Bien le bonjour voyageurs !
Merci à supersillysonic pour sa favori et son follow ! :D Je suis ravie, bienvenue dans cette aventure ! * t'installe dans un wagon *
Poursuivons par la traditionnelle réponse aux reviews, une fois n'est pas coutume héhé :
Mijoojojo : Ooh toi aussi tu adores Raiponce ? :D Il est tellement génial ce Disney ! Héhé toujours aussi perspicace Mijo, tu devines les événements avant de les lire ;) Ouais, Dorothea mérite le meilleur, elle est tellement géniale cette fille. Bien vu pour la dague... ;) Héhé mystère quant à la phrase de la Akkira du futur ! *couds sa bouche* Pour Akkira et ses penchants sentimentaux, disons, ouais elle est bisexuelle :3 Ouais Dorothea reprend ses activités de recherche d'un bon parti, c'est triste :( Mais bon, comme tu l'as vu, elle finit par ouvrir les yeux héhé :) Akkira est bel et bien jalouuUuuUse de Byleth et des autres filles qui danse avec Claudio hihi :3 J'aime bien la faire comme ça. Bien vu pour Hubie et Ferdie ;) Ils se jettent des regards sans pouvoir s'en empêcher, et ça les énerve de ressentir ça xD Synchrone avec la musique, t'es trop fort :3 ! * applaudis avec ses orteils* Merci beaucoup, j'avais ce passage avec cette musique en tête depuis siiiiii longtemps ! Merci beaucoup pour tes compliments concernant Dorothea, ça me fait vraiment plaisir, c'est un personnage qui compte beaucoup pour moi :3 Héhé et merci pour ta review, j'ai tout donné pour ce chapitre du bal du coup je suis ravie ! A touuut bientôt :D
Katt : Salut ! Je suis toujours aussi contente de voir que tu apprécies de plus en plus les Aigles en me lisant :3 Oui, Edelgard possède de multiples facettes, elle a été subtilement travaillé par les développeurs ce qui fait d'elle l'un des personnages les plus intéressants à suivre. Haaaan ce que tu dis sur Akkira et Claude...! Nan je ne peux pas en dire plus, mais c'est précisément ce que je recherchais à faire du coup je suis touchée :'3 merci beaucoup pour ta review !
Zakky-chan : Ah que coucou toi :3 Ooh tes compliments sur Remire me font plaisir ! C'est que je suis moins à mon aise durant les phases de combat, du coup ça me prend plus de temps à rédiger. :) Ahaha t'as dû te dire "Super je vais pouvoir la rejoindre plus tôt !" et en fait non, si triste xD *touchée de fou pour le passage en italique, confonds le sopalin avec les mouchoirs pour se moucher*. Quelque chose me dit que t'as pas fini de vomir sur Mauniquah xD *vomi avec toi sur sa face de chiotte*. Héhé, pour Petra, la vouivre et le pégase, je ne peux rien dire pour le moment *sourire angélique*. Mauniquah en mode spiderman xD / Aha, mes félicitations pour avoir réussi à tout lire sur ton portable et surtout pour avoir écrit ces reviews xD Moi ça me fait mal au poignet droit de trop écrire sur le mobile *regarde ton poignet droit avec admiration* Je t'entends dire "t'exagères!" xD Bien vu pour le soutien ! Ouuuui Edelgard est mise en avant durant ces chapitres :3 et ce n'est que le début ! Akkira naïve hihi, j'aime faire des personnages un peu naïf comme ça, un peu à côté de leurs pompes :3 Y a plus de respect pour Ignatz, même Petra s'y met xD Contente que tu aies apprécié les passages Edelgard x Akkira :3 Et aussi contente que tu aies apprécié la danse des deux cousines brigilènes ! *sautille avec elles* Coucou les fesses de Claude xD Tes deux reviews m'ont fait plaisir et m'ont bien fait rire ! *coucou la rime* :D A bientoooot !
RAPPEL :
- Les dialogues rédigés en gras sont en brigilien.
- Les dialogues rédigés normalement sont en fódlien.
- Les mots que ne comprend pas Akkira sont rédigés comme ceci "? ? ?".
Bonne lecture ! On se retrouve à la fin pour le petit commentaire de l'auteure !
Chapitre vingt-deux
Succomber
Les premiers pas se font dans un silence reposant après la cacophonie de la salle de réception. Mes oreilles apprécient. Un peu mélancolique, je me dis que je supportais bien mieux ce genre de vacarme quand j'étais gamine. Je me demande à quel point me suis-je perdue moi-même en essayant d'étancher une soif intarissable. Celle de la vengeance. Tout en frictionnant mes bras, je souris en me remémorant la danse brigilène. Je sais ce que je veux faire à présent. Cet amour que j'ai ressenti pour ma cousine, ma patrie et nos coutumes m'a submergé, et mon esprit vengeresse a succombé.
Quand j'aurai terminé mes études, je rentrerai chez moi. C'est aussi simple que ça.
Je réfléchis. Je crois que j'aimerais aussi en découvrir plus sur les autres contrées, sur les mœurs et leurs traditions. Ouvrir mon esprit étriqué, c'est sûrement ce qui m'est arrivé de mieux ici. Voyager... Je coule un regard vers Claude. Je me sens d'humeur... sentimentale ce soir. Son visage est tourné vers les étoiles, il ne fait même pas attention où il met les pieds. Est-ce que la fin de notre scolarité à Garreg Mach signera aussi la fin de notre lien ? Je ne peux que spéculer aujourd'hui, l'avenir seul nous apportera une réponse. Pour l'heure, j'aimerais profiter de l'instant présent. De ces rares moments que nous partageons. Le temps nous est compté, si je dois rectifier quelque chose c'est maintenant que je dois le faire.
- J'aimerais revenir sur ce que vous avez dit juste avant.
- Hm ? A quel propos ?
- Que vous saviez que je ne voudrais pas danser dans... avec vous. C'est faux.
Il ralentit presque imperceptiblement puis reprend sa marche en croisant les bras derrière sa tête. Je dénoue les miens pour observer l'une de mes mains sous les éclats célestes. J'aurais vraiment voulu sentir mes doigts entrelacés aux siens, découvrir quelle sensation ça fait lorsque son corps entraîne le mien pour danser. Repousser mes préjugés sur les sentiments romanesques qui élurent domicile dans ma conscience pendant mes années d'errance. J'ai forniqué avec mon associé de l'époque, et ce plusieurs fois. Toutefois, je n'ai jamais ressenti ces frissons qui me gagnent lorsque le corps de Claude se trouve à proximité du mien. Cette faim aussi. Tout ça est nouveau.
- Pourquoi vous n'êtes pas venue me demander de voltiger avec vous ? s'enquiert-il doucement.
Je tourne ma langue dans ma bouche pour me retenir de rétorquer quelque chose de déplaisant par habitude. De la franchise, Akkira. Sois franche.
- Parce que... je ne voulais pas rassem... Non, je ne voulais pas ressembler à toutes ces filles qui vous tournaient autour. Vous n'êtes pas...
J'inspire. Bon sang, ce que c'est compliqué d'exprimer son ressenti, parler n'est vraiment pas ma spécialité. Me confier encore moins. Et c'est encore plus ardu de le faire dans une autre langue. Il attend patiemment pendant que j'assemble les phrases dans ma tête avant de les lui sortir :
- Vous n'êtes pas un objet. Elles ne peuvent pas chercher à obtenir vos richitudes... vos richesses et ignorer la personne que vous êtes. Elles ne doivent même pas savoir que vous aimez les Wyvernes.
Il rit et glisse sa main le long de ma taille. Ça me coupe la respiration le temps d'un battement de cil et ça invoque des fourmis qui viennent cavaler sur ma nuque et mes pommettes. Il attend de voir si je le repousse – ce que je ne fais pas – avant de poursuivre :
- Cela, vous, vous le savez très bien.
- Parfaitement, j'acquiesce farouchement. Je ne suis pas comme elles.
- Oui, vous ne l'êtes pas. Je vous l'ai déjà dit, vous êtes différente à mes yeux. C'est tellement dommage, j'aurais dû me manifester auprès de vous ce soir.
- Mais vous avez préféré choisir Byleth.
Il glousse encore. Sa paume s'enfonce un peu plus, comme si elle explorait mes muscles. Ses phalanges effleurent le moyen fessier, s'attardent un peu sur mon bassin puis remonte. Cette fois des picotements envahissent mes bras, me donnant la chair de poule. Au lieu de prendre le chemin le plus rapide, sa main me guide pour un détour. Il reprend :
- D'ailleurs en parlant de danse, la vôtre, celle que vous avez effectuée avec Petra, était incroyable. C'était une musique de chez vous ?
Je hoche la tête en souriant :
- Oui. A Brigid, la danse est différente d'une personne à l'autre. Nous dansons avec vigueur et férocitude. Là-bas, nous ne parlons ni de beauté, ni de grâce, ni de technique dans ce domaine.
- C'est épatant. Ce type de danse m'évoque des souvenirs.
Des souvenirs ? Ça m'intéresse. Je tourne vivement ma figure vers lui pour découvrir l'un des sourires les plus sincères qu'il ait jamais affiché devant moi. Ça me secoue un peu d'apercevoir son bras qui disparaît dans mon dos. Depuis que nous avons quitté la salle de réception, je m'efforce à ne pas l'observer trop souvent pour ne pas... Ses billes émeraudes, assombries par l'obscurité, s'enracinent sur un point inconnu le temps d'une confession. Il m'explique que ma danse lui a rappelé les rituels qu'il pratiquait avec les siens là où il a grandi. Ils chantaient et dansaient toute la nuit autour d'un feu. Ils hurlaient même comme des bêtes et se roulaient par terre.
Je ris et détaille davantage son expression réjouie tandis que nous dépassons les classes de l'Académie des officiers. Pas une seule fois il n'a affiché une telle joie ce soir. Pas une seule fois. Maintenant que j'y pense...
- Vous n'avez pas arrêté de danser ce soir. Par contre, vous n'aviez pas l'air tout le temps heureux.
Il papillonne des paupières puis ricane :
- Vous m'avez démasqué on dirait ! En fait, c'est en partie vrai. Je n'apprécie pas ce genre de fête. Les danses de noble, ce n'est absolument pas ma tasse de thé. Ce n'est pas ce qu'on m'a enseigné.
« Ma tasse de thé » ? Je ris mais me mords rapidement la lèvre inférieure pour me retenir. Sa main quitte mon dos pour dégager mes cheveux et donc mieux apercevoir mon visage.
- Je rêve ou vous vous moquez de moi ? s'enquiert-il espiègle.
- Pas de vous mais de vos expressions. Le fódlien est tellement... étrange.
- Oh, je pense que toutes les langues possèdent leurs lots de singularités.
Cette fois c'est moi qui le regarde de biais. C'est vrai qu'il connaît quelques mots brigiliens et qu'il me certifiait qu'il savait dire « pardon » dans plusieurs langues. Je me demande où il a appris tout ça. Hm... Il ne replace pas sa main contre ma taille ? Mes pieds nus épousent chaque dalle gelée, l'esprit du Vent nous sert un air des plus frisquets et les arbres du Monastère exhalent toute leur humidité. Je m'ébroue, tout à coup frigorifiée. Et en plus avec tous les jus de fruit que j'ai bu, j'ai une puissante envie d'uriner. Pour me changer les idées, je lui dis :
- Continuez, ça m'intéresse beaucoup.
Il hoche la tête, l'air radieux et vient marcher à reculons devant moi. Son entreprise est un peu périlleuse, nous traversons la cour arborée qui mène à l'allée des dortoirs des roturiers. Buissons, arbustes, caisses, délimitations en pierre... De nombreux obstacles pourraient le faire chuter, mais il ne paraît pas inquiet. Il reprend alors le cours de son récit. Il reconnaît que les musiques traditionnelles des trois nations étaient ennuyeuses. En revanche il s'est bien amusé lorsque les musiciens ont fait honneur aux autres contrées.
- La musique, la vraie je veux dire, et puis l'agitation... Ça me donne envie de tourbillonner toute la nuit.
J'approuve vivement. C'est dingue... En le rencontrant je n'aurais jamais soupçonné que nous partagions cette passion qui m'est si chère. En le rencontrant... Je me figurais qu'il était un noble hautain, indiscret, fureteur et détestable. Qu'il utilisait son statut pour faire taire l'incident du coup de poing ou pour obtenir des ouvrages prohibés auprès de To... de Solon. Mais cette analyse est archaïque et fausse. Et puis il ne m'a jamais fuie, même quand j'étais considérée comme une paria à cause de mes origines mais aussi à cause de mon comportement violent. Je reprends :
- Je vous l'ai déjà dit mais vous n'agissez pas du tout comme un noble, ou comme un futur duc souve... souverain.
- Eh bien... J'ai beau avoir acquis... Ah, « acquérir », c'est un verbe de quel groupe ?
- Du troisième troupeau.
- Ah ah ah ! C'est exact ! Je disais donc : j'ai beau avoir acquis un nouveau titre prestigieux, je reste le même. Tenez, voilà une autre expression de Fódlan qui illustre mon propos : « Chassez le naturel, il revient au galop » !
A peine a-t-il apposé un point à sa phrase que mon rire s'éparpille autour de nous. Je sens des attentions converger dans notre direction. Je n'avais pas remarqué que des étudiants étaient également en train de regagner leurs quartiers. Je croyais qu'il n'y avait que lui, moi et les étoiles. Je glousse encore, peinant à regagner mon sérieux. Le délégué se bidonne un peu avec moi avant d'ajouter :
- Si vous réveillez la moitié de Garreg Mach, je veux bien leur faire croire que c'est ma faute. Seulement, votre rire est très féminin, ils ne me croiront pas si je leur dis que c'est le mien.
- Attendez... ah ah ah ! Qu'est-ce que c'était que cette expression ? L'imagerie est tellement drôle ! Le galop ? Êtes-vous un cheval ?
Et il hennit. Oh, par tous les esprits... Cette fois je crois je vais vraiment mouiller ma culotte. Je me plie en deux, les poumons tordus tellement je ris fort. J'entends à peine les étudiants qui nous réprimandent et les excuses maladroites de Claude. Je perçois juste ses doigts qui viennent harponner ma nuque et me tirer à lui. Ma bouche se colle à son torse, ce qui a pour effet d'étouffer mon euphorie. Il murmure :
- Vous voyez ? Je vous avais dit que je vous ferai vous esclaffer de nouveau.
Je reprends difficilement mon souffle après ce fou rire et recule pour qu'il aperçoit mon sourire.
- Vous aviez raison.
Survoltés par cette félicité, nous échangeons encore quelques phrases, plusieurs plaisanteries et une tonne de sourires. Lorsque j'aperçois la porte de ma chambre, j'ai envie de rebrousser chemin pour prolonger ce moment. Peu importe si je suis à deux doigts de faire la petite commission, je n'ai pas envie que ça s'arrête. Nous grimpons les quelques marches et c'est là que Claude réagit :
- Attendez, nous sommes arrivés et vous ne vous êtes pas énervée une seule fois ? C'est historique !
- C'est vrai. Et vous, vous ne m'avez pas asso... assommée de questions.
- C'est vrai aussi.
J'attends d'être placée dans le renfoncement de ma porte pour me retourner vers lui. La nuit et cette ambiance sont propices à tant de possibilités. Et... Oh... Claude... Tu sais, à cette distance je peux lire certaines choses dans tes yeux. Des choses que j'ai déjà perçues par le passé dans le regard de personnes qui voulaient me culbuter. Elles reluquaient mon corps, mes formes et savaient à peine quel visage je possédais, ni quelle personne j'étais. Hormis pour mon ancien associé, je ne leur ai jamais autorisé un quelconque rapprochement avec moi. Sauf que chez toi c'est différent. Je décèle davantage de respect, de curiosité et surtout... ça m'attire. Alors que nous nous connaissons si peu, c'est vraiment... étourdissant. Mes yeux se soustraient à ton observation pour examiner ta tresse. J'allonge la main pour la saisir. Aujourd'hui, ce n'est pas noué à la façon brigilène.
- D'où s'est fait ? Vous ne me répondez jamais quand je vous pose cette questionnement.
- Ça aussi ça vous intéresse ? fait-il narquoisement en plaçant ses mains sur ses hanches.
- Oui, je veux en savoir plus sur vous.
Il paraît peser le pour et le contre de cette éventuelle révélation puis son sourire s'élargit pour me dévoiler ses dents.
- Très bien, je vais vous le dire.
- C'est vrai ?! je demande gaiement.
- Oui. Par contre il s'agit d'un secret. On ne sait jamais, quelqu'un pourrait nous entendre ou nous voir. De ce fait, je vais vous le souffler à l'oreille.
J'acquiesce vigoureusement, ravie qu'il me fasse cette confidence. Il se penche vers moi, du coup je tends mon oreille dans sa direction. Il... Quoi ? Sa main vient décaler ma mâchoire pour que je reste bien en face de lui. Sa figure est si proche de la mienne. Pourquoi il... ?
Oh.
Ses lèvres. Elles se posent sur la commissure des miennes. Je détecte leur chaleur avant toute chose. Je reste scotchée à la partie de son visage qui m'est visible. Sa paupière fermée, sa pommette ambrée qui effleure la mienne. Je n'ose plus ciller, réalisant vainement ce qui m'arrive. Cela ne dure qu'une fraction de secondes car déjà – et c'est trop tôt – sa bouche abandonne ma peau. Elle progresse jusqu'à mon oreille. Ce n'est qu'un chuchotis et tout mon organisme est à l'écoute du sien :
- Bonne nuit Akkira, dormez bien.
Lorsque je suis à même de pouvoir aligner deux pensées, le délégué est déjà parti. Seule l'illusion de sa présence s'éternise encore. Je touche ma joue. Non, je n'ai pas rêvé. Et il y ce feu qui flamboie en moi. Mon ventre me brûle tellement qu'il me donne une impulsion. Il faut que je le rattrape, il ne doit pas être bien loin. Je fais un pas supplémentaire. Je veux goûter un peu de lui, je...
Je ne bouge plus et aplatis mes deux mains contre mes tempes. Calme-toi, reprends tes esprits. Des étudiants pourraient nous apercevoir. Mais... Un pas de plus. Il y accorde si peu d'importance... Alors je vais... Des voix approchent.
- Dans cinq ans ! Cette promesse m'a émue, j'ai hâte d'y être !
- Moi aussi, Annie.
Annette et Mercedes. Mon excitation en prend un coup. J'entre dans ma chambre et referme derrière moi. Il faut que je me calme...
Mais comment faire quand il y a mon cœur qui cingle ma cage thoracique et ma conscience vaporeuse qui succombe ?
/
Tu m'as dit un jour que le regret est l'apanage des vivants. Que nous en avions tous mais qu'il fallait aller de l'avant. J'aimerais posséder ta force...
La Coupe du Héron blanc, le bal... Que des événements festifs qui nous détournèrent des incidents récents et qui estompèrent notre méfiance. Même la mienne qui était pourtant omniprésente ces derniers temps. La réalité vint emboutir nos cervelles diffuses avec une violence insoupçonnée. Elle nous poussa rudement au bord d'un précipice, sans aucune compassion. Au milieu des valses, des pas prudents et des trébuchements... Au milieu de l'hilarité, des rougissements et du semblant d'unité...
Il y avait l'ennemi.
Et quelques élèves en firent les frais le soir du bal. Ils se délectèrent d'un jus de fruit en particulier sans se douter une seule seconde qu'il avait été corrompu. Et le lendemain ils disparurent mystérieusement. Et puis...
Je suis là, à contempler les pages, à admirer les rayons du soleil qui font luire l'encre épaisse. Tu sais, j'aimerais que ma plume ait le pouvoir de récrire l'histoire.
/
Des bêtes démoniaques.
Elles me renvoient inévitablement à Miklan. Je pensais avoir surmonté cette terreur qui m'habitait lorsque je repensais à la Tour de Conand. Il faut croire qu'elle s'était seulement enfouie sous mes autres émotions. Pour certains d'entre nous, cette confrontation avec ces monstres est une première. C'est le cas de Bernadetta qui s'est déjà recroquevillée sur le sol caillouteux, les mains sur sa tête. Des hurlements terrorisés nous parviennent au loin :
- AU SECOUUUURS !
- A L'AIDE !
Les étudiants disparus, ils sont bien là. Heureusement que les tours de ronde autour de la chapelle ne se sont pas interrompus durant toute ce cycle sélénite. L'un des membres de l'escouade d'Alois remarqua cet attroupement d'élèves au comportement des plus étranges. Qui plus est, ils se dirigeaient tout droit vers la bâtiment abandonné. La vue des bêtes démoniaques a dû alerter le soldat qui s'empressa de rejoindre son chef. A peine Alois fit-il son rapport à Jeralt que ce dernier dépêcha les trois maisons pour cette mission de sauvetage. Le Briseur de lames cambre son cheval pour attirer notre attention :
- Divisons-nous en plusieurs groupes pour garantir la sécurité des étudiants le plus rapidement possible !
- C'est une sage décision, reconnaît Hanneman. Les Cerfs d'or et moi allons nous occuper du flanc ouest et remonter.
- Les Aigles de Jais et moi ferons de même avec la zone centrale, enchaîne Manuela. Dépêchons-nous !
Et donc Jeralt, Byleth et les Lions se farcissent le flanc est. Nous avons abandonné l'échange interclasse pour cette mission des plus urgentes. Autant laisser les élèves concernés combattre avec leur classe habituelle. De plus certains membres de nos maisons sont restés avec Alois au Monastère pour le protéger en cas d'attaque. C'est vrai, vaut mieux être prudent, toute cette mise en scène est louche. L'intrusion dans la chapelle qui date d'il y a deux semaines, et maintenant l'apparition des bêtes démoniaques et la venue des étudiants en ce lieu précisément. Tandis que je sors mon arc en argent, une terrible réflexion me traverse. Ça ne peut pas être une coïncidence.
Le terrain est vaste mais les bêtes démoniaques nous bouchent le passage. Nous ignorons si des élèves sont au prise avec elles plus loin. Les maisons se séparent, commencent à s'élancer mais Bernadetta est toujours immobile. Petra s'agenouille à ses côtés et lui dit d'un ton sans appel :
- Vous vous souvenez de ce que je vous ai dit ? Vous êtes la chasseuse, et aujourd'hui ces bêtes sont vos proies. Vous devez mettre fin à leur vie pour vivre.
La petite archère tremblotte mais finit par consentir à se relever et à nous suivre. Petra monte sur Bangga et s'envole au dessus de nous. Quand nous rejoignons notre professeur et notre maison, ils ont déjà commencé les hostilités. Des attaques fusent mais ne semblent pas engendrer beaucoup de dommages. J'y ajoute mes salves mais rien n'y fait. Comment est-ce possible ? Et puis la bête ne rapplique pas, elle a replié son corps sur lui-même. Aux geignements que je distingue, je dirais que l'élève à sauver se trouve bien plus loin. Mince, nous n'avons pas de temps à perdre avec ce monstre !
Des gestes gracieux et emportés séduisent mon champ de vision. Ce sont ceux de Dorothea. Elle gesticule et la magie émane de sa danse et de sa peau. Les éclats lumineux se hissent jusqu'à Petra qui gagne en efficacité. Sa hache fait plusieurs allers-retours sur la crête de la chimère et parvient à occasionner quelques dégâts.
Et tout à coup, la bête démoniaque relève son museau difforme vers elle. Sa patte se dégage de son abdomen et s'abat violemment sur ma cousine.
- Petra ! je hurle.
Tout se déroule très vite. Déjà Manuela accourt dans sa direction. Ma cousine tire sur les rênes de la vouivre pour la redresser. Heureusement pour elle des fourrées amortissent sa chute. Je repère Bernadetta qui s'était d'ailleurs positionnée dans ce périmètre pour pouvoir tirer à distance.
- Elle prépare quelque chose, soyez sur vos gardes ! avertit Edelgard
Et elle a raison. Le monstre ne s'était pas recroquevillé pour rien. S'il était resté inerte jusqu'à lors c'était pour amasser de la puissance de frappe. Sa gueule s'écarte et une déflagration se répand sur la zone où se trouve Petra et Bernadetta. Je m'apprête à m'époumoner d'horreur mais la vue de l'enseignante me rassure. Elle s'interpose et place ses mains devant elle avant que l'incendie ne les emporte toutes les trois.
- Rempart ! s'écrit-elle.
Le feu déferle tout autour d'elles, les coupant de notre monde. Je bascule mon arc dans mon dos et esquisse un mouvement dans leur direction. C'était sans compter la poigne ferme et froide de Hubert.
- Restez-là, votre présence sera plus utile ici que là-bas.
- Lâchez-moi ! je m'égosille.
- Calmez-vous, m'enjoint Edelgard. Le professeur Manuela est avec elles, nous devons nous concentrer sur la cible. Hubert, j'imagine que vous avez un plan.
Son ton me ramène à elle. Derrière son armure impénétrable, je peux distinguer son visage sévère. Elle parait particulièrement irritée par la situation actuelle. Le toutou maléfique fait signe à Dorothea qui nous rejoint et il nous livre sa stratégie. Pour déstabiliser cette bête, il nous faut faire preuve de coordination. L'assaillir de manière ordonnée mais surtout avec de puissantes offensives. Hubert a remarqué que le monstre jouissait d'une robuste résistance par le biais de la carapace qui la recouvre. Nous nous mettons d'accord sur la procédure à sui... Ah, elle nous a repérés !
Nos escouades viennent pour nous rejoindre mais Edelgard leur fait signe de rester en dehors du périmètre de la bête. La gueule de celle-ci s'entrebâille pour lâcher un souffle enflammé. Comme prévu, nous nous cachons tous les quatre derrière l'immense écu en argent de notre déléguée. Les flammes du monstre sont bien moins cuisantes que la déflagration qu'il a propagée précédemment.
- Maintenant ! signale la future impératrice.
Dorothea et Hubert se redressent en même temps. La brune tourbillonne puis ses mains se rassemblent dans un ovale parfait. Un puissant rayon électrique s'en échappe.
- Thoron !
Des étincelles obscures se mettent à envelopper les mains gantées du toutou maléfique.
- Mort ┌ !
Le faisceau lumineux percute la chimère. Un gouffre ténébreux apparaît contre son buste au même moment. Je saute par dessus le bouclier et fonde sur l'ennemi, le corps très près du sol. Je ne me suis jamais sentie aussi à l'aise que dans cette tenue d'Assassin. On dirait qu'elle a été conçue pour répondre à mon style de combat. Souplesse et confort, voilà tout ce dont j'ai besoin. Je profite de la confusion du monstre pour bondir et courir sur son épine dorsale. L'épée au clair, je visualise l'emplacement de ses vertèbres lombaires. Je voltige dans les airs pour me donner de l'élan et... attendez, c'est étrange... ! Trop tard, ma lame taillade son os. Elle a du mal à perforer la carapace, seulement j'ai choisi exprès un point sensible. Un mugissement douloureux se répercute à nos oreilles. Elle s'escrime à remuer ses pattes arrières, en vain, ayant perdu sa mobilité de son derrière. Je m'agrippe à sa crête dorsale et plonge ma main dans sa blessure. La stupeur me glace l'esprit. Cet os... Ce ne sont pas des vertèbres lombaire. C'est un sacrum... humain. Démesuré oui, mais il a appartenu à un homme. Comment est-ce possible ?
- Écartez-vous ! m'ordonne Edelgard.
Je m'ébroue et obéis pour ne pas être pris dans l'assaut de la déléguée. J'effectue une acrobatie arrière et recule encore. La blandine a pris une impulsion manifeste avec sa hache et son Brise-monstre s'abat sur le flanc de la bête. Sa carapace vole en éclats, laissant sa peau ridée à découvert. Je réfléchis à toute vitesse sur ce que je viens de découvrir mais suis devancée par la déléguée qui proclame l'offensive finale. A peine a-t-elle fini sa sentence qu'une flèche pourfend l'air pour perforer sa gorge.
- HIIIII je suis désolée !
Bernadetta, et son fameux Œil d'aigle. Le monstre geint une dernière fois avant de s'étaler au sol et sa carcasse... disparaît dans un lugubre écran de fumée.
Et le cadavre d'un élève apparaît.
- Ce n'est pas possible..., murmure Dorothea horrifiée.
Nous restons tous là, pétrifiés par ce que nous venons de commettre. Cet étudiant, un Aigle qui plus est, s'est métamorphosé en chimère et nous l'avons... assassiné. Par tous les esprits... La crosse de la hache d'Edelgard offense le sol pour attirer notre attention :
- C'est dramatique, je le reconnais. Mais nous devons poursuivre notre mission et sauver nos semblables qui n'ont pas été transformés.
- Mais Edie..., chuchote la brune les mains près du cœur.
- Nous honorerons la mémoire des défunts plus tard, ajoute Hubert.
- Bernadetta où sont le professeur Manuela et Petra ? l'interpelle Edelgard.
- Je... je..., baragouine la concernée les yeux rivés vers le cadavre.
- Bernadetta, reprenez-vous ! l'enjoint la future impératrice.
Je détaille l'expression de notre déléguée. Elle ne paraît pas choquée par ce qui se trame ici, par contre la colère a durci ses traits. La petite archère sèche ses larmes avant de nous expliquer qu'elle a été séparée de notre enseignante et de ma cousine pendant la déflagration. Je coule un regard vers les fourrées enflammées. Calme-toi Akkira, tu sais à quel point Petra est robuste. Edelgard envoie Hubert et Bernadetta s'enquérir de l'état des deux disparues. La déléguée, Dorothea et moi poursuivons ainsi notre route.
/
Nous retrouvons les Cerfs d'or qui ont déjà abattu une bête..., enfin un humain transformé, pour s'occuper d'un nouvel adversaire. Celui-ci paraît encore plus intimidant que celui que nous venons de terrasser. Une étudiante désarmée est blottie contre des ruines, hors de notre portée. J'aperçois Jeralt et les Lions à l'est. Eux aussi ont progressé, il ne reste plus que ces deux monstruosités. Des cris féminins m'indique qu'une élève est également située de leur côté. Là-bas, dans les buissons. Cette voix... elle me dit quelque chose... Je grince les dents. L'urgence de la situation nous pousse à occire les bêtes pour sauver les vivants.
Des scintillations me ramènent vers les Cerfs. Lysithea concentre sa magie et est soutenue par son escouade, des mages de la Maison Ordelia. Des nuages anthracite s'amassent au dessus de la chimère et la foudre s'abat sur elle. Elle meugle sa souffrance. Par tous les esprits... c'est atroce... Aux visages qu'arborent les Cerfs, nous comprenons qu'ils ont fait la même découverte que nous. La bête n'a pas dit son dernier mot, déjà elle envoie une bouffée torride vers la mage aux cheveux blancs. Heureusement pour elle, Hilda se trouvait à proximité et brandit son bouclier en acier pour les protéger toutes les deux. Son escouade, par contre, s'est éparpillée pour échapper au bûcher.
Les attaques ne cessent de pleuvoir sur l'humain transmué.
- Blizzard ! s'exclame Marianne la mort dans l'âme.
- Sagittae ! s'écrit Hanneman.
A cela s'ajoutent le Perce-monstre de Leonie, l'Assaut furieux d'Ignatz et les multiples flèches de Claude. Tous ces assauts... en vain. La carapace ne se fendille pas. Et pour cause... Le délégué le comprend également :
- Elle nous cache son dos !
C'est vrai. La chimère s'escrime à camoufler son épine dorsale. Tant que les offensives ne sont pas combinées sur toute la surface de son corps, elles seront quasiment inutiles. Même Claude, à dos de sa Wyverne, ne parvient pas à atteindre la zone étant donné que la bête repousse toutes ses tentatives aériennes. Une idée contaminée par l'adrénaline gagne mon esprit. Je rengaine mon épée et reste focalisée sur les mouvements de la chimère. A l'instant où elle pose ses quatre pattes au sol, je beugle à mon escouade :
- Suivez-moi !
Les archers de l'Empire, ma nouvelle escouade, paraissent décontenancés mais obéissent quand même. Tandis qu'on se rue vers notre ennemi je leur souffle :
- Courez aussi vite que vous pouvez et faites comme moi !
Je fonce vers la bête et au moment de l'atteindre, je dérape sur le dos pour passer sous son ventre. J'y parviens du premier coup, et ce sans qu'elle me remarque. L'étudiante est juste devant moi, désarmée et apeurée. Je me concentre sur l'adversaire qui me tourne le dos. Parfait, elle ne sait pas que je suis là. Avec cette tenue, je redeviens l'ombre invisible que j'étais. Néanmoins, ce n'est pas le cas de l'intégralité de mon escouade. Certains archers sont repoussés par la chimère tandis que d'autre sont coincés sous sa bedaine. Je m'accroupis et les tire un à un vers moi. En tout, six archers sont avec moi. L'un d'entre dardent ses prunelles acajou vers moi, impatient de connaître la suite du plan. Nous reculons jusqu'aux ruines qui nous encerclent et nous condamnent à l'enfermement tant que nous n'avons pas battu la chimère. Je saisis mon arc et deux encoches.
- Armez vos bras avec deux projectiles !
Ils s'exécutent et nous voilà tous en position, près à pourfendre la peau écaillée. La seule différence c'est que leurs pointes sont enflammées.
- Tirez !
La volée de flèches s'abat sur le dos de l'humain transmué. Sa carapace vole enfin en éclats. Il beugle et se tourne vers nous, attiré par les assaillants que nous sommes. Maintenant qu'elle me fait face, je crois distinguer des sortes de tesson de gemmes près de son unique œil. Qu'est-ce que c'est ? De la fumée s'échappe déjà de sa gueule. Oh non... Je n'avais pas pensé à ça. Il ne va pas lancer une simple boule de feu mais la même déflagration qu'il a servi à Petra. De la sueur dégouline dans mon dos. Je serre les dents et hurle à mon escouade en désignant l'étudiante :
- Protégez-là !
Avec leurs armures, les archers ne devraient pas subir trop de dégâts et ils seront à même de l'abriter.
- Mais... et vous ? s'enquiert l'un de mes hommes.
- Faites ce que je vous dis !
Les archers obtempèrent et entourent la jeune fille. Je balance l'arc dans mon dos et croise les bras devant ma figure, prête à recevoir la brûlure attendue. Et elle arrive. La déflagration est encore plus mordante et cuisante que ce que j'avais imaginée. Elle me calcine les bras et les jambes. Même mon visage commence à chauffer. J'en suis à me demander si je vais en ressortir vivante lorsque une main agrippe le col de ma tenue et m'emporte dans les airs.
- Akkira !
Je tousse et distingue un visage à travers le fumée.
-Pe...tra...
Elle semble aller bien et Bangga aussi, ce qui doit résulter des soins infaillibles de Manuela. Certains de mes archers se trouvent aussi sur la dragonne qui parvient à peine à rester dans les airs. D'autres battements d'aile attirent mon attention. Il s'agit de Claude et de sa Wyverne qui porte le reste de l'escouade qui m'a suivie, ainsi que la jeune fille. Nous voilà tous hors des flammes. Du coin de l'œil, je distingue la chimère affalée au sol. Comme sa carapace a volé en éclats, les Cerfs et les Aigles ont pu mettre fin à ses jours. Comme précédemment, la carcasse s'évapore dans un nuage des plus nauséabonds, laissant derrière elle un cadavre humain.
Les deux vouivres nous amènent quelques mètres plus loin, épuisées par la charge qu'elles transportent. Petra me soulève dans ses bras et m'allonge au sol, la tête sur ses genoux. Les archers s'agglutinent aussitôt autour de moi pour s'enquérir de mon état.
- Vous allez bien ?!
- Pourquoi vous ne nous avez pas laissés vous protéger ?!
- C'est... c'est bon... Du soin... magi...que...
Je ne parviens plus à parler. Je grimace en découvrant la chair à vif, carbonisée par endroit. Mes avant-bras, mes jambes et mes joues ont dégusté. Ma cousine caresse ma tresse épaisse dont elle est l'auteure, mes cheveux n'ont rien dû subir. C'est déjà ça. Des doigts viennent saisir délicatement ma paume. L'un de mes hommes, celui aux prunelles acajou. Il a retiré son gant d'archer. Je serre faiblement sa main pour lui signaler que ce n'est pas grave, je vais guérir très vite. La douleur n'est rien comparée à celle que j'ai endurée lorsque la mage noire m'a jeté son sort maléfique.
Je suis exténuée mais j'essaie de ne pas m'assoupir, me focalisant sur les bruits alentours. Les gens s'activent, s'organisent, stipulent sur les événements louches de ces lieux. Edelgard vient jusqu'à moi, accompagnée par Manuela. Le calme à l'est m'avertit que le combat des Lions s'est également achevé. Je pourrais m'endormir, réfléchir à l'horreur que nous venons de vivre plus tard... Seulement...
L'adrénaline est toujours présente.
J'écarquille les yeux. J'y songe depuis que nous avons posé un pied ici. L'intrusion dans la chapelle par un individu inconnu, les élèves transformés en bêtes démoniaques, ceux qui ont été épargnés mais qui se trouvaient en ces lieux... Je ne dois pas être la seule à raisonner ainsi. On dirait... un piège.
Cette voix encore. Celle de l'étudiante qui était cachée dans un buisson. Je tourne la tête et aperçois Jeralt qui ressort de la chapelle, suivi par un Byleth impassible et par
Monica.
- Merci pour votre aide, monsieur ! dit-elle d'un air enjoué au Briseur de lames.
Elle glousse malgré les atrocités qu'elle vient de subir, qui s'ajoutent à son enfermement d'une année entière. Et toujours ce rire, cette insouciance. Je la regarde à m'en défaire les paupières et subitement mon instinct me hurle,
il me hurle...
- C'est Monica..., je chuchote de manière inaudible pour tout le monde.
Je racle ma gorge douloureuse. Il me HURLE que... Malfaiteur, meurtrier, assassin. Des noms qui me sont familiers pour les avoir portés pendant des années. Là, maintenant, je peux sentir les pulsions sanguinolentes de cette fille, les mêmes qui m'ont habitée.
Mon instinct me HURLE que c'est ELLE.
Je me dégage de toutes les personnes qui m'entourent et bondis sur mes jambes pour m'élancer vers elle. Pour empêcher ce qu'elle s'apprête à commettre même si je n'en ai aucune idée. Je dois...
Je tombe.
Mes jambes sont trop endommagées. Non, NON pas maintenant ! Bougez bon sang ! Je pousse dessus, geins de douleur, refais quelques pas et m'effondre à nouveau. Non !
- Monica... !
J'essaie de crier mais ma voix affaiblit ne porte pas assez loin. La rouquine tourne autour de Jeralt, et Byleth ne fait rien. Il reste stoïque. Je tends ma main vers eux, leur implorant mentalement de s'éloigner d'elle. La conscience me quitte, je me mords la langue à sang pour rester éveillée. Un corps vient s'accroupir à côté de moi.
- Akkira, vous ne devriez pas bouger.
Edelgard. Ma paume tremble douloureusement lorsque je l'agrippe par l'épaule.
- C'est... c'est Monica !
Ses prunelles parme se glacent, me dévisagent, puis convergent vers la rouquine. A son expression horrifiée, je comprends que la situation lui échappe autant qu'à nous tous.
Tintement. Le bruit d'une épée qu'on dégaine. Ma vue devient floue mais je parviens à distinguer l'Épée du Créateur qui déchire l'air pour administrer le même sort à Monica. Byleth, qui paraissait impavide quelques secondes auparavant, réagit vigoureusement. Et... Je bats des paupières, entends à peine les bruits de pas qui se ruent vers la scène.
Un homme aux cheveux blancs apparaît pour dévier l'attaque du professeur des Lions. Ce n'est pas Solon... Qui est-ce ? Je crois distinguer un sort venir assaillir le mystérieux individu, en vain. Rien ne semble l'affecter. Il bloque ces deux assauts et puis... La voix de Monica, encore...
- Espèce de vieillard pathétique. Ça t'apprendra à te mettre en travers de mon chemin.
Et le couteau de la rouquine se plante profondément dans les reins de Jeralt. Je perds pied, un voile noir se dessine devant ma vision. Jeralt qui... Jeralt qui...
/
Jeralt qui a succombé à cette blessure.
Le petit commentaire de l'auteure : Succomber ! Tellement fière d'avoir trouvé ce titre xD Il comporte plusieurs définitions comme vous avez pu le constater dans le chapitre. Un sens plutôt sentimental et l'autre plus... tragique. RIP Jeralt, on t'aimait bien (Akkira avait même songé à te culbuter pour sa luxure au début xD). Qui est partant pour massacrer Maunikah ? *lève la main*
Prochain chapitre : Dévoiler
Portez-vous bien ! Ciaossuuuuu !
