Salut tout le monde ! J'espère que vous allez bien et que vous avez hâte de lire ce chapitre !

Nous remercions tous nos supers lecteurs (lectrices en majorité) ! Merci donc à Dabede Dabeda, Elenna-Hellenika, Valentine2905, Alaiis, Pandelfique, Mag, Ornithorynquement moi, Groupie of Vador, Lizzia0901, Annabet Lovegood, Rosevalyne, Stilandra Black, Amazaria et Juju !

Nos revieweuses anonymes, je vous renvoies vers le forum pour lire la réponse à vos reviews : cellesqui . forumactif t36-reponses-aux-reviews-anonymes-du-chapitre-18-celle-qui-sympathisait-avec-le-sapin (en oubliant pas d'enlever les espaces !)

Si je puis me permettre de vous conseiller un fond sonore, du style, le soundtrack de HP 7, la bataille de Poudlard ... Vers la moitié/le quart du chapitre.

Sur ce, je vous souhaite une bonne lecture !


CHAPITRE XVIII

Celles qui eurent un nouvel an difficile

Bien avant les derniers coups de minuit et bien loin de Londres où Morgane embrassait passionnément Regulus, Kathleen et Gideon marchaient main dans la main sur la place St-Marc, admirant la tombée de la nuit sur le paysage si particulier de Venise. Malgré la température proche de zéro, la place grouillait de vie et de musique. Kathleen, ayant découvert un sort qu'elle appliquait directement sur le tissu de ses créations pour garder la chaleur, ne souffrait guère du froid malgré sa robe.

La soirée était parfaite, Gideon l'avait amené dans un grand restaurant, si grand et si beau que Kathleen aurait pu pleurer rien qu'en voyant le hall d'entrée. Et que dire à propos de la nourriture ! Gideon s'était surpassé pour cette soirée.

- Dis-moi ... Comment tu voyais ta vie avant de venir en Angleterre? Lui demanda-t-il alors qu'ils déambulaient à présent dans les rues.

Kat fût surprise par sa question mais ne laissa rien paraitre et réfléchit un instant :

- Et bien... Très différente de celle que je vis maintenant, pas de doutes à avoir là-dessus! Je suppose que... j'en sais trop rien, avec Morgane il a toujours été question de partir à l'aventure une fois que nous n'aurions plus Mamie Nova. Mais je t'avoue que l'aventure c'était plus le délire de Morgane ... Moi j'aspirais plutôt à une vie calme. Bien sûr, la vie qu'on mène est tout sauf calme mais ça ne m'empêche pas d'en apprécier chaque instant! Répondit la jeune femme en souriant.

La réponse sembla satisfaire Gideon qui lui rendit son sourire avant de passer son bras par dessus ses épaules pour la rapprocher de lui.

- Pourquoi cette question ? Demanda la jeune femme, intriguée.

- Je sais que les temps sont durs, mais je voulais être certain que tu aimais la vie qu'on mène, tous les deux ...

Il resta un instant silencieux avant de reprendre, le regard obstinément fixé devant lui, comme s'il était gêné de ses aveux.

- J'ai conscience que certaines choses te peinent, même si tu n'en parles pas ... Je vois souvent ton regard mélancolique et le doute dans tes yeux ... Parfois, je me réveille la nuit et je te cherche à tâtons, en me demandant si tu es toujours là ...

- Gideon ... Souffla Kathleen, surprise et peinée.

- Tu es la plus belle chose qui me soit arrivée depuis longtemps, Kathleen, dit-il en souriant. C'est pour ça que j'ai parfois l'impression que tu es irréelle ...

Kat sentit sa gorge se serrer. Oh, elle était consciente d'être importante aux yeux de Gideon, mais à ce point? Méritait-elle tant d'amour de sa part ? Elle avait l'impression qu'à ce moment même tout était parfait, lui, le cadre ... Était-elle vraiment à la hauteur de tout ça? La jeune femme aurait voulu lui dire combien ce qu'il lui disait la touchait mais elle n'était pas bonne pour les déclarations.

- Je suis là et je ne vais nulle part, dit-elle finalement en lui caressant la joue.

- Je l'espère, je l'espère vraiment, soupira-t-il en l'attirant vers lui pour l'enlacer avec délicatesse.

Elle sentit l'émotion dans sa voix.

- J'ai vu tant de personnes que j'appréciais partir ou mourir dans cette guerre ... les uns après les autres ... souffla-t-il dans son cou. Je ne pourrais pas supporter de te perdre toi ...

- Et c'est pareil pour moi, Gideon. C'est pour ça que je ne veux plus que tu joues les héros bêtement en dépit du danger, expliqua-t-elle en essayant d'être calme. J'aime la bravoure que tu as en toi et je sais que tu penses que c'est ton devoir, que tu dois venger ceux qui sont tombés ... Mais mort, tu ne serviras à rien, tu entends ? Réfléchis avant de te jeter dans la gueule du loup, à l'avenir !

- Mais ! Protesta-t-il en relâchant son étreinte.

- Pour moi ... S'il-te-plaît ...

- Bien, soupira-t-il. Je te promets de ne plus jouer "bêtement" les héros ...

- C'est un bon début, tête de mule ! Sourit-elle en se replaçant à ses côté pour recommencer à marcher, se fondant à nouveau dans la foule.

- Je ne suis pas une tête de mule, grommela son petit ami.

- Mais bien sûr.

Un silence confortable s'installa pendant que les deux sorciers appréciaient la vue qui s'offrait à eux. Kathleen était vraiment ravie que Gideon ait fait tout ça pour elle et encore, ravie était faible. Jamais auparavant elle ne s'était sentie si importante pour quelqu'un, si aimée. Elle ne savait pas comment l'en remercier ! La voix de Morgane raisonna dans sa tête, lui proposant une idée indécente et elle la fit taire immédiatement, bien que ses joues se colorèrent de rouge. Elle pensa soudain à quelque chose. Ce n'était pas grand chose, comparé à tout ce que lui faisait pour elle mais ... Peut-être qu'il était temps de le lui dire...

- Gideon? L'interpella-t-elle.

- Hum? Fit-il en tournant son visage vers elle.

- Je t'aime.

Gideon s'arrêta de marcher, surpris. Il ouvrit la bouche, la referma avant de recommencer son manège encore et encore tandis que ses yeux s'écarquillaient.

- Je peux savoir pourquoi tu fais cette tête ? Se vexa Kathleen en le voyant faire le poisson hors de l'eau. Ce n'est pas la première fois que je te le dis quand même !

- C'est vrai, concéda Gideon qui avait maintenant un sourire éclatant. Mais tu ne le dis en général que lorsque ça ne va pas, qu'il y a un problème ou que tu as fais un cauchemar ... C'est la première fois que tu le dis spontanément ...

Kathleen rougit doucement, regardant ailleurs. Elle était consciente de ne pas être très démonstrative, mais Gideon ne s'en était jamais plaint. Il semblait comprendre par ses gestes et ses attentions toute l'affection qu'elle lui portait. Du moins, l'avait-elle cru ...

- Mais tu en doutais ? Ne put-elle s'empêcher de demander.

- Pas un instant. Même si ma mère a tenté de me mettre le doute, plaisanta-t-il.

Le visage de Kat s'assombrit immédiatement, ce que son petit ami ne manqua pas de remarquer.

- De quoi? Demanda Kat en serrant la mâchoire, les sourcils froncés.

- Euh, non rien.

- Gideon, gronda la jeune femme. Qu'est-ce que ta mère a raconté sur moi cette fois?! Que j'étais juste intéressée par ton argent et ton statut ? Que je voulais m'élever dans la société?

- Quelque chose dans le genre oui, répondit l'auror d'une petite voix, sentant l'orage arriver.

- J'en reviens pas, soupira-t-elle en se calmant. Heureusement que tu n'y crois pas... Tu n'y crois pas, pas vrai? Demanda-t-elle en le regardant du coin de l'œil.

- Bien sûr que non! Enfin, Kat, tu sais très bien que je m'en fiche de ce que ma mère pense de toi. Bien sûr j'aimerais bien qu'elle t'apprécie, mais je suis sûr que ça viendra!

- J'en doute sincèrement, soupira à nouveau la jeune femme qui avait abandonné l'idée de plaire à la mère de son petit-ami depuis pas mal de temps maintenant, personne n'était assez bien pour son fils ainé, et surtout pas elle.

- Elle apprendra à t'aimer, j'en suis convaincu ! Tu as déjà conquis Molly, Arthur et les enfants, et je ne parle même pas de Fabian, rit le roux. Même mon père t'adore !

- Et je les aime aussi, tu le sais bien, c'est pas la question ! Sourit tristement Kathleen.

- C'est quoi le problème ?

- Rien.

- Kat, insista le jeune Prewett en la forçant à s'arrêter pour qu'elle le fixe dans les yeux.

- Je me demande si ta mère n'a pas raison ... Je ne suis pas intéressée, ce n'est pas ça ! S'empressa-t-elle d'ajouter devant la mine perplexe de son petit-ami. Mais c'est ce dont j'aurais toujours l'air aux yeux de vos proches. Une orpheline, une étrangère ... Et une née-moldue, par dessus le marché !

- Ne sois pas bête ! Tu es toi, et peu importe ce que les autres en pensent. Tu es celle que j'ai choisi, que je veux à mes côtés ... Et je veux que tout le monde sache que tu es à moi et que je suis à toi ... Ce que j'essaie de te dire, Kathleen, depuis tout à l'heure ...

Alors qu'il hésitait sur les mots à employer, la jeune femme eut soudain un mauvais pressentiment, une angoisse sourde monta en elle. Elle avait peur de ne comprendre que maintenant à quoi rimait tout ça ... Venise, le restaurant, ces questions sur son avenir, sur leur couple ... Elle le vit alors passer sa main à l'intérieur de sa veste pour atteindre la poche intérieure et attraper quelque chose mais un cri strident retentit soudainement et le monde sembla se figer autour d'eux pendant un instant avant que la panique ne s'installe.

Des hurlements se mirent à s'élever partout autour d'eux et Kat aperçut de la lumière un peu plus loin qu'elle identifia sans peine comme des sorts. Ni d'une ni deux, elle sortit sa baguette magique et vit Gideon faire de même, son visage affichant soudain une mine sérieuse et dure, tellement en contraste avec l'amour qu'elle y avait lu, quelques secondes plus tôt.

- Ils savent qu'on est ici, lui dit-il. Va te cacher.

- T'as oublié ce que tu m'as promis tout à l'heure? S'indigna-t-elle.

- Kathleen ... soupira son petit ami en fermant un instant les yeux, comme pour éviter de s'énerver. Okay, céda-t-il à contrecœur. Il faut qu'ils nous voient sinon ils vont massacrer tout le monde, on se bat un peu en attendant les renforts. Je vais envoyer un patronus au bureau des aurors italiens ! Lui expliqua-t-il à toute vitesse, formant déjà un patronus avec sa baguette.

- Bordel, comment ils ont su qu'on était là et pourquoi nous ? Jura Kathleen en métamorphosant sa robe de soirée en une tenue plus confortable pour un combat, pendant que Gideon finissait d'envoyer son appel à l'aide.

- Ma tête est bien connue et j'ai arrêté un mangemort la semaine dernière, grimaça-t-il. Ces enfoirés doivent sûrement avoir un espion au service qui gère les portoloins, ils ont du voir ma demande pour ce soir ! Dit-il en envoyant son patronus.

Les cris d'horreur se faisaient de plus en plus proches, faisant battre le cœur de la jeune femme d'une angoisse sourde. Kathleen jeta un regard alarmé à Gideon. Gideon qui allait sûrement demander sa main, quelques minutes auparavant. Aurait-elle accepté sa demande s'il avait eu le temps de la faire ? ... Non. Certainement que non ... Elle ne se serait pas sentit prête, malgré l'amour qu'elle avait pour lui. Mais en entendant ces cris, en voyant les cadavres au sol, en imaginant Gideon à leur place ...

- Ils arrivent, lança froidement l'auror, le visage dur, le corps en alerte.

Il ne ressemblait plus à l'homme qu'elle connaissait. Devant elle, c'était un guerrier, un soldat qui s'apprêtait à combattre à mort, s'il le fallait. Tout son être semblait crier vengeance et désolation. Il se dégageait de l'homme en face d'elle une froide détermination, que donne l'habitude. Elle se demanda combien de spectacle morbide cet homme avait vu dans sa vie ... Combien d'être chers avait-il serré dans ses bras alors que la vie quittait leurs yeux ?

Il tourna son regard grave vers elle, la suppliant des yeux de fuir loin de la mort et l'horreur qui les attendait.

- Ensemble, annonça Kathleen en ne quittant pas son petit-ami du regard, comme pour le graver à jamais dans sa mémoire ...

Il hocha la tête et ils s'élancèrent dans la rue principale où le massacre avait lieu, alors que la raison aurait dû les pousser dans n'importe quelle direction plutôt que celle-ci.

Lorsqu'elle aperçut la scène qui s'offrait à eux, Kathleen ne put s'empêcher d'avoir un haut le cœur face aux corps qui jonchaient le sol. Alors c'était ça que Gideon et les autres voyaient en mission ? C'était ça que Morgane voyait tous les jours à l'hôpital? La mort, la désolation, la terreur ... Elle se rendit compte que Gideon avait bien raison, elle n'était pas faite pour ça. Personne n'était fait pour ça ... Ce genre de combat .. Elle se promit de ne plus réclamer de missions de terrain, si elle s'en sortait vivante.

Cependant, elle était là et il était de son devoir de combattre aux côté de Gideon. Elle leva donc sa baguette et commença à attaquer, en synchronisation avec son petit ami. Tout allait à une vitesse impressionnante et même si elle peinait à garder le rythme elle se rendait compte que ses entrainements avec ses amis aurors avaient porté leurs fruits. Son niveau n'était pas comparable à celui des mangemorts mais elle réussissait pour le moment à rester en vie et même à détourner leur attention par moment avec certains sorts complexes et une agilité qu'elle ne pensait pas avoir.

Elle avait essayé tant bien que mal de rester près de Gideon, pour qu'ils puissent s'assurer mutuellement leurs arrières, mais les combats et les corps au sol les avait contraint à s'éloigner. Alors qu'elle cherchait une tignasse rousse du regard, elle se retrouva soudain en proie à un mangemort dont le regard ne lui était pas inconnu, réalisa-t-elle en voyant des yeux noirs sombres et sournois briller à la lueur des sorts.

- Rosier ! Siffla-t-elle en esquivant un énième sortilège de torture.

Il retira son masque avec un sourire en coin, fit mine de la saluer avant de lancer une nouvelle attaque.

- Je suis flatté que tu me reconnaisses même avec un masque, ricana-t-il. Mais je me souviens également de toi, ma jolie sang-de-bourbe ! Je suis très déçu que mon poignard n'est pas achevé ton bien-aimé lors de notre dernière rencontre, souffla-t-il en esquivant la multitude de sort qu'envoyait Kathleen sous le coup de la colère.

Il fallait qu'elle se calme, se gronda-t-elle en se jetant à terre pour éviter un sortilège de magie noire. Si elle paniquait, elle allait commettre des erreurs, pensa-t-elle en se relevant rapidement pour ne pas rester en joue face à son adversaire.

- Pas aussi mauvaise que je le pensais, sourit le mangemort, les yeux brillants, mais ce n'est toujours pas assez, conclut-il en jetant un sort que Kathleen ne put éviter que de peu tellement son mouvement était fluide.

Elle sentit cependant une intense douleur dans son flan droit et poussa un juron en posant sa main libre sur ses côtes. Elle remarqua avec horreur qu'elle saignait, pas abondamment, mais suffisamment pour que cela puisse sérieusement l'handicaper si le combat durait trop longtemps. La blessure réduisait déjà légèrement ses mouvements.

- Alors? C'est déjà fini? Demanda Rosier en inclinant la tête sur la côté, sa baguette baissé.

Il s'amusait avec elle? Il ne semblait absolument pas la prendre au sérieux, comme lors de leur première rencontre.

- Pas bien bavarde on dirait, soupira-t-il.

- Tu voudrais qu'on parle de quoi? Ta petite soeur? Proposa-t-elle, les dents serrées, sa baguette levée.

Le mangemort fronça les sourcils, ne plaisantant plus. Kathleen en profita pour enchaîner des sorts, espérant finir au plus vite ce combat pour retrouver Gideon et fuir loin du champ de bataille. Mais Rosier semblait soudain déterminé et avec horreur, alors qu'elle esquivait un Stupéfix, elle vit l'éclair rouge la frapper. La douleur fut telle qu'elle sentit ses jambes lâcher. Kathleen avait si mal qu'elle avait l'impression que respirer était une véritable torture. Aucune pensée cohérente ne lui venait à l'esprit. Il n'y avait que la douleur. Toujours plus forte. La douleur et Gideon. Gideon qu'elle entendait hurler, au delà de ses propres cris.

Soudain, des pieds arrivèrent dans son champ de vision et la douleur faiblit. Elle sentit soudain la froideur d'une lame contre sa gorge.

- Que sais-tu à propos de ma sœur ? Siffla son agresseur en pressant son poignard contre sa peau, faisant couler un fin filet de sang.

- Va te faire foutre ! Cracha Kathleen, furieuse.

- Mauvaise réponse, souffla le mangemort à son oreille en appuyant toujours plus sur sa lame.

- Je-je... Balbutia-t-elle en cherchant quelque chose à dire puisque de toute évidence la parole était à présent son seul échappatoire.

Elle ne pouvait lui dire qu'elle savait à propos de l'infidélité de Léonide, il allait la tuer encore plus vite.

- Tu-tu quoi? Se moqua-t-il en l'imitant.

Kathleen tenta de bouger discrètement son poignet pour attraper sa baguette magique qui lui avait échappé lorsqu'elle était tombée mais le mangemort immobilisa son poignet et le lui tordit si brusquement qu'elle le sentit craquer sous la force du mouvement, lui arrachant un cri de douleur.

- Je te déconseille de parler de ma sœur, à part si tu veux que l'on parle de la tienne, de sœur, cracha-t-il en appuyant légèrement plus fort sur sa gorge avec sa lame, entaillant un peu plus la peau de la jeune femme qui commençait à voir des points noirs danser devant ses yeux.

- C-c'est une menace ? Demanda-t-elle en tentant de le fusiller des yeux malgré la douleur. Tu n'as pas intérêt à toujours un seul de ses cheveux !

Il eut un rire amusé.

- Tu n'es pas vraiment en mesure de m'interdire quoique ce soit, siffla-t-il. Mais revenons au sujet qui m'intéresse, dit-il en redevenant sérieux. Tu n'as pas parlé de ma sœur par hasard, que sais-tu ? Dit-il en appuyant si profondément sur la lame que le sang commença a couler de plus en plus abondamment.

Kathleen était tentée de lui dire que Léonide n'était qu'une trainée, mais elle ne donnait pas cher de sa peau ... Il fallait qu'elle gagne du temps. Tant que Rosier se posait des questions, il ne l'achevait pas.

- Tu as vraiment l'air de vouloir cacher quelque chose sur ta sœur, lança faiblement Kathleen en lui offrant un sourire assez peu convainquant, mais sa tête tournait affreusement et ses oreilles bourdonnaient.

- Réponds-moi où je fais couler ton sang impur sur les pavés, siffla-t-il.

- C'est déjà ce que tu fais, abruti, murmura-t-elle en ayant l'impression d'être au bord de l'inconscience.

- Peu-importe ce que tu sais, finalement, tu ne pourras pas aller le répéter, de toute façon, annonça-t-il avant de disparaitre soudainement de son champ de vision.

Kathleen cligna des yeux plusieurs fois, perdue et porta sa main à sa gorge, faisant pression pour stopper le sang qui s'échappait de sa plaie. Quelques secondes plus tard, Gideon apparut devant elle, le visage couvert de sang, une longe entaille lui barrant la poitrine et son épaule visiblement déboitée.

- Il faut partir, des sorciers Italiens sont venus pour défendre la ville, dit-il tellement vite qu'elle eut du mal à suivre.

Kathleen se redressa, vacilla un instant sous le coup de la douleur sourde de son corps, mais réussit à se remettre sur ses pieds, honteuse de faiblir si facilement alors que Gideon, blessé et ensanglanté, se tenait fièrement sur ses pieds, protégeant leurs arrières alors qu'ils s'enfonçaient dans les ruelles de la ville.

- Il faut qu'on trouve une cheminée, je ne suis pas capable de transplaner sur cette distance, souffla l'auror dans leur course folle.

La jeune femme acquiesça silencieusement, incapable de détacher son esprit de la douleur qui commençait à irradier de plus en plus sur son flan droit, là où le sort de magie noire de Rosier l'avait touché et des cris déchirants qui se faisaient plus lointain, à mesure qu'ils s'éloignaient du combat. Elle n'avait qu'une envie : fuir loin de tout ça, de cette horreur, de ces corps inertes d'enfants qu'elle avait aperçut sur la place ... Et d'un autre côté, elle se donnait envie de vomir d'être si lâche, si faible. Gideon n'aurait pas fuit si elle n'avait pas été là. Il serait resté se battre. Courageusement.

En entendant un bruit de pas vif dans la ruelle adjacente, elle sentit son cœur s'arrêter l'espace d'une seconde, alors que sa main serrait toujours plus fort sa baguette.

- Il y en a une dans cette maison, dit-elle précipitamment, en remarquant la forme qui s'élevait du toit d'une maison, de l'autre côté du pont.

Ils se hâtèrent de le traverser et coururent vers la demeure qui ne dégageait aucune lumière.

- Elle est vide. C'est parfait, dépêchons-nous, ce connard de Rosier nous a suivit, lança Gideon en déverrouillant la porte d'un coup de baguette magique.

Les deux sorciers pénétrèrent dans la maison à toute vitesse, verrouillant la porte derrière eux. Gideon sortit une petite bourse de sa poche et la tendit à Kathleen sans rien dire mais alors qu'elle s'apprêtait à protester pour lui dire de passer en premier, repensant à ses visions, il leva les yeux au ciel:

- Prends-en une poignée et ne discute pas, tu crois que c'est le moment de faire l'enfant Kathleen?! S'énerva-t-il, la mâchoire serrée et les traits durs.

La jeune femme s'exécuta à contrecoeur, sachant très bien qu'il ne changerait pas d'avis et qu'il faisait plus le poids qu'elle contre les mangemorts.

- Je serais là dans une minute, l'entendit-elle dire lorsque les flammes l'emportèrent dans l'une des planques de l'Ordre.


Lorsqu'elle rouvrit les yeux, elle se retrouva dans une pièce plongée dans l'obscurité. La jeune femme sortit hâtivement de la cheminée, tout en lançant un lumos pour vérifier la sécurité de l'endroit. Tout semblait en ordre, en pourtant, une sensation vivace de malaise lui serrait les tripes. Elle mit d'abord cela sur le compte de la douleur puis sur l'inquiétude qu'elle avait pour Gideon. Les minutes passèrent et le silence se fit de plus en plus pesant et oppressant.

Elle s'approcha de la fenêtre de la bâtisse à l'abandon, éteignit la lueur de sa baguette et s'appuya contre le mur -inconsciente d'y laisser une trainée de sang. La rue était calme. Silencieuse. Trop silencieuse pour un 31 décembre, à l'approche de minuit. Ce n'était pas normal ... songea-t-elle en fronçant les sourcils.

Son sang sembla se refroidir dans ses veines et sa respiration se coupa, comme si son souffle hiératique allait attirer tous les mangemorts du pays. Ses extrémités étaient glacées, son poignet la faisait souffrir, la plaie sur sa gorge ne saignait plus autant mais ne semblait pas pour autant vouloir arrêter de saigner. Elle se laissa glisser contre le mur jusqu'à toucher le sol, les jambes en coton, ça ne servait à rien d'utiliser le peu de force qu'il lui restait pour rester debout alors que Gideon aurait peut-être besoin d'elle. Elle grimaça en portant la main à son flan ... Le mangemort ne l'avait vraiment pas ratée.

Soudain, le feu de la cheminée se mit à crépiter et elle se tendit brusquement, sa baguette tendue en avant, au cas où. Et un instant plus tard Gideon apparut devant ses yeux et se précipita vers elle:

- Ca va? Lui demanda-t-il à voix basse.

- J'ai connu mieux, et toi? Fit-elle en l'observant.

Il ne semblait pas porter plus de blessures que lorsqu'elle l'avait quitté. Elle en soupira de soulagement.

- Rosier est arrivé quand tu es partie mais j'ai pu lui fausser compagnie, lui expliqua-t-il. Kat, je vais envoyer un patronus à Morgane pour qu'elle vienne te soigner, te transporter dans cet état n'est pas une bonne idée, il te faut les premiers soins, dit-il précipitamment en tâtant plusieurs parties de son corps.

- On ne peut pas rester là, Gideon ... Il t'a sûrement entendu donner l'adresse, contra-t-elle pourtant en se relevant difficilement. Ça va aller pour moi, je t'assure, mentit-elle alors que son flan semblait brûler de plus en plus.

Ce connard de Rosier avait utilisé un sortilège de magie noire, elle n'en doutait plus. Une simple blessure ne lui aurait pas fait tant d'effet alors que le sort l'avait seulement frôlé. Elle avait besoin de soin, mais Morgane saurait-elle contrer les effets de la magie noire ? Kathleen doutait que ça soit au programme de sa formation.

- Mais ... Contesta Gideon en la voyant serrer les dents.

- Envoie un patronus à Morgane et aux membres de l'Ordre pour les prévenir qu'on a réussi à revenir en Angleterre, si tu veux ... céda-t-elle à contrecœur en guettant à nouveau la fenêtre, sans savoir pourquoi. Mais fais vite !


Le souffle court sur le balcon isolé de la salle de réception, Morgane venait juste de se détacher des lèvres de Regulus Black quand elle vit soudain des filaments luminescents prendre la forme d'un lion et s'arrêter près d'elle.

- Ça pue, ça ... Souffla-t-elle alors que la voix de Gideon soufflait précipitamment :

- Attaque de mangemorts à Venise, sommes revenus à la planque de Londres. Touchés, avons besoin d'aide ... En urgence ...

Elle échangea un regard catastrophé avec Regulus, devenu plus pâle encore que d'habitude, alors qu'un bruit assourdissant sortait de la bouche du lion suivi du cri déchirant de Gideon :

- NOooooON ! KATHLEEN !

Morgane et Regulus étaient à présent immobiles, pales comme la mort. La jeune femme fût la première à sortir de son état de choc, elle souleva sa robe pour attraper sa baguette qui était attaché à sa cuisse, la secoua dans les airs et quelques secondes plus tard son sac à main qu'elle avait laissé aux vestiaires se retrouvait entre ses doigts. Elle en sortit sa tenue de travail et se changea à la hâte, sa robe limitait ses mouvements et elle serait beaucoup plus efficace avec quelque chose de confortable -et de salissable-. Elle s'assura ensuite que son matériel de médicomage -qu'elle avait magicalement réduit- se trouvait bien dans son sac et elle plaça ce dernier sur son épaule, ignorant ostensiblement Regulus.

Pourquoi ne réagissait-il pas? Il avait entendu le message tout comme elle, il avait entendu le cri de Gideon. Elle avait du mal à se contrôler pour ne pas paniquer et pleurer, et ses mains tremblaient tellement qu'elle ne savait même pas comment elle allait faire pour pouvoir soigner qui que ce soit.

En voyant le jeune homme complètement immobile, elle s'arrêta une seconde. Regulus était toujours en train de dire que Kat était son amie... Elle ne le comprenait pas, ce qu'il disait, ce qu'il faisait, parfois, rien ne collait. Elle avait vraiment envie de le jeter par dessus le balcon.

- Tu sais ce qu'il se passe? Demanda-t-elle, en se tournant lentement vers lui, la gorge serrée.

- Je ... Sursauta Regulus, comme s'il venait seulement de se rendre compte que le patronus était parti. Je ...

En le voyant si choqué, Morgane eut le sentiment que non, il n'était pas au courant de l'attaque. Et pourtant, la suite la détrompa et lui donna envie de le frapper de toutes ses petites forces.

- Le Maître a parlé d'une attaque ... Un auror ... Venise ... Souffla-t-il en réalisant ce qu'il se passait à mesure qu'il annonçait les faits. C'est un piège ... Lestrange ... Bella, Greyback... Ils attendent tous près de la planque qu'on a trouvé cette semaine ...

Morgane le fixa, horrifiée et dégoûtée. Comment avait-elle pu embrasser encore et encore un meurtrier qui faisait tranquillement la fête, sans s'inquiéter de la mort d'innocents ? Elle voulait bien croire qu'il ignorait qu'il s'agisse de Kathleen et Gideon - à vrai dire elle en était convaincue, personne ne pouvait imiter l'horreur à ce point et clairement, c'était cette expression qu'avait Regulus - mais ça ne changeait rien au fait qu'il était au courant de l'attaque et qu'il en aurait eu rien à faire si ça n'avait pas concerné une de ses proches.

Elle lui tourna le dos, prête à partir au secours de son amie. Elle aurait bien transplané tout de suite, même si elle n'avait pas vraiment le droit, mais le bâtiment où elle se trouvait avait une barrière similaire à celle de Poudlard et empêchait le transplanage.

- Où tu vas ?

Elle se retourna, stupéfaite vers Regulus.

- Faire du shopping ! Tu as entendu comme moi, non ? Ils ont besoin d'aide ! Cria-t-elle malgré elle.

- Je viens de te dire que c'est un traquenard ! Tu vas faire quoi contre des dizaines de mangemorts toute seule, siffla furieusement le jeune Black en lui attrapant le coude pour l'empêcher d'aller plus loin.

- Je-Je... Commença Morgane en évitant son regard.

- Tu vas te faire tuer! Continua Regulus sans la lâcher.

- Et alors?! Je serais pas la première, ni même la dernière!

- Parfois je me demande vraiment si t'es pas juste suicidaire!

Les yeux de Morgane rencontrèrent ceux de Regulus et elle put y lire de l'inquiétude, ce qui la choqua, jusqu'à ce qu'elle relativise, en se disant qu'une bonne partie de cette inquiétude était pour Kathleen. Elle soupira et le fit lâcher prise.

- Je vais aller chercher de l'aide avant d'y aller. Content?

- C'est une perte de temps, utilise un patronus, dit-il en restant figé sur place, à côté d'elle.

- Non.

- Comment ça non ?

- Je peux pas.

- Je ne vois pas pourquoi.

- Je ne peux pas et tu me fais perdre du temps.

- Envoie un patronus et-

- Je ne peux pas en envoyer parce que je ne peux pas produire de patronus corporel! S'énerva-t-elle en le fixant droit dans les yeux, au bord de la crise de nerf. Tant mieux pour toi si t'as réussi à te trouver une pensée suffisamment heureuse pour en produire mais moi j'en ai plus!

Il sembla vouloir dire quelque chose mais se ravisa, craignant peut-être qu'elle se mette à sangloter furieusement -ce qu'elle semblait prête à faire. Le cri de Gideon résonnait encore dans ses oreilles. C'était un hurlement inhumain, bestial. Déchirant. Elle ne voulait même pas imaginé l'état dans lequel était sa meilleure amie pour qu'il hurle ainsi. Bon sang, il FALLAIT qu'elle y aille. Ils avaient besoin d'elle, par Merlin !

Le soupir de Regulus reporta son attention sur lui. Elle vit soudain apparaître un oiseau argenté face à lui, les mots semblaient lui coûter mais il les prononça tout de même :

- La planque de Londres est attaquée. Kathleen a besoin d'aide ... Sauves-la, Sirius, demanda l'ancien serpentard au corbeau qui disparu dans l'instant.

Morgane écarquilla les yeux et entrouvrit la bouche incapable de dire un mot et malgré tous les efforts qu'elle mit en oeuvre pour les retenir quelques larmes perlèrent au coin de ses yeux. Elle n'aurait jamais imaginé que Regulus ferait ça, il venait de trahir son camp pour Kathleen -pour elle?- et en plus il demandait de l'aide à Sirius, qu'il disait haut et fort haï de tout son être -même si elle savait que c'était faux-.

- Merci, souffla-t-elle en essuyant discrètement ses larmes avec la manche de son uniforme.

Regulus hocha la tête puis, hésita un instant avant de faire un pas vers elle et l'attirer contre lui pour poser ses lèvres contre les siennes. Le baiser fut bref, mais urgent.

- Sauve Kat, et ne crève pas.

La jeune femme tenta de lui offrir un sourire mais il ressembla plus à une grimace puis partit à toute jambe jusqu'à la sortie pour pouvoir transplaner.


Lorsqu'elle arriva dans le grenier de la planque Morgane manqua de pousser un juron en tombant nez à nez avec une goule.

- Azy barre-toi! Siffla-t-elle en lui donnant un coup avec son sac.

Elle tendit l'oreille et discerna clairement des bruits de combats, mais ils venaient du rez de chaussée. Elle ouvrit donc la trappe qui menait au deuxième étage et atterrit dans une chambre. Discrètement elle descendit au premier et essaya de voir ce qu'il se passait en bas à plat ventre, sa baguette à la main, les sens en alerte, son sac bien accroché à son bras.

Soudain un souffle chaud et humide se fit sentir contre son oreille et avant même qu'elle ne puisse réagir elle était sur le dos, immobilisée par deux mains puissantes:

- Elle est très appétissante celle-là. Fit celui qu'elle identifia sans peine comme Greyback.

Le sang de Morgane se glaça dans ses veines, elle savait qu'il ne pouvait pas la transformer, mais elle savait aussi qu'il aimait bien jouer avec 'la nourriture'.

- Je ne vais pas te laisser jouer avec celle-là, c'est ma proie. Fit une voix de femme que Morgane connaissait bien.

La blonde tourna son visage et aperçut une mangemort masquée.

- Mary, tu ne m'avais bizarrement pas manquée. Grogna-t-elle.

Celle-ci s'approcha d'elle en silence et écrasa sa main sur la bouche de Morgane avant de pointer sa baguette sur elle.

- Maintenant on va jouer un peu, susurra-t-elle.

Oh non! Elle n'avait pas le temps de jouer, elle devait aller soigner Kathleen. Soudain une intense douleur se répandit dans tout son corps, la déchirant de l'intérieur et Mary écrasa un peu plus sa main contre sa bouche pour étouffer ses cris.

Si quelqu'un, n'importe qui, pouvait venir l'aider, c'était le moment!

- Ca fait mal ? Demanda l'ancienne Serdaigle avec une fausse sollicitude. Pauvre chérie ! Oh mais tu pleures, tu veux un mouchoir pour tes larmes ? Ricana Mary avant de lancer à nouveau son sort qui fit se tordre Morgane de douleur. Je t'avais prévenu que j'aurais votre peau, tôt ou tard ... La vengeance est un plat qui se mange froid, comme on dit !

Le hurlement de Morgane retentit dans toute la maison lorsque Mary testa un autre sort.

- Rosier nous avait demandé d'être discret, mais entendre ta douleur ... c'est tellement jouissif ! Je n'ai pas pris autant de plaisir avec ta sœur, elle était déjà si amochée quand je suis arrivée que la douleur ne semblait même plus l'atteindre. Je l'ai laissé au bon soin de Bellatrix, j'imagine qu'à l'heure qu'il est ... Elle doit être en train de se vider de son sang ! A moins qu'elle ne soit déjà morte ? Tu en penses quoi, toi, est-ce que je devrais envoyer sa tête à Remus, en souvenir ? Macnair a apporté sa hache !

- Tu-es-vraiment-une-sale-psychopathe ! Cracha Morgane faisant disparaître le sourire de Mary.

- Psychopathe ? siffla-t-elle en lui écrasant les doigts, brisant les os de certaines phalanges. Non, j'étais simplement amoureuse et vous, vous m'avez brisé le cœur ... Mais je vais avoir Remus, crois-moi, souffla-t-elle avec un sourire joyeux. J'ai appris par Greyback que c'était un loup-garou, ça sera facile de faire ressortir la cruauté la bête qui est en lui ! Quand il comprendra qu'il est comme nous, il nous rejoindra et je l'aurais pour moi toute seule !

- Remus ne sera JAMAIS comme vous ! Cria Morgane en se débattant avant d'entendre des cris et des pas précipités à l'étage en dessous.

- Mary ! Les renforts sont là, on dégage ! Cria Greyback avant de disparaître dans un "pop".

- On se reverra. Cracha Mary.

- J'y compte bien! Répliqua Morgane, consciente qu'elle jouait avec le feu et était clairement en position d'infériorité.

Mary eut un rictus et Morgane la vit glisser sa main sous sa veste et en sortir un petit couteau -décidément ça faisait partit de la panoplie de la mangemort psychopathe?-. La blonde se saisit de sa baguette et lui jeta un sort mais la mangemort eu tout de même le temps de lui enfoncer le couteau dans l'épaule avant de disparaitre en entendant des pas dans les escaliers.

- Salope! Jura Morgane en se relevant.

- Morgane!

- Sirius!

- T'es blessée! S'exclama le jeune homme en remarquant le couteau planté dans l'épaule de son amie.

- Un détail insignifiant, grimaça-t-elle avant de retirer l'arme d'un coup sec. Où est Kathleen?

- En bas. L'informa-t-il d'un air sombre. Avec Gideon.

- Je m'en occupe.

Morgane se saisit de son sac et descendit les marches à toute vitesse, l'épaule engourdie mais relativement peu douloureuse -grâce aux doloris elle ressentait moins la douleur de ce qui se passait après, probablement le seul point positif- et resta figée quelques secondes en voyant le corps de Kathleen appuyé contre un mur, dans un état lamentable. Puis elle se ressaisit: elle était en face d'un patient.

- Morgane! S'exclama désespérément Gideon en levant le visage vers elle alors qu'elle s'approchait d'eux en ouvrant son sac pour en sortir ses affaires.

Elle le jaugea du regard, pour s'assurer de son état. Outre son visage en sang, son torse barré de multiples estafilades, son épaule qui semblait avoir un angle peu naturel et une partie de sa jambe qui dégageait une odeur de brulé qui lui souleva le cœur, il semblait aller bien ... En fait non, il allait tout sauf bien puisqu'il se trainait littéralement pour s'approcher du corps inerte de son amie. Elle même eut du mal à avancer vers le corps, car à mesure qu'elle approchait, elle voyait l'étendue des blessures de Kathleen.

Elle sentit soudain la panique l'envahir en voyant la lame argentée dans le torse de son amie et la flaque de sang autour d'elle. Etait-il seulement possible de perdre autant de sang ? En voyant la peau si pâle de la jeune femme, Morgane tendit une main tremblante vers son poignet, à la recherche désespérée d'un pouls.

En vain.


... Oui, je sais. On est cruelles, affreuses, méchantes, tout ça tout ça.

Et une fois n'est pas coutume, je ne vous dirais pas ce qu'il y a dans le prochain chapitre !

Je vous laisse donc avec le bonus, à bientôt !


- Oh Cornedrue! Tu viens te faire dépuceler du couloir des questions de merde on dirait! S'exclama Sirius lorsqu'il se retrouva -à nouveau- dans le couloir, Remus et James à côté de lui.

- C'est quoi cet endroit bizarre? Demanda son meilleur ami en examinant une peinture au mur, qui ressemblait étrangement à la Mona Lisa.

- Tu vas rentrer dans cette pièce, répondit Remus en lui indiquant une porte de l'index, et tu vas devoir répondre à des questions.

- Ça va être drôle!

- Pas forcément... Pas du tout, soupira Sirius en avançant. Oh Morgane! S'exclama-t-il en remarquant leur amie arriver de l'autre goût du couloir.

- C'est pas ton frère avec elle ? Demanda James en plissant les yeux, malgré ses lunettes.

- Vous avez tous les deux un abonnement pour ce couloir on dirait! Se moqua leur ami loup-garou.

- Morgane aussi, grogna Sirius. Elle vit ici.

- TOI! LE TRAITRE A TON SANG! JE VAIS TE FAIRE LA PEAU! Fit soudainement une voix dans le dos des trois maraudeurs.

- Oh, un autre membre de la famille Black! S'exclama avec un faux enthousiasme Sirius.

James sortit sa baguette, suivit de Remus.

- Vous inquiétez pas les mecs, on a découvert que la magie ne fonctionnait pas ici, les informa le jeune homme en haussant les épaules, la violence non plus d'ailleurs.

- Ah, c'est dommage, on est en supériorité numérique, là ... Fit remarquer James qui aurait bien régler son compte à la mangemorte.

- Tiens, t'es là Jamesie ! S'exclama Morgane en laissant Regulus avec sa cousine barje, pour qu'il lui explique qu'elle allait devoir réfréner ses instincts meurtriers.

- Ouais, ce qui m'étonne c'est de venir que maintenant alors que vous semblez venir régulièrement, vous, bouda le jeune Potter.

- Personnellement, je viens que de temps en temps, c'est surtout Sirius et Morgane qui sont toujours là ! Expliqua Remus en leur adressant un sourire moqueur.

- Ris mon petit loup, mais tu sais pas ce qui t'attends comme question ! S'exclama Morgane. Je trouve pas ça juste, j'ai toujours l'impression que mes questions sont les plus bizarres ...

- Je dois te rappeler la question avec Rogue que j'avais eu ? Grimaça Sirius

Morgane éclata de rire en se souvenant de la question:

- Je comprends pas pourquoi t'as refusé, toi et Rogue, vous auriez formé un petit couple adorable! Se moqua-t-elle.

- Pitié je vais vomir, se vexa Sirius.

- Elle a pas tord, peut-être que Servilus est l'amour de ta vie et toi tu passes à côté juste parce qu'il ne se lave pas les cheveux! Offre lui un shampoing, ça sera peut-être le début d'une belle histoire! Renchérit James.

Les rires de Morgane redoublèrent, James la rejoint et ils durent s'assoir tellement l'idée que Sirius et Severus puissent vivre une histoire d'amour passionnée les amusaient.

- Remus soutiens-moi! S'exclama l'ainé des frères Black en se tournant vers son ami mais celui-ci était également en train de rire en silence.

- Sirius Black! Fit soudainement la voix, le sauvant.

- Pitié, pas de question sur Snivellus, pitié ... Marmonna-t-il en se penchant vers le carnet, après s'être installé dans le fauteuil qu'il connaissait bien désormais.

Pourquoi tu aimes tant les motos et les trucs moldus ?

- YES ! ENFIN une question cool ! Sourit Sirius en se retenant de faire une danse de la victoire. Hum, c'est assez simple, en fait. Au début, c'était par simple esprit de contradiction. Mes parents détestaient les moldus, alors j'étais curieux de voir pourquoi. Et puis, j'ai fini par utiliser ça pour les faire sortir de leurs gonds. Avec le temps et en discutant avec les nés-moldus de Poudlard, j'ai fini par trouver ça passionnant. Et pour la moto ... C'est juste super cool ! En plus ça a l'air de plaire aux filles.

Il baissa la voix, comme pour confier un secret :

- En fait je suis en train de bosser sur une pour la rendre magique, même si c'est interdit par le ministère !

- J'ai eu une question cool! S'exclama-t-il en sortant.

- Ah ouais? Sourit Morgane. Ou tu dis ça juste pour cacher le fait que tu as été interrogé sur ton futur mec?

- Je vais te trucider, fit le jeune homme, les dent serrées, avant de lui coincer la tête sous son bras. Retire ce que tu as dit!

- Jamais! JAMAIS!

- Quel bande de débiles, s'exclama Bellatrix. Si seulement je pouvais les torturer un petit coup!

- Pas possible, soupira Regulus.

- Remus Lupin!

Remus se leva en soupirant, appréhendant une question stupide du genre: "pourquoi ne pas mettre fin à ton célibat en épousant Hagrid?", enfin c'était toujours mieux que la question sur Severus Rogue qu'avait eu Sirius. Rien ne battrait jamais cette question, pensa-t-il en s'asseyant.

Juste... Qu'est-ce que tu deviens? Parce que bon c'est pas comme si t'étais passé en mode fantôme mais un peu quand même. Du coup... Tu fais quoi, comment tu vis, qu'est-ce qu'il se passe quoi? Et t'as vu c'est même pas une question tordue. Regarde comme t'es chanceux. Y en a qui t'envieraient.

Remus eut un éclat de rire.

- Effectivement, la ou les personnes qui me posent des questions semblent bien plus sympathiques qu'elles ne le sont avec les autres. Et bien, je vais bien, la plupart de temps. Kathleen et Morgane m'ont conseillé de travailler dans le monde moldu, comme intérimaire. Je n'ai pas vraiment d'autres choix, les moldus sont moins suspicieux sur mes absences, ajouta-t-il tristement. C'est juste ... démoralisant de ne pas faire ce que j'aime et de ne pas être payer à la hauteur de mes compétences.

La question disparu pour en laisser une autre, qui l'interpella :

As-tu déjà pris conscience de l'éloignement progressif de Peter? Ne t'es-tu jamais senti jaloux de la relation fusionnelle de James et Sirius, pendant que toi et Peter étiez laissés en arrière?

- Je ne suis pas certain de comprendre? Peter ne s'éloigne pas de nous... Fit le jeune homme en fronçant les sourcils. Quand à James et Sirius, ce n'est pas tant leur relation que je pourrais envier, car ils ne me laissent pas de côté, mais plutôt leur capacité à se faire des amis aussi facilement. Tout à l'air si facile pour eux, soupira-t-il alors que la porte se déverrouillait.

Lorsqu'il sortit de la pièce Bellatrix Lestrange avait été appelée et tenta de l'étrangler en entrant mais échoua à cause de la protection qu'offrait cet étrange endroit.

- Bon, dépêchez-vous, je suis quelqu'un de très pris! S'énerva-t-elle en s'asseyant en face du journal, comme lui avait expliqué un peu plus tôt Regulus.

Parle nous de la relation que tu as entretenu et que tu entretiens désormais avec tes sœurs !

- Je m'entends très bien avec Narcissa, son époux est un peu spécial capillairement parlant mais je prend sur moi pour ne pas faire une fixation dessus. J'adore ma soeur et je ferais n'importe quoi pour la protéger... LA PORTE EST SENSEE SE DEVEROUILLER! REGULUS! QUE SE PASSE-T-IL!? Hurla-t-elle lorsqu'elle découvrit qu'elle était encore coincée dans la salle. J'ai qu'une soeur, l'autre ne fait plus partie de ma famille quand elle est partie avec son sang de bourbe.

Mais la porte fit la sourde oreille, ce qui énerva davantage Bellatrix.

- Je la déteste ! Vous êtes content ? C'était ma meilleure amie, ma sœur, ma ... Elle nous a abandonné, Cissy et moi pour de la sous-merde ! Elle a renié tout ce qu'on nous a appris, tout ce qui faisait de nous ce que nous sommes ! Elle ne mérite même pas que l'on pense à elle et si je trouve la personne qui m'a forcé à parler d'elle, je jure qu'elle souffrira jusqu'à en perdre la raison !

En entendant le déclic, elle sortit comme une furie alors que la voix appelait le nom de Kathleen, faisant apparaître des mines sombres sur les visages des personnes présentes dans le couloir, hormis Bellatrix qui se remit à sourire.

- Oh, il semblerait que la demoiselle soit indisponible pour le moment, à moins que vous n'ayez une connexion avec le monde de l'au-delà ?

- Espèce de... Grogna Morgane en se levant d'un bon pour attraper sa chaise et la lancer dans la figure de Bellatrix.

La chaise rebondit contre la Mangemort et vola un peu plus loin, manqua de peu Regulus:

- Hey, attention!

- Autant pour moi, s'excusa Morgane avant de se tourner vers Bellatrix. T'as de la chance qu'on puisse pas avoir recourt à la violence parce que sinon je te ferais la peau! Menaça-t-elle.

- Morgane, assis-toi, elle fait 15 centimètres de plus que toi, tu fais pas le poids, même dans un combat à mains nues. Souffla Sirius.

- J'ai de la force! S'indigna la blonde.

- Oui, ça je le sais. Grimaça-t-il.

- Regulus Black!

Le jeune mangemort entra dans la pièce après avoir jeté un regard d'avertissement à la blonde et à sa cousine. Il craignait que les chances dégénèrent en son absence. En regardant la question sur le carnet, Regulus eut un grognement dégoûté.

Selon les commérages internes qu'il peut y avoir dans vos rangs, à ton avis Bellatrix et Voldy couchent-ils ensemble ?

- J'ai une impression de déjà-vu, dit-il simplement. Dîtes, c'est déjà franchement perturbant d'imaginer le maître s'abaisser à ce genre de pulsion, alors imaginez la vie sexuelle de ma cousine, c'est juste ... A vomir. Bellatrix est mariée, pas que ça l'empêche de faire ce ... genre de chose, mais je doute que Rodolphus laisse passer ça.

La porte se déverrouilla et Regulus sursauta, surpris de ne pas avoir de question en rapport avec Morgane, c'était devenu une habitude maintenant. Lorsqu'il ressortit la jeune femme attendait de l'autre côté, l'air hors d'elle et Sirius, Remus et James faisant barrière entre elle et Bellatrix.

- C'est à moi, dit-elle simplement en passant devant lui. Et ta cousine est la dernière des connasses, pourtant j'en ai connu des connasses!

Morgane s'assit en grommelant des insultes à tout vas et baissa le regard sur le journal:

Serais-tu prête à tout quitter ( ami, famille, travail) pour toujours si cela te permettrait de sauver regulus ?

Morgane fronça les sourcils et claqua la langue contre son palais:

- Tout quitter pour toujours impliquerait de devoir partir avec Regucon? Parce que je sais pas si c'est ce que je veux? Ca serait plutôt catastrophique de devoir le supporter! Mais plus sérieusement, parce que je sais que je ne pourrais pas sortir si je ne répond pas, je sais pas si je peux répondre par oui ou par non. Ca revient à me demander si je pourrais me sacrifier pour un mec que je connais pas outre mesure. Je veux le sauver et je ne compte pas le laisser crever comme un con dans une grotte mais de là à tout laisser derrière moi? Est-ce que je sais pas suffit comme réponse?

La porte se déverrouilla et elle entendit des insultes copieuses entre Bellatrix et Sirius, la mangemort narguant son cousin et celui-ci se retenant difficilement de ne pas essayer tout de même de lui donner un coup.

- James Potter ! Appela la voix alors qu'elle passait la tête pour entendre Sirius crier à Bellatrix qu'elle n'était qu'un sale caniche mal baisée avec une araignée au plafond.

L'ancien joueur de Quidditch jeta un coup d'œil hésitant vers son meilleur ami, craignant que Remus est du mal à le retenir seul.

- Vas-y, je gère, lui lança Morgane.

Il leva un sourire moqueur :

- T'es plutôt du genre à envenimer la situation !

- Je vais ignorer cette remarque, James cul-de-bouteille Potter, lui dit la blonde alors qu'il passait la porte.

James prit son temps pour observer la salle et faire un petit tour des lieux jusqu'à ce que la voix de Dark Vador ne s'éclaircisse la voix:

- J'ai pas toute la journée Potter.

- Okay, okay! Fit-il en s'asseyant.

Comment as-tu rencontrer Sirius, Rémus et Peter, et pourquoi détestez-vous Severus?

- J'ai rencontré Sirius dans le train en allant à Poudlard la première fois, et on est tout de suite devenus potes. J'ai ensuite rencontré Peter et Remus après la répartition. Et pour Severus... Ca part d'un truc de gamin, vraiment, j'étais jaloux qu'il soit autant autour de Lily, et puis ensuite s'est ajouté le fait qu'il soit autant fada de magie noire. Maintenant c'est un mangemort donc est-ce que j'ai besoin d'une autre raison? Répondit le jeune Potter d'un ton détaché.

- Mouais ... Dis plutôt que tu étais imbu de toi-même, arrogant, c...

- Je croyais que vous n'étiez pas censé faire de commentaire ? Coupa James, vexé, avant de sortir. Je l'aime pas du tout, cette voix ! Lança-t-il à ses amis.

- Bienvenue au club, répondirent-ils en cœur.