Bien le bonjour voyageurs !

Merci à Amnairis pour avoir rejoint l'aventuuuuuuure ! :D * lui fais coucou *

Répondez ensuite aux reviews :

Mijo : * t'envoie de pop corn * Yo ! Ouais je suis d'accord, les corsets donnent du fil à retorde à celles qui les portent xD Ah ça oui, ces deux Lions ont dû être forcés de venir x3 Toute cette colère envers Luna xD Mais je comprends, du point de vue d'Akkira c'est vrai qu'elle apparait comme une méchante. Et puis on s'en prend pas à Dorothea xD ! *la serre contre elle* Je pense que tu as eu des justifications dans le chapitre de LCDAH ;) Tu m'as tuée avec le passé composé du verbe être x'D ! Hello Yuri ! J'adore faire les passages où il charrie Akkira, on sent qu'ils peuvent être eux-mêmes l'un avec l'autre :) Contente que les questionnements te plaisent ! La relation Akkira/Claude évolue petit à petit ! Aaaaah Claude et ses techniques d'approche, c'est clairement un dingue avec cette histoire de poison xD "Elle culpabilise plus, champagne" j'ai eu la même réaction que toi en l'écrivant xD ! Ouais héhé, Dorothea attachée à cette bague ;) Merci pour ta revieeeeew ça fait chaud au coeur :3

Katt : Et oui surprise ça picole xD Tu t'attaches de plus en plus aux Aigles ? ooooh pari réussi ! :D *contente* En vrai je n'étais pas hyper proche d'eux avant la fic, mais comme j'ai creusé leurs psychologies, leurs soutiens et que j'ai refait une partie en choisissant la voie des Aigles, je t'avoue que je les aime tous d'amour ! Même Ferdie, même Hubie, même Lin-Lin *se prend pour Dorothea* Merci beaucoup pour tous ces beaux compliments, en espérant que la suite te plaise ! :3

Zak : Hey ! :D Héhé, contente que le début t'ait plu ! Je dois être horrible mais j'adore écrire des passages de douleur xD Ca m'inspire à chaque fois. Mooh le rapprochement Akkira/hamster est trop choupi ! C'est adorable comment les animaux peuvent montrer leur reconnaissance parfois :3 C'est Flayn qui intègre la classe des cerfs ;). Héhé j'aime te faire saigner du nez, ouais Akkira se fait chouchouter ! Ah ça oui y aura du yuri :3 ! LE GANT BLANC ! Edelgard est bien làAaAaAa ! J'adore faire l'évolution de la relation Akkira/Edelgard, là où j'en suis (chapitre 27) c'est encore très différent ! J'ai failli zapper de faire Monica dans ce chapitre, jusqu'au moment où je me suis dit "Ah oui elle est là celle-là xD". Ce sera pas la dernière fois qu'on la verra en plus xD Bien vu pour le soutien Linhardt/Petra ! ooooh *note le mot reptilien* Hihi contente que le passage Akkira/Claude t'ait plu, pour une fois c'est tout douuux ! / Tu m'as fait trop rire avec les décolletés de Manuela xD Ouais ahah Constance et son admiration pour El, d'ailleurs leurs soutiens m'ont fait rire et m'ont également touchée :3 Pauvre Sylvain xD Hihi, je suis ravie si le passage Akkira/Luna t'ait fait cette impression :3 Luna réveille pas mal de vices chez la brigilène comme tu peux le constater ! OUUUUII SHAMIR ça faisait longtemps ! :3 *happy* Ouais elle picole sec Akkikki, c'est qu'elle a une bonne descente xD Pour la tenue c'est Dorothea qui a souhaité l'habiller pour l'occasion, du coup Akkira dénote un peu avec les autres personnages féminins xD Dorothea souhaitait qu'Akkira attire les regards héhé. Ooh ce que tu dis à la fin de ta review me touche beaucoup, je suis contente que tu apprécies l'évolution d'Akkira et que tu la vois comme un personnage à part entière de FE. Pareil pour Claude, je te le fais découvrir et je suis heureuse si tu apprécies le personnage ! Chier', je chiale encore, suis trop sensiiiibleeeeuh x'D C'est ta faute regarde dans quel état de madeleinitude je suis ! *se mouche* Marchwiiii pour tes deux reviews !

RAPPEL :

- Les dialogues rédigés en gras sont en brigilien.

- Les dialogues rédigés normalement sont en fódlien.

- Les mots que ne comprend pas Akkira sont rédigés comme ceci "? ? ?".

Bonne lecture ! On se retrouve à la fin pour le petit commentaire de l'auteure !


Chapitre dix-sept

Batailler

Tout est beaucoup trop intense.

La lumière. Le tumulte qui tanne ma cervelle. La gorge aride. Et la nausée.

Oh non. Oh non, non, non. Cette sensation je la connais par cœur pour l'avoir ressentie lors de mes premières expériences dans les tavernes ou les auberges. Ce n'est pas possible, ça ne m'était pas arrivé depuis des années. Pourquoi ? Urgh... Il faut... il faut que je me redresse...

J'ouvre les paupières, les mains en visière pour contrer les rayons qui s'infiltrent entre les châssis en pierre. Quelle horreur, tout mon système nerveux est une gigantesque meurtrissure. Je roule sur la gauche, lentement, pour me mettre dans la position qui réduit au mieux les haut-le-cœur. Puis je pousse sur mes membres plus frêles qu'à l'accoutumée. Mes cheveux lâchés cascadent sur mon buste. Je les touche. Lâchés et...surtout poisseux. Je papillonne des paupières pour retirer tous les points noirs qui m'obstruent la vue. Attendez... La gueule de bois est une chose.

Le trou noir en est une autre.

Par tous les esprits... qu'est-ce qui s'est passé hier ?! Je me souviens de mon duel inachevé avec la frisée, de la discussion avec Yuri, des magouilles de Claude, du jeu avec Shamir et Balthus... Je passe mollement ma main sur mon front. Non... Mes souvenirs s'arrêtent là.

Et puis j'avise mon bras. Nu. Alors qu'il ne le devrait pas l'être.

Je baisse les yeux et constate avec horreur que la tenue que m'a prêtée Dorothea est... saccagée. La jupe bouffante passe encore mais les manches du corset ont tout bonnement disparu. J'examine la couture. On les a arrachées donc...

La porte de ma chambre s'ouvre.

- Oh, vous êtes réveillée ?

Dorothea me sourit affectueusement et vient s'asseoir à côté de moi sur le lit. Elle y dépose un plateau, et commence à servir le thé. Ma langue peut à peine naviguer dans ma bouche tellement cette dernière est stérile. Elle me tend la tasse que je renifle au préalable. Son rire cristallin se glisse hors de ses jolies lèvres.

- Pourquoi tout le monde pense que ma cuisine est horrible ? Ce n'est qu'un thé à la ?.

- « Ca... camomille » ?

- Oui, c'est une plante à la base. J'y ai ajouté un peu de miel en suivant les conseils de Manuela.

Mon esprit s'active douloureusement pour effectuer des associations. Manuela – alcool - gueule de bois. Ah oui, elle doit s'y connaître. J'avale une grosse gorgée en me brûlant un peu. J'ai trop soif. La brune me demande alors comme je vais, sans faire le moindre commentaire sur son corset abîmé. J'humidifie mes lèvres craquelées.

- Où est Petra ?

- Elle est de corvée de nettoyage du réfectoire ce matin, elle aura bien terminé.

- Qu'est-ce... qu'est-ce qui s'est passé après hm... après le moment avec Lorenz ?

On ne peut pas dire que la stupéfaction est ce qui la décrit au mieux. Ah, je vois... C'était si évident que ça ? Je devais être complètement soûle, j'ose à peine concevoir ce que j'ai fait. Je désigne le haut massacré.

- Qui a fait ça ?

- Ce n'est pas important, ne vous en faites pas. Ce qui s'est passé l'est... d'autant plus.

Son sourire malicieux refait surface. Bon. Je relève deux choses dans cette attitude. De un, je suis la responsable du désastre de son corset, si cela n'avait pas été le cas elle n'aurait pas éludé le sujet ainsi. Miséricorde... De deux, la soirée n'a pas dû non plus être une catastrophe sinon elle montrerait un peu plus de réserve.

Tandis que je sirote plus doucement le thé, elle me conte les événements qui se sont enfuis de ma mémoire. Balthus, Shamir et moi avons donc participé à un jeu de mises. D'accord, ça commence bien, j'ignore ce que j'ai pu miser au juste... Au début personne ne nous remarquait à vrai dire, Dorothea ne sait pas forcément comment ça a dérapé. Elle nous a juste aperçus avec des cartes et des chopes de bière. Je fais fourmiller les doigts de l'une de mes mains devant moi. Si, ça me revient. La sensation d'avoir un beau jeu, je revois encore le signe du pique et celui du cœur. Des chiffres aussi.

Puis à un moment de la soirée Balthus et moi avons commencé à hausser la voix, sans nous emporter. Quand la brune s'est approchée de notre table, de nombreuses chopes étaient empilées sur la table. Si seules les rougeurs sur les joues de l'ancienne Mercenaire trahissaient son état d'ébriété, nous ne pouvions pas en dire autant du loup et de moi-même. J'avais desserré un peu les lacets de mon haut, répétant sans cesse que j'avais chaud. J'imagine que c'est à ce moment là que j'ai démuni brutalement le corset de ses deux manches. Et moi qui me croyais immunisée à l'alcool... Comme je n'ai rien consommé depuis six lunes, j'ai du perdre un peu de ma résistance dans ce domaine.

Nous riions comme des fous, bientôt rejoints par d'autres Abyssiens ivres. L'ambiance était tellement festive que des gens ont commencé à danser, comme pour signer la paix entre les habitants de l'Abysse et ceux venant de l'extérieur. Même si cette entente était éphémère, à l'instar de l'alcool dans notre sang, de nombreuses personnes y ont cru. Plusieurs individus avaient quitté cette joyeuseté, principalement ceux qui préféraient rester sobres ou qui étaient plus raisonnables. Ne restait plus que ceux qui étaient avides de découvertes et de réjouissances. Selon Dorothea, je me suis alors levée de ma chaise pour me vautrer sur elle alors qu'elle venait s'enquérir de mon état. Je n'arrêtais pas de répéter que j'avais gagné, mais Balthus certifiait le contraire.

- Au final personne ne doit véritablement connaître le vainqueur de votre jeu, me rassure la brune en notant mes sourcils froncés. Et puis... Oh, vous avez déjà fini. Voulez-vous de nouveau un peu de thé ?

Je hoche la tête en me léchant les babines. C'est requinquant, Manuela n'est pas l'infirmière de Garreg Mach pour rien. Elle me sert puis reste un instant silencieuse. Je la considère longuement avant de déclarer :

- Vous hésitez à m'avouer quelque chose...

- Et bien je ne sais pas comment vous allez réagir.

- Dites-moi quand même.

Elle m'explique alors la suite des événements, que je me suis affalée sur...

- Luna.

Les mots restent bloqués quelque part entre mon œsophage et mon larynx. Sur... la frisée ?

- Je me suis... couchée dessus ? je tente en arquant un sourcil.

- Hi hi non ! glousse-t-elle. Vous vous êtes jetée dans ses bras et vous avez voulu danser avec elle.

Je n'en crois pas mes oreilles. Je revois notre duel, tous les vices qui m'ont engloutie quand j'ai pressé sa main dans la mienne. Je ressens encore cette tension si je me concentre bien et... « j'ai voulu danser avec elle » ?! Déchiffrant mon air désabusé, Dorothea ajoute que la fille Arundel n'avait pas l'air du tout offusquée, allez savoir pourquoi. Nous avons plus oscillé qu'autre chose en définitive. La brune se penche vers moi, les joues baignées par les rayons lumineux.

- Même si vous ne dansiez pas vraiment, je sais reconnaître une ?.

- Une « artiste » ? je répète.

- Une danseuse plus précisément. Même si l'heure n'est peut-être pas adéquat pour en parler, sachez que je garde cette information dans un coin de ma tête.

Mon cœur palpite férocement dans ma cage thoracique. La danse. Ce n'est pas que je cache mon amour pour cette discipline, c'est juste que je n'ai pas la tête à l'exercer depuis des lustres. Les yeux plongés dans ceux de Dorothea, je cherche quelque chose à répondre à ça. Ses prunelles vertes... Elles me rappellent... un autre regard.

Je revois un semblant de décor. Il faisait nuit noire, seule la flamme d'une lampe à huile tranchait la pénombre. Deux corps m'encerclaient, je ressens encore leurs poids, mes bras autour de leurs épaules. Des voix aussi qui se chamaillaient. Une féminine et une autre masculine. Je plisse le nez. Qui étaient-ce ?

- Et ensuite ? Que s'est-il passé ?

Je voix qu'elle se fait violence pour réprimer un rire. Je lui prends le bras, manquant de peu de renverser la tasse que j'ai à nouveau vidé.

- Ce n'est pas drôle.

- Excusez-moi, vous étiez si mignonne, j'aurais adoré être à sa place. On aurait dit un chat.

- Un chat ?

- Oui, vous vous êtes frottée à lui tout le long du chemin jusqu'aux dortoirs, il a eu du mal à marcher. J'étais juste derrière vous, je soutenais Petra qui tombait de fatigue.

Je suis bien heureuse d'être assise sur mon lit car les draps ont pu amortir la chute de ma mâchoire. Qu'est-ce que c'est que cette histoire ?! Ma cousine et moi aimons frotter nos fronts l'un contre l'autre en signe d'affection. Qu'est-ce qui m'a pris de le faire sur le... corps de quelqu'un d'autre ? Je sais que Dorothea aime taquiner ses camarades mais là son exultation connote toute la véracité de ses propos. Les yeux verts... Ce magnifique regard... Il prend de plus en plus de consistance dans mon esprit délabré.

- C'était Ashe ?

- Au moment de vous déposer dans votre chambre, vous vous êtes agrippée à lui. Je crois que vous aviez même déchiré sa chemise. De ce fait Hilda a eu très peur pour ses habits.

- Hilda ? Attendez, qui était avec elle ? C'était bien Ashe n'est-ce pas ?

La perspective que ce soit le garçon pistache ne m'embarrasse pas tellement. Je pourrais toujours m'excuser pour dissiper le malentendu, lui promettre de rembourser ses vêtements... un jour. La chanteuse s'interrompt pour me dévisager, les yeux pétillant de gaieté.

- Non ce n'était pas Ashe, c'était Claude.

Ma figure s'écrase entre mes mains. Moi, me pelotonner contre le délégué des Cerfs, contre ce scélérat qui a souhaité vérifier si j'étais capable de déceler le poison dans ma boisson. Je nous imagine, mon bras autour de ses épaules, mon corps lové contre le sien et...

Je sens la température augmenter dans mes joues. Par tous les esprits de ce monde... Vraiment, la vie se fiche bien de moi par moment.

Dorothea passe sa main dans mes cheveux visqueux.

- Que diriez-vous de prendre un bain avec moi ?

- Volontiers.

Je me lève en titubant sans prendre conscience du silence qui s'est installé. Dorothea m'examine en retenant à grande peine son sourire.

- Je vous taquinais, mais si vous êtes partante moi aussi. Nous pouvons même aller chercher Petra, elle doit avoir terminé sa corvée.

Je hoche la tête et inspire longuement. Il faut vraiment que je me retape aujourd'hui, car demain n'est pas un jour comme les autres. Les trois Maisons partent pour la plaine de Gronder.

La bataille de l'Aigle et du Lion aura lieu après-demain.

Je dois être au mieux de mes capacités.

/

Tout en réglant les attaches de mes gants, j'admire l'étendue verdoyante qui s'offre à nous. Il y a nombre d'endroits où se cacher et quantité de chemins pour avancer. C'est un champ de bataille où il faut adapter sa tactique. Malgré les quelques collines environnantes, aucune ne nous rappelle les paysages orographiques entourant le Monastère. Seule une falaise délimite le terrain au nord, couvrant de son ombre un cours d'eau et un pont. Là-bas, nous pouvons apercevoir les Lions de saphir qui commencent à s'organiser. Le ciel a déblayé les nuages, inondant la plaine de lumière. Pas certaine que ce soit l'idéal, je redoute le reflet sur des armes en fer. Je lèche mon doigt et le dresse vers l'infinité bleuté. L'esprit du Vent est légèrement dirigé vers l'est, mais il est presque imperceptible. Au moins ça ne devrait pas gêner nos tirs à l'arc. Et c'est dans cette direction que nous retrouvons les Cerfs d'or.

Je m'étire en ressassant les règles établies par l'archevêque. Interdiction d'éliminer son adversaire, et aucun blessé grave ne doit être déploré sinon ce sera l'exclusion définitive. Je pense qu'affronter des étudiants et non des ennemis devrait me permettre d'éviter tout dérapage. Cet assaut ne doit pas se transformer en bain de sang, loin de là. Nous possédons tous des armes en fer pour éviter les blessures trop profondes. De plus, certains sorts sont interdits. Ils n'ont pas à s'en faire, nous ne sommes plus en sucre. Nous nous sommes entraînés sans relâche et nous avons croisé le fer avec bon nombre d'adversaires qui convoitaient notre mort. De plus, des moines guérisseurs sont là pour s'occuper des unités hors-course.

Nous rejoignons tous Edelgard pour faire le point sur la stratégie à appliquer. Je prends le temps d'examiner mes compagnons. Nous avons rarement été aussi nombreux durant un affrontement, j'avoue que nous voir tous arborer notre équipement propre à notre classe donne son petit effet. Il manque Yuri, Constance et les autres loups. Les Abyssiens et eux étaient très occupés, peut-être avec une mission. Byleth est le seul professeur présent. Manuela, qui n'était pas totalement remise, a préféré se retirer de la bataille. Hanneman, en tant qu'éternel rival, en a fait autant. Tous les deux se tiennent en haut de la falaise, en compagnie de Rhea, Seteth et d'autres chevaliers de l'Ordre. L'infirmière m'a demandé si je voulais également renoncer à cette bataille en vue des derniers événements. J'ai refusé sa proposition, me sentant en pleine possession de toutes mes facultés. Ça m'agace de l'avouer, mais les soins naturels de la frisée ont été bigrement efficaces.

Hm ? C'est moi ou Caspar a l'air encore plus agité que d'habitude ? Il nous explique que la plaine de Gronder fait partie du territoire de sa famille, la Maison Bergliez, et qu'elle est la plus vaste de Fódlan. C'est là que sont produits les grains qui nourrissent la totalité de l'Empire.

- C'est l'endroit idéal pour une grande bataille, ajoute Hubert de sa voix doucereuse. Quel est votre plan, Dame Edelgard ?

- Je sais que le prudence est une grande ?, mais pour cette bataille il nous faut employer une attaque frontale pour nous emparer de la ? centrale.

La « baliste » ? Les regards se tournent fugacement vers la colline. Oh je vois, il s'agit de cette catapulte. La princesse impériale poursuit :

- Elle pourrait jouer en notre faveur et être déterminante pour la suite des opérations. Dites-nous Hubert, quelle stratégie devrait être mis en place ensuite d'après vous ?

Je ne suis plus vraiment surprise que la déléguée accorde une oreille attentive à l'esprit aiguisé du fils Vestra. Seulement, Edelgard ne se cache pas de prendre la décision finale, et même si cela va à l'encontre de la stratégie proposée par le toutou maléfique. Cette fois, il suggère des tactiques plutôt élaborées qui nous permettraient de mener deux fronts en même temps. Élargir nos lignes et les sécuriser serait bénéfique à une prise fulgurante de la baliste. Pendant qu'Edelgard évalue la pertinence de ce plan, Hubert se tourne vers nous en souriant sournoisement.

- Si nous perdons en dépit de notre puissance supérieure, ce sera votre faute.

- Que de paroles désobligeantes, rouspète Ferdinand en rejetant les mèches de son front. Si vous ne vous sentez pas capable de prendre le contrôle de la baliste, laissez-moi m'en occuper.

- Allons, vous ne ferez qu'aggraver la situation et gêner Dame Edelgard, rétorque Hubert calmement.

D'autres étudiants sont volontaires pour cette tâche délicate. Je reconnais parmi eux des fils de noble qui passent leurs journées à vouloir impressionner Edelgard. Tss, ils sont pitoyables. A l'inverse, certains élèves paraissent très réticents pour effectuer cette mission. C'est le cas de Bernadetta qui a déjà tourné le dos à la colline centrale. Elle balbutie qu'elle va se barricader dans le fort et nous encourager depuis les remparts. Ses propres paroles la font sursauter :

- Attendez, il y a un fort pas vrai ?

- Certainement, répond Linhardt d'un air blasé. Derrière les lignes ennemis.

- QUOOOOOI ?!

- Bernadetta, interpelle Edelgard d'une voix portante.

De concert, notre attention converge vers la future impératrice. Elle s'avance vers la petite archère.

- Je voudrais que vous preniez le contrôle de la baliste.

- QUOOOOOOI ?! hurle de nouveau la concernée en frôlant la crise cardiaque. Mais... mais... Nadette ne peut pas...

- Si, vous pouvez, certifie la déléguée des Aigles d'une voix convaincante. Vous êtes rapide et agile, et vous ne serez pas seule. Trois cavaliers vous accompagneront, et Ferdinand vous protégera des attaques ?.

« Septentrionales » ? Je jette un regard interrogateur à ma cousine mais elle paraît aussi perdue que moi. Dorothea nous souffle que cela désigne le nord et donc les Lions. Ah mais oui, je l'avais appris, il faut croire que ma mémoire est loin d'être infaillible. Malgré le développement d'Edelgard, la fille Varley paraît de plus en plus terrifiée. Elle essaye de prouver que des étudiants sont plus agiles et rapides qu'elle, en sous-entendant nous autres brigilènes. La déléguée objecte, et lui apprend qu'il nous faut des forces de frappe puissantes pour les deux assauts suggérés par Hubert. Petra et moi en feront partie.

- Mais... mais..., baragouine Bernadetta au bord des larmes.

- Vous êtes une archère compétente et surtout votre technique est redoutable lorsque vous êtes... angoissée. Vous êtes la candidate parfaite pour ce rôle. Si la Maison des Aigles de jais unit ses forces, nous ne perdrons pas.

L'union... Je considère mes camarades. On ne peut pas dire que c'est l'union qui nous représente. Pour avoir fréquenté les Lions de saphir pendant une lune, j'ai pu noter la différence affective entre les deux maisons. Dans la classe de Dimitri, certains étudiants sont des amis d'enfance, l'entente est très forte entre eux tous. Alors que chez les Aigles, la noblesse est d'autant plus marquée. Beaucoup essayent de s'arracher les égards d'Edelgard, alias la future impératrice adrestienne. C'est sûr, à côté de ça quelques élèves se sont rapprochés entre eux. Je pense évidemment à Caspar et Linhardt, même si eux sont avantagés puisqu'ils se connaissaient avant leur arrivée au Monastère. Il y a également Dorothea, Petra et... moi, j'ose espérer. Quelques noyaux forts, mais pas d'union solide entre toute la classe.

Bernadetta finit par accepter, la mort dans l'âme. La déléguée répartit les groupes, illustrant verbalement nos objectifs. Enfin, elle agite les couleurs de notre Maison.

- La bataille va bientôt commencer, déclare-t-elle en haussant la voix. Nous planterons le drapeau de l'Aigle de jais dans la plaine Gronder. Notre victoire devra être écrasante, peu importe le prix !

A ces mots, nous brandissons nos armes, galvanisés par la perspective de gagner. Pour se faire, il faut battre le plus d'adversaires possibles. Vaincre les Lions, vaincre les Cerfs. Les busines entonnent l'hymne propre à cette bataille annuelle. Et l'étendard se lève.

Aigle et Lion.

J'en ai des frissons sous mes gants. C'est un symbole chargé d'histoire, à n'en pas douter. Et la voix d'Edelgard qui s'élève, submergée par l'assurance et la détermination.

- A l'attaque !

/

J'encoche une flèche en même temps que Monica et vise les pattes des deux canassons.

- Je suis navrée, je ne suis pas très adroite, fait-elle jovialement.

Et nous tirons. Les pointes se fichent juste devant leurs sabots, ce qui les effraye et les fait se cambrer. « Pas très adroite » ? Cela faut deux fois que nous effectuons cette manœuvre à une distance considérable et ses tir sont d'une précision prodigieuse. La première fois, j'ai placé ça sur le dos de la chance étant donné qu'elle garantissait son incompétence. Sauf que là, je ne peux plus lui donner le bénéfice du doute. Monica doit souffrir du même complexe d'infériorité que Bernadetta. Cette dernière se démène comme elle peut pour gagner la colline centrale le plus rapidement possible. Comme prévu, trois cavaliers l'escortent. Je me concentre de nouveau sur les canassons ennemis. Lorenz et Leonie essayent de reprendre la route vers la baliste. L'étudiante aux cheveux sanguins et moi bandons nos bras et effectuons pour la troisième fois un tir qui sert à repousser l'avancée des Cerfs vers la colline. Nouvelle réussite.

- Génial, Bernadetta est arrivée à la baliste ! se réjouit Caspar en sautillant sur place.

- Youhou ! exulte Monica.

- Les Aigles ont saisi l'avantage, je conclue, nous pouvons continuer.

Le fils Bergliez, la nouvelle et moi sommes assignés à l'avant-garde côté Cerfs, tandis que Ferdinand, Petra et Dorothea essayent de repousser la ligne ennemie des Lions. Je ne les distingue déjà plus, ils doivent progresser rapidement à cause d'un Ferdinand trop fougueux. De notre côté, Caspar tente aussi de gagner du terrain à un rythme soutenu, et s'approche dangereusement d'une barricade en bois.

- Allons dégommer du Cerf !

- Il vaut mieux rester en groupement, je souligne.

Je n'en reviens pas de me montrer aussi... prudente. Je crois que la quête dans la région de Duscur a considérablement marqué ma réflexion. Cependant, la fièvre du fils Bergliez paraît indomptable, même son escouade peine à le suivre. Il n'est plus qu'à trois mètres de l'obstacle lorsqu'un archer se redresse et le cible. Il le repère et esquive de justesse son tir.

- Tu vas voir ! fulmine-t-il.

Il se rue sur lui pour lui refaire le portrait tandis que je m'élance à sa suite pour lui porter assistance. Un archer isolé ? Ça me paraît inconcevable ! Et tout à coup

une grande portion de la barricade se retrouve pulvérisée.

Raphael. Ses gantelets élevés devant lui, il nous accueille avec son immuable sourire. Et derrière lui... Oh non. Je congédie mon arc en le rengainant dans mon dos, et cours à vive allure vers Caspar. Mais il est trop tard. Flayn, qui s'était cachée derrière la corpulence de Raphael, se redresse et déjà la magie scintille hors de ses petites mains. Une bourrasque s'élève dans les alentours, prenant au dépourvu mon camarade.

- Vent ! s'écrit-elle.

La rafale percute le corps du fils Bergliez qui se retrouve projeté en arrière. Il geint de douleur, mais refuse de s'avouer vaincu. Ses pieds dérapent et ils s'aident de ses gantelets pour recouvrer une forme d'équilibre. Seulement, ce n'est pas terminé. Flayn est rapide, elle va frapper une seconde fois. J'arrive enfin à la hauteur de Caspar, saisis son ceinturon et hurle à mon escouade :

- Tirez !

Heureusement pour nous les archers de Seiros, que j'ai recrutés il y a quelques jours, s'étaient déjà mis en position. J'entraîne l'Aigle avec moi vers le sol, m'allongeant sur lui. Une volée de flèches s'abattent alors sur nos adversaires, interrompant ainsi le sort de Flayn. Étant collée à lui, je discerne le grincement de dents du fils Bergliez. Je me redresse sur mes coudes pour évaluer l'étendue des dégâts. Son esprit combatif l'empêche de gémir de douleur mais je vois bien qu'il a dégusté. C'était pourtant un sort des plus standards, la magie de Flayn doit être surpuissante. Je l'ai sous-estimée... Je jette un regard dans la direction de nos ennemis et m'aperçois que c'est Raphael qui a encaissé le plus gros de l'assaut de mon escouade. D'ici, je peux entendre son râle. Toute la barricade en bois est détruite à présent et je ne distingue la sœur de Seteth nulle part. Si, elle est là ! La grand blond l'a protégée, elle n'a subi aucun dommage ! Et voilà qu'elle est en train de fournir des soins à son acolyte blessé.

Mince, nous sommes mal, il faut rétablir la situation à notre avantage. Tandis que je fouille Caspar à la recherche d'une potion, je m'époumone :

- Monica !

Il faut absolument ressouder notre trio ! Je me décale pour avoir un visuel sur sa position. Elle est aux prises avec Leonie qui galope sur son cheval. Je ne m'étais même pas aperçue que la rouquine avait changé de trajectoire ! Elle fonde droit sur l'étudiante de ma Maison, la lance au clair. Alors que je crois qu'elle va être en mauvaise posture, Monica exploite la souplesse hallucinante de son corps pour esquiver le coup, tourner sur elle-même et agripper le bras de Leonie. Elle la tire vers elle, la faisant chuter de son canasson et lui assène un violent coup d'épée qui la fait voler à des mètres de là.

- Et une de moins ! déclare-t-elle gaiement.

La rouquine des Cerfs gigote mais ne parvient plus à se lever. Monica l'a vaincue en un seul coup ? Mon attention se détourne d'elle lorsque je parviens enfin à dénicher la potion. Super ! Déjà j'entends des pas s'orienter dans notre direction. Vite, plus vite ! J'ouvre la bouche de Caspar et lui fait ingurgiter d'une traite le liquide guérissant. Il tousse, ouvre subitement ses yeux bleu cérulé et se jette sur moi.

- Attention !

Nous roulons sur le côté, évitant de peu le coup de massue de Raphael. Le géant s'est remis de ses blessures, foutus soins de Flayn ! Cette dernière n'est visible nulle part, sûrement a-t-elle battu en retraite pour économiser sa magie blanche. Il faut dire que les prêtres sont des unités indispensables dans tous types d'affrontement. Nous avons à peine le temps de nous redresser que des flèches pleuvent sur nous. Nous les esquivons, concentrés comme jamais. Une, deux trois. Donc trois archers, je présume. Je zieute Raphael qui semble vouloir en découdre avec nous.

- Vous êtes plus fort que Raphael ? je murmure.

- Et comment ! répond Caspar en tapant ses gantelets l'un contre l'autre.

- Bien.

Le petit Aigle se rue sur son ami. Trente centimètres les séparent, mais je sens que c'est la détermination de mon camarade qui est la plus forte. J'inspire et expire. Finis de jouer. J'analyse les trois flèches plantées dans le sol. Si je suis leur trajectoire... Ces buissons là-bas. Ils sont étendues, mais je ne pense pas me tromper. Je fais basculer mon arc d'un mouvement de hanche, attrape une flèche et mon coup part derechef. Au cri que j'entends, je sais que j'ai fait mouche.

- Et de un, je murmure pour moi-même.

Mon bras s'active, s'arme et je tire sans entendre sur une autre parcelle broussailleuse. Nouvelle plainte.

- Et de deux.

Le troisième archer sort de sa cachette. Se mouvoir ne sert à rien, je ne vais pas te rater à cette distance. Je bande mon arme, et lâche l'encoche. Alors que je suis certaine de le toucher, une flèche vient percuter la mienne pour la dévier. Qu'est-ce que... ?

Claude.

Il sort des fourrées, et il n'est pas seul. Flayn est là et Lysithea aussi. Mon sang se glace lorsque je percute enfin. Il n'y a que des Cerfs de ce côté, aucun Lions. Ces derniers doivent être ailleurs, probablement au nord-ouest, là où se trouvent Ferdinand, Petra et Dorothea. Je recule, impressionnée par toutes ces unités qui avancent vers nous. Le bruit singulier d'un cheval qui galope me met définitivement en alerte générale. C'est Lorenz, qui s'est élancé dans notre direction également.

Je comprends alors. Les Cerfs n'ont jamais eu l'intention de s'emparer de la baliste. Ce n'était qu'une manœuvre pour faire croire à mon groupe que nous pouvions progresser sans crainte. En s'apercevant que les Lions ne venaient pas de leur côté, ils ont décidé d'amasser toute leur force de frappe vers le sud-est. Et donc vers nous. Avancer en restant groupés, préserver leurs soigneurs en les plaçant à proximité d'unités défensives. Et surtout prendre en étau les Aigles. Mes dents s'entrechoquent entre elles. Il n'y a qu'une seule personne qui a pu ficeler un plan aussi ingénieux. Dans d'autres circonstances, j'aurais pu sourire mais pas là.

- Claude..., je grommelle.

Au même moment, Monica abat son épée sur Raphael qui se retrouve définitivement hors compétition. Caspar, essoufflé la dévisage sans comprendre.

- Il était pour moi !

Là encore, quelle puissance insoupçonnée provenant de la nouvelle. Mais ce n'est pas le moment de s'ébaudir. J'accours jusqu'à eux, attrape leurs poignets et beugle :

- Caspar, Monica, retraite !

Ils s'aperçoivent enfin de ce qui s'apprête à fonder sur eux. Flayn a joint ses mains et une lueur rougeâtre est en train de flamber de plus en plus fort autour de ses doigts. Elle n'est pas là seule dans cette position. Des mages de Seiros qui représentent son escouade se concentrent et s'apprêtent à déverser sur nous un sort des plus redoutables. D'une même âme, mes coéquipiers et moi faisons volte-face vers notre base. Il nous faut réorganiser une ligne solide ! Si Caspar paraît aussi préoccupé que moi, Monica affiche toujours son sourire insouciant. Par tous les esprits, c'est quoi son problème ?!

- Je ne vous laisserai pas vous enfuir, déclare Lysithea. Lunaire Λ !

Et alors que je pense que nous sommes hors de sa portée, la nouvelle trébuche et s'écroule dans l'herbe. Il est trop tard pour l'aider à se relever, une lune opaque apparaît au dessus d'elle et se transforme en un trou obscure d'où se déverse de la magie noire.

- Il faut l'aider ! s'égosille Caspar.

- Nous ne pouvons plus rien faire, cours !

Je le pousse en avant et nous reprenons notre course. J'aperçois Hubert ! Nous n'avons fait que quelques mètres à peine lorsque nous recevons dans notre dos la salve de Flayn et de ses moines. Des boules embrasées s'abattent sur nous. Je percute le sol en même temps que Caspar et me roule en boule pour recevoir le moins de dégâts possibles. Lorsque la déflagration est passée, je coule un regard vers mon camarade. Déjà blessé par son duel avec Raphael, voilà qu'il est inconscient. Zut ! Je pousse sur mes jambes et mes bras défectueux mais à peine suis-je debout que je m'écroule de nouveau. Ouch... Saleté de sorts, ils me causent toujours beaucoup trop de dommages !

Malgré l'adrénaline qui fait retentir un tambour dans ma boîte crânienne, je crois percevoir des bruits de pas. Bouge Akkira, il faut que tu bouges ! Je rampe vers notre camp mais même ça c'est compliqué. Et alors que les lettres de la défaite commencent à s'imprimer derrière mes paupières, je sens un regain d'énergie m'envahir. Mais comment est-ce possible ?

Linhardt ! Maintenant que je suis à sa porté, son remède magique a pu m'atteindre ! Je roule sur moi-même, évite une flèche et en décoche une pour mettre enfin à terre le troisième archer. Je ne vais pas m'avouer vaincue ! Je bondis sur mes jambes encore fragiles et me rue vers Hubert, Edelgard et le fils Hevring. Le toutou maléfique couvre mes arrières. Hors d'haleine, je me jette contre le petit rempart qui protège notre déléguée et me retourne pour être face à nos adversaires.

- Edelgard..., je siffle difficilement. Les Cerfs sont sur nous.

- Je vois. Les Lions essayent de nous encercler par le nord. Nous ne devons pas les laisser passer nos dernières barricades !

Les Lions ? Je crois en apercevoir certains sur la colline centrale. Où est Bernadetta ? Je m'ébroue, reste concentrée Akkira. Je reprends mon souffle et enserre la poignée de mon arc. Oui, nous ne perdrons pas. Linhardt s'active pour soigner un cavalier, Hubert lance tous les maléfices qu'il connaît pour repousser les Cerfs. Il ferait n'importe quoi pour défendre sa maîtresse. En tout cas cela semble marcher car nos ennemis dorés n'avancent plus.

J'en suis à cette constatation lorsque cède une partie de notre barricade à droite. Je reconnais sans mal le chef de maison. Hors de question de le laisser passer. Je bande tout en m'avançant dans sa direction. Claude m'imite et nos tirs s'entrechoquent. Ni une ni deux, j'attrape un nouveau tube, le place dans le viseur et le coup part. Là encore, il singe mes mouvements à la différence qu'une étrange lueur vient tapisser son corps. Un sceau ? Non, c'est...

Un emblème.

Pour les avoir étudiés en cours, je le reconnais. L'emblème majeur de Riegan. Sa flèche déchiquette la mienne et vient entailler mon bras droit. Je geins de douleur, les dents serrées et vacille. Non, je ne veux pas perdre ! Pas à l'arc ! Je papillonne des paupières pour chasser la sueur, examinant son visage concentré. Je n'ai pas dit mon dernier mot... Je glisse mes doigts dans mon carquois et...

Plus de flèche. Je n'ai plus aucune flèche.

Mon instinct permute de stratégie. Claude est à portée de mon épée qui est restée inactive depuis le début. Je ne lui laisse pas le temps d'encocher à nouveau. Les doigts de mon bras valide empoigne le pommeau et déjà je torpille sur moi-même pour me donner de l'élan. Et alors que je crois pouvoir lui asséner un coup violent, un tintement me fait réaliser qu'il est parvenu à bloquer mon attaque. Quoi ?

Une hache. Depuis quand il en manie une ? Il est un peu déstabilisé à cause de l'impact mais aussi parce qu'il ignorait que j'étais ambidextre. Alors que je me remets de mes émotions, un sourire surélève ses lèvres. Il se racle la gorge pour recouvrer sa respiration et chuchote :

- Je me répète mais vous êtes impressionnante. Malheureusement pour vous...

Des bottes apparaissent derrière lui. Non, pas que des bottes. Un corps tout entier. Lysithea. Elle s'est servie de sa petite taille pour se cacher derrière son chef de maison. De la sueur froide congèle mon dos. Oh non pas elle ! Elle fronce les sourcils et baragouine :

- Claude, sachez que je n'approuve pas cette stratégie qui m'humilie. Mais soit !

Un essaim noir s'extrait de ses doigts et vient me boucher la vue.

J'essaie de me débattre mais c'est inutile, ma conscience se fait la malle.

Je...

J'ai perdu.

/

La bataille de l'Aigle et du Lion. Edelgard et Dimitri.

Je crois que les deux maisons furent un peu trop focalisées l'une sur l'autre. Le prince avait envoyé toutes ses troupes sur nous, et même si la future impératrice fut plus précautionneuse, son attention fut davantage portée sur les Lions. Personne ne s'attendait à ce résultat, notamment pour un affrontement placé sous le signe de l'histoire de l'Empire d'Adrestia et du Saint Royaume de Faerghus. Et pourtant c'est un message qui nous a été adressé ce jour-là. A tous. Au sein de l'Académie des officiers, il n'y a pas que deux maisons, mais trois.

Craignez les Cerfs.

Craignez les gagnants de la bataille de l'Aigle et du Lion.


Le petit commentaire de l'auteure : Et une gueule de bois, une xD C'est plutôt surprenant venant d'Akkira si on connait son passé, faut croire qu'elle a perdu la main.

La bataille de l'Aigle et du Lion ! Je crois que c'est ma map préférée pre-ellipse :3 Pour la fic, ça nous a pris pas mal de temps avec LCDAH pour bien se partager la map. Je me suis éclatée à écrire ce combat, j'ai adoré faire le trio Akkira/Caspar/Monica. La rouquine dénote par rapport à ses camarades, et on sait pourquoi ! Et donc on a une victoire des Cerfs ! Surpris ? ;)

Prochain chapitre : S'empourprer

Prenez soin de vous, à bientôt !

Ciaossuuuuu !