Voici donc mon deuxième chapitre qui a pour but de présenter un peu Rose qui, je l'espère, ne sera pas trop "Mary Sue"...
Comme tous les soirs, la jeune Rose était accoudée à la balustrade de sa chambre, cherchant du regard les membres de la garde qui partiraient bientôt en patrouille. Du haut de ses quinze ans, l'adolescente vouait une véritable fascination pour les membres de sa famille d'adoption qu'elle n'avait que peu l'occasion de côtoyer en réalité, à l'exception d'Afton qui l'accompagnait régulièrement lors des sorties obligatoires.
Rose n'était âgée que de onze ans lorsqu'elle réalisa quelle était sa place réelle au sein des Volturi ainsi que son importance aux yeux d'Aro. C'est à partir de ce moment qu'elle se mit à rêver du jour où sa vie commencerait enfin. Enfant, elle avait aimé l'histoire de Raiponce que Carlotta avait dû lui lire une bonne centaine de fois. Comme l'héroïne des frères Grimm, elle vivait recluse dans une tour à attendre que quelqu'un, son prince, vienne la secourir. La différence majeure entre l'héroïne de conte pour enfants et la jeune adolescente résidait dans le fait qu'en réalité, Rose n'avait pas besoin de prince charmant pour sortir de sa prison dorée. Comme Aro le lui avait maintes fois expliqué, elle n'était pas prisonnière de la tour mais plutôt sa protégée et une fois changée, elle serait libre de faire ce qu'elle voulait du moment que son cœur demeurait loyal à sa famille, aux Volturi.
Rose aperçut les silhouettes sombres de deux gardes s'avancer lentement vers une petite porte en bois qui se trouvait à l'angle de la cours carrée. Il faisait particulièrement sombre et pour des raisons évidentes, le château n'était pas éclairé la nuit pourtant, la jolie jeune fille avait appris à reconnaître chaque garde à leur allure et leur démarche. Elle savait que ces deux ombres qui se déplaçaient si gracieusement dans l'obscurité appartenaient aux terribles jumeaux, Alec et Jane. Une sensation étrange mais dont elle commençait à être coutumière se saisit d'elle en imaginant Alec déambuler dans les rues de Volterra. En effet, depuis quelques mois, la belle Rose avait développé une attirance pour le jeune garde qui devait avoir à peine 17 ans lorsqu'il avait été changé en vampire. Le jeune homme n'était sans doute pas le plus beau mais il possédait un physique et une présence envoûtante et, à en croire les œillades qu'il ne cessait de recevoir de la part de Corin, Rose n'était pas la seule à succomber aux charmes angéliques mais dévastateurs d'Alec. Ce que Rose aimait le plus, c'était son sourire qui semblait illuminer son visage, même si cette illumination se voulait un heureux mélange de sadisme et de suffisance, et les pensées qui envahissaient l'esprit de l'adolescente lorsqu'elle voyait les lèvres pulpeuses du garde se mouvoir au son de sa voix mélodieuse étaient loin d'être chastes.
« Rose ! Cesse de le contempler ainsi, tu n'as aucune chance, tu es une humaine ! », la voix moqueuse de Carlotta extirpa brutalement la pauvre Rose de ses pensées.
« Tu oublies cette Isabella Cullen, elle était humaine lorsque Edward est tombé amoureux d'elle » fit remarquer Rose en descendant de l'embrasure de la fenêtre sur laquelle elle était perchée, « et de ce que j'ai pu entendre, il était prêt à mourir pour elle ».
« Oui, mais Edward Cullen n'est pas Alec », renchérit Carlotta en levant les yeux au ciel. Rose sauta sur son lit et saisit sa brosse à cheveux qui était posée sur sa table de chevet. La chambre de Rose était digne d'une vraie princesse et Athenodora avait exigé ce qu'il y avait de mieux pour sa chère petite Rose. La pièce de mobilier la plus imposante était sans aucun doute le lit, massif, il était fait de bois foncé, la tête était doublée de satin capitonné bleu roi cette dernière était partiellement dissimulée par une montagne de coussins.
Rose enleva les deux barrettes qui servaient à dégager les mèches de cheveux de son visage. La jeune fille avait une longue crinière dorée qui lui arrivait au milieu du dos, de grosses boucles soyeuses dansaient à chaque mouvement de tête de l'adolescente. Le bébé jadis comparé à un chérubin était désormais une belle jeune fille, élancée et dont le port de tête gracieux et élégant était semblable à celui d'une princesse. Son visage pâle servait d'écrin à ses deux grands yeux bleus et ses lèvres roses et fines qui faisaient écho à son prénom. L'air angélique qu'elle arborait jadis disparaissait peu à peu sous les traits d'une jeune femme mutine et rieuse, parfois moqueuse. Car si les Volturi ne lui avaient jamais accordé ni attention ni amour, elle avait en revanche toujours été matériellement gâtée et rien ne lui était refusé, ce que Rose voulait, Rose l'obtenait souvent au grand désespoir de Carlotta qui avait de plus en plus de mal à contenir les accès de colère de plus en plus fréquents de la jeune fille.
« Un vampire est un vampire »décréta Rose en s'asseyant en tailleur au bord du lit pendant que Carlotta brossait soigneusement les cheveux.
« Rose, Edward Cullen est végétarien, il ne voyait pas son humaine comme un repas potentiel, les Volturi, oui », Rose fronça les sourcils en entendant les paroles de sa gouvernante, elle inclina la tête et fit face à la trentenaire, « pourtant, je suis humaine et Aro ni personne ici ne voient comme un repas, toi peut-être mais pas moi ».
Carlotta fit abstraction des paroles blessantes de Rose qui, à force de vivre recluse, à observer des créatures sans pitié, n'avait développée quasi-aucune empathie à l'égard des autres. Si la jeune fille était douce et pouvait faire preuve de générosité, elle pouvait tout aussi bien se montrer d'une froideur extrême et d'un manque total de considération vis-à-vis d'autrui. Carlotta avait longtemps mis les variations d'humeur de Rose sur le compte de son mode de vie, après tout, elle savait depuis son plus jeune âge qu'elle mourrait à 18 ans, certes, pour embrasser une nouvelle vie, mais c'était une pensée morbide qui était susceptible de marquer profondément n'importe qui. Mais la jeune italienne, qui avait côtoyé quotidiennement la jeune protégée des Volturi savait mieux que quiconque que Rose avait du cœur, beaucoup de cœur, simplement personne ne lui avait appris à s'en servir. Carlotta n'était pas un exemple, elle avait fermé les yeux sur le massacre de centaines de personnes innocentes dans le seul but d'assouvir ses ambitions et fantasmes personnels et aujourd'hui encore, elle était incapable d'affirmer que sa présence et son dévouement n'était pas uniquement lié à son seul désir d'immortalité. De tous ici, elle n'était sûrement pas la mieux placée pour enseigner à Rose les bases de l'abnégation et du don de soi.
« Parce que tu es unique, Rose, tu seras un atout précieux pour les Volturi », Carlotta avait le sentiment de répéter cette même phrase chaque jour ces derniers temps, comme si Rose avait besoin qu'on lui confirme sans cesse sa position, « mais tu restes une humaines, n'oublies pas qu'il pourrait te tuer en un baiser », Carlotta brossait soigneusement les cheveux de Rose, faisant glisser la brosse à travers chaque mèche, ces mêmes gestes qu'elle répétait chaque jour depuis une presque quatorze ans et que Sulpicia avait ordonné que les cheveux de Rose ne soient jamais coupés.
« Je mourrais pour un baiser de lui ! », s'exclama Rose en riant avant de se laisser tomber complètement sur le lit, « il est tellement parfait ».
« C'est sûre, et tu le connais si bien », remarqua la domestique en reposant la brosse à cheveux à son endroit initial.
« Tu as déjà été amoureuse ? » demanda Rose en roulant sur elle-même afin de se retrouver appuyée sur ses coudes, son regard azur plongé dans les yeux fatigués de Carlotta.
« Oui, il y a longtemps », murmura l'ancienne réceptionniste tout en reportant son attention sur le sol, « mais lui ne m'a jamais regardé, du moins pas comme j'aurais aimé qu'il me regarde ».
« L'amour devrait toujours être réciproque », soupira Rose en adressant un sourire réconfortant à la jeune femme qui était à la fois sa famille et sa confidente, « c'est trop cruel sinon ».
« La vie est cruelle, Rose, et l'amour est un jeu auquel nous sommes obligés de jouer sans en connaître les règles », Carlotta descendit du lit et saisit plusieurs coussins qu'elle déposa au sol avant d'ouvrir les draps, « tu as une éternité entière pour le découvrir, ne sois pas trop pressée ».
« Mais je l'aime! » protesta la belle adolescente en affichant une moue boudeuse qui ne manqua pas de faire sourire sa protectrice.
« Tu l'aimes comme on aime à quinze », murmura Carlotta avant de planter un baiser sur le front de la jeune fille, « dors bien, demain tu as audience avec Aro, il ne sera pas content si tu es fatiguée demain ».
Pendant que Rose s'abandonnait aux bras de Morphée, c'est un tout autre ballet qui se jouait dans les souterrains de Volterra où l'élu de la jeune fille s'adonnait à un jeu de séduction vieux comme le monde avec Corin qui comme à chaque fois, semblait céder aux avances du tortionnaire.
Le lendemain matin, le soleil était à peine visible à l'horizon et Rose, encadrée à droite par Carlotta et à gauche par Afton, marchait d'un pas rapide, pour une humaine, en direction de la Salle du Trône. Comme chaque année, à l'approche de son anniversaire, le chef des Volturi souhaitait vérifier que le don de Rose ne faiblissait pas, et ce, devant une bonne partie du clan Volturi et ce dans le but de justifier la présence de la jeune fille au sein du château. De plus, et selon un accord tacite entre l'adolescente et ce père de substitution, c'était l'une des rares occasion où il était autorisé à la toucher et ainsi lire chacune de ses pensées les plus intimes. Rose n'appréhendait aucunement ce moment, au contraire, c'était la seule fois de l'année où elle était tolérée dans la grande salle et que les gardes faisaient semblant de reconnaître son existence.
Comme chaque année, la belle Rose s'était levée tôt, elle avait pris soin de ses cheveux et pour la première fois, elle s'était autorisée un peu d'eyeliner qui faisait ressortir ses yeux, leur conférant une profondeur hypnotique. Elle avait opté pour une robe trop courte et de petites bottines. Aux yeux de n'importe quel humain normalement constitué, Rose était une jeune fille attirante, la parfaite ingénu, lolita à ses heures. Elle savait jouer de ses charmes sans y paraître. Mais pour les immortels qu'elle allait rencontrer, elle n'était pour l'instant qu'une humaine ignorant complètement sa chance d'être ainsi tolérée aux yeux des Volturi.
En arrivant devant les grandes portes, Santiago salua Afton si rapidement que ni Carlotta ni Rose ne comprirent ce que les deux gardes venaient de se dire. Santiago poussa les deux battants qui s'ouvrirent dans un grincement et Rose marcha seule jusqu'au centre de la pièce, le claquement de ses talons furent temporairement couverts par le bruit de la porte qui se refermait lourdement dans un claquement sourd. Rose s'avança la tête haute, un sourire placardé sur le visage, illuminant ses traits. Cette confiance n'était pas sans agacer certains membres de la garde qui, malgré leurs anciennetés et leurs aptitudes, ne se permettaient pas de pénétrer en ces lieux sans faire preuve d'humilité. Aro se tenait debout, un sourire sincère sur le visage, contrairement à Caïus qui avait développé une véritable aversion pour la jeune fille. Marcus semblait bien plus mitigé qu'Aro, mais la candeur et la joie de vivre de la jeune Rose n'était pas sans lui rappeler l'appétit de Didyme pour la vie et cette seule raison suffisait à ne pas lui faire détester la jeune humaine.
En pénétrant dans la salle, le regard de la jeune fille croisa celui de Demetri. Le traqueur avait toujours profondément intimidé Rose. Comme Alec, Demetri était beau, ses traits d'une rare perfection en faisaient un être irrésistible, ou presque, aux yeux de ces dames. Il était un peu le Casanova des Volturi et ne s'en cachait pas. Mais ce qui intimidait le plus Rose, c'était son attitude, sa froideur, son dédain vis à vis d'elle. Contrairement à Afton qui faisait semblant de l'apprécier, Demetri ne cachait pas son agacement vis à vis de la protégée d'Aro. Son attitude "cool" et supérieure couplée à sa perfection le rendaient tout simplement inaccessible et lorsque leurs regards se croisaient, Rose détournaient les yeux, incapable d'affronter le jugement du traqueur.
« Ma chère Rose, ma si belle Rose, comme il est fascinant de te voir grandir et t'épanouir telle la reine des fleurs », Aro inclina la tête en souriant et s'avança vers Rose qui s'était arrêtée au centre de la pièce, « quelle immortelle tu feras ».
Rose n'était pas sans ignorer la présence d'Alec et des autres gardes mais elle avait appris à contrôler ses émotions. Elle pouvait quasiment sentir le regard insistant et le mépris qui se lisait sur le visage de Chelsea qui, plus les années passaient, plus elle semblait haïr Rose. Alec quant à lui ne montrait aucune émotion, il se tenait droit, planté devant l'estrade où étaient placés les trois trônes, son visage était impassible, figé dans le marbre et pourtant son regard trahissait son ennuie. Rose l'ignora mais il était difficile pour elle de constater que Carlotta avait raison et que le sujet de ses songes était complètement indifférent à sa présence. La réalité est cruelle.
Aro saisit les mains de la jeune femme, un nuage sembla troubler un instant le Maître et après un long moment de silence, Aro lâcha un rire qui frôlait l'hystérie. Instinctivement, Rose recula d'un pas.
"Aro!? », intervint Caïus dont les cheveux blancs comme la neige semblaient se confondre avec sa peau d'albâtre.
« C'est fascinant ! », s'exclama Aro en portant ses mains à ses lèvres, le regard brillant d'excitation, « je vois ma vie, je ne parviens même plus à te lire, Rose, je suis renvoyé à mon propre esprit », Aro releva la tête et scruta la pièce, il semblait hésiter avant de de s'écrier, tout en reportant son attentions sur Rose, « Jane, pourrais-tu… », Aro fit signe à Jane de s'approcher.
La petite blondinette au visage d'ange s'approcha d'Aro, un sourire sadique sur le visage. Rose commença à sentir son estomac se nouer et la panique l'envahir. Elle connaissait le pouvoir de Jane et surtout sa réputation et elle ne comprenait pas pourquoi Aro avait besoin d'elle.
« Jane, pourrais-tu s'il-te-plait ? Doucement bien sûre », fit Aro en reculant d'un pas tandis que Jane prit sa place et se posta devant Rose dont le cœur était sur le point d'exploser.
Jane fixa intensément Rose qui ressentit une vive brûlure l'envahir, pourtant, alors que son corps lui implorait de fuir, de crier ou de protester, l'esprit de Rose sembla trouver un modus operandi dont elle-même semblait ignorer l'existence. La mortelle ne lâcha pas Jane des yeux et, comme si elle se fixait dans un miroir, Jane commença à se crisper et soudainement elle cessa tout, son visage auparavant confiant, laisser désormais transpirer toute sa confusion.
« C'est impossible », murmura Jane qui se tourna vers Aro dont le visage rayonnait d'auto-satisfaction, le maître des Volturi fit signe à la jeune fille de laisser sa place et il a appela Alec à sa place.
Une fois qu'elle fut devant Alec, l'esprit de Rose sembla s'emballer, elle était captivée par ce visage et elle avait du mal à soutenir l'intensité de son regard. Alec leva les mains et une vapeur noire se dirigea vers Rose. Seulement, comme pour Jane, les effets sur la jeune adolescente se dissipèrent aussitôt et c'est Alec qui commença à ressentir les effets, certes modérée, de son pouvoir. Il lança un regard à Rose, qui, pour une première fois, ne reflétait pas son mépris mais plutôt un mélange de curiosité et de respect et Rose sourit à son tour, parce que celui que son cœur de quinze ans avait élu la regardait enfin.
« Son pouvoir grandit mes frères, nous ne craindrons bientôt plus le bouclier de cette Bella ou les pouvoirs d'aucun autre vampire, notre Rose sera bientôt prête », Aro ne lâchait plus Rose des yeux, il la couvait du regard comme un père, comme un mentor. Rose était la clé qui devait lui permettre de réaliser ses desseins, mais cette fleur innocente et manipulable, il n'était pas sans l'ignorer, était aussi couverte d'épines.
J'espère que ce chapitre sera dans la lignée des deux premiers.
Au début, je voulais que Rose ait une vie de "princesse" au sein des Volturi mais ce n'est pas le genre de la maison et je pense que la logique voulait que son rapport avec les gardes soit difficile. Il est quelque peu inimaginable qu'une enfant puisse se balader librement aux milieux de vampires non-végétariens.
Quant à Alec, il me semblait un premier coup de coeur idéal...
N'hésitez pas à critiquer/commenter cette fiction me tient beaucoup à coeur alors j'espère vraiment que ce chapitre est de qualité
