Bien le bonjour voyageurs !
Répondez de suite aux deux reviews que j'ai reçues pour le dernier chapitre :3
Katt : Contente que tu aies ressenti ça à la lecture de "Guérir" car c'est précisément ce que je cherchais à faire :3 Cette quête est une grosse claque pour Akkira, elle a appris des tas de choses. Oui d'ailleurs c'était une excellente remarque, je ne savais pas si ça se ressentait et tu m'as apporté la réponse ;) Oooh les compliments pour Claude et le "duo" qu'il forme avec Akkira *serre les compliments contre elle*. Yeap Akkira aime la danse, ah ça ! Très bonne question ;) Merci de ton soutien !
Mijoooo :Lire le mot "kinder bueno" me donne envie d'aller en chercher un... mais ils sont un peu fondus, snif ! Oui bwahaha, bien FUN ce chapitre xD Tu appelles "map couloirs" celles où les unités se suivent à la queue leu-leu dans des couloirs ? Si c'est ça, rassure toi je les déteste aussi xD Voui Bernadetta, je l'aime trop :3 Hihi contente que tu aies apprécié le clin d'oeil au soutien d'Ashe/Petra,*danse* :3 Oh, très bonne déduction pour le recrutement de Flayn ! Bwahaha t'as vu ça ? elle est presque méconnaissable ! xD Que de changements chez elle ! *tapote sa tête* C'est brutal, à l'image de ce que cette mission a occasionné chez elle (aussi bien physiquement que mentalement) Non tu n'es pas méchant avec Akkira, j'aime bien ton point de vue :3 Contente que tu aies apprécié le passage avec El également, j'adore faire El et Akkira ensemble :3 Et je dis pas ça pour faire plaisir à Zak xD *lui fais coucou* Pour Monica il me semble t'avoir répondu en PM :3 Ooooh les compliments pour le passage Claude/Akkira...!*s'effondre après tant de compliments sur eux* MERCI, ça me fait trop plaisir ! :D
RAPPEL :
- Les dialogues rédigés en gras sont en brigilien.
- Les dialogues rédigés normalement sont en fódlien.
- Les mots que ne comprend pas Akkira sont rédigés comme ceci "? ? ?".
Bonne lecture ! On se retrouve à la fin pour le petit commentaire de l'auteure !
Chapitre seize
S'amuser
- Dorothea, je ne peux pas mettre ça.
J'attrape la jupe bouffante vert lichen et l'étire sur les côtés. Elle est vraiment ample, beaucoup trop encombrante à mon goût. Et je ne parle même pas de ce caleçon que j'ai dû enfiler en dessous. La brune m'a expliqué que c'était pour que j'évite d'avoir froid, que les nuits de la lune des Wyvernes sont bien plus fraîches que celles du cycle précédent. La concernée accroche des boucles d'oreille avant de se tourner vers moi.
- Pourtant c'est une simple tenue de ?.
- « Civil » ?
- Oui, je portais parfois cet ensemble avant de m'inscrire à l'Académie des officiers. Elle vous va bien, croyez-moi. Oh, par contre vous n'avez pas bien lacé le ?.
Le « corset ? ». Non, définitivement, les habits et la mode sont des domaines nébuleux à mes yeux. Qui plus est, leur sphère ne m'intéresse pas. Dorothea s'approche de moi de sa démarche chaloupée. Elle est gracieuse, magnifique même, sa robe lui va à ravir. Je pensais qu'elle allait davantage se mettre en valeur mais elle a préféré faire preuve de retenue. C'est que nous n'allons pas participer à un gala ou autres soirées qui me sont tout aussi obscures que la mode. En vérité, c'est même plutôt l'inverse.
La brune prend ma main rigide et m'entraîne devant le miroir intégral de sa chambre. Elle me place juste devant et commence à s'affairer dans mon dos. Je ne vois pas comment j'ai pu me tromper en enfilant ce... Ah ! Oh, ça... Ça m'étreint si fortement la taille que je ne parviens plus à respirer aussi aisément. Et ce n'est pas le pire...
- Non Dorothea, je ne peux vraiment pas. Regardez.
Le soi-disant corset blanc cassé soulève ma poitrine déjà bien assez opulente comme ça. De sa voix rassurante, la brune m'explique que c'est là l'objectif de ce corsage. Et puis elle m'en a prêté un qui n'était pas très décolleté. C'est vrai que si on compare avec les robes de Manuela... Mais quand bien même, j'ai impression qu'un étau comprime mes poumons c'est loin d'être confortable. Un sourire malicieux vient colorer les lèvres de la belle brune.
- Je suis sûre que Yurichou va vous trouver jolie.
- Yuri ?!
Je lui ai pourtant expliqué que nous n'avons jamais formé un couple, que ce n'était qu'une supercherie. Rien que de m'imaginer en train de l'enlacer me donne des sueurs froides... Dorothea glousse et me caresse la joue du bout de l'index.
- Je plaisante, hihi, vous êtes si sérieuse. C'est vrai que vous n'êtes pas portée sur les histoires de cœur, mais c'est ce qui vous rend justement si adorable !
Je détourne le regard, n'étant jamais à l'aise avec les compliments. Elle ajoute :
- J'allais demander à Mercedes de vous ? mais je crois qu'on va s'arrêter là. Je ne veux pas vous mettre mal à l'aise.
Me « maquiller » ? Par tous les esprits, faite que je ne sache jamais ce que ce mot signifie... Petra sort à son tour du paravent derrière lequel Dorothea avait déposé sa tenue. Je reste scandalisée une paire de secondes. Sa robe couleur café est beaucoup plus modeste que la mienne. Et elle correspond mieux à l'esprit brigilène.
- Oh Petra vous êtes si belle ! s'exclame Dorothea les mains jointes.
- Merci Dorothea, répond la concernée en souriant et en s'inclinant brièvement.
- Attendez, sa tenue est simple, la mienne non !
La chanteuse pouffe encore avant de venir souffler à mon oreille que Petra n'a pas besoin de se pomponner pour les autres. Je considère la brune un instant.
Est-ce que... ?
/
C'est une idée de Balthus, le géant qui a intégré la classe des Cerfs d'or.
De ce que j'ai compris, il a été flatté par l'hospitalité d'une partie d'entre nous. Tous les habitants de l'Abysse en ont bavé par le passé, du coup ils se méfient grandement des personnes vivant à la surface. Pourtant l'intégration des quatre loups s'est bien déroulée dans l'ensemble. Certains ont déjà tissé des liens avec eux et ont partagé nombre d'échanges. Je crois même que Constance et Mercedes se connaissaient par le passé, ainsi que Balthus et Hilda. Ce fût une agréable surprise pour ces deux binômes de se retrouver après tant d'années. De plus, les gens de la surface ont pêché une tonne de poisson pendant le tournoi, ils ont offert une bonne part du butin aux Abyssiens.
Ainsi, pour nous remercier, le colosse de l'Abysse nous a invités à découvrir leur univers. Bien sûr, il n'a autorisé la venue que d'une poignée d'étudiants pour éviter d'éventuelles querelles. Les ressentiments ne s'effacent pas en un claquement de doigt. Petra passe encore, mais je me demande qui a bien pu vouloir ma venue ? Certainement pas Constance. Je soupçonne Dorothea d'avoir insisté auprès d'elle.
- Ho ho ho ho !
Ah tiens, quand on parle du loup... Un loup qui possède une éloquence si marquée que je ne comprends toujours qu'un mot sur deux. Je crois qu'elle s'étonne qu'Edelgard ne soit pas là. Il faut dire que l'emploi du temps de notre déléguée est pour le moins chargé. Entre la préparation à la bataille de l'Aigle et du Lion et l'adaptation de Monica, ses journées doivent passer à une vitesse folle. Du coup non, pas d'Edelgard, ce qui attriste un peu la fille Nuvelle. Comme souvent, elle ne se laisse pas abattre aussi facilement et accueille cérémonieusement notre petit groupe. Il est constitué de Dorothea, Petra, Caspar et Linhardt. Je me demande pourquoi ce dernier est venu d'ailleurs ? Il dort déjà debout... Peut-être s'intéresse-t-il aux emblèmes des Abyssiens, mais j'ignore si ces derniers en portent. Constance sollicite notre prudence, le chemin qui mène à l'entrée de l'Abysse est pour le moins escarpé. Ah ! Parfait ! Je sens qu'avec cette fichue jupe ça va être un jeu d'enfant...
/
Ce fut une torture... Autant psychologique que mentale... Merci Dorothea. Elle m'a pourtant certifié que le corset n'était pas très serré, pourtant j'ai cru que j'allais m'étouffer plus d'une fois. Je profite des quelques couloirs ténébreux que nous traversons pour récupérer mon souffle. Enfin, je me sens apte à aligner deux mots. J'ouvre la bouche
et un torrent festif pénètre à l'intérieur.
Une cacophonie incroyable, des voix puissantes, des effluves d'alcool, de transpiration, des jeux de cartes et de dés une bonne partie des tables. J'ai l'impression d'avoir fait un bon dans le temps et d'être revenue à l'époque où je sillonnais les forêts avec Shamir. Les beuveries dans les tavernes furent nombreuses ainsi que les paris. Balthus nous reçoit en s'égayant ouvertement, couvrant presque le charivari derrière lui. Mes camarades restent un moment interdits face à cette ambiance à laquelle ils ne sont pas habitués. Malgré leurs allures nonchalantes, Caspar et Linhardt sont des nobles. Pas certaine qu'ils connaissent le mot « soûlerie ». Tiens, où est passé le fils Hevring ? Quand il s'agit de disparaître, il fait toujours preuve d'une vivacité hallucinante. Bref, passons. Dorothea... hm, dur à dire, elle ne se confie pas beaucoup sur son vécu. Et Petra, je peux parier à coup sûr qu'elle n'a jamais bu une seule goutte d'alcool.
Beaucoup d'Abyssiens sont présents dans la salle. Des gardes, des parias et des résidents. Je reconnais également quelques étudiants. Entre autres Leonie, Hapi, Hilda, Ingrid, Felix... Felix ?! Il a l'air tout sauf enchanté d'être ici, on a dû le traîner de force. Claude est présent aussi.
- Oh Raphael, Ashe vous êtes là ! s'extasie le jeune Bergliez.
Ashe ? Je n'aurais jamais pensé qu'il poserait un orteil dans une taverne. Une pinte claque non loin de nous. Les quelques Abyssiens s'écartent pour laisser le champ libre à... Luna. Assise de la façon la plus grotesque qui soit, elle passe le dos de sa main sur sa bouche humide et me foudroie du regard.
- Alors, ces chers oiseaux ont enfin trouvé la sortie de leur cage ? lance-t-elle goguenard.
Sa remarque jette un froid dans l'assemblée. Je sens Petra se raidir à mes côtés ainsi que Caspar. Le peu de considération que j'avais pour ma bienfaitrice s'envole en un battement d'aile, tout comme mon sentiment de lui être redevable. Cette fille... Elle ne m'inspire que du dégoût, de la méfiance et réveille la violence qui sommeille dans mes veines. Le fait de la voir ici ne me propose que deux alternatives : partir ou l'abattre. Comme je n'ai pas d'arc dans la main, je lève juste mes bras et fais mine de tirer avec.
Tac, juste entre les deux yeux.
Ses sourcils se froncent mais son sourire devient plus grand encore. Carnassier. Une véritable bête. Puis elle se détourne, se désintéressant immédiatement de nous. Dorothea effleure mon bras doucement avant de riposter :
- Viens Akki, il semblerait que son cher père ait déteint sur elle et que sa langue soit à présent corrompue par sa noblesse.
A ces mots la frisée change d'attitude. Elle se lève et déclare :
- Dorothea, c'est ça ? Permettez-moi de vous féliciter pour cette interprétation parfaite de la Diva acerbe. Je reconnais bien en vous une véritable professionnelle.
Puis elle s'avance et lui chuchote quelque chose au creux de l'oreille.
La brune ne se laisse pas démonter et lui fait face en souriant. Elle est belle, c'est une ancienne diva, mais il ne faut pas oublier que ses serres sont aussi aiguisées que ceux des autres étudiants de notre Maison. Voir plus. Un rouquin fait irruption entre la bête et la nous. Je reconnais Sylvain. Malgré l'atmosphère électrique, il n'en finit pas de sourire.
- Mes douces, vous êtes magnifiques même lorsque vos sourcils se froncent ! Si je peux me permettre, il serait plus convenable de régler cette situation.
Je me souviens qu'il fut le seul témoin de la scène, celle où j'ai failli trancher les artères et les veines de l'exaspérante frisée.
- Sylvain ! l'interpelle Ingrid non loin de là. Pourquoi les inciter à encore plus de violence ?
- Pourtant il a raison ! s'exclame Caspar. Ce genre de ? se règle avec les poings !
- Ah ah, ricane le Lion d'un air embarrassé. Non, je ne parlais pas de ce type de duel. Mais plutôt d'un défi plus... ?. Ça conviendrait à ces dames.
« Chevaleresque ? » Sûrement cela a-t-il un rapport avec la chevalerie, alias l'une des principales vertus du Royaume de Faerghus. Mes prunelles rencontrent celles acier de la bête. Je devrais l'ignorer, passer mon chemin, mais l'envie de lui trouer la peau est trop puissante. C'est instinctif, incontrôlable.
Si je ne peux la chasser dans l'immédiat, je vais au moins pouvoir lui faire payer cet affront envers Dorothea.
/
Les mains sous les cuisses, l'air dépité, je peux à peine y croire. J'ai perdu. Ma fierté brigilène en prend un sale coup. Je ne peux que l'observer en train de s'extasier, se délectant de cette victoire éclatante. Nous sommes comme ça sur l'archipel. Nous détestons les échecs, alors nous apprenons d'eux. Ils nous instruisent une leçon que nous allons réciter par cœur, histoire de ne plus subir pareille humiliation.
Tandis que Luna exulte, la tête de Linhardt dodeline dangereusement au dessus de la table. Nous nous sommes installées à cette dernière sans avoir remarqué qu'il s'était affalé à moitié dessus. C'est dire que la tension était tellement palpable entre la frisée et moi que plus rien n'existait autour de nous, hormis l'esprit de la Foudre. Nos mauvaises ondes ont dû chasser tous les spectateurs et tirer le fils Hevring de son coma puisqu'il a bien vite remarqué que nous étions dans une impasse. C'est bien beau de vouloir nous départager, mais nous ne savions pas comment. Si ça ne tenait qu'à nous, nous nous serions jetées dessus comme des sauvages. Je le pressens au creux de mon ventre.
Au final, l'Aigle a proposé de tester nos connaissances. Ce qui ne représente pas mon point fort, je dois le reconnaître. Et donc la bête, nettement plus cultivée que moi, m'a pulvérisée. Elle ricane un bon coup, puis pousse son tabouret bancal.
- Bon, je crois que le message est clair, déclare-t-elle moqueuse.
- Hé attendez ! Ça n'a rien de chevaleresque ! intervient Caspar en s'immisçant farouchement dans la conversation. Un véritable duel se résout avec une épreuve de force ! T'en penses quoi Raphael, toi qui aspires à devenir chevalier ?
- Je suis totalement d'accord ! s'écrit le blond tout sourire. Un bon bras de fer, y a rien de mieux !
Pour avoir vu Caspar s'exercer à la pratique avec ma cousine, je sais ce que signifie ce nouveau duel. Une deuxième manche donc, cette fois portée sur la force physique. Je souris intérieurement. Ça me plaît.
La frisée tique. Elle ne le montre que vaguement, mais elle fait preuve de moins d'assurance. Le coude correctement placé, je lui tends la main pour qu'elle vienne y placer la sienne. Elle le fait sans me quitter du regard. Chez elle aussi la défaite ne paraît pas envisageable, elle...
Fourmillements sous ma peau, là où ses doigts rentrent en contact avec les miens.
Sa barbarie vient me narguer. Partout dans mon organisme je ressens sa chair, ses os, ses crocs, ses griffes... De la viande. L'adrénaline des chasseurs m'envahit. La fougue qui me submerge lorsque je chasse du gibier me fait perdre l'esprit. Je salive à l'idée de me la farcir, là, maintenant. Mes phalanges se compressent autour des siennes, prêtes à les lui exploser. Ce n'est pas tenable, ça secoue mes vices qui se sont amoindris.
La colère. Je la déteste de tout mon être.
L'avarice. Je désire insatiablement sa mort, immédiate.
La luxure. Sa peau de bête contre la mienne active un désir incontrôlable, morbide. J'aimerais la sentir encore plus près, lui lécher son épiderme.
Et d'autres vices viennent se cumuler aux anciens.
L'orgueil. Jamais je ne perdrai contre elle une seconde fois.
La gourmandise. Un morceau d'elle, juste un tout petit. Même cru, qu'importe.
L'envie. Je veux... je veux...
Je rugis et fais basculer son bras contre la table. Il la percute et l'éclate en deux. J'ai gagné cette manche mais ce n'est pas terminé. Les copeaux de bois sont encore en train de voler entre nos deux yeux qui s'aimantent que nous préparons déjà le prochain assaut. Elle sourit comme une détraquée, moi pas le moins du monde. J'attrape un couteau qui voltige encore dans les airs et elle prépare un sort.
Et puis...
Et puis on bloque mon bras, on m'agrippe par l'aisselle et on me tire vers l'arrière.
- Toujours en train de te prendre pour le centre de l'attention, jeune fille ?
- Shamir ?! je m'exclame la voix enrouée par l'impatience.
Elle nous fait traverser une bonne partie de la salle pour rejoindre le comptoir. Elle me plaque durement dessus et commande une bière auprès du tavernier. J'essaie de me débattre mais elle me réprimande sèchement en brigilien :
- Avale ça pour te remettre les idées en place. Qu'est-ce qui te prend de te comporter ainsi devant des personnes qui se méfient déjà de nous ?
La respiration sifflante, je balaie des yeux les alentours. Les visages des Abyssiens renvoient de la défiance et une certaine forme de mépris. Même si les quatre loups se sont plus ou moins habitués à nous, les résidents de ces souterrains ne portent pas dans leurs cœurs les individus provenant de l'extérieur. Shamir déclare qu'elle va voir où en sont Catherine et Luna, que je n'ai pas intérêt à bouger d'ici.
Je me tourne vivement vers le comptoir, l'esprit encore embrumé. Qu'est-ce qui s'est passé au juste ? Pourquoi ai-je réagi ainsi ? Maintenant que la frisée n'est plus dans mon champ de vision, je sens l'adrénaline s'écouler en dehors de mon organisme. Seulement ce n'est pas suffisant pour recouvrer mon calme. Je descends la chope d'une traite et quémande une deuxième bière. Puis une troisième. Je souffle. L'alcool a le mérite d'affaiblir la tension de mon corps. Enfin mes muscles peuvent se détendre. Je commande une quatrième pinte au tavernier et plaque mes maigres économies contre le comptoir. C'est tout ce qui me reste de mes années à arborer ma peau de Mercenaire. Le gérant du bar me reluque. Avec ma natte épaisse et cette tenue affriolante, il doit se demander si je sors vraiment du Monastère. Il n'a pas à s'inquiéter – si on peut appeler cela de l'inquiétude. Shamir et moi avons écumé plus d'un bar, j'ai rapidement perdu le compte. Si au début mon corps de gamine encaissait mal l'abus d'alcool, j'en suis presque immunisée à présent.
- Alors comme ça on t'invite et tu casses des tables ?
La bouche collée au gobelet, je lance à mon interlocuteur un regard à la dérobée. Evidemment, quoi de mieux pour un loup que de surgir en catimini ? Je fais volte-face pour prendre la même posture que lui, c'est-à-dire accoudée au comptoir.
- Oh, voilà le charmeur.
- Tu ne t'en es toujours remise ? soupire Yuri. Je ne te pensais pas si sensible.
J'avale une bonne rasade de bière sans décrocher mon attention de sa silhouette longiligne. Sa pose souligne sa taille marquée et la courbe de ses hanches. Il dégage une assurance engendrée par sa beauté. Un charme qui lui est propre. Il plaît sans doute autant aux femmes qu'aux hommes, et il doit parvenir souvent à ses fins. Je souris, un peu mauvaise :
- C'est vrai, je ressens la fru... frustration lorsque je repense à ça. Je n'aime pas la manipulation sur moi. Mais à présent, je me dis que c'est une attaque comme une autre, que j'aurais du mieux me protection... me protéger. Cette technique a dû beaucoup t'aider.
Il m'avise enfin et me lance un bref sourire machiavélique. Oh, je vois. Son charme lui sert à obtenir ce qu'il souhaite. Mais est-ce qu'il le fait pour sa propre personne ou pour une plus grande cause ? Je finis mon verre en lorgnant sur la salle. Pourquoi est-il le chef de cet endroit au juste ? L'argent qu'il a amassé lors de notre mission en collaboration était pour lui ou pour les Abyssiens ?
- Tu sais, reprend-il après un moment, tu pourrais être presque... charmante quand tu t'y mets.
- Aaah arrête de le faire exprès, je déteste ce mot.
Il ricane puis demande deux nouvelles pintes que nous sert le tavernier. Le gobelet contre sa paume, il le brandit entre nous deux.
- Il me semble que nous n'avons jamais trinqué à la réussite de notre mission commune, mademoiselle le bourreau.
Mon nez se fronce mais mon sourire s'élargit. L'alcool s'aventure dans mon sang et même si je ne décèle pas de grande différence, je me sens plus gaie. Enfin prête à profiter de cette soirée. Pour faire quoi au juste ? Discuter alors que ce n'est pas ma spécialité ? M'amuser ? Trinquer avec ce loup qui est assez intelligent pour savoir que personne ne l'entend dans cette cacophonie, hormis moi ? Oui, on peut commencer par ça. Mon verre vient entrechoquer le sien. Je déclare, en sachant qu'il est mon seul auditeur :
- Tu joues à un jeu dangereux. Les brigilènes adorent manger du loup.
Son espièglerie envahit son visage poupin. Les yeux dans les siens, je me dis que nous nous ressemblons. Que si j'avais davantage discuté avec lui lors de notre mission, j'aurais peut-être pu intégrer l'Abysse. Que moi aussi je suis une paria, que j'aurais pu trouver ma place ici. Mais l'avenir en a décidé autrement. Et j'avais d'autres buts... à l'époque. Des rires détournent ma concentration. Je reconnais l'euphorie singulière de Constance qui se vante de son thé aux nuances arc-en-ciel. Je ris en avisant ses gestes extravagants, ce qui m'étonne un peu. Depuis quand me fait-elle rire ? Un bien-être inopiné me gagne. J'ai envie de retrouver Petra et Dorothea, juste pour leur sourire. Où sont-elles passées ? Fait encore plus étrange, où a disparu Yuri ? Ce garçon est vraiment doué. J'avale goulûment ma boisson, et pour la première fois je baisse ma garde. Shamir a raison, personne ne me remarque. Je suis certaine que personne ne notera que je tiens bien l'alcool...
- Yo Akkira ! Vous me surprenez – encore ! C'est que vous avez une bonne descente.
Personne... Sauf Claude, évidemment. Je passe ma langue sur mes lèvres pour venir recueillir la mousse et dépose la pinte vide derrière moi. Celles que j'ai ingurgitées ont disparu, le tavernier est réactif. Je me tourne ensuite vers le Cerf, lui aussi en habit de civil. Une tenue des plus simples, qui plus est.
- Claude, quelle surprise ! je fais narquoisement en rejetant ma natte dans mon dos.
- Je vois que l'alcool a levé le voile sur l'ironie. Il s'agit d'un art compliqué qui se mélangerait bien avec votre langue ?.
- « Aiguisée ? »
- Ce qui permet de rendre une pointe de flèche tranchante, vous voyez ?
Je hoche la tête lentement sans le quitter des yeux. Contrairement à d'autres, il s'enquiert toujours de ma compréhension. Il sourit, dévoilant ses dents alignées et poursuit.
- Cinq verres et une table cassée, vous avez une façon très... insolite de vous amuser.
Insolite, comme ma manière de prononcer son prénom d'après lui. Il me considère une seconde de plus avant d'autoriser sa main à s'infiltrer dans mon espace personnel. Il guette ma réaction, qui ne vient pas. Ses doigts se referment lentement sur mon poignet. C'est... étrange... Depuis que je lui ai tendu ma paume durant l'épisode de la rivière, j'ai l'impression que nos mains se touchent plus souvent. Il examine ma peau puis l'élève pour qu'elle soit dans mon champ de vision. Mes sourcils viennent s'agglutiner au plafond de la taverne. La frisée a laissé des marques sur ma main. J'étais tellement coupée de tout que je n'avais pas senti sa poigne bestiale.
- Cinq verres, une table cassée, et une blessure, reprend-il.
Je tilte seulement.
- Attendez, vous avez compté mes verres ? Et ceux des autres ?
Il paraît un peu surpris, ses doigts relâchent mon poignet. Ses deux émeraudes naviguent dans la salle tandis qu'il répond :
- Pas tous, je sais juste que Sylvain est en avance sur vous, que Hilda s'amuse aussi et que ce pauvre Dimitri n'est pas conscient de ce qu'il est en train de faire.
- Dimitri est là ?!
Je ris à gorge déployée, l'imaginant si mal flâner dans un endroit pareil. Dimitri Alexandre Blaiddyd, dans une taverne. Je me demande qui est parvenu à le convaincre. Je penche ma tête qui me paraît un peu plus lourde. Hmmm... Je ne devrais pas ressentir les effets de l'alcool aussi vite.
- Et vous, combien de verres avez bu... avez-vous bu ?
- Je vous laisse le soin de deviner. Je suis curieux de savoir quelle image je renvoie à vos yeux.
- Six ? j'annonce tout de go.
Cette fois c'est à lui de rire sans retenue.
- Non, pas autant !
Il a pourtant l'air d'être une personne qui aime s'amuser et se détendre. Mmmh...d'un autre côte, c'est vrai que tout bien réfléchi, Claude est du genre à préférer conserver sa lucidité. Sûrement souhaite-t-il rester en pleine maîtrise de ses réflexions et de ses moyens. Je plisse les yeux pendant qu'il commande deux autres pintes au tavernier. Malgré toutes nos séances d'apprentissage du fódlien, je ne parviens pas à le cerner entièrement. J'ai nettement plus de faciliter à comprendre Ashe, par exemple. Le garçon pistache se confie davantage, évoque ses passions avec plus d'engouement, c'est peut-être pour cette raison.
Le délégué me tend une bière que j'accepte volontiers. Il s'adosse à côté de moi. Je m'apprête à parler quand tout à coup un résident de l'Abysse me pousse par mégarde pour venir s'entretenir avec le gérant du bar.
- Oups, pardon !
Non. Non je lui pardonne pas. Par sa faute mon épaule est collée à celle de Claude. C'est stupide, tellement stupide, enfantin même, ce n'est qu'un détail. Mais cette broutille, cette simple bagatelle me donne chaud. Je sais ce que connote cette proximité pour avoir vu roucouler nombre d'étudiants au Monastère. Je n'éprouve aucune pudeur pour mon corps, ni aucun embarras lorsqu'il s'agit de celui d'un paire. Alors pourquoi suis-je persuadée que je vais bafouiller en m'écartant de lui ? Bredouiller comme une gamine timorée que je ne suis pas ? Et ce pour quoi ? Pour ce garçon que je méconnais, qui ne se révèle jamais ? Je fronce les sourcils, les yeux rivés sur ma jupe.
- Vous ne dites jamais rien sur vous..., je souffle.
Je doute qu'il m'ait entendue à cause du bruit alentour, mais je me trompe.
- Ah ? C'est vrai que quand je suis avec vous je préfère vous écouter. Que voulez-vous savoir ?
Cette fois je relève mon visage vers lui.
- C'est vrai ? Je peux vous poser des questions ? Vous n'allez pas mentir ? Et bien... Que pensez-vous en ce moment ?
Ou comment poser une question au hasard, prise au dépourvu que je suis. Claude avale une gorgée de bière avant de se lancer. Il dit qu'il se sent bien, qu'il aime bien faire la fête et s'amuser. Qu'il apprécie vraiment cette ambiance chaleureuse où les cultures se mélangent. Dans cette taverne, ne subsiste aucun rang social. Pas de nobles, de roturiers ou d'Abyssiens. Juste des hommes et des femmes qui partagent un moment. Je ne quitte pas sa bouche du regard, comme hypnotisée par tout ce qu'il me livre sur ses pensées. Ces moments sont si rares, il passe son temps à m'interroger. Il finit par capter mon regard, automatiquement je me décale enfin pour laisser de l'espace entre nous. Il continue :
- En ce moment, je pense aussi que... Ah, ça ne va pas vous plaire !
- Parlez quand même, je prépare mon poing au cas où.
Il glousse avant de poursuivre :
- Je pense que cette tenue vous ? à merveille mais je me retiens de vous l'avouer parce que je sais que vous allez me frapper.
- Ça dépend, c'est quoi « si... sied à merveille » ? C'est dur à dire.
- Que vous êtes jolie ce soir, encore plus que d'habitude j'entends bien.
J'abaisse mon poing, n'ayant ni le courage ni l'envie de le frapper – pour une fois. Je ne sais que songer de ce compliment, ce qui retient mon attention réside ailleurs. Il a encore détourné la conversation sur ma personne.
- Vous êtes si différent.
J'ignore tellement de choses sur lui, et cette méconnaissance s'illustre par cette expression physique que je n'envisageais pas. Tels les coquillages que nous retrouvons sur la plage de Brigid, il se referme sur lui-même. Est-ce que je l'ai blessé ? L'absence de jovialité à l'intérieur de ses émeraudes me préoccupe un peu, du coup j'essaie de peaufiner mon idée. J'aperçois Lorenz qui lance des regards de reproche à son délégué. J'étreins ma chope toujours pleine.
- Je veux dire... Contraire à... Contrairement aux autres nobles, vous ne parlez jamais de vous pour vous vanter.
Et c'est vrai. Son narcissisme est bien loin de celui du fils Gloucester ou encore de Ferdinand. Claude se déplace pour me faire face. Je crois bien que c'est la première fois que je lui découvre cet air si sérieux. Il me demande :
- Et vous, que pensez-vous de la différence ?
J'ai déjà un avis plutôt précis sur le sujet, ça m'a tellement travaillé ces derniers temps. Du coup je réponds aussitôt :
- Je pense que... Comment le dire en fódlien ? Que... qu'il y a peu de différences entre un homme et un autre, mais c'est cette différence qui est belle.
Et ça, je l'ai appris à Brigid pour ensuite l'oublier et le redécouvrir ici à Garreg Mach. Tous ces individus, ces histoires et ces passés différents... Je souris. Oui, je crois que je ne culpabilise plus de m'intéresser à tout ça. A trouver cette différence si belle. Claude me dévisage, la bouche entre-ouverte. Puis il avise mon verre et tente de le reprendre.
- En fait... Je crois que c'était une mauvaise idée...
- C'est bien, tu n'as pas bougé. Ah Claude, vous êtes là aussi.
Shamir. Comme toujours personne ne l'a entendue arriver. Elle est suivie par Leonie qui salut gaillardement son chef de Maison. Ce dernier se reprend et son sourire s'affiche de nouveau sur ses lèvres. Il souligne que l'ancienne Mercenaire n'engage pas assez souvent la conversation à son goût, que c'est un plaisir trop rare. Que si elle vient l'apostropher c'est pour rechercher son amitié.
- Pas le moins du monde.
La remarque shamirienne nous fait tous rire. J'amorce un mouvement pour débuter cette bière mais me rétracte pour demander :
- Vous vous connaissez ?
Il semblerait que ma mentor ait sauvé Claude en abattant une araignée venimeuse qui pendait près de son épaule. Cet épisode date déjà d'il y a quelques lunes. Je lance un regard piquant à l'ancienne Mercenaire et désigne son épaule.
- Une araignée... comme celle-ci ?
La concernée ne cille même pas, me dévisage avec toute la lassitude dont elle est capable d'exhiber. Si Shamir ne réagit pas, Leonie elle, en revanche, commence à zieuter partout autour de nous. Je suis un peu étonnée, partagerait-elle la même crainte des insectes que ma mentor ? Ah tiens, voilà Dorothea, Ingrid et Petra. Cette dernière est si concentrée qu'elle semble prendre des notes avec ses yeux. Pour elle, tant de nouveautés sont nichées ici. Les trois jeunes femmes s'attablent non loin de là. Aucune des trois ne s'enivrent, ce qui ne m'étonne pas. La brune agite sa main devant elle pour étudier la bague que lui a offerte l'amie des pégases après leur mission à Ailell, la Vallée du Tourment. Claude me ramène à la réalité en déclarant, taquin :
- D'ailleurs Leonie, Akkira et moi avons trouvé une rivière pleine d'araignées l'autre jour, je pourrais peut-être vous la montrer ?
- Quoi ?!
Les yeux exorbités de la rouquine en dit long sur son affection pour les arachnéens. Shamir, approuve la remarque du Cerf, en certifiant qu'il est plus prudent de s'entraîner sur des araignées plutôt que sur des pèlerins qui viennent occasionnellement à Garreg Mach. Qu'est-ce que c'est que cette histoire ? Mais autre chose me chiffonne :
- Non Shamir, pas les araignées. On ne tue les animaux et les insectes que lorsque c'est nécessité... nécessaire.
- Ah, j'oubliais que vous vous connaissiez ! fait remarquer Claude.
Mais oui bien sûr, comme s'il était capable d'oublier quoi que ce soit... L'ancienne Mercenaire darde son regard intraitable sur moi et sourit :
- Oui, nous sommes de très grandes amies, n'est-ce pas jeune fille ?
Une pique à la Shamir, qui me renvoie à mon alibi pour intégrer Garreg Mach. C'était il y a si longtemps... Je lui retourne son sourire et porte enfin la chope à mes lèvres. Claude suit scrupuleusement mon geste. Qu'est-ce qu'il...
Snif snif.
Je repousse le verre loin de ma bouche et l'analyse, complètement horrifiée. Du poison. J'ai pu le sentir. Shamir, qui a la phobie des bêtes venimeuses, m'a appris à le déceler dans les plats, les fruits et les boissons. Comment est-ce possible ? Est-ce le tavernier qui a souhaité m'empoisonner ? Je suis à deux doigts de passer par dessus le comptoir pour lui agripper le col, quand tout à coup je réalise quelque chose. Celui qui m'a servi cette pinte n'est autre que... Lentement, je redresse la tête pour perforer les yeux de Claude. Son visage affiche un mélange de culpabilité et de satisfaction. Shamir et Leonie observent la scène sans comprendre.
- Vous..., je crache.
- J'étais certain que vous alliez le détecter.
Mon indignation prend le dessus. Je balance la totalité de ma chope dans sa direction, mais il faut croire que le Cerf s'est habitué à mon impétuosité. Il s'abaisse, laissant le liquide asperger... Oh mince... Lorenz... Aussitôt le fils Gloucester se tourne dans ma direction et je crois que je n'ai jamais vu une personne aussi outrée que lui. Il n'avait déjà pas l'air ravi d'être ici, je crois que je viens de noyer sa soirée.
- 'Chier..., je grommelle.
Claude se détourne pour éviter de rire au nez de son camarade. Ma remarque ajoute du feu sur la consternation du noble aux cheveux violets.
- Comment ?! Je n'envisageais pas que les brigilènes pouvaient se montrer aussi ? !
- « Vul-guerre » ? je répète incertaine. Guerre ? Vous voulez-vous battre ?
Cette fois des rires retentissent aux alentours. Non arrêtez, je ne voulais pas l'agacer encore plus. Qu'est-ce que ça veut dire « vul-guerre » au juste ? Ah ! Vulgaire ! Ah ça... J'ai développé mon langage grossier pendant ces cinq dernières années et non pendant mon enfance, c'est sûr. Lorenz tente de prendre sur lui mais c'était sans compter l'arrivée de Dorothea qui a évidemment amené son mépris pour la noblesse avec elle.
- Bonsoir Lorenz, avez-vous un problème avec mon amie ? Je suis sûre qu'on peut trouver un ?.
Le concerné aperçoit la brune et reprend une certaine contenance. On sent tout le travail qu'il a dû effectuer sur lui-même pour atteindre cette image polie en toute circonstance, ou presque. Il lui sert une phrase des plus soutenues, lui lance même quelques fleurs verbales au passage. Puis il nous explique qu'il a à faire, et commence à prendre le chemin de la sortie. Dorothea déclare alors :
- C'est donc vrai ce qu'on dit à votre sujet ? Vous écourtez toujours vos discussions avec les roturières, ce que Akkira et moi nous sommes.
- Je vous demande pardon ?
Le rire de Claude me détourne de leurs discussions. J'attrape vivement ses joues d'une poigne pour le forcer à s'arrêter.
- C'est votre faute si Lorenz est énervé, je fulmine.
- J'ai voulu vous reprendre le verre mais d'un côté je brûlais d'envie de voir si vous allez le remarquer. Vous êtes impressionnante !
Je me rapproche de son visage, l'air encore plus menaçant. Je lui crache presque dessus :
- Mais qu'est-ce que ça vous apporte au juste ?!
Il réfléchit un instant en plongeant ses yeux dans les miens. Puis il déclare :
- A mieux vous connaître.
J'en perds toute ma véhémence, mon cœur fait une acrobatie dans ma cage thoracique. Pourquoi il... Non, il ne peut pas. Il ne peut pas dire ce genre de choses. Je le repousse durement puis mes yeux égarés partent en quête d'une échappatoire. Je repère Balthus qui demande à voix haute qui souhaite jouer avec lui. J'attrape Shamir par le coude.
- Viens avec moi, allons nous amuser.
- Et pourquoi donc ?
- Balthus veut lancer des paris.
Sa défiance se métamorphose en excitation. Shamir et les jeux de mises, une véritable histoire d'amour, plus solide que bien des romances.
Le petit commentaire de l'auteure : J'ai adoré faire Akkira dans un milieu qu'elle a connu durant ses années d'errance, à savoir les tavernes. J'aime toujours autant faire tous ces personnages. Certains ne sont apparus que brièvement ou ne furent que mentionnés mais auront plus d'importance dans la partie de Luna, dans la fic Sous les cendres :3
J'ai fait au mieux pour ne pas trop sortir du contexte de FE, en faisant tout mon possible pour respecter les personnalités de chacun. Ce chapitre a pris des allures de challenge, mais j'ai adoré le rédiger :3
Prochain chapitre : Batailler
Prête pour la bataille de l'Aigle et du Lion ? Héhé, des pronostics de victoire ?
A tout bientôt, portez-vous bien ! Ciaossuuuu !
