Bien le bonjour voyageurs !
Mais que vois-je ? Trois super reviews pour un chapitre ! Ca me fait super plaisir, j'y réponds de ce pas :
Zakuro : Déjà j'aime trop ta façon de te préparer xD Ca va de la bouffe, à la musique et à l'étirement (je t'imagine trop t'étirer les yeux façon cartroon). Ouiii plus c'est long mieux c'est ! Hrm hrm, on parlait des chapitres évidemment. Aaaah nan faut pas penser au kiki tout sale de Claude ! *mets les mains sur les yeux mais vois quand même *. On peut garder "la capuche saucissonnée", c'est tellement fandard xD Ouais, comme tu le soulignes, Edelgard et Akkira se ressemblent énoooormément, j'ai tellement hâte de développer ces points communs ! Ah oui, pour une fois on parle pas de ce Yuri là xD Aha j'ai adoré ton aparté xD Contente que tu commences à apprécier la louloute ! Ouais bonne question pour le brigilien, je me le demande aussi D: *coucou smiley*. Je vois bien une langue vivante (au sens propre du terme xD), qui bouge quoi, un peu sauvage. Ouais rends-toi compte, Akkira ne connait pas le charme xD Elle en apprend des choses dans ce Monastère dis donc ! Bien vu pour le soutien entre Hapi et Balthus ;) Ahaha, j'adoooore les surnoms de Hapi ! Ils dézinguent le respect de tout le monde, du coup pas d'exception pour Akkira xD Héhé Claude fidèle à lui-même :3 *essaye de taper le derrière de son crâne mais il anticipe* Regardez-moi ça ! Ah ouais effectivement je pense même que ça a débordé depuis xD (on parlait du sceau hein pour pas que tu sois perdue). Mouhahaha désolée pour Flayn xD Pareil, Akkira la voit que comme une gamine mais son opinion pourra changer ! Merci pour cette review des famiiiilles, ça me fait trop plaisir (et rire comme un phoque xD) !
Mijoqui : Hello Mijoqui :) Oui, j'ai retourné le jeu pour comprendre comment les élèves achetaient leurs armes et j'ai fini par avoir la réponse dans des soutiens :3 Contente que la référence te plaise ! Ouiiii, purée Lorenz, pas blairable ce garçon xD Hihi, oui, Akkira perçoit de plus en plus de choses lorsqu'elle côtoie Edelgard :) Je savais que tu repérerais les clins d'oeil héhé, je me dis que j'ai bien fait de poncer les soutiens des personnages :3 ca m'a permis de bien visualiser leurs personnalités ! Comme d'hab', Akkira exagère xD Yeah Ashe est là ! *high five d'Akkira pour la viande rouge* "C'est beau que Petra s'entaille le doigt", je me dis que les persos qui apparaissent le plus sont de sacrés sauvages xD. Merci pour tous ces compliments, ça me motive à fond pour la suite :D
Guest : Oh une nouvelle tête, bienvenue ! *fais un grand coucou* Déjà je suis contente que mon histoire te plaise alors que tu n'es pas très portée sur les OC :3 Oui Akkira est clairement une tête à claques au début, le nombre de fois où j'ai eu envie de la secouer xD Ca me rassure que son évolution te plaise :3 Ouais, comme tu l'as souligné, qui dit Brigid, dit Empire ! Ah toi aussi tu aimes les cerfs ? Bon y a le trio des terreurs (Raphael Ignatz Lorenz) que je n'apprécie pas énormément mais le reste je les adore :3 En tout cas merci beaucoup pour ta review, ça me fait trop plaisir ! Est-ce que je pourrais juste te demander une chose ? "Guest" est attribué aux revieweurs qui n'ont pas de nom, est-ce que tu pourras juste en mettre un (au hasard si tu veux) juste pour que je puisse te différencier ? ce serait sympa :3 à bientôt peut-être !
RAPPEL :
- Les dialogues rédigés en gras sont en brigilien.
- Les dialogues rédigés normalement sont en fódlien.
- Les mots que ne comprend pas Akkira sont rédigés comme ceci "? ? ?".
Bonne lecture ! On se retrouve à la fin pour le petit commentaire de l'auteure !
Chapitre dix
Présager
A l'extérieur, les pluies verdoyantes, propres au nouveau cycle de la lune, s'abattent férocement sur le Monastère. Elles ne ménagent pas la poivrière maçonnée au dessus de la bibliothèque, elle-même construite à l'angle d'un bastion. Le clapotis du déluge se répand dans toute la pièce où règne une insonorité inconfortable. C'est comme si les événements du mois dernier empiétaient sur le moral de tout le monde.
Je baisse la tête vers ma feuille, vers les colonnes de verbes de différents groupes et les pronoms. J'ai du mal à me concentrer, hier j'étais nettement plus appliquée. Peut-être est-ce à cause des révélations d'Edelgard sur le sort des malfrats qui ont envahi le Mausolée sacré ? Je frotte mon front dégagé et trempe ma plume dans l'encre. Allez, j'ai encore plein d'exercices à résoudre avant de pouvoir me rendre sur le terrain d'entraînement. J'y pense, il doit être désert vu la virulence de l'esprit de l'Eau. Je suis quasiment certaine que seuls Jeritza et Felix ont bravé le temps.
J'analyse le mot qui porte l'écriture manuscrite et penchée de Claude. « Présager – 1er groupe ». Il a ajouté également une petite définition pour m'inculquer le terme. « Synonyme de prévoir ». Je soupire. Evidemment, ça lui ressemble bien de m'apprendre des verbes excentriques que j'utiliserai une fois tous les 24 du calendrier impérial. Je lui jette un regard à la dérobée. Assis à ma gauche, il est plongé dans un livre si volumineux que je me demande comment la table fait pour supporter son poids. Quand le Cerf se trouve dans cet état de haute concentration, c'est comme si plus rien n'existait autour de lui. Enfin, c'est ma théorie. J'appose la plume sur le parchemin et... oh mince, j'ai mis trop d'encre. Tant pis. Donc « Présager », verbe du premier groupe. D'accord, je vois. Je remplis les lignes de mon écriture brouillonne, moins fluide que celle de Claude, en marmonnant à voix haute :
- Je présage, tu présages, il présage, nous présageons...
Nous présageons... Je m'arrête, les yeux dans le vague. Encore cette pénible impression. Celle qui me souffle que nous aurions pu présager les conséquences de cet affrontement. Que nous aurions pu prédire le jugement de Rhea. Selon le rapport d'Edelgard, les prêtres impliqués dans l'offensive du mois dernier ont été accusés des faits suivants : incitation à la rébellion, invasion du Mausolée sacré bâti en l'honneur de Sainte Seiros et tentative d'assassinat de l'archevêque. Autant de crimes ont entraîné la peine de mort pour eux. Cela a soulevé de nombreuses questions chez les Aigles. Les plus pieux ne comprennent pas pourquoi l'Église occidentale voue une telle hostilité envers Rhea, que c'est impensable de honnir une personne aussi charitable. Et il y en a d'autres comme Edelgard, comme moi, qui avions eu une toute autre pensée. Je l'ai lu dans ses prunelles parme que, pour la première fois, nous étions sur la même longueur d'onde.
« Pourquoi prendre une décision aussi radicale et précipitée qui ne consentait aucun interrogatoire ? »
Je me pince l'arête du nez. C'est absurde Akkira. Pourquoi le sort de ces prêtres t'importe-t-il ? Alors que toi-même tu as décimé un tas de soldats impériaux sans état d'âme ?
- Oh, Ashe ! fait une voix fluette.
Ashe ? Je me redresse bien droite sur ma chaise, tel un lièvre qui vient de surprendre un chasseur en train de bander son arc dans sa direction. Annette s'est levée pour accueillir le garçon pistache avec affabilité. Ce dernier porte des manuels dans ses bras. Cela semble un peu lourd pour lui, c'est vrai que son corps ne paraît pas très athlétique. Ils ne sont qu'à trois mètres de moi, leurs paroles me sont parfaitement audibles.
- Vous êtes là pour étudier vous aussi ? s'enquiert la rouquine.
- Oui, on est au calme ici. Ça aide à se concentrer, chuchote le garçon.
Mon regard doit être trop assistant car Ashe le capte rapidement. Il me sourit doucement et me fait même un petit signe de la main. Je suis un peu déroutée, ne sachant comment me comporter. Alors je l'imite gauchement. Son sourire s'élargit jusqu'à ses taches de rousseur puis il suit Annette jusqu'à une table pour travailler. Depuis ma place, j'ai une vue prenante sur eux. Mais oui... Je crois comprendre pourquoi je n'approuve pas la décision de Rhea...
- Vous ? ?
Je sursaute. Claude et son sourire ont incliné la tête pour avoir une vision globale de mon expression. Puis il suit mon regard et découvre les deux Lions. Je répète le terme qui ne m'est pas familier :
- « Raivassez » ?
- Rêvasser. C'est pareil que « rêver ». Où le placeriez-vous ?
Je bats des paupières et remets la situation. Ah oui, les verbes. Je me penche franchement sur le tableau des groupes verbaux qu'il a laissé entre nous. Il attend patiemment ma réponse, le menton juché sur son poignet. Voyons, « rêvasser »...
- Deuxième ?
- Réfléchissez bien.
Généralement, il me signale mon erreur de cette façon. Jamais de « Non ! », de « C'est faux ! », de « Vous êtes un cancre, ce n'est pas possible ! ». De même, il ne me donne jamais la bonne réponse. C'est à moi de la dénicher. Pour se faire, je dois retourner la problématique dans tous les sens, quelque soit le chapitre que nous étudions. Ça me scie les dents de l'avouer, mais j'apprécie ça chez ce fourbe. J'ignore s'il s'agit d'un trait de sa personnalité ou s'il a saisi l'un des principes majeurs des brigilènes : celui de régler ce qui nous concerne par nos propres moyens. Je remue les narines. Arrête Akkira, ce type ne peut pas être si clairvoyant. Ne lui prête pas plus de qualité que nécessaire. Agacée de ne pas trouver de solution, je frappe mon cahier.
- Mais il ressemble à « chasser » !
- Chuuuuut ! font des étudiants dans la salle.
- Ah mais... Chassez est un verbe du premier troupeau, je reprends en susurrant.
Et là il explose de rire, sans aucune retenue. Je suis sidérée, les yeux scotchés à sa figure hilare. Je n'aurais jamais envisagé qu'un noble puisse se comporter de cette façon, surtout ici, à la bibliothèque. Les élèves qui ont baigné dans l'aristocratie depuis leur plus jeune âge sont toujours dans la retenue et le maintien. Mais lui... Hm... Suis-je bête ? J'ai eu des tonnes d'exemples de sa nonchalance dans ce domaine. Je ne devrais plus m'en étonner à présent. Je reste un instant supplémentaire à inspecter son sourire. Un authentique enjouement, pas de supercherie cette fois. Tout à coup, un manuel vient lui tapoter le dos.
- On vous entend jusqu'aux dortoirs.
Nous nous tournons vers... Ah, je dois baisser les yeux. Vers une fillette aux étranges cheveux opalins. Lysithea, une habituée de la bibliothèque et un membre des Cerfs d'or. Au lieu de le calmer, l'apparition de la blanche augmente la gaieté de son délégué.
- Pardon Lysithea. Comment pourrais-je me faire pardonner ?
Je hausse un sourcil. C'est seulement notre troisième séance d'apprentissage du fódlien mais je le comprends aussi bien que Manuela. La fillette ne paraît pas surprise par l'espièglerie de son camarade. Celui-ci poursuit avant même qu'elle ne réponde :
- Je sais ! Je pourrais vous lire une histoire ce soir pour chasser les ?.
- Les « fantaumes » ? je répète.
Cette fois Lysithea s'emporte sans toutefois hausser la voix. Elle lui rétorque quelque chose d'un peu incompréhensible et trop soutenu pour moi. Je saisis seulement qu'il devrait arrêter de la traiter comme une enfant. Claude affiche alors une mine outrée.
- Loin de moi cette idée !
- Et arrêtez de prendre ce ? avec moi !
- Ce « ton » ? je fais comme une automate en comptant ensuite sur mes doigts. Mon, ton, son... hm...,vôtre, nôtre, leur.
Lorsque je finis ma récitation, je m'aperçois que Lysithea est déjà à l'autre bout de la pièce. Quant à l'autre, il … Ah ? Il était en train de me regarder faire. Une lueur moqueuse brille au fond de ses émeraudes. Je cache mes mains sous mes cuisses, honteuse d'avoir eu recours à un réflexe aussi infantile.
- Ne faisons... Non. Ne faites pas comme avec Lysithea. Ne me parlez pas comme si je suis...comme si j'étais une en... une enfant.
- Non, jamais !
Voilà un « jamais » qui sonne comme un « je le ferai à la prochaine occasion que vous me donnerez ». Il secoue la tête et s'accoude à la table.
- Dites-moi plutôt, vous avez faim ?
Quand il me parle en face, comme ça, et que je peux lire plus aisément sur ses lèvres, il m'est encore plus facile de saisir les mots qu'il utilise.
- Oui. Un peu, pourquoi ?
- Vous me parliez de « troupeau » au lieu de « groupe ». Vous ramenez tout à la nourriture.
- Non Claude, je surenchéris en le coupant presque. Pas le nourriture mais à la chasse, oui.
Son sourire se fane légèrement pour donner plus d'ampleur à son regard. La même curiosité que lors de notre défi plane dedans. Je me pince la cuisse pour ne pas détourner la tête. Ce serait admettre que je cache quelque chose. Un secret trop imposant qui mettrait en péril mon existence s'il venait à être découvert. Pour simuler mon aisance, je dis :
- Quoi ?
- Vous avez une façon plutôt... ? de prononcer mon prénom.
- « Insaulite » ?! je répète agressive.
- Il n'y a aucun problème Akkira, fait-il comme pour me rassurer.
Nous nous dévisageons encore. Mais bien sûr. Il veut tenter de me faire avaler que c'est un comportement normal, ça ? Fixer les gens sans bouger et attendre que l'une de leur faiblesse éclose ? Ne pouvant pas supporter davantage son insolence, je tourne mon visage. Aussitôt mon attention se porte sur Ashe et Annette. Et alors les élucubrations refont surface comme si mes songes n'avaient pas été interrompues. Si je n'approuve pas le décès brutal des membres de l'Église occidentale, c'est parce que je ne me souviens que trop bien du chagrin d'Ashe qu'a occasionné le trépas du Seigneur Lonato. Son visage décomposé, ses larmes, telles des plaies ouvertes qui ne sécheront jamais. Son accablement a réveillé mon empathie. C'est encore tenu mais je sens que j'ai changé. Pour ne pas m'y attarder trop profondément, je repense au Seigneur Lonato. Il a provoqué une rébellion contre l'Église de Seiros. Ce genre de conflit ne se déclenche pas sans raison. Pour éviter de faire souffrir le plus grand nombre, n'aurait-il pas été plus rationnel de trouver un compromis ?
Je me statufie et en perds ma plume. Attendez... Cette situation... Je peux remplacer le Seigneur Lonato par Brigid et l'Église de Seiros par l'Empire. Trouver un compromis, une conciliation... Les mots incisifs de Petra reviennent me hanter :
« La guerre n'apporte que la désolation »
Je plaque ma main contre ma bouche en omettant que mes doigts sont imbibés d'encre. Arrête Akkira, arrête de réfléchir à ça. Tu ne dois pas te remettre en question. Encore une fois, je darde mon attention sur Ashe et sur celui auquel il tenait et qui est décédé.
- Dites-moi, je chuchote à l'intention de Claude.
- Hm ? Un instant s'il vous plaît.
Je me tourne vers lui et le découvre totalement préoccupé par sa lecture. L'envie de lui infliger un coup de coude est tentant mais je me retiens. Je fais preuve de la patience que j'ai développée dans les Crocs de Fódlan et me consacre à mon exercice de conjugaison. Nous finissons notre affaire quasiment en même temps. Ses émeraudes rieurs sont de retour. Ouais, ouais, je sais, je dois avoir de l'encre partout sur le menton.
- Je vous écoute.
- Pouvez-vous m'ex... m'expliquer l'Église. Ici et... l'autre.
Ses sourcils se surélèvent. Il ne devait pas s'attendre à ce que je m'intéresse à ce genre de sujet. J'ai bien remarqué qu'il lisait beaucoup de manuels d'histoire et de politique. Il doit en savoir un minimum pour éclairer quelques unes de mes zones d'ombre. A part lui, je ne sais pas à qui demander ça. Il me sonde un instant en se frottant le menton. Est-il en train de se demander ce que je compte faire de ces informations ? Après quelques instants de réflexion supplémentaires, il tire mon cahier, ouvre une autre page et trace grossièrement des traits.
- Je peux ? finit-il par demander.
- Vous êtes... vous avez déjà commencé, je répond en soupirant.
- En effet.
Puis il place le dessin entre nous deux. Je reconnais Fódlan et ses trois pays : l'Empire d'Adrestia au sud, le Saint Royaume de Faerghus au nord et l'Alliance de Leicester à l'est. Au centre il a esquissé un semblant de cercle. Les montagnes d'Oghma, et plus précisément Garreg Mach. Il se penche et je dois me décaler pour éviter que son coude me rentre dans le sein. Il note au dessus « Église centrale ». En accentuant bien sur les mots compliqués, il m'explique que l'Église de Seiros à son siège ici, à Garreg Mach. Elle est parfois nommée Église centrale par rapport à son emplacement géographique.
Puis il dessine deux petits ronds : l'un à gauche, l'autre à droite. Enfin il termine par une croix au sud. Il la désigne et m'explique qu'il s'agissait de l'Église méridionale mais qu'elle a été abolie par l'Empire d'Adrestia. Oh ? C'est un peu surprenant ça. Il continue et m'indique le rond à l'est, dans les territoires de l'Alliance, l'Église orientale. Et enfin le cercle à l'ouest, à la frontière du Royaume et de l'Empire. C'est l'Église occidentale, celle qui a fomenté la tentative d'assassinat contre l'archevêque.
Je hoche la tête pour signifier que j'ai bien assimilé les informations et m'apprête à poser une question vis à vis de l'Église méridionale quand un détail capte inopinément mon attention.
Sa natte.
J'allonge ma main propre et l'effleure. Elle n'est pas tressée de la même façon que la dernière fois. Plus resserrée, moins ample que celles qu'on trouve sur Brigid. Que celles qui parcourent les côtés de mon crâne. Je plante mon regard interrogateur dans le sien.
- Ça, ça n'est pas Brigid. D'où s'est fait ?
- Claude !
Le cerf à la coupe au bol violette fait irruption à notre table. Avec sa voix pédante et puissante, il s'attire l'hostilité de toutes les personnes présentes. Son regard d'aigle... enfin de cerf... enfin peu importe me sonde et s'attarde sur mon menton tacheté. Son délégué lui répond :
- Bonjour Lorenz. C'est intéressant, sous la lumière de la ? vos cheveux sont plus ?.
Comme Claude désigne la chandelle au centre de la table, j'imagine qu'il parle de cette lumière là. Par contre je ne comprends pas « soyeux » en fódlien. C'est un synonyme de « laid », c'est ça ? Le garçon à la voix insupportable se met à déblatérer tellement de fadaises incompréhensibles que je décroche au bout d'une demie seconde. Je tourne la page pour revenir aux exercices de conjugaison et me rappelle que j'ai fini. Tout à coup, le dénommé Lorenz me désigne d'un ample geste. Je crois repérer le verbe dans sa phrase soutenue, du coup j'en profite pour m'entraîner. J'ignore ce qu'il signifie mais il ne doit pas y avoir dix mille façons de l'écrire.
- « Batifoler ». Verbe du premier troupeau, je marmonne à voix haute pour m'aider.
Et le rire sincère de Claude me signifie que je ne me suis pas trompée.
/
Nous sortons tous de la carriole pour affronter deux choses : les voleurs qui ont établi leur repère sur la voie Magdred et la fébrilité de l'esprit de l'Eau pour honorer la lune des Pluies verdoyantes. Ce temps ne me dérange pas, il faut bien abreuver la Nature. Par contre, notre visibilité est fortement réduite. Une légère brume s'est levée et vient se confondre avec le ciel. La végétation est luxuriante, elle peut devenir un atout comme un désavantage. Pour sûr, elle peut constituer une très bonne cachette pour camoufler nos ennemis. Je contemple les alentours. C'est donc dans cet environnement que le garçon pistache a assisté à la mort de l'un de ses proches, le Seigneur Lonato. Je place une main tout contre mon cœur pour décoder mes émotions. Serait-ce à nouveau de l'empathie ? Peut-être... Peut-être mêlée à de la mélancolie.
- Bien, bien, bien. Nous y voilà.
Je me tourne vers Manuela. Ses talons sont plantés dans la boue mais ça n'a pas l'air de la déranger plus que ça. Pour une ancienne diva je la trouve parfois très... naturelle. Même si les combats la répugnent, ça se sent qu'elle a de l'expérience dans l'art de la guerre.
Je crois que Seteth l'a bien cernée au fil des années. Le dimanche, les étudiants sont libres de vaquer à leurs occupations et à leurs loisirs. S'ils le souhaitent, ils peuvent même suivre des séminaires proposés par les professeurs et les membres de l'Ordre qui sont présents, ou partir en expédition à l'extérieur de Garreg Mach. Contrairement aux Lions de saphir et aux Cerfs d'or, les Aigles de jais ne profitent jamais des week-end pour effectuer des quêtes ou remplir des missions. Et seule l'enseignante peut prendre cette décision. Selon les rumeurs, Seteth aurait réprimandé sévèrement Manuela pour son oisiveté. J'imagine que c'est également lui qui l'a incitée à partir en quête des bandits qui sévissent sur la voie Magdred.
L'ancienne chanteuse resserre sa cape autour d'elle. Il fait un peu plus frais qu'au Monastère, signe distinctif que nous sommes bien dans les territoires du Royaume. Manuela nous explique que le repère des voleurs est un peu plus loin au nord. Comme nous ne pouvons pas nous enfoncer dans les frondaisons avec la carriole, nous allons poursuivre à pieds.
- Hubert, pouvez-vous nous faire part de votre plan ? s'enquiert Manuela d'une voix forte pour couvrir la pluie.
Tous les Aigles savent que le toutou maléfique excelle en stratégie. Malgré nos capes identiques et nos capuches, je parviens à l'identifier grâce à sa grande taille. Comme souvent avec son style langagier, je ne capte qu'un mot sur deux. De ce que je comprends, il propose d'étendre notre périmètre de recherche au maximum. Pour se faire nous allons nous diviser par troupeaux de... non, par groupes de deux. Il préconise des duos complémentaires.
- En tant que serviteur de Dame Edelgard, je ne peux me permettre de choisir moi-même les ?.
« Couples » ? Ce mot est souvent utilisé par les étudiants sentimentaux qui rêvent d'amour. Aurait-il une autre signification ? Je pense bien car je vois mal Hubert devenir le parrain de notre vie romanesque. Je m'approche de lui pour distinguer ses lèvres sous sa capuche. Il enchaîne en disant... euh... Quelque chose du genre qu'il ne peut pas inférer dans les délibérations finales de la déléguée. Celle-ci prend alors la parole pour former lesdits « couples ». Oh la, j'ai copulé avec mon associé une paire de fois mais je n'ai jamais eu envie d'embrasser qui que ce soit. Alors ça ne va pas commencer aujourd'hui. Le timbre vibrant d'Edelgard transcende la pluie :
- Manuela, si je peux me permettre.
- Je vous en prie.
- Dans ce cas, vous ferez équipe avec Bernadetta.
Ah. Faire équipe. Ça ne m'emballe pas des masses non plus mais c'est nettement préférable à une séance d'accolades inadaptées. Nous ne sommes que huit, avec un peu de chance je formerai le fameux « couple » avec Petra. Bernadetta, qui est à deux doigt de rendre l'âme depuis que nous avons quitté les enceintes de Garreg Mach, semble un peu rassurée de faire équipe avec notre enseignante. Cette fille... Elle me fait penser à une proie, à un lapin dans les herbes hautes qui fuit au moindre danger.
- Constance vous...
- Ho ho ho ho, oui ma chère ?
- Vous serez avec Ferdinand.
- Oh... Hrm... Parfait.
Ouais, à mon avis ce « parfait » est un synonyme soutenu de « fait chier »... Il reste donc Edelgard, Hubert, Petra et moi. Les duos me semblent évidents.
- Hubert, vous ferez équipe avec Petra. Et Akkira avec moi.
Qu'est-ce que je di... Quoi ?! Edelgard avec... moi?! Le toutou maléfique semble fortement désapprouvé cette décision. Seulement, je l'ai assez surveillé pour savoir que, pour les intérêts de sa dame, il n'interfère jamais en public. En douce, peut-être, mais pas devant elle. Ce serait un acte d'humiliation envers sa maîtresse. La déléguée poursuit en nous informant du signal sonore qui nous devrons émettre en cas de collision avec les voleurs. Du doigt, elle balise le terrain que chaque duo va devoir fouiller et finit en s'adressant à moi :
- Allons-y.
/
Edelgard arpente la forêt à seulement un mètre de moi. Elle tient solidement sa hache, prête à contrer une éventuelle embuscade. D'après moi ça m'étonnerait que ces malfrats puissent avoir une telle idée, ils n'ont aucun moyen d'être avertis de notre présence. Voilà donc bien un précepte qu'on a dû inculquer à cette future impératrice : la prudence. Pour faire bonne impression, je l'imite et
dégaine mon arc.
Elle me jette un coup d'oeil mais reporte promptement son attention sur la futaie devant nous.
- J'ignorais que vous étiez intéressée par le ? de l'arc.
Le « maniement ». Manier, verbe du premier troupeau. Une esquisse de sourire apparaît sur ses lèvres fines.
- Vous travaillez dur, tout comme votre cousine. Les plus fainéants devraient prendre exemple sur vous. Au lieu de ça, ils ? de leur statut de noble pour négliger leur entraînement. Pire, ils ? des rumeurs sur les étrangers.
« Propagent ». Propager, verbe du premier troupeau aussi. Il est bien rempli, ce troupeau. Je ne comprends pas tout à fait ce mot, mais je crois saisir le sens de sa phrase. Il faut croire que les cours de Claude sont efficaces. En tout cas, je suis surprise qu'elle fasse attention à son débit de parole en ma présence. Je ne suis pas vraiment flattée, ça prouve que je dois encore faire des efforts pour être au niveau des autres. Elle s'arrête au niveau d'un arbre, perdue dans ses pensées.
- Edelgard ?
- J'imagine que le terme « étranger » n'était pas très respectueux.
- « Resp... respectueux » ?
- Oui. Ce n'était pas très poli.
- C'est faux. Je suis étrangère, je suis brigilène. J'aime être brigilène.
Elle hoche la tête, comme convaincue par ma réponse, puis se remet à sonder les alentours. J'adopte également une posture défensive. L'ennemi peut surgir d'un moment à l'autre. L'ennemi... Je ralentis pour laisser la blanche me doubler. Je sonde le dos d'Edelgard et ma tension double. Elle réanime ma colère qui s'était endormie depuis quelques temps. Il est là, le véritable ennemi, Akkira, à portée de tes pulsions. Tu n'as qu'à armer ton bras pour lui trouer la peau. Mes phalanges se resserrent autour de la poignée de mon arme. Elle est seule, tu n'auras peut-être pas de meilleure occasion que celle-ci. Éliminer la future impératrice, voilà la meilleure façon d'ébranler l'Empire. De désarçonner ses projets et de...
Une grosse goutte glisse d'une feuille et tamponne mon visage à découvert. Mais... mais qu'est-ce que je raconte ? Ce n'est pas le moment de me laisser guider par ma haine et ma soif de vengeance. Si j'abats Edelgard ici, les unités choisies pour cette mission sauront que je suis la responsable. Moi, la brigilène. La faute sera reportée sur Brigid et une nouvelle guerre éclatera, sûrement plus meurtrière encore. Je dois agir dans la discrétion, comme la Mercenaire que je suis devenue, comme une ombre.
M'approcher au plus près d'Edelgard, de son noyau de confiance. Si j'analyse ses paroles de tout à l'heure, elle est du genre à apprécier les personnes qui font des efforts pour s'améliorer. C'est donc cette image qu'elle a de moi aujourd'hui, je ne dois pas tout gâcher. Mes doigts relâchent leur emprise sur la poignée. Je m'éructe la voix.
- Edelgard, je dois dire... je dois vous dire quelque chose.
- Je vous écoute.
Un mouvement. Dans ce buisson, à trente mètres. J'arque, vise et tire. La flèche se plante dans un lièvre qui venait à peine de sortir de sa cachette. Edelgard considère ce tableau en fronçant les sourcils. Elle a tout de suite assimilée que je n'étais pas une débutante avec cette arme. Puis elle se détourne vers les arbres pour guetter les environs.
- Je vous écoute avec attention, souligne-t-elle.
Je suis rassurée qu'elle ne pose pas son regard inquisiteur sur moi. Dans ce domaine, elle doit égaler Claude, ce qui n'est pas rien. Et puis il m'est impossible de simuler la tristesse, le désarroi, la gêne ou quoi que ce soit. Elle devinerait immédiatement que l'histoire que je m'apprête à lui sortir est un mensonge.
- Je sais manier l'arc.
- C'est ce que j'ai cru constater. Pourquoi l'avoir caché ?
J'ai répété assez mon texte pour savoir précisément ce que je vais dire.
- J'utilise l'arc quand j'étais enfant. Très forte, mon peu... peuple mangent bien grâce à moi avant. Et puis je... j'ai blessé un ami. C'était grave, on a dû couper sa jambe. Je crois que... j'avais la peur ensuite.
J'ai le cœur qui bat à cent à l'heure. Ai-je trop balbutié et haché mes mots ? Ou pas assez ? La déléguée des Aigles ralentit mais ne se retourne pas. Elle s'égare dans ses pensées avant de revenir à moi :
- Et maintenant, ressentez-vous encore la peur ? Je veux dire, votre tir était très ?.
- Je ne comprends pas le dernier mot.
- « Précis ». Vous avez touché ce lièvre du premier coup.
Mince. Que répondre à ça ? Vite, sinon elle va trouver ça suspect. Je pense à Petra, à son honnêteté, sa bienveillance. Que dirait-elle à ma place ? Quelque chose dans ce style...
- Non, je n'ai plus la peur. Je n'ai plus la... le droit car je dois aider. Je dois com... combattre avec vous, juste à côté de vous.
Elle s'apprêtait à se retourner mais le signal sonore retentit. Si je me réfère à son intensité, je dirais qu'il provient du groupe de Petra et Hubert. Ce n'est pas très loin de notre position. Edelgard pointe une autre direction avec sa hache. Je comprends ce qu'elle souhaite faire.
Une embuscade sur l'ennemi.
J'agrippe plus sévèrement mon arme. Cette fille est vraiment redoutable, dans bien des domaines.
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Nous avons chassés les bandits de leur terrier. Une patrouille viendra jusqu'ici dans les jours à venir pour vérifier qu'ils ne sont pas revenus établir un campement. Nous quittons la forêt dans des états très différents. Ferdinand et Constance reprennent encore leur souffle. Ils se sont démenaient comme des diables comme s'ils cherchaient à prouver quelque chose. J'ai cru comprendre que le rouquin prenait notre déléguée comme rivale. Et Constance n'arrête pas de répéter qu'elle souhaite restaurer le prestige de sa Maison. Sûrement ont-ils voulu faire une forte impression. Lorsqu'elle venait étudier avec nous, j'ai pu constater que la fille Nuvelle agissait parfois différemment lorsqu'elle se tenait à l'extérieur. Pourquoi se conduit-elle normalement aujourd'hui ? A cause du mauvais temps ? Dur à dire. Edelgard et Hubert ont également participé activement à la bataille, seulement les dommages chez eux sont quasiment inexistants. Bernadetta et Manuela étaient à l'exact opposé de la position des voleurs, elles sont arrivées après l'affrontement.
Et Petra... Oh, elle fut clairement l'héroïne de cette escarmouche. L'accumulation de ses efforts a porté ses fruits et le résultat est fort prometteur. Cela n'a échappé à personne. C'est sûr, son maniement de la hache n'équivaut pas celui d'Edelgard, mais elle est plus agile que la blanche. Force et vitesse. Voilà bien des atouts de nous autres brigilènes. Quant à moi, je ne fus pas aussi performante que je l'aurais souhaité. Les esprits du Vent et de l'Eau m'ont affligée pour me punir d'avoir menti à Edelgard. Les esprits de la Nature ne tolèrent pas la fausseté et l'hypocrisie, ce que je peux comprendre. Mais je ne suis pas déçue de ne pas m'être démarquée. Au contraire, je suis ravie pour ma cousine.
La carriole est en vue, notre cocher nous attend. Manuela déclare qu'elle va profiter du trajet retour pour soigner les blessés. Alors que Bernadetta et Constance montent dans la charrette, Edelgard vient à moi. Elle est si petite, et cette cape camoufle sa prestance naturelle. Elle fouille sous son pardessus et tend sa main vers moi.
- C'est pour vous.
J'arque un sourcil et mets un certain temps avant de consentir à allonger le bras vers elle. Je contemple sans comprendre le bouquet garni.
- Qu'est-ce que c'est ?
- Des herbes. Faites les ?.
- « Infuser » ?
- Demander à Ferdinand de vous le préparer, il adore le thé. Ces herbes éloignent l'angoisse, vous vous sentirez mieux.
Puis elle s'avance encore pour que nos prunelles se rejoignent. Nous n'avons jamais été aussi proches. Je plisse instinctivement le front. Cette fille... Elle doit avoir dix-sept ou dix-huit ans, mais ses yeux en ont vécu dix de plus. Elle ouvre la bouche et parle lentement pour que je puisse bien saisir.
- Vous êtes un Aigle, Akkira. Vous faites partie des nôtres. Si vous avez un problème vous pouvez m'en parler. Cela fait partie de mes ? de veiller sur vous.
Je ne saisis pas « attributions » mais là encore la phrase est limpide. La déléguée s'éloigne sur ces mots et rejoint les autres dans la carriole. Un brin déboussolée, je me prépare à en faire autant quand tout à coup une ombre surgit à mes côtés.
Hubert.
Mes poils se hérissent sur ma nuque trempée. J'agrippe ma main pour l'empêcher de prendre une flèche et de la lui planter dans le cœur. Ce type ne m'inspire que du dégoût et de la méfiance. Et me retrouver seule avec lui n'est pas pour me rassurer. Un rire sinistre lui échappe. Il retire sa capuche et son œil dégagé me perfore la vision.
- Ne soyez pas si inquiète. Je vous aurais bien préparé l' ? moi-même, mais voyez-vous j'ai une sainte horreur du thé.
Il attend une réaction de ma part. Qui ne vient pas.
- Dame Edelgard a raison en ce qui vous concerne. Vous êtes angoissée. Ces herbes vous feront du bien.
Puis il penche la tête, toujours en conservant son sourire cynique. Je préfère de loin celui d'Ashe. Et même celui de Claude. Celui de Hubert est tout sauf lénifiant. Je sens mes muscles se contracter, comme si je m'apprêtais à abattre ma proie. Ce type... Il me pousse à me mettre en garde. Il fait un pas dans ma direction et se penche à mon oreille.
- Si vous vous sentez ainsi, c'est que vous avez quelque chose à vous reprocher.
Je frissonne sous la cape. Ce n'est même pas une question mais une affirmation. Je me décale pour replacer une certaine distance entre cet être maléfique et moi. Ma gorge est si nouée que je ne parviens qu'à sortir un lamentable :
- C'est faux.
On nous appelle mais ni l'un ni l'autre n'esquissons le moindre geste. J'ai l'horrible impression que si je lui tourne le dos, là, maintenant, il va me liquider. Il m'examine longuement avant de reporter son attention sur la carriole.
- Votre cousine s'est parfaitement ?.
- « Intaigrée ? »
Il ne fait pas l'effort de m'expliquer mais poursuit plus lentement, d'un ton on ne peut plus glacial encore :
- Vous devriez prendre exemple sur elle. Elle travaille dur pour faire honneur aux brigilènes. Et elle est bien plus franche que vous, ce qu'apprécie Dame Edelgard. N'oubliez pas ce qu'elle vous a dit : vous êtes un Aigle, Akkira.
Et il me laisse là pour regagner la charrette abritée. La pluie dégouline sur mes cheveux, mon front et mon menton. Les gouttes s'adressent à mes oreilles et couvrent la voix de Petra qui m'appelle à nouveau. J'expire un air trop comprimé dans mes poumons et tente de calmer l'adrénaline qui a monté les échelons de mon organisme. Je desserre enfin les poings et les ouvre devant moi. Les herbes que m'a offertes Edelgard sont toutes écrabouillées. De vives émotions m'ont envahies, des émotions auxquelles je ne suis plus habituée. Certes, les propos de la déléguée m'ont déstabilisée. Je me rends compte que je méconnais la personne qu'elle est, je ne l'imaginais pas si attentive au bien-être des autres.
Par contre cet Hubert... Il a réveillé ma terreur. Une peur profonde que je n'étais plus capable de ressentir depuis des années.
J'observe les herbes puis les lâche à terre. Elles viennent se mélanger à la fange et aux petits cailloux. Puis je fais volte-face vers la charrette où tout le monde m'attend. Tu te trompes, Edelgard.
Je ne suis pas l'Aigle.
Je suis le faisan.
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Je sais ce que tu veux savoir : qu'ont susurré les gouttes de pluie à mes oreilles ? C'est simple : une mise en garde. Non pire.
Un mauvais présage.
L'esprit de l'Eau s'est réconcilié avec moi l'espace d'un battement de cil et ce pour me transmettre l'alerte. « Hubert sait que tu trames quelque chose. Il te surveille constamment. Plus que tu ne le prévoyais. »
Et en vue de ce qui s'est passé ensuite, je ne peux que l'admettre. La pluie s'est montrée clairvoyante.
Les esprits de la Nature ne se trompent jamais.
Le petit commentaire de l'auteure : Aaah j'adore faire un titre qui possède au moins deux significations. "Présager" renvoie au premier verbe que conjugue Akkira dans ce chapitre. Mais surtout, il se rapporte aux menaces sous-entendues dans les propos de Hubert, tel un mauvais présage.
Au fil des chapitres, Akkira apprend à connaître d'autres personnages et donc d'autres personnalités. Plus elle côtoie Edelgard, plus sa vision qu'elle avait de la blanche se fissure. J'ai adoré écrire ce passage ! Et j'ai également apprécié faire celui avec Hubert, alias "le toutou maléfique" qui réveille la peur de la brigilène.
Au prochain chapitre, je me suis attaquée à un gros morceau : la mission de récupération de la Lance de la Destruction, et donc la confrontation avec Miklan. De l'action en perspective ! Sur ce, portez-vous bien et à tout bientôt !
Prochain chapitre : Diriger
Ciaossuuuu !
