Bonjour, bonsoir tout le monde !

Vous êtes toujours aussi géniales et on vous aime vraiment fort ! Merci énormément à Valentine2905, EmmaUneLectrice, Stilandra Black, Guest, Lizzia0901, Vlad, Juste Cllia, Dean Girl, Annabet Lovegood, Volderette Tutu, Amazaria, Vastrid et MomoTheDreamer !

Comme d'habitude, vous trouverez les réponses aux reviews anonymes ici : (http)(:)(/)(/)(cellesqui).(forumactif).(org/t115-reponses-aux-reviews-anonymes-du-chapitre-37-celle-qui-se-faisait-droguer#2212)

Petite message à Malorie : J'avais répondu aux reviews anonymes mais la fatigue a fait que j'ai oublié de mettre le lien avant le chapitre. Si tu vas sur le forum dans le courrier des anonymes, tu devrais trouver ta réponse ! :)

Sur ce, bonne lecture !


CHAPITRE XXXVIII

Celle qui avait besoin de son ex

Avril 1979

Joséphine Bagnold, joueuse de Quidditch professionnelle chez les Pies de Montrose et fille unique de l'actuelle ministre de la magie fit un piquet vers le bas avec son balai pour éviter un cognard frappé rageusement par sa compagne de jeu. Après avoir apprit l'hospitalisation de l'auror Prewett, elle avait pensé, à raison, que son amie Kathleen aurait besoin de se défouler et l'avait donc invité sur le terrain de l'équipe, vide à cette heure-ci. Elle était loin de se douter de la rage et la force qui habitait la grande brune, qui jouait habituellement avec elle au poste de poursuiveuse, mais qui avait exceptionnellement pris la batte de Quidditch. La joueuse ne pouvait en effet pas se douter que l'ancienne serpentarde, après un entretien non concluant avec le guérisseur, avait eu une discussion houleuse dans le couloir de Sainte Mangouste avec Alastor Maugrey, venu s'enquérir de l'état de ses "troupes", avait-il dit. Kathleen avait pris la fuite quand le ton était monté, mais elle était certaine de ne pas couper à la conversation qu'elle lui devait. L'auror n'oublierait pas ses suspicions à son égard.

- Du coup si je comprends bien, tu ne parles ni à ta soeur, qui est également ta meilleure amie, parce qu'elle aurait du se mêler de ce qui la regarde, ni à ton meilleur ami parce que... tu ne m'as pas dit pourquoi... Résuma Joséphine en se séchant les cheveux avec une serviette, assise dans l'herbe une fois qu'elles eurent fini de jouer.

- Hum, parce qu'il a commit l'impardonnable, répondit Kathleen, le souffle court avant de boire une gorgée d'eau.

- Oooh, il a des vues sur Gideon?

- Mais non! S'exclama la brune avant de sourire, ne pouvant s'en empêcher tant la proposition de Joséphine était stupide. Je préfère ne pas en parler.

- D'accord, du coup parlons Quidditch! Tu veux revenir quand? Le terrain est libre à la même heure dans deux jours! Sinon la semaine prochaine, lista la rouquine.

- Dans deux jours! Répondit Kat à toute vitesse.

Frapper dans les cognards était étonnement satisfaisant et voler dans les airs lui permettait de se vider la tête. Elle oubliait ses problèmes, elle oubliait qu'elle avait mal, que Gideon était blessé, que Regulus avait détruit leur amitié pour toujours, que Morgane l'avait trahie (même si elle le savait, sa colère ne durerait pas longtemps encore), que la guerre faisait rage, que sa belle-mère ne l'aimait pas et qu'elle ne serait jamais assez bien pour son fils. A chaque fois qu'elle frappait dans l'une de ces balles, un peu de sa frustration disparaissait, bien sûr c'était momentané, mais ça suffisait pour la soulager.

- Tu sais, le mois prochain il y a un match de qualification pour la coupe de Quidditch, lança Joséphine. J'ai encore deux billets, je me disais que tu pourrais peut-être venir m'acclamer avec ... James, c'est ça ? Ton ami complétement accro du Quidditch ? Si on est qualifié et qu'on va en finale, je pourrais avoir plus de billets, mais j'imagine que pour l'instant, c'est à lui que ça ferait le plus plaisir de venir ...

- Oui, et je lui dois bien ça, acquiesça Kathleen. Il s'est précipité pour sauver Gideon, avec Sirius. Et je m'en veux un peu, mais je l'ai délaissé, après Poudlard, alors qu'on était plutôt proches avant. D'un autre côté ... j'aurais l'impression d'essayer de remplacer mon ... ancien meilleur ami par lui, et je veux pas qu'il ait cette impression, soupira Kathleen.

Elle avait souvent songé à faire quelque chose, rien qu'avec James, aux cours des derniers mois. Son ami lui manquait. Elle l'avait aimé comme un frère, lui aussi, à Poudlard. Elle l'aimait encore ... Mais moins que Regulus, malgré toute la haine qu'elle avait pour ce dernier. La vie, Lily et Gideon, les avaient éloigné, tout les deux.

- Tu ne devrais pas penser comme ça, surtout que je ne pense pas qu'il le fera, lui.

- Qu'est-ce qui t'en rend si sûre ?

- Et bien... Nous avons passé plus de temps ensemble au cours de la dernière semaine que durant des mois complets. Je suis ton amie, ça me fait plaisir de te voir et de t'aider. Mais certains pourraient croire que je remplace Morgane, tu ne crois pas ?

- C'est faux ! S'outra Kathleen.

- Je sais, sourit Joséphine. Et James le saura aussi, si tu te décides. Tu as besoin de soutien, Kathleen, ajouta-t-elle sérieusement. Tes amis sont là pour ça. Tous tes amis ... Et certains souffrent peut-être de l'éloignement que tu mets entre toi et les autres. Vas parler à Morgane.

Kathleen resta silencieuse, faisant rouler sa bouteille d'eau d'avant en arrière sur le sol. Elle avait pensé à aller voir Morgane à plusieurs reprises, mais elle n'était pas sûre de pouvoir lui faire face sans s'énerver contre elle. C'était très certainement injuste, si cette histoire était arrivée à un autre moment que la fin de son amitié avec Regulus elle aurait eu moins de mal à pardonner, mais là, c'était trop d'un coup. Elle était bien consciente que de son côté Morgane devait s'en vouloir et souffrir et bien évidemment, ça lui faisait de la peine, mais vu l'état dans lequel était Morgane, lui crier dessus ferait plus de dégâts qu'autre chose. Qui plus est, la petite blonde avait envoyé plusieurs beuglantes dans lesquelles elle lui chantait différentes chansons sur le pardon, l'amitié, l'amour, la solitude et ça devenait très difficile de lui en vouloir quand on l'entendait chanter "Sorry" de Justin Bieber ou encore "All By Myself" de Céline Dion avec un coup dans le nez.

- Si je finis pas par y aller, elle finira par débarquer chez moi, soupira-t-elle sans regarder Joséphine. Morgane n'est pas du genre à baisser les bras, pour quoique ce soit.

- Mais ce qu'il y a entre vous est spécial, n'attends pas qu'il soit trop tard pour aller vers elle Kat. Il ne faut pas prendre les gens pour acquis, soeur ou pas, fit sagement Joséphine avant de se lever en frissonnant. Bon c'est pas tout ça, mais il commence à faire frais et on est couvertes de sueur, je voudrais pas choper la mort avant les qualifications! Lança-t-elle devant le silence de son amie qui semblait dans ses pensées.

- Oui, allons prendre des douches et nous changer, sourit Kathleen en se levant à son tour avant de caler son balai sur son épaule.


- Morgane, qu'est-ce que tu fais ? S'étonna Fergus qui venait d'ouvrir la porte d'entrée pour découvrir Morgane en train de chanter "ta meilleure amie" à une beuglante.

Morgane lui offrit une mine piteuse en se tournant vers lui.

- J'envoie des lettres à Kat ... J'espère que plus la chanson est pourrie, plus ça la fera rire et plus vite elle me pardonnera, souffla la petite blonde en s'affalant sur son canapé.

- Ouais, enfin, il y a des limites aux mauvais goûts, là elle va finir par t'assassiner. Où es-tu allée chercher une horreur pareille ? S'horrifia le jeune McLaggen en s'installant. J'en viens à regretter d'avoir appris le français!

- Si tu savais ...

- Bon. Ne t'inquiète pas trop pour Kathleen, j'ai appris par Mouton que son fiancé et les deux autres aurors étaient sortis de l'hôpital il y a trois jours, ils vont bientôt être comme neufs et sa colère passera.

- Tu comprends pas, Fergus ... Elle ne m'en aurait pas voulu dans d'autres circonstances ... mais là ... Elle pense que je l'ai trahi ... comme Lui, renifla-t-elle, misérable.

- Tu as fait ça pour son bien, elle le sait, j'en suis sûr, ma poulette. A propos de lui, toujours rien ?

Morgane hocha négativement la tête avant de pousser un soupir à s'en fendre l'âme.

- Il reviendra pas, Fergus. C'est fini pour de bon cette fois ...

- Rien n'est jamais fini tant qu'on ne l'a pas décidé ! Au fait, tiens, ajouta-t-il en sortant un dossier de sa veste. Mouton a été piquer ça dans le bureau de son ex.

- Les dossiers de Jackson ? S'exclama Morgane.

- J'imagine. C'est ce que tu lui as demandé, non ? Déclara Fergus en haussant les épaules. Mais j'ai du mal à comprendre ce que tu peux faire de plus maintenant ...

- Tu l'as dit toi-même, rien n'est fini tant qu'on ne l'a pas décidé ! Déclara vivement Morgane en feuilletant le dossier. Et je n'aurais pas fini tant que je n'aurais pas le cœur en paix, et pour ça, il faut que je comprenne.

- Que tu comprennes quoi? Je suis en train de me demander si tu ne prends pas de la drogue quand je suis pas là. Jackson est mort... Tenta Fergus en la regardant décortiquer des résultats d'analyses à toute vitesses, penchée au dessus du plan de travail de sa cuisine, soudainement très active.

- Que je comprennes où est-ce que j'ai merdé, répondit-elle en attrapant un stylo rouge qui trainait pour entourer des résultats. Jackson allait merveilleusement bien avant sa rechute, ça faisait des semaines que ses résultats étaient stables, expliqua-t-elle en lui montrant des graphiques du doigts.

- Ça sert à rien de me montrer, je sais pas de quoi ça parle, je veux dire, je sais que je suis intelligent, mais c'est pas mon domaine, c'est le tien, grommela son ami en plissant les yeux.

- Et là, trois jours avant sa mort, ses résultats sont devenus déplorables, d'un seul coup. Jamais auparavant ça n'était arrivé... Mais si on compare ses prises de sang précédant sa mort aux autres qui ont été faites quand il allait mal, il n'y a pas de grosse différence, on voit juste que tout les taux sont inquiétants... notamment son taux d'hémoglobine. Il était tellement anémié qu'il en est mort, pourtant on lui a fait des transfusions et donné des potions de régénérations sanguine, c'est d'ailleurs une des raisons qui faisait qu'il allait toujours mieux... ça n'aurait pas dû le tuer... Est-ce que... Est-ce que quelque chose dans son organisme s'est mis à détruire ses globules rouges? Réfléchit-elle à haute voix.

- Euuuh...

Morgane regarda à nouveau le dossier, feuilletant frénétiquement les pages, soulignant et entourant des résultats, faisant des flèches. Fergus se tenait à côté d'elle, silencieux, jusqu'à ce qu'elle le fasse sursauter lorsqu'elle referma le dossier d'un coup sec et passa une main dans ses cheveux, l'air agité.

- Qu'est-ce qu'il se passe? Demanda-t-il, curieux.

- Bon, je suis pas sûre de moi, parce qu'il faut plusieurs avis, mais soit son propre organisme s'est retourné contre lui-même pour une raison que j'ignore soit... quelqu'un a fait en sorte que ses globules rouges se détruisent à vitesse grand V, conclut-elle d'un air sérieux et professionnel que Fergus ne lui connaissait pas.

- Euh ... Morgane, tu te rends compte de ce que tu dis ? Demanda Fergus. Tu viens de sous-entendre que quelqu'un aurait peut-être tué ton patient ... Je sais que ça va pas des masses en ce mom-

- C'est pas la première fois ! S'exclama Morgane, en écarquillant les yeux. Faut que j'en parle à Ian, mais Miriam m'a dit, il y a quelque temps qu'il y avait eu des morts inexplicables chez des patients qui étaient pourtant en voie de guérison.

- Morgane, coupa Fergus en posant une main sur chacune des épaules de la jeune femme. Des tas de gens meurent alors que leur état est encourageant, c'est ce qu'on appelle un faux-mieux. Tu devrais le savoir !

- IL ÉTAIT GUÉRI, FERGUS ! S'écria Morgane, des larmes aux yeux. Je te le jure, j'allais écrire une note pour qu'il sorte après une période d'observation à peine cinq jours avant sa mort. Je suis sûre de moi, et je te le prouverai, à toi et à tous les autres, que je ne suis pas une mauvaise médicomage !

- Morgane, répéta une nouvelle fois le jeune McLaggen. Je n'en ai jamais douté. J'ai plutôt l'impression que c'est à toi-même que tu veux le prouver ...

- Je suis certaine qu'il y a un mangemort dans nos rang... Si seulement je pouvais parler à Regulus, souffla-t-elle en pressant la paume de ses mains contre ses yeux.

- Il y a rien qui t'en empêche, lança Fergus avec nonchalance.

- "Oh salut Regulus! Non, cette fois-ci rien à voir avec Kat. En fait j'ai deux trois questions morbides à te poser par rapport à tes collègues: est-ce que l'un deux travaillerais avec moi? Et est-ce qu'il ou elle empoisonnerait ou ensorcellerait des patients? D'accooooord! Tu viendras m'apporter des oranges à Azkaban j'espère? Oh juste comme ça, Kat ne me parle plus non plus! Bisous bisous!", chantonna Morgane avec un sourire exagérément faux sur le visage.

- Alors, ne t'y prends pas comme ça s'il te plait, mais tu peux très bien entrer en contact avec lui et essayer d'avoir des informations, il sera incapable de résister.

- C'est là où tu te trompes, il sera tout à fait capable de m'ignorer, grogna Morgane en lui adressant un regard blasé. Je ne nie pas, c'est très tentant, mais le mieux c'est que je discute avec Ian, parce que même si j'obtenais des informations de Regulus qu'est-ce que j'en ferais? "Oh et alors j'ai le nom du salopard qui s'amuse à tuer des patients! C'est le mangemort dont je suis enamouré qui me l'a donné!", ça mets direct en confiance!

- Tu es très sarcastique jeune fille!

- Et toi t'as qu'à aller le voir toi-même Regulus! Je suis certaine que sa mère sera ravie de te trouver sur son perron !

- Sa mère peut-être, mais lui certainement pas. Je dois te rappeler que dans sa petite tête de bellâtre je suis la raison pour laquelle tu l'as quitté ?

- Pas utile, grogna Morgane d'un air sombre en rouvrant le dossier de Jackson, pour s'occuper les mains et l'esprit.

- Morgane, à propos de Jackson ... Tu ne penses pas que tu es un peu ... parano, en ce moment ? Je veux dire, s'empressa-t-il d'ajouter en voyant le regard noir que la petite blonde lui lança, que je vois mal ce que ferait un mangemort à Sainte Mangouste ... Et pourquoi il irait tuer un petit garçon ...

- J'en sais rien, moi, Fergus ! Mais plus j'y pense, et plus j'y crois ... Et si je dois éplucher tous les dossiers des décès étranges pour trouver ce psychopathe, je le ferais !

Fergus soupira et passa sa main dans ses cheveux, soudainement inquiet de dire quelque chose qui pourrait mal passer au près de son amie.

- Et tu ne penses pas que tu te jettes là dedans parce que ça te donne une excuse pour penser à autre chose qu'à Regulus? Demanda-t-il, appréhendant la réaction de la blonde.

Morgane se tourna vers lui, les sourcils froncés.

- Bah si, et c'est tant mieux, je peux pas passer mon temps à me lamenter sur mon sort, surtout quand c'est moi qui lui ai dit de ne plus mettre les pieds ici. Et en plus, il n'est pas question que je laisse quelqu'un continuer à tuer des malades, des gens, sans rien faire!

- Mais toute seule tu... Enfin si vraiment il y a un mangemort, ou juste un psychopathe, tu te mets en danger. Personne ne souhaite cela.

- Oui mais si j'ai tord, j'aurais l'air conne. Je me suis suffisamment tapé la honte à l'hôpital pour le siècle à venir, se justifia Morgane en faisant tourner son stylo entre ses doigts. C'est inutile Fergus, tu devrais déjà savoir que je ne changerais pas d'avis, ajouta-t-elle avec un sourire en coin.

- Dorothée ... Tenta-t-il vainement.

- Non.

Il poussa un soupir, découragé.

- Tu en parles à Mouton, ET, coupa-t-il en la voyant ouvrir la bouche, ce n'est pas négociable ! J'aime pas cette nana, mais elle tient presque autant à toi que moi, presque hein, parce que je serais toujours la personne à t'aimer le plus d'abord ! Et elle, contrairement à moi, peut enquêter dans l'hôpital sans éveiller les soupçons.

Morgane vit dans les yeux de Fergus que si elle ne demandait pas d'elle-même de l'aide à Miriam, le jeune McLaggen lutterait contre son aversion pour lui en parler lui-même. Elle céda. Après tout, Fergus n'avait pas tort. Miriam pourrait être utile. Et même si elle ne la croyait pas, elle l'aiderait quand même. Elle était comme ça, Mimi.

- Au fait, Fergus ... Ça fait un moment que je me demande ... Pourquoi vous vous détestez comme ça, toi et Miriam ?

Curieusement, pour la première fois depuis leur rencontre, Fergus se renferma l'espace d'un instant avant d'afficher un sourire éblouissant.

- Je suis plus beau qu'elle, elle m'a toujours jalousé pour ça ! Bien, si tu promets que ça va mieux, je vais y aller. Mon frère a mis sa femme en cloque et ma mère organise un espèce de brunch pour fêter ça ! Moi on a jamais rien fait pour me féliciter des orgasmes que je donnais à mes partenaires, alors que la seule différence est minime ! Je te paris ce que tu veux qu'il va être encore plus casse burnes que d'habitude avec une progéniture de lui !

- Tu m'étonnes, sourit Morgane en notant que si elle ne pouvait pas avoir d'informations de Fergus elle en soutirerait de Miriam, imagine qu'il ou elle soit comme ton frère en grandissant! Ricana Morgane en pensant à Cormac.

- Parle pas de malheur par Merlin... souffla son ami en affichant une mine horrifiée tout en enfilant sa veste. Fais pas trop de bêtises et si par miracle tu te rabiboches avec ton Romeo je veux être le premier au courant, fit-il avant de déposer un baiser sonore sur son front.

- Déjà c'est pas possible et ensuite le nombre de personne au courant est très limité, lui rappela Morgane en levant les yeux au ciel.

- Du moment que Mouton ne le sait pas avant moi! S'exclama-t-il en sortant de l'appartement de son amie.

- Irrécupérable, murmura-t-elle en secouant la tête avant de fermer la porte à clef et de se diriger vers le dossier de Jackson, bien décidée à tout éplucher dans le silence.


Kathleen s'agitait dans sa maison, rangeant au mieux et faisant le tri dans le matériel de soin. Il faudrait qu'elle renouvelle ses potions, pensa-t-elle en triant les flacons et en voyant sa potion contraceptive presque vide. D'habitude c'était Morgane qui ... Enfin, il faudrait qu'elle pense à refaire un stock, surtout de l'anti-douleur et du cicatrisant. Elle était certaine que Gideon à lui seul consommait plus de ces trucs-là en un mois qu'elle ne le ferait jamais en toute une vie.

Elle se pressa, voulant finir avant le retour de son fiancé. Ce dernier, en convalescence depuis quelques jours chez eux, avait un examen de contrôle à Sainte-Mangouste. Kathleen n'était pas dupe, Gideon souffrait encore énormément de ses blessures, même s'il était trop orgueilleux pour l'admettre.

Elle venait de finir lorsqu'on frappa à la porte de la maisonnette.

La jolie brune fronça les sourcils. Qui pouvait bien venir frapper ici ? Elle repensa aux propos de Joséphine et son estomac se noua. Et si ... si c'était Morgane ? Elle n'était pas sûre d'être suffisamment calme pour gérer son amie. Elle n'était plus véritablement fâchée, mais au fond d'elle-même, Kathleen savait qu'elle lui en voulait encore. Et pire que tout, la confiance aveugle qu'elle avait en la petite blonde avait énormément souffert de cette histoire.

Elle se dirigea vers la porte d'entrée à contre-coeur et l'ouvrit, se retrouvant face à quelqu'un qui ne faisait pas parti des personnes qu'elle avait pu imaginer sur son perron. Cependant, elle aurait dû s'y attendre. Elle aurait dû savoir que d'une façon ou d'une autre, ils finiraient pas avoir cette conversation.

- Kerrien... fit Maugrey de sa voix rocailleuse, immobile sur son paillasson.

- Bonjour, lança-t-elle un peu plus froidement qu'elle ne l'aurait souhaité, je vous en prie, entrez.

Elle s'écarta et l'auror pénétra dans sa maison. Elle le guida jusqu'à la cuisine et l'invita à s'assoir, de toute évidence il était venu pour lui parler et avait profité de l'absence de Gideon.

- Vous voulez boire quelque chose? Demanda-t-elle en cherchant sa théière des yeux.

- Non merci, je serais bref. Vous avez ignoré mes hiboux, et je doute qu'il s'agisse d'un accident.

La jeune femme ne répondit pas, ravie qu'il ne puisse pas lire dans son esprit. Oui elle l'avait évité, et alors? Ça lui paraissait assez clair qu'elle ne voulait pas répondre à ses question, elle n'avait jamais souhaité y répondre, elle le lui avait montré lors de leur premier échange à Poudlard et pourtant il continuait à la souler!

- Ce n'est pas avec ce genre d'attitude que je risque de vous trouver moins louche, continua-t-il. Alors je vais vous le demander une dernière fois, comment saviez vous pour le lieu où étaient retenus Gideon et Fabian Prewett?

- Je ne le savais pas, lâcha-t-elle à contre-coeur. Mais je m'en doutais fortement. Il y a un passé entre Gideon et Rosier. Ce dernier semble être l'un des mangemorts les plus actifs de Voldemort et je ne pense pas qu'il aurait laissé sa "victoire" à quelqu'un d'autre. Mon instinct féminin m'a simplement bien aidé, conclut-elle en le regardant fixement.

- Je ne vous crois pas. Vous mentez, Kerrien. Depuis notre première rencontre. Hors, Albus et moi avons toutes les raisons de penser qu'un traître se trouve dans nos rangs.

Cette nouvelle refroidit considérablement Kathleen. Un traitre ... Cela voulait-il dire que Peter ... ou alors quelqu'un d'autre ?

- Vous savez que ce n'est pas moi.

- Ah bon ? Fit mine de s'étonner l'auror. Pourtant j'aurais toutes les raisons de vous soupçonner !

- Vous savez que je cache un secret, -oui, je l'avoue- mais si vous aviez vraiment eu des doutes, voir des preuves, vous ne m'auriez jamais laisser entrer dans l'Ordre. J'ai risqué ma vie, j'ai failli mourir même de la main de Rosier. Et je vais me marier avec Gideon, je vous ai même aidé à le sauver en vous parlant des Rosier ! Je suis innocente. Mon seul crime est d'avoir un secret qui ne regarde que moi.

- Pas si cela peut aider d'autres personnes. Si vous voulez que je crois en vous, Kerrien, vous allez devoir le dévoiler.

- Non, claqua sèchement la voix de Kathleen. Je ne dirais rien. Et certainement pas à vous en premier. Si quelqu'un doit l'apprendre de ma bouche, c'est Gideon.

Maugrey la fixa d'un air grave, les lèvres pincées, avant de se remettre à parler.

- Je pourrais vous forcer...

- Mais vous n'allez pas le faire, coupa-t-elle, parce que vous savez que vous êtes le seul à vouloir me forcer à révéler mon secret.

- Vous ne nous aidez pas à 100%! S'agaça-t-il.

- Bien sûr que si! Répliqua-t-elle sur le même ton.

- Je ne sais pas ce que vous cachez... mais je suis certain que cela peut nous être utile...

Kathleen ferma les yeux et soupira, bien sûr ça pourrait être utile, si elle maitrisait ses visions! Mais là... elle était aussi utile qu'un Pitiponk sans sa lanterne.

- J'ai encore beaucoup de choses à faire avant que Gideon ne rentre... je ne veux pas vous mettre dehors mais...

- Très bien, fit l'auror d'une voix glaciale, mais faites attention Kerrien, Voldemort découvre aisément nos secret les plus enfouis.

Qu'il essaie, pensa Kathleen en raccompagnant le supérieur de son fiancé jusqu'à la porte d'entrée avant de retourner trier les potions. Elle ne voyait pas comment Voldemort pourrait apprendre pour son don.

En fait, si. Elle voyait. Elle voyait même trop bien. Mais elle refusait d'y croire. Peter n'avait pas assez d'éléments pour comprendre ce qu'elle avait caché à la fin de sa scolarité à Poudlard. Et il était son ami. N'est-ce-pas ? Cependant il avait été l'ami de James et Lily et voilà où cela les avaient mené...

Ses mains se crispèrent un instant autour d'une fiole de sommeil sans rêves. Il y avait quelqu'un d'autre qui avait été le témoin direct d'une crise. Quelqu'un qui venait juste de lui planter un couteau dans le dos. Quelqu'un a qui elle avait juré ne plus vouloir le revoir. Mais ... Regulus n'avait sans doute pas compris le comportement étrange de la jeune femme. Et au fond d'elle ... Kathleen espérait que même s'il avait des doutes, le jeune mangemort continue de l'aimer assez pour ne pas la conduire à une mort certaine.

Malgré tout ce qu'elle avait pu lui dire ... Malgré la trahison, la douleur ... Regulus lui manquait. Et elle continuerait de croire en lui. Un peu, malgré elle. Il finirait par devenir l'homme qu'elle avait cru voir en lui. Mais pas avec elle. Pas pour elle.

- N'y penses plus, Kathleen, se souffla-t-elle à elle-même. Tu as fais ce que tu pouvais ... Tu as fais ce que tu pouvais.

Alors, refusant de songer davantage à la date de mort gravée sur l'épitaphe d'une de ses anciennes visions, Kathleen s'activa à préparer le retour de Gideon.


Morgane referma la porte du bureau de sa chef de service et poussa un soupir. Elle était officiellement de retour à Sainte Mangouste. Elle était stressée et avait peur de mal faire, mais savoir qu'il y avait peut-être une explication logique à la mort de Jackson lui redonnait un peu confiance en elle.

La jeune femme se dirigea vers son bureau pour y déposer quelques dossiers que Mrs Smith lui avait donné et resta attentive à ce qu'il se passait autour d'elle, bien décidée à trouver qui était le ou la psychopathe qui tuait des patients. Alors oui elle avait plus ou moins dit à Fergus qu'elle en parlerait à Miriam avant de se lancer là-dedans, mais elle ne la voyait pas avant le soir, donc elle commencerait son enquête avant mais bon... il n'avait pas besoin de savoir ça!

- Ah Morgane! Tu es de retour! S'exclama Caroline en levant les yeux de sa feuille lorsqu'elle entra, un grand sourire étirant ses lèvres.

Morgane lui rendit son sourire tout en se dirigeant vers le bureau de Joshua pour y poser les papiers, un peu de rangement ne ferait pas de mal...

- Tu vas mieux? Demanda Caroline, attirant son attention.

- Hein?... Oui, oui, répondit la blonde, gênée.

- T'inquiète pas, la rassura sa collègue en remarquant sa gène, moi aussi j'ai été obligée de faire une pause pendant mon internat et moi c'était juste parce que l'Ouganda et ma famille me manquait.

Morgane lui sourit, se rappelant que Caroline avait été à l'école de magie de Uagadou, tout comme sa mère avant elle, avant de venir faire ses études à Sainte-Mangouste, à Londres où vivait son père avant qu'il ne rencontre sa mère.

- L'Afrique ne te manque pas, parfois ? Tu y as vécu toute ton enfance, quand même ...

Caroline joua avec ses boucles de cheveux noirs.

- J'y retourne pour voir ma famille, de temps en temps. Mais je me suis faite à l'Angleterre. A vrai dire, même si mon école me plaisait beaucoup et qu'on avait un niveau beaucoup plus élevé que les anglais, je pense que si j'ai des enfants un jour, je les inscrirais à Poudlard. Même si ma mère risque de s'indigner ! A part si je retourne là-bas évidemment.

- Ça me fait penser ... c'est vrai que vous n'apprenez pas la magie avec des baguettes là-bas ?

- Ouais. Les baguettes sont arrivés que très récemment en Ouganda, alors on utilise nos mains.

- J'ai toujours pensé que c'était plus risqué, avoua Morgane en se rappelant son arrivée mouvementée dans le monde magique.

- C'est parce que tu manques d'entraînement. A vrai dire, je n'ai jamais vu un européen utiliser autre chose que sa baguette ! Enfin, j'utilise la mienne pour le travail, c'est quand même plus précis pour les interventions.

La métisse finit sa tasse de café et se leva.

- Je dois y aller, mais si tu as besoin, n'hésites-pas ! Sourit-elle en posant une main réconfortante sur l'épaule de Morgane.

- Merci Caroline !

La blonde la regarda sortir, en se disant que tout le monde était un suspect sur sa liste, mais qu'elle voyait mal Caroline tuer qui que ce soit. En fait elle voyait mal qui que ce soit dans cet hôpital tuer un patient, c'était pour cela que c'était si difficile! Même Hyppocrate, aussi chiant et con soit-il, ne tuerait pas de patient, et puis les personnes travaillant dans son service à elle, tuer des gens? C'était absurde! Et pourtant c'était la seule explication plausible, elle avait retourné le dossier un bon nombre de fois, maintenant il fallait qu'elle en regarde d'autres avant d'avoir à commencer à travailler.

- Tiens, tiens, tiens... fit une voix, une petite heure plus tard, la faisant lever le nez du dossier d'une patiente décédée deux mois plus tôt.

Elle ferma le dossier, surprise et sourit lorsqu'elle vit Joshua, dans l'encadrement de la porte.

- Josh'! S'exclama-t-elle en se levant, laissant de côté ses recherches, qui de toute façon étaient infructueuses, la forçant à reconnaitre qu'elle allait devoir enquêter dans d'autres services que le sien. Tu vas bien?

- Toujours! Et toi? Demanda-t-il en s'approchant d'elle pour la serrer brièvement dans ses bras.

Il n'avait pourtant pas l'air au mieux de sa forme. Morgane se souvint que Josh' avait passé beaucoup de temps à s'occuper de Jackson. Elle et lui étaient ses deux principaux médicomages. Il aurait dû être son premier suspect. Mais il ne l'était pas. Morgane avait une confiance aveugle en Joshua, malgré tous ses défauts.

- Je vais mieux, répondit-elle finalement.

- Je suis heureux de l'entendre. Au fait, Morgane, dit-il en se dirigeant vers son bureau. Quand tu auras fini d'éplucher le dossier de Jackson, n'oublies-pas de me le rendre.

La petite blonde écarquilla les yeux. Comment ? Miriam s'était-elle fait prendre la main dans le sac lorsqu'elle était venue le piquer ? Josh' remarqua son air surpris et posa une main affectueuse sur le haut du crâne de Morgane.

- Tu n'es pas la seule que cette histoire travaille, Mo. Et Miriam aurait dû penser à dupliquer le dossier. Elle est mignonne mais ne ferait pas une espionne très performante !

- Ah euhm, je pensais que c'était une copie... balbutia Morgane en évitant son regard, se tripotant les doigts.

- T'as pas écrit dessus quand même? Demanda Joshua d'une voix lente, comme si il se forçait à poser la question, mais qu'au fond il connaissait déjà la réponse.

Morgane jeta un coup d'oeil vers son bureau sur lequel était posé le dossier de Jackson, caché en dessous d'une multitude de papiers en tout genres. Elle se demanda si, peut-être, ça ne serait pas utile de parler à son collègue de ses doutes quand à la loyauté d'un des médicomage de cet hôpital... Mais elle avait peur de passer pour une idiote. C'était une chose de faire la folle et d'être toujours de bonne humeur, mais elle ne voulait pas qu'on remette en doute ses capacités dans le domaine de la médicomagie ou qu'on pense que la mort de Jackson l'avait tellement touchée qu'elle s'inventait une vie.

- Peut-être que j'ai mis deux trois annotations... répondit-elle finalement.

Joshua soupira:

- Bon, les efface pas, je veux bien les lire avant quand même. Mais le dossier ne peut pas être archivé si tu as ajouté des choses dedans.

- Désolée, souffla piteusement Morgane. Josh ?

- Hm, lança celui-ci en regardant son planning de la journée.

- Il n'aurait pas dû mourir, tu sais ...

- Je sais, Morgane. Il était trop jeune ... J'aime ce métier, mais parfois ... ça me dégoûte de voir comme la vie est injuste.

Ce n'est pas ce qu'elle avait voulu dire, mais Morgane avait sa réponse. Josh' parlait avec fatalisme, comme si la mort de Jackson était inéluctable. Il ne la croirait pas. Tant pis. Elle regarda sa montre, elle avait encore un peu de temps devant elle. Un petit tour aux urgences lui apporterait peut-être davantage de réponses.

- Je vais voir Ian, à plus tard !

- Ian ? Ian ton ex ? Tu remets ça avec lui ? S'étonna Josh' en se tournant vers elle.

- Non ! Non ! S'empressa-t-elle de démentir. C'est juste euh ... qu'il m'a toujours conseillé quand ça n'allait pas et ... j'ai besoin de lui parler de ... tout ça !

Son collègue haussa un sourcil mais ne commenta pas et Morgane partit d'un pas précipité, le coeur battant contre sa cage thoracique. Elle n'arrivait pas à croire qu'elle venait de prendre cette décision, elle qui avait fait la savonnette pendant des mois -principalement par honte et malaise- elle allait retourner parler à Ian de son plein gré.

Elle s'arrêta devant la porte qui permettait aux membres de l'hôpital d'accéder aux urgences, la gorge serrée, et prit une grande inspiration avant de commencer à pousser la porte pour entrer, elle fût cependant arrêté lorsqu'elle entendit quelqu'un l'interpeler dans son dos.

- April? S'étonna-t-elle en regardant l'ancienne infirmière de son service venir vers elle.

- Ca fait longtemps, tu vas bien? Lui demanda-t-elle et Morgane retint un rire, tout le monde allait lui poser cette question aujourd'hui ou quoi?!

- Ouais et toi? Tu t'es habituée à ton nouveau service?

- Sans soucis, répondit-elle alors que Morgane ouvrit la porte et qu'elles entrèrent aux urgences ensemble.

L'agitation qui y régnait surprenait toujours la jeune femme, alors qu'elle était venue ici souvent pour aider et faire des heures supplémentaires, mais c'était si différent de l'ambiance qu'il pouvait y avoir dans son service... Une tête de cheveux châtains bouclés attirèrent son attention et elle laissa April après lui avoir souhaité une bonne journée pour se diriger vers Ian qui était en train de regarder ses notes.

- Euh-Salut Enfin... Bonjour! Fit-elle en se plaçant en face de lui, essayant d'avoir l'air la plus naturelle possible.

Il releva les yeux de ses notes, surpris. Si Morgane avait eu l'occasion de le voir en catimini, cachée derrière un mur ou une plante, Ian n'avait pas croisé son ex-petite-amie depuis leur rupture. Autant dire qu'il avait de quoi s'étonner de sa présence.

- Euh ... Salut. Tu ... Tu as besoin de quelque chose ? Questionna-t-il avec lucidité.

Fut un temps, c'était une chose que Morgane avait apprécié. Ian comprenait tout, instinctivement. Alors que Regulus ne semblait jamais rien comprendre, songea-t-elle sombrement. Ce n'était pas plus mal, d'une certaine façon. Qu'aurait-elle fait si le jeune Black avait compris les raisons de leur rupture ?

- Morgane ? Insista l'aîné des Miller en la voyant se balancer d'un pied à l'autre.

- Désolée de venir comme ça te déranger en plein service, commença-t-elle en se mordant nerveusement la lèvre, mais tu aurais quelques minutes à m'accorder, dans un endroit euh ... plus isolé ?

Ian sembla hésiter et Morgane devina que ce n'était pas à cause de son travail mais bien d'elle. Elle lui avait fait du mal, même si ça n'avait jamais été sa volonté.

- C'est important, précisa-t-elle. S'il-te-plaît ...

Il soupira avant d'hocher la tête, lui faisant signer de la suivre jusqu'au bureau qu'ils partageaient avec plusieurs collègues, heureusement en plein service.

- Tu as bonne mine, ne put s'empêcher de remarquer Morgane, un peu soulagée de ce constat.

- Ne m'en veux pas si je ne te retourne pas le compliment mais je ne suis pas un très bon menteur, sourit-il doucement.

- Même si tu l'avais été, je t'aurais pas cru, répliqua-t-elle en faisant un tour dans le bureau, curieuse et agitée.

- Alors? La pressa-t-il un peu, probablement mal à l'aise et très certainement pas rassuré de la voir gesticuler de la sorte.

- Oui, donc, commença-t-elle en tentant de rassembler ses idées, je voulais te parler de certaines morts qui se sont produites aux urgences.

- Certaines morts? Il y a des morts tout les jours, ce sont les urgences... Je ne suis pas certain de te suivre, fit son ex-petit ami en s'appuyant contre son bureau.

- Je le sais ça, mais... Morgane soupira, est-ce que certaines de ces morts ont été inattendues? Est-ce que vous aviez des patients que vous aviez guéri, qui allaient rentrer chez eux ou qui allaient être transféré en salle de repos et qui soudainement ont dépéris?

Ian la fixa, les sourcils légèrement froncés, l'air concentré.

- Parce que d'autres services oui.

- Je répondrais à ta question si tu réponds à la mienne, Morgane. Qu'est-ce que tu cherches exactement ?

- Je ne peux pas te le dire, souffla Morgane en baissant les yeux.

- Pourquoi ? Demanda Ian, blessé.

- Tu vas croire que j'ai perdu la tête ...

- Tu n'as jamais été saine d'esprit de toute façon. Dis-moi, insista-t-il en posant une main sur l'épaule de la petite blonde pour qu'elle arrête de s'agiter, la surprenant.

- Je crois qu'on a été infiltré par des mangemorts, murmura-t-elle à voix basse, un peu honteuse. Je sais ce que tu te dis, que je suis parano, que ...

- Que la mort de ton patient t'a perturbé, continua Ian, en fronçant les sourcils.

- T'es au courant ? S'empourpra Morgane, imaginant avec honte que tout l'hôpital savait désormais qu'elle avait littéralement craqué.

- April m'en a parlé ... Elle m'a dit qu'elle s'en voulait de certaines choses et qu'elle était désolée pour toi ...

- Ce qui explique l'étrange politesse qu'elle avait à mon égard quand on s'est croisées ...

- Probablement, en tout cas, je ne pense pas que tu sois devenue paranoïaque, mais je dois bien reconnaitre que ton idée de mangemort dans l'hôpital... Ça va un peu loin non?

Morgane plissa les yeux et pinça les lèvres, en colère, mais garda son calme.

- Ils ont des taupes partout, pourquoi pas ici?

- Le nombre de mort augmente parce que c'est la guerre et pourquoi est-ce qu'un mangemort serait médicomage? On sauve des gens, on...

- Est-ce que tu me testes? Le coupa la petite blonde, le regard noir.

- C'est tout à fait possible, mais vu que tu ne changes pas d'avis, tu as du bien réfléchir à tout ça, ce qui ne m'étonne pas vraiment. Tu ne serais pas venu me parler pour rien, lança-t-il avec un sourire en coin. Tu as besoin de quoi exactement? Des dossiers? L'accès aux archives? A la morgue?

- Euh... C'est tout? Tu me crois? Tu ne penses pas que je suis folle et que je cherche à justifier mon incompétence en trouvant une raison stupide à la mort de mon patient? Que j'ai mal fait mon travail et que je ne peux m'en prendre qu'à moi-même parce que je devrais connaitre les règles et qu'on ne doit pas s'attacher? Des trucs comme ça?

Ian soupira doucement.

- Je te connais, Morgane. Il y a certaines choses sur lesquelles tu ne plaisantes pas, ta sœur, ton travail et ton chat, énuméra-t-il. A l'époque où on était encore ensemble, c'était ce qui avait le plus de valeur à tes yeux.

- Ca sonne horrible pour mes amis et toi, renifla Morgane, les yeux humides.

La confiance aveugle de Ian l'avait émue au delà des mots. Fergus, Miriam, Sirius et même Kathleen avant leur dispute avaient essayé de lui montrer qu'elle n'était pas incompétente. Mais Ian était le seul à avoir véritablement travaillé avec elle. Le seul à avoir vu combien son travail comptait à ses yeux.

- On savait tous à quoi s'en tenir, déclara-t-il en haussant les épaules. Si tu me dis que tu as des raisons de croire qu'on a volontairement tué ton patient, même sans parler de mangemort, alors je te crois.

Les larmes débordèrent des yeux de la petite blonde et elle se jeta pour éteindre son ancien petit-ami.

- Merci.


- T'en es à ton combientième verre au juste?

Morgane reposa sa bière sur la table et haussa les épaules.

- Bah, c'est le deuxième, mais tu peux parler, tu tournes au Whisky!

Miriam et elle s'étaient retrouvées à la fin de leur journée de travail pour aller boire un ,ou plusieurs, verres dans un pub Irlandais non loin de l'hôpital.

- Tu noies ton désespoir amoureux dans l'alcool, c'est pas très Morganesque ça, se moqua gentiment son amie.

- Saches que c'est mon dernier verre, je dois bosser mon dossier de fin d'Internat en rentrant, j'ai pris du retard à cause de mon épisode de "transformation en légume" et je pense pas que le bosser bourrée ça soit très utile.

- En parlant de désespoir amoureux, rassure-moi, tu ne t'attaches pas à l'autre face de Malagrif tacheté pour oublier l'autre gosse de riche? Demanda Miriam en fixant Morgane qui lui rendit son regard, un sourcil haussé. Je veux dire... je te connais, physiquement c'est forcément ton style de mec mais crois-moi, tu es beaucoup trop bien pour lui et lui se considère beaucoup trop bien pour toi. Grosso modo.

- Aaaah, mais tu parles de Fergus! Compris la blonde en réprimant un rire. Rassure-toi, je n'arrive malheureusement pas à oublier l'autre gosse de riche comme tu dis, et j'ai déjà refusé les avances de Fergus... Avances qui étaient juste axées sexe d'ailleurs.

- Pas étonnant, grogna Miriam en levant les yeux au ciel, quel porc.

- Pourquoi est-ce que tu le supportes aussi difficilement? Il a vraiment l'air de te sortir par les trous de nez. Il s'est passé un truc à Poudlard? Demanda Morgane. Il t'a repoussé? T'étais pas assez bien pour lui?

Miriam eut un reniflement dédaigneux et vida cul sec son verre de Whisky.

- J'aimerais mieux qu'on me crève les yeux plutôt que m'imaginer une seule petite seconde avec lui ! Cracha-t-elle avec une verve que Morgane ne lui connaissait pas. Il ne m'a jamais intéressé, c'était le genre Gryffondor populaire qui se mettait toujours en valeur et qui avait des tonnes d'amis partout. Alors que moi, j'étais une poufsouffle réservée avec un cercle d'amis restreints.

- Je veux pas avoir l'air de le défendre mais ... de ce que Fergus m'a laissé comprendre ... il n'a pas tellement d'amis que ça. Si je ne me trompe pas, tu l'as même vanné là-dessus.

Miriam eut un léger rougissement de honte.

- C'est juste ... j'en suis pas fière d'accord ? Mais je sais très bien qu'il a beau être entouré, il n'a pas de "vrais" amis. Je sais qu'il en souffre et c'est moche de ma part, mais c'est un de ses seuls points faibles ... J'en ai profité, c'tout.

- D'accord, mais alors c'est quoi le problème ?

- C'est vraiment important ?

- Non, soupira Morgane. Mais vous êtes mes plus proches amis, alors j'aimerais comprendre ...

- C'était en sixième année, je crois. J'étais super amoureuse d'un mec, sourit nostalgiquement Miriam. Un Serdaigle. Il était beau, genre vraiment super beau ! Intelligent, drôle ... Et évidemment il n'avait pas la moindre idée de mon existence.

- Et alors? C'est quoi le rapport avec Fergus, parce que là je le vois pas trop...

- Il faisait partit de sa bande de gens populaires, intelligents -tout est relatif évidemment-, et j'en passe. Enfin la bande clichée, tu vois de quoi je parle j'imagine?

- Je visualise sans soucis, répondit Morgane avec un rictus en imaginant Fergus en Regina George dans Mean Girl ou Sharpay Evan dans High School Musical.

- Un jour, va savoir ce qui m'a prit, j'ai prit mon courage à deux mains - donc il y avait pas grand chose- et j'ai été parler à ce mec, pas pour lui demander de sortir avec moi ou quoi que ce soit, mais on avait astronomie ensemble et... j'ai juste essayé de... d'exister à ses yeux? De ne plus juste être la fille qui connait toutes les constellations par coeur parce que quand elle était petite elle les a apprit avec son frère jumeau comme si c'était un jeu.

Miriam s'interrompit un instant et Morgane lui jeta un regard triste, il était rare qu'elle parle de son frère, qui était mort un peu avant qu'elle n'entre à Poudlard.

- Enfin, il était sympa, il ne m'a pas foutu des vents, et on est devenu... des camarades? Parce qu'on était pas des amis. Ensuite il y a eu la rentrée en septième année et je me suis un peu ouverte aux autres, j'étais partie en vacances avec mes amis et tout, enfin bref, à la rentrée on est devenu amis? Peut-être plutôt potes? Mais c'était un peu bizarre, parfois il était un peu bizarre, comme si je le dérangeais? Et puis, j'ai vite découvert que Fergus, et très certainement le reste de sa bande, avait passé son temps à lui dire que j'étais pas assez bien pour lui, pour quelqu'un de son rang social, et tout ça. Je pense que tu peux imaginer ce qui a été dit sur moi à Poudlard. Après tout , tu as intimement côtoyé des sang-purs, tu sais comment on parle dans ce milieu.

Morgane la regarda d'un air peiné. Elle avait du mal à imaginer son Fergus comme le jeune garçon que Miriam lui dépeignait, mais après tout, les adolescents étaient parfois cruels et tout le monde faisait des erreurs ... Pourtant, Morgane ne comprenait pas. Qu'aurait-il eu à gagner ? Pourquoi s'être acharné sur la si douce Mimi ? Ça ne lui ressemblait vraiment pas. Et pourquoi refuser de lui en parler ? Avait-il honte de lui ? Cela lui était difficilement concevable ...

- Je suis désolée, Mimi !

- Je suis passée à autre chose, tu sais. J'avais un groupe d'amis solide qui m'ont aidé à me changer les idées, avec qui j'ai fait un tour du monde absolument extraordinaire. Et je pense que j'étais amoureuse de l'idée que je m'étais fait de ce type, pas de lui véritablement. Mais j'ai toujours gardé rancune contre McLaggen. C'est puérile, non ? Rit-elle amèrement.

- Non. Non, c'est compréhensif, humain. J'irais tirer les oreilles de Gugus jusqu'à ce qu'il s'explique si tu veux !

- Comme si il allait lâcher la moindre info, ce mec est connu pour savoir tout sur les autres, mais garder ce qu'il veut sur lui secret, secret.

- Mais non, il n'est pas si secret que ça, tempéra Morgane.

- Vraiment? Et tu penses savoir quelque chose de lui que les autres ignorent? Demanda Miriam, un air de défi dans le regard.

Morgane réfléchit, Fergus ne parlait pas vraiment de sa vie privée, en fait il donnait l'impression d'être quelqu'un qui n'avait pas de secrets en parlant de tout et de rien comme s'il n'en avait cure, mais il choisissait avec attention les sujets qu'il abordait et ne parlait de lui qu'en de rares occasions.

- Hum... Il est bisexuel? Proposa-t-elle.

- Ça c'est un secret pour personne depuis qu'il y a eu cette rumeur quand on était en... septième année? Ou peut-être en sixième année, je t'avoue que ça ne m'intéressait pas des masses. Dans tout les cas, il y a eu une rumeur comme quoi McLaggen avait un petit ami. Tout le monde pensait que Fergus était gay... peut-être à cause de son style, t'aurais vu ce qu'il faisait de l'uniforme scolaire il s'est drôlement calmé niveau vestimentaire, enfin il a fini par mettre fin à la rumeur en disant qu'il était bi en cours de... Non, dans le micro pendant un match de Quidditch. Tu lui demanderas les détails. Tu vois, rien de bien secret, il assume totalement.

Morgane resta silencieuse, admirative face au courage qu'avait son ami et se promit de lui poser des questions sur cette rumeur. Avait-il eu "un amour de jeunesse"? Il lui semblait pourtant qu'il lui avait assuré ne jamais être tombé amoureux lors de leur première rencontre... Mais après tout, il s'agissait d'une rumeur d'écoliers, elle-même en avait payé les frais, pensa-t-elle avec amertume.

- Je ne te dirais pas de faire attention avec lui, Morgane, lança soudain Miriam. Parce que je sais que tu l'apprécies sincèrement ... Mais reste tout de même sur tes gardes, je ne suis pas certaine qu'on puisse lui faire confiance.

La jeune sorcière hocha la tête pour lui faire plaisir, mais dans son fort intérieur, elle ne doutait pas une seconde de son nouvel ami. Néanmoins, elle allait devoir lui parler et sérieusement. Pas question de se dérober cette fois !


Voilà, c'est fini !

Il faut que je vous prévienne d'une chose, nous n'avons plus aucune avance dans l'écriture de nos chapitres. Celui-ci était le dernier de notre réserve. Et malheureusement, certains événements dans nos vies font que nous allons peut-être avoir beaucoup de mal à assurer une service régulier. Nous allons faire de notre mieux pour reprendre de l'avance, mais si jamais les publications se voyaient bouleversées, sachez que nous en serions désolées et que c'est indépendant de notre volonté !