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Chapitre 1 : La fuite de Murtagh

Plusieurs années plus tard…

Quelques rayons de soleil filtrèrent à travers les rideaux de la chambre, et le jeune homme s'étira doucement. Eragon sorti de sous les draps et se hissa hors du lit. Baillant longuement, il alla ouvrir les rideaux puis resta quelques instants près de la fenêtre, observant la ville depuis le château. Le jour se levait sur Uru'baen, et la population de la capitale commençait tout juste à s'activer. Les rues se remplissaient peu à peu de toutes sortes de vendeurs, chacun installant leur étale de marchandises. Bientôt, la ville grouillerait d'activité. Mais Eragon était bien loin de toute cette pagaille, lui se conterait de répondre aux ordres donnés par le roi, si ce dernier avait besoin de ses services. Heureusement pour le jeune homme, Galbatorix disposait d'autres serviteurs et ne faisait que rarement appel à lui.

Bien évidemment, il suffisait que cette pensée lui traverse l'esprit pour que des coups soient frappés à sa porte. Eragon sorti de sa chambre, traversa la pièce lui servant de salon et ouvrit la porte de ses appartements. Une jeune servante à l'air passablement intimidée se tenait devant lui. Elle s'inclina légèrement en le voyant, et s'adressa à lui d'une voie un peu tremblante.

« Mon seigneur, le roi désire vous rencontrer rapidement. Il demande à ce que vous vous présentiez à la salle du trône dès que possible. »

Eragon soupira. Comment bien débuter une journée... Cela faisait longtemps que Galbatorix n'avait pas eu besoin de ses services, et Eragon se demandait en quoi il pouvait lui être utile. Réalisant que la servante était toujours là, et ne voulant pas paraître impoli, il lui répondit avec un sourire :

« Quel est ton nom ? »

La jeune femme parue surprise par la question, mais lui répondit rapidement : « Eleanor, seigneur. »

« Très bien Eleanor, tu t'es bien acquittée de ta tache, je t'en suis reconnaissant. » Continua Eragon toujours souriant, ce qui eut pour effet de faire rougir la servante qui marmonna quelques mots d'au revoir avant de s'éclipser. Eragon rentra de nouveau dans ses appartements pour s'habiller plus convenablement quand une voie plutôt amusé résonna dans son esprit :

« Toujours un charmeur, mon dragonnier, ça m'étonne que tu sois encore seul avec toutes ces mortelles qui te coure après ! »

« Bonjours à toi aussi, Saphira. » Répondit Eragon à sa compagne d'esprit. Cette dernière continua sur sa lancée, moqueuse :

« Sérieusement, tu es vraiment difficile pour leurs résister, la plupart sont plutôt attirante d'un point de vue humain... » Mais le jeune homme la coupa :

« Peut-être que si tu ne les terrorisais pas dès qu'elles devenaient insistantes, je ne le serais pas, seul. »

Un rire se fit entendre dans sa tête : « Peut-être, » admit-elle de bon cœur « mais ce ne serait pas aussi drôle pour moi ! Les voir toutes trembler puis détaler comme des lapins alors qu'elles faisaient leurs fières devant toi quelques secondes auparavant, je ne m'en lasserais jamais je crois ! »

Eragon sourit devant l'enthousiasme de sa dragonne. Même après sept ans de vie commune, elle arrivait quand même à le surprendre et le faire rire, ce qui était à peu près la seule distraction dans sa vie monotone au château d'Uru'baen. Il chérissait chaque moment passé en sa présence, et ne la remercierait jamais assez d'avoir éclot pour lui quelques années plus tôt. Eragon laissa ses pensées vagabonder un peu, puis revint à l'instant présent :

« Saphira, » commença-t-il « Galbatorix souhaite me voir rapidement, je pense qu'il va nous confier une mission. » Il ne pouvait pas imaginer une autre raison pour laquelle le roi le demanderait. Tant qu'il se tenait tranquille, il était libre de faire ce qu'il voulait.

Saphira grogna de contentement : « Enfin un peu d'action, les dragons ne sont pas fait pour rester enfermés derrière les murs d'une ville ! Je te rejoins dans la cours principale du château Eragon, dépêche-toi. » Et sur ce, le jeune homme la vit s'envoler du refuge aux dragons d'Uru'baen.

Eragon accéléra la cadence et dès qu'il fut près, rejoignit sa dragonne qui l'attendait patiemment. Ensemble, ils déambulèrent parmi les long couloirs du château, saluant quelques nobles seigneurs sur leur passage, jusqu'à s'arrêter devant la grande porte de fer qui menait au trône.

« Prête, amie de mon cœur ? » demanda Eragon. Saphira gloussa doucement :

« Un charmeur, je vous dis ! Un vrai charmeur ! »

Eragon, sourire aux lèvres, posa la main sur le flan de la dragonne, et murmura quelques mots en ancien langage. A ses paroles, la porte trembla et s'ouvrit en grinçant. Les deux compagnons entrèrent dans la pièce en même temps, et Eragon observa l'homme qui les attendait sur le trône en or. Galbatorix se leva en les voyant arriver, se redressant de toute sa hauteur. Il était vêtu d'une tenue où le noir dominait largement, l'ensemble accompagné par une longue cape, noire aussi, qui tombait sur le sol en marbre. De par sa stature, le roi impressionnait, sa seule présence serait capable de mettre au silence n'importe qui, même un dragon. Les cheveux légèrement grisonnant et un courte barbe le faisait paraitre dans la force de l'âge. Une main sur le pommeau de son épée blanche, il paraissait défier quiconque de s'opposer à lui, sous peine d'une mort lente et douloureuse. Mais le plus impressionnant avec Galbatorix était sa voix :

« Eragon, Saphira ! » s'exclama-t-il de sa voix grave, convaincante, qui fit frissonner le jeune dragonnier. « Quel plaisir de vous avoir en ma présence, cela faisait longtemps que je ne vous avais vu. »

Il avait les bras ouverts, comme en geste d'accueil.

« Mon roi, » Eragon s'inclina, de même que Saphira, « vous m'avez fait demander ? »

Le roi se mit à rire et se rassit. Il se mit à tapoter des doigts sur le trône, l'autre main enroulant sa barbe « En effet, je souhaiterais te parler de ton frère. »

Eragon fronça les sourcils, qu'est-ce que son frère avait à voir avec sa convocation ? Reprenant un air plus neutre, il répondit au roi, qui le regardait d'un air amusé :

« Murtagh ? Qu'a-t-il fait, mon seigneur ? »

Le roi ne dit rien pendant un moment, et Eragon et Saphira ne bougèrent pas en attendant qu'il se décide. Finalement, il reprit d'un air las :

« Vois-tu Eragon, au vu de votre héritage, à ton frère et à toi, j'ai toujours vu grand en ce qui vous concernait. » le jeune garçon se tendit, il n'aimait pas que l'on parle de sa famille, trop de mauvais souvenir y étaient associés. Le roi continua sans s'arrêter, « Je n'ai donc pas été surpris quand Saphira a éclos pour toi pour que tu deviennes le premier dragonnier de la nouvelle génération, suivant les traces de ton père. J'ai toujours été positivement persuadé que Murtagh pouvais devenir dragonnier lui aussi, malheureusement les derniers œufs de dragon ont été dérobés avant qu'il ne leurs soit présenté, comme tu le sais bien. Cela ne m'empêcha cependant pas de vouloir un avenir prometteur pour ton frère. Je l'ai donc convoqué pour lui exposer ma vision du futur de l'empire, et comment je le voyais, lui, m'aider dans mon œuvre. Malheureusement, il semblerait qu'il ait choisit un chemin différent, un chemin de lâche. Pas plus tard qu'hier, il s'est enfui d'Uru'baen, et en voulant l'intercepter, les soldats ont tué Tornac le maître d'arme du château pendant que Murtagh s'enfuyait vers le sud. Sur son destrier, il n'est rattrapable que par un dragonnier et son dragon. C'est pourquoi je souhaite que Saphira et toi le rameniez ici, au château pour que je lui apprenne quelques leçons de vie. »

Eragon réfléchissait rapidement, Murtagh s'était enfui vers le Surda de toute évidence. Même s'il ne se sentait pas proche de son frère, loin de la même, mais il ne souhaitait pas que ce dernier se retrouve entre les mains du roi, qui ne sera certainement pas aimable avec lui au vu de la situation. Malheureusement, le roi connaissait son vrai nom et Eragon ne voulait pas que Galbatorix l'enchaîne avec des serments qui l'empêcheraient de désobéir à un ordre direct. Pour protéger sa liberté de mouvement et celle de sa dragonne, Eragon répondit :

« Très bien mon seigneur, quand dois-je partir ? »

Galbatorix eu un sourire mauvais, « Le plus tôt sera le mieux. En fait je pense que tu peux partir tout de suite après, Murtagh doit déjà avoir passé Furnost au moment où l'on parle et je ne souhaite pas le voir atteindre le Surda ou ces minables de Vardens. »

Saphira intervint dans sa tête à ce moment-là, « Je parierais plutôt sur les Vardens. S'il cherche une protection contre nous, le Surda ne le protégera pas, on peut y entrer facilement, ou du moins tu le peux. Tandis que Vardens sont bien abrités dans les Beors et leurs quartier général est difficile d'accès. »

Eragon acquiesça mentalement pour sa dragonne, puis s'inclina devant Galbatorix : « Très bien, je vais préparer mes affaires et nous nous mettrons en route tout de suite après. »

Le roi eu l'air satisfait : « Parfait, volez bien, Eragon, Saphira et ramenez moi ce traître rapidement ». Galbatorix les congédia d'un mouvement de la main et, sur une dernière révérence d'Eragon, dragonne et dragonnier sortirent de la salle du trône.

-oo0oo-

Peu après, Eragon montait sur Saphira et cette dernière, pliant ses jambes puissantes et dépliant ses ailes, s'élança dans le ciel d'Uru'baen. Souriant inconsciemment, Eragon savoura les sensations qui s'offraient à lui. Voler avec Saphira était sans doute le meilleur passe-temps au monde, surtout quand le but du vol était de s'éloigner de la capitale. Les bâtiments défilaient sous eux à grande vitesse, à telle point qu'ils n'étaient plus que taches floues ; et bientôt, ils passèrent au-dessus des murs de la cité.

Fermant les yeux pour profiter du moment, Eragon ne vit pas la forme rapide se dirigeant vers eux, et Saphira n'allait certainement pas le prévenir de l'impact imminent. Eragon ne comprit pas tout de suite ce qu'il lui arriva quand il fut attrapé par des grandes griffes et lâché en plein air. Ne paniquant pas, il ralenti sa chute en usant de sa magie et se posa doucement sur le sol, Saphira arrivant peu après. Eragon leva les yeux pour apercevoir un grand dragon brun atterrir devant les deux compagnons. Eragon soupira un bon coup, pendant que Saphira ne fit pas grand-chose pour cacher son amusement. En effet, du dragon brun descendit une grande elfe, magnifique, aux cheveux châtain. Elle fixa Eragon de ses grands yeux bleus, un sourire en coin accroché aux lèvres :

« Eragon ! Tu ne comptais quand même pas partir sans me dire au revoir quand même ? Qui sais quand tu reviendras de ta mission secrète ! » Fatigué d'avance en pensant à la conversation à venir, Eragon commençait déjà à remonter sur Saphira, qui elle ne semblait pas décidée à bouger. L'elfe reprit en le voyant tenter de s'enfuir, « Oh que non, tu restes là mon chou ! »

D'un mouvement plein de grâce, elle bondit sur un Eragon encore en pleine escalade. Elle atterri sur son dos et tous deux tombèrent sur le sol herbeux des plaines de l'empire. Eragon se retrouva sur le dos, en dessous de son assaillante, il la regarda d'un air ennuyé : « Daellin, ce n'est pas vraiment le moment... » La dite Daellin le regardait avec un sourire de prédateur, et le jeune garçon n'avait aucun doute quant à l'identité de la proie...

« Quoi ? On n'a pas le temps de dire au revoir à une pauvre parjure avide de ta présence ? » dit-elle avec une moue faussement attristée. Eragon se releva, l'elfe toujours attachées à lui, puis la força à le lâcher. Quand il parvint enfin, il était déjà passablement énervé, sentiment que l'elfe paraissait toujours faire remonter en lui. Quand elle fut à une distance de sécurité, il l'observa.

Daellin était l'une des treize parjures à avoir originellement suivi Galbatorix et l'une des cinq encore vivante à l'heure actuelle, sans compter Eragon. C'était la parjure que le jeune homme connaissait le mieux, étant la seule à résider en permanence à Uru'baen, et une des seules personnes que le jeune dragonnier considérait comme une amis en dehors de Saphira. Les êtres immortels étant rares à habiter la capitale, les deux dragonniers ont rapidement fini par se côtoyer. Daellin était une digne représentante du « beau peuple », comme on appelait les elfes. Du moins par l'apparence physique, car de caractère, Eragon avait souvent entendu, par Daellin ou par d'autre, que les elfes avait un sens de l'étiquette et du respect très particulier, ce que l'elfe devant lui semblait abhorrer. Au fil du temps, Galbatorix a souvent envoyé Eragon en mission avec l'elfe, pour que Saphira et lui puissent perfectionner leur entrainement de dragon et dragonnier, et il était donc plus qu'habitué au comportement assez extravaguant de l'elfe, qui se manifestait de plus en plus depuis qu'Eragon était devenu adulte.

Il se décida à répondre à l'elfe insolente qui le toisait d'un air supérieur :

« Désolé Daellin, mais je suis vraiment pressé. La mission qui m'a été confié ne doit souffrir d'aucun délai, et je n'ai pas vraiment envie d'annoncer à Galbatorix que j'ai échoué à la première tâche qu'il me confie à moi seul. »

L'elfe paru redevenir sérieuse, du moins pour quelques instants : « N'aurais tu pas besoin d'aide ? Quoi que tu doives accomplir, ce sera toujours plus rapide si je viens avec toi. En plus, la vie au château est d'un ennui à mourir, » le sourire narquois revint, « et on s'amuse beaucoup plus à deux que tout seul tu ne crois pas ? »

Un grondement sourd retentit derrière Eragon : Saphira éclatait de rire. De petites flammèches bleues s'échappèrent de son museau pendant qu'elle hoquetait d'hilarité. Eragon pendant ce temps-là sentit le haut de ses oreilles tourner à l'écarlate, ce qui n'échappa pas à Daellin dont le sourire s'accentua encore, si cela était possible.

Ignorant leurs attitudes moqueuses, Eragon répondit avec toute la dignité qu'il put rassembler :

« C'est quelque chose que nous devons accomplir seuls, Saphira et moi, et tu ne nous serais d'aucune aide crois-moi. De toute façon, cela ne devrait pas être très long, nous serons de retour dans peu de temps. »

«Si tu le dis, je ne vais pas insister plus que ça,» Eragon, intérieurement, soupira de soulagement, pendant qu'elle continuait, « mais revient rapidement, le château est moins amusant sans toi. » dit-elle avant de se retourner vers son dragon. Eragon se décida à la taquiner un peu, pour se venger de précédemment.

« Allez, tu trouveras surement quelques humains à terroriser à Uru'baen pour t'occuper en mon absence. » dit-il, référant à la façon qu'avaient les habitant de la capitale à prendre peur quand ils apercevaient l'elfe. Cependant, quand elle se retourna vers lui avec la tête légèrement inclinée sur le côté, il eut un léger doute sur la pertinence de son action.

« Surement, mais aucun ne peut être aussi appétissant que toi. » Répondit-elle en regardant ostensiblement le jeune homme de bas en haut.

Eragon rougit de nouveau furieusement, entendant Saphira ricaner dans sa tête, « Ne cherche pas Eragon, elle est plus forte que toi ! ».

Daellin l'observa encore quelques secondes, savourant l'effet de ses paroles, puis lui envoya un baiser du bout des doigts avant de sauter sur son dragon qui s'envola aussitôt vers la capitale de l'empire. Eragon se retourna et fixa sa dragonne d'un air accusateur : « Tu ne pouvais pas m'aider toi ? » dit-il, ne se souciant même pas de parler par l'esprit.

« Et ne pas pouvoir profiter du spectacle, surement pas ! » Répliqua Saphira, toute sourire. « En plus, vous étiez plutôt mignon à vous rouler dans l'herbe ! »

Eragon grommela des paroles incompréhensibles et remonta sur le dos de Saphira, qui en rajouta une couche : «Tu as l'air de beaucoup l'intéresser, la Daellin, quand même. »

Eragon lui répondit hargneusement : « Et pourquoi tu ne la terrorise pas comme toute les autres, hein ? »

« Oulah, je ne pense pas pouvoir la faire fuir, celle-là. Et je ne suis pas sure d'en avoir vraiment envie, je l'aime bien moi Daellin, ça m'amuse beaucoup de la voir te rendre ridicule. »

Eragon soupira encore une fois, mais ne dit plus rien, et les deux compagnons s'envolèrent vers le sud.

-oo0oo-

Eragon et Saphira venait de s'arrêter dans une clairière pour passer la nuit. Ils se situaient actuellement dans la forêt bordant le Tüdosten, et Saphira était parti chasser, laissant à Eragon le soin de de déblayer l'endroit. Le jeune dragonnier laissa ses pensées vagabonder pendant qu'il s'affairait.

Un peu plus tôt dans la journée, Saphira avait atterri dans la cours du palais de Furnost pour qu'Eragon puisse y trouver des renseignements concernant Murtagh. Le gouverneur de la cité lui rapporta que ses soldats avaient repéré un cavalier chevauchant seul vers l'Est en contournant la cité. Eragon était donc reparti avec Saphira dans la direction indiqué, volant quelques heures avant que l'obscurité ne les force à s'arrêter. Le jeune avait beaucoup réfléchi à la façon d'intercepter Murtagh, ce dernier n'ayant surement aucune intention de se laisser ramener à Uru'baen, et il en était arrivé à la conclusion qu'il devrait endormir son frère pour l'emmener sans utiliser la force, ce qui l'attristait. En effet, même si Murtagh et lui n'avait jamais passé beaucoup de temps ensemble, il restait sa seule famille restante.

Eragon soupira en repensant à sa famille, ou plutôt ce qu'il en reste. La mère des deux garçons, Selena, était morte en donnant naissance à Eragon, ce qui a sans doute inconsciemment éloigner ce dernier de son frère. Le fait d'avoir un père comme le leur n'aidant pas non plus. Comme l'avait mentionné plus tôt Galbatorix, leur père était dragonnier, mais peu de gens le savait. Et pour cause, il valait mieux éviter de se proclamer fils de Morzan, premier des parjures, lorsque l'on voulait se faire accepter. S'il y a bien une chose qu'Eragon appréciait dans sa vie, c'était de n'avoir jamais connu son père, au contraire de Murtagh. Le récit des atrocités de Morzan était connu de tous, et l'empire fut satisfait de le voir s'être fait assassiner à Gil'ead peu après la naissance d'Eragon par un inconnu, au service des Vardens. Eragon était reconnaissant envers les rebelles pour ça, même s'ils étaient dans des camps différents.

Peu après, il entendit Saphira atterrir derrière lui, le museau encore légèrement ensanglanté, résultat de sa chasse. Elle alla s'enrouler à côté d'Eragon, qui lui allumait un feu pour se réchauffer. Peu après, le jeune garçon s'asseyait contre le flanc de sa dragonne qui en ronronna de contentement. Pendant qu'il mangeait une pomme, prise dans ses provisions, il entendit Saphira dans sa tête :

« Tout va bien, petit homme ? » demanda-t-elle, sentant son humeur maussade. « Ne t'inquiètes pas trop pour Murtagh, nous le retrouverons. »

« J'espère plutôt qu'il aura atteint les Vardens avant, je ne veux pas que Galbatorix remette la main sur lui... » Avoua le dragonnier à la sa monture bleue. Cette dernière ne répondit pas de suite, prenant le temps de la réflexion. Après un moment cependant, elle dit à son dragonnier :

« Je veux qu'on soit clair Eragon, Murtagh a beau être ton frère, si je dois le ramener dans mes serres pour t'éviter de te faire punir par Galbatorix, je le ferais sans hésiter. Même si aucun des serments nous liant au roi n'est suffisamment fort pour nous empêcher de désobéir, je le ferais. N'oublies jamais, Eragon, que ma priorité est de te tenir en vie. »

Elle fixait Eragon de ses grands yeux bleus depuis le début de sa tirade, ne cillant pas une fois. Eragon sentit malgré lui un sourire naître au coin de ses lèvre, quoi qu'il ferait, quelque soient les décisions qu'il prendrait, Saphira serait toujours à ses côtés. Cela faisait sept ans que c'était le cas, et il n'y avait aucune raison que leur relation change, les deux étant trop profondément liés.

Dragon et dragonnier restèrent quelques minutes en silence, chacun profitant de la présence réconfortante de l'autre de l'autre. Au bout d'un moment, Eragon leva la tête vers sa compagne d'esprit :

« Saphira, as-tu déjà pensé à tout laisser tomber, à t'enfuir loin d'ici ? » demanda-t-il à sa dragonne.

Cette dernière le regarda tendrement : « Oh, petit homme, si tu savais le nombre de fois que je nous ai imaginé ensemble, s'envolant loin des terres connues... Mais tu sais aussi bien que moi que les dragonniers appartiennent à l'Alagaësia et ont un devoir envers elle. De plus, Galbatorix ne nous dérange que rarement si on ne se fait pas remarquer, il a d'autres dragonniers plus vieux à sa botte. »

Eragon acquiesça mentalement : « Tu as raison, mais je doute qu'avec le vol des œufs d'il y a quelques années, la paix puisse être maintenue dans l'empire. Tôt ou tard, nous devront combattre. » Saphira et lui parlaient rarement de ce qui s'était passé dans les plaines d'Uru'baen après le vol, ils ne pouvaient pas se permettre de garder ça à l'esprit quand le roi pouvait lire en eux à tous moments. Si Galbatorix découvrait qu'ils avaient laissé s'échapper les derniers œufs de dragon, les conséquences pourrait être désastreuses.

Saphira renifla : « Qu'ils viennent, ces humains pathétiques, ils ne m'arrivent même pas aux genoux. Les Vardens ne peuvent pas nous vaincre, nous sommes cinq paires de dragon et dragonnier, en plus de nous deux, leur armée se ferait décimer. Et même si les œufs ont éclos, les nouveaux dragonniers ne serait pas suffisamment entrainés, par rapport à nos confrères qui ont étudiés avec Vrael pour certains. »

« Tu sembles oublier les elfes, ma chère dragonne, eux peuvent m'égaler à l'épée. » souligna Eragon, amusée par le dédain de Saphira envers les rebelles.

Saphira ricana, et répondit en montrant son impressionnante dentition : « Epée ou pas, je les avale en une fois, moi ! Ils peuvent rester dans leur forêt ! » Eragon se mit définitivement à rire :

« T'ai-je déjà dit à quel point j'étais content de ne pas être ton ennemi ? » parvint-il à placer entre deux éclats.

« Beaucoup de fois, mais ça fait toujours plaisir de l'entendre, petit homme. » Saphira lui lécha l'arrière de la tête.

C'est sur ces paroles qu'Eragon s'endormit, enfoui sous l'aile bleue d'une Saphira vigilante.

-oo0oo-

Après plusieurs jours de recherche, Eragon et Saphira avaient réussi à repérer Murtagh près des Beors. Ce dernier s'était engouffré dans une vallée entre deux montagnes, en suivant une rivière semblant se diriger à l'intérieur de la chaîne.

Le dragonnier avait dû alors faire face à un problème insolvable, en effet Murtagh avait disparu dans la forêt bordant la rivière, et n'était donc pas repérable depuis le ciel. Saphira et Eragon avaient tourné en rond pendant un bon moment, avant que le jeune homme se décide à tenter autre chose :

« Ecoutes Saphira, cette vallée semble se terminer en cul de sac, on peut le voir depuis ici, la chute d'eau en est la fin » avait-il dit quand Saphira commençait à fatiguer « si il veut sortir de cette endroit, il n'y qu'un seul passage. »

« Tu as raison, petit homme, il sera obligé de passer devant nous si nous campons devant l'entrée de la vallée »Saphira s'était donc dirigée vers l'entrée de la vallée, où les deux compagnons pourraient se reposer avant de reprendre les recherches. Cependant, après deux jours d'attente, Murtagh ne s'était toujours pas montré.

Le lendemain, Eragon pris la décision de rentrer dans la forêt pour trouver son frère. Saphira avait alors vivement protesté, arguant qu'elle ne pouvait pas se déplacer parmi les arbres et que sans elle, le dragonnier attirait les ennuis. Eragon l'avait convaincu en lui disant que c'était leur meilleure chance de trouver Murtagh rapidement, et éviter de subir le courroux du roi. Sa dragonne, de mauvaise humeur, lui avait alors donné une demi-journée pour revenir, menaçant de réduire la forêt en cendre s'il n'était pas dans les délais.

...

Eragon gloussa au souvenir de Saphira le jetant littéralement à l'orée de la forêt, en colère contre lui. Il déambulait depuis quelques temps entre les troncs quand il aperçut les restes d'un campement dans une petite clairière près du grand lac marquant la fin de la vallée. Il s'approcha des vestiges d'un feu, s'accroupit et toucha les cendres du bout des doigts. Au vu de la température de ces dernières, le campement devait être plutôt récent.

Il venait tout juste de se relever quand il sentit le froid d'une lame appuyée sur sa nuque. Le dragonnier s'immobilisa, tendu, et écouta la voix de son assaillant :

« Ne bouge pas, si tu tiens à la vie. »


Tadaaaaa !

Comme d'habitude, commentez moi ça ! Conseils, critiques, je prend tout !

On introduit un petit OC qui interviendra plus tard dans l'histoire, et on parle un peu de Murtagh. Dites moi ce que vous en pensez, je vous écoute et prend tout en compte, comme je suis plutôt nouveau dans le milieu ;)

Je tiens par contre à vous prévenir, je ne vais pas poster tous les jours, je suis en période d'examens, donc je pense que le prochain chapitre sera pour dans deux bonnes semaines. Si vous voulez vous plaindre, faites le dans les reviews ! (je rigole hein ;) )

Voila, je pense avoir tout dis. ( Fav and Follow ? Haha je suis un rapace ;) )

Alors bisous, et à la prochaine !

Alex