportement ambigu ? Vous êtes vraiment, vraiment certaine qu'aucun autre étudiant n'a rien vu ?

J'étais sortie complètement déprimée de ce bureau. Le directeur avait mis fin à l'entretien en m'assurant qu'il avait noté tout ça.

Je savais très bien que ça ne resterait jamais que dans des notes perdues dans un dossier que jamais personne n'ouvrirait.

Complètement déprimée, je ne retournai pas travailler cet après-midi-là.

Mon directeur de thèse serait compréhensif. A vrai dire, je lui avais expliqué dans les grandes lignes ce qui s'était passé, et il m'avait plus qu'encouragée à aller taper du poing sur la table. Lui, au moins, n'admettait pas qu'un enseignant puisse avoir ce genre de comportement déplacé avec des étudiantes. Il n'allait pas être déçu du résultat, tiens.

Comble du malheur, Lord_Pemberley, la seule personne à qui j'avais envie de parler désormais – Jane était très gentille, mais sa compassion exacerbée me faisait étouffer – n'était pas connecté.

Ni le mardi, ni les jours suivants.

Le vendredi, toujours déprimée et vivotant en mode pilote automatique, je lui envoyai un message privé via le forum.

« Tout va bien, Lord ? Cela fait plusieurs jours que je ne te croise pas. »

Je dus attendre le dimanche soir pour le voir se connecter.

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Bon bon bon... Je vais m'enfuir avant de me faire hurler dessus :D !

Pour crier "Mais quel C*N ce Will", tapez 1. Pour "Qu'est-ce qui lui a pris, il a pas pris ses pilules ce matin ou quoi ?!", tapez 2. Pour "Wickham, si je t'attrape, je te fais bouffer les pissenlits par la racine", tapez 3. Pour en choper un pour cogner sur l'autre, tapez toutes les touches de votre pavé numérique.

En attendant, juste au cas où on se reverrait pas d'ici là : Joyeuses Pâques à tous ! Confinés ou pas, ça reste la fête (et puis, le chocolat, c'est recommandé en ces temps difficiles !)