Tout d'abord je voudrais remercier toutes les personnes qui m'ont laissées un commentaire. C'est toujours encourageant de savoir que mon histoire plait.

Je vous laisse donc avec ce chapitre. Bonne lecture !

Rose s'étira longuement pendant que Giulia prenait soin de disposer son petit-déjeuner sur une table située dans un recoin de sa chambre. Comme tous les matins, Rose prenait un jus d'orange et deux tranches de pain complet. La jeune adolescente n'avait jamais eu beaucoup d'appétit en particulier le matin et il était toujours difficile de la convaincre d'avaler le peu qu'il y avait sur la table.

Le soleil inondait déjà la pièce d'une douce lumière, réchauffant ainsi les épais murs de pierre de l'imposante chambre. Giulia sourit à l'adolescente qui marchait d'un pas endormi et maladroit jusqu'à sa chaise. La nouvelle réceptionniste était là depuis quelques mois et malgré cela, Rose ne semblait guère se soucier de la belle italienne aux cheveux noirs qui se tenait désormais droite comme un « i » à attendre que l'enfant prodigue ne finisse lentement son repas. Il faut dire que Rose en avait déjà vu défiler un certain nombre sans vraiment se soucier de ce qu'elles devenaient lorsqu'elles disparaissaient mystérieusement du jour au lendemain. Les disparues étaient immédiatement remplacées par une autre jeune femme à l'allure plantesque qui finissait également par s'évaporer aussi soudainement qu'elle était apparue. Carlotta n'avait jamais rien mentionné mais Rose, avec les années, avait senti son malaise à chaque fois qu'une nouvelle arrivait. En effet, si la jolie blonde savait que son clan d'adoption se nourrissait du sang d'humains, elle n'en avait jamais été directement témoin et en réalité, elle ignorait totalement la cruauté et la brutalité de ses protecteurs elle ne s'était d'ailleurs jamais vraiment offusqué de savoir que ses semblables étaient ainsi sacrifiés par Aro et les autres. Mais se considérait-elle vraiment comme une semblable ?

« En l'absence de Carlotta, c'est toi qui m'accompagnes à Pise ou est-ce que j'y vais seule ? » demanda Rose nonchalamment en finissant péniblement un toast.

Giulia hésita un moment, elle ne savait pas que Carlotta s'était absentée et elle craignait que cette absence ne l'oblige à passer du temps avec la plus humaine des Volturi. Il faut dire que la jeune fille pouvait se montrer incroyablement froide et hautaine envers la pauvre employée et les liens particuliers de l'adolescente avec le Maître des Volturi la mettaient particulièrement mal à l'aise. « Je n'ai reçu aucunes consignes donc je suppose que tu y vas seule », répondit simplement la réceptionniste tout en guettant les réactions de l'adolescente.

Rose leva ses grands yeux bleus pétillants vers Giulia, « sérieusement ? J'ai le droit de sortir d'ici seule !? », L'excitation était palpable dans sa voix et cela pouvait aisément se comprendre. A 15 ans, elle n'avait jamais eu l'occasion de sortir du palais sans être chaperonnée par Carlotta.

« Afton sera là », rappela Carlotta en réajustant ses lunettes rondes.

« On s'en fiche d'Afton de toutes façons il me laisse faire ce que je veux du moment qu'il peut rentrer rapidement à Volterra et retrouver sa précieuse Chelsea ». Tout en parlant, Rose se dirigea vers son imposant dressing. Sulpicia avait toujours insisté pour que sa fille n'ait que le meilleur et cette règle s'appliquait également à ses tenues vestimentaires. Et comme ce que Rose voulait, Rose l'obtenait, n'y avait pas un grand couturier qui manquait à l'appel dans son armoire. Tandis qu'elle choisissait soigneusement sa tenue, Giulia débarrassa les restes du petit déjeuner de Rose qui n'avait pas beaucoup mangé comme à son habitude. La jeune femme savait, pour avoir entendu régulièrement Carlotta s'en plaindre, que Rose avait un rapport pour le moins compliqué avec la nourriture. Après tout, Rose avait tous les jours sous les yeux des créatures dont la beauté faisait partie même de leur espèce : il n'existait pas de vampires laids, c'était un fait. Et Rose, comme beaucoup de filles de son âge, prenait soin de son apparence, cherchant à contrôler son image et cela passait bien évidemment par le contrôle de son poids.

L'adolescente, une fois ses vêtement sur le bras, se rendit dans la salle de bain que les Volturi avait fait construire et aménager pour elle. La pièce qui était accessible directement depuis sa chambre était plutôt petite mais richement décorée et aménagée. La totalité des murs ainsi que le sol était en marbre de carrare et l'espace était occupé dans sa grande majorité par l'immense baignoire.

Rose posa les vêtements qu'elle avait sélectionnés sur un tabouret d'angle et se déshabilla devant le rand miroir qui se trouvait derrière la porte. L'adolescente détestait son reflet et, malgré l'image qu'elle pouvait renvoyer de jeune fille épanouie et toujours souriante, elle dissimulait un mal-être qui ne faisait que s'accroitre avec le temps. Carlotta ne cessait de lui répéter qu'elle était jolie mais elle ne pouvait s'empêcher de douter. Lorsqu'elle se comparait à Sulpicia, Corin ou même Heidi, elle ne pouvait que se trouver laide. Comment pourrait-elle se trouver jolie ? Elle était peut-être passable, voir attirante pour un humain lambda mais sûrement pas pour un vampire. Hors, Rose vivait avec les vampires, elle allait en devenir un, c'était sa destinée. Lorsqu'elle se voyait ainsi, son esprit pensait à Alec, comment pourrait-il la regarder et la considérer autrement que comme un vulgaire humain. Carlotta lui avait dit un jour qu'Isabella Cullen n'avait rien de spécial et pourtant elle avait réussi à séduire un vampire. Dans ses bons jours, la protégée d'Aro se disait qu'elle avait toutes ses chances, après tout, elle était spéciale à en croire son père et Maître. Mais lorsqu'elle se retrouvait nue face au jugement de son miroir, ses espoirs semblaient se faner comme une fleur trop vite cueillie.

Une fois prête, Rose se rendit jusqu'à l'entrée principale du château qui donnait sur la Piazza dei Priori qui devait être noire de monde à cette heure et où une berline aux vitres fumée l'attendait. Ce que Rose ignorait, c'est que deux nomades se trouvaient actuellement à Volterra pour y rencontrer Aro dans l'espoir de faire partie de la garde. Il n'était pas rare que des vampires se présentent aux Volturi, c'était au contraire devenu une coutume au fil des siècles.

Les deux nomades se tenaient dans l'entrée froide du château, attendant là sous la surveillance de Santiago que Demetri, qui était partis annoncer l'arrivée des deux vampires auprès de ses maîtres, ne revienne. Les deux hommes, qui n'avaient en apparence pas plus d'une trentaine d'années, étaient pourtant âgés respectivement de 80 et 154 ans chacun. La nervosité pouvait se lire sur leurs visages, les Volturi pouvaient se montrer cruels et même si ils n'avaient pas enfreint la loi, l'idée de se faire renvoyer chez eux Manu Militari n'était pas à exclure.

Pendant que les deux nomades patientaient difficilement, Rose marchait d'un pas rapide dans les dédalles de couloirs du château qu'elle connaissait par cœur. Elle était impatiente de quitter Volterra et de goûter à un moment de liberté. Certes, cela impliquait de passer une heure à jouer du violon, ce qu'elle détestait, mais ensuite elle pouvait enfin se comporter normalement, librement, sans être cloitrée parce que l'on avait peur pour sa vie.

Santiago, trop occupé à attendre le traqueur ne remarqua pas que le plus jeune, un grand blond aux larges épaules et aux mains de bucheron, humait l'air discrètement. Le sang de Rose était délicatement parfumé, ce qui était en partie dû à son régime alimentaire, et si les gardes bénéficiaient d'un parfait self-control, ce n'était pas le cas de ces nomades qui n'avaient pas mangés depuis plusieurs jours de peur d'attirer le courroux des Volturi s'ils se nourrissaient trop près de leur ville. L'adolescente avait beau être séparée du hall d'entrée par plusieurs couloirs et murs épais, dans ce château où il n'y avait aucune vie, les pulsations de son cœur semblaient résonner à l'oreille de Sven comme le chant des sirènes. Rose emprunta un couloir étroit et gravit trois marches avant de se retrouver dans l'imposante entrée du château dont les murs ocre et défraichis donnaient à l'endroit une atmosphère particulièrement inhospitalière. Rose s'arrêta nette lorsqu'elle aperçut les trois hommes qui se tenaient à quelques mètres d'elle. Elle reconnut bien sûre Santiago mais pas les deux autres, elle ne les avait jamais vus. Elle avait côtoyé des vampires toute sa vie et elle savait que les deux colosses qui se tenaient devant elle n'était pas des humains.

La respiration de la jeune fille s'arrêta lorsqu'elle constata que les yeux de ces deux vampires inconnus au bataillon étaient noirs comme la nuit, signe qu'ils avaient faim. Le plus jeune des deux poussa un grognement guttural et l'adolescente laissa échapper un petit cri d'effroi. Comme si elle semblait obéir à un instinct ancestral, elle fit demi-tour cherchant à fuir mais les deux hommes se jetèrent sur elle. Santiago parvint à en immobiliser un, le plus âgé, mais l'autre saisit la jeune Rose par la gorge l'empêchant de respirer avant de la projeter au sol. La tête de la jolie blonde heurta violemment le sol et en un instant, elle sentit un liquide chaud couler le long de sa tempe. Rose savait qu'elle saignait et la panique s'empara d'elle, c'est ainsi qu'elle allait mourir ? Le sang excita encore plus le jeune Sven qui fondit sur sa proie toutes dents dehors face à un Santiago bien impuissant. Rose ferma les yeux, terrifiée, elle savait que c'était terminée, elle savait qu'elle serait bientôt morte elle ne pouvait qu'attendre l'ultime impact. Le poids de l'homme qui se tenait désormais sur elle fut soudainement projeté au loin. Rose ouvrit les yeux et malgré son étourdissement, elle vit Demetri plaquer son agresseur contre le mur d'un geste incroyablement vif et précis avant de lui arracher la tête avec l'aide de Felix. Felix bondit alors sur le second vampire que Santiago était en train de maîtriser. Le regard de Rose croisa celui du traqueur et la fureur qui animait les yeux du ce dernier se dissipa peu à peu pour laisser place à une émotion que Rose avait du mal à identifier. Les traits de Demetri s'adoucir et il se dirigea vers la jeune fille au sol.

En un instant, le garde était accroupi aux côtés de la belle mortelle dont la vision commençait à se voiler en raison du sang qui coulait désormais sur son visage. Rose sentit la main glaciale de Demetri effleurer sa blessure et un sentiment d'apaisement l'envahit. Elle était en sécurité, elle savait qu'elle pouvait avoir confiance en lui. Rose regarda à nouveau le traqueur et elle lui sourit avant de murmurer un faible « merci ». Le sublime visage du garde demeurait impassible et froid, il fronça un instant les sourcils en observant le visage de Rose et l'inquiétude pouvait se lire un court instant dans ses yeux pourpres.

« On peut savoir ce qui s'est passé ! », la voix sèche et nasillarde de Jane retentit dans le hall. La terrible garde se tenait à côté de son frère qui n'avait rien manqué de la scène attendrissante entre Rose et son rival.

« L'un des deux nomades a attaqué Rose, elle va bien, elle a pris un mauvais coup c'est tout », répondit formellement Demetri. Alec rejoint le traqueur avant de s'agenouiller aux côtés de la jeune fille dont l'état de conscience était particulièrement instable.

« Je m'occupe d'elle », siffla Alec à l'attention son rival sans même lui adresser un regard. Alec glissa ses mains sous le corps frêle de la jeune fille et la souleva sans la moindre difficulté tout en prenant garde de ne pas la blesser.

Du coin de l'œil, Demetri observait attentivement Alec installer délicatement la jeune fille dans ses bras.

« Aro ne sera pas content », déclara Jane qui regardait la scène entre son frère chéri et cette humaine avec dédain et agacement avant de reprendre, « comment se fait-il qu'elle était ici ».

Alec prit la direction des couloirs et entendant la remarque de sa sœur, fit demi-tour et lança un regard noir et accusateur en direction de Demetri qui restait pourtant calme et incroyablement maître de lui-même, « ce qui est étonnant c'est que deux vulgaires nomades aient réussi à s'en prendre à Rose sous le nez de trois gardes surentrainés ».

Demetri et Felix échangèrent un regard, il était évident qu'Alec n'allait pas manquer une occasion de les enfoncer.

« Elle n'est pas morte », reprit Jane et son frère pu presque l'entendre penser malheureusement.

« Nous règlerons les questions disciplinaires, si il y en a, plus tard », conclut-elle avant de faire signe à Santiago et Felix de bruler les corps.

«Il n'y aura pas de questions disciplinaires, Rose et sous sa garde », fit Demetri en pointant Alec du doigt, « c'est lui qui en est responsable alors si le grand Alec Volturi n'est pas capable de retenir une gamine de 15 ans en sous poids dans ses quartiers pendant que deux nomades affamés se promènent dans le château, on n'y peut rien ».

Dans les bras d'Alec, Rose s'agita légèrement et il pouvait sentir son rythme cardiaque s'accélérer légèrement, elle avait besoin de repos. Alec jeta un regard menaçant en direction du traqueur, « nous réglerons cela plus tard ».

« Suffit ! », s'exclama Jane qui commençait à trouver que la situation s'éternisait inutilement, « j'ai dit que nous verrons pour les questions disciplinaires plus tard, ce n'est ni négociable ni sujet à discussion ! », la petite blonde tourna les talons et disparut.

Alec prit la direction de la tour en ignorant le regard moqueur que lui lançait l'arrogant Demetri. Il aurait sa vengeance, non seulement parce qu'il l'avait défié publiquement mais surtout parce que le traqueur avait eu droit à un regard admiratif de la part de Rose et pour une raison qu'il ignorait, cela agaçait particulièrement Alec.

« Alec », murmura l'adolescente en ouvrant les yeux avant de les plonger dans ceux d'Alec.

« Chut, je te ramène dans ta chambre », mumura Alec avant de la serrer un peu plus contre lui et d'accélérer le pas.

Une fois dans la chambre de Rose, Alec ferma la porte soigneusement et déposa la jeune fille sur son lit. Elle dormait à présent, sûrement sonnée par le choc qu'elle avait reçu, aussi bien physique que psychologique. Elle ne lui avait jamais semblé aussi fragile et vulnérable que maintenant. Sans trop comprendre pourquoi, Alec s'assit sur le lit à côté du corps endormi de la jeune fille. Il observa son visage gonflé par les larmes et, sans qu'il ne comprenne pourquoi, il se pencha et embrassa le front de Rose, à l'endroit même où se trouvait la plaie qui avait enfin cessé de saigner. Lorsqu'il se redressa, ses yeux étaient noirs mais son visage demeurait calme et serein. Alec pinça ses lèvres entre elles et laissa sa langue glisser le long de l'interstice qu'elles formaient et il goûta le sang de Rose. Il s'était toujours demandé qu'elle goût elle avait, chaque fois qu'elle passait devant lui et que son parfum venait le narguer. En réalité, son sang était exquis, semblable à ce qu'il avait longtemps fantasmé. Alec se releva et prit place sur une chaise à l'opposé du lit, il croisa les bras et observa Rose dormir, se demandant ce qui se serait passé si ce nomade avait eu ce qu'il voulait.

J'espère que la scène d'action vous semble convaincante :/ ce n'était pas facile de l'écrire en tout cas….

Quant au personnage de Rose, il est vrai qu'il peut sembler "tarte" pour l'instant mais elle va évoluer au fil du temps. J'aime les personnages féminins forts et je veux qu'elle puisse tenir tête à Aro ou à Demetri sans flancher...

C'est ce que j'aime dans le fait d'écrire, on part avec une idée, elle prend vie, se modifie au fil des chapitres et les personnages s'enrichissent.

N'hésitez pas à me donner votre avis c'est encourageant et surtout j'aime les remarques constructives!