Bonjour à tous,

Je sais avoir mis beaucoup de temps pour publier la suite mais je n'ai malheureusement pas beaucoup de temps à accorder à l'écriture en ce moment. J'espère que d'ici quelques semaines, j'aurais trouvé un rythme décent pour poursuivre cette histoire.

Je suis toujours agréablement surprise de voir tant de monde me lire et ça me fait très plaisir surtout quand il me semble que je vais en surprendre plus d'un.

Chapitre court cette fois-ci aussi mais je pense que le suivant ne tardera pas autant.

Bonne lecture, j'attends vos retour avec impatience.

~Faeyll


Chapitre 4

Promesse intérieure

.*.

Pour la première fois de sa vie, Arthur était pressé de revoir Guenièvre.

Pas seulement parce qu'il le devait, mais parce qu'il le voulait. Pas comme lorsqu'il l'avait sauvé de la folie de Lancelot et l'avait délié de leur lit dans la cabane au milieu des bois. A cette époque, il avait simplement réalisé son erreur d'avoir épousé Mevanwi et son manque d'honneur à avoir pousser Guenièvre à partir car trop malheureuse.

Cette fois, c'était bien plus sincère. Il ressentait le besoin de faire changer les choses, que ce ne soit pas juste « comme avant ». Elle méritait mieux, il lui devait au moins du respect et peut-être un peu plus de douceur à défaut d'amour.

Elle avait toujours été là, quoi qu'il en dise. Qu'importe s'il aurait préféré qu'elle ne le soit pas, elle s'était avérée être une oreille attentive. Il était évident aujourd'hui, qu'elle avait fait preuve de beaucoup de patience et de compréhension à son égard, sûrement beaucoup trop. Avec le recul, il lui sembla qu'elle l'avait laissé dire beaucoup de chose pour le soulager et Arthur convenait parfaitement à admettre que c'était totalement injuste de sa part.

A présent résolu de récupérer une bonne fois pour toute sa femme, il lui fera la promesse que cette fois les choses changeront. Il ne demandera qu'une chose, qu'elle n'essaye plus jamais de partir ainsi sans prévenir personne, en échange de quoi, il s'engagera à être à son écoute, aussi patient que possible et d'être un couple soudé dans l'intérêt de la Bretagne et de leur bonne entente à défaut d'être amoureux.

Alors sitôt le nom de Caius avait-il été mentionné, il avait quitté le cachot en hâte. Il laissa derrière lui Léodagan, tout occupé qu'il était à martyriser Venec pour qu'Arthur veuille l'attendre. En remontant des oubliettes, il croisa Calogrenant à qui il avait demandé d'aller faire préparer un cheval pour lui. Le chevalier avait demandé où il avait l'intention d'aller, Arthur avait étonnamment pris la peine de lui répondre non sans se hâter de rejoindre sa chambre pour s'apprêter pour une longue chevauchée.

Il rejeta la proposition d'un bain chaud faite par une servante en le voyant dégoulinant d'eau et à moitié couvert de projection de boue jusqu'au visage. C'était tentant mais ça n'allait certainement pas s'arranger avec la course dans laquelle il s'engageait. La domestique n'essaya pas de comprendre, elle le laissa se changer et attendit de récupérer les vêtements à laver avant de s'en aller.

Il se prit de quoi se changer histoire d'être présentable en arrivant chez le chef breton ex-romain et après une courte hésitation, il décida par la même occasion de prendre une robe pour Guenièvre. Qui savait comment il allait la retrouver, Arthur ne voulait pas l'accabler de davantage de honte.

Il avait récupéré d'une autre servante de quoi boire et manger et de quoi camper même s'il doutait qu'il prendrait le temps de faire une halte pour la nuit, l'éventualité de s'enfoncer dans le sol bourbeux dans son sommeil était moins reluisant que de faire l'aller-retour dans la nuit. Quand il atteignit la Cour intérieure, un valet portant ses affaires, Calogrenant l'attendait avec deux chevaux et son propre paquetage.

- Je vous accompagne.

Arthur avait bien tenté de lui dire qu'il n'avait pas besoin d'escorte mais le chevalier avait été intraitable sur le sujet en décrétant qu'il n'était pas prudent pour lui de partir seul quand il pouvait être question d'une révolte de chef de clan. Arthur devait admettre qu'il appréciait l'initiative plus qu'intelligente pour une fois, bien qu'il doutait beaucoup que ce soit là les intentions de Caius.

Ils se connaissaient depuis longtemps maintenant mais Arthur n'ayant pas été tout à fait transparent avec les autres chevaliers, familles et clans fédérés pouvait concevoir pourquoi le chevalier était inquiet pour la sécurité de Logre. Personne ne savait que lui et Caius avait fait leur classe ensemble dans la milice urbaine de Rome. Arthur avait pu devenir Roi de Bretagne grâce à Caius et Caius avait pu devenir Centurion grâce à lui, ils avaient maintenu leur bonne entente toutes ces années sans imaginer un seul instant mettre fin à cette esquisse d'amitié qu'il y avait eu dans leur jeunesse.

Caïus n'avait pas la volonté de mener une insurrection sans parler combien l'ancien chef romain arbore depuis toujours les conflits. Si l'ancien Roi était plutôt confiant sur ce point, il ne voyait toujours pas pourquoi Guenièvre chercherait à le rencontrer. Sauf erreur de sa part, ils ne s'étaient jamais rencontrés et ne se connaissait que brièvement par son biais quand il parlait de l'un à l'autre.

Elle ignorait qu'ils avaient fait leur classe ensemble et maintenant qu'il avait déserté, il ne voyait pas quel intérêt il pouvait lui apporter. Quoi qu'il en soit, il lui sembla que la meilleure manière de comprendre le pourquoi du comment était encore de le lui demander ce qui sera la première chose qu'il fera quand ils la retrouveront.

Il n'avait pas encore enjamber sa selle qu'il fut pris d'un bâillement.

Après réflexion, il lui demandera certainement de rentrer se coucher avec lui au château. Et après seulement une bonne nuit de sommeil, il demandera quelques explications.

Il bailla encore.

Une ou deux, après tout, ils n'auront plus à se presser.

.

Si le ciel s'était suffisamment dégagé pour pouvoir profiter de la Lune, la chevauchée n'avait pas été sans encombre ni même particulièrement rapide. Les chemins de terre était particulièrement glissant et si le galop avait rarement été possible, Arthur ne descendit que rarement en dessous d'un trot bien soutenu.

Calogrenant s'était avéré être d'une grande aide. Il connaissait suffisamment le chemin pour proposer un petit détour par une petite route pavée construite il y a longtemps par les romains lors de la conquête de la Bretagne. Elle n'était pas tellement entretenu mais c'était bien plus praticable que la gadoue qui fatiguait les chevaux.

La soirée était bien entamée lorsqu'ils descendirent de chevaux dans la petite cour en face de la vieille maison qu'il avait cédé à Caius et qui avait depuis subit nombre de changement. Un écuyer vint s'occuper des bêtes, une jeune femme, non sans une révérence, demanda s'ils souhaitaient qu'on leur prépare un dîner. Arthur déclina et ne demanda qu'un peu d'eau pour se débarbouiller et un endroit où se changer - comme il l'avait supposé ses jambières étaient pleines de fanges et le trot avait fait des éclaboussures jusque dans ses cheveux.

Quand il était à peu prêt présentable, il se rendit chez l'ancien Romain. Il demanda à Calogrenant de l'attendre dehors, lui demanda de choisir de nouveaux chevaux, ne voulant pas attendre que le leur ait fini de se reposer pour repartir. Le Calédonien s'exécuta et parti dans les écuries trouver des montures.

Arthur devait admettre être légèrement impressionner le petit château qui avait remplacé la vieille baraque miteuse. Caius était parvenu à développer un début de seigneurie digne de ce nom qui forçait l'admiration quand on savait de quoi il était parti. C'était presque surprenant que personne ne soit là pour l'annoncer et qu'il n'ait eu qu'à pousser la porte pour entrer chez le seigneur. Si d'ordinaire il préférait se faire inviter et aurait donc cherché quelqu'un pour prévenir Caius, il était désormais trop fatigué et pressé pour envisager quelques politesses que ce soit.

- Qu'est-ce que- ! Ah c'est vous ! fit Caius, assez surpris de l'intrusion, se redressant brusquement de dieu savait quoi.

Il ne fallait pas être stupide pour voir qu'il cachait quelque chose derrière son dos. La seule certitude que ça ne pouvait pas être sa femme lui dit renoncer à demander ce qu'il fabriquait. Le romain lui montra un fauteuil, l'invitant à s'asseoir mais Arthur n'en fit rien. Pour être honnête il avait peur que la fatigue prenne le pas sur le reste et qu'il ne parvienne plus à s'en relever pour retourner à la forteresse.

- Où est-elle ? demanda Arthur en allant droit au but.

- Qui ?

Caius, qui s'était assis pour sa part, papillonna des paupières sans trop comprendre.

- Guenièvre. Ma femme. La Reine. Où est-elle ?!

- Heu… Pas là ?

Arthur soupira, posa sa main sur le pommeau de son épée. Il fut presque surpris de ne pas sentir la gravure du dragon si familière sous ses doigts, ayant oublié que ce n'était plus Excalibur qu'il portait à son ceinturon mais une lame ordinaire et sans grande valeur. Pour autant, Caius n'eut aucun mal à comprendre la menace dans le geste et c'est tout ce qu'Arthur désirait.

- Je suis pas d'humeur pour les devinettes. Je sais pas ce qu'elle voulait faire ici, mais maintenant, la fête est terminée, rendez-moi ma femme.

- Je… C'est-à-dire que je ne comprends pas bien. Qu'est-ce que la Reine ferait ici ?

- A vous de me le dire.

- Mais je n'en sais rien du tout, contra-t-il dans un froncement de sourcil.

- Elle a quitté le château hier pour vous rencontrer.

Caius leva des yeux étonnés sur Arthur, semblant vraiment surpris.

- Je ne l'ai jamais vu.

Il y eut un temps étendu où les deux anciens romains se regardèrent dans le blanc des yeux. il n'y avait plus qu'une conclusion possible : quelle qu'ait été la raison de son déplacement, elle n'était jamais arrivée à destination.

C'était donc bien pire qu'une simple fugue pour une idylle.

Arthur songea qu'il aurait préféré la trouver sous les draps de Caius plutôt que d'apprendre qu'elle s'était soit perdue ou accidentée; soit, pire encore, avait été attaqué puis kidnappé sur le chemin entre Venec et les terres de Caius.

S'il y avait encore une chance infime qu'elle n'ait fait qu'une halte pour s'abriter de la tempête, l'ancien Seigneur de Logre savait, au plus profond de lui, qu'elle avait été enlevé.

Quoi qu'il en soit, c'était plus qu'officiel, elle était en danger.

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A SUIVRE


Ce sera donc tout pour aujourd'hui. J'espère que la narration ne vous aura pas déplu mais j'aspire à quelque chose d'un peu plus épique qu'humoristique, c'est donc primordiale. J'espère aussi que vous apprécierez le 'développement' du personnage d'Arthur : il m'a semblé être quelque peu plus serein dans le Livre V avec Guenièvre, j'avais envie d'en évoqué les origines.

Bref, merci d'avoir lu, j'attends vos réactions avec beaucoup d'impatience.

Je vous souhaite une bonne fin de week-end, soyez prudent et à bientôt !