Ça y est, c'est la dernière partie de Broken Mirror ! Je remercie encore ma bêta, elle fait un travail de dingue.

Seleen: Ah ah ah, tu aimes la romance, pas vrai ?x) Et bien, même si je voulais te le dire, je ne saurais pas. C'est vrai que l'idée de base, c'était avec Reid, maiiiiiiiiiiiiiiis... J'ai des idées plein la tête, je n'en dis pas plus. Merci, je suis heureuse que tu la trouves réaliste, je me suis engagée dans des domaines que je ne connais pas vraiment, notamment au niveau mathématique et informatique (mais je vais y travailler, peut être, si j'ai le courage), du coup j'essaie de gérer.x)Voilà la suite, c'est grâce à toi qu'elle sort si tôt, tu m'as remotivée.^^

Je n'ai pas de jour de parution, je tente de poster (au moins) tous les mois, et j'aimerais en venir à toutes les deux semaines, mais c'est tout ce que je peux te dire? Du coup, n'hésite pas à suivre l'histoire ici, ou sur Wattpad, je donne souvent un planning pour le mois là-bas.=/

Merci à giderasia et ClyXi (big merci à toi, tu as fait la totale !) de suivre l'histoire, n'hésitez pas à me laisser une review.=D

Bonne lecture,

Dream-E


Amaryllis, 2005, Connecticut


- C'est Cheryll qui s'occupera de tout. Cheryll rassemblera le montant de la rançon, elle sera la seule à toucher l'argent. Cheryll me remettra la rançon. Si elle porte un micro, si un de vos agents la remplace, Tricia est morte. Cheryll prendra sa voiture et personne ne l'accompagnera. Surtout, ne vous avisez pas de la faire suivre par une voiture ou un hélico, ou vous en subirez les conséquences. Je donnerai les instructions par téléphone pendant qu'elle conduira. Elle devra déposer la rançon dans trois heures précises, elle suivra mes instructions à la lettre, déclare le kidnappeur.

- On ne peut pas la laisser seule.

Je reste muette, n'osant rien répliquer à Hotch. Gideon dégage un certain charisme, mais le plus intimidant restait notre patron.

Nous nous sommes mis d'accord pendant que le père a rassemblé l'argent, Morgan et Hotch partiront dans une voiture banalisée, en même temps que Cheryll, quand le type se pointera, ils l'arrêteront. Je me plante à côté d'Ellie, nous saluons brièvement nos collègues, nous rassemblons entre membres du FBI.

- Qu'est-ce que vous en pensez ? demande Gideon.

- Cette idée va peut-être vous sembler stupide, commencé-je.

- Je parlais aux membres de l'équipe, me coupe-t-il.

- Et je fais partie de cette équipe. Le suspect ne serait pas amoureux ?

- Amoureux ? répète Ellie en haussant les sourcils.

- Je ne suis pas experte en la matière, mais cette obsession qu'il éprouve pour Cheryll, la manière dont il lui parle… Vous avez remarqué qu'il a littéralement changé d'humeur une fois qu'il l'a eue au téléphone ? Peut-être qu'il a kidnappé Tricia sans le vouloir, elles sont jumelles, il pourrait très bien s'être trompé.

- Je ne crois pas, intervient Reid, il a l'air de connaître les Davenport, il ne peut pas s'être trompé.

- Et s'il les voulait les deux ? lance Gideon.

- Il les aime toutes les deux, répète le jeune homme. Cela pourrait être un psychotique.

- A quoi tu penses ?

- Le Syndrome de Clérambault.

C'est quoi ça ? Je ne suis pas experte en maladies mentales, je suis vraiment inutile. J'imagine que si je reste là sans rien dire, je pourrais me faire oublier un moment… Il faut que j'étudie. Je ne me suis pas gênée pour donner mon avis depuis le début, j'ai dû raconter des choses si pathétiques qu'ils n'ont pas osé me demander de me taire.

Je sursaute, décroche mon téléphone, mets le haut-parleur.

- Morgan ?

- C'est Cheryll qu'il veut, on rentre avec elle, il faut qu'on parle.

Je coupe la connexion, fronce les sourcils, m'appuie sur la table du living. J'ai la tête qui tourne, je n'ai pas beaucoup mangé aujourd'hui. Ce n'est rien, je dois rester concentrée sur la situation.

- Ca ne va pas ?

- Oh si, ne t'en fais pas Reid, je suis juste un peu fatiguée. Je vais chercher un verre d'eau.

Je souris au jeune homme, m'empresse de quitter le regard des profileurs. Ils finiront bien par se rendre compte de mon état, je dois être plus prudente. Je soupire, reprend mon verre, bois quelques gorgées.

- Tu comptes manger dans combien de temps ?

Je fais volte-face, écarquille les yeux. Il m'a eue. Je cherche une quelconque excuse, n'importe quoi qui pourrait rattraper ma situation. Je refuse d'être misérable devant Gideon.

- Je n'avais pas très faim tout à l'heure, je mangerai quand l'affaire sera close.

- Tu t'es regardée dans un miroir ? Qu'est-ce que cela t'apporte ?

- Je ne crois pas que cela vous regarde.

- Je ne veux pas d'éléments faibles dans cette équipe. Tu vaux mieux que ça.

Je vaux mieux que ça ? Je tourne la tête, croise mon reflet dans le miroir. Les mots de Gideon ont fait l'effet d'une bombe. Je n'arrive pas à croire que c'est moi que je vois. Je ressemble à un cadavre. Quand ai-je arrêté de me voir ? Je vaux mieux que ça. Mon père et ma mère avaient tort, je ne suis pas grosse. Je suis maigre, je ressemble à un tas d'os. Je retiens mes larmes, pose ma main devant ma bouche. Je n'arrive pas à le croire, que ça, ça, c'est moi.

- Ils viennent de rentrer, prends un truc à grignoter et rejoins-nous dans le salon.

Je hoche la tête, tente de reprendre mes esprits. Nous sommes sur une enquête, je ne suis pas importante pour le moment.


Gideon a carte blanche, il faut pousser le suspect à bout. Mais s'il allait trop loin ? Le tout est d'obtenir de quoi nous mettre au travail sur le profil du type. Nous devons le trouver avant qu'il n'aille au bout de sa folie. Je me contente d'étudier le profileur, tandis que les autres retiennent respectivement Evan et Cheryll Davenport, à bout de nerfs.

Gideon ne craint rien, il raccroche au nez du kidnappeur, se moque de lui. Mais malgré tout, il continue d'appeler, plus enragé à chaque essai.

- Elle est morte ! hurle-t-il.

Je serre la mâchoire, choquée. Nous n'avons pas fait ça pour rien ? Il ne devrait pas la tuer, il ne peut pas la tuer, selon ce que nous avons observé, ce n'est pas possible. Le téléphone retentit à nouveau, laissant tout le monde respirer à nouveau.

- Passez-moi Cheryll, fait le criminel.

- Non, vous avez fini de parler à Cheryll, répond calmement Gideon, un brin amusé.

- Mais écoutez-moi ce ton autoritaire, c'est fascinant de retrouver la même arrogance que vous employez dans vos livres. Je vous trouve un tantinet pédant, Jason, un peu péremptoire.

Je manque d'éclater de rire, cet idiot pense qu'en utilisant des mots complexes, cela fait de lui quelqu'un d'intelligent ? Il se ridiculise, sans même s'en rendre compte. Il est en train de nous mettre sur sa voie en perdant son sang-froid. Gideon exprime à voix haute mes pensées, ce qui ne manque pas de nourrir la haine de notre homme.

- Je sais tout de votre équipe, raille le kidnappeur, sûr de lui. Il y a l'ambitieux agent Hotchner, qui n'hésiterait pas à utiliser votre syndrome post-traumatique pour avoir votre poste, Jason, même si sa femme est malade et enceinte. Et vous, le grand expert de l'étude du comportement, vous n'êtes même pas capable de décerner le comportement autiste de l'anxieux docteur Reid.

Génial, il nous connaît, il a fait des recherches sur nous, je me sens flattée qu'un cinglé ait assez de temps à perdre pour s'intéresser à nous.

- Il y a aussi la jolie Ellie, que fait-elle ici, elle ne me fait pas peur et elle ne fait peur à personne, elle manque de tripes pour rivaliser avec les hommes de cette équipe. Ensuite, nous avons la dernière arrivée, une étrangère, elle est juste là pour apporter le café, on se demande ce qu'il s'est passé pour qu'elle intègre l'équipe, n'est-ce pas Amaryllis ?

Si mes parents étaient là, ils auraient une sévère dispute quant à mon utilité. Je ne suis pas capable d'apporter du café sans le renverser, il devrait se renseigner un peu mieux.

C'est plutôt lui qui ne fait peur à personne, un psychotique xénophobe et complexé, voilà ce qu'il est, même un débutant pourrait le remarquer. Gideon vient de jouer avec lui, maintenant, c'est nous les maîtres de jeu. Il vient de dévier la trajectoire du kidnappeur, Cheryll est en paix, il va s'acharner sur nous, jusqu'à ce que nous ne soyons plus dans le champs de Cheryll et Tricia.

Le criminel termine son joli monologue en soulignant le physique de Morgan, c'est charmant, j'aime beaucoup, c'est un peu gay sur les bords, il s'en rend compte ? J'adorerais lui faire remarquer, mais ce ne serait pas professionnel.

Je me joins à la discussion des profileurs, nous sommes tous d'accord, il fait partie de la police, et plus certainement de la juridiction de Davenport. Il ne nous reste plus qu'à lire le dossier de chacun d'eux, et voir avec lesquels colle le mieux notre profil.

- Pendant qu'on élimine les suspects, Cheryll ne doit pas rester ici. Si c'est l'un des nôtres, il peut entrer dans la maison et l'emmener, il a un plan précis, dit Gideon.

- Sur qui on peut compter ? demande Morgan

- Sur personne, soupire Hotch.

Nous étions seuls, chaque personne qui ne fait pas partie du B.A.U. est désormais suspecte. La maison me semble bien moins accueillante.

- Morgan et Ellie partent avec elle, ils ne seront pas de trop pour la surveiller.

- Hotch, je crois qu'Amaryllis devrait partir avec eux, intervient Gideon.

Nous avons des directives, après discussions, Reid a accepté de donner un peu de laxité à sa promesse, Gideon a ce qu'il veut, on est partis.

Je salue discrètement Reid de la tête, surtout pour le rassurer, me retourne vers Cheryll, lui fais un signe d'encouragement. Nous montons à l'intérieur du véhicule de police, toutes les deux à l'arrière, le type de la sécurité de Davenport à l'avant. Ellie et Morgan irons avec un véhicule du FBI jusqu'à la planque.

Tricia avait prévu de se fiancer. Elle doit être tellement paniquée... Au final, même si l'équipe parvient à la récupérer vivante, cela sera-t-il vraiment quelque chose de bien ? Elle a été enlevée, l'homme qu'elle aime, avec lequel elle avait prévu de passer une bonne partie de sa vie, a été tué sous ses yeux. Peut-on vraiment vivre après cela ?
Je ne connais pas la ville, je me sens quelque peu impuissante. Je ne connais pas non plus la distance à parcourir jusqu'à la maison sécurisée. Ils doivent être en train de revoir les dossiers des employés de Davenport en ce moment. Je sais très bien que si Gideon m'a envoyé avec Ellie et Morgan, c'est car il ne veut plus me voir dans ses pattes, mais je m'en fiche, je tacherai d'être utile et de veiller sur Cheryll. Je suis sensée veiller sur quelqu'un, de plus âgé que moi, qui plus est, quelle ironie. Je n'ai même pas été capable de me garder loin d'un meurtrier, de garder ma petite sœur. C'est trop tard, je dois me concentrer sur l'affaire.

- Nous sommes bientôt arrivés, dit gaiement notre conducteur.

Je vois. C'est une maison classique, encore en travaux. Une fois arrivés, le policier se gare dans une petite ruelle, nous sortons rapidement rejoindre les profilers, guettant le moindre mouvement suspect. L'intérieur n'est pratiquement pas meublé, seule une table se dresse en plein milieu de la pièce, avec une chaise et une petite lampe, donc la lumière donne sur trois petits gobelets en plastique rouge, déchets que le dernier flic en planque a oublié de jeter. Morgan et moi nous mettons d'accord pour vérifier les pièces de la maison, tandis que le gars de la sécurité va voir les alentours extérieurs, et qu'Ellie reste avec Cheryll. Tout était évidemment vide, il n'y avait pas d'étage, si l'on ne compte pas le grenier, verrouillé.

- Qu'est-ce qu'on fait maintenant ? demande Cheryll.
- Nous devons attendre. Les profilers sont en train de chercher un suspect, et on attend un coup de fil du kidnappeur, répondé-je.
- Comment pouvez-vous savoir qu'il rappellera ?
- Il est totalement obsédé par toi et ta sœur, ce sentiment, qu'il croit être de l'amour, est si puissant que rien ne l'arrêtera.
- Et cela durera combien de temps, tout ça ?

Je n'en ai aucune idée. Je me tourne vers Ellie, l'interroge du regard.

- Cela peut prendre un jour ou deux. Vous feriez mieux d'aller vous reposez, on veille sur la maison. Il y a une chambre avec un lit juste en face.

Cheryll hoche la tête, regarde la porte, repose le regard sur moi.

- Tu viens avec moi ?

J'ouvre la bouche, surprise, lui souris, l'accompagne à l'intérieur de la pièce. Elle a besoin de se confier, ça se voit. Elle me raconte des choses sur sa sœur, sur leur enfance, les études qu'elle entreprend. Je n'aime pas rester debout, alors je marche un peu à travers la pièce, examine des cartons sur le côté d'une garde-robe. Cheryll observe l'écran de son téléphone, j'imagine qu'elle espère des nouvelles de Tricia. La porte s'ouvre, l'hombre d'un homme est projetée contre le mur, j'aperçois lentement le gars de la sécurité s'approcher de la jeune femme. Elle relève la tête, me jette un coup d'œil effrayé. Il ne m'a pas vue, le meuble me dissimule. Sa voix, sa façon de parler, cela ne peut pas…

Je m'enfonce un peu plus entre le mur et la garde robe, envoie un message à Ellie et Morgan. Je crois que c'est lui, le kidnappeur. Ils vont arriver, je n'ai qu'à détourner son attention une minute.

- Excusez-moi, monsieur, mais qui êtes-vous ? commencé-je, innocemment.

Sortie de mon trou, je peux enfin le voir dans son ensemble. Il a un couteau, c'est un détail quelque peu problématique. Je pense que mon objectif principal, ce n'est plus de lui faire perdre du temps, mais bien de nous garder en vie. Egocentrique, je dois jouer là-dessus.

- C'est vous. Nous ne l'avons même pas remarqué ! Depuis le début, vous nous menez par le bout du nez ! m'écrié-je en feignant la panique.

- Qu'avons-nous là ? Bien sûr que j'ai un coup d'avance sur vous, vous êtes complètement idiots. Que croyais-tu, petite, que toi, tu pourrais m'arrêter ? Je vais nous en débarrasser, Cheryll, ne t'en fais pas, nous irons rejoindre ta sœur ensuite.

- Posez ce couteau.

Je me retourne vers la voix, c'est Ellie. Je soupire de soulagement, recule vers la fenêtre, assez pour sortir de son angle de tir et pour lui laisser le champ libre. Le kidnappeur fonce sur la profileuse, trop confiant, elle pare son attaque et le projette au sol. Il est désarmé, c'est terminé.

- J'emmène Cheryll plus loin, dis-je, je te laisse t'en occuper.

Ellie approuve d'un signe de tête, je prends garde à éviter l'homme, tire la jeune femme dans la pièce de vie, auprès d'un Morgan écroulé. J'écarquille les yeux, me précipite près de lui, prends son pouls.

- Il est vivant, dis-je. Je crois qu'il a reçu un coup de teaser.

Je pointe du doigt son vêtement brûlé, et les marques sur sa peau. Cheryll hoche la tête, les sourcils froncés. Elle ne va pas bien, mais qu'est-ce que je suis sensée faire ? Qu'est-ce qu'on fait pour réconforter les autres ? Je peux lui expliquer pourquoi il a fait ça, l'aspect technique des choses, mais ça ne l'aidera pas, elle s'en fiche de la raison.

Des voitures de police ne tardent pas à arriver devant la maison, le kidnappeur est emmené, tandis que Cheryll, Ellie et moi nous rendons sur le lieu ou Tricia est cachée. Il a parlé, je suppose qu'Ellie n'y est pas allée de main morte. Mais au moins, c'est terminé.

Nous arrivons près des docks, la police et une ambulance est déjà là, ils viennent de sortir Tricia. Je m'approche de Gideon et Reid, salue les Davenport de la tête. Ils ont les larmes aux yeux, le père prend ma main, me remercie plusieurs fois.

- Sans toi, il m'aurait probablement tuée, me remercie Cheryll.

Elle m'offre un dernier sourire, l'ambulance démarre, clos définitivement cette enquête.

J'espère qu'ils auront une vie paisible et heureuse après ça.

Les amours, quand ils fondent sur eux avec trop de violence, n'apportent ni bon renom, ni vertu aux hommes.

Euripide