Bien le bonjour voyageurs !
* snif snif * Mais serait-ce... l'odeur de trois reviews ?! Owiiiii ! C'est parti pour les réponses aux lecteurs :3
Katt : Oooh moi aussi j'adore Marianne ! Elle est tellement bien construite ! Tu m'as tuée avec Ignatz que tu juges "d'insignifiant" xD Alors mon avis n'est pas celui d'Akkira, perso je ne l'aime pas, ses soutiens ne m'inspirent rien et son évolution encore moins. Le seul aspect que j'aime chez lui c'est son amour pour la peinture :3 Aaaaaah Dorothea de mon coeur ! Contente que tu l'apprécies, c'est aussi l'Aigle que j'apprécie le plus (après Petra hein, Petra est hors catégorie xD). Excellente remarque pour les Aigles ! Oui, tu as vu juste, si Akkira n'est pas tellement proche des Aigles c'est parce qu'ils viennent de l'Empire, mais je ne peux t'en révéler plus, tu auras des réponses à tes questions prochainement :3 Contente que tu apprécies les loups alors que tu n'as pas pris le DLC :3 Oui je mets un soin particulier pour choisir les titres, du coup tes remarques me font vraiment plaisir. J'espère que la suite te plaira, merci pour ta review !
Zak : Aha j'adore que vous disséquiez les titres vu que je ne les choisis jamais par hasard hihi :3 Ouais, j'crois que ce cheval cache bien des choses vu comment il remue ses fesses... Ouais pareil, je suis contre la chasse :'( Malheureusement dans FE3H ils chassent pour se sustenter, et Akkira adore chasser. Pas bien Akkira ! * fessée * Tu m'as fait trop rire avec Gilbert xD A la base je devais faire tout un passage avec lui et la construction du luth, mais même si j'aime bien Gilbert, j'avais dû mal à imaginer ne serait-ce qu'une ligne de dialogue entre Akkira et lui xD Je comprends que tu ne l'apprécies pas, moi-même je ne l'aimais pas avant de faire la voie des Lions :3 Ouais t'as vu ? Beaucoup de ressemblances entre By' de AI et Akkira ! MWAHAHAHA ayé Claude Claudio Claudius t'a contaminé xD D'ailleurs grâce à toi c'est le verbe irrégulier que je connais le mieux xD *te serre la pince * Pour Claude, j'avais la souvenir que Balthus disait que c'était un nom commun mais maintenant que je lis ta review je pense qu'il dit aussi qu'il n'y a qu'un Claude dans la promo xD *perdue* C'est expliqué juste après la taquinerie de Dorothea, la brunette croit que Yuri et Akkira sont en couple après le passage du chapitre "Charmer". Aaaah Ignatz ! *crève ses yeux* "La jackpot des horreurs" x'D Ah ça y est, il fallait bien que ça arrive, tu m'as tuée ! Ouais héhé, pour la phrase avec El je savais que tu allais la citer MWAHAHA ! Et ce ne sera pas la dernière que tu citeras *smile* Merci beaucoup pour cette review, comme d'habitude j'adore tes remarques ! :3
Mijoqui : *te fais coucou car tu as tout à fait raison, il ne faut pas perdre les bonnes habitudes !* Ooh merci pour cette review en reaction live, ça me fait trop plaisir :D Bien joué pour les voies ! Je suis comme toi, il me manque la voie de l'Église à faire. Et dire qu'au lieu de la faire j'ai refait celle des Aigles pour ma fic xD D'ailleurs j'aime bien plus cette voie que lors de ma toute première partie ! Héhé, le chapitre démarre en fanfare ! Bwahaha Akkira et la spontanéité de ses pensées, c'est aussi pour ça que j'adore écrire à la première personne :3 Tu m'as tuée avec Jeralt et Giblert x'D (après Zak c'est toi qui me tue aujourd'hui !) Mais oui Akkira, fais pas trop d'allusion à Ashe, tu vois bien qu'il est tout rouge ! *tapote la tête de la brigilène* Marianne qui apparait mystérieusement xD En fait elle devait être là depuis le début, tapie dans l'ombre. Elle s'occupait de Dorte et s'est cachée à l'approche d'Akkira et Ashe. Pour la prononciation, j'avoue que quand il s'agit de deux termes qui se prononcent pareil à l'oral c'est un peu bête xD j'y ferai plus attention à l'avenir :3 "Dur dur d'être une ombre quand on est exposé à la lumière des autres" Oooh c'est si bien dit :0 ! *prends des notes* Akkira qui recherche dans des endroits improbables, il lui manque une case parfois, j'adore la faire comme ça xD N'est-ce pas Ferdie, on n'aime pas trop les abeilles dans le coin ! *clin d'oeil clin d'oeil* Pour répondre à ton interrogation et aussi à celle de Zak par rapport au départ éphémère des héritiers de l'Alliance, en fait dans le jeu ils ne partent pas vraiment (et ce même dans la voie des Cerfs). Par contre c'est mentionné durant ce mois, ils disent qu'ils sont partis (alors qu'en fait ils ont toujours été présents dans le jeu, ce que je trouvais bizarre xD). Pour les emblèmes, effectivement ils n'existent pas à Brigid, mais les brigilènes savent qu'ils existent. C'est plutôt dans ce sens là le "ce n'est qu'un détail", mais j'aurais pu mieux tourner cette phrase pour que ce soit plus clair :) Ouais Manuela n'est pas un modèle dans l'enseignement x3 je suis ravie si tu as apprécié le combat, j'essaie de les soigner car ce n'est pas ma spécialité ^^. Merci pour cette super review, au poil ! :D
RAPPEL :
- Les dialogues rédigés en gras sont en brigilien.
- Les dialogues rédigés normalement sont en fódlien.
- Les mots que ne comprend pas Akkira sont rédigés comme ceci "? ? ?".
Bonne lecture ! On se retrouve à la fin pour le petit commentaire de l'auteure !
Chapitre douze
(S)'Interroger
Je croyais qu'on avait bravé le plus dur. Que le pire était passé.
Felix et moi avons essuyé deux autres vagues de renforts avant de parvenir à rejoindre le groupe principal. Épéiste, mages, archers et escrocs maniant la hache. Voilà ce qui ont fait office d'obstacles à surmonter. Et ils apportèrent avec eux leur lot de blessures et d'écorchures. Si au début le Lion et moi nous battions chacun de notre côté, nous avons été obligés nous entraider. Je dis bien « obligés » car, croyez-moi, ni lui ni moi ne sommes doués pour le travail d'équipe. Mon escouade avait considérablement réduit mais les plus téméraires étaient encore debout, à mes côtés.
Et lorsque nous avons enfin atteint les autres au sommet de la tour, je me suis dit qu'il suffisait de botter les fesses à ce Miklan. Que c'était aussi simple que de grimper à un arbre. Dix élèves, un professeur et un chevalier de l'Ordre, il allait déguster. Seulement, ça ne s'est pas du tout passé comme je l'avais envisagé.
En fait, je crois que personne ne s'était attendu à ce scénario.
Une substance noire s'est extirpée de la Lance de la Destruction, la Relique de Héros que manipulait Miklan. Elle a commencé à consumer son bras et à son cri nous avons tous deviner qu'il n'était plus capable de lâcher son arme. Sylvain a hurlé son prénom mais personne n'a bougé. Pas même les acolytes de Miklan. Au contraire, ils ont quasiment tous fuis en voyant cette essence maléfique absorber leur chef, l'abandonnant à son sort. Cette masse... En l'observant en train de dévorer le rouquin, j'ai senti tous les poils de mon corps se dresser. Et puis quand la transformation s'est opérée et qu'il s'est présente à nous sous une taille et des traits monstrueux, mon instinct de chasseuse eut l'impression de faire face à la plus grande bête que les brigilènes eurent jamais croiser. Son rugissement nous fit tous reculer. J'en avais les membres engourdis et le souffle court.
Et nous y voilà.
- Grand frère..., marmonne Sylvain désappointé. C'est vraiment toi... ?
- Que tout le monde garde la position ! s'écrit Edelgard déterminée.
- Privilégions le combat à distance, proclame Byleth en dégainant cette fois l'Épée du Créateur. Mages et archers, c'est à vous !
La main moite contre la poignée de mon arc, je mets quelques temps à discerner correctement les ordres. Enfin, je bloque ma respiration et, comme je le fais pendant mes assassinats, je me coupe du monde entier. Ne reste alors plus que ma proie et moi.
/
Ensemble, nous vînmes à bout de ce qu'on appelle aujourd'hui « La Bête Noire ». Ensemble... Jamais ce mot ne m'avait autant ébranlée depuis mon arrivée à Garreg Mach. Nous étions une seule et même unité. Les soigneurs, Linhardt et Annette, usèrent de leur magie blanche pour nous remettre sur pied. Et nous autres, combattants, donnâmes le maximum de nos capacités pour venir à bout des défenses de ce monstre. Aucun soulagement ne nous gagna après cette victoire. Aucune euphorie. Juste de l'amertume, et de l'épouvante.
Rhea nous convoqua tous lorsque nous rentrâmes de mission. D'après elle, cette transformation en Bête Noire était un châtiment de la déesse pour avoir utilisé une Relique sans s'en montrer digne. Elle a sommé notre silence sur cet épisode. Si la population apprenait cet événement, elle perdrait toute foi en la noblesse étant donné que l'un de ses anciens affiliés s'était transformé en monstre en maniant une Relique. Déjà à l'époque je trouvais cette injonction suspecte et j'étais loin d'être la seule, tu le sais.
La Bête, la demande Rhea, la terreur ressentie ce soir orageux... Je m'en souviens très bien. Pourtant, ce que je me rappelle avec une exactitude presque anormale, c'est du regard qu'Edelgard a porté sur la Lance de la Destruction. Pas de fascination mal placée, ni de dégoût exacerbée.
Mais de la colère.
/
En cette fin de journée, je mets un temps fou à atteindre les étages supérieurs. Je crois que je n'ai jamais assisté à un tel foutoir. Les prêtres, les sœurs, les chevaliers, les écuyers et les élèves se marchent presque tous dessus. Tout le Monastère est en agitation depuis l'annonce de la disparition de Flayn. Et plus les jours passent, plus les rumeurs s'amplifient et deviennent... dramatiques.
Au début on pensait que la gamine était juste partie faire un tour. La seule fois où je l'ai aperçue, elle et ses cheveux aussi étranges que ceux de l'archevêque, c'était un jour où elle arrosait des fleurs délicates dans la serre. Elle ne doit pas sortir très souvent. Du coup je me suis dit que cette fois aussi elle vaquait à ses occupations et que Seteth avait paniqué pour des broutilles.
Sauf que trois journées passèrent et toujours pas de gamine retrouvée. La phase deux fut déclenchée. A voir le commandant en second de Garreg Mach, on jurerait qu'il était à deux doigts de s'uriner dessus à chaque instant. Il ordonna à tout le personnel présent et à tous les élèves de fouiller de fond en comble le Monastère. Il rappela également tous les chevaliers de l'Ordre pour les mettre sur le coup. C'était du grand délire, certains d'entre eux protestèrent une fois qu'il eut le dos tourné. Au final, Rhea atténua l'anxiété de tout le monde en demandant aux étudiants de se consacrer plutôt à leurs études et à leur entraînement, de laisser les employés du Monastère s'occuper de cette affaire. J'imagine qu'elle devait être aussi inquiète que son second, mais au moins elle avait la présence d'esprit de le camoufler. Semer la panique ne serait bénéfique pour personne. Et elle avait raison sur ce point. L'angoisse est un fléau pour notre conscience.
Toutefois la phase trois débuta avec la propagation de rumeurs inquiétantes. Certaines personnes avaient aperçu un individu rôder dans les rues du village en contrebas. Il aurait même attaquer des habitants certaines nuits. Et il y a deux sortes de ragots à ce propos. D'un côté, la majorité pense qu'il s'agirait du Chevalier Macabre, le même type qui a pénétré le Mausolée sacré durant la lune de la Céruléenne. D'un autre côté, les élèves des Aigles de jais ont évoqué le bourreau encapuchonné. D'après eux, il aurait infiltré récemment Garreg Mach pour venir prendre la tête de la future impératrice. Le pire dans tout ça, c'est que le bourreau encapuchonné, c'est moi. Et avec les rondes qui se sont multipliées la nuit, je ne peux même plus sortir de l'enceinte du Monastère pour assassiner deux-trois soldats impériaux et ainsi démentir les rumeurs. Quelle misère... Avec ces ragots, Seteth a établi un nouveau record dans l'échelle du tourment. Et le même bordel refit surface, il voulait que tout le monde se mette à la recherche de la petite fille.
J'ai cherché trente secondes dans la serre, vingt secondes près de l'étang – au cas où elle s'était noyée - puis je suis repartie en direction de la bibliothèque. Je me fichais bien du sort de Flayn. Son frère, l'archevêque et elle ne m'inspirent que de la méfiance. Mon instinct me dicte qu'il y a quelque chose de pas très net dans leurs liens.
Et pour ajouter une couche à tout ce désordre, cette lune sera sous le signe de l'échange interclasse. La décision a été prise Rhea le mois dernier et a été conservée malgré les récents événements. Sûrement souhaite-t-elle, une fois encore, limiter le vent de panique en maintenant certaines activités à l'Académie des officiers. Un élève de chaque maison allait prêter main forte à une autre l'espace d'une lune entière. Quand Byleth est venu me voir à la pause déjeuner pour que j'intègre la classe des Lions de saphir, j'ai failli lui recracher la salade de fruits que je venais d'avaler. Pourquoi moi ? Evidemment, je pouvais refuser sa proposition mais je ne trouvais aucun argument à lui fournir pour le faire. Et Petra avait l'air tellement fière de moi que je n'ai pu qu'accepter. Ses yeux pétillant auront raison de moi un jour...
Je m'arrête au milieu du couloir. Un monde fou navigue dans tous les sens, il y a même des parchemins qui volent jusqu'au plafond. Adieu le maintien. Tel le chasseur qui repère le cerf, j'aperçois la cape dorée de Claude tout au bout. Je ne l'ai pas vu depuis plusieurs semaines vu qu'il était parti dans les territoires de l'Alliance pour la réunion stratégique. Je n'ai pas pu beaucoup progresser en fódlien sans son aide, j'espère qu'il est conscient d'avoir manqué à son engagement. Il a le nez plongé dans un carnet et semble noter quelque chose. Toute l'agitation qui l'entoure ne paraît pas le déranger. Comme il vient dans ma direction, je l'attends. Hors de question d'affronter cette marée humaine.
Alors qu'il arrive enfin à ma hauteur et que je m'apprête à lui envoyer une remarque bien sentie, il relève brusquement la tête en souriant, comme s'il savait précisément que je me tenais là. Il referme le cahier et me le tend.
- Yo Akkira, vous allez bien ? Tenez j'ai noté la leçon du jour. Vous pouvez la lire à voix haute.
Je reste éberluée une paire de secondes. Il va vraiment faire comme s'il n'avait pas manqué à sa parole ? Je lui arrache le carnet des mains et l'ouvre. J'espère pour lui qu'il va se rattraper avec la leçon d'aujourd'hui. Qu'est-ce que... ? Je crois halluciner lorsque je découvre une seule et unique phrase que je lis à haute voix :
- « Vous m'avez manqué. »
- Ah ! Je le savais.
Je me mords les lèvres presque à sang pour me retenir de lui tordre le cou. J'en ai les mains qui tremblent tellement l'envie est pressante de lui faire la peau. Au lieu de quoi, je referme le cahier et frappe férocement son bras avec. Heureusement pour mon statut d'élève qui aurait pu être compromis après un tel acte, personne ne semble m'avoir remarquée. Il hausse hauts les sourcils et lance, goguenard :
- Je vais finir par croire que vous aimez me ?.
- C'est quoi « brutalizer » ? je rétorque avec virulence. Et puis non, je ne veux pas savoir. Vous avez la folie.
- Ce n'est pas faux. Je suis fou des secrets. Surtout de ceux du professeur Byleth, de Flayn et des vôtres.
Nous nous décalons pour laisser des prêtres affolés passer. Je me retrouve dos au mur, ce que je n'apprécie pas du tout. Me sentir en cage... Ça me hante toujours. Il est « fou... des secrets ». Des miens aussi. Je ne comprends pas cette association de mots fódliens.
- Vous êtes fou... Vous avez la maladie ?
Et là il s'appuie au mur comme s'il était souffrant. Sa main agrippe l'emplacement de son cœur et il affiche une mine épouvantable, comme s'il se faisait torturer. Il est si proche, ses cheveux ébouriffés chatouillent mon nez. Ah non... Je vais...
- Oui, je suis atrocement malade... Je... Au secours Akkira !
Ses mèches remuent contre mes narines. Je vais vraiment...
- Atchoum !
Il se redresse aussitôt tandis que je me frotte les naseaux.
- Vous m'avez ? dessus, fait-il remarquer en riant.
- C'est quoi « éternué » ?
- C'est ce que vous venez de faire. Mais j'imagine que je l'ai bien mérité. Je n'aurais pas dû me moquer de la maladie, c'est un sujet grave.
Ses deux émeraudes se perdent vers un point imaginaire. C'est étrange cette façon qu'il a de plaisanter et puis de recouvrer son sérieux la seconde suivante. Avec un tel air, je me demande s'il connaît une personne atteinte d'une maladie en particulier ? Quelqu'un de sa famille ? Ou dans sa classe ? Il finit par se ressaisir et me signale que nous devrions participer à la recherche. C'est vrai que lui, en tant que délégué, ses charges sont doublées. Edelgard, Dimitri et Claude doivent chercher des pistes et interroger le corps enseignant. Je ne devrais pas me montrer égoïste, mais...
- Et ma leçon ?
- Elle a déjà commencé. Venez, poursuivons dehors.
/
Je l'ai remarqué. Lorsque nous avons descendu jusqu'au rez-de-chaussée, j'ai perçu le regard de Claude collé à mes chaussures. Ma démarche insonore, l'a-t-il constatée ? Et lorsque je me suis mise à amplifier le bruit de mes pas, il a souri. Tss...
En déambulant dans le couloir qui mène au cimetière, je le surprends en train de longer les murs. Sa main tâte les pierres une à une.
- Vous faites quoi ?
- J'essaie de trouver un passage secret. On ne sait jamais.
Un passage secret. Ça fait beaucoup d'histoires de secret en si peu de temps. Être fou de mes secrets. Je parviens à le traduire en brigilien mais son sens m'échappe toujours. Réfléchis, pour quelles raisons Claude a-t-il abordé mes secrets ? L'évidence me frappe aussitôt. Pour les mêmes motifs qui l'ont poussé à me piéger en me lançant un défi il y a plus d'une lune. Il s'intéresse à ce que je cache. Et donc aussi à ce que dissimule Byleth et la petite Flayn si j'en crois ses dires. Cette dernière fait partie de l'entourage de l'archevêque. Et depuis les événements du Mausolée sacré et de la condamnation à mort des prêtres ennemis, j'ai la nette impression que Rhea cache aussi bien des choses. Des choses qui me donnent déjà des sueurs froides. Et si les cachotteries de la mioche l'intriguent, Claude doit connaître des détails les concernant. Alors qu'il s'accroupit, je me penche par dessus son épaule :
- Vous connaissez cette gamin.. euh gamine ?
- Vous savez, je ne pense pas qu'elle soit si jeune que ça.
Quoi ? Je ne suis pas aveugle, elle est physiquement plus juvénile encore que Lysithea ou Luna. Le cerf se remet debout et me fait face soudainement.
- Et vous, vous lui avez déjà parlé ?
Son indiscrétion me désarçonne. Flayn ? Pourquoi lui aurais-je adressé la parole ? Ses prunelles sont encore plus remplies d'interrogations qu'avant. Que pense-t-il de moi ? Est-ce que... Est-ce qu'il s'imagine que j'ai un rôle à jouer dans sa disparition ? Me suspecte-t-il ? M'a-t-il demandé de l'accompagner uniquement pour extraire des informations de ma bouche ? Il... m'utilise. Après une telle prise de conscience, mon corps, se sentant acculé, agit par lui-même. J'abaisse mon menton pour le scruter par en dessous et toute ma malveillance se déverse sur lui.
- Vous êtes odieux, je crache en brigilien.
A son expression, je déchiffre son désarroi. Il n'a rien dû comprendre. Je contemple l'extérieur et m'imagine en train de m'évader loin de ce manipulateur de la pire espèce. Mais je prends sur moi. Si je pars, je vais lui donner raison et j'aurais l'air encore plus suspecte. M'est avis qu'il ne me lâchera plus. Je m'attends à ce qu'il percute ma patience en m'administrant une nouvelle question. Mais non. Au lieu de quoi il me surprend :
- Pardon. Je vois que je vous ai blessée, je ne voulais pas.
Je relève les yeux vers lui. Vraiment ? Est-il vraiment en train de s'excuser ? Même lui ne semble pas en revenir. Ça ne doit pas lui arriver souvent de regretter ses propos. Désireuse de lui rendre pour une fois la pareille, je m'enquiers avec un petit sourire moqueur :
- Vous savez dire « pardon » ?
Voyant que j'ai retrouvé un brin de gaieté, il répond d'un air un peu plus enjoué :
- Et même dans plusieurs langues, dont la vôtre. Pardon.
J'acquiesce mollement puis me détourne vers l'extérieur. Il suit mon regard et...
- Ah ! Il y a Tomas, allons lui parler.
Le vieux bibliothécaire se tient aux abords du cimetière et de la chambre forte. Claude et lui se montrent affables l'un envers l'autre, on sent qu'ils ont l'habitude de converser. Puis Tomas nous dit qu'il est au courant que les enseignants et les membres du personnel sont suspectés de la disparition du Flayn. Le Cerf lui pose quelques questions et l'ancien nous explique que ça fait quatre décennies qu'il travaille ici au Monastère et qu'il n'a découvert que tout récemment que la petite fille était la sœur de Seteth. Quatre décennies ? Je ne pense pas que Flayn soit aussi vieille. Je lance un regard à la dérobée au délégué, me souvenant de ses suppositions. A moins que... Le bibliothécaire finit son discours en nous affirmant qu'il fera tout son possible pour retrouver la disparue. Ensuite, comme nous sommes déjà en train de nous éloigner, il rappelle Claude.
- Tiens, fait-il en lui passant un livre sorti de sous son manteau. C'est ce que tu voulais non ?
- Ah oui ! Merci Tomas.
Le Cerf revient vers moi et place soigneusement le bouquin sous son bras. Je rêve ou il souhaite que je ne distingue pas son titre ? Il commence à parler de tout et de rien mais je ne me fais pas avoir. Si je suis louche, lui aussi.
- Quelle est votre nourriture préférée ?
- Ah ? Eh bien..., débute-t-il un peu étonné par ma question.
Comme souvent lorsqu'il réfléchit, il relève le menton vers le ciel. J'en profite pour me glisser vivement de l'autre côté et pour lui faucher son livre. Il n'a même pas le temps de réagir que je m'écris tout haut :
- « Les Reliques de Héros » ?!
La vision de la substance maléfique qui s'est extraite de la Lance de la Destruction revient me hanter. Je lui assène un regard mauvais et désigne le précipice derrière le cimetière. Les collines d'Oghma ne sont jamais aussi hautes qu'ici.
- Donnez-moi une seule bonne raison de ne pas... de ne pas lancer ce livre.
- Peu importe où il atterrira, j'irai le chercher. C'est une bonne raison ça, non ?
Comme je ne cille pas, il poursuit son explication. Les Cerfs d'or n'ont pas pu participer à la mission de récupération de la Lance de la Destruction. Du coup il a lu le rapport de mission mais il a su qu'il été erroné. Du coup il a mené son enquête et à présent ça l'intrigue plus que jamais. Quelle est la véritable nature des emblèmes et des Reliques ? Voilà quelque chose qu'il aimerait bien découvrir. Il ose même me dire qu'il aurait donné n'importe quoi pour être à ma place. Je secoue le visage :
- Ne dites pas ça. C'était... terrible.
Si je ferme trop longtemps les yeux je revois la masse noire englober Miklan. C'est comme si elle l'avait grignoté centimètre par centimètre. Et son hurlement désespéré. Même si les brigilènes sont friands de malédiction, jamais je n'aurais souhaité ce sort à quelqu'un. Pas même à une personne que je honnis de toutes mes forces.
Vraiment ?
Je relève les yeux vers les tombes. Je n'aurais jamais eu une telle pensée il y a moins d'un an. Tous les jours je rêvais de massacrer le plus possible de soldats impériaux. Depuis quand je fais preuve d'autant de compassion ? Je ne me reconnais plus.
Une bourrasque tiède se détache du creux de la montagne et vient ébouriffer mes cheveux dans mon dos. L'esprit du Vent essaie de me rassurer. Comme souvent, Claude suit la direction qu'emprunte mon attention et aperçoit les sépultures.
- Vous avez perdu quelqu'un ? fait-il à voix basse.
Je me retourne si subitement vers lui que je sens l'une de mes cervicales craquer. Mon regard perçant se pose sur ses lèvres qui en disent trop, qui posent trop de questions interdites. Des questions qui font mal. Je fixe sa bouche et l'implore de se taire, d'arrêter d'évoquer des sujets douloureux. Claude lève les mains en signe de reddition.
- Oubliez ça. En fait, il y a autre chose qui m'intrigue depuis longtemps. Dites-moi...
Je soupire si fort que je suis sûre que même Bernadetta m'a entendue depuis sa chambre.
- Encore une question ?
- Je ne peux pas m'en empêcher avec vous ! exulte-t-il tout à coup. Vous êtes tellement différente ! Par exemple, vous fixer souvent mes ?
- « Lèvres ? »
- C'est ça, ajoute-t-il en désignant sa bouche. Ça me donne l'impression que vous allez m'em... Non, laissez tomber. Pourquoi faites-vous ça ?
- C'est pour mieux comprendre votre langage.
Il hoche la tête, moyennement convaincu. Je ne le laisse pas surenchérir :
- Dites-moi une chose sur vous. Sinon ce n'est pas justice... hrm... juste.
- Très bien. Hm... Vous voulez vraiment savoir quel plat je préfère ?
- Non.
Il pouffe puis admire le ciel bleu que nous propose ce nouveau cycle lunaire, celui de l'Arc. Nous traversons l'allée qui mène aux écuries. Elle est bordée de buissons parfaitement taillés et d'arbustes identiques. Pas mal de chevaliers et d'étudiants passent sur le chemin pierreux, du coup nous devons souvent nous décaler. Je profite de ce moment de calme entre cet enquiquineur et moi pour inspirer et expirer. J'ai tellement eu recours à ma langue qu'elle est toute engourdie.
- J'aime bien les Wyvernes, finit-il par déclarer doucement.
Il a le nez levé vers l'une d'entre elle qui est surplombée par son cavalier. Il affiche un authentique sourire. Malgré son air constamment jovial, ses sourires sincères sont rares. Si rares que lorsqu'ils apparaissent je ne peux m'empêcher de l'observer, histoire de bien les mémoriser et pouvoir déceler les vrais des faux. Je reste plantée là avant de consentir à examiner le dragon. Ses écailles châtaigne luisent au soleil. Elle est... splendide. Elle dégage une nature sauvage qui me fascine tout de suite. Je souris à m'en faire mal aux gencives, m'imaginant sur l'une d'entre elles.
- Moi aussi je les aime bien, je murmure.
- Malheureusement, beaucoup de personnes ont peur d'elles.
- Ils n'ont pas raison. Ils ont... Comment on dit ?
- Ils ont tort, oui.
J'abaisse mon visage en même temps que le sien et je crois que c'est la toute première fois que nous nous sourions. Nous faisons quelques pas en silence, baignés par cette ambiance inattendue. Les écuries ne sont pas plus peuplées que d'habitude. Ah tiens, un gant blanc céruse. Je m'abaisse et le ramasse. Quelqu'un a dû le perdre. Je me redresse et reconnais Ingrid, une étudiante des Lions, qui caresse l'encolure d'un cheval. La blonde nous surprend et elle jette un regard mauvais au Cerf. Claude s'arrête, non sans l'avoir saluée gaiement avant. Je demeure à sa hauteur, à une certaine distance de la jeune fille. C'est comme s'il souhaitait qu'on ne nous entende pas. Il croise les bras derrière la tête et reprend :
- Vous savez Akkira, je ne plaisantais pas tout à l'heure. Vous êtes si secrète, je n'arrête pas de penser à ce que vous cachez. C'est comme si... Ah, je sais ! C'est comme si j'avais eu le coup de foudre pour vos secrets !
- Un coup... de foudre ?
Pourquoi me parle-t-il de la foudre ? Qu'est-ce que c'est encore que cette expression ? Je lui mime le geste d'un éclair qui percute le sol. Il s'esclaffe mais moi non.
- Ça c'est coup de foudre. Je ne comprends pas.
- Akkira.
Je fais volte-face et me retrouve face à Byleth. Comme toujours, il ne sourit pas. Seulement, lorsqu'il me tend la plume de faisan que j'avais perdue, je sens une fois encore toute sa générosité.
- C'est à vous ? C'est Jeritza qui l'a trouvée le mois dernier et qui m'a dit qu'elle vous appartenait.
- Ah oui. Merci.
J'attrape l'objet grand comme mon avant-bras et le contemple. L'instructeur des Lions nous quitte à ces mots, il a l'air tout le temps débordé. Claude se frotte le menton, perdu dans ses songes :
- Le professeur Jeritza, hein... ?
J'arque un sourcil. Qu'a fait Jeritza ? Il fut l'un des enseignants qui m'a le plus aidée lors de mes entraînements à l'épée. Il est catégorique, tranchant, mais tellement doué. Néanmoins, à bien y réfléchir, cela fait quelques temps que je ne l'ai pas aperçu au Monastère. Le Cerf montre Byleth au loin :
- Regardez, prenons l'exemple du professeur Byleth. Lui, il a eu le coup de foudre pour le professeur Jeritza.
- Pour Jeritza ? Il veut lui donner des coups ?
- Non, au contraire ! pouffe-t-il.
Je souris, constatant qu'il peine à me donner une explication claire. Mon attention s'attarde sur la plume que je passe et refasse sur la partie de ma paume qui n'est pas dissimulée par les mitaines. A Brigid, il y a d'anciennes croyances qui affirment que le faisan est le messager de l'esprit de la Foudre. Je brandis la plume et donne un petit coup sur l'épaule de Claude.
- Ça, c'est un coup de foudre de chez moi.
Il est tellement désorienté que je commence à rigoler. A rire ! Wouha ! Quelle sensation incroyable que cette euphorie qui me gagne ! Je suis moi-même si étourdie par cette bouffée de joie qui m'a échappée, que je m'interromps quelques secondes après. Honteuse, je n'ose même pas découvrir son expression. Il penche la tête pour capter mon regard mais je le fuis de l'autre côté. Il déclare doucement, sans trace de moquerie :
- Vous devriez rire plus souvent, c'est charmant.
Charmant ? Je repense au qualificatif qu'a employé Dorothea en me désignant. « Adorable ». Ils ne peuvent pas dire ça. Ils ne savent pas qui je suis. Contrairement à moi, ils ne sont pas capables de distinguer tout le sang qui imbibe mes mains. Tout ce liquide rougeâtre et poisseux que je discerne constamment. Je consens enfin à le regarder dans les yeux et déclare calmement :
- Arrêtez ça. Je ne suis pas charmante, ni adorable.
- Je vous ferai rire de nouveau, vous y prendrez vite goût.
Je ne sais que répondre à ça. Il profite de mon état pour récupérer son livre sur les Reliques de Héros et commence déjà à partir.
- Bon, j'ai à faire. Ce fut un plaisir. A bientôt !
Je baisse les yeux vers ce qui me reste entre les doigts. La plume et mon cahier. Hé, mais...
- Et la leçon du jour ? Je n'ai rien écrit !
Il se tient déjà à quelques mètres de moi. Il pivote agilement sur un pied et rétorque tout sourire :
- Mais vous avez travaillé aujourd'hui, vous ne vous en êtes pas rendue compte ? Vous avez beaucoup parlé. L'oral est aussi important que l'écrit. Compréhension et expression orales, c'étaient les leçons du jour. Vous vous en sortez bien.
Et il me plante là, avec mon cahier vide et ma tête bien remplie.
Le petit commentaire de l'auteure : Un petit chapitre tranquillou après les événements de la Tour de Conand. Bon, ça démarre un peu dans l'horreur. La transformation de Miklan en Bête Noire a marqué Akkira, peu à peu elle découvre des vérités cachées sur le monde dans lequel elle vit, des vérités pas très reluisantes d'ailleurs. Et peu à peu, elle s'insère dans l'histoire qu'est FE3H. Le titre (S)'Interroger faire référencer aux différentes interrogations qu'elle se pose, d'où le "s'" avant le verbe "interroger". Sinon le titre fait également référence à la recherche de la "petite" Flayn, ah la la Akkira tu es si loin de la vérité !
Le prochain chapitre sera davantage tourné vers les Lions de saphir vu qu'Akkira participe à cet échange interclasse, qui fait référence, dans le jeu, à l'aide de classe que peuvent apporter les personnages que nous n'avons pas recrutés.
Prochain chapitre : (É)changer
Prenez soin de vous ! Ciaossuuuuuuu !
