Bonjours à tous,

Voici la seconde partie du chapitre 8. Je ne sais pas comment remercier toutes les personnes qui ont pris le temps de me laisser un commentaire en particulier Hilda D. J

En espérant que vous apprécierez la deuxième partie de ce chapitre qui est certes moins intense.

Bonne lecture.

« Tu as eu par le passé un nombre d'idées et de plans incroyablement stupides, mais laisse-moi te dire, mon cher mari, que celui-ci est de loin le pire », Aro posa son parchemin et observa son épouse faire les cents pas devant lui.

« Je comprends tes inquiétudes et je les partage », soupira Aro qui semblait lui-même douter de son propre stratagème, « mais, Rose doit nouer des liens forts avec notre clan et il n'y a rien de plus fort que l'amour », Sulpicia fit volte-face et jeta un regard noir à son époux et roi.

« L'amour ? Ne me dis pas que tu es assez stupide pour croire que Rose aime Alec, ce n'est que de l'attirance, un désir primaire, rien de plus ! » S'exclama la reine avec exaspération.

Aro se leva et marcha vers son épouse, une fois à sa hauteur, il attrapa sa main et y déposa un baiser délicat et respectueux. Ce geste mécanique était devenu un rituel entre eux, une façon pour le tout-puissant maître des Volturi d'exprimer tout son respect et son humilité face à cette femme dont la splendeur et l'intelligence n'avait cessé de l'ensorceler à travers les siècles.

« Rose n'est plus une enfant que tu peux nourrir de mensonges et de belles histoires, elle doit apprendre les règles de notre monde, elle doit apprendre à vivre parmi les siens, Alec n'est sûrement pas celui qui aurait dû l'initier à tout cela, mais il occupe toutes ses pensées », Aro posa un baiser sur le front de la femme qui se tenait devant lui et qui pleurait en repensant à cette enfant qu'elle avait aimé et chéri et qui devenait aujourd'hui une femme, « c'est elle qui l'a choisie », murmura l'auguste vampire contre la tempe de son épouse.

« Elle n'est pas armée contre Alec, elle ignore tout de la vie, de l'amour et surtout des vices qui peuplent ce monde », soupira Sulpicia d'une voix étranglée par les sanglots.

« Tu la sous-estimes, Sulpicia », l'élégante vampire leva les yeux vers cet homme qu'elle respectait plus que tout, « tu crois sincèrement qu'elle est de taille face aux intrigues d'Alec, tu crois qu'elle saura se préserver lorsqu'il tentera de lui voler son honneur ? », la colère était perceptible dans la voix de la reine.

« Cela doit arriver, elle devra passer par là, cela fait partie de la vie ! », Aro observa attentivement le visage de son épouse avant de poursuivre, « elle devra apprendre à gérer les peines, les douleurs, les joies, les plaisirs mêmes les plus primaires de ce monde. Ce n'est plus une enfant, ce sera bientôt un membre de ma garde et à ce titre, elle connaîtra la guerre, elle donnera la mort, elle apprendra à manipuler ses ennemis, à séduire ses amis et elle goûtera aux plaisirs de la chaire comme n'importe quel adulte, qu'il soit voué à l'éternité au non ! », Aro se montra ferme. Certes, il n'aimait pas décrire une réalité aussi crue à sa chère et tendre Sulpicia. Une réalité que lui-même répugnait à imaginer, mais sa très chère fille devait s'endurcir. Dans trois ans, elle serait un garde à part entière, elle deviendrait alors l'arme qu'il avait convoité durant tant d'années et pour accomplir son dessein, elle devait devenir forte, grandir et apprendre, et tout cela le plus rapidement possible car malgré l'éternité qu'il avait devant lui, le roi n'avait aucun patience lorsqu'il s'agissait d'agrandir sa fabuleuse collection d'anges de la mort et de gardiens du monde immortel.

Sulpicia dévisagea son mari avec colère et effroi et d'un geste rapide, elle leva la main dans l'espoir de le gifler mais Aro l'arrêta à temps.

«Elle aura le cœur brisé ! Lorsqu'elle aura tout donné à Alec et qu'elle se rendra compte qu'il ne l'aime pas, elle sera détruite ! », Aro essuya les yeux de son âme sœur à l'aide de son pouce.

« Alors peut-être devrions-nous l'aider », murmura le leader incontesté du clan le plus important du monde des vampires.

« Comment ça ? », demanda Sulpicia intriguée.

« Peut-être devrait-elle écouter les conseils de quelqu'un qui maîtrise parfaitement l'art de la séduction et qui connait les hommes et leur façon de pense », répéta Aro qui semblait se gargariser de cette nouvelle idée.

« A qui penses-tu ? », la reine fronça son front lisse et sans rides, elle connaissait cette expression et savait que l'esprit machiavélique de son cher et tendre était en marche.

« Heidi », déclara Aro.

« C'est hors de question ! », s'écria Sulpicia, « Heidi ne sera pas un exemple pour ma fille ».

« Tu ne veux pas que Rose ait le cœur brisé mais tu refuses de la voir éduquée par une briseuse de cœurs », Aro savait, en chef de guerre qu'il était, qu'il valait mieux attaquer le premier et c'était également valable pour les histoires de cœur, « Sulpicia, je pense au contraire que Rose apprendra beaucoup d'Heidi ».

« Donc, tu laisses l'éducation de cette enfant entre les mains d'Heidi et d'Alec », la reine des Volturi secoua la tête et se dirigea vers la porte du bureau de son époux, elle venait de perdre une nouvelle bataille, « je ne sais qu'elle résultat tu obtiendras, Aro, j'espère simplement que tu ne seras pas pris à ton propre piège ».

Aro resta debout à fixer la porte par laquelle venait de s'éclipser Sulpicia. Il était conscient qu'il prenait de gros risques mais sa Rose adorée et si fragile devait absolument devenir forte et on ne le devient pas au contact de faibles, c'était une certitude. Il aimait Rose mais son ambition était trop forte et il ne reculerait devant rien, même si Rose devait en souffrir, il s'agissait de l'avenir de son clan. Heidi était redoutable à sa manière, elle connaissait la psychologie des hommes mieux que n'importe qu'elle autre femme Volturi, elle avait appris à se servir de son arme la plus redoutable avec habileté, sans pour autant négliger son intelligence. Aro venait d'un temps où les meilleures courtisanes n'étaient pas les plus belles, mais celles qui avaient appris à séduire avec les mots. Il savait que la séduction était un art subtil et délicat dont Heidi était maître.

Alec se résigna à accompagner Rose jusqu'à la Cathédrale Santa Maria Assunta de Volterra, il n'avait pas quitté la jeune fille depuis qu'elle avait eu l'idée absurde mais cependant extrêmement plaisante de lui faire à nouveau goûter son sang. Ses sentiments envers l'adolescente étaient ambigus et semblaient constamment changer. L'image de la belle Rose offrant son sang au garde ne cessait de le hanter, il avait eu envie d'elle, de tout son être, il aurait aimé l'adorer et la briser en même temps. Mais cette passion semblait se faner lorsqu'il l'observait désormais, tremblante, en train de déposer quelques fleurs auprès d'une église en mémoire d'une femme qui n'était rien de plus qu'un esclave.

C'est Rose qui avait insisté, elle souhaitait lui rendre un dernier hommage. De là où il se trouvait, Alec pouvait voir très nettement le bandage qui couvrait sa coupure se défaire légèrement lorsqu'elle s'agenouilla près de la croix et d'ajuster les fleurs. Le jeune homme leva les yeux vers l'édifice moyenâgeux qui se dressait devant lui. A ses yeux, le bâtiment, certes massif et imposant, en particulier grâce à son dôme caractéristique de l'architecture toscane, ne méritait pas l'appellation de cathédrale, cependant il n'avait jamais porté un grand intérêt aux croyances des humains, ce qu'il savait en revanche, c'est que chaque fois qu'une de ses proies implorait Dieu de l'épargner, il finissait toujours par la saigner à mort.

« On peut y aller ? », demanda Alec qui trouvait la situation parfaitement ridicule.

« Oui, c'est bon, c'était important de lui rendre hommage, elle a toujours été là pour moi », Rose rejoignit son garde mais son regard trahissait son esprit encore troublé par l'absence de Carlotta.

« Tu verras avec les siècles, que l'absence d'une personne que tu as côtoyé 15 ans tout au plus importe peu », l'adolescente se tourna vers Alec et le fixa d'un regard noir. « Contrairement à toi, je ne crois pas que l'attachement dépende du temps que l'on passe avec l'autre, ce sont deux notions différentes mais je ne crois pas que tu puisses comprendre, ta capacité à aimer est relativement limitée ».

Le garde cessa de marcher et il attrapa le bras de Rose en prenant garde à ne pas la blesser. La jeune fille regarda Alec avec confusion.

« Qui es-tu pour me juger ? Que sais-tu de moi ? », Le Volturi parlait à voix, son regard sombre ne cessé de parcourir le visage de Rose qui baissa les yeux visiblement mal à l'aise.

« Je suis désolée, Alec », répondit la belle blonde.

« Mais tu as raison, ma capacité à aimer est limitée », dit-il d'un air supérieur, « mais pas inexistante ». Sur ce, il libéra la jeune fille qui observa le garde s'éloigner d'elle. Alec savait comment la troubler, par un mot, une phrase ou un regard.

« Donc tu n'es pas un cas désespéré ? », Demanda Rose une fois à sa hauteur.

« Moins que toi », lâcha-t-il froidement sans daigner la regarder. La remarque sembla blesser la jeune fille, « comment ça moins que moi ? », Alec baissa les yeux et seul ses yeux brillants trahissaient son visage froid.

« Tu es encore une enfant Rose, tu as bien des choses à apprendre avant de pouvoir aimer réellement », la remarque du jeune homme sembla piquer l'angélique humaine.

« Je ne suis plus une enfant ! », s'exclama-t-elle blessée dans sa fierté.

« Mais tu es loin d'être une femme », rétorqua le garde en ricanant.

« Ah, voici l'expert qui parle, et à quoi reconnait-on une femme ?», rétorqua sèchement Rose.

Alec toisa Rose de toute sa stature et l'arrogance de son sourire semblait égaler la taille de son égo, « chère petite Rose, toujours aussi naïve », il prit un instant pour contempler le visage de l'adolescente se fermer de colère, « une femme assume sa sexualité, toi tu acceptes à peine d'être embrassée ».

« Ah ! Bien sûre, une femme assume sa sexualité pourtant c'est toi qui a refusé mes avances tout à l'heure si je ne m'abuse », la colère qui se reflétait dans les yeux azur de Rose était délectable et il regrettait déjà qu'ils ne perdent leur couleur lorsqu'elle sera changée.

« Alec le grand séducteur qui refuse les avances d'une prude jeune fille », Rose sursauta et se retourna pour voir qui venait ainsi s'immiscer dans sa conversation avec celui qu'elle convoitait.

Demetri se tenait là, nonchalamment appuyé contre un mur, laissant son regard moqueur déshabiller la pauvre Rose qui ne put s'empêcher de rougir malgré la haine qu'elle éprouvait à l'égard du traqueur.

Alec savait qu'il était observé par un garde qu'il avait repéré depuis dix bonnes minutes déjà. Il pivota lentement et gracieusement, contemplant l'arrogant traqueur avec toute la suffisance dont il était capable.

« Demetri, tu n'as rien d'autre à faire que d'écouter une conversation privée », lâcha froidement Alec.

« Je voulais simplement m'assurer que Rose allait bien », répondit le magnifique vampire qui ne détachait plus son regard de la belle jeune fille.

« Je n'ai rien à te dire ni à faire avec toi», cracha Rose avec une agressivité qui lui était peu coutumière, surprenant même Alec qui lui jeta un regard en coin.

Demetri se redressa et s'approcha de l'insolente mortelle, « oh, et que dois-je faire pour mériter un peu d'attention de la part de notre adorée princesse à qui j'ai sauvé la vie ? ».

Rose redressa sa tête, toisant Demetri d'un regard froid et haineux, « obtenir mon pardon». Demetri sourit et leva les sourcils en mimant la surprise, « mais de quoi dois-je être pardonné ? ».

Elle sourit innocemment à Demetri avant de répondre candidement, « d'être toi-même ».