Disclaimer: Rien est moi, sauf les OCs
Chapitre 6 : En route vers le Surda
Les battements d'aile des dragons étaient réguliers, presque synchronisés. Les deux magnifiques créatures survolaient les plaines de l'empire depuis plusieurs heures maintenant, avec sur leurs dos une elfe et un humain. Le paysage restait inlassablement le même, des étendus d'herbe à perte de vue avec de temps en temps quelques maisons éparses formant de petits villages le long des cours d'eau. Les dragons volaient suffisamment haut pour être confondus avec de grands oiseaux, et les dragonniers n'avaient pas à s'inquiéter d'effrayer la population, même si les citoyens de l'empire avaient maintenant l'habitude de voir des dragons dans le ciel.
En route vers le Surda, Eragon passait le temps en discutant avec Saphira ou occasionnellement avec Daellin, montant son grand dragon brun. Actuellement, le jeune homme échangeait des énigmes avec sa dragonne, tout en sachant très bien que la dragonne était infiniment meilleure que lui à ce jeu. Il lui fallait parfois plusieurs minutes pour trouver la solution d'une énigme alors que Saphira ne mettait jamais plus de quelques secondes.
« A mon tour ! » lui dit-elle, après avoir encore répondu facilement à Eragon. Elle réfléchit un moment, puis se lança « Aller, une facile. Je suis collante et je te ressemble énormément. Tantôt grande, tantôt petite, je ne suis jamais encombrante car je ne pèse rien. Qui suis-je ? »
Eragon se concentra, ne voulant pas perdre la face si Saphira lui en donnait une soi-disant facile. Mais malgré tous ses efforts, rien ne lui vint à l'esprit. Il grommela :
« Elle est censée être facile celle-là ? On n'a pas la même notion de difficulté... »
Saphira ricana, « Certain sont juste plus doués que d'autre à ce jeu. Tu veux un indice ? »
Eragon accepta de mauvaise humeur.
« Je te donne presque la réponse, mais bon. Je suis plus grande le soir qu'à midi. »
Quoi ? pensa Eragon, pas du tout plus avancé qu'avant. Il sentit les flancs de Saphira vibrer doucement pendant qu'elle riait. Le jeune dragonnier passa un pied en dehors de l'étrier de la selle et mit un coup à sa dragonne, qui ne sentit rien avec ses écailles.
Une bourrasque de vent fit se retourner Eragon, qui aperçut le dragon de Daellin et sa dragonnière s'approcher. Aux frontières de son esprit, Eragon sentit la présence familière de l'elfe demander l'accès, car sa voix serait couverte par le bruit sifflant du vent. Abaissant ses barrières mentales, il la regarda d'un air interrogateur.
« Je peux savoir pourquoi tu t'énerve contre la dernière dragonne libre d'Alagaësia ? » Apparemment, elle avait vu son geste d'humeur à l'encontre de Saphira. Il n'eut même pas le temps de répondre que sa dragonne, toujours hilare, pris la parole :
« Disons simplement qu'Eragon a du mal à résoudre une simple énigme digne d'un dragonneau. »
Daellin arqua un sourcil interrogateur, un sourire moqueur accroché aux lèvres : « Ah oui ? »
Saphira lui répéta l'énigme, en omettant l'indice, si c'était vraiment un indice.
Après seulement quelques courtes secondes de réflexion, Saphira et Eragon entendirent :
« Une ombre ? »
La dragonne bleue ria de plus belle pendant que son dragonnier se cognait la tête contre la scelle. Daellin fit un clin d'œil à Eragon avant de proposer une énigme à Saphira, nettement plus complexe que celles qu'Eragon parvenait à trouver.
Le jeune homme se désintéressa vite de la conversation silencieuse entre ses deux compagnons, voyant qu'il ne participerait surement plus. Il observa les environs, maudissant le paysage monotone. Ils se trouvaient en ce moment à moins d'une journée de vol de Cithrí, une ville surdane très proche de la frontière avec l'empire. Cela faisait deux jours que les deux dragonniers volaient en direction du Surda, s'arrêtant la nuit pour dormir et se reposer.
D'après le plan mis en place à Uru'baen avec Daellin, ils devaient s'arrêter encore une fois la nuit, puis continuer vers le Surda sans les dragons. Eragon appréhendait un peu la suite de la mission, car il devrait se séparer de Saphira pour une durée qui pourrait s'avérer très longue. La dragonne ne cessait de le rassurer à ce sujet, lui disant que c'était l'occasion pour lui de se récupérer la confiance du roi. Pas très convaincu par son argument, Eragon sentait que la dragonne n'aimait pas la situation non plus, mais les deux savaient que la mission était nécessaire.
Une secousse de Saphira le ramena à la réalité. Il regarda Daellin, qui s'était éloignée avec son dragon, paraissant chercher quelque part où se poser. Eragon leva les yeux vers le ciel, et s'aperçut que la journée était bien avancée.
« On est à moins d'une demi-journée de marche du Surda. » intervint Saphira, ayant suivi son fil de pensée. « Ce serait risqué pour nous les dragons de s'aventurer plus près, alors on va vous laisser à proximité. »
Eragon hocha la tête pour lui-même et se mit à chercher lui aussi un endroit approprié pour camper. Peu de temps après, ils repérèrent un petit bosquet avec une clairière suffisamment grande pour les dragons en son centre. Daellin et son dragon brun s'y dirigèrent directement.
Voyant que sa dragonne ne suivait pas l'elfe et son compagnon, Eragon interrogea Saphira mentalement. Il eut à peine le temps de comprendre ce qui lui arrivait que Saphira vira brusquement, le forçant à s'accrocher à l'une des piques de son cou, puis enclencha une descente en vrille. Arrivée près du sol, elle déplia ses ailes rapidement pour ne pas s'écraser.
Malgré un léger tournis, Eragon sauta de sa dragonne un sourire aux lèvres, voler avec Saphira procurait vraiment des sensations extraordinaire. Déjà en train de préparer le camp, Daellin regarda Eragon d'un air moqueur, qui dessella sa dragonne sans la regarder.
Eragon posa la selle près de l'endroit qu'avait choisi l'elfe pour faire un feu, puis s'installa pour se réchauffer. Au-dessus du feu bouillait une sacoche en cuir remplie d'eau, dans laquelle Daellin lâchait différentes herbes. Sentant le regard du jeune homme sur elle, l'elfe leva les yeux.
« Quoi ? Je ne sais pas toi, mais je meurs de faim, moi. » elle s'assit de l'autre côté du feu, jambes croisées.
Parler de nourriture rappela à Eragon qu'il n'avait pas mangé depuis un bout de temps, lui aussi. D'ailleurs, son ventre vocalisa sa pensée, ce qui n'échappa pas à la dragonnière en face de lui.
« Mon dragon est partit chercher de la viande pour le ragoût, ne t'inquiète pas. » Elle s'allongea dans la l'herbe, les mains derrière la tête et les yeux fermés.
Eragon nota en effet que le dragon brun n'était plus là, ni Saphira d'ailleurs. N'aillant rien d'autre à faire, il s'étala lui aussi sur le gazon. Une question lui vint en pensant au ragout à venir.
« Hé Daellin ? » l'elfe ouvrit un œil « J'avais cru lire dans un livre que les elfes, et plus particulièrement les dragonniers, ne mangeait pas de viande. »
Daellin ricana, « Tu sais lire toi ? » Elle se redressa ensuite sur un coude et le toisa d'un air un peu hautain, « Est-ce que je ressemble vraiment à l'elfe moyen ? »
N'en n'ayant rencontré que peu durant sa vie, Eragon trouva la réponse difficile. Mais il dut bien admettre que l'elfe en face de lui ne ressemblait pas aux autres parjures ou à la dragonnière des Vardens dans l'attitude.
« Non, c'est vrai. » admit Eragon, puis il ajouta, « En fait, à part pour tes grandes oreilles, tu pourrais passer pour une humaine. »
Il baissa la tête instinctivement, évitant le petit sac lancé par Daellin. Elle avait un air dégouté sur le visage.
« Les humains ... » cracha-t-elle, « encore plus pitoyables que les elfes. »
Eragon leva les yeux au ciel, le dédain des humains était légendaire chez les elfes.
« Et pourtant, tu agis plus comme eux que comme une elfe. »
« Cela n'empêche pas leur faiblesse, au moins les elfes sont forts. » Daellin le regarda dans les yeux, et Eragon se perdit un peu dans le bleu des siens.
« Mais, tu as bien du grandir parmi les elfes ? » Demanda-t-il, « Pourquoi ne les apprécies-tu pas ? »
Maintenant qu'il y pensait, Eragon n'avait jamais pris le temps d'interroger Daellin sur son passé. Depuis le temps qu'il la côtoyait, il aurait dû demander.
Ladite Daellin arborait à présent un visage ennuyé, « C'est un interrogatoire là ? »
« Oui » Dit Eragon, « Tu connais déjà tout de ma vie, alors raconte-moi un peu la tienne. »
« Sauf que ta vie est plutôt courte et ennuyeuse comparée à la mienne. J'y perds un peu au change, non ? »
Eragon ne releva pas la réplique, et continua à la regarder sans rien dire.
Daellin grogna, « Très bien... Mais tu me revaudras ça... »
Elle lui fit signe de se rapprocher, et le jeune homme alla s'allonger à côté d'elle.
« Bon, qu'est-ce que tu veux savoir ? » demanda-t-elle.
« Tout ! » lâcha Eragon, « D'où tu viens, ta famille, tes amis... » Daellin le coupa.
« Tu sais, en général une elfe ne partage ses secrets qu'avec celui qui devient son compagnon pour la vie... » Elle le regarda avec un petit sourire narquois.
Eragon rougit un peu, mais répliqua : « Peut-être, mais est-ce que tu ressembles à l'elfe moyenne ? »
Daellin rit, puis regarda les étoiles qui commençaient à apparaitre dans le ciel sombre.
« Je suis née à Uru'baen, bien qu'on l'appelait Ilirea à l'époque. » Elle lui jeta un regard en coin, « Et non, tu ne sauras pas quand exactement. »
Eragon ricana, on ne demandait pas son âge à une femme, ou même à une elfe.
Daellin continua : « Mon père était dragonnier au moment où la caste était à son apogée, et ma mère... je ne sais pas trop ce qu'elle faisait, en tout cas elle était à la cour du roi elfe de l'époque, Evandar. »
Son père est dragonnier ! pensa Eragon, Apparemment c'est de famille.
« Je ne voyais que rarement mon père, étant donné qu'il partait souvent en mission pour l'ordre des dragonniers. Comme tu le sais, ils voyageaient à travers toute l'Alagaësia pour faire régner l'ordre dans le pays. » Daellin s'allongea sur le côté, un bras sous la tête pendant qu'elle le regardait. « Ils étaient adulés, parfois désirés, mais les gens les adoraient. Humains comme elfes, d'ailleurs, parce que les elfes vivaient aussi dans les villes, à l'époque, et pas seulement dans la forêt. »
Eragon assimila les informations avec un hochement de tête. Il avait toujours rêvé de voir la caste au moment de son âge d'or. « Tu as donc vécu avec ta mère, si je comprends bien. »
Daellin fronça les sourcils, « En effet, mais je préfère dire que j'ai grandi seule. » Au regard interrogateur du jeune homme, elle poursuivit, « Tu vois, comme les elfes et les humains vivaient ensemble à l'époque, j'ai pu grandir en voyant les différends mode de vie. Et c'est à ce moment que j'ai commencé à répugner les elfes et leur sens de l'étiquette. Toujours en train d'être polis, à cacher ce qu'ils pensent, c'est tellement peu naturel. Alors que les humains, même si ça me fait mal de le dire, profitaient de la vie comme je le voulais. Ma mère tentait de m'apprendre les règles pour être une gentille petite elfe respectable, alors que c'était l'inverse de ce que je voulais devenir. »
Eragon hocha la tête, ne parvenant pas à imaginer l'elfe en face de lui sage et disciplinée. Elle lui était toujours apparue comme plutôt sauvage, impossible à enchaîner.
« Et c'est pour ça que tu as voulu devenir dragonnière. » conclu-t-il.
Daellin fit non de la tête, « Pas directement. Ça c'est une autre histoire, que je te raconterais si tu es sage. » Elle lui tapota la tête en disant cela.
Eragon lui fit sa plus belle tête de chien battu, mais ça ne fonctionna pas.
« Plus tard, les dragons reviennent. » Elle désigna le ciel du menton. Dans le ciel obscur, Eragon put distinguer très légèrement deux formes sombres se dirigeant vers eux.
Saphira et le dragon de Daellin atterrirent sans bruit, pliant leurs jambes puissantes pour amortir la chute. Saphira tenait un daim dans sa gueule, et le dragon brun transportait un sanglier qu'il commença à dévorer aussitôt posé.
« Pfiouh, il a mis du temps à comprendre que le daim était pour vous, » Dit Saphira en désignant l'autre membre de son espèce, « il était prêt à tout manger sur place. »
« On ne mangera pas un daim entier, tu sais ? » Eragon car le museau de sa dragonne.
Saphira sourit de toutes ses dents, « Je sais très bien, mais les loups finiront. »
Eragon s'assit à ses côtés, profitant du peu de temps qu'il leur restait à être ensemble. La dragonne sembla ensuite perdue dans ses réflexions, puis se secoua et dit de façons à ce que Daellin puisse entendre elle aussi :
« Je pense qu'il est temps que nous, les dragons, y allions. » Elle regarda le ciel, « Les ténèbres nous permettrons de nous éloigner sans nous faire voir. »
Daellin approuva et se dirigea vers son dragon. Eragon quant à lui reporta son attention vers Saphira :
« Si tôt ? » Au fond de lui, il savait qu'elle avait raison, mais ça ne facilitait pas la situation.
Saphira lui lécha la joue, « Tu savais que ça allait arriver, non ? Alors fait moi un beau sourire, petit homme, que je n'ai pas une dernière image de toi aussi maussade. »
Le jeune homme se força à sourire et enserra une dernière fois sa dragonne. Cette dernière ronronna doucement puis s'envola dans la nuit, suivie du dragon brun.
Eragon tourna la tête vers l'elfe à quelque pas de lui. Daellin lui fit un sourire, puis lui fit signe de revenir le camp.
-oo0oo-
Après avoir dépecé le daim et coupé quelques carrés de viande, Eragon avait éloigné la carcasse du camp et mit les pièces de viande dans l'eau bouillante. Quelques minutes plus tard, Daellin et lui savouraient un bon ragoût chaud.
Pour Eragon, c'était la première fois qu'il se retrouvait seul en mission avec l'elfe. Les fois précédentes, Saphira était avec lui, et l'absence de la dragonne pesait déjà sur l'esprit du jeune homme. La connexion entre eux s'amenuisait au fur et à mesure que la distance entre eux grandissait, et bientôt il ne sentirait plus la présence rassurante de Saphira dans sa tête
Daellin quant à elle ne semblait pas perturbée plus que ça. Elle mangeait tranquillement, le regard perdu dans les flammes devant eux.
Eragon se décida à briser le silence, « Bon, où est-ce que tu en étais déjà ? »
L'elfe le regarda d'un air interrogatif, « Quoi ? »
« Ton histoire, » Eragon posa son ce qu'il lui restait de nourriture à côté de lui, « on parlait de dragonniers je crois. »
Elle grogna de mécontentement, « Je vais finir par croire que tu t'intéresses à moi. »
Quand Daellin vit que le jeune homme ne lâcherait pas le morceau, elle continua son récit.
« Comment je suis devenu dragonnière, hein ? » Eragon hocha la tête.
Elle soupira puis leva les bras au-dessus de la tête pour s'étirer. Dans la faible lumière diffusée par la Lune, Eragon ne put s'empêcher d'apprécier la silhouette de l'elfe. Il ne l'avouerait jamais devant elle, mais le jeune homme ne pouvait pas nier que Daellin était magnifique. Elle était grande et élancée, avec une carrure élégante mais puissante, comme les elfes en général. Elle avait un visage fin et souriant, avec de beaux yeux bleus mis en valeur par une cascade de cheveux bruns ondulés qui bonifiaient encore l'ensemble. A Uru'baen, de nombreux hommes tombaient sous le charme.
La voix de l'elfe le sortit de sa rêverie :
« C'est une longue histoire, alors met toi à l'aise. » Eragon obtempéra.
« Tu te souviens de ce que je t'ai dit concernant ma vie à Ilirea quand j'étais jeune ? » Demanda-t-elle, avec un sourire en coin, « Plus jeune qu'aujourd'hui, je veux dire. »
Eragon fit oui de la tête, « Tu vivais avec ta mère, et elle voulait t'apprendre le mode de vie des elfes. »
« Exactement, » fit Daellin, « Il faut que tu comprennes que je passais mon temps à m'enfuir de la maison pour échapper à ma mère. La plupart du temps, je vagabondais sans but dans la ville, profitant de ses moments de solitude. »
Eragon approuva, il avait l'habitude de faire pareil avant que Saphira n'éclose pour lui. Uru'baen - ou plutôt Ilirea - était un endroit qui regorgeait de coin à explorer pour peu que l'on soit curieux.
« Parfois, je m'arrêtais pour regarder les jeunes humains s'entrainer à l'épée. Ils étaient tellement lents que s'en était drôle. » Eragon roula des yeux, pendant que l'elfe ricanait. « Je n'avais jamais vraiment eu l'occasion d'utiliser des armes, étant donné que les dragonniers faisaient régner la paix dans le pays. Du coup, je les enviais un peu, parce qu'étant une elfe je ne pouvais me joindre à eux. »
Eragon intervint, « Pourtant, il faut être un bon épéiste pour entrer dans la caste. »
Daellin le frappa à l'épaule, « Tu veux vérifier mon talent à l'épée ? C'est quand tu veux. » Le défia-t-elle.
Peu envieux de se battre maintenant et connaissant le talent de l'elfe lame en main, le jeune homme se tut.
« Je disais donc que les humains n'acceptaient pas les elfes. Mais un jour où je les regardais assis sur une rambarde, une elfe d'à peu près mon âge arriva et me proposa de leurs jouer un tour. »
Daellin eut un sourire nostalgique, « Je ne la connaissais pas, mais on s'est tout de suite entendu. En même temps, ridiculiser des humains met souvent tout le monde d'accord. »
« Je ne maitrisais pas bien la magie à l'époque, mais l'autre elfe si. Elle métamorphosa nos traits pour qu'on ressemble vaguement à des humains, en faisant rétrécir nos oreilles surtout. La suite n'a été qu'une partie de plaisir, on est descendu voir les jeune humains, ils se sont moqués de nous parce qu'on était des femmes, on leur a mis une raclée. En somme, on a bien rigolé. »
Eragon eut un peu pitié des victimes de Daellin et de l'autre elfe.
« A partir de ce jour je suis devenue avec cette elfe, elle s'appelait Formora. »
Ce nom rappelait quelque chose à Eragon, mais il ne parvenait pas à se souvenir où est-ce qu'il l'avait entendu. En tout cas, il n'avait jamais vu Daellin en compagnie d'une autre elfe.
Daellin sembla comprendre son fil de pensées, « Le nom te parle, hein ? Tu comprendras plus tard. »
Elle continua à raconter différentes aventures qui leur étaient arrivées à Formora et à elle, notamment comment, après avoir volé des épées dans l'armurerie du palais, elles s'entrainèrent entre elles à l'art de l'escrime.
Eragon écoutait l'histoire attentivement, découvrant peu à peu le passé d'une elfe qu'il considérait comme une amie, mais qui n'avait jamais parlé d'elle durant d'autres mission. Il comprenait maintenant pourquoi Daellin détestait les elfes et donc pourquoi elle ne leurs ressemblaient pas. Son amie Formora semblait lui ressembler, et il aurait aimé la rencontrer, mais Daellin ne répondit pas quand il lui posa la question, disant simplement qu'il comprendrait en temps voulu.
« Un jour, alors que les dragonniers passaient à Ilirea en transportant des œufs de dragon destinés aux futurs membres de la caste, » Continua Daellin, « Formora réussit à nous faire entrer dans la salle contenant les œufs. »
Elle le regarda dans les yeux, « La suite, tu t'en doute un peu, un œuf a éclos pour elle, et elle put devenir dragonnière. »
« J'étais un peu jalouse au départ, mais Formora insista auprès des anciens pour que je sois présentée à des œufs de dragons. Malgré leur scepticisme, ils acceptèrent et un dragon naquit pour moi aussi. »
Elle raconta ensuite son entrée dans les rangs des dragonniers, et comment elle fut entraînée. Eragon nota que Formora semblait toujours présente dans son récit, et l'air parfois nostalgique de Daellin lui fit penser que son amie lui manquait énormément.
Eragon nota aussi que Daellin, même si elle ne respectait pas la hiérarchie en général, ne semblait pas encline à se retourner contre les chefs de la caste, à l'époque tout du moins. Il faudra qu'il pense à lui demander plus tard pourquoi elle suivit Galbatorix dans sa rébellion.
L'elfe s'était arrêtée de parler. Allongée sur le dos, elle avait le regard perdu, probablement en train de revivre certain moment de sa vie.
« Voilà, » murmura-t-elle, et Eragon distingua l'émotion dans sa voix, « Voilà comment je suis dragonnière. »
Le jeune homme se déplaça de façon à être lui aussi allongé, juste à côté de l'elfe. Leurs regards se croisèrent, et Eragon offrit un sourire sincère qu'elle rendit volontiers.
Ils restèrent un moment comme ça, en silence, avant que le sommeil ne les emporte.
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Le lendemain matin, après avoir empaqueter leurs affaires et éteint le feu, ils partirent en courant vers le Surda. Les deux compagnons se déplaçaient à une allure très rapide, et si quelqu'un les avait vus passer, il aurait pensé avoir une hallucination.
Les villages se faisaient rares, mais ils prenaient quand même soin de les éviter pour ne pas attirer une attention inutile. Par contre, les patrouilles de soldats de l'empire étaient de plus en plus nombreuses au fur et à mesure que la frontière avec le Surda se rapprochait, et il devenait difficile ne pas se faire repérer.
Bientôt, un poste de garde apparut à l'horizon. Et celui-ci arborait un drapeau à l'écusson du pays rebelle.
On y est, pensa Eragon. Une des missions les plus importantes qu'il aurait à accomplir avant un bout de temps. L'adrénaline commençait déjà à monter en lui, ainsi qu'un peu d'appréhension. L'absence de Saphira notamment pesait sur l'esprit du jeune, car même si il faisait pleinement confiance à Daellin, la présence de la dragonne avait quelque chose de rassurant.
En plus, Eragon réalisa qu'il pouvait en arriver à se battre durant son séjour au Surda. Bien sûr, il avait déjà combattu, en arrivant parfois à tuer, mais il se trouvait alors dans l'empire, et pas au milieu du nid de serpents. Au Surda, la moindre petite erreur pouvait s'avérer dangereuse.
Il fut tiré de ses pensées par Daellin qui l'attrapa par le bras pour le stopper dans sa course. Elle regarda le poste de garde, avant de se tourner vers Eragon.
« Bon, » fit-elle d'une voix sérieuse, « ils nous ont repéré. Tu sais ce qu'on a à faire ? »
En effet, deux cavaliers portant le drapeau surdan, un cheval jaune surmonté d'une flamme rouge sur fond bleu, se dirigeaient vers eux. Eragon évalua leurs temps d'arrivée à quelques minutes.
« Changer nos apparences ? » répondit-il, quoiqu'un peu hésitant.
L'elfe approuva et se mit à réciter un sort en ancien langage. Petit à petit, Eragon sentit son visage le picoter un peu, et il eut l'horrible envie de se gratter. Il parvint à se retenir le temps que Daellin finisse son incantation. La dragonnière admira ensuite son travail avec un petit sourire qu'Eragon n'aima pas du tout. Il commença à se toucher le nez puis les autres parties du visage à la recherche d'une quelconque farce, mais arrêta quand il entendit l'elfe rire.
« C'est bon, ne t'inquiète pas. Je t'ai juste foncé un peu le teint, en plus de la réduction des oreilles. » Elle lui fit un clin d'œil, « Si tu veux mon avis, les surdanes vont te courir après. »
Le jeune homme rougit un peu pendant que l'elfe s'appliquait le sort à elle-même. Comme lui, les principales modifications furent la couleur de la peau et les oreilles rondes. Elle finit au moment où le bruit des chevaux au galop se fit entendre.
Daellin reprit une face sérieuse, et ils continuèrent à marcher en directions du Surda.
Les Surdans arrivèrent à leur niveau rapidement. Ils freinèrent leurs montures, et Eragon put remarquer que leurs épées étaient tirées. Logique, pensa le jeune homme, les soldats de l'empire sont proches.
« Halte là ! » leurs cria un des deux cavaliers, celui qui ne portait pas de drapeau, « Vous êtes à la frontière du Royaume du Surda, que venez-vous faire dans ce pays ? »
Ils leurs barraient la route, les empêchant d'avancer plus loin. Daellin jeta un regard à Eragon, comme pour lui dire de la laisser faire.
« Messires, nous recherchons l'exil. » Elle baissa la tête, pour accentuer son effet.
« Et c'est quoi vos petits noms ? » Le cavalier les regarda d'un air suspicieux.
Eragon se décida à jouer le jeu lui aussi, « Je suis Evan. » Il salua les surdans en inclinant la tête.
« Sara, messires. » Dit à son tour Daellin.
Le cavalier qui portait le drapeau s'avança alors, « Et pourquoi vous cherchez refuge ici, au Surda ? L'empire de votre tyran n'est pas assez bien pour vous ? »
Au moins, on n'a pas besoin de parler en ancien langage. Eragon attendit que Daellin s'occupe de leur raison de passer la frontière, elle était bien meilleure que lui pour mentir.
« Le roi ne nous a pas aidé quand ces soldat ont détruit notre taverne. Mon mari et moi en tenions une à Uru'baen, et un soir alors qu'un des soldats avait trop bu, il a mis le feu à l'établissement. Nous n'avions plus rien pour survivre, et l'empire ne nous a pas dédommagé. »
Daellin était convaincante, tout dans son ton et sa posture faisait croire qu'elle était dévastée de la perte de son auberge imaginaire. Les surdans paraissaient encore moyennement convaincus.
« Et qu'est-ce qui nous dit que vous n'êtes pas des espions de l'empire, hein ? » reprit le premier, « Après tout vous êtes plutôt bien armés pour des aubergistes. » Il désigna les épées des deux compagnons, ainsi que l'arc dans le dos d'Eragon. Heureusement que les armes étaient dans leurs fourreaux, car étant de hautes factures, elles auraient interpellé les soldats.
« Quand on veut fuir l'empire, la peine est la mort. » énonça sombrement Eragon, « On a rencontré des soldats de l'empire sur la route, et on n'avait pas l'intention de se faire attraper. En plus, il y aurait des Urgals sur les routes, parait-il. Mieux vaut être préparé. »
Le cavalier les observa un instant, semblant réfléchir à comment gérer la situation. Il était évident qu'il ne souhaitait pas les tuer, Daellin et lui, mais il était plus que réticent à les laisser passer. Malheureusement, s'il ne pliait pas bientôt, les deux dragonniers seraient obligés de se débarrasser d'eux, même s'ils préféraient ne pas en arriver là.
Ils ne bougèrent donc pas, en attendant le verdict. Eragon nota que le cavalier au drapeau dévisageait Daellin depuis un moment, la regardant de haut en bas assez ostensiblement. L'elfe sembla le remarquer, car elle le regarda aussi, un petit sourire aux lèvres.
« Eh Neal ? Pourquoi ne pas les emmener au poste ? Je crois qu'Erik est de passage, il pourrait sonder leurs esprits pour voir s'ils sont vraiment des espions. Mais bon, ils ne m'ont pas l'air bien dangereux. »
Si seulement tu savais, pensa Eragon avec amusement.
« Peut-être... » Répondit ledit Neal en se grattant la barbe, « Une question encore. Vous avez parlé d'Uru'baen, et ce n'est pas vraiment la porte d'à côté. Vous n'êtes pas venu ici à pied j'imagine, alors où sont vos chevaux ? »
« On les a laissés dans le dernier village qu'on a passé, » répondit Daellin, « Pour pouvoir éviter plus facilement les soldats de l'empire. »
Toujours suspicieux, Neal leurs accorda au moins le voyage jusqu'au poste de garde, pour être testés.
Eragon s'inquiéta un peu de ce test, et décida d'en discuter avec Daellin. Malheureusement, ils étaient encadrés par les deux cavaliers, qui les faisaient avancer. Il se concentra et projeta son esprit vers celui de l'elfe. L'esprit de Daellin était reconnaissable entre mille, du moins pour Eragon. Il s'en dégageait une douce mélodie enivrante, qui pouvait faire tourner la tête rapidement. A l'image de sa propriétaire, l'esprit de Daellin était magnifique mais terriblement dangereux.
Assez étrangement, il n'y avait pas de barrière autour de l'esprit de l'elfe, comme si elle invitait les autres à y entrer. Eragon ne s'y risqua pas complètement quand même.
« Daellin ? »
Pas de réponse pendant un instant, puis :
« Eragon ? Je suis juste à côté tu sais. » La voix de l'elfe paraissait plus mélodieuse dans son esprit, comme si elle chantait, « A moins que la conversation d'esprit à esprit avec ta dragonne te manque tant que ça. »
Eragon roula des yeux intérieurement, c'était toujours la même elfe qu'il connaissait depuis des années, « Daellin, on va devoir ouvrir notre esprit pour pouvoir passer. J'espère que t'as une idée géniale, parce qu'il vaut mieux se débarrasser des cavaliers tout de suite plutôt que de se retrouver dans le poste avec une compagnie entière derrière nous. »
Daellin semblait y avoir déjà pensé, « Ne t'inquiète pas, je m'occupe de ce pseudo-magicien. On va passer facilement, c'est moi qui te le dis. »
Elle paraissait confiante, pensait le jeune homme. Eragon lui demanda ce qu'elle préparait, mais elle esquiva la question.
« Disons simplement qu'il ne ressortira pas indemne de mon esprit. » Elle termina la conversation avec son petit rire caractéristique.
Eragon haussa les épaules, si Daellin était confiante, il n'avait pas de raisons de ne pas l'être.
Le petit groupe continua son voyage jusqu'à arriver devant le poste de garde surdan. Le bâtiment était simplement composé d'une tour de garde et d'une caserne entourées d'un petit mur en pierre. Plutôt facile à construire, il doit y en avoir tout le long de la frontière.
Les deux cavaliers surdans les escortèrent jusqu'à l'entrée, située en dessous de la tour de garde. Le cavalier Neal interpela ensuite le soldat dans le mirador. Il lui expliqua en quelques mots qui étaient les étrangers avec lui et pourquoi il avait besoin de l'assistance d'un certain Erik.
Eragon et Daellin attendaient un peu en retrait, pendant que la sentinelle allait chercher le magicien. Quelqu'un ne les connaissant pas ne suspecterait pas d'avoir affaire à des dragonniers, pensa Eragon. En partant d'Uru'baen, ils avaient pris soin de s'habiller comme les habitants de l'empire, abandonnant leurs capes et autres tenues de luxe pour des ensembles plus communs. A vue d'œil, il pouvait passer pour de simple commerçants cherchant à fuir le règne de Galbatorix. Daellin avait aussi pensé à changer le fourreau de son épée, car le design elfique les aurait trahis rapidement.
Globalement, le changement était assez saisissant.
Ils durent quand même se plier à la volonté des surdans, et quand le Erik arriva, Daellin se proposa pour être sondée en première. Du point de vue d'Eragon, le magicien ne semblait que peu doué dans l'art de la magie, car il n'essaya même pas de leur parler en ancien langage. Mais une grande force magique n'était pas nécessaire pour s'occuper de l'esprit de quelqu'un.
Le surdan se plaça en face de Daellin et la regarda dans les yeux, alors que cette dernière semblait lutter intérieurement pour ne pas sourire. Ils restèrent quelques secondes comme ça, avant qu'Eragon ne remarque que la posture du magicien s'affaissait petit à petit, et que son regard semblait plus vide qu'au départ. Il dut être le seul à s'en rendre compte, car quand le mage se retourna vers ses camarades et annonça qu'ils pouvaient les laisser passer sans même prendre le temps de le vérifier lui, les autres surdans ne parurent pas suspicieux.
« Très bien, » soupira Neal, « Je vais vous accompagner jusqu'à l'intérieur des terres. Et après, vous vous débrouillerez. »
Eragon approuva, puis quitta le poste de garde avec son amie dragonnière, suivis par le garde à cheval.
Après quelques minutes de marche, ce dernier s'arrêta.
« C'est ici que je vous laisse. Si vous voulez, à quelques heures de marche à l'Est se trouve la ville de Cithrí. En partant maintenant, vous aurez un toit sous lequel dormir avant la nuit. Sinon, continuez vers le Sud, et vous trouverez votre chemin jusqu'à la capitale, Aberon. »
Eragon tandis une main, que le cavalier serra, « Merci, sir Neal. Nous allons continuer seul maintenant. »
Le surdan hocha la tête, « Très bien. Bonne chance alors, mais ne vous faites pas remarquer plus que ça, nous ne sommes pas tendre avec les gens de l'empire dans ce pays. »
Après un dernier salut, il repartit au galop vers la frontière.
Eragon se permit de se relâcher un peu, et c'est à ce moment qu'il se rendit compte qu'il était extrêmement tendu. Daellin lui mit un coup de coude.
« Relax, monsieur le dragonnier, le plus dur est passé. »
Eragon se demanda comment elle faisait pour être aussi confiante à tout moment. L'expérience, surement, pensa-t-il. Il balaya la remarque de l'elfe de la main.
« Oui, oui, c'est bon. » dit-il, « Mais on fait quoi maintenant ? »
« On avance. Ce n'est pas en restant là qu'on va découvrir ce que font les Vardens. »
Eragon regarda dans son sac, et remarqua que la nourriture allait vite manquer. Il le fit remarquer à Daellin, qui regarda dans le sien et approuva.
« Je propose qu'on aille faire un tour à Cithrí. On pourra récupérer des provisions et acheter des chevaux. » Elle bailla, « En plus, j'ai vraiment besoin d'une bonne nuit de sommeil. »
Ils se mirent donc en route, direction l'Est. Ils ne coururent pas sur le trajet, car la distance était assez courte, et qu'il ne voulait pas devenir le centre de l'attention à leur arrivée.
-oo0oo-
La nuit s'apprêtait à tomber quand ils atteignirent Cithrí. La ville ressemblait étrangement à Uru'baen dans l'architecture, avec ses grands murs blanc et ses bâtiments assez hauts. Elle dégageait une impression de propreté qui contrastait assez nettement avec ce qu'on avait l'habitude de voir dans certaines villes de l'empire, comme Dras-Leona, qui étaient dans des états pitoyables.
Eragon et Daellin se dépêchèrent d'atteindre les portes de la ville, que les gardes s'apprêtaient à fermer. Un soldat, les ayant vus arriver, ralentit la fermeture juste assez pour leur laisser le temps de passer.
« Faut arriver plus tôt, la prochaine fois. » Dit-il avec un accent assez prononcé, visiblement ennuyé par les retardataires.
Daellin le remercia, puis lui demanda s'il connaissait un lieu où ils pourraient dormir pour la nuit. Le surdan leur indiqua machinalement une auberge quelques rues plus loin.
Les deux dragonniers déambulèrent pendant un petit moment dans les rues de Cithrí. Ils ne croisèrent que peu de monde, juste quelques commerçants rangeant leurs marchandises, ainsi que des mendiants.
Evitant tout ce petit monde, ils finirent par trouver l'auberge, La taverne de Cithrí. La façade de l'enseigne était assez vielle, et l'établissement semblait plutôt bon marché. Parfait pour passer inaperçus.
Eragon poussa la porte, et une cloche sonna pour signaler leur entrée. L'intérieur de la taverne était simple et chaleureuse, avec une salle principale remplie de tables pour boire ou manger, le tout éclairé par quelques chandelles accrochées aux murs. Un couloir à l'arrière de la pièce menait surement à des chambres à l'étage. L'aubergiste, une femme occupée à nettoyer des verres, les aperçut et leur fit signe de venir la voir. Ils se dirigèrent vers le bar, passant entre les tables occupées de surdans qui parlaient de tout et de rien.
Personne ne leur prêta attention, ce qui était un bon signe. Daellin alla s'accouder au bar pour demander à la tavernière de quoi manger ainsi qu'une chambre pour la nuit. Cette dernière se gratta le menton.
« Il doit rester une chambre je pense. » Elle fouilla un peu dans un tiroir, puis sortit une vielle clé rouillée « C'est ça, chambre huit, au fond du couloir à gauche. » dit-elle en pointant ledit couloir du pouce par-dessus son épaule.
Eragon remercia et sortit quelques couronnes pour la nuit et le repas. Il alla s'installer à une table avec Daellin, puis discuta avec l'elfe en attendant la nourriture. Ils parlèrent de ce qu'ils avaient à faire le lendemain, ainsi que d'autres choses de moindres importances. Eragon sourit, il appréciait vraiment de converser avec la dragonnière. Même si elle était peu souvent sérieuse, elle avait le mérite d'être drôle.
Ils mangèrent rapidement avant de se diriger vers la chambre. Eragon déverrouilla la porte surmontée d'un petit « huit », et entra dans la pièce. Il se figea sur le seuil brutalement, au point que Daellin, qui le suivait, lui rentra dedans.
« Un problème ? » demanda-t-elle en regardant par-dessus son épaule, la curiosité évidente dans sa voix.
Tout dépendait de la définition de problème. Mais pour Eragon, la chambre avait définitivement un problème, et un gros même.
« Il n'y a qu'un seul lit... »
Il entendit un rire cristallin retentir dans son dos, ce qui lui fit monter le rouge aux joues. Daellin entra ensuite complètement dans la chambre pour vérifier ses mots.
« Ne t'inquiète pas, je ne mords pas. » Elle se retourna avec un sourire narquois, « Enfin, pas souvent. »
Le chapitre 6 !
J'ai cru que je ne le finirais jamais celui-là ! Je m'excuse encore pour le temps d'attente, j'espère que ça ne va pas devenir une habitude... Mais bon parlons plutôt de ce chapitre !
On retrouve donc Eragon en mission pour Galbatorix, avec Daellin. Je suis content qu'elle vous plaise d'ailleurs, la Daellin. J'avais un peu peur que vous ne l'aimiez pas, comme c'est un perso que j'ai inventé, mais apparemment elle est plutôt appréciée ! Les voilà donc au Surda, à la recherche des Vardens. Qu'est-ce qui les attends ? haha réponse au prochain chapitre !
Dites moi dans les reviews ce que vous pensez de l'histoire jusque là, ce que vous aimeriez qu'il s'y passe, ou si vous aimez toujours la relation Eragon/Daellin pour le moment !
En parlant de review, si vous avez le temps, postez en une, même si elle est courte. Car le problème, quand il y a peu de review, c'est que je ne sais pas si la fic continue de vous plaire ou non. J'ai presque 900 vues, pour seulement 9 reviews... Alors, ayez pitié de moi, écrivez moi une review je vous en conjure !
Aller, on se retrouve pour le prochain chapitre ! (n'oubliez pas de follow ma fic et de la mettre en favori, si elle vous plait !)
Bisous, et à la prochaine.
Alex
