Boujour J

Je tiens sincèrement à m'excuser de n'avoir pas posté plus tôt mais j'étais littéralement sous l'eau question travail, ensuite mon ordinateur a rendu l'âme puis ce fut ma connexion internet…

Voici donc le chapitre 11 qui j'espère vous plaira. C'est un peu difficile de tout reprendre après n'avoir rien écris depuis presqu'un mois donc j'espère que ce chapitre ne manquera pas de cohérence avec les précédents.

Bonne lecture !

Aro était inhabituellement nerveux et Marcus savait qu'il était inutile de demander pourquoi. Cependant, il ne comprenait pas pourquoi son frère avait accepté de recevoir le traitre, Eleazar. Le leader des Volturi était connu pour sa grande curiosité qui lui avait permise, dans bien des cas, de renforcer les effectifs du clan et d'accroitre sa puissance mais aujourd'hui, ce n'était pas la curiosité qui poussait Aro à recevoir Eleazar, c'était quelque chose d'autre et Marcus ne parvenait pas à mettre le doigt dessus.

« Rassures-moi, Aro, tu comptes bien décapiter Eleazar à son arrivée chez nous ? », s'enquit Caïus sans la moindre trace d'ironie ou d'humour dans la voix. Si Marcus n'aimait guère l'espagnol et ce, bien avant qu'il ne quitte les Volturi, Caïus lui, le haïssait, le trouvant faible au combat et faible dans ses convictions.

Aro se tourna vers son frère et sourit mystérieusement, « pas le moins du monde, nous ne faisons pas massacrer nos invités, ce ne serait pas digne de nous », Caïus leva les yeux au ciel avant de poursuivre, « ce traître va venir fouler notre sol, il va venir nous défier sur nos terres et toi, toi tu ne vas rien faire ! Les Volturi sont faibles mon frère et tu es l'unique raison de notre déchéance ! » S'exclama l'impétueux vampire sur qui la colère semblait prendre systématiquement le dessus.

« Je t'interdis ! », Aro se jeta sur Caïus comme un lion sur son rival et c'est in extremis que Marcus parvint à intervenir.

« Nous devons rester soudés, mes frères, en ces temps difficiles », la voix basse mais ferme de Marcus était la raison même, raison que ses deux compagnons semblaient avoir du mal à entendre.

Caïus et Aro avaient toujours eu une relation conflictuelle qui, si elle s'était apaisée avec le temps, semblait désormais s'embraser à la moindre étincelle et sans le pouvoir d'Aro, sans qui les Volturi n'existeraient pas, Marcus n'avait aucun doute sur l'issu tragique du frère de sa bien-aimée. Sa position, Caïus ne la devait qu'à sa fougue et son adresse au combat mais il avait développé avec les siècles une fourberie propre au jeu politique qui le rendait de plus en plus dangereux. Marcus avait vécu assez longtemps pour sa voir que la destruction d'un état vient souvent de l'intérieur.

Aro et Caïus échangèrent un long regard avant de s'éloigner l'un de l'autre. Marcus avait empêché une nouvelle altercation mais il ne serait peut-être pas aussi rapide la prochaine fois. Le belliqueux vampire toisa un instant Aro avant de quitter la pièce, faisant virevolter son long manteau noir et pourpre d'un geste dramatique et impérieux.

« Ce n'est guère prudent de le provoquer, Aro », les yeux fatigués de Marcus observaient attentivement chaque mouvement effectué par son frère.

« Tu crois que j'ignore notre position ? Tu crois que j'ignore le fait que nous sommes aujourd'hui des faibles aux yeux de nos paires ? » la voix d'Aro tremblait de rage et Marcus se contenta de demeurer silencieux, conscient qu'il était rare de voir ainsi le fondateur de leur clan perdre ainsi ses moyens.

« Eleazar est le seul en dehors de ces murs qui ne connaisse les pouvoirs de Rose », soupira Aro qui se mit à faire les cent pas avant de reprendre, « il sait qu'une fois changée en vampire, Rose pourrait tout à fait inverser le rapport de force et nous rendre à nouveau invincible ».

« Tu penses qu'il veut voir si Rose a été changée ? » demanda l'auguste Marcus à son frère. Aro s'arrêta d'arpenter la pièce de long en large et leva son regard brillant vers son acolyte.

« Je pense qu'il veut même s'assurer qu'elle soit encore en vie », lâcha le chef des Volturi.

« C'est absurde, quel intérêt aurait-il à venir ici et risquer sa vie juste pour cette information », rétorqua Marcus.

« Parce que sa vie avec sa précieuse Carmen pourrait se voir dangereusement menacée si Rose s'avérait être aussi puissante qu'il ne le pressent », répondit Aro en reprenant sa place sur son trône avant de continuer, son regard noir plongé dans celui de Marcus, « je vais le laisser voir Rose, je vais le laisser constater l'attachement de cette dernière aux Volturi puis, je vais le laisser rentrer auprès de son pathétique clan qu'il appelle famille et raconter comment et pourquoi il a lui-même ouvert la boite de Pandore ».

Marcus contempla un instant Aro avant de répondre, « tu es certain que Rose est si fidèle aux Volturi qu'au simple son de ta voix, elle se dressera contre une armée, causant ainsi la perte d'innocents ? Crois-tu qu'elle soit comme Jane ? » la voix du vieux vampire n'était plus qu'un murmure car il savait que ce doute, Aro aussi le nourrissait et ce depuis des années.

Les deux immortels se fixèrent un long moment et un sourire se dessina sur les lèvres du leader, « parfois, je voudrais que toi aussi tu puisses lire dans mes pensées de la même manière que je peux lire dans les tiennes, mon frère », Aro caressa sa tempe droite de son index dans un geste d'une extrême lassitude, « je ne suis certain de rien, elle est un mystère et pour être honnête, je crains que mes ridicules tentatives pour en faire un membre loyal et aveuglément dévoué ont toutes échouées », il soupira avant de reprendre, « Rose est devenue une jeune femme plus têtue et indépendante avec certes plus de caractère, mais est-elle devenue si aveuglément éprise d'Alec et de notre famille qu'elle se sacrifierait pour notre cause ? J'en doute fortement ».

« Que vas-tu faire ? » S'enquit Marcus.

« Faire en sorte qu'elle haïsse tellement Eleazar avant même de le rencontrer que rien de ce qu'il dira ou fera ne pourra la convaincre que la cause de ce pantin ridicule est juste. Si je ne peux la tenir par l'amour, je la tiendrais par la haine », Aro se redressa légèrement et porta son regard vers la porte close derrière laquelle deux gardes étaient postés, « Qu'on aille me chercher Alec ! ».

Alec marcha lentement jusqu'à l'estrade sur laquelle se trouvait les trois trônes. A son grand étonnement, Caïus était absent. Respectueusement, le garde inclina la tête et Aro lui intima l'ordre de s'approcher d'un geste de la main. Un fois en face de son Maître, Alec tendit la main vers ce dernier.

Depuis qu'il avait commencé à fréquenter Rose et particulièrement depuis qu'il s'était mis en tête de se servir de la jeune fille pour sa propre ascension, Alec avait redouté chaque instant où il permettait au chef des Volturi d'entrevoir les recoins les plus sombres de son esprit mais chaque fois, Aro avait semblé ignorer tout cela, comme si le fait qu'il puisse utiliser sa précieuse Rose ne lui importait guère. Aro était un paradoxe vivant, son existence même semblait jonchée de contradictions, il pouvait détruire ce qu'il chérissait le plus et parfois, tendre la main à ceux que les autres jugeaient inutiles. Le garde, bien que connaissant son Maître depuis des siècles, ne parvenait pas à comprendre les sentiments de ce leader charismatique à l'égard de la mortelle. Après tout, n'avait-il pas menacé Alec des pires maux si ce dernier venait à lui faire du mal ?

Pourtant, contrairement aux fois passées, le visage déjà fermé d'Aro, sembla s'obscurcir encore d'avantage. La mâchoire de ce roi tout puissant se serra et son emprise sur la main délicate du jeune homme s'intensifia. La veille, Alec avait volé les dernières lueurs d'innocence et d'enfance de Rose. Aux yeux d'Aro, le jumeau maudit pouvait semble-t-il la manipuler et la voler, mais teinter son innocence ? Ou alors, était-ce la perte de contrôle de ce garde en qui il avait toute confiance et la soudaine domination de sa précieuse fleur qui le perturbait ? Le redoutable garde, malgré sa cruauté, sa froideur et son indifférence, semblait à la merci des désirs les plus profonds d'une adolescente qui faisait une à une tomber les barrières.

Aro prit une profonde inspiration avant de parler d'une voix glaciale et tranchante, « la faiblesse d'une nuit pourrait te coûter ma confiance et pourtant, j'ai encore besoin de tes talent », le garde retira sa main et ne baissa pas le regard, veillant à conserver un visage impassible. Il ne regrettait guère la nuit passée, bien au contraire, mais le sentiment de malaise qu'il ressentait depuis quelques temps n'avait fait que s'intensifier ces dernières heures. Avait-il une conscience ? Cette simple pensée le révulsait.

« Je veux que tu t'assures que Rose déteste profondément Eleazar », Alec leva les sourcils mais ne répondit rien, « tu dois savoir que l'espagnol a massacré sa famille dans le seul but de la prendre et de nous l'amener », fit Aro en reprenant sa place sur son trône aux côtés d'un Marcus qui semblait légèrement plus attentif à ce qui se passait à l'accoutumée.

« Et je dois le dire à Rose ? », demanda Alec.

« Je veux que tu insistes sur le fait qu'Eleazar a agi seul, que nous n'avons jamais commandité un tel acte de barbarie et qu'il a fait tout cela dans le seul but de l'échanger contre sa liberté », poursuivit le Maître de Volterra.

« Et si cela attise sa curiosité ? Ne serait-il pas plus simple de faire en sorte qu'Eleazar et Rose ne se rencontrent pas ? » Demanda Alec.

« Non, Eleazar doit la voir et j'ai mes raison pour cela », répondit Aro en coupant nette toute discussion.

« Quand l'espagnol doit-il arriver ? » S'enquit le garde qui paraissait de plus en plus mal à l'aise.

« Demain ou après-demain », répondit son Maître d'une voix las, « tu as déjà failli ta précédente mission, ne me déçois pas ».

« Failli ? Je parle plutôt d'une réussite », répondit Alec en fronçant les sourcils.

Les lèvres d'Aro esquissèrent un sourire cynique, « ce n'est pas ce que j'ai vu, ce que j'ai vu est un garçon faible qui ne maîtrise plus rien, que vas-tu faire maintenant ? », rétorqua le vampire suprême d'une voix étonnamment calme.

Alec ne répondit rien, il savait parfaitement qu'Aro avait raison et même si dans les faits, il avait plus ou moins fait ce qu'Aro attendait de lui, une erreur de sa part et il perdait Rose à jamais et par là-même, sa place de choix au sein des Volturi.

« Peut-être ne fallait-il pas demander à Heidi de s'insérer dans ma mission », murmura Alec.

« Peut-être ne fallait-il pas que tu essaies lamentablement de te servir d'elle pour asseoir ta position, tu es talentueux Alec, mais ta légendaire fourberie t'aura desservie cette fois-ci ».

Alec salua respectueusement ses Maîtres, il savait que défier Aro ne le mènerait nulle part.

Lorsqu'il fut enfin en dehors de la salle du trône, Alec s'arrêta net le regard fixé au loin.

« Chère sœur, dois-je en conclure que tu t'abaisses désormais à écouter au porte ? », du coin de l'œil, Alec vit sa sœur marcher vers lui.

« Elle causera ta perte, mon frère, tu ne peux pas risquer notre position et nos privilèges pour elle », la voix nasillarde avait vomi le dernier mot. Les deux jumeaux échangèrent un regard froid et complice et Jane glissa sa main dans celle de son frère.

« L'aimes-tu plus que moi ? » Demanda la redoutable Jane à son âme sœur, ce frère sur lequel elle s'était reposée depuis des siècles.

Alec contempla un instant sa jumelle, « non », lâcha-t-il sans sentiment.

Un sourire satisfait illumina le visage angélique de Jane, « bien », répondit-elle simplement.

Le garde dont le nom avait beau faire trembler la plupart de ses paires, savait au fond de lui que la réponse n'était pas si simple et comme si Jane pouvait sentir les doutes et les incertitudes qui habitaient son précieux frère elle ajouta, « tu pourras bien la garder comme maîtresse, comme tu l'as fait avec Corin, mais ne la laisse pas détruire ce pour quoi nous nous sommes battu pendant des siècles, elle ne mérite pas ton affection, combien de batailles a-t-elle remportée ? Combien de vie a-t-elle prise ? Tu vois, elle n'est qu'une insignifiante mortelle dont tu t'es entiché et ce uniquement grâce à Heidi. Remplis ta mission comme tu l'as toujours fait puis redeviens celui que j'ai connu, tu auras l'éternité pour t'amuser avec elle souviens-toi, elle ne pourra jamais t'aimer comme je t'aime »,

« Et je ne pourrais jamais l'aimer comme je t'aime toi », répondit Alec toujours impassible.

Un peu plus d'action est à venir dans les prochains chapitres et surtout, le grand retour de Demetri !

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