Magneto n'aime pas cette phrase. Cette phrase qui redonne confiance à Erik et donc plus de force. Il tente désespérément de le convaincre de ne pas écouter Charles mais l'amour est sans doute le sentiment le plus fort qui puisse exister entre deux êtres.
Les deux mutants ne sont pas seulement deux hommes qui s'aiment : ils sont des âmes sœurs. Et la force liant deux âmes sœurs est imbattable.
« Erik, tu es l'homme le plus fort que je connaisse. J'en ai vu des personnes sortir des camps comme toi, qui ont vécu l'enfer là-bas comme toi. Mais rare sont ceux que j'ai vus s'en sortir aussi bien que toi. Alors, si tu as pu survivre à un cauchemar pareil, je crois sincèrement que tu peux affronter et contrer Magneto. »
L'alter-ego négatif de Erik n'aime pas ça du tout. Et il va le faire savoir non sans mal.
Erik est d'un coup pris d'une violente migraine, tombant à genoux sous le regard surpris de Charles.
« Erik, lutte … Tu ne dois pas le laisser te faire du mal de la sorte. C'est toi le propre maître de ton corps ! »
L'allemand lutte intérieurement, Magneto se régalant du spectacle. Il sait que ce pauvre homme ne pourra jamais surpasser un mutant aussi puissant que lui.
Il va mourir, Xavier, si cela continue …
« Je t'aime Erik. Tiens bon. »
Erik est toujours sous l'effet de la douleur, Magneto ajoutant ses souvenirs sombres à la dose de souffrance. Charles ne peut que poser une main réconfortante sur l'épaule de son ami, lui assurant qu'il sera avec lui jusqu'au bout.
Magneto abandonne finalement, pris de court par la résistance de son hôte. Ce dernier reste à genoux la tête baissée essoufflé.
« Tu as réussi, Erik. Je suis fier de toi. » dit Charles en souriant.
Erik lève la tête vers Charles, affaibli et esquisse un léger sourire. Le télépathe lui rend son sourire, content de la défaite de Magneto. L'allemand tente de se relever et finit par s'appuyer contre le mur, épuisé, à bout de forces.
« Tu devrais aller te reposer, mon ami. Tu as beaucoup puisé dans ton énergie vitale. Mais avec le temps, cela deviendra plus simple. Tu verras … »
Erik acquiesce et se traîne jusqu'à sa chambre avant de s'affaler sur son lit. En fermant les yeux, il revoit l'expression de fierté sur le visage de Charles et ses yeux pétillants de joie. Il garde cette image en souvenir pour le plus grand malheur de Magneto.
Charles va dans la cuisine chercher de quoi manger. Il espère fortement que Erik tiendra le coup à chaque fois face à Magneto. Il ne veut plus jamais entendre le ton désagréable de cet autre.
« Charles ? » demande la voix de Raven.
Charles soupire, son moment de joie s'effaçant.
« Quoi, Raven ? »
Cette dernière soupire, optant pour son apparence blonde.
« Tu m'en veux toujours à ce que je vois … »
« Beau sens de l'observation. »
« Tu pardonnes facilement à Erik mais à moi, ta sœur c'est autre chose … »
« Raven, qu'est-ce que tu veux ? »
« Te dire que c'est peut-être de ma faute l'arrivée de Magneto … »
« Comment ça ? »
Raven lui explique alors qu'elle n'en pouvait plus d'un Erik qui lui parlait constamment de lui.
« Donc, tu as tout fait pour qu'une autre identité se crée ? »
« C'est ça … Erik t'aime et Magneto m'aime … »
« Bordel Raven ! En plus d'avoir usurpé mon identité, tu as fait en sorte que Erik tombe amoureux de toi ? »
« Désolée, Charles mais je … »
« C'est pas vrai Raven, merde ! Tu as vu le résultat ? »
« Je ne pensais pas que cela ferait ça ! »
« Mais à quoi t'attendais-tu bon sang ? »
« Je pensais juste que Erik t'oublierait … Mais apparemment non. »
« Tu es … Je ne sais pas comment te qualifier. C'est irrespectueux de ta part. »
Raven laisse des larmes couler. Non, elle ne s'attendait pas à cette réaction de la part de son frère.
« Et évidemment, c'est moi qui dois recoller les morceaux ! » hurle Charles, énervé.
Hank arrive, alarmé par le ton de Charles.
« Il se passe quoi ici ? »
Charles ne répond pas et va rejoindre Erik. Raven explique toute l'histoire à Hank qui réagit de manière similaire.
Erik est endormi, paisiblement. Charles entre doucement dans la chambre et sourit en le voyant. Il le trouve si beau lorsqu'il est calme et assoupi.
Il s'approche du lit et le regarde tout simplement. Sa respiration est lente et régulière et il ne semble pas faire de mauvais rêves. Le télépathe est piqué par la curiosité : de quoi rêve l'allemand lorsqu'il est si calme ? De lui ? Ou d'autre chose ?
Il prend délicatement sa main, pendante au dehors du lit et la caresse doucement. Un sourire se forme sur le visage du maître du magnétisme et ses yeux s'ouvrent lentement. Charles lui sourit tendrement.
« Hey … » dit simplement Erik.
« Hey. Bien dormi ? »
« Oui. Magneto n'a pas aimé mes songes. »
« Vraiment ? »
« Oui. Un peu normal, tu étais dedans … » répond Erik avec un air dragueur.
Charles rougit légèrement, riant nerveusement.
« Et … Je faisais quoi ? »
« Pas grand-chose. Tu me parlais de nous deux. De notre futur. Et de l'école qui ouvrira dans les années qui suivent. »
Le télépathe décolore un peu et sourit.
« Je disais quoi sur nous deux ? »
« Que tu nous voyais mariés … Avec des enfants qui courront partout. Mais ces enfants ne seront pas les nôtres. Ce seront des élèves. De notre futur école, m'as-tu dit. »
« Notre future école … » répète Charles, légèrement ému.
« Mais il ne s'agit que d'un rêve, tu sais .. ? » précise Erik.
Charles acquiesce en soupirant.
« Tu viens de briser le moment … Les rêves deviennent réalité bien souvent … »
« Avec Magneto dans les parages, cela risque d'être compliqué … »
« Pourquoi on en revient toujours à lui .. ? »
Charles lâche la main de Erik, vexé.
« Charles … »
« Je sais bien qu'il est là. Mais on s'en moque de lui, bon sang ! »
Magneto est piqué au vif, n'aimant pas du tout le comportement insolent de Charles, selon lui.
« Charles, arrête de dire ça … »
« Non c'est bon. Dès qu'on parle d'un sujet heureux, il faut que tu dramatises tout à chaque fois en reparlant de ton foutu alter-ego ! »
« Je ne dramatise rien du tout ! Je suis simplement réaliste ! »
« Oui bah range-le ton foutu réalisme ! »
Erik comprend la colère de Charles : il veut simplement qu'ils soient heureux tous les deux.
« Dans mon rêve, tu me disais aussi qu'on se disputerait souvent mais qu'au final … Rien ne nous séparera … » ajoute Erik.
