Bonsoir à tous, j'espère que vous passez de pas trop mauvaise fêtes de fin d'année compte tenu des circonstances.

Je sais que j'avais dit que la suite viendrait rapidement mais j'ai mis un peu de temps à décider des réactions des personnages. J'espère que vous ne les trouverez pas trop éloigner de ceux écrit par Alexandre Astier, aussi s'il vous semble y avoir des incohérences grossières, n'hésitez pas à me les énoncer.

Voici donc la suite, l'enquête stagne mais je voulais encore développer le personnage d'Arthur. J'espère que vous apprécierez la direction que prend cette fiction, j'attends donc avec impatience vos réactions.

Bonne lecture,

~Faeyll


Chapitre 5

Officiellement prêt à tout

.

Arthur avait fini par s'asseoir à la table de Caius sans un mot, dépité par la nouvelle. La fatigue devint brusquement si intense qu'il se sentit incapable de ne serait-ce que parler. Le manque de sommeil et la longue journée de crapahutage sembla comme alourdir son corps de plusieurs kilos.

C'était bien plus grave qu'il ne l'aurait jamais imaginé. Guenièvre n'était pas seulement cachée chez l'un de leurs alliés ou connaissances. Elle avait été enlevée - ou blessée, ou perdue - et ils n'avaient maintenant plus aucune piste.

Comment cela avait-il pu arriver sans que personne ne s'en soit aperçu ? Il savait qu'il n'avait lui-même aucune excuse mais quelles qu'aient été les intentions de la reine, elle avait profité de son inattention à son égard pour partir. Ce qui déroutait Arthur, c'est qu'aucun chevalier ou membre de sa famille ne l'avait vu partir ni même n'avait entendu ses intentions de le faire.

Il avait pourtant interrogé ses bonnes et ses quelques amies à savoir ses maîtresses ou les femmes des autres chevaliers, toutes avaient affirmé qu'elle avait agi comme à son habitude et qu'elle n'avait nullement mentionné de voyage ou de secret d'aucune manière. A présent, Arthur concevait de plus en plus la solitude dans laquelle elle évoluait dans le château. Soit personne ne faisait même attention à ce qu'elle disait, soit elle ne se confiait à personne pour discuter de ce genre d'entreprise. Ses propres parents semblaient ignorer combien elle avait peur de l'orage. Est-ce que cela durait depuis leur mariage ? N'avait-elle donc jamais eu d'amie sincère ?

Il espérait que non tout en sachant que ça devait certainement être le cas. Il ne pouvait que davantage comprendre pourquoi elle avait fini par s'enfuir dans les bras de Lancelot. Cette pensée lui rappela brusquement que son premier instinct avait été de le penser mêlé à cette histoire.

Mais était-ce de l'instinct ou de l'espérance ?

Il fut coupé dans ses élucubrations par Caius qui voulu mettre un terme au silence de plomb qui emplissait la pièce.

- Il faut que tu me croies Arturus, je ne sais pas pourquoi elle aurait eu envie de me rencontrer.

Arthur leva des yeux apathiques sur l'ancien chef romain. Il y avait des années qu'on ne l'avait pas appelé ainsi. L'un l'autre n'avait, sans y réfléchir ni vraiment discuté, jamais laissé entendre leur passé commun dans la milice à Rome.

Il ne savait pas bien ce qu'espérait Caius en l'appelant ainsi, le prendre par les sentiments, se montrer sincère ? Quoi qu'il en soit, il n'apprécia pas franchement mais décida de ne pas en faire mention. Il n'avait vraiment plus d'énergie dans ce genre de trivialité.

- Tu n'as pas reçu de lettre ? demanda Arthur.

Jamais Guenièvre ne se serait déplacée chez un membre de la noblesse sans s'annoncer avant, encore moins si c'était la première fois qu'elle le rencontrait.

Caius prit un temps de réflexion ne voulant pas infirmer trop vite mais il finit tout de même par de secouer la tête, il s'en serait souvenu si ça avait été le cas.

- Qu'est-ce que je peux faire pour t'aider ? demanda-t-il.

Arthur ravala une réplique désobligeante lorsque Calogrenant entra en annonçant que les chevaux étaient prêts à repartir. L'ancien Roi de Bretagne se leva, revêtit son manteau et suivi le chevalier vers l'extérieur.

- Reste ici. Elle a peut-être eu un contretemps, il se peut qu'elle arrive dans quelques jours si elle a fait mauvaise rencontre.

- J'enverrai un messager à Kaamelott à l'instant où elle foulera les pieds du domaine.

Arthur accorda un simple coup de tête avant de quitter les lieux.

Il faisait nuit noire quand ils ont repris la route vers le château de Kaamelott, la lune était partiellement couvert de nuage mais la lumière était suffisante pour y voir plus loin que le bout de leur nez. Ils ont chevauché aussi vite que possible et toute la nuit, ne s'arrêtant qu'une seule fois forcée par les chevaux qui s'étaient approchés de la rivière pour s'y désaltérer.

Pendant toute la durée du voyage, Arthur priait tous les dieux qu'ils connaissaient pour que son beau-père n'ait pas déjà tué Venec. Et si ce n'était pas le cas, il espérait qu'il n'ait pas été trop en colère et qu'ils puissent le retrouver suffisamment conscient pour qu'il puisse répondre aux questions.

Le marchand était à présent leur seul témoin capable de faire avancer les recherches dans la bonne direction. L'aube commençait tout juste quand ils sont descendus de cheval. Dame Séli les attendait à la porte et tira une grimace quand elle ne vit pas sa fille à ses côtés.

Arthur resta silencieux un instant pendant qu'elle le détaillait. Il était étrange qu'elle n'ait pas fait la moindre remarque. Aucune critique sanglante, aucune accusation de quelque sorte que ce soit. Il ne savait pas bien si c'était sa fatigue manifeste ou le souci qu'il ne cachait pas qui l'en empêcha.

Elle fit signe à un palefrenier de s'occuper des chevaux puis elle s'avança vers son gendre, son air bourru toujours présent mais sa voix bien plus attentionnée qu'il ne lui ait jamais entendue.

- Vous devriez aller vous laver et coucher, vous ne ressemblez à rien.

Arthur secoua la tête.

- Je dois d'abord parler avec Venec.

Séli n'essaya pas d'insister.

- Je ferais en sorte que vous puissiez prendre un bain quand vous aurez terminé, en même temps qu'elle fit signe à une servante de s'approcher.

La jeune femme vint récupérer le manteau boueux de l'ancien Roi, puis parti sous les commandes de la matrone préparer le bain. Cette dernière annonça qu'elle reviendra le voir avec du lait de chèvre et une gamelle chaude des cuisines puis partie sans un seul reproche. Arthur ne put s'empêcher d'y trouver plus d'inquiétude que de réconfort.

S'il en avait eu la force, il aurait demandé à faire une réunion dès à présent mais avec la fatigue qui lui pesait chaque fibre de son être, il demanda à Calogrenant de faire, seul dans un premier temps, les interrogatoires de toutes les personnes susceptibles d'avoir parler à la reine les deux dernières semaines. Il se fierait à son avis qu'il savait sera accompagné de celui de Séli, Léodagan et Bohort.

Le chevalier s'exécuta sans une plainte et laissa Arthur seul au milieu de la cour. Il se débarbouilla rapidement le visage dans le puit près de la grande porte de la forteresse, récupéra un manteau propre et chaud d'un jeune serviteur qui sembla venir de nulle part. Dans ces quelques rares moments, Arthur se rappela combien ils pouvaient être efficace et serviable.

C'est avec le pas lourd et une appréhension qui lui tordait l'estomac jusqu'à lui donner envie de vomir qu'il descendit aux cachots. Sa belle-mère n'avait pas semblé inquiète quand il avait évoqué avoir besoin de parler avec le marchand alors il avait cette ridicule lueur d'espoir de ne pas être arrivé trop tard. Il n'avait pas atteint la moitié des escaliers qu'il sentit l'odeur saisissante et si reconnaissable du sang.

A la lueur de sa torche, il découvrit Léodagan assis sur un tabouret en face de la cellule encore ouverte de Venec, un couteau ensanglanté à la main et avec lequel il tapotait nerveusement l'émouture sur son genou.

Le roi de Carmélide leva vivement la tête vers lui, le questionnant silencieusement. Arthur ne put s'empêcher de tressaillir, assistant réellement pour la première fois à l'image même que suggérait son surnom : « le Sanguinaire ». Il secoua la tête, son beau-père dans un mouvement enragé jeta son arme dont la lame vint se planter entre deux roches du mur opposé.

Ils restèrent quelques secondes immobiles et silencieux jusqu'à ce que Léodagan se lève et parte. Arthur ne l'en empêcha pas, il le suivit du regard puis quand il fut seul, il déposa sa torche sur son support et entra dans la cellule.

Venec était étendu au sol, le visage tuméfié– Léodagan l'avait visiblement bien battu – et une plaie fine mais profonde à la cuisse droite de la taille du couteau maintenant planté dans le mur.

- Venec ? appela froidement Arthur cachant parfaitement l'appréhension qu'il ressentait.

Sans réponse de l'homme, il donna un coup de pied dans la chaussure gauche du marchand, espérant une réaction. Pas plus réveiller qu'auparavant, il se pencha vers l'homme, passa deux doigts sous le nez du prisonnier sans arriver à sentir aucun mouvement d'air. Il se baissa pour chercher un pouls qu'il mit bien trop de temps à trouver avant d'en sentir la pulsation.

Il se redressa lentement, retenant un soupir de soulagement de ce faire entendre mais le ressenti très sincèrement. Il prit un court instant pour se passer une main au visage, un léger tremblement des doigts lui fit fermer le poing au niveau de sa poitrine.

Il avait cru perdre la dernière chose qui lui apporterait des réponses et son cœur s'était déchaîné. Il songea combien cela le surprenait. Il n'aurait jamais imaginé ce sentir dans un tel désordre pour Guenièvre. Il se demanda s'il trouverait le courage de le lui dire quand il la retrouvera. Il en doutait, qu'importe combien il savait que ça lui ferait plaisir.

Arthur se détourna rapidement de la cellule qu'il ferma dernière lui, attrapa sa torche et remonta lentement les marches, préparant mentalement tout ce qu'il allait devoir faire ensuite. Il s'arrêta au niveau des deux soldats qui surveillaient l'accès des geôles, leur adressa qu'un simple regard en coin tout autant lourd de sens que sa voix.

- Soigner les blessures du prisonnier.

Les deux hommes acquiescèrent et prirent chacun leurs torches.

« Faites en sortes qu'il survivent jusqu'à la nuit prochaine ou vous subirez le même sort que lui, laissant parfaitement voir la promesse sombre dans ses yeux froids.

Pour la première fois de sa vie, Arthur pensait sincèrement sa menace et savait que s'il n'avait pas la possibilité de le voir vivant après le long bain qu'il allait prendre, il ferait en sorte que chaque habitant de ce château se souvienne que même s'il n'est plus le roi, il est encore le meilleur combattant de Kaamelott. Qu'il ne soit plus le Roi ne devrait pas les rassurer.

En poursuivant son chemin, il se fit la promesse que dorénavant, il ferait tout, réellement tout et n'importe quoi pour retrouver Guenièvre et la ramener à la maison, même s'il devait trahir ses propres convictions. Il est loin le temps des pourparlers et de la tolérance.

...

A SUIVRE


Voilà pour aujourd'hui, j'espère que vous aurez apprécié la lecture. Je ne vous promets pas une publication rapide mais je ferais au mieux ! Merci encore à tous pour vos commentaires, ça me fait toujours très plaisir, n'hésitez pas cette fois encore à réagir et à donner votre avis.

Je vous souhaite donc et malgré tout de bonnes vacances, et surtout une meilleure année 2021 que ne l'aura été celle de 2020 (je suis un peu en avance mais je n'ai pas prétention à croire que je publierais la suite d'ici 3 jours...)

Je vous dis à dans pas trop longtemps, pour la suite.

Soyez prudent et à bientôt !

~Faeyll