Bonjour à tous,

Je reprends l'écriture de cette fiction non sans mal. J'ai plein d'idées mais bien du mal à concrétiser. Ce chapitre n'est pas terrible mais il me remet le pied à l'étrier comme on dit ! J'ai pris en compte vos remarques et vos suggestions j'espère que cela ira.

Bonne lecture !

La chambre jadis si élégante de Rose semblait aujourd'hui avoir été victime d'un bombardement ou plutôt d'une tornade. Alec pénétra lentement dans la pièce, scannant chaque recoin de son regard pourpre. Il connaissait la folie destructrice des nouveau-nés et ce spectacle était aussi coutumier que désolant.

Rose était recroquevillée dans la salle de bain, le regard fixé sur les morceaux éparpillés au sol de son miroir brisé.

« Je veux que tu t'en ailles », siffla la jolie blonde sans même lever le regard en direction de son ancien amant.

Alec ne répondit rien, il s'agenouilla à la hauteur de Rose et dégagea une mèche de cheveux de son visage, « quel dommage que tes yeux aient perdu leur belle couleur, pour le reste, on peut noter une certaine amélioration ».

« Fous le camp d'ici tout de suite ! », Un rictus moqueur se dessina sur le visage du redoutable jumeau.

« ta ta ta, la vulgarité ne te sied guère jolie Rose, la faim non plus visiblement mais rassure-toi, Heidi est partie chasser, elle sera prochainement de retour », en entendant Alec évoquer l'imminence d'un repas, Rose sentit sa bouche se remplir de venin et sans hésiter, elle se jeta sur le redoutable garde qui n'hésita pas à la saisir par la gorge avant de la plaquer au sol tout en la maintenant à terre grâce au poids de son propre corps.

La jeune fille avait une force considérable et Alec se focalisa sur le visage divin et torturé de Rose. Une fumée sombre et menaçante enveloppa le duo mais le garde avait omis un élément essentiel : Rose agissait comme un miroir sur les pouvoirs des immortels.

Les yeux du cruel vampire se figèrent et son visage angélique sembla se crisper à l'instar de tout son corps, il retomba ainsi lourdement sur la frêle Rose qui se dégagea rapidement avant de s'élancer hors de sa chambre à la façon d'un animal en fuite.

Un nouveau-né est semblable à un félin affamé et blessé, il n'agit qu'en écoutant ses instincts les plus bas et primaires faisant fi de tout bon sens. La faim et la soif de sang deviennent des obsessions qui vont jusqu'à annihiler complètement les restes d'humanité qui pourraient encore demeurer dans ce corps sans vie.

En poste devant la chambre de Rose, Felix et Santiago eurent à peine le temps de comprendre ce qui se passait quand la silhouette gracile de la protégée d'Aro s'élança à vive allure dans les escaliers de pierres. Sans hésiter une seconde et utilisant sa force colossale, Felix se jeta sur elle et la projeta au sol en l'agrippant fermement par sa taille fine. Les marches plusieurs fois centenaires volèrent en éclat dans un bruit sourd, alertant ainsi Corin qui sortit en trombe des appartements des épouses. Santiago, lui aussi coutumier de la violence et du caractère imprévisible des nouveau-nés, se hâta de prêter main forte à Felix en saisissant Rose par la nuque afin de lui maintenir la tête plaquée au sol.

« Je vous ordonne de me laisser ! », rugit Rose qui reprenait lentement ses esprits.

« Je n'ai pas d'ordre à recevoir de toi, bichette », murmura Felix à l'oreille de de la splendide jeune femme dont la petite stature pouvait aisément tromper un garde inexpérimenté quant à sa réelle puissance et rapidité.

« Si tu ne veux pas subir les foudres d'Aro, je te conseille vivement de me lâcher !», celle qui fut il y a peu une fleur innocente et pure crachait désormais son venin à la façon d'un serpent que l'on a troublé dans son sommeil.

« Depuis combien de temps n'a-t-elle pas mangé ? », il n'était pas difficile de déceler le mépris de Corin dans sa question.

« C'est un nouveau-né, elle est insatiable », Felix regarda par-dessus son épaule pour voir Alec, appuyé sur la rambarde du dernier étage, observant la scène avec froideur et détachement.

« On peut savoir ce que tu as foutu !? Comment se fait-il qu'elle ait pu échapper au si légendaire Alec ! », Felix ne dissimulait guère sa satisfaction de voir ainsi l'un des gardes les plus redouté se faire malmener par un vampire âgé de quelques semaines à peine.

Sans même se fendre d'une quelconque réponse, Alec dévala les marches jusqu'à arriver à la hauteur du petit groupe.

« Tu étais seul avec elle ? », la jalousie de Corin était légendaire et l'idée que celui qu'elle aspirait à voir retourner dans son lit puisse montrer plus d'intérêt pour Rose que pour elle avait le don de l'agacer profondément.

Felix observait la réaction de la sculpturale garde avec amusement et s'il n'avait pas été obligé de se concentrer sur Rose-la-furie, il aurait volontiers proposé à Corin de remplacer Alec dans la couche de cette dernière.

« Je dois parler à Aro mais il faut l'isoler dans les souterrains », la remarque du garde, si elle satisfaisait pleinement Corin, eut le don de faire exploser un peu plus la jeune Rose.

« Tu me le paieras Alec ! Je te jure que tu me le paieras ! », s'écria-t-elle en fusillant le jumeau de son regard noir et menaçant pendant que Santiago et Felix peinaient à la retenir. Le visage impassible d'Alec laissa transparaître l'espace d'un instant son amusement, il adressa un rictus moqueur à celle qui s'était offerte à lui par le passé puis disparu.

Felix et Santiago échangèrent un regard et simultanément, ils redressèrent Rose avant de la trainer non sans peine hors de la Tour et jusque dans les souterrains du château.

Aro, afin de parer aux problèmes posés par les nouveau-nés, avait fait en sorte d'aménager une salle dotée seulement d'une seule porte et dont les murs étaient si épais qu'il était difficile d'en sortir, même pour un vampire.

La pièce n'était dotée d'aucun éclairage et pour cause, le but était que le nouveau-né n'ait aucune distraction, rien qui ne puisse attiser ses sens. Felix se demandait comment Aro allait réagir en apprenant que sa précieuse était enfermée ici-bas cependant, il était las de monter la garde nuit et jour dans la Tour et se réjouissait de pouvoir vaquer à d'autres occupations.

Lorsque Rose se retrouva seule face à Felix dans ce donjon sombre et humide, elle sentit sa raison reprendre le dessus, « je t'en supplie, ne me laisse pas ici, par pitié », implora-t-elle mais le colosse resta de marbre.

« Plus vite tu te maitriseras, plus vite tu sortiras de ce palace », il fit tournoyer son index en désignant les murs froids et épais et Rose laissa échapper un soupir. Sans demander son reste, Felix tourna sur ses talons et sortit avant de claquer les trois énormes portes blindées qui scellaient la pièce.

« Reste ici le temps que j'envoie d'autres gardes ! », ordonna Felix à Santiago qui acquiesça silencieusement.

La pièce d'isolement se trouvait au bout d'un long couloir sans issus et qui n'était accessible que par un seul escalier creusé à même la roche sombre de Volterra et dont le seul accès se situait à côté de la salle des gardes. Il était techniquement impossible de s'évader de ce donjon pour nouveau-nés sans se faire remarquer.

Pendant que Felix était en train de regagner la salle des gardes afin d'organiser la relève de Santiago, Alec attendait patiemment devant la salle du trône quand Chelsea vint finalement le chercher.

« Je te préviens, le Maître n'est pas d'humeur patiente, une horde de nouveau-nés fait des siennes en Russie », Alec adressa un sourire entendu à la compagne d'Afton.

« J'ai des bonnes nouvelles pour lui », sans donner plus d'explications, le garde pénétra dans la grande salle et vint se présenter aux trois leaders.

« J'ai des nouvelles intéressantes, Maître Aro », Alec parler avec solennité tout en s'inclinant respectueusement, ignorant le regard agacé que Demetri lui lançait.

« J'espère pour toi qu'elles seront à la hauteur des nouvelles inintéressantes que nos frères de Russie viennent de m'apporter », Alec ignora le ton sec de son Maître qui s'avançait vers lui d'un pas lent tout en lui faisant signe de lui donner la main.

Aro saisit la main de son garde dans la sienne et son visage s'illumina soudainement d'un sourire malsain.

« Tu m'apportes la confirmation que j'attendais avec impatience, son pouvoir se développe », la satisfaction d'Aro ne faisait qu'agacer un peu plus le traqueur qui venait de se voir intimer l'ordre de partir avec Jane régler le problème des nouveau-nés et si la perspective de pouvoir faire étale de ses aptitudes au combat et de ses talents de traqueur l'amusait , l'idée de se trouver loin de Volterra sans avoir eu le loisir de voir Rose le mettait hors de lui surtout qu'à en croire la remarque que venait de faire Aro, Alec pouvait lui, accéder aux appartements de la jeune femme à sa guise.

« Peut-on avoir de plus amples explications, mon frère », Caïus ne dissimulait plus guère son agacement et son impatience vis-à-vis de Rose.

« Elle a pu paralyser Alec et le neutraliser avec la plus grande facilité du monde ! », s'exclama le Maître des Volturi tout en frappant dans ses mains d'excitation à l'idée de pouvoir bientôt se venger du clan Cullen, « c'est formidable mes frères, nous reprendrons bientôt place et Carlisle Cullen et son cirque de végétariens grotesques ne seront qu'un mauvais souvenir que le temps effacera et dissipera ».

La jalousie de Demetri laissa place à la stupéfaction en constatant que le grand Alec Volturi s'était fait neutraliser par une gamine et surtout, qu'il n'avait aucune honte à le divulguer aux maîtres.

Peu après le festin, Felix isola une jeune femme d'une trentaine d'années qu'il s'apprêtait sûrement à servir à Rose. Demetri suivit son compagnon d'armes et ami du regard avant de se planter devant lui, « je t'accompagne », lâcha placidement le traqueur à l'attention du colosse, lui indiquant qu'il était inutile de le questionner.

Felix dévisagea ce frère qu'il connaissait mieux que quiconque. Il avait remarqué combien le sujet de Rose était sensible et jusqu'à présent, il avait mis cela sur son illustre rivalité avec Alec mais au fil des semaines, il avait détecté une fougue et une passion chez Rose, un feu semblable à celui qui habitait Demetri et cela l'effrayait autant que cela le fascinait.

« Vous l'avez enfermé dans le donjon », constata le sublime traqueur. Felix haussa les épaules en ignorant le regard inquisiteur de Demetri, « c'est un ordre d'Alec ».

« Et depuis quand tu suis les ordres d'Alec, mon frère ? », Felix s'arrêta net en ignorant les sanglots terrifiés de l'humaine qu'il tenait fermement par le col.

« Depuis que cela va dans mon sens, tu crois que surveiller cette folle furieuse était un plaisir ? », Demetri considéra son acolyte un court instant avant de se remettre à marcher. Lui qui était connu pour sa cruauté et sa froideur n'aimait pas perdre son temps en bavardages inutiles et c'était précisément ce que Felix était en train de faire.

Au bout du couloir sombre, Edric, un garde connu surtout pour ses capacités physiques plutôt que pour son intelligence, s'inclina respectueusement et commença à ouvrir les trois portes donnant accès à la geôle de la jeune immortelle.

Felix devança Demetri et poussa la jeune femme dans la pièce sombre. La misérable n'eut pas le temps de comprendre ce qui se passait que Rose était accrochée à son goût et l'avait vidée de son sang.

Demetri contempla le spectacle devant lui : Très légèrement vêtue, le visage couvert de sang, Rose le fixait à la manière d'un faon, un faon mortellement dangereux. D'un geste élégant, Demetri sortit un mouchoir de soie de sa poche et s'approcha de la jeune femme dont les traits divin et les courbes célestes donnaient mille et une raison au garde de lui voler son cœur et son âme et de la garder pour lui. Alec ne méritait pas d'effleurer des doigts un tel visage ou même de goûter aux plaisirs que pouvaient offrir ce corps parfait et il le tuerait de ses propres mains plutôt que de le laisser lui voler le plaisir de jouir le premier de l'immortelle Rose.

Toisant le garde du regard, la glorieuse jeune fille ne voulait pas se montrer faible face à celui qu'elle considérait comme l'archétype du guerrier fier et redoutable, un talent pur au service d'un ordre au sommet de la hiérarchie.

Une partie d'elle semblait vouloir obéir à des pulsions violentes et destructrices, le tuer ? l'embrasser ?

Demetri essuya lentement le sang qui tâchait son visage. Aucun des deux ne semblait vouloir rompre le silence ou même le contact. Le garde reconnu quelque chose en elle, une lueur qui était autre que celle de la simple folie d'un nouveau-né. Il chercha à capter son essence mais en vain. Même là elle semblait lui échapper, le duper.

Derrière eux, Felix contemplait la scène sans un mot et il sortit de la pièce en intimant l'ordre à Edric de sortir le cadavre de la geôle.

« Pourquoi tu n'es pas venu plus tôt ? », demanda Rose sans émotions.

« Parce que j'ai bien mieux à faire », murmura Demetri avant de tendre son mouchoir tâché à Rose qui le saisit et le serra dans son poing. Le traqueur posa un dernier regard froid et critique sur cette créature à la fois brute et éclatante et tourna les talons en faisant virevolter sa cape.