Hop ! Le chapitre 9 bien plus vite que prévu (oops, j'espère que ce n'est pas bâclé).

Je tiens à remercier Hilda D pour son soutien indéfectible, saya-sedai, Lucie etFaenaFiliana.

Je vous souhaite une excellente lecture et vous invite à me faire part de vos remarques. Il est important pour moi de savoir ce qui va et ce qui ne va pas afin d'essayer de rectifier le tir !

Carlotta était morte depuis plusieurs semaines et il faisait désormais une chaleur étouffante à Volterra, l'été avait pris ses droits rendant les souterrains frais et humides du Palais particulièrement attrayants. La jeune Rose, soucieuse d'échapper à la chaleur, avait pris l'habitude de se réfugier dans l'immense bibliothèque du château lorsque le soleil était au plus haut et que l'atmosphère de sa chambre devenait étouffante.

La jeune fille était bien seule en effet, peu de temps après qu'Alec et elle ne se soient enfin rapprochés, le garde avait dû être envoyé en mission accompagné de Jane, Demetri et Felix afin de mettre un terme aux agissements d'une horde de nomades qui tentait de lever une armée. L'absence de Carlotta et d'Alec rendait le quotidien de l'adolescente particulièrement solitaire.

L'immense bibliothèque du château avait été refaite à maintes reprises sous l'égide d'Aro et s'illustrait aujourd'hui par son style baroque et ses ornements rococo. L'inscription « yuchs Iatreion », pharmacie de l'âme en grec ancien, était inscrite au-dessus de la porte d'entrée faisant référence aux origines du maître des lieux.

Rose était plongée depuis plusieurs heures dans un grand parchemin écrit de la main même de Marcus. Les notions de latin de l'adolescente étant relativement pauvres et elle ne comprenait quasiment rien à ce qui était écrit sur le papier jaunis mais elle aimait les illustrations faites de la main du vieux vampire. Et pendant qu'elle tentait de déchiffrer les écrits ancestraux, son esprit cessait de se concentrer sur Alec.

« Une beauté qui se cultive », Rose sursauta et se leva brusquement de sa chaise en entendant la voix mélodieuse d'Heidi. La beauté de la jeune femme suffisait à mettre l'adolescente pleine de complexes particulièrement mal à l'aise.

Heidi était exceptionnellement belle, la perfection de son physique était légendaire et inoubliable. Sa stature, son élégance naturelle, sa crinière acajou, tout chez Heidi semblait être fait pour attirer mortels et immortels dans ses filets. Certes, la beauté était un dénominateur commun chez bon nombre de vampires, mais Heidi était largement au-dessus du lot, elle était aux hommes ce que les sirènes étaient aux pécheurs.

« Je t'ai fait peur, je ne voulais pas, j'aime venir ici afin de lire », Heidi s'assit sur une chaise de style baroque, juste en face de Rose.

« Non, non, je n'ai pas eu peur », Rose hésita un instant avant de se rasseoir, « j'étais perdue dans mes pensées ».

« Oh, je peux aisément deviner l'objet ou du moins, le sujet qui te préoccupe », dit la jeune femme en affichant un sourire chaleureux. Rose sentit ses joues se pâmer de rouge mais elle tenta cependant de sauver les apparences, « j'étais captivée par ma lecture ».

« Oh, ta lecture, je vois », Heidi se pencha légèrement en avant et poursuivit à voix basse, « un instant j'ai cru qu'il s'agissait plutôt du souvenir d'un redoutable garde ».

Pendant un instant, l'adolescente fit mine de ne pas saisir de quoi la sculpturale jeune femme parlait mais Heidi maîtrisait mieux que quiconque l'art de la manipulation et, le sourire rassurant de l'énigmatique garde faisait considérablement faiblir la méfiance de Rose.

« Non, enfin, c'est juste qu'Alec est mon ami », la nervosité transpirait de chacune de ses paroles et la manière dont elle jouait avec son pendentif trahissait sa gêne.

Heidi sourit, « tu n'as pas à être mal à l'aise, surtout pas avec moi mais j'ai pu voir la manière dont il te regardait et il est rare que quelqu'un puisse conserver l'attention d'Alec aussi longtemps », en entendant parler de ce garçon qu'elle chérissait, les yeux de l'adolescente se mirent à briller et elle ne pouvait contenir le sourire qui se dessinait peu à peu sur son visage d'ange.

Heidi se redressa tout en prenant soin de ne jamais rompre le contact visuel avec Rose. Aro avait été claire, il fallait qu'elle devienne sa confidente et sa guide. Bientôt, Heidi serait pour Rose la grande sœur qu'elle n'avait jamais eu. La magnifique garde n'avait rien contre l'adolescente, elle ne recherchait pas non plus le pouvoir et n'avait aucune ambition au sein des Volturi. En revanche, ce qu'aimait Heidi par-dessus tout, c'était les intrigues amoureuses. Elle ne connaissait rien de plus divertissant en ce bas monde et Rose était une nouvelle complice, une nouvelle pupille qu'il lui fallait guider sur les sentiers sinueux de l'amour et des plaisirs.

« Je ne crois pas qu'Alec me perçoive comme autre chose qu'une simple amie », répondit naïvement Rose sans se douter que la notion d'amitié était bien étrangère à Alec.

« Et toi tu voudrais être bien plus qu'une amie à ses yeux ? » demanda Heidi qui connaissait parfaitement les désirs de Rose et l'affection éclatante qu'elle portait au jumeau de Jane.

Rose acquiesça timidement, « bien sûre, comment ne pas l'aimer ».

Le visage de l'adolescente s'assombrit un instant en repensant à la conversation qu'elle avait eu avec Alec dans les rues de Volterra, « je crois que je ne suis pas assez enfin je pense qu'Alec n'est pas attiré par moi ».

Heidi saisit la main de la jeune fille dans la sienne comme une mère le ferait avec sa fille, « ne dis pas de sottises, tu es une très belle jeune fille et je doute qu'il ne se soit jamais rien passé entre vous lorsque vous passez toutes ces heures enfermées dans ta chambre ».

« On s'est embrassé une fois mais », Rose hésita un instant se demandant si il était judicieux de se confier à cette inconnue mais cela faisait des semaines qu'elle ruminait et elle n'avait personne d'autres à qui se confier, elle avait besoin de formuler à voix haute les doutes qui ne cessaient de la hanter, « il m'a dit que je n'étais pas une femme ».

Heidi éclata de rire et caressa délicatement la main de la jeune fille, « jeune Rose, il me semble évident qu'Alec te désire mais le cœur d'un homme se conquiert, ce n'est pas quelque chose d'acquis ».

« Mais je ne peux changer la vision qu'il a de moi » protesta la jolie blonde.

« Bien sûre que si, l'amour est comme la guerre, il y a de nombreuses batailles à mener pour se voir victorieux mais la nature t'a dotée d'une arme », Heidi parlait avec confiance et douceur, elle avait captivé l'attention de Rose et n'était pas prête de la perdre.

« Je ne comprends pas, qu'elle arme ? » Heidi fit glisser sa main le long des boucles dorées de Rose.

« La beauté », en entendant la réponse de la jeune femme qui se tenait assise devant elle, Rose ne put s'empêcher de froncer le front signe de sa confusion.

« Comment la beauté peut-elle être une arme ? » demanda l'angélique adolescente avec une candeur presque risible.

« La beauté peut-être fatale lorsqu'elle est bien utilisée », répondit simplement Heidi.

« Sauf qu'Alec pourrait avoir bien plus belle que moi », protesta Rose. Heidi contempla un instant la mortelle qui se trouvait devant elle.

« C'est vrai, il peut avoir et il a eu bien plus belle que toi », la magnifique vampire marqua une pause aiguisant ainsi un peu plus les nerfs de Rose, « mais il est naïf de croire que c'est la seule chose qui puisse attirer durablement un homme comme lui ».

« Je voudrais tant qu'il m'aime », soupira Rose qui ne semblait pas comprendre où Heidi voulait en venir.

« Tu dois comprendre une chose, Rose, Alec est un homme, hors, comme tous les hommes, il est dans notre nature de les aimer, mais nous devons également apprendre à nous protéger contre eux. Contre nos sentiments à leurs égards car tôt ou tard nous serons remplacées », les paroles d'Heidi semblèrent éveiller la curiosité de Rose.

« Ce n'est pas une fatalité », décréta la jeune fille à l'âme fleur bleue.

« Non, mais cette simple possibilité doit nous pousser à nous armer pour mieux nous protéger », renchérit Heidi, « je ne te souhaite pas d'avoir un jour le cœur brisé ».

« Tu as déjà eu le cœur brisé ? », la question de Rose pouvait sembler absurde et il était impensable à ses yeux qu'une femme comme Heidi qui représentait une forme de déesse de l'amour puisse avoir le cœur brisé.

« Plus d'une fois », répondit Heidi devant la stupéfaction de la jeune fille devant elle. La belle rousse marqua une pause et adressa un sourire rassurant à Rose.

« De toutes façons, Alec et moi nous nous sommes embrassés et il n'y a rien eu de plus, il ne veut rien de plus », ajouta la jolie blonde avec agacement et frustration.

Heidi leva les yeux au ciel, « la question n'est pas ce que lui veut, mais ce que toi tu veux », Rose contempla son interlocutrice un instant, « on ne peut pas forcer quelqu'un à nous aimer ».

« Tu parles d'amour, mais avant cela, tu peux faire en sorte qu'il soit dans le même état que toi actuellement », répondit Heidi, « tu crois l'aimer, tu aimes l'illusion de l'amour, ce que tu éprouves actuellement c'est du désir, rien de plus ».

Rose, qui était pourtant tentée de protester, pondéra un instant les propos de son interlocutrice, « peut-être, mais je ne vois pas comment Alec Volturi pourrait se languir de moi, ou du moins je n'ai aucune idée de la stratégie à adopter pour faire en sorte qu'il me désire », Rose s'était remise à jouer avec son pendentif nerveusement. Heidi savait qu'elle avait fait mouche.

« Gardes à l'esprit qu'il doit te désirer, ne te donnes pas à lui sans t'être fait longuement attendre, il doit te mériter », la confusion dans l'esprit de Rose était totale et les remarques d'Heidi était bien loin de sa conception de l'amour mais pour autant, le statut de briseuse de cœurs qu'avait la vampire devant elle la rendait digne d'attention.

« Sauf qu'il sait qu'il m'attire et je lui en ai peut-être donnée trop », la jeune fille ne pouvait s'empêcher de repenser au sang qu'elle avait si facilement offert à Alec.

« Alors ne donnes plus rien, tout se mérite, la moindre de tes attentions doit se gagner au prix de lourds efforts, ce que nous leur offrons de plus cher, nous ne pouvons le leur offrir qu'une fois et tu dois toujours avoir en tête que tu es bien plus qu'une simple enveloppe que l'on peut jeter au flammes après utilisation», Heidi se leva avec grâce, « j'ai un groupe de touristes qui attend dehors mais nous reprendrons cette conversation plus tard».

Rose regarda Heidi s'éloigner, son esprit oscillant entre confusion et excitation. Cette conversation avec Heidi, bien que pleine de promesses, levait le voile sur un aspect des hommes et de l'amour qu'elle avait toujours choisis d'ignorer malgré les sermons de Carlotta et de Sulpicia.

Pendant que la jeune fille pondérait les paroles de son ainée, Demetri devait quant à lui lutter contre l'envie persistante d'arracher la tête d'Alec. Tout ce qui se rattachait à Rose le mettait désormais hors de lui mais ce qui agaçait le traqueur plus que tout était le fait que l'insolente et fragile, très fragile mortelle, semblait ouvertement lui préférer Alec. Il la réduirait en larmes, il la ferait souffrir comme personne, c'était une certitude mais en attendant, le garde devait redoubler d'effort pour conserver sa froideur légendaire face au terrible jumeau.

De son côté, la colère persistante du traqueur à l'égard de Rose inquiétait Alec. Une partie de lui ne cessait de lui crier que Demetri était une réelle menace pour lui et sa protégée.

« Tu es distrait mon frère, est-ce l'humaine qui te préoccupe autant ? », demanda Jane sans ménagement pendant que Demetri et Felix se chargeaient de bruler les corps disloqués qui se trouvaient éparpillés devant eux.

« Tu me sous-estimes, chère soeur », répondit froidement Alec sans détacher son regard du traqueur.

« Pourtant, ta rivalité avec Demetri a pris une nouvelle dimension depuis que tu es chargée de surveiller cette sale », d'un simple regard d'Alec parvint à faire taire cette sœur qui l'adorait tant mais dont la langue tendait à fourcher un peu trop ces derniers temps.

« Je te conseille de t'arrêter là et de rester en dehors de ma soi-disant rivalité avec ce pantin de Demetri », Jane ne répondit rien et reporta toute son attention sur ses gardes.

Alec connaissait la haine presque viscérale que Jane vouait à Rose et il savait que tôt ou tard il lui faudrait trouver un moyen d'apaiser sa chère moitié, mais pas aujourd'hui, aujourd'hui, sa priorité était d'éloigner le traqueur dont l'obsession pour Rose devenait flagrante.