Chapitre 12 : La défaite des parjures
« Si nous parvenons à nous en tenir au plan, ce sera une victoire aisée. »
Eragon renifla en entendant son compère dragonnier. Lui n'était pas aussi confiant. Était-ce parce qu'il n'avait ni Saphira, ni Daellin à ses côtés ? Ou encore parce que la moitié de l'armée impériale était atteinte d'une maladie inconnue qui s'était répandue durant la nuit, rendant les soldats atteints tout juste capables de se tenir debout ? Peut-être était-ce à cause de l'arrivée de Murtagh et de son magnifique dragon rouge, rééquilibrant ainsi les forces en présence ? Dans tous les cas, Eragon avait un mauvais présentiment. Un très mauvais présentiment.
Enduriel et Lauren volait au-dessus de l'armée de l'empire. Cette dernière avançait vers les forces cosmopolites adverses. Le choc allait arriver dans peu de temps. Eragon, accroupi à l'arrière du dragon de Lauren, attendait son moment. Le sort de la bataille ne dépendrait pas de lui, mais il aurait quand même son rôle à jouer.
Enduriel avait délégué le commandement direct de son armée à Hubert, général de l'empire. A présent que les vardens avaient un nouveau dragonnier, il ne pouvait plus diriger ses forces lui-même.
Une bourrasque déséquilibra Eragon, qui dû se retenir précipitamment à l'une des piques du dragon blanc de Lauren. La dragonnière, placée devant lui, se retourna brièvement pour s'assurer qu'il n'était pas tombé. Elle s'adressa ensuite à Enduriel, en haussant la voix pour couvrir le bruit du vent :
« Je maintiens ce que j'ai dit plus tôt, » annonça-t-elle, « Eragon pourrait t'aider à combattre Arya, vous l'aurez plus rapidement à deux. »
« Je ne m'encombrerai pas de lui. » Fit l'elfe sans même les regarder, d'un ton qui signifiait clairement que ce n'était pas discutable.
Eragon tourna les yeux vers l'armée adverse et observa, volant au-dessus de leur armée comme les parjures, les couples de dragons et dragonniers qui leur faisaient face. La vue était impressionnante, et tout observateur qui n'était pas habitué à cette race majestueuse aurait surement pris peur. Firnen et le dragon rouge brillaient de mille feux sous le soleil ardent des plaines brulantes. Ils portaient tous deux des armures complètes, sans doute enchantées, les protégeant efficacement des projectiles et des coups d'épée. Il faudrait de la force, mais aussi beaucoup de talent, pour en venir à bout.
La veille, les trois parjures s'étaient entretenus pour discuter de la stratégie à adopter contre leurs ennemis du jour. Eragon se remémora la conversation.
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Eragon souleva la toile qui marquait l'entrée de la tente de commandement, la même tente dans laquelle il avait rencontré Lauren lors de son arrivée impromptue dans le camp.
Debout côte à côte près de la grande table au centre de la tente, Enduriel et Lauren semblaient être en désaccord, si l'on en croyait le visage agacée de la dragonnière blonde.
Enduriel se tourna vers Eragon quand ce dernier entra. L'elfe était vêtu de son armure de guerre, aussi ostensible qu'elle était sombre. Parée de bijoux et de métaux précieux, sa valeur était inestimable, et Eragon du se rappeler à quel point les elfes étaient vaniteux. Drapée sur les épaules du parjure se trouvait une cape qui lui tombait jusqu'au bas du dos. Elle était recouverte d'un emblème qu'Eragon ne reconnut pas. A sa hanche, Enduriel portait son épée grise sombre, la couleur de son dragon. Eragon avait beau détester cet imbécile d'elfe, il avait au moins le mérite d'être impressionnant ainsi.
« Te voilà enfin Eragon, » Siffla-t-il entre ses dents, « Le roi ne t-a-t-il pas appris la ponctualité à Uru'baen ? »
Eragon eut un rictus, « Je suis désolé, Enduriel. Le fait de savoir faire de la magie me donne des responsabilités. » Il avait passé la plus claire partie de la nuit à l'hôpital du camp, tentant de soigner les malades qui se présentaient à lui. Lauren, qui avait été présente avec lui au début, avait fini par rejoindre Enduriel pour les préparatifs.
Le parjure ne releva pas la pique du jeune homme, « As-tu au moins réussi à enrayer la maladie ? » lui demanda-t-il.
Eragon fit non de la tête, « Il semblerait qu'elle soit due à un poison mélangé à l'eau du camp. C'est maintenant impossible à soigner, la seule chose à faire est d'attendre que ça passe. Heureusement, avec l'aide de Lauren et des magiciens du camp, nous avons pu endormir les douleurs pour que les soldats puissent au moins se battre. »
« Très bien, je n'en demandais pas plus de toutes façons. » Il pointa le menton vers la carte, « Approche-toi, nous allons t'expliquer le déroulement de la bataille. »
Eragon pris place aux côtés des deux parjures. Il tourna la tête vers Lauren quand celle-ci prit la parole.
La dragonnière était-elle aussi en tenue de combat. Fidèle à son style, Lauren portait une fine et sobre armure en cuir clair, qui embrassait chaque courbe de son corps. Si elle ne paraissait pas solide, Eragon supposa qu'elle était fortement enchantée, connaissant l'aisance de Lauren avec la magie. Logé dans sa main gauche se trouvait un long bâton de bois finement taillé. Le manche prenait la forme de trois branches s'enroulant sur tout le long. A l'extrémité de ce bâton, parfaitement figé dans un socle, se trouvait le plus gros diamant qu'Eragon avait vu durant sa vie. Il faisait la taille de son poing fermé, et semblait toujours luire quel que soit la luminosité ambiante. Il s'agissait de l'arme de Lauren, Ilumëo, la vérité. N'étant pas une épéiste née, la parjure avait préféré se faire confectionner une arme qui mettrait en valeur son talent.
« Enduriel va confier la direction de l'armée au général Hubert, c'est lui qui mènera la charge. » Elle désigna sur la carte un grand H, placé à l'avant des nombreux pions représentant l'armée de l'empire.
Elle continua en désignant quatre pions en forme de dragon, « Notre travail, à Enduriel et à moi, c'est de vaincre les deux dragonniers. Je m'occuperais de ton frère, Murtagh, et Enduriel combattra Arya. Une fois ces deux-là éliminés, leur armée devra battre en retraite, sous peine de se faire décimer. »
Eragon hocha la tête. En somme, c'était une bataille avec dragonniers très classique. Le premier camp à perdre ses dragonniers avait perdu, c'était aussi simple que cela. Cela soulevait quand même une question le concernant.
« Et moi ? » Demanda-t-il, cherchant un éventuel grand E sur la carte. N'en trouvant pas, il leva la tête vers les deux parjures, « Quelle sera ma mission dans tout ça ? »
Il ne pouvait pas combattre à dos de dragon avec Lauren et Enduriel car il risquait d'entraver leurs mouvements, et il ne se voyait pas non plus combattre en plein champ de bataille tel un vulgaire soldat, car cela serait gâcher son potentiel. Non, Enduriel et Lauren devait avoir une autre tâche à lui confier.
« Ta tâche sera de traquer les magiciens ennemis, dans un premier temps. » Expliqua Lauren, « Je ne sais pas depuis quand le dragon rouge a éclos pour ton frère, mais je doute que cela fasse si longtemps. Les vardens auront surement placé des magiciens doués en support s'ils veulent que Murtagh survivent à la bataille. Je veux que tu traques ces magiciens sur la terre ferme, et que tu t'en débarrasse. »
« Ça me va. » Dit Eragon d'un ton égal. Il se tourna ensuite vers Enduriel, voulant le mettre en garde. « Fais attention, Arya est une adversaire redoutable, je ne m'en suis sorti que par la ruse la dernière fois. »
Le parjure lui jeta un regard noir.
« Oui, mais je ne suis pas toi, et je ne suis pas seul sur terre cette fois. » Fit-il d'un ton mauvais, rappelant une nouvelle fois à Eragon que Saphira n'était pas à ses côtés.
Lauren les regarda chacun leur tour, nullement amusée par la joute verbale. Alors qu'Eragon s'apprêtait à répliquer, elle cogna le sol de son bâton, faisant souffler un vent chaud dans la tente.
« Il suffit. Vous êtes ridicules » Elle pointa Eragon du doigt, « Retrouve moi ici aux aurores. Demain, tu chevaucheras avec moi. »
« Très bien. » Dit le jeune homme, « Si vous avez besoin de moi, je serai à l'armurerie. »
Il lança un dernier regard de défi en direction d'Enduriel avant de quitter les lieux.
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Le vacarme des cornes de guerre sortit Eragon de ses pensées. Les avant-gardes des armées venaient de se rencontrer dans un fracas de métal et de cris, vrillant les oreilles sensibles du jeune homme. Enduriel porta deux doigts à ses lèvres, et annonça solennellement en ancien langage :
« Puissent les étoiles veiller sur vous. »
Eragon ne retourna pas le salut typiquement elfique, il n'en était pas un de toutes façons. Il hocha simplement la tête en guise d'approbation.
Lauren fit de même, « Bonne chance. On se retrouve après la bataille. »
Sur ces mots, Enduriel plongea en direction des troupes adverses. Il comptait séparer Arya de Murtagh pour la prendre en combat singulier. Son dragon gris rugit, désorganisant les soldats surdans en dessous de lui. Eragon le vit inspirer profondément, avant de relâcher un enfer de flamme sur les pauvres hommes. Il eut à peine fini de cracher son feu que Firnen et Arya furent sur lui. Le dragon vert percuta le dragon d'Enduriel par le flanc, l'envoyant tourbillonner dans les airs sur plusieurs pieds. Enduriel et son compagnon se remirent cependant rapidement du coup et, prenant de la hauteur en quelques coups d'aile, se ruèrent sur Arya et Firnen.
« Eragon ! »
La voix de Lauren sonna comme lointaine au jeune, qui dut faire un effort sur lui-même pour se focaliser sur la parjure. Il secoua la tête pour se revigorer, il n'aurait jamais pensé que le début d'une bataille puisse autant le secouer.
« Laisse-le se débrouiller, » lui lança Lauren par-dessus son épaule, « Tuer des dragons, ça, il connait. Est-ce que tu es prêt à sauter ? »
Eragon vérifia qu'il avait tout son matériel sur lui, ce qui se limitait à une rapière, un arc et quelques flèches dans un carquois. Son armure était légère, étant donné qu'il allait passer le plus clair de son temps à courir, il n'avait pas voulu s'encombrer.
Regardant la dragonnière, il acquiesça.
« Parfait. » Elle désigna de la main l'endroit ou Murtagh et son dragon planait, un peu à l'arrière de l'armée. « Si des magiciens sont avec lui, ils tacheront de se placer juste en dessous de lui, pour que la distance entre eux soit la plus petite possible. C'est là que tu dois te rendre, compris ? »
Eragon hocha de nouveau la tête. Une flèche siffla devant ses yeux, passant entre Lauren et lui. La dragonnière fronça les sourcils à cela.
« Très bien, dans ce cas, ne perdons pas plus de temps. » Elle le regarda sérieusement, « Tache de ne pas mourir, je n'ai pas envie d'être celle qui annoncera ta mort à Daellin. »
« Ta sollicitude me touche, Lauren. Bonne chance à toi. »
Et sur ce, il sauta du dragon blanc de la parjure. Il se fit la réflexion, non sans sarcasme, que c'était la deuxième fois qu'il plongeait de cette manière en seulement quelques semaines, la première ayant été à Aberon.
Le vent fouetta son visage, rabattant ses oreilles sur les côtés de son visage. Eragon plissa les yeux pour éviter qu'ils ne s'assèchent. Il aurait pu jeter un sort, mais il préférait garder son énergie, il risquait fort d'en avoir besoin par la suite. Le sol se rapprochant à grande vitesse, le jeune garçon décida de ralentir sa chute.
« Svironar ! » (« Ralentir ! »)
C'était un sort très simple, mais très efficace que les dragonniers utilisaient souvent lors des combats à dos de dragon. L'intention était très claire, Eragon avait appris au cours de sa formation qu'il ne fallait jamais recourir à des phrases complexes, car c'était le meilleur moyen de se tromper. Le mieux restant encore de transmettre directement sa volonté à la magie, sans prononcer de mot. Mais Eragon, bien qu'étant un relativement bon magicien, ne se risquait pas encore à cela.
A l'approche de la terre ferme, il changea de position et tendit ses jambes vers l'avant pour se réceptionner. Il atterrit souplement dans un nuage de poussière, absorbant le choc en pliant les genoux. Battant des bras pour dégager sa vue, il observa le panorama qui s'offrait à lui.
Il se trouvait à l'arrière de l'armée de l'empire, aux côtés des archer qui tiraient flèches après flèches en direction des surdans et des vardens. Un peu plus loin devant lui, le front principal de la bataille lui apparaissait comme un amas informe d'armures étincelantes qui s'entrechoquaient sous le soleil des plaines brulantes. Le bruit de la guerre était assourdissant. On entendait constamment une lame cogner sur un côté de maille, une flèche percer une épaule ou encore le hurlement d'un soldat qui livrait son baroud d'honneur.
Eragon tourna la tête sur sa gauche, et observa quelques instant la cavalerie surdane tenter de contourner l'armée de l'empire. Les bruit des sabots, rythmé par le galop, resonnait presque comme une mélodie barbare, comme la dernière ode qu'entendraient les ennemis du Surda. Cependant, juste avant qu'ils n'entrent en contact avec les hommes d'Enduriel, le sol craquela sous les pattes des chevaux, une lumière blanche en émanant.
Comprenant ce qui se passait, Eragon jeta un œil en direction de Lauren qui, toujours perchée sur son dragon, avait levé son bâton vers le ciel. Le jeune homme pouvait voir les lèvres de la parjure bouger de là où il était, psalmodiant des incantations sans doute mortelles en ancien langage. Une fissure apparut entre les cavaliers surdans et l'armée de l'empire, empêchant effectivement les premiers de mettre en place leur stratégie.
Un sourire aux lèvres, Eragon vérifia que son épée et son arc étaient bien attachés à son armure puis, d'une démarche souple, s'élança en direction de la bataille.
Il prit un instant pour penser à Murtagh, regrettant de le retrouver dans le camp ennemi aujourd'hui. Cependant, il chassa cette pensée rapidement.
Il a choisi de prendre part à la guerre, il assume donc les conséquences. J'aurais aimé pouvoir choisir moi aussi, Pensa sombrement le dragonnier. Le temps des remords pouvait attendre.
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« Garjzla ! »
Le trait de lumière s'échappa de la paume d'Arya et fila en direction de l'immense dragon gris qui lui faisait face. De façon très agile pour une créature de sa taille, le dragon esquiva le trait de magie en s'élevant d'un coup d'aile.
Arya profita de l'instant de répit pour jeter un œil à Firnen. Le dragon vert avait une longue estafilade le long de l'épaule droite, l'armure ayant été rompue à cet endroit. La blessure n'était pas très profonde, mais risquait de devenir gênante pour Firnen si la bataille s'éternisait. Arya prononça en ancien langage les mots de soin, et les écailles de son dragon redevinrent intactes.
Firnen laissa échapper une flammèche émeraude, signalant à l'elfe sa reconnaissance.
« Ils ont plus d'expérience que nous, » La voix grave de Firnen resonna dans l'esprit d'Arya, « Ils vont être difficiles à vaincre. »
L'elfe hocha la tête, un peu inquiète que Firnen, qui était d'un naturel confiant quand il s'agissait de ses capacités, sonne si défaitiste.
Elle tapota le flanc du dragon, essayant de paraître rassurante.
« Je pense que nous sommes plus fort qu'eux, » tenta de rassurer Arya, « Il faudrait que nous arrivions à tourner le combat à notre avantage. »
Enduriel et son dragon réussissaient, sans doute grâce à leurs nombreuses années de pratique ensemble, à contrecarrer toutes les tentatives d'attaque d'Arya et de Firnen. Et en plus d'en sortir indemnes, ils parvenaient à riposter efficacement, comme en témoignait l'épaule de Firnen quelques instants auparavant. Arya était pour l'instant relativement épargnée grâce aux nombreux enchantements qu'elle avait placé sur elle et son armure. Firnen, dont la surface corporelle était bien plus grande, encaissait quant à lui beaucoup plus de coups.
« Il faut que nous les séparions, » Dit Firnen avec hargne, « Je suis certain d'avoir l'avantage sur le dragon gris si son elfe n'est pas sur son dos. Et je suis certain que tu ne ferais qu'une bouchée d'Enduriel dans un combat sur la terre ferme. A l'épée, il n'est pas Eragon. »
Arya grimaça au nom de celui qui lui avait échappé deux fois. Pour une fois, ce n'était pas lui son adversaire, bien qu'elle se demandât où il était.
Elle s'apprêtait à répondre quand un grondement sourd ce fit entendre. Elfe et dragon tournèrent la tête d'un seul homme en direction du bruit. Sur le flanc droit de l'armée de l'empire, la cavalerie d'Orrin avait été stoppée net par une crevasse qui semblait être sortie de nulle part. Arya vit le roi du Surda ordonner à ses hommes de se replier, l'épée levée en direction de leur retraite.
Fronçant les sourcils, Arya regarda en direction du dragon blanc qui volait en cercle au-dessus des impériaux. L'humaine assise dessus lui faisait bien plus peur qu'Enduriel.
« Arya ! »
Firnen avait senti son trouble, et tentait de la calmer par le lien qui les unissait.
« Ne t'occupe pas d'elle pour l'instant, Murtagh et les elfes vont s'occuper de la bloquer le plus longtemps possible. Si puissante soit-elle, elle ne peut pas surmonter treize magiciens d'un seul coup. »
« Tu as raison, » Opina-t-elle mentalement, « Occupons-nous d'Enduriel. Il faut que nous les forcions à se rapprocher du sol. Au vu de la taille du dragon, il ne pourra pas manœuvrer aussi agilement que si haut dans le ciel. Mais comment faire en sorte qu'ils nous suivent ? »
Si Firnen et Arya désertaient le combat sans raison apparente, ils pouvaient être surs qu'Enduriel allait attaquer Murtagh qui était une cible plus facile, car moins entrainée. Il leur fallait un moyen de pression.
Mais lequel ? Pensa l'elfe en scrutant le champ de bataille.
Les soldats de l'empire étaient certainement dispensables aux yeux des parjures, car remplaçables. Arya n'était même pas sure qu'une attaque sur leur commandant provisoire, qu'elle apercevait à l'arrière des troupes en train d'hurler des ordres, inciterait le parjure à contre-attaquer.
Alors qu'elle commençait à désespérer, Firnen intervint dans sa tête.
« Je ne savais pas qu'il y avait des elfes au service de Galbatorix. »
Il lui envoya l'image d'une fine silhouette se faufilant au cœur de la bataille. En plissant les yeux, Arya vit effectivement ce combattant à l'armure légère se déplacer à une vitesse bien trop rapide pour être humaine. Il semblait faire de son mieux pour esquiver les soldats surdans, qui étaient de toutes façons bien trop occupés par leurs vis-à-vis de l'empire pour faire attention. L'inconnu du cependant dégainer son épée quand deux hommes lui firent face. En quelques coups vifs, il disposa des soldats avant de continuer sa course. Abasourdie, Arya reconnu sans mal le mouvement de poignet qui l'avait désarmée à Farthen Dur il y a déjà si longtemps.
« Il n'y en a pas, » Répondit Arya à son dragon, « Il s'agit d'Eragon. Firnen, il semblerait que nous ayons trouvé notre appât. »
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Eragon leva les yeux et vit que Murtagh et le dragon rouge avaient quitté leur position statique à l'arrière. A grand coups d'aile, ils se dirigeaient vers Lauren, formant un arc de cercle autour de la bataille pour éviter d'être trop facilement pris pour cible par les archers de l'empire.
Eragon jura. Une grande partie de la distance qu'il avait parcouru n'avait servi à rien. S'arrêtant brusquement, il reparti en vitesse dans la direction de son frère.
Un autre groupe de soldats surdans décida de l'intercepter. Les trois hommes lui firent face, une lueur décidée quoiqu'un peu apeurée dans leurs regards. Eragon regarda leurs longues lames incurvées, les typiques sabres surdans, d'un air blasé.
Pensent-ils vraiment être capables de m'arrêter ? Marmonna intérieurement le jeune homme. Il dégaina sa propre épée, fine et droite, quand l'un des hommes cria :
« Vindr abr brisingr ! » (« Souffle de feu ! »)
L'air autour du dragonnier s'enflamma instantanément, ayant pour double effet de bruler et d'étouffer Eragon. Les protections du jeune homme empêchèrent la chaleur de le calciner, mais il ne pouvait cependant pas respirer et donc, par extension, pas riposter magiquement.
Gardant son calme, et maudissant les magiciens, Eragon fit un rapide mouvement circulaire de sa jambe, raclant le sol sec de sa botte. Un nuage de poussière s'éleva autour de lui, le camouflant efficacement de la vue des surdans. Profitant de l'avantage momentané, Eragon plia les genoux, puis sauta aussi haut qu'il le pu. Il vit la surprise apparaitre sur le visage des magiciens quand ils l'aperçurent s'élever dans les airs, avant d'être remplacée par la peur quand Eragon fondit sur eux lame à la main.
En trois coups d'épée trop vifs pour de simples humains, le dragonnier laissa ses ennemis gésir sur le sol dans une mare de sang.
Essuyant rapidement le liquide cramoisi de son épée, Eragon se remit en quête de son frère. Une déflagration dans le ciel attira son attention, et le jeune homme aperçut un dragon rouge tomber en chute libre vers le champ de bataille. Son corps massif fut cependant ralenti avant qu'il ne s'écrase au sol trop brutalement.
Au même moment, Eragon sentit une conscience toucher la sienne :
« Eragon, » La voix de Lauren paraissait sinon inquiète, au moins songeuse, « Murtagh est assisté par des magiciens très puissants. Fais attention, il y a quelque chose qui cloche, mais je ne parviens pas à déceler ce que c'est de là-haut. »
Eragon observa la parjure et son dragon blanc. Le bâton de Lauren brillait intensément, tel un phare, dans la lumière du jour. Elle le leva à nouveau, et lança ce qui semblait être un coup de foudre sur le dragon de Murtagh, encore au sol. Cependant le sort fut absorbé avant d'avoir pu faire des dégâts.
Eragon haussa un sourcil à cela. Lauren était l'une des magiciennes les plus puissantes de l'histoire, et arrêter sa magie n'était pas un mince exploit. Il reprit sa course, bien décidé à découvrir qui en était capable.
« Je dois récupérer un peu d'énergie. » Fit à nouveau Lauren dans l'esprit d'Eragon. Elle semblait en effet fatiguée, ce qui n'avait rien d'anormal quand on considérait la quantité de magie qu'elle utilisait depuis le début de la bataille.
« Je n'ai besoin que de quelques minutes, tâche d'en apprendre plus en attendant. »
Eragon lui donna son approbation mentalement, et la dragonnière se retira de son esprit. Cependant, les quelques instants qu'il avait passé à communiquer avec Lauren avait détourner son attention de ses environs. Il ne s'aperçut ainsi que très tardivement qu'il se trouvait dans une zone d'ombre alors qu'il n'y avait aucun arbre aux alentours.
« Mais qu'est-ce que … ? »
Deux immenses serres entrèrent soudainement dans son champ de vision, et Eragon eut le réflexe de sauter sur le côté pour les esquiver. Il se réceptionna en une roulade, finissant un genou au sol et l'épée dégainée, cherchant des yeux ce qui l'avait attaqué. Néanmoins, il n'eut pas à pousser son observation bien loin. En effet, un dragon vert familier fondait à nouveau sur lui, griffes écartées, avec des intentions évidentes. Sur son dos, une elfe aux cheveux de jais le fixait d'un regard froid.
Il ne manquait plus qu'eux, pensa Eragon sombrement.
Esquivant à nouveau la tentative de Firnen, Eragon leva la main, gedwëy ignasia en avant :
« Jierda ! » Cria-t-il en direction des meilleurs ennemis.
Firnen esquiva aisément, mais le gain de temps permit à Eragon de mettre de la distance entre lui et le dragon vert. Ce dernier ne tarda pas à revenir à la charge, forçant Eragon à courir en zigzag pour éviter de se faire attraper. Assez bizarrement, seul Firnen semblait en avoir après le jeune homme. Arya n'était pas encore entrée en action et se contentait pour l'instant de l'observer du haut de son dragon.
Un déluge de flamme verte s'abattit devant Eragon, le forçant à stopper sa course. Il eut à peine le temps de reprendre ses esprits que les griffes d'une des pattes de Firnen se refermèrent sur lui. La rage s'empara d'Eragon et, le regard noir, il projeta sa conscience vers le ciel :
« ENDURIEL ! » hurla-t-il en rencontrant l'esprit de l'elfe, « Serais-tu capable pour une fois dans ta misérable vie d'agir avec un semblant d'intelligence ?! »
Il ne laissa pas le temps au parjure de répliquer, et continua :
« Ça fait je ne sais combien de temps que je me tue à esquiver les attaques d'un ennemi dont TU étais censé t'occuper, alors par pitié, il serait temps que tu interviennes ! »
Il retourna dans son corps avant d'entendre ce que l'elfe avait à dire. Agissant vite, il réussit à dégager son bras droit des griffes du dragon vert, au prix d'une intense lutte physique avec ce dernier. Retournant son épée dans sa main d'une rotation souple du poignet, il l'enfonça jusqu'au pommeau dans la cuisse de Firnen. Ce dernier rugit de douleur en recevant le coup et relâcha le jeune homme, qui tomba dans le vide sous le dragon.
Ne perdant pas une seconde pendant sa chute, Eragon saisit son arc de son dos, encocha une flèche et cria en libérant le trait en direction de Firnen :
« Brisingr ! »
De la même manière que le jour où il s'était échappé d'Aberon, la flèche pris une aura bleutée, filant à la verticale à une vitesse telle qu'elle était devenue presque invisible. Elle percuta le ventre de Firnen dans une explosion de flammes saphir.
Le dragon vert fut projeté vers le ciel par le souffle de la magie, et Eragon espérait que cela suffirait à éloigner Arya et Firnen suffisamment de lui le temps qu'Enduriel s'occupent d'eux.
Le contrecoup de ce sort fut qu'Eragon fut également propulsé par l'explosion, mais vers le sol. Comme il ne se trouvait déjà pas à une hauteur très élevée quand Firnen l'avait lâché, il heurta le sol rapidement, sans avoir le temps de se réceptionner. Sa tête rencontra une pierre, et le choc brisa la barrière de protection entourant son corps.
Il se releva en chancelant. L'impact l'avait bien secoué. Il ouvrit la sacoche qu'il portait à son côté, et récupéra dedans un gros rubis. La gemme était brisée, ce qui signifiait que toute son énergie avait été vidée et que les sorts qui y étaient attachés n'avaient plus d'effet. Le jeune homme grimaça.
A partir de maintenant, il était sans protection.
Il jeta un coup d'œil autour de lui. Il se trouvait toujours à proximité du front principal, sur un léger promontoire rocheux. La bataille faisait toujours rage et les deux armées se rendaient coups pour coups. De là où il était, Eragon avait cependant l'impression que l'empire avait reculé et que les vardens et surdans avaient pris l'avantage. Il aperçut également Enduriel et son dragon aux prises avec Arya et Firnen. Le jeune homme écarquilla les yeux quand la dragonnière sauta du dos de Firnen pour atterrir sur la monture de son ennemi. Debout sur le dos du dragon, elle asséna un formidable coup de pied qui éjecta Enduriel hors de sa scelle.
Le dragon gris fulmina, se tordant sur lui-même en essayant de croquer Arya. Celle-ci plia ses longues jambes et bondit à la suite d'Enduriel dans un arc de cercle plein de grâce. Le dragon tenta de plonger à sa suite, mais Firnen l'intercepta en lui attrapant le cou avec sa mâchoire.
Eragon se força à détourner les yeux du combat. Il avait encore à faire. Il vit Murtagh et son dragon voler très proche de lui. Lauren avait quant à elle choisi de cibler avec sa magie l'armée surdane, elle avait sans doute remarqué que la bataille tournait au vinaigre pour l'empire. Le jeune dragonnier se décida à aller éliminer les magiciens de Murtagh, car il n'était pas normal qu'ils aient pu résister à Lauren aussi longtemps.
Il se mit à courir, en évitant les quelques flèches qui le ciblaient, dans la zone approximative ou devait se trouver les magiciens. Très vite il tomba sur un groupe, et sut instantanément qu'il s'agissait bien de ceux qu'il cherchait. En effet devant lui, au nombre de huit, drapés de vêtements et d'armures dont la qualité ne se trouvait pas dans l'empire, se trouvaient des elfes, leurs longues oreilles pointues pliant légèrement sous la brise qui s'était levée.
En sentant sa présence, les elfes tournèrent leurs regards sauvages vers lui, et Eragon s'immobilisa. Non pas parce qu'il avait peur, mais parce qu'il fut cloué au sol par la force mentale des membres du beau peuple. Huit esprits entourèrent le sien, et il dut faire tout son possible pour ne pas céder sous la pression exercée.
Il fallait qu'on le tire de là, car malgré tout son talent, il ne ferait pas le poids face à autant d'elfes. A fortiori sans Saphira et dans l'état de fatigue dans lequel il était.
Il chercha dans son esprit la magie qui lui restait, brandit sa main droite vers le ciel, et prononça :
« Kveykva ! » (« éclair !»)
Un rayon de lumière jaillit de sa main, signalant sa position. Il sentait les barrières de son esprit céder sous la force des elfes. Cette fois, il lui faudrait un miracle.
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Arya aperçut à sa gauche un éclair de lumière monter vers le ciel, mais n'y prêta pas plus attention que ça. Face à elle, Enduriel était au bord de la rupture. Comme Firnen et elle l'avaient prédit, le combat se présentait beaucoup mieux une fois elfe et dragon séparés.
Au-dessus d'elle, Firnen avait largement l'avantage contre son adversaire beaucoup plus limité que lui, et ce n'était qu'une question de temps avant qu'il n'en finisse.
Feintant à droite, Arya ramena Tamerlein, son épée de dragonnière, vers le torse d'Enduriel. Ce dernier para difficilement, et Arya tenta de forcer sa garde en sentant qu'elle était faible. Enduriel tourna sur lui-même, faisant virevolter sa sombre cape, et repoussa Arya. Sans perdre une seconde, cette dernière lança un sort qui fit remonter de l'eau à la surface du sol, trempant les bottes du parjure. Ce dernier eut un rire mauvais :
« Il en faudra plus pour me battre, princesse. »
Dire qu'Arya fut surprise était un euphémisme.
Princesse ? Est-ce qu'il saurait que... ?
Enduriel dut sentir son malaise, car il continua :
« Oh oui, j'ai bien deviné qui tu étais Arya, fille d'Evandar et Islanzadi. Tu as le même faciès que ton père. »
Arya fronça les sourcils à cela.
« Tu connaissais mon père ? » Demanda-t-elle en reprenant son souffle. Elle était un peu étonnée qu'Enduriel soit au courant de son ascendance. Elle ne pensait pas que les parjures avaient pu la connaître.
« Bien sûr, je me souviens de la célébration de ta naissance comme si c'était hier. » Dit Enduriel, avant de se mettre à ricaner, « Presque tous les elfes étaient là, dragonniers y compris, et donc parjures y compris. Evandar… Je me souviens de lui, je me souviens de son visage tordu de douleur quand Galbatorix lui a percé le ventre de son épée. »
Arya vit rouge. Elle n'avait peut-être pas connu son père, mais elle n'accepterait pas qu'on salisse sa mémoire. Surtout pas de la part d'un traître comme Enduriel.
« Nous verrons bien quel visage tu fais dans quelques instants. »
Dans la foulée, elle gela l'eau sur le sol, bloquant les jambes d'Enduriel dans la glace. Elle se jeta ensuite sur l'elfe, qui ne pouvait plus bouger. Le parjure para le revers d'Arya, mais celle-ci enchaina de l'autre côté. Cette fois, Enduriel ne put rien faire, et Tamerlein pénétra son épaule gauche en sectionnant la base.
Enduriel grogna de douleur, mais parvint à se libérer de la glace. Bondissant en arrière, il testa son épaule en sang. Son bras était devenu inutilisable tel quel, et il l'avait bien compris. Le parjure jeta un regard proprement maléfique à Arya :
« Fini de jouer, maintenant. »
Il leva son épée grise vers la jeune elfe, et s'apprêtait à attaquer quand quelque chose se passa.
Arya n'aurait pas pu le définir avec précision, mais c'était comme si le monde lui-même s'était troublé un court instant. Arya sentit sa magie disparaitre, comme si elle n'avait jamais existé, avant de revenir progressivement. Le trouble avait été très succin, mais elle n'avait jamais ressenti une telle sensation de vide.
« Arya » La voix de Firnen semblait distante et le lien qui les unissait faible, alors que le dragon vert était juste au-dessus d'elle, « Est-ce que tout va bien ? As-tu senti cela toi aussi ? »
Arya rassura Firnen, « Oui, moi aussi, ne t'inquiètes pas tout est rentré dans l'ordre pour l'instant. Nous éluciderons ça plus tard. »
Elle secoua la tête pour se revigorer, et vit qu'en face d'elle, Enduriel était sur les genoux. Son épée était au sol, et il se tenait la poitrine de sa main valide, au niveau du cœur.
Voyant l'ouverture, Arya combla la distance qui la séparait du parjure en quelques enjambées. Elle repoussa l'épée d'Enduriel du pied, la plaçant hors d'atteinte. Le parjure releva la tête, le visage crispé.
« Que m'as-tu fait, sorcière ? » Croassa-t-il, le ton emprunté.
Arya le regarda, n'en sachant pas plus qui lui sur ce qu'il venait d'arriver. D'un coup de poing au menton, elle projeta le parjure sur son dos, et pointa son épée au-dessus de son torse, gravant l'image d'un parjure à sa merci dans son esprit.
Enduriel regarda l'épée verte, la résignation apparaissant dans son visage, « Vous ne vaincrez jamais Galbatorix, pauvres fous. Il a écrasé seul l'ordre des dragonniers, et vous pensez que vous, une bande de paysans avec des fourches, allez pouvoir ne serait-ce que le toucher ? Vous êtes pitoyables… »
Arya pressa un peu plus Tamerlein dans le torse du parjure :
« D'où tient-il sa force ? Parle Enduriel, c'est sans doute ta dernière occasion de faire une bonne action. »
« Jamais. » Fit-il en attrapant le tranchant de l'épée de sa main droite. L'épée entailla son gant et ses doigts, teintant de sang le vert émeraude de la lame.
« Même si je le pouvais, je ne dirais rien. Mais un serment m'empêche de le divulguer quoiqu'il arrive. »
Le trouble s'empara soudainement de son visage, comme s'il venait de réaliser quelque chose.
Un petit rire lui échappa, « Le serment… Finalement, vous avez peut-être une chance... Adieu, Arya-Dröttningu, je saluerai ton père pour toi. »
Sur ces derniers mots, il tira la lame vers lui, se l'enfonçant dans le cœur. Une grimace de douleur plus tard, et le parjure n'était plus.
A quelques pieds de là, un grand dragon gris s'écrasa au sol, une aile arrachée, aussi mort que son partenaire.
-oo0oo-
Eragon agrippait sa poitrine, respirant profondément pour essayer de calmer les battements frénétiques de son cœur. Il ne comprenait pas ce qu'il s'était passé.
Il était encore en train de lutter contre les volontés combinées des elfes qui tentaient de le briser, quand tout d'un coup leurs esprits disparurent, relâchant toute pression. A ce moment, un grand vide se fit sentir en lui et son cœur avait adopté un rythme frénétique qu'il ne parvenait pas à calmer.
Les elfes parurent aussi étonnés du trouble, si l'on en croyait leur agitation, mais eux n'étaient pas affectés directement comme Eragon l'était.
Le jeune homme avait des fourmis dans les jambes et ses oreilles bourdonnaient. Il tentait de réfléchir à la meilleure manière d'échapper à ses adversaires. Il n'eut cependant pas à s'y atteler longtemps. En effet, des battements d'aile se firent entendre, juste avant qu'une main n'agrippe son épaule.
Sous les yeux ébahis des elfes restés au sol, il s'éleva dans le ciel. La personne le souleva, et l'aida à s'installer sur la scelle derrière elle. En moins de temps qu'il n'en faut pour le dire, le dragon blanc les éloigna, lui et sa cavalière, vers le Nord.
Eragon regarda Lauren, reconnaissant et confus en même temps :
« Je te remercie Lauren, je pense que ça allait mal finir pour moi en bas. »
La dragonnière se retourna pour lui faire face complètement, ses cheveux blond flottant dans le vent.
« Ne me remercie pas, j'ai une part de responsabilité dans cette histoire. J'aurais dû me rendre compte plus tôt qu'il s'agissait d'elfes. Je n'aurais pas dû t'envoyer seul. »
Eragon haussa un sourcil à cela. Entendre Lauren s'excuser était rare.
La parjure continua, « La bataille est finie. Enduriel est mort. Arya l'a tué. »
La nouvelle fut un petit choc pour Eragon. Les parjures avaient tous plus ou moins semblé immortels à ses yeux. Ayant grandi à Uru'baen, il ne les imaginait pas susceptible de mourir.
« Il y a toujours toi et moi. » Fit-il en les désignant.
Lauren fit non de la tête, « Contre deux dragonniers et une cavalerie d'elfes magiciens ? Cela ne serait pas simple en temps normal. Mais en plus, mes enchantements ont cessé de fonctionner, et je ne comprends pas pourquoi. As-tu ressenti quelque chose toi aussi ? »
Eragon acquiesça, « Oui, c'est d'ailleurs ce qui m'a sauvé des elfes. Ils allaient réussir à forcer mon esprit quand c'est arrivé. En parlant de ça, sais-tu ce que c'était ? »
Lauren regarda le champ de bataille, et Eragon l'imita. Ils s'étaient déjà bien éloignés. Le jeune homme pouvait distinguer Arya, Murtagh et leurs dragons voler au-dessus de ce qu'il restait des deux armées, demandant sans doute la reddition de l'empire.
« Je peux émettre quelques hypothèses, mais elles ne resteraient que des hypothèses. Attendons d'être de retour à Uru'baen pour cela. »
Eragon soupira, « Galbatorix va être furieux… »
Sa camarade ne répondit pas, mais elle n'en pensait certainement pas moins.
Hello tout le monde, vous allez bien ?
Voici un nouveau chapitre, qui couvre la bataille des plaines brûlantes en se focalisant sur Arya et Eragon. J'espère qu'il vous aura plu ! L'événement un peu mystérieux de la fin du chapitre aura une grande importance pour la suite. Serez-vous capables de deviner ce qu'il s'est vraiment passé ? Je vous attends dans les commentaires pour ça :p
J'ai une idée très précise de comment je veux finir cette fic, malheureusement je ne sais pas si j'aurai le temps d'écrire l'intégralité de ce que je veux raconter. Mais je tiens vraiment à la conclure, alors même si je dois la raccourcir, faire des ellipses ou je ne sais quoi, je la finirai !
En attendant, bisous, et à la prochaine !
Alex
