Bonjour, bonjour,
Je suis sincèrement navrée d'avoir pris autant de temps pour écrire et publier ce chapitre mais j'ai eu pas mal de travail et une grosse panne d'inspiration (en particulier au début). Ce n'est sans doute pas le meilleur chapitre mais il permet de relancer un peu l'histoire !
Bonne lecture à tous
Les semaines puis les mois s'étaient écoulés sans que Demetri ne parvienne réellement à se venger de Rose. Il s'était contenté de l'observer dans l'ombre, comme un prédateur attend sa proie. Il l'avait vu évoluer, se métamorphoser sous l'influence d'Heidi. L'enfant était devenue une jeune femme qui s'affirmait et s'imposait au grand désespoir d'Alec qui perdait peu à peu le contrôle sur sa mission et à en croire le comportement du jeune homme, le traqueur était prêt à parier qu'il était en train de tomber sous le charme de l'adolescente. Heidi lui avait expliqué les règles du jeu et la jeune fille écoutait son Maître avec attention et application. Demetri mieux que quiconque connaissait les talents d'Heidi et si Rose parvenait à maîtriser les préceptes dictés par la déesse de l'amour qu'était la plus belle des Volturi, alors elle serait redoutable.
« Cela ne t'insupporte pas de devoir ainsi suivre les consignes d'Aro et être contrainte de passer du temps avec Rose », lança Demetri à Heidi tout en détaillant la silhouette dénudée de la sculpturale jeune femme qui était lascivement étendue sur le lit.
Heidi leva ses yeux de biche vers le garde qui se trouvait appuyé contre la tête du lit, « qui de dit que j'applique les consignes d'Aro ? » rétorqua-t-elle d'une voix suave.
« Tu ne vas pas me dire que tu fais tout cela par charité ? », la moquerie était aisément perceptible dans la voix de Demetri pourtant Heidi choisit délibérément de l'ignorer.
Le traqueur observa un instant son amante enfermée dans son mutisme avant de se lever brutalement, « tu es pathétique Heidi, ta recherche permanente d'affection te conduit aujourd'hui à jouer les guides spirituels pour une gamine, une mortelle qui plus est ! » s'exclama l'arrogant Volturi avant de se rhabiller à la hâte.
« Ce qui est pathétique, Demetri, c'est ton obsession pour cette gamine comme tu dis », fit remarquer la jeune femme tout en laissant ses yeux parcourir délibérément le corps du garde.
Le traqueur leva les yeux au ciel avant de rétorquer sèchement « la vengeance et la distraction qu'elle m'apportera est ma seule obsession, elle, en revanche, m'importe peu ».
Heidi étouffa un rire moqueur, « et pourtant, tu as passé ces huit derniers mois à l'observer et à la détailler ».
Demetri jeta un regard noir à Heidi mais n'ajouta rien, il n'y avait de toutes façons rien à ajouter et lui-même savait qu'il se leurrait si il croyait qu'il n'éprouvait pas une certaine fascination pour Rose. Une fascination malsaine et qui semblait sans cesse vaciller entre haine et admiration.
« Tu refermeras la porte en partant», lança Demetri par-dessus son épaule en ajustant son manteau avant de sortir de sa chambre.
Heidi et lui étaient amis même si leur amitié comportait plusieurs petits bénéfices dont ni l'un ni l'autre ne pourraient se passer pourtant, il n'était pas question de sentiments. Heidi n'était pas la femme d'un seul homme et la fierté de Demetri était légendaire sans compter que les deux vampires étaient trop similaires pour s'imaginer former un couple crédible. Comme lui, elle aimait la chasse, elle aimait jouer avec ses proies en les attirant lentement mais sûrement dans ses filets.
Aro avait convoqué une réunion avec plusieurs hauts-gradés de la garde et Demetri se hâta afin d'arriver à temps. La plupart de ses frères d'armes étaient déjà dans la salle du trône lorsqu'il arriva enfin. Caïus lui lança un regard dédaigneux avant de s'adresser sèchement à lui, « tu crois que tongrade te dispense de ponctualité ? ».
Du coin de l'œil, Demetri pouvait voir Alec esquisser un sourire. La rivalité entre les deux hommes n'avaient fait que s'accroître au fil des mois pour en arriver à une haine mutuelle.
« Veuillez m'excuser, Maître, j'étais occupé et je n'ai pas vue le temps passer », répondit Demetri humblement.
« Honorer une de ses maitresses n'est en aucun cas une excuse Demetri, et oser avancer cet argument est un véritable manque de respect ! », Caïus s'exprimait avec véhémence avant d'être interrompu par Aro, « silence mon frère, n'accablons pas Demetri qui peut faire ce qu'il souhaite durant son temps libre », il adressa un sourire énigmatique à l'attention du traqueur, « nous avons plus important à l'esprit à l'heure actuelle ».
Demetri inclina respectueusement la tête et recula d'un pas avant de se retrouver à la hauteur d'Alec.
« Eleazar a demandé une audience auprès de nous, audience qui lui a bien entendu été accordée, cependant », Aro marqua une longue pause, « nous ne pouvons occulter le fait qu'Eleazar nous a trahi en nous défiant aux côtés des Cullen et je le suspecte personnellement d'être motivé par bien autre chose que la courtoisie ou la culpabilité ». Le regard d'Aro resta posé sur Alec. Le jeune garde savait parfaitement quelles étaient les craintes de son Maître. L'espagnol avait amené Rose aux Volturi et depuis qu'il s'était allié avec les Cullen, Eleazar pouvait très bien avoir décidé de « sauver » la jeune fille. Le Maître et le disciple échangèrent un regard entendu.
« Demetri ! Je ne veux pas d'esclandre avec Eleazar », reprit Aro à l'attention du garde dont l'animosité à l'égard de l'espagnol était connue de tous.
« Vous avez ma parole », répondit l'arrogant vampire avec respect. Depuis la rencontre avec les Cullen et leur armée de fortune, Demetri savait que la dynamique avait changé et que les Volturi avançaient à pas feutrés vis-à-vis de ces adversaires. Il ne savait pas ce que son maître avait vu au travers de l'esprit d'Alice mais cette vision l'avait profondément changé expliquant partiellement l'attachement d'Aro envers Rose.
Lorsque le Maître des Volturi donna congé à l'ensemble de sa garde, Alec se dépêcha dans les couloirs afin de regagner au plus vite les appartements de Rose. La relation entre l'adolescente et le vampire avait profondément changé ces derniers mois et la jeune fille maladroite qui piquait un fard lorsqu'elle voyait le garde avait gagnée en assurance ce qui n'était pas pour déplaire à Alec.
Lorsqu'il arriva devant les portes de la chambre de Rose, Alec entra sans frapper. Rose était confortablement sur son lit, le dos appuyé contre une montagne de coussin, un livre entre les mains.
« Tu sais que c'est un espace privé ici ? », fit remarquer Rose sans même prendre la peine de regarder Alec.
« Et ? », répondit le redoutable Volturi tout en affichant un sourire moqueur, « cela requiert une cérémonie particulière ? ».
« Simplement d'obtenir ma permission lorsque tu veux rentrer », ronronna Rose tout imitant le sourire d'Alec.
« Depuis quand ? », Demanda le garde en reprenant sa coutumière expression froide et blasée avant de s'asseoir sur une chaise qui semblait désormais faire partie de ses possessions. La jeune fille leva les yeux au ciel tout en reprenant sa lecture. Elle savait qu'il allait l'observer un moment et qu'elle feindrait de l'ignorer alors même qu'elle brûlait d'envie de lui sauter dessus mais comme le disait son mentor, il ne fallait rien donner sans avoir beaucoup reçu et Alec n'était pas du genre généreux. Elle savait qu'elle avait rééquilibré leur relation mais Rose était parfaitement consciente qu'entre son indifférence apparente et ce qu'elle ressentait, il y avait tout un univers.
« Que sais-tu de ton arrivée à Volterra ? », Demanda le garde tout en observant attentivement l'adolescente, espérant la voir flancher à cette question qu'il se posait depuis quelques mois déjà et dont il semblait impératif de connaître la réponse peu avant l'arrivée d'Eleazar.
Rose leva ses grands yeux bleus vers Alec, son regard était triste et le Volturi regretta immédiatement sa question, pour autant, il ne laissa rien paraître.
La jeune fille sembla hésiter un long moment avant de répondre, « un garde, Eleazar je crois, m'a amené après m'avoir trouvé ». Alec acquiesça silencieusement, il connaissait l'histoire de Rose, il savait que l'espagnol avait massacré toute sa famille pour l'enlever et gagner ainsi sa liberté.
Rose souleva l'un des oreillers sous lequel était plié le morceau de tissus qu'il l'avait vu serrer dans son sommeil. Alec se leva et marcha vers le lit, il prit l'étoffe dans les mains et en y regardant de plus près, il s'agissait d'une vielle couverture pour enfant.
« Regarde », murmura Rose en soulevant un pan de tissus, « le R doit être pour Rose, en revanche aucune idée de ce qu'est le B ». Alec effleura des doigts les initiales brodées et redonna hâtivement la couverture à Rose qui l'a saisi avec la plus grande délicatesse comme si il s'agissait du bien le plus précieux qu'elle possédait.
« Tu ne devrais pas te raccrocher à ça », fit remarquer Alec qui continuait à fixer Rose, « cela ne t'apportera rien ».
« C'est le seul souvenir que j'ai de mes parents », le garde pouvait entendre la voix de Rose trembler, « de mes vrais parents ».
« ça n'a aucune importance Rose », s'acharna Alec qui se sentait brusquement mal à l'aise.
« Pourquoi ? Pourquoi est-ce que cela n'a pas d'importance ? Tu crois que je ne me demande pas chaque jour en me regardant dans le miroir si je n'ai pas les yeux de mon père ou de ma mère, tu crois que je ne me demande pas qui ils étaient ? », le regard de Rose brûlait avec intensité et Alec, au fil des mois, avait compris qu'il ne la trouvait jamais aussi belle que lorsqu'elle se laisser emporter par ses émotions.
« Tu es belle, c'est tout ce qui importe », en entendant le compliment inhabituel d'Alec, Rose se tut et le fixa interloquée. Le garde esquissa un sourire discret mais triomphant avant de se pencher vers Rose, « et tu seras encore plus belle une fois immortelle », il laissa ses lèvres déposer un baiser dans la chevelure longue et soyeuse de l'adolescente.
Rose ne réagit pas et lorsqu'Alec se redressa et fit mine de tourner les talons, elle le saisit violemment par le bras. Le garde et la belle adolescente se fixèrent intensément, chacun brulant de désir pour l'autre sans qu'aucun des deux n'osent baisser la garde.
« Tu me trouves belle », murmura Rose, « je crois que c'est la première fois que tu me fais un compliment ». La jeune fille ne lâcha le bras du redoutable garde et elle l'attira vers elle. Il aurait été facile pour Alec de se détacher mais il n'en avait aucune envie. Rose se mit sur ses genoux et toute sa silhouette sembla s'étirer à la façon d'un cygne qui tend le cou. Une fois que le visage d'Alec fut assez proche du sien, Rose saisit la nuque du jeune homme de sa main libre et planta un baiser timide sur les lèvres froides du garde. Elle ferma les yeux, consciente qu'elle venait de briser des mois de travail avec Heidi par un simple baiser mais elle estimait que pour la première fois, il l'avait mérité. Alec ne répondit pas à son baiser et le rompit rapidement, Rose ouvrit les yeux et lâcha simultanément le bras et la nuque de celui qu'elle désirait tellement.
« Si je te laisse faire, je ne pourrais pas me retenir », murmura-t-il tout en laissant ses lèvres effleurer le front délicat de Rose.
«Laisse-moi faire», répondit l'angélique Rose avant qu'Alec ne saisisse son délicat visage de ses deux mains froides et meurtrières et ne l'embrasse fougueusement. A lui seul, son baiser témoignait de son impatience et de sa frustration, Rose entrouvrit légèrement les lèvres, donnant à Alec l'autorisation silencieuse qu'il avait tellement attendu.
Je sais que certains trouveront qu'il est dommage de passer aussi vite au-dessus de ces quelques mois, mais j'avais envie de donner un coup de fouet à mon histoire et pas de m'attarder sur des scènes entre Rose et Heidi dans lesquelles l'une explique à l'autre qu'il faut faire poireauter les hommes. J'espère cependant que ce chapitre plaira.
