Coucou,

Voici le chapitre 3.

Merci à tous ceux qui viennent lire, ainsi qu'à celui ou celle d'entre vous qui a laissé une review.

En espérant que cela vous plaise.

Bonne lecture.

Chapitre 3

Une semaine s'écoulait depuis l'attentat. La vie sur l'île était douce. La petite famille avait étonné, lorsque le lendemain de son arrivée, les volets d'une petite maisonnette du dix-neuvième siècle, à la sortie de Palais, avaient été ouverts.

Les Palantins avaient découvert que le comte de Marigny et son épouse venaient pour des raisons professionnelles. Olivier de Marigny était un militaire à la retraite qui faisait des recherches sur une bataille ayant opposé des pirates britanniques et français, pendant la guerre de Succession d'Espagne. On trouvait la comtesse fort belle, gentille mais d'une grande tristesse et le comte se montrait respectueux, mais distant vis-à-vis de son épouse. De là, les plus folles rumeurs naquirent, d'autant que la jeune femme sortait fort peu.

La femme de ménage, embauchée par les nouveaux venus, avait été sommée par ses amis et relations de dire ce qu'elle savait. Mais mis à part que le comte était venu en compagnie de sa famille, d'un cuisinier, d'un secrétaire et d'une jeune fille au pair pour l'enfant. Rien de plus.

Clotilde Sommerson, respectable femme, était professionnelle et ne parlait pas de ses employeurs, sauf pour dire ce que l'on savait déjà : la comtesse était belle, mais triste et sortait rarement ; pour ne pas dire jamais.

Tant et si bien que le verbiage du marché, du salon de coiffure et des cafés de la petite île n'avait rien répandu des explications plus farfelues les unes que les autres, en ville.

L'éclaircissement vint du comte lui-même.

Ce matin de juin, huit jours après l'arrivée de la mystérieuse famille, le gouverneur de l'île présenta à la demeure des Marigny. La femme d'une trentaine d'années, à la peau d'ébène et aux yeux sombres fut reçu fraîchement par le comte, qui avait fini, politesse oblige, par la faire entrer en sa demeure.

Olivier était loin d'être stupide. Il savait parfaitement que le gouverneur de l'île viendrait le voir ; tout comme il avait entendu les commentaires des habitants. Il devait remédier à cette situation et la venue de Sylvie Bodin allait lui en fournir l'occasion. Il réglerait le reste avec ses camarades.

– Je suis enchantée de vous rencontrer, comte de Marigny., déclara le gouverneur, tandis que Porthos apportait le café pour son compagnon d'armes et son invitée. Votre installation s'est-elle bien passée ?

– A merveilles. Vos concitoyens sont particulièrement accueillants. Isaac tu veux bien aller me chercher Henri. J'ai des choses à voir avec lui concernant nos recherches.

–Je suppose qu'il est encore dans la chambre du p'tiot. Il est dingue de ce gamin.

Olivier tenta tant bien que mal de cacher sa désapprobation. Il détestait savoir Aramis avec le prince héritier et leur souveraine. La veille alors qu'il cherchait son ami, il l'avait découvert dans la chambre occupée par Anne. Ils avaient déposé une couverture par terre et jouait avec le petit. Il avait entendu deux jours plus tôt, Aramis jouait de la guitare et chantait pour son fils ; ou tout simplement tenir l'enfant contre lui pendant que la reine lisait une histoire au petit. Une autre fois, cela avait été un spectacle de marionnettes, dont son ami contrefaisait la voix, faisant rire son fils…. ainsi que la reine.

Cette fois-là, le rire de la jeune femme avait attiré sur elle l'attention d'Aramis. Athos avait vu dans les prunelles brunes brillaient du désir, de l'admiration, de la tendresse et autre chose sur laquelle il n'arrivait pas à mettre un nom. Sur laquelle il ne voulait pas mettre un nom.

Les multiples têtes-à-têtes entre eux le rendaient particulièrement nerveux. D'autant qu'il arrivait régulièrement que la main d'Aramis ne s'égare sur l'épaule d'Anne et inversement. Mais une chose était sure, ils ne perdaient jamais une occasion de s'occuper de Louis. Deux jours après leur arrivée, Marguerite avait accompagné Porthos au village. Anne était rentrée dix minutes après son départ, bien embarrassée ; la couche de Louis devait être changée, et elle ne l'avait jamais fait.

Aramis s'était immédiatement proposé et tant bien que mal, les parents avaient changé et lavé l'enfant. A partir de ce moment, Anne avait ordonné à Marguerite de lui apprendre à s'occupait de son fils ; soutenue dans sa demande par Aramis qui avait affirmé

– Les gens vont trouver étrange qu'une mère ne s'occupe pas de son enfant de façon plus régulière.

Athos avait dû se ranger aux arguments de son ami. Une famille de la petite noblesse employait que peu de personnel. Anne avait donc fait son apprentissage de la maternité et Aramis avait suivi les consignes avec la plus grande attention.

C'était lui qui avait donné sa première purée au petit qui hurlait sa faim après un biberon qi semblait insuffisant. C'était lui qui avait reçu la première cuillerée de carotte, recrachée au visage de son père, par un fils souriant avec naïveté, heureux du nouveau jeu qu'il venait de découvrir.

Un raclement de gorge le tira de sa rêverie. Sylvie le regardait avec étonnement.

– Pardonnez mon impolitesse Madame Bodin. Mais ma famille m'inquiète plus encore que mes recherches….

On frappa à la porte coupa la parole du militaire. Marguerite entra dans le salon, gênée de déranger et, déclara.

– Sa ma… Madame, se reprit-elle, en butant sur le titre qu'elle ne devait prononcer, émet le souhait de se balader afin de profiter de l'air marin, comme le médecin l'a préconisé. Monsieur de Montréal se propose de les accompagner, elle et Monsieur Louis.

L'annonce crispa Oliver. Il ne voulait pas que ces deux-là s'isolent. Pas après l'épisode de la Suisse. Pas qu'il n'avait pas confiance en Jack ou en leur Reine. Ils n'oseraient pas remettre ça. En particulier avec le prince qui les accompagnait. Mais il ne voulait pas prendre de risque. Cependant il ne savait comment interdire légitimement à « son épouse » de quitter leur domicile, alors qu'elle suivait les recommandations du médecin.

– Je pense, commença-t-il … »

Il fut interrompu par l'entrée de la souveraine, suivi d'Aramis, le Dauphin, dans ses bras.

– Olivier, lança la jeune reine en entrant dans le salon, avant de s'arrêter, face au visiteur de son mari. Madame, salua-t-elle, d'une grâcieux mouvement de la tête. Je vois que vous ne pouvez nous accompagner Louis et moi-même, mais je me sens en assez bonne forme pour faire une courte balade.

– J'en conviens, Anne. Mais ne vous épuisez pas, le médecin vous a préconisé de l'exercice mais sans excès.

– Je prendrai garde à ne pas présumer de mes forces.

Voyant la Reine faire demi-tour, il réalisa qu'il ne pouvait la laisser partir ainsi.

– Je laisse Henri vous accompagner. Peux-tu t'occuper de ta belle-sœur ?

Il croisa les doigts qu'Aramis entre directement dans son jeu, sans poser de question. Il sentait le regard du gouverneur dans son dos, qui ne perdait pas une miette de ce qu'il entendait. Il vit la reine se figer, un instant, avant de plonger son regard dans celui de son amant, une lueur particulière au fond des yeux. Et son compagnon d'armes aux aguets. Celui-ci habitué aux changements de dernières minutes, dans un plan, compris instinctivement qu'il aurait des explications plus tard. Il savait aussi qu'il aurait droit à un immense laïus et que ce grain de sable dans un plan si bien huilé ne plaisait pas aucunement à Olivier.

– Peux-tu le faire Henri ?, insista le faux comte de Marigny.

– Je suis prêt à tout pour le bien-être de ma belle-sœur.

L'air heureux sur le visage de son ami parlait de son bonheur d'être avec l'enfant et peut-être aussi la reine. Il accompagna le couple dans le hall de la maison suivi par le gouverneur avide d'en savoir plus. Il vit les deux parents habiller l'enfant, Aramis aider leur souveraine à passer une veste puis une fois lui-même couvert, il récupéra l'enfant qu'il serra contre son torse et tous trois sortir dans la lande.

Oliver poussa un soupir, et ferma les yeux avant se tourner vers son invité dont les yeux brillaient du désir d'en savoir plus. L'heure des explications avait sonné. A lui de jouer correctement son rôle avant d'en informer le reste de la troupe.

A suivre